Tous les articles par Katia Bayer

World of Tomorrow de Don Hertzfeldt, Prix Format Court à IndieLisboa 2016

Pour la deuxième année consécutive, Format Court est partenaire du festival IndieLisboa dont la 13ème édition s’est terminée hier soir à Lisbonne. Notre revue y attribue un prix dans la section « Silvestre », réunissant des films à part et inattendus réalisés par de jeunes auteurs comme des cinéastes établis.

Après avoir récompensé « The Mad Half Hour » de Leonardo Brzezicki, l’an passé, le jury Format Court (composé de Katia Bayer, Marie Bergeret, Adi Chesson, Sarah Escamilla, Aziza Kaddour) a choisi de primer cette année « World of Tomorrow » de Don Hertzfeldt. Ce film d’animation très personnel a séduit le jury pour son mélange d’humour et de poésie, son interaction très réussie entre le présent et le futur, et son regard critique et distancié sur notre époque.

Pour info/rappel, le film primé bénéficiera d’un focus spécial en ligne, sera programmé lors d’une prochaine séance Format Court organisée au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Le réalisateur bénéficiera, quant à lui, d’un DCP doté par notre partenaire, le laboratoire numérique Média Solution.

World of Tomorrow de Don Hertzfeldt (Etats-Unis, 16’30, 2015,  Animation, Bitter Films)

Synopsis : Une petite fille est emportée dans un voyage hallucinant vers son avenir lointain.

Coup de pouce DCP, le 4ème lauréat

Afin de donner plus de visibilité aux jeunes talents du court métrage francophone, le laboratoire numérique Média Solution, le partenaire de nos Prix Format Court, a lancé en mars 2015 le Coup de pouce DCP. Le principe de ce concours est simple : permettre à un réalisateur ou une réalisatrice de voir son court-métrage diffusé en salle de cinéma et en festival en lui offrant le DCP de son film (encodage au format Cinéma Numérique).

Après avoir choisi de récompenser « Mourir, oui mais au son des violons tsiganes » d’Isabelle Montoya, « La nuit, tous les chats sont roses » de Guillaume Renusson, « Le Libraire » de Cédric Martin, un jury de professionnels s’est réuni hier soir pour visionner et départager les six derniers films en lice de cette quatrième édition.

Parmi les 45 films reçus, le jury a décidé de récompenser « Bonk ! » de Kevin Manson. Le réalisateur remporte ainsi un encodage DCP de son film, offert par Média Solution.

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Synopsis : « Il est trois heures du matin lorsque Francky tire son ami Joe du lit pour faire une balade en voiture sans donner d’explications. Conduisant sur une route de campagne perdue, un bruit sourd se fait entendre dans le coffre et Joe y découvre un homme attaché. Francky explique à Joe qu’il s’agit de l’amant de sa femme et lui demande de l’aider à se débarrasser du corps, une fois qu’ils auront réussi à le tuer… »

Pour information, la 5ème édition du Coup de pouce DCP aura lieu en octobre 2016.

Pour en savoir plus sur le Coup de pouce DCP, rendez-vous sur : http://mediasolution.fr/blog/

Short Screens #61: « Aux frontières du réel »

Short Screens fait la rencontre de l’étrangeté et de ses multiples facettes, ce jeudi 28 avril 2016. Le temps d’une soirée surnaturelle, venez traverser les frontières du réel en compagnie de courts métrages parsemés de mystères, de phénomènes inexplicables et de créatures fantastiques.

Rendez-vous le jeudi 28 avril à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€

Visitez la page Facebook de l’événement ici.

Programmation

Hotaru de William Laboury, France, 2015, fiction, 22′

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« Tu as un don, Martha. Ici ce don ne te sert à rien. Alors on te montrera les plus belles choses. Tu ne te réveilleras jamais. Mais tu porteras les souvenirs les plus précieux. »

Dernière porte au Sud de Sacha Feiner, Belgique, 2015, animation, 14′

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Un enfant à deux têtes, que sa mère n’a jamais laissé sortir de l’immense manoir familial depuis sa naissance, aperçoit par accident une étrange lumière…

Untitled de Neïl Beloufa, France, 2010, docu expérimental, 15′

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Quand la fabrication va à la rencontre de la fabulation dans une villa de style californien en Algérie.

Triptyque de Camille Mikolajczak, Belgique, 2014, fiction expérimentale, 6′

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Un Triptyque où plane un calme inquiétant. Au centre une très belle femme aux cheveux noirs admire son reflet dans un petit miroir de poche. Fascination de son double. A gauche quelque chose vient de se passer.

La chute de la Maison Usher de Melville Webber et J.S. Watson, Etats-Unis, 1928, fiction, 13′

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Appelé par Lord Roderick Usher, inquiet de la santé de sa sœur, avec laquelle il vit dans une maison perdue au milieu d’un étang, un de ses amis se rend dans ce lieu chargé d’angoisse et d’énigmes. il trouve le maître de céans maladif, peignant des tableaux morbides ; sa sœur s’étiole dans cette atmosphère lugubre.

Prix Format Court/Média Solution. Le cas de L’Âge des sirènes de Héloïse Pelloquet

L’an passé, l’équipe de Format Court avait repéré et primé « Comme une grande » au Festival de Brive. Ce très joli moyen-métrage, film de fin d’études de la Fémis, réalisé par Héloïse Pelloquet, avait reçu notre Prix Format Court et bénéficié d’un dossier spécial sur notre site. Il avait également été projeté en mai 2015 au Studio des Ursulines (Paris, 5ème), en présence de sa réalisatrice.

Depuis près de deux ans, les lauréats de nos Prix bénéficient d’une copie DCP pour leur nouveau court-métrage grâce aux bons soins de notre partenaire, le laboratoire numérique Média Solution, à l’origine du Coup de Pouce DCP. Une façon pour nous de continuer à soutenir les auteurs, de les aider à avancer dans leurs projets respectifs et de favoriser la diffusion de leurs films.

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Héloïse Pelloquet, notre lauréate à Brive 2015, a ainsi pu bénéficier de cette dotation pour son nouveau projet, « L’Âge des sirènes » (photo), dont le DCP a été réalisé par Média Solution il y a quelques mois. Bonne info : le film est en compétition au prochain festival Côté Court de Pantin.

Synopsis : Mattis, presque 15 ans, travaille sur un bateau de pêche pendant l’été, et y découvre un monde qu’il ne connait pas. Mais bientôt il sera temps pour lui et ses amis de quitter l’île de leur enfance et de rejoindre le lycée sur le continent.

Il y a quelques mois, un autre de nos lauréats, Erik Schmitt (Allemagne), le réalisateur de « Nashorn im Galopp », Prix Format Court à Brest 2014, avait également pu recourir à cette dotation. Le DCP de son nouveau court, « Berlin Metanoia », avait également été créé par Média Solution, et présenté pour la première fois au Festival de Berlin dans la section Generation 14plus, consacrée aux jeunes cinéphiles de moins de 18 ans.

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Pour info/rappel, depuis la création des Prix Format Court, notre équipe a récompensé plus de 30 films de tous genres et horizons (France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Espagne, Royaume-Uni, Pologne, Portugal, Roumanie, Norvège, Suède, Danemark, Canada, Brésil, Algérie, États-Unis) et s’est associé à de nombreux festivals français et étrangers pour l’attribution de ces récompenses inédites.

Quinzaine des Réalisateurs, les 11 nouveaux courts sélectionnés

La 48ème édition de la Quinzaine des Réalisateurs (12-22 mai) a dévoilé ce mardi 19 avril sa sélection 2016, lors de sa traditionnelle conférence de presse au Forum des Images. 11 courts métrages vont faire leurs débuts à Cannes. Voici lesquels.

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Films sélectionnés

Abigail de Isabel Penoni et Valentina Homem, Brésil

Chasse Royale de Lise Akoka et Romane Gueret, France

Decorado de Alberto Vazquez, Espagne

Habat Shel Hakala de Tamar Rudoy, Israël

Happy End de Jan Saska, République tchèque

Hitchhiker de Jero Yun, Corée

Import de Ena Sendijarevic, Bosnie

Kindil el Bahr de Damien Ounouri, Algérie

Léthé de Dea Kulumbegashvili, Georgie

Listening to Beethoven de Garri Bardine, Russie

Zvir de Miroslav Sikavica, Hongrie

S comme A Strong Woman

Fiche technique

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Synopsis : Le portrait d’une femme dans un village du Daghestan. À l’encontre du monde patriarcal qui l’entoure, elle adopte une attitude anticonformiste. Dans son combat, quelque chose se révélera utile : son expérience, du temps de l’ère soviétique, lorsqu’elle était championne de lutte…

Genre : Documentaire

Durée : 16’

Pays : Pologne

Réalisation : Iwona Kaliszewska et Kacper Czubak

Scénario : Iwona Kaliszewska et Kacper Czubak

Son : Maciej Krupa

Montage : Joanna Wojtulewicz, Kacper Czubak et Iwona Kaliszewska

Production : Stowarzyszenie Filmowcow Polskich – Studio Munka

Article associé : la critique du film

Semaine de la Critique, les courts sélectionnés

La 55ème Semaine de la Critique (12-20 mai) a dévoilé ce lundi sa sélection 2016. Voici les dix courts métrages en compétition.

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Films sélectionnés

Arnie de Rina B. Tsou, Taïwan, Philippines

Ascensao de Pedro Peralta, Portugal

Campo de Viboras de Cristèle Alves Meira, Portugal

O Delirio é a redençao dos aflitos de Fellipe Fernandes, Brésil

L’enfance d’un chef de Antoine de Bary, France

Limbo de Konstantina Kotzamani, Grèce

Oh what a wonderful feeling de François Jaros, Canada

Prenjak de Wregas Bhanuteja, Indonésie

Le soldat vierge de Erwan Le Duc, France

Superbia de Luca Toth, Hongrie

Les 18 films choisis par la Cinéfondation 2016

La Cinéfondation a choisi, pour sa 19e édition, 18 films (14 fictions et 4 animations) parmi les 2300 qui ont été présentés cette année par des écoles de cinéma du monde entier. Quinze pays venus de trois continents y sont représentés dont des écoles de Bosnie-Herzégovine et du Venezuela qui voient pour la première fois l’un de leurs films retenu en sélection.

Bonne info supplémentaire : sur les 18 films sélectionnés, 10 ont été réalisés par des femmes (plus de la moitié donc). Cannes sera donc girly cette année du côté des films d’écoles et on s’en réjouit !

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Films sélectionnés

In the hills de Hamid Ahmadi, The London Film School, Royaume-Uni, 21’

Submarine de Mounia Akl, Columbia University School of the Arts, Etats-Unis, 19’

A nyalintas nesze de Nadja Andrasev, Moholy-Nagy University ofArt and Design, Hongrie, 09’

Toate Fluville Curg în mare de Alexandru Badea, UNATC « I. L. Caragiale », Roumanie, 24’

Ailleurs de Mélody Boulissière, Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs, France, 06’

Gabber Lover de Anna Cazenave Cambet, La Fémis, France, 13’

The Alan dimension de Jac Clinch, NFTS, Royaume-Uni, 08’

Poubelle de Alexandre Gilmet, INSAS, Belgique, 19’

Dobro de Marta Hernaiz Pidal, Film.factory, Bosnie-Herzégovine, 15’

La culpa, probablemente de Michael Labarca, Universidad de Los Andes, Venezuela, 14’

Las razones del mundo de Ernesto Martinez Bucio, Centro de Capacitacion Cinematografica, Mexique,
37’

1 kilogram de Park Young-ju, Korea National University of Arts, République de Corée, 29’

Aram de Fereshteh Parnian, Université Lumière Lyon 2, France, 17’

Gudh de Saurav Rai, Satyajit Ray Film & TV Institute, Inde, 28’

La santa che dorme de Laura Samani, Centro Sperimentale di Cinematografia, Italie, 19’

Beiwind und wetter de Remo Scherrer, Hochschule Luzern – Design & Kunst, Suisse, 11’

Anna de Or Sinai, The Sam Spiegel Film & TV School, Israël, 24’

Business de Malena Vain, Universidad del Cine, Argentine, 20’

A Strong Woman de Iwona Kaliszewska et Kacper Czubak

Réalisé par Iwona Kaliszewska et Kacper Czubak, « A Strong Woman » est un documentaire polonais, lauréat du Prix Format Court au dernier festival de films de femmes de Créteil. Le film dresse le portrait d’une femme s’opposant au monde patriarcal qui l’entoure. Pour mener son combat, cette dernière peut compter sur son expérience du temps de l’ère soviétique et son ancien statut de championne de lutte.

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« A Strong Woman », la force d’une femme

Avant tout, « A Strong Woman » est le portrait d’une femme se définissant comme forte à bien des égards. Une force qu’elle exprime à bien des niveaux : que ce soit au niveau de la force physique ou au niveau de la force mentale, de conviction. C’est grâce à cette force que cette femme parvient à mener son combat constant qu’est la vie. Une force qu’elle a développé grâce à son passé de championne de lutte, où elle arrivait même à battre des hommes. Mais également dans sa foi étant donné qu’elle se montre très pratiquante. Elle se révèle aussi être une femme bafouée, trompée par son mari qui a pris plus tard une autre épouse. Elle n’en reste pas moins une femme indépendante, anticonformiste, digne, fière et joviale qui ne se laisse pas abattre par les aléas de la vie et qui utilise sa force pour aller de l’avant.

Un combat de société

Au-delà du simple portrait d’une femme, « A Strong Woman » se révèle être une vitrine sur le modèle de société en place dans le village du Daghestan où vit cette femme et comment elle vit en marge de ce dernier. On découvre que la société s’articule autour d’un modèle patriarcal. Basée sur les principes de l’islam, le modèle social prône une soumission des femmes aux hommes. Par exemple, lors d’une scène se déroulant pendant un mariage, on distingue clairement cet état de fait dans le comportement de la mariée qui apparaît comme soumise à son mari. Les hommes sont d’ailleurs très à l’aise avec cette situation et à part cette femme, les autres membres féminines de la communauté ne semblent pas se plaindre ou s’opposer à cette situation.

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La femme sur laquelle se centre le film apparaît comme étant la seule que ce modèle semble déranger et est la seule à exprimer ouvertement son opinion à ce sujet. Même si elle doit en venir à s’opposer directement avec les hommes là-dessus, notamment sur des sujets comme la polygamie, pratique autorisée par l’islam mais dont elle juge que les hommes font un usage abusif et non conforme à la religion. On voit bien que cette femme se considère à de nombreux égards comme l’égale des hommes, d’où son attitude anticonformiste par rapport aux valeurs et aux normes de son village. Le film illustre bien cette idée lors d’un cours de lutte donné par cette femme qui indique avoir battu de nombreux hommes durant sa carrière.

« A Strong Woman » s’avère donc être plus qu’un simple portrait. En alternant l’interview de la femme et les scènes de la vie de tous les jours, le film dénonce les inégalités existantes entre les hommes et les femmes à travers le regard d’une personne victime de ces inégalités. Mais il montre aussi comment une femme à la fois forte et digne se révèle être la seule opposante à ces dernières.

Gaël Hassani

Consulter la fiche technique du film

Rappel. Soirée Format Court, tonight !

Ce soir, jeudi 14 avril 2016, Format Court vous invite à sa nouvelle projection de courts à 20h30 au Studio des Ursulines (Paris, 5ème).

Pour l’occasion, pas moins de cinq films français, belges, anglais et polonais, sélectionnés et/ou primés en festival (Clermont-Ferrand, Premiers Plans, Locarno, Créteil, …) seront diffusés en présence de leurs équipes (Natalie Beder, Nelson Ghrenassia, Rory Waudby-Tolley) et de trois sélectionneurs (Thibaut Bracq, Claire-Lise Gaudichon, Marina Mazzotti).

En guise de bonus, une double exposition de dessins et croquis autour des deux films d’animation programmés accompagnera cette toute nouvelle soirée de films.

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En pratique

*Jeudi 14 avril 2016, à 20h30. Accueil : 20h
* Programmation : ici
* Durée : 71′
*
Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
* Accès : ici !
* Entrée : 6,50 €
* Réservations vivement recommandées :
soireesformatcourt@gmail.com

Cannes 2016, les 10 courts métrages en compétition

C’est officiel. Les 10 courts en lice pour la Palme d’Or 2016 sont désormais connus. Pour la petite histoire, pas moins de 5008 courts métrages ont été soumis au comité de sélection.

Ces films concourront pour la Palme d’or du court métrage 2016, décernée par Naomi Kawase, Présidente du Jury, lors de la Cérémonie du Palmarès du 69e Festival de Cannes, le 22 mai prochain.

cannes-2016

Films en compétition

La laine sur le dos de Lotfi Achour, Tunisie, France, 15’

Dreamlands de Sara Dunlop, Royaume-Uni, 14’

Timecode de Juanjo Gimenez, Espagne, 15’

Imago de Raymund Gutierrez, Philippines, 15’

Madre de Simón Mesa Soto, Colombie, 14’

A moça que dançou com o diabo (La jeune fille qui dansait avec le diable) de João Paulo Miranda Maria, Brésil, 14’

Après Suzanne de Félix Moati, France, 15’

4:15 p.m. Sfarsitul Lumii de Catalin Rotaru et Gabi Virginia Sarga, Roumanie, 15’

Il silenzio de Farnoosh Samadi Frooshan et Ali Asgari, Italie, 15′

Fight On A Swedish Beach de Simon Vahlne, Suède, 14’

Concours Audi talents awards 2016, appel à candidatures

Un programme d’accompagnement culturel

Depuis 2007, le programme Audi talents awards soutient la création émergente et s’attache à faire émerger des projets ambitieux et innovants grâce à un concours gratuit et ouvert à tous.

Chaque année, un jury de six professionnels sélectionne quatre lauréats en Court-métrage, Design, Art contemporain et Musique à l’image, qui sont accompagnés dans la réalisation, la monstration et la médiatisation de leur projet pendant un an, grâce à :
➢ des moyens de production financiers et humains,
➢ l’écosystème du programme qui s’entoure depuis 10 ans de partenaires engagés et d’acteurs culturels majeurs.

audi

La catégorie court-métrage

Dans la catégorie Court-métrage, des jurés tels que Carole Scotta, Nicolas Altmayer et Alain Attal ont ainsi pu récompenser de nombreux talents et les aider à mener à bien leurs projets.

Parmi les lauréats des éditions précédentes, le programme Audi talents awards a notamment accueilli Magali Magistry (2015), Rony Hotin (2012), Dominique Rocher (2011), Manuel Schapira (2010), Grégory Hervelin (2009) ou encore Coralie Fargeat (2013) et Romain Quirot (2014) qui viennent tous deux d’être sélectionnés au Festival du Film de Tribeca pour leurs films respectifs : Reality+ et Le dernier voyage de l’énigmatique Paul W.R.

Dépôt des projets avant le 29 avril 2016

Vous pouvez consulter le règlement et retirer votre dossier de candidature en ligne.

Les dossiers doivent être envoyés par voie postale ou remis en mains propres à :

Audi talents awards
Double 2
34, rue Eugène Flachat
75017 Paris

Le Mali (en Afrique) de Claude Schmitz, Prix Format Court au festival de Brive

Depuis 3 ans, Format Court accompagne le festival de Brive et soutient de jeunes auteurs maîtrisant l’art de raconter des histoires singulières et originales.

Après Arthur Harari et sa « Peine perdue », après Héloïse Pelloquet et son « Comme une grande », le jury Format Court (composé cette année de Paola Casamarta, Nadia Le Bihen-Demmou, Gary Delépine et Katia Bayer) a choisi de récompenser un film aussi jouissif que surréaliste et aussi bien écrit qu’interprété : « Le Mali (en Afrique) » de Claude Schmitz.

Le film primé bénéficiera d’un focus spécial en ligne, sera programmé lors d’une prochaine séance Format Court organisée au Studio des Ursulines (Paris, 5ème) et bénéficiera d’un DCP doté par le laboratoire numérique Média Solution.

Le Mali (en Afrique) de Claude Schmitz, Fiction, 59′, France, Belgique, 2015, Production : ChevalDeuxTrois, Wrong Men

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Synopsis : Alors qu’ils tentent de fuir l’Europe en crise, Darius, Stanislas et Gabriel tombent en rade dans un domaine privé. Le propriétaire propose de les héberger le temps de réparer leur véhicule, sous condition d’effectuer des travaux de rénovation dans le bâtiment et de distraire sa fille dont le fiancé américain est décédé la veille.

Mr Madila or The Colour of Nothing de Rory Waudby-Tolley

Pour l’édition 2016 du festival Premiers Plans d’Angers , le jury Format Court (composé de Fanny Barrot, Katia Bayer, Agathe Demanneville, Lola L’Hermite, Gary Delépine) a décerné au film britannique « Mr Madila, Or The Colour of Nothing » de Rory Waudby-Tolley le prix du meilleur court métrage d’animation. Une nouvelle récompense pour ce film qui a obtenu cette année le Prix du Public au Festival des British Shorts de Berlin et qui a été sélectionné pour le prix du meilleur film d’animation du Royaume-Uni.

Dans ce film d’animation, réalisé au Royal College of Art, le réalisateur mène l’enquête sur Mr Madila, un guérisseur spirituel dont il possède une carte de visite. A la lecture de celle-ci, on apprend que Mr Madila peut régler les problèmes de magie noire, d’amour vaudou, d’impuissance sexuelle, de transactions financières, d’affaire judiciaire comme d’immigration. Guidé par une curiosité de circonstance, Rory Wauldy-Tolley contacte le guérisseur et obtient un entretien. L’enquête débute comme un reportage télévisuel. Équipé d’une caméra cachée, le réalisateur fixe le rendez-vous et se rend sur place.

Mais puisque Mr Madila ne veut pas être filmé, le film change d’aspect pour devenir un « cartoon », avec un entretien audio enregistré et une rencontre visuelle dessinée et illustrée après coup. Les deux personnages, Rory et Mr Madila, le réalisateur et le protagoniste, l’enquêteur et le sujet d’étude, contrastent fortement. Alors que Rory est petit, courbé, sceptique et demande à comprendre, Mr Madila quant à lui paraît hégémonique, il est plus grand et plus dynamique, il connaît l’ordre du cosmos et impose sa vision. Ce décalage inconciliable des deux personnages inscrit le film dans le genre du Buddy Movie (film autour de héros dont la collaboration est problématique) et nourrit tout l’humour de cette rencontre inopinée.

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On ne se trompe pas en soulignant que les visages, celui de Mr Madila rond comme un atome, signe géométrique de la perfection divine, et celui de Rory de forme carré, symbole des quatre éléments et donc signe de l’existence terrestre, parachèvent de distinguer les deux traits d’esprits distincts. Ainsi sous la diction du guérisseur, le visage carré de Rory passe par le losange, le tourbillon, le cube, pour finir évaporé. Se laisser convaincre par la plaidoirie de Mr Madila, c’est avant tout s’y conformer. Mais Rory n’est pas convaincu, et comme une résurrection, l’animateur reprend sa forme initiale, imperméable aux paroles de l’enchanteur.

De façon judicieuse, Waudby-Tolley décide d’intégrer la fabrication du film dans le film lui-même. Au second et dernier rendez-vous avec Mr Madila, le réalisateur lui présente la première partie du film déjà montée pour recueillir ses premières impressions. Là encore, l’opposition des deux tempéraments est manifeste et jubilatoire. Mr Madila, acerbe, ne voit pas l’intérêt du film, il s’y trouve mal représenté, il n’aime ni le dessin ni la voix – qui est la sienne ! Décidément il faut que Rory le fasse jouer par un acteur pour être plus proche de la philosophie de Madila. La réalité est mieux défendue par la fiction que par elle-même.

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Le conseil devient consigne, et Mr Madila écrit pour Rory le film qu’il doit faire, une publicité ésotérique vantant les mérites de Mr Madila où Rory interprète le patient en détresse. Et si Rory objecte qu’il n’a jamais dit les mots que le guérisseur met dans sa bouche, Mr Madila lui rappelle une vérité générale, « It’s a cartoon ! You can just make it up ! »

C’est sur cet éclat d’humour que le film se ferme, laissant les deux personnages définitivement mystérieux l’un pour l’autre, emblématiques de leurs deux approches distinctes, le spirituel et le rationnel. On pourra rapprocher ce film au long-métrage de Michel Gondry « Conversation avec Noam Chomsky » (2013) où l’artiste français illustrait ses conversations enregistrées avec le linguiste américain sur sa vision de l’homme et de tout ce qui nous entoure. Mais là où le film de Gondry prend source dans un dialogue passionnant et réflexif, le court de Rory Waudby-Tolley est polarisé par le discours omniscient de Mr Madila, un guérisseur qui fait peu de cas de la réalité et base sa spiritualité sur une couleur imaginaire, la couleur de rien (« the Color of Nothing »), une teinte que l’on peut toujours attendre de découvrir.

Gary Delépine

Consultez la fiche technique du film

Articles associés : l’interview du réalisateur, notre reportage consacré au travail du réalisateur

M comme Mr Madila or The Colour of Nothing

Fiche technique

Synopsis : « Le Tout, dans l’ensemble, c’est du rien. Regardez-y de plus près et vous verrez tous les petits morceaux, tous les petits fragments, et tous les vides dans les interstices. » Mr Madila ou La Couleur du rien met en scène une série de conversations entretenues par le réalisateur avec un guérisseur revendiquant un don spirituel.

Genre : Animation

Durée : 8’36’’

Pays : Royaume-Uni

Année : 2015

Réalisation : Rory Waudby-Tolley

Scénario : Rory Waudby-Tolley

Son : Rob Malone

Montage : Rory Waudby-Tolley

Voix : Ken Smart, Rory Waudby-Tolley, Gary Pillai

Musique : Paul Devlin

Production : Royal Collage of Art

Articles associés : la critique du filml’interview du réalisateur

Nouvelle Soirée Format Court, jeudi 14 avril 2016 !

Jeudi 14 avril 2016, Format Court vous invite à sa nouvelle soirée de courts-métrages (l’avant-avant-dernière de l’année) à 20h30 au Studio des Ursulines (Paris 5ème).

Pour l’occasion, pas moins de cinq films français, belges, anglais et polonais, dont deux Prix Format Court, seront présentés, en présence de plusieurs équipes et sélectionneurs de festivals dont nous sommes partenaires (Angers, Créteil). Bonne info : une double exposition de dessins et croquis autour des deux films d’animation programmés accompagnera cette toute nouvelle projection soutenue par le British Council.

Programmation

A Strong Woman de Iwona Kaliszewska et Kacper Czubak. Documentaire, 16′, 2014, Pologne, Stowarzyszenie Filmowcow Polskich – Studio Munka. Prix Format Court au Festival de Films de Femmes de Créteil. En présence de Marina Mazzotti et Claire-Lise Gaudichon, programmatrices.

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Le portrait d’une femme dans un village du Daghestan. À l’encontre du monde patriarcal qui l’entoure, elle adopte une attitude anticonformiste. Dans son combat, quelque chose se révélera utile : son expérience, du temps de l’ère soviétique, lorsqu’elle était championne de lutte…

Des millions de larmes de Natalie Beder. Fiction, 22′, 2015, France, Yukunkun Productions. Sélectionné au Festival de Locarno 2015 et d’IndieLisboa 2016. En présence de l’équipe

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C’est l’histoire d’une rencontre dans un café-restaurant désert le long d’une route. Un homme d’une soixantaine d’années qui attend là. Une jeune femme fait son entrée, un sac sur le dos, sa vie dedans et la mine passablement fatiguée. Il lui propose de l’avancer. Elle accepte.

Article associé : la critique du film

Haircut de Virginia Mori. Animation, 8’, 2015, France, 25 Films. Sélectionné aux festivals d’Annecy et Go Short 2015

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Une enseignante et son élève s’attardent dans une salle de classe vide. À travers leurs regards, leur gestuelle, débute une étrange confrontation.

Elena de Marie Le Floc’h et Gabriel Pinto Monteiro. Fiction, 17′, 2014, Belgique, Institut des Arts de la Diffusion. Prix du Scénario au Festival Le Court en dit long 2015

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Elena, adolescente polonaise de 15 ans, doit accompagner ses parents à un rendez-vous pour leur servir d’interprète. Ce qu’elle pensait être une simple formalité la confronte à la violence d’être adulte.

Article associé : le reportage sur Au moins le sais-tu d’Arthur Lecouturier et Elena de Marie Le Floc’h et Gabriel Pinto Monteiro

Mr Madila or The Colour of Nothing de Rory Waudby-Tolley. Animation, 8′, 2015, Royaume-Uni, Royal College of Art. Prix Format Court au Festival d’Angers 2016. En présence du réalisateur et de Thibaut Bracq (sélectionneur)

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« Le Tout, dans l’ensemble, c’est du rien. Regardez-y de plus près et vous verrez tous les petits morceaux, tous les petits fragments, et tous les vides dans les interstices. » Mr Madila ou La Couleur du rien met en scène une série de conversations entretenues par le réalisateur avec un guérisseur revendiquant un don spirituel.

Articles associés : la critique du film, l’interview du réalisateur

En pratique

* Jeudi 14 avril 2016, à 20h30. Accueil : 20h
* Durée : 71′
* Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
* Accès : RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Épée), Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton (mais apprêtez-vous à marcher un peu…)
* Entrée : 6,50 €
* Réservations vivement recommandées : soireesformatcourt@gmail.com
* Événement Facebook : ici

Le livret 2016 des meilleurs courts-métrages de SWISS FILMS en ligne

Bonne nouvelle pour les amateurs & programmateurs de l’excellent cinéma suisse : le e-Booklet Short Films 2016 de SWISS FILMS est en ligne. Il présente 40 courts métrages suisses de tous genres, avec 19 fictions, 9 animations, 3 films expérimentaux et 9 documentaires.

Véritable vitrine de la création helvétique en matière de courts métrages, il représente aussi bien des productions indépendantes que des films d’écoles. Cette publication représente la diversité et la vitalité de ce format pour la promotion de la production suisse à l’international.

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Ce livret comprend des titres de 2015 et 2016 réalisés par des cinéastes confirmé(e)s, tel(le)s que Georges Schwizgebel, Max Philipp Schmid, Christian Frei ou Eileen Hofer, ainsi que par de jeunes talents à suivre.

Pour information, ces 40 films ont été choisis par un comité de sélection composé des deux spécialistes du court métrage à SWISS FILMS Simon Koenig et Sylvain Vaucher ainsi que du directeur artistique des Internationale Kurzfilmtage Winterthur, John Canciani.

Pour en savoir plus sur ce livret, cliquez ici !

Le site de SWISS FILMS : http://www.swissfilms.ch/

2ème Prix Format Court au Festival IndieLisboa !

La 13ème édition du festival IndieLisboa aura lieu du 20 avril au 1er mai à Lisbonne. Format Court y attribuera pour la deuxième année consécutive un prix au sein de la section « Silvestre », un nouveau programme regroupant des films à part et inattendus réalisés par de jeunes auteurs comme des cinéastes établis. Pour l’occasion, le jury Format Court (Katia Bayer, Marie Bergeret, Adi Chesson, Sarah Escamilla, Aziza Kaddour) évaluera les 23 films sélectionnés.

Pour info/rappel, le film primé bénéficiera d’un focus spécial en ligne, sera programmé lors d’une prochaine séance Format Court organisée au Studio des Ursulines (Paris, 5ème) et bénéficiera d’un DCP doté par le laboratoire numérique Média Solution.

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Films en lice dans la section Silvestre Shorts

B-ROLL with Andre de James N. Kienitz Wilkins, États-Unis
Coming Of Age de Jan Soldat, Allemagne
Dans ton regard de Julien Arnal, France
Dear Lorde de Emily Vey Duke, Cooper Battersby, Canada
Depart at 22 de Wiep Teeuwisse, Pays-Bas
Ears, Nose and Throat de Kevin Jerome Everson, États-Unis
Elle pis son char de Loïc Darses, Canada
Josef – Täterprofil meines Vaters/ Josef – My Fathers Criminal Record de Antoinette Zwirchmayr, Autriche
The Lamps de Shelly Silver, États-Uni
L’aquarium et la nation de Jean-Marie Straub, France, Suisse
Mad Ladders de Michael B. Robinson, États-Unis
Matkormano de Fabien Rennet, Julien Louvet, France
The Miniaturist de Paribartana Mohanty, Inde
Postcards from Manila de Harry Lagoussis, Grèce
Quintal/Backyard de André Novais Oliveira, Brésil
Scrapbook de Mike Hoolboom, Canada
La terre penche de Christelle Lheureux, France
Terrestrial de Calum Walter, États-Unis
Toré de João Vieira Torres, Tanawi Xucuru Kariri, Brésil, France
Une sur trois de Cecilia de Arce, France
Unhappy Happy de Peter Millard, Royaume-Uni
Villeneuve de Agathe Poche, France
World of Tomorrow de Don Hertzfeldt, États-Unis

Larp de Kordian Kadziela

Auréolé du prix du meilleur court métrage européen par le jury Format Court à la trentième édition du festival du film court de Brest, en novembre denier, Larp de Kordian Kadziela est un court métrage d’école qui s’attache à dépeindre le désarroi prononcé qui sévit chez les adolescents. Sergiusz, 17 ans, développe une passion bénine et exaltante pour les jeux de rôle grandeur nature (en anglais LARP aka Live Action Role Playing,) mais cet attrait loin d’être compris ou partagé par sa famille est moqué et ridiculisé à la moindre occasion.

Larp dure 27 minutes. C’est le temps que s’accorde son réalisateur Kordian Kadziela pour traiter de l’adolescence, cette période charnière où l’on n’est plus un enfant mais pas encore un adulte, où l’on doit, pour découvrir ce que l’on veut faire et qui l’on est, se projeter dans ses envies, dans ses passions, trouver des modèles à imiter, des comportements à calquer, être responsable et gagner en autonomie sans oublier pourtant d’arriver à l’heure au repas familial. À cheval entre deux âges, à cheval entre deux mondes des années durant.

Ce sont ces deux aspects d’une même vie qui font la complexité de cette période où l’incompréhension règne, pour l’adolescent et son entourage. Ainsi, alors que le film s’ouvre comme un récit de chevaliers par des batailles en cotte de maille dans la forêt, le passage d’un train avorte l’affrontement final des forces armées. Le sifflement de ce train est un rappel à la réalité, la sonnerie du réveil qui clôt les projections rêveuses de ces hordes d’adolescents casqués. Parmi eux Sergiusz, tout juste initié à ses pratiques, se distingue déjà dans les batailles et fraternise avec ses compagnons d’armes.

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De retour au domicile familial, Sergiusz doit reprendre un autre rôle, celui de l’enfant, celui du frère, celui de l’aîné. Il y est « surpris » par sa famille qui s’est réunie pour célébrer son anniversaire – deux semaines après la date prévue. Quelques échanges laissent transparaître la nature forcée de la réunion, les passions ne sont pas partagées, les cadeaux ne sont pas vraiment faits pour lui. Mais puisqu’on lui offre une maquette d’avion et qu’il ne s’y est jamais intéressé auparavant, c’est l’occasion idéale pour lui d’en entamer la collection. Il faut qu’il tienne son rôle, celui de l’enfant qui est heureux malgré tout, heureux comme sa famille qui interprète celui de la famille soudée et réunie en son honneur.

D’ordinaire, on traite l’adolescence au cinéma par ses débordements, depuis un point de vue d’adulte, soulignant les excès et l’absence de contrôle d’un adolescent colérique, maladroit, naïf ou rocambolesque. Mais dans Larp, plus que la fougue c’est un sentiment de tendresse extrême qui se distille tout au long du film grâce à son personnage principal Sergiusz, qui n’est pas dupe du désintérêt de ses proches pour sa passion pour les jeux de rôle et ne déplore pas cette situation car elle est aussi le signe de son émancipation. Cette prise de conscience de Sergiusz permet au réalisateur de révéler le charme trop sous-estimé des faux-semblants, des artifices et des subterfuges des membres de cette famille cherchant à se rapprocher les uns les autres alors même qu’ils savent l’exploit impossible.

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À l’image du calendrier des rencontres de Jeu de Rôles Grandeur Nature (de LARP donc) et des fiches de personnages que chacun y reçoit, les obligations familiales de Sergiusz et les rôles parents-enfants répondent eux-aussi à une distribution définie. Si cette observation s’offre de façon ostentatoire dans les scènes du jeu de rôle, où les costumes sont évidemment artificiels et où une Arménienne joue l’elfe et sa langue maternelle tient en place de l’elfique, la remarque implique aussi la vie réelle. Sergiusz l’a compris, c’est pourquoi le caractère artificiel du jeu de rôle ne le repousse pas, la vie de tous les jours l’y a habitué, voilà pourquoi il sourit quand il voit son entourage cabotiner à vouloir faire croire qu’ils attendent beaucoup des échanges avec lui, parce que c’est l’intention qui compte.

Avec de telles psychologies de personnages, Kordian Kadziela met en image les intentions de son personnage principal et les explicite par le cadre. Dans les phases de jeu de rôle grandeur nature, le réalisateur a l’habitude de serrer les cadres sur son personnage et d’opérer des champs-contre-champs qui soulignent la polarisation du film autour de lui. Hors du domicile familial, Sergiuzs doit constamment défendre sa place, la conquérir, tel le chevalier qu’il interprète et qui poursuit sa mission au péril de sa vie.

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A l’inverse, les scènes familiales, qu’elles réunissent toute la cellule ou bien seulement certains de ses membres, s’articulent avec des cadres larges qui permettent par leur frontalité de révéler l’orchestration des places dans le milieu familial.

Au final, tout est ordonné, et la logique du pater familias de Sergiuzs n’est pas plus ou moins farfelue que celle des organisations LARP. Elle est simplement valide au domicile, et perd toute sa justesse dans la rue. De même, la logique des organisations LARP est crédible quand elle seule s’exprime – la première scène nous propulse dans un film de chevalerie avant que le train ne détruise l’illusion. Sergiuzs lui, doit découvrir qui il est, et pour ce faire ne peut continuer d’épouser la dynamique familiale, il a besoin de choisir et c’est tout le besoin du LARP : choisir qui il veut être, le code qu’il veut suivre, et la tactique à employer pour atteindre ces objectifs.

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C’est d’ailleurs ce que Sergiusz affirme et démontre dans un face à face ultime. En confrontation avec un homme mieux bâti, il joue David contre Goliath et l’apostrophe comme le chevalier qu’il se pense. Et dans le combat, ce n’est pas la salve des petits coups de poings fébriles qui fera fuir l’assaillant mais bel et bien la constance de Sergiuzs, sa volonté de ne pas laisser faire les agissements du malotru. Sergiusz a réussi a lier les deux bouts, il a trouvé sa place dans le monde « réel », a su défendre ses convictions selon le rôle qu’il s’est composé, et peut rentrer chez lui poursuivre sa progression vers sa vie d’adulte.

Gary Delépine

Consultez la fiche technique du film

Articles associés : notre reportage : Kordian Kadziela, le vrai du faux & l’interview de Kordian Kadziela

The Casebook of Nips & Porkington de Melody Wang

Animation, 2’28, Canada, Sheridan College

Synopsis : L’œuf de la famille Oie a disparu ! L’agent Nips (un petit chat) de la police de Londres et son supérieur, l’inspecteur-chef Porkington (un cochon) mènent l’enquête.

Le contexte victorien de « The Casebook of Nips and Porkington » ainsi que les charmants animaux anthropomorphes qui en sont les héros feront retomber en enfance les amateurs du « Basil, détective privé » des studios Disney et de la série « Sherlock Holmes » d’Hayao Miyazaki.

Élève en quatrième année dans une école de cinéma canadienne, Melody Wang a un style classique dans le meilleur sens du terme : un trait précis, qui rend immédiatement attachant ses personnages-peluches, et une animation dynamique qui est le propre du cartoon et sied parfaitement à ce bref récit d’aventure mettant en scène un bobby londonien.

The Casebook of Nips & Porkington

Plutôt que par son style graphique, c’est par son décor et l’usage qu’elle en fait que la réalisatrice innove. Le film se déroule en effet intégralement dans les pages d’un journal, débute avec le portrait des deux héros en une et se poursuit au travers des différentes rubriques. En cette fin de dix-neuvième siècle, la presse est le média de masse, là où on rapporte les faits divers et où on célèbre les héros : les deux policiers y ont donc tout à fait leur place.

L’espace de la page inspire à Melody Wang des idées visuelles ludiques : les personnages se déplacent dans les marges, il pleut dans la rubrique météo, les cours de la bourse deviennent une montagne à gravir et les signes typographiques sont détournés pour servir d’accessoires. Les lettristes apprécieront…

Le film ne manque donc pas d’humour, comme en témoigne le nom des deux enquêteurs : Nips le chat (de l’anglais cat-nip = herbe à chat) et Porkington le porc (pork + ington, suffixe so british).

Sylvain Angiboust