Figs in Motion de Trevor Anderson

Expérimental, 8′, Canada, 2010, Dirt City Films

Synopsis : Deux hommes se transforment en ballerines à tête de cheval et tutu, pour un ballet aussi bestial qu’impromptu.

En 2010, à l’occasion de l’exposition Edgar Degas « Figures in Motion », la Art Gallery of Alberta (Edmonton, Canada) passe commande au réalisateur Trevor Anderson. Cela donne naissance à « Figs in Motion », une petite perle d’improvisation filmée en caméra super 8. Deux hommes en tenue de ballerine s’adonnent à des entrechats chaotiques accompagnés au piano. Après une pause cigarette et bourbon, ils dansent, coiffés de tête de chevaux sur un morceau punk rock. Le tout en fumant des nasaux. Le cadre est décomposé en trois cases aux images identiques, en noir et blanc, d’abord synchrones, puis décalées dans le temps et finalement différentes. Cette décomposition du mouvement rappelle le travail d’Eadweard Muybridge. Rien d’hasardeux dans ce rapprochement entre les danseuses impressionnistes et les prises de vue équestres du photographe : Degas s’est intéressé de près aux études argentiques de ce dernier.

Nos deux petits rats de l’opéra cultivent ici l’art de la chute (au sens propre), accentué par le retard temporel et la répétition dans les trois cadres. Le contraste obtenu par leur travestissement est délectable, leur corps tout de poils et de barbes jouent de ces charmants tutus et collants. Grâce burlesque ou gaucherie délicate pour cet objet clownesque ? Une parfaite jouissance de l’absurde.

Juliette Borel

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