Tous les articles par Katia Bayer

Soirée Format Court, les photos !

Avec un peu de retard, voici les photos de notre dernière Soirée Format Court organisée le jeudi 9 février 2017, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème), prises par Stenny Sigere.

Pour rappe, nos invités, ce soir-là, étaient Chabname Zariab et Judith Lou Lévy, réalisatrice et productrice (Les Films du Bal) de « Au bruit des clochettes », nommé aux Cesar 2017, Eugène Boitsov, réalisateur de « La Table », Prix Format Court au Festival d’Angers 2017 & Léopold Legrand, réalisateur de « Angelika », Prix Spécial du Jury au Festival de Namur 2016.

À noter : notre prochaine Soirée Format Court aura lieu le jeudi 9 mars 2017 (la programmation sera bientôt annoncée ) !

Berlin, les 5 courts-métrages primés

Le 67ème Festival de Berlin qui s’est achevé ce weekend a récompensé plusieurs courts, parmi les 23 films en compétition.  Voici lesquels.

Ours d’or : Cidade Pequena de Diogo Costa Amarante (Portugal)

Ours d’argent : Ensueño en la Pradera de Esteban Arrangoiz Julien (Mexique)

Prix Audi : Street of Death de Karam Ghossein (Liban, Allemagne)

Mention spéciale : Centauro de Nicolás Suárez (Argentine)

Nomination pour les European Film Awards 2017 : Os Humores Artificiais de Gabriel Abrantes (Portugal)

Short Screens #69: « Girls on Top »

Pour sa 69ème projection, Short Screens met les filles à l’honneur. Préfigurant la journée internationale des droits des femmes, six films venus d’ici et d’ailleurs mettent en scène des personnages de femmes fortes qui portent leur destin pour vivre libre.

Rendez-vous le jeudi 23 février à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€

Visitez la page Facebook de l’événement ici!

PROGRAMMATION

Why I Never Became a Dancer de Tracey Emin, docu-fiction, Royaume-Uni, 1995, 6’34’’ (Tracey Emin Studio)

Utilisant sa vie privée comme source de son art, Emin raconte dans ce court métrage les années de son adolescence en bord de mer où elle a grandi.

Article associé : la critique du film

The Women’s Kingdom de Xiaoli Zhou et Brent E. Huffman, documentaire, Allemagne, 2006, 22’ (German Camera Productions)

La Mu vit à contre-courant de la société chinoise. Elle fait partie des Mosuo, une minorité ethnique basée sur un système matriarcal, l’un des derniers de ce monde.

Mama Superfreak de Béa de Visser, expérimental, Pays-Bas, 2009, 14’(Another Film)

Dans un long plan séquence adapté de « La Mamma Fricchettona », célèbre monologue du Prix Nobel Dario Fo, la comédienne Viviane De Muynck nous raconte d’une façon grinçante l’odyssée d’une femme, de la maternité jusqu’à son indépendance.

Sahar de Alexander Farah, fiction, Canada, 2014, 14’ (Alireza Taale)

Les parents de Nadim ont du mal à comprendre le mode de vie insouciant et occidental de leur fille Sahar. Baigné de tensions et de peu de tolérance, le foyer attend son retour à la maison.

Les Pécheresses de Gerlando Infuso, animation, Belgique, 2014, 17’ (Eklektik Productions) – en présence du réalisateur

Trois histoires à propos de trois femmes à trois époques différentes qui subissent, suite à un geste malheureux, les colères d’une figure masculine.

Article associé : Les Contes cruels de Gerlando Infuso

Die Jacke de Patrick Vollrath, fiction, Autriche, 2014, 9’13’’ (Patrick Vollrath)

Un garçon rencontre une fille. Ça pourrait être de l’amour. Mais, il y a également cette veste. Et cette veste va tout changer.

The Mad Half Hour de Leonardo Brzezicki

Il y a deux ans, notre tout premier Prix Format Court remis au Festival IndieLisboa au sein de la section « Silvestre », distinguait « The Mad Half Hour » du réalisateur argentin Leonardo Brzezicki.

Cette curieuse pépite, ce film à part, à la croisée des genres, drôle et mélancolique à la fois, traitant de l’amour, de la vie, de l’absurde, des rêves mais aussi des ruptures, nous avait profondément plu. Un film dans lequel on chante, on dit des choses insensées, on se cogne contre les poteaux, on aime (ou pas) l’art contemporain, on continue (ou pas) à jouer au tennis et à se lever le matin et où les chats ont (ou pas) trois yeux dans la nuit noire. Un film de ressenti, en noir et blanc, entre fantaisie, fantastique, absurde et existentialiste.

Depuis quelques jours, le film, ayant fait ses débuts à Berlin, est en ligne, et nous ne pouvons que vous inciter à le voir et à (re)lire notre dossier consacré à son auteur pour en savoir plus sur notre coup de coeur de la semaine, récompensé d’un Prix Format Court il y a 2 ans.

Katia Bayer

The Mad Half Hour de Leonardo Brzezicki, Fiction, 22′, Argentine, Danemark, 2015, Rewind my future

Synopsis : “The Mad Half Hour” laisse émerger les doutes existentiels d’un jeune couple dans les rues de Buenos Aires.

Les courts primés aux Bafta

Après les Goya, les Magritte et Clermont-Ferrand, et avant Berlin, voici le dernier palmarès des Bafta au Royaume-Uni. Si nous n’avons pas vu « A Love Story  » le film d’animation primé qui a l’air chouette (à en juger le très bref making-of), il en va autrement pour « Home » de Daniel Mulloy.

Le film, récompensé du Bafta du Meilleur court de fiction & Prix Spécial du Jury à Clermont, se veut un appel à la tolérance autour d’un sujet bien pensant : la crise des migrants (ou comment une famille ordinaire et européenne vit dans sa chair la peur, la fuite, l’humiliation, la perte de repères, la débrouille et la faim, que connaissent des milliers de migrants). Si le début de « Home » fonctionne, son trop plein de bonnes intentions (identification/compassion/film choc à la Amnesty) ne nous emmène pas bien loin. Voilà.

Meilleur court métrage d’animation : A Love Story de Anushka Kishani Naanayakkara

Meilleur court-métrage de fiction : Home de Daniel Mulloy

 

Clermont-Ferrand, le palmarès 2017

Le 39ème Festival International du Court Métrage à Clermont-Ferrand s’est achevé ce samedi 11 février 2017. En voici le palmarès, côté international, national et labo, photos à l’appui.

Palmarès international

Grand Prix : Dekalb Elementary (École primaire Dekalb), de Reed Van Dyk, États-Unis

Prix Spécial du Jury : Home (Chez nous), de Daniel Mulloy, Kosovo, Royaume-Uni

Prix du Public, Prix du Rire « Fernand Raynaud » : Como Yo Te Amo (Comme je t’aime), de Fernando García-Ruiz Rubio, Espagne

Prix du meilleur film d’animation : Cipka (Minou), de Renata Gasiorowska, Pologne

Prix Étudiant : The World in Your Window (Le monde dans votre fenêtre), de Zoe McIntosh, Nouvelle-Zélande

Prix CANAL + : Battalion to My Beat (Bataillon à mon rythme), de Eimi Imanishi, Etats-Unis, Algérie, Sahara Occidental

Prix du meilleur film documentaire : Estilhaços (Fragments), de José Miguel Ribeiro, Portugal

Palmarès Labo

Grand Prix : Green Screen Gringo (Gringo l’incruste), de Douwe Dijkstra, Pays-Bas

Prix Spécial du Jury, Prix du Public : Hopptornet (Le grand plongeoir), de Maximilien van Aertryck et Axel Danielson, Suède

Prix CANAL+ : Play Boys, de Vincent Lynen, Belgique

Prix Festivals Connexion – Région Auvergne-Rhône-Alpes : Time Rodent (Le rongeur du temps), de Ondrej Svadlena, France, République Tchèque

Palmarès National

Grand Prix : Le film de l’été, d’Emmanuel Marre, France, Belgique

Prix Spécial du Jury : Féfé Limbé, de Julien Silloray, France, Guadeloupe

Prix du Public, Prix Étudiant : Panthéon Discount, de Stéphan Castang

Prix Égalité et Diversité :  Koropa de Laura Henno

Prix de la meilleure musique originale (SACEM) : Matthieu Vigneau pour En cordée

Prix de la meilleure photographie (Nikon) : Robin Fresson pour Le petit de Lorenzo Bianchi

Prix du meilleur film d’animation francophone (S.A.C.D.) : Totems, de Paul Jadoul, France, Belgique

Prix de la meilleure première œuvre de fiction (S.A.C.D.) : Dirty South, d’Olivier Strauss

Prix ADAMI d’interprétation, Meilleure comédienne : Angélique Gernez, dans Chasse royale de Lise Akoka et Romane Gueret

Prix ADAMI d’interprétation, Meilleur comédien : Pierre Valcy, dans Féfé Limbé de Julien Silloray, France, Guadeloupe

Prix CANAL+ : La république des enchanteurs, de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh et Les misérables, de Ladj Ly

Prix de la Presse Télérama : Herculanum, de Arthur Cahn

Prix Procirep du producteur de court métrage : La Luna Productions

Lauréat Bourse des festivals Auvergne-Rhône-Alpes : Permission de Martin Razy / Sacrebleu Productions

Mentions spéciales

Mentions spéciales du Jury International : Disco Obu, de Anand Kishore, Inde, États-Unis, Singapour et And So We Put Goldfish in the Pool (Et nous avons donc mis des poisons rouges dans la piscine), de Makoto Nagahisa, Japon

Nomination European Film Awards : Wannabe, de Jannis Lenz, Autriche, Allemagne

Mention spéciale du Jury Labo : For Real Tho (Pour de vrai), de Baptist Penetticobra, France

Mention spéciale du Jury National : Garden Party, de Florian Babikian, Vincent Bayoux, Victor Caire, Théophile Dufresne, Gabriel Grapperon et Lucas Navarro

Mention spéciale du jury S.A.C.D. (première œuvre de fiction) : L’enfance d’un chef, de Antoine de Bary

Mention spéciale du jury Presse Télérama : Goût bacon, de Emma Benestan

Mention spéciale du jury Documentaire sur grand écran : Kaltes Tal (La vallée froide), de Florian Fischer et Johannes Krell

Coup de cœur CANAL + FAMILY : Big Booom, de Marat Narimanov, Russie

Prix Orange : Relaxatron 5000, de Andrew Brand, Royaume-Uni

Magritte du Cinéma, les 2 courts primés

Après les Goya, Format Court poursuit son tour d’Europe des palmarès de courts. En Belgique, la 7ème édition des Magritte du cinéma, récompensant les films belges, a élu le weekend passé deux courts-métrages centrés sur le sexe, soutenus par Arte, dont l’un est encore visible en ligne grâce à Court-Circuit.

Elu Meilleur court métrage de fiction, « Le plombier » de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron est une « comédie érotico-acoustique » sur le doublage d’un film porno, portée par une chouette photo, une musique cool, des plans serrés plus que significatifs, et la fine fleur du court-métrage belge : Tom Audenaert, Catherine Salée, Jean-Benoît Ugeux, Philippe Grand’Henry. Les deux réalisateurs, déjà auteurs de « L’Ours noir », Magritte du court l’an passé, n’arrivent toutefois pas à finir leur film, et « Le plombier » s’embourbe dans ses dernières minutes. Dommage 1.

« Pornography » d’Éric Ledune, récompensé comme Meilleur court métrage d’animation, est un film sur la perception de la pornographie et l’obscénité. Construit à partir d’un faux micro-trottoir, ce film pour adules jouit (si on peut dire) de quelques plans/témoignages sympas, mais sa durée trop longue, son aspect pédagogique et sa flopée d’informations ne convainquent pas. Dommage 2.

Hopptornet d’Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck

Sélectionnés au 39ème Festival de Clermont-Ferrand dans la section Labo, les deux réalisateurs suédois, Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck, proposent avec « Hopptornet » un documentaire sur le choix de sauter ou non d’un plongeoir haut de 10 mètres.

Les deux cinéastes présentent un court-métrage pour le moins original : le spectateur voit l’hésitation des personnes sur le point de sauter ou non. Les réalisateurs ont choisi pour leur film un panel de personnalités : des hommes, des femmes, des personnes âgées, des jeunes, ceux qui sautent en duo ou seuls, permettant au spectateur de s’identifier facilement aux personnes filmées. Les réactions sont diverses, une enfant d’une dizaine d’années prend par exemple moins de temps de réflexion qu’un homme mûr qui décide de redescendre par l’échelle, ce qui ajoute une touche d’humour à ce documentaire expérimental.

Cette peur de sauter est décryptée par les deux cinéastes qui observent patiemment les réactions et les corps hésitants. On retrouve ce regard au montage lors de l’utilisation des ralentis lorsque les personnes filmées s’élancent dans le vide : l’acte de sauter déforme les visages et crispe les corps.

Le dispositif filmique fait durer cette hésitation et cette peur en utilisant des plans longs. Les réalisateurs ont utilisé plusieurs caméras : la première en face des personnes filmées, la deuxième de côté qui nous permet d’observer la distance entre le plongeoir et l’eau, et la dernière dans le bassin pour capter la pénétration des corps dans l’eau.

De plus, la visibilité du dispositif de mise en scène permet au spectateur de se frotter à la « réalité brute » du documentaire, comme par exemple, en voyant les micros servant à la prise de son, situés sur le rebord du plongeoir.

Le documentaire plonge le spectateur dans un lieu public, la piscine, qui est peu filmé par les cinéastes contemporains. Le court-métrage propose une idée originale et drôle, qui confronte chaque personne à sa peur du vide. Le film secoue, impressionne et surtout fait rire le public, par sa mise en scène frontale et le naturel des personnalités filmées. Cette expérience anthropologique pousse à se questionner sur les nouvelles formes du documentaire expérimental. Le corps humain reste un élément très important dans le cinéma actuel, ici il est accentué par la musique de Beethoven à la fin du court-métrage, dans une volonté de le sublimer et souligner l’absurdité de la situation filmée.

Lila Toupart

Consulter la fiche technique du film

H comme Hopptornet

Fiche technique

Synopsis : Des gens, seuls ou à deux, grimpent en haut d’un plongeoir de dix mètres, dans le but de sauter ou non, affrontant leur peur du vide.

Genre : Documentaire expérimental

Durée : 19′

Année : 2016

Pays : Suède

Réalisation : Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck

Scénario, Image, Montage : Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck

Son : Gustaf Berger

Production : Plattform Produktion

Article associé : la critique du film

Rappel. Soirée Format Court, ce jeudi 9 février 2017

Ce jeudi 9 février 2017, à 20h30, Format Court vous invite à sa nouvelle soirée de courts-métrages au Studio des Ursulines (Paris, 5ème).

Pour l’occasion, cinq courts-métrages français et étrangers (Belgique, Canada, Tunisie, Chili) sélectionnés et primés en festivals, seront projetés en présence de nos invités : Chabname Zariab et Judith Lou Lévy, réalisatrice et productrice (Les Films du Bal) de « Au bruit des clochettes », nommé aux Cesar 2017, Eugène Boitsov, réalisateur de « La Table », Prix Format Court au Festival d’Angers 2017 &  Léopold Legrand, réalisateur de « Angelika », Prix Spécial du Jury au Festival de Namur 2016.

En guise de bonus, « La Table » d’Eugène Boitsov, Prix Format Court au Festival d’Angers 2017, fera l’objet d’une exposition de dessins & croquis préparatoires.

Soyez au rendez-vous !

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En pratique

– Projection : 20h30, accueil : 20h
– Durée de la séance : 81′
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Épée), Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton (mais apprêtez-vous à marcher un peu…)
Entrée : 6,50 €
Réservations vivement recommandées : soireesformatcourt@gmail.com
Event Facebook : ici !
Prochaine séance : jeudi 9 mars 2017 !

La Table d’Eugène Boitsov

Le réalisateur ukrainien Eugène Boitsov, auteur du court-métrage « La Table » vient d’obtenir notre Prix Format Court au Festival Premiers Plans d’Angers, dans la catégorie des « Plans animés » grâce à une animation d’excellente qualité, une composition dynamique et un rythme plein d’esprit. Le film sera projeté ce jeudi 9 février 2017 à 20h30 au Studio des Ursulines (Paris, 5ème) à l’occasion de notre nouvelle soirée Format Court, en présence du réalisateur. Une exposition de dessins et croquis préparatoires accompagnera le court-métrage.

Après avoir obtenu un diplôme à la Kharkiv Académie de Culture en Ukraine, Eugène Boitsov a travaillé pendant cinq années comme free-lance avant de s’inscrire à La Poudrière. Dans cette école française de cinéma d’animation, il a réalisé plusieurs court-métrages, tels que « C’est la vie », « Le Roi de la Montagne », « Les Bébêtes » et finalement « La Table ». Ce film de fin d’études de moins de cinq minutes est un court-métrage d’animation inventif mesuré au millimètre.

Le protagoniste, M. Charpentier, dont l’apparence géométrique et délicate est extrêmement liée à la technique précise d’animation de papiers découpés et à une personnalité méticuleuse, est obsédé par un conflit interne, l’oeuvre de sa vie : la création idéale d’un objet, une table, LA table. Apparemment heureux, M. Charpentier souffre toutefois d’un excès de perfectionnisme. En effet, son travail d’artisan est à la fois une source de grande passion et d’angoisse. Il fait de sa vie une oeuvre, sa table est une métaphore de son propre ego et son corps carré correspond aux dimensions de sa fameuse table.

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Dans le film, la création de la table ainsi que d’autres éléments sont influencés par les courants d’avant-garde tels que le suprématisme, le futurisme et même la performance. Sur un fond neutre blanc, des figures géométriques abstraites (réduites à des triangles, des carrés ou des cercles) contrastent avec des éléments plus organiques et naturalistes.

Non seulement, le style graphique s’intègre dans les différents courants de l’art moderne, mais il bénéficie aussi de l’influence orientale, comme par exemple, le jeu chinois « Tangram », casse-tête de sept pièces indépendantes qui peuvent se juxtaposer pour former un grand carré. M. Charpentier est d’ailleurs lui-même un singulier personnage démontable qui se (dé)construit telle une table.

Pour résoudre une imperfection se trouvant sur la surface de la table qui heurte sa sensibilité, M. Charpentier s’immerge dans sa boîte à outils, tel Newt Scamander qui entre dans la valise des créatures dans le film « Les Animaux Fantastiques »  (David Yates, 2016). Une fois à l’intérieur, M. Charpentier se retrouve dans un univers organisé et prévisible, accompagné par la musique parfaite, « Divertimento No 1 K.439: IV Menuetto » de Mozart, où il y a une place pour chaque chose et où chaque chose est à sa place. Un monde intérieur rigoureux et imperturbable, comme une vitrine de papillons disséqués.

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Néanmoins, à la surface, le monde réel perturbe le charpentier. Sa table est utilisée sans permission : d’autres personnes bizarres jouent aux échecs, écrivent ou même dansent sur la musique traditionnelle géorgienne (en opposition à la musique culte de Mozart) en causant la catastrophe in crescendo. L’empreinte des pièces d’échec comme la lampe et les coups, laissent leurs marques sur la table, maintenant presque réduite à son plus maigre élément.

Lorsqu’il perd la capacité de mener à bien la confection de sa table, aveuglé par la colère, le personnage produit accidentellement une sorte de sculpture moderne qui attire l’attention de la presse, en la voyant comme un véritable chef d’œuvre. Le charpentier, qui ne supporte pas cette tension médiatique, retourne dans sa boîte à outils où même la musique de Mozart ne fonctionne plus. Son monde, ses repères ont été brisés et son refuge est la folie (auto-) destructrice : il se métamorphose lui-même en table. C’est comme ça que l’artisan devenu artiste devient aussi objet et oeuvre.

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Ce film ingénieux, graphique et plein d’humour noir explore les limites de l’obsession par la perfection et nous offre une vision particulière de la tension entre vie et oeuvre. Avec un style graphique original, Eugène Boitsov anime des personnages contradictoires et absurdes, en offrant au spectateur une véritable mise en garde. La relation art-artiste, le processus créatif et la réception de l’oeuvre sont autant de sujets remarquables au service ce de film d’école intemporel et impeccable.

Adriana Navarro Álvarez

Consulter la fiche technique du film

L comme La Table

Fiche technique

Synopsis : Un menuisier perfectionniste est obsédé par l’idée de créer un objet idéal.

Genre : Animation

Durée : 04’20″

Pays : France

Année : 2016

Scénario : Eugène Boitsov

Réalisation : Eugène Boitsov

Son : Pierre Sauze

Animation : Eugène Boitsov, Camille Rossi

Montage : Myriam Copier

Mixage : Pierre Sauze

Production : L’école de La Poudrière

Article associé : la critique du film

Les lauréats des Goya 2017

La 31ème cérémonie des Goya, les récompenses de cinéma décernées chaque année depuis 1987 par l’Académie des arts et des sciences cinématographiques d’Espagne, a eu lieu ce weekend.

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Destinée à couronner les meilleures productions du cinéma espagnol, elle a élu trois courts-métrages nationaux. Côté documentaire, nous ne pouvons pas nous prononcer sur le film choisi (« Cabezas habladoras »  de Juan Vicente Córdoba, pas vu).

Côté fiction, le bien faible « Time Code » de Juanjo Giménez Peña, déjà Palme d’Or à Cannes cette année, a été plébiscité par les votants (on continue à se demander pourquoi tellement le film est aussi light qu’un yaourt 0%).

Bonne nouvelle toutefois du côté animé : « Decorado », le formidable dernier court-métrage d’animation d’Alberto Vazquez, influencé par l’univers du conte, du fantastique et de la gravure, a été primé par l’Académie qui a également élu son premier long-métrage « Psiconautas : Los niños olvidados » (co-réalisé avec Pedro Rivero) comme Meilleur Film d’Animation !

Clermont-Ferrand 2017

Le Festival de Clermont-Ferrand s’est ouvert ce vendredi 3 février 2016. Pour cette nouvelle édition, le festival propose ses traditionnelles sélections de courts en compétition (nationale, labo, internationale), consacre des séances spéciales à l’humour noir et à la Colombie et une carte blanche à Je suis bien content, et s’intéresse de près aux Regards d’Afrique et aux films en région.

Format Court vous propose de retrouver ses actus & articles publiés régulièrement dans son traditionnel focus annuel.

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Clermont-Ferrand, le palmarès 2017
« Permission », bourse des festivals à Clermont !
La critique de « Hopptornet »de Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck (Labo, Suède)
Clermont-Ferrand, une sélection de films à voir en ligne
Clermont-Ferrand 2017, la sélection internationale
Clermont-Ferrand 2017, la sélection nationale
Festival de Clermont-Ferrand, les films en compétition Labo

Clermont-Ferrand, notre sélection de films à voir en ligne

Le Festival de Clermont-Ferrand est en cours depuis vendredi soir. Pour ceux qui ne peuvent s’y rendre ou qui souhaitent prolonger leurs séances, voici une sélection de films programmés au festival, visibles en ligne, repérés dans trois programmes parallèles.

Focus Colombie

Solecito de Oscar Ruiz Navia, Colombie

Articles associés : la critique du film, l’interview de Oscar Ruiz Navia et de Guillaume de Seille (Arizona Films)

Focus Humour noir

Una Furtiva Lagrima de Carlo Vogele (Etats-Unis)

Hasta los huesos de René Castillo (Mexique)

Article associé : la critique du film

Je vais à Disneyland d’Antoine Blandin (France)

Article associé : la critique du film

The Obvious Child de Stephen Irwin (Royaume-Uni)

Article associé : Annecy 2014 : La crème de la crème

Carte blanche Je suis bien content

O’ Moro de de Christophe Calissoni et Eva Offrédo (France)

Article associé : la critique du film

Fêlures de Alexis Ducord & Nicolas Pawlowski (France)

La Chair de ma Chère de Calvin Antoine Blandin (France)

Chroniques de La Poisse de Osman Cerfon (France)

Simon Cartwright : « Dessiner est toujours un bon moyen pour surmonter les problèmes »

En octobre dernier, le Jury Format Court a décerné son prix au festival Court Métrange de Rennes à « Manoman » de Simon Cartwright. Ce film d’animation en stop motion plonge son personnage en pleine crise de schizophrénie cathartique et aborde la question de l’identité, de la normalité, et de leurs inverses, l’autre, la folie. Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec le réalisateur anglais, Simon Cartwright, sur la conception de son film, son travail en animation, et son état d’esprit pour mener ses projets à bien.

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Quelle a été ta première expérience en tant que réalisateur de court-métrage d’animation ?

J’ai fait mon premier court-métrage d’animation alors que j’étais encore étudiant à l’université, c’était une expérience autour de l’animation 2D, conçue spécialement pour trouver du travail. Ce n’est qu’après avoir obtenu mon diplôme que j’ai réalisé, au sens propre du terme, mon premier court-métrage « The Astronomer’s Sun » pour le UK Film Council (Conseil du cinéma britannique). C’était un film d’animation en stop motion.

En le faisant, j’ai beaucoup appris sur le récit, le cinéma, la musique… J’ai réalisé ce film avec une autre animatrice, Jessica Cope : nous avons tout fait par nous-mêmes, de la construction des décors à la fabrication des marionnettes, ce qui représente un travail assez conséquent mais c’est ainsi que j’ai appris à travailler, ce qui se révèle très utile lorsque tu te retrouves à collaborer avec d’autres personnes.

Tu as étudié dans l’une des écoles de cinéma les plus prestigieuses, la National Film and Television School (NFTS). Pourquoi l’avoir choisie et comment y était l’enseignement ?

Avant d’intégrer une école de cinéma, j’avais déjà un travail à mi-temps qui ne me laissait pas beaucoup de temps pour réaliser mes travaux personnels. J’ai senti qu’il était temps de me concentrer sur les films. Steve Warne, un très bon ami animateur, prévoyait d’intégrer l’école Nationale de film et de télévision, alors je m’y suis intéressé. J’ai pensé que ce serait le meilleur endroit pour progresser. C’était risqué de reprendre les études, les deux ans années écoulées ont été très difficiles !

Ce que j’ai beaucoup aimé avec cette école c’est qu’elle offre des cours pour chaque discipline cinématographique telles que l’image, le montage, la production, le son etc… Elle t’offre la possibilité de travailler avec d’autres personnes passionnées dans chacun de ces domaines. J’ai également beaucoup appris de mes amis étudiants, j’ai trouvé des personnes de confiance avec qui j’avais envie de travailler.

Quand tu avais l’impression de ne pas être à la hauteur du point de vue technique ou que tu te sentais bloqué, qu’est-ce qui te donnait envie de continuer ?

Dessiner est toujours un bon moyen pour surpasser les problèmes. Je fais souvent des storyboards de tout, même sans savoir ce que je fais. Le simple fait de dessiner quelque chose m’aide à trouver des solutions à mes problèmes. Je collectionne aussi beaucoup d’images – des photographies, des illustrations, des peintures ou encore des images de films. Lorsque je pense à une nouvelle histoire, je pioche dans mes images en essayant de construire mon histoire uniquement à travers les images sans les intellectualiser.

Je me suis rendu compte que je travaillais mieux en discutant de mes idées avec d’autres personnes. Quand j’étais à l’école, j’ai par exemple travaillé sur la plupart de mes projets avec Nina Gantz, elle aussi, réalisatrice d’animation. En quittant l’école, Nina et moi sommes devenus des partenaires de travail – Cartwright Gantz.

Quels ont les plus gros défis rencontrés en faisant « Manoman » ?

Le plus gros défi a été véritablement de fabriquer les marionnettes. Elles devaient être différentes de celles que j’avais faites dans mes autres films, j’ai donc dû apprendre beaucoup sur le mouvement, sur travail avec de la silicone. J’ai dû concevoir des trucages pour obtenir des plans différents. C’était une phase d’apprentissage très intense et parfois sans espoir.

Quel était ton objectif principal lors de la fabrication du film ?

Le film traite de la masculinité, un sujet souvent caché, c’est pourquoi j’ai voulu faire quelque chose de différent. J’avais l’intention de faire un film qui soit viril. Le film se devait d’être bruyant, rapide, grossier et agressif. Que les gens y adhèrent ou non, ce qui m’intéressait était de faire ressentir aux spectateurs un sentiment particulier même s’ils venaient à le détester ! Avec un peu de chance, le public finit quand même par voir les deux côtés de la masculinité, les bons comme les mauvais.

Quelles ont été tes références et/ou inspirations – en dehors de l’animation – dans la conception de ton film ? Dans la littérature, la musique ou le cinéma par exemple ?

Durant une grande partie de ma vie, j’ai fait de la musique, c’est l’influence la plus prégnante dans tout ce que je fais. Trouver les bonnes musiques sur lesquelles je peux travailler est la meilleure référence pour moi. Par exemple, pour « Manoman », j’ai écouté énormément de heavy métal et du punk. Cela m’a aidé à garder les choses brutes sans toujours chercher à faire quelque de parfait.

Le sculpteur Henry Moore a été également une autre grande influence. Ce qui me fascine chez lui, c’est la simplicité de ses sculptures qui dégagent pourtant une émotion certaine. Son travail m’a aidé à dépasser les personnages d’animation typiques que j’avais l’habitude de faire et à créer à la place des personnages avec très peu de détails.

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Quel a été le personnage pour lequel tu as eu le plus de plaisir à travailler sur « Manoman » ? Et pourquoi ?

Le personnage principal, Glen, était très intéressant à construire comme il était très anxieux et dans la retenue, sa performance pouvait donc être plus subtile que les autres. En utilisant de la silicone pour réaliser les personnages, j’ai pu obtenir le visuel que je voulais, puisque ce matériau n’offrait qu’une amplitude limité de leurs mouvements, ce qui m’arrangeait pour construire le personnage de Glen.

As-tu envisagé une autre technique d’animation pour ce film ? Qu’as-tu tiré de positif à travailler avec des marionnettes ?

Pendant longtemps, je pensais réaliser ce film en stop motion ayant déjà travaillé cette technique auparavant, mais j’ai décidé que ces petits personnages animés en temps réel donneraient plus d’énergie au film. Ça m’a permis aussi de prendre plusieurs prises d’une même scène, ce qui, en animation aurait été trop long et impossible.

Quelles astuces utilisais-tu, d’abord pour te motiver, ensuite pour motiver ton équipe durant le tournage ?

Ça a été un long tournage, il aura fallu trois mois pour tourner ce court, un plan de travail équivalent à un long-métrage ! C’était vraiment difficile de garder une forte énergie pendant une aussi longue période. Ce qui a aidé, c’est qu’avant le tournage, je me suis rendu au studio d’enregistrement avec le compositeur du film, Terence Dunn et l’ingénieur du son, Dayo James. Terry (Terence Ddunn) nous disait quoi faire alors que je jouais de la basse et Dayo de la batterie. Nous avons enregistré quelques morceaux bruts pour le film. Quand nous filmions certaines scènes, je lançais ces morceaux afin de redonner de l’énergie à toute l’équipe. Celle-ci est devenue comme une famille, si bien que dans les moments difficiles, ils me motivaient à leur tour parce qu’ils croyaient tous profondément au film !

Quel genre de difficultés peut-on rencontrer en créant un court métrage d’animation indépendant ?

Rester motivé est certainement la plus grosse difficulté à laquelle on peut se heurter puisque on doit tout faire soi-même, surtout si on travaille tout seul. Ne pas savoir faire de pauses peut aussi devenir un problème, mais il est nécessaire d’en prendre pour ne pas finir épuisé.

Trouver des personnes enclines à vous aider est également compliqué avec un petit budget mais ça vaut la peine de demander de l’aide à celles dont vous admirez le travail. Elles s’avèrent souvent bienveillantes et finissent par vous aider. Il est aussi facile de se retrouver bloqué et ne plus avoir suffisamment de recul pour se rendre compte de certaines incohérences que peut présenter le film. Montrer le film à d’autres personnes pendant la phase d’écriture du story-board est une bonne chose pour être sûr de faire quelque chose que les spectateurs vont vraiment vouloir regarder !

Le budget et les lieux de tournage sont toujours une barrière, c’est évident. C’est pour cela que j’aime le dessin car on peut le faire n’importe où sans avoir à se préoccuper de ces problématiques.

À ton avis, quels sont les compétences dont un cinéaste doit faire preuve pour réaliser un court-métrage d’animation, et que peut-il apprendre dans ce processus de création ?

Être capable de partager des idées de manière à attiser l’enthousiasme d’autres personnes. Parfois, le meilleur moyen est de leur montrer des références visuelles ou même de leur jouer un morceau de musique afin de mieux exprimer ce vers quoi le film doit tendre.

De façon plus technique, il faut être capable d’utiliser des logiciels de montage, de story-board, d’écrire des traitements de texte et des scénarios. Plus vous vous avez des compétences, moins vous aurez à compter sur d’autres personnes.

Tu as aussi travaillé dans la publicité. Quelle expérience as-tu dans ce domaine et quels défis as-tu rencontrés ?

Travailler dans le monde de la publicité demande les mêmes capacités telles qu’être capable de visualiser et de partager ses idées. Le plus gros défi auquel j’ai été confronté dans la publicité a été de devoir convaincre mes interlocuteurs de chaque petit détail et technique. C’est une discipline très intéressante puisqu’elle t’oblige à prendre en compte tous les aspects d’un projet du début jusqu’à la fin.

J’ai réalisé de nombreux story-boards pour des campagnes publicitaires, ce qui m’a appris à distinguer ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. J’essaie d’appliquer tout ce que j’ai appris concernant la construction d’une histoire et d’un personnage à tous mes projets; qu’il s’agisse d’un film personnel ou d’une publicité, le public réagit face aux images de la même manière. Lorsque je dois pitcher et convaincre de la pertinence d’un projet publicitaire, je sais ce sur quoi mettre l’accent.

Quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui voudraient réaliser un court métrage, et qui sont en dehors du monde de l’animation ?

Peu importe qu’il s’agisse d’animation ou de fiction, même si son histoire a déjà été racontée des milliers de fois, le réalisateur doit trouver un point de vue qui n’a jamais été traité . Notre point de vue en tant qu’être humain et la passion que l’on porte au projet fera que le public s’intéressera au film. La pire chose que peut faire un réalisateur est de faire un film ennuyant !

Propos recueillis par Adriana Navarro Álvarez. Traduction, mise en forme : Marie Winnele Veyret, avec l’aide de Gary Delépine

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L’Âge des Sirènes, Prix du Syndicat Français de la Critique 2016

La cérémonie de remise des prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma a eu lieu hier, lundi 30 janvier, à la Cinémathèque Française.

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Un jury de membres du Syndicat Français de la Critique de Cinéma a élu « L’Âge des sirènes » d’Héloïse Pelloquet comme meilleur court-métrage 2016. Le film, produit par Why Not Productions, vient d’obtenir le Prix du public et une Mention spéciale pour l’interprétation de Mattis Durand au Festival Premiers Plans d’Angers. Il a également été programmé à notre dernière Soirée Format Court (en présence de la réalisatrice) au Studio des Ursulines (Paris, 5ème) le jeudi 12 janvier 2017.

Pour rappel, Héloïse Pelloquet est une ancienne lauréate de nos Prix Format Court : nous avions primé son film de fin d’études de la Fémis, « Comme une grande », en 2015, au Festival de Brive.

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À Brive déjà, l’année précédente, nous avions décerné notre prix à Arthur Harari pour son film « Peine perdue », qui avait fait l’objet d’un dossier spécial et d’une projection en mai 2014, en présence de l’équipe. Depuis, vous le savez probablement, le réalisateur a sorti son premier long-métrage en juin 2016, « Diamant noir », produit par Les Films Pelléas, en lice pour les César, et élu hier aussi par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma comme… Meilleur premier film français.

2 bonnes nouvelles donc pour nos anciens lauréats 😉

Mr Madila de Rory Waudby-Tolley, en ligne !

Alors que l’équipe de Format Court vient d’attribuer un nouveau Prix au Festival Premiers Plans d’Angers dans la catégorie des « Plans animés » à « La Table » réalisé par Eugène Boitsov, un étudiant issu de l’école de la Poudrière, le film de notre lauréat de l’an passé à Angers, « Mr Madila » de Rory Waudby-Tolley a été mis en ligne il y a quelques jours.

Ce court-métrage réalisé au Royal College of Art, que nous avons diffusé en avril 2016, en présence du réalisateur grâce au soutien du British Council, est une animation (très) légère, au croisement du documentaire fictif et du cartoon, où le réalisateur se met lui-même en scène dans une série de conversations entretenues avec Mr Madila, un extravagant marabout, bonimenteur au débit enflammé, enclin à lui révéler les puissants secrets de l’Univers.

Découvrez pour l’occasion ce film enfin visible dans son intégralité sur le web, mais aussi notre notre dossier spécial consacré à Rory Waudby-Tolle, publié en juillet 2016.

Synopsis : « Le Tout, dans l’ensemble, c’est du rien. Regardez-y de plus près et vous verrez tous les petits morceaux, tous les petits fragments, et tous les vides dans les interstices. » Mr Madila ou La Couleur du rien met en scène une série de conversations entretenues par le réalisateur avec un guérisseur revendiquant un don spirituel.

La Table d’Eugène Boitsov, Prix Format Court au Festival d’Angers

Pour la quatrième année consécutive, un jury composé de rédacteurs de la revue Format Court a remis ce samedi 28 janvier 2017, lors de cérémonie de clôture, un prix lors de la nouvelle édition du Festival Premiers Plans d’Angers, dans la catégorie des « Plans animés », regroupant 17 films de jeunes cinéastes européens en école d’animation. Cette année, le jury composé d’Adriana Baradri, de Stenny Sigere, de Marc-Antoine Vaugeois et de Katia Bayer a décidé de décerner le prix Format Court au court-métrage « La Table » réalisé par Eugène Boitsov, un étudiant issu de la prestigieuse école de la Poudrière.

Pour son trait cartoonesque intemporel et son écriture comique construite sur des délires géométriques savoureux, ce court-métrage d’animation a remporté rapidement tous les suffrages de notre jury. Sans se conformer à des effets de mode et en cultivant sa propre singularité avec minutie tout au long de ses quatre minutes, le film d’Eugène Boitsov fait mouche et donne envie de découvrir le travail de ce jeune auteur et de le partager.

Nous lui consacrerons donc un prochain focus sur le site Format Court et projetterons son court-métrage lors de notre prochaine séance Format Court le jeudi 9 février 2017, en présence du réalisateur, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Le réalisateur bénéficiera également d’une copie DCP pour un prochain projet, dotée par le laboratoire numérique Média Solution.

Synopsis : Un menuisier perfectionniste est obsédé par l’idée de créer un objet idéal.