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Quinzaine des Réalisateurs 2017, les courts en sélection

Juste avant la sélection de la Semaine de la Critique révélée demain, voici celle de la Quinzaine des Réalisateurs annoncée ce matin. 10 courts-métrages ont été retenus par la sélection parallèle du Festival de Cannes.

Films sélectionnés

Água mole de Laura Goncalves et Alexandra Ramires
Copa-loca de Christos Massalas
Crème de menthe de Philippe David Gagné & Jean-Marc E. Roy
Farpões, baldios de Marta Mateus
La bouche de Camilo Restrepo
Min börda de Niki Lindroth Von Bahr
Nada de Gabriel Martins
Retour à Genoa city de Benoît Grimalt
Tijuana tales de Jean-Charles Hue
Trešnje de Dubravka Turić

Soirée Format Court, les photos !

Voici quelques images glanées lors de notre dernière Soirée Format Court organisée le jeudi 13 avril 2017, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème), prises par Stenny Sigere.

Pour rappel, nos invités, ce soir-là, étaient Emmanuel Marre, réalisateur du moyen-métrage « Le film de l’été » (Prix Format Court au Festival de Brive 2017 & Grand Prix National au Festival de Clermont-Ferrand 2017) et de Carlo Sironi, réalisateur de « Valparaiso », primé au Festival de Locarno 2016, accompagné par le traducteur Gianluca Matarrese.

Valentina de Maximilian Feldman

« Valentina », film d’école de Maximilian Feldmann s’est vu attribuer le Prix du Public et une Mention Spéciale lors de la 14ème édition du festival de moyen-métrage de Brive par le jury Format Court. Ce film documentaire de 51 minutes nous plonge dans les yeux d’une petite fille de 10 ans, pour le moins fascinante, qui nous confie son histoire entre lucidité et insouciance. La réalité d’une famille roumaine, quelque part en Macédoine, confrontée à une misère matérielle et financière, que le manque de considération dont elle est victime, détruit à petit feu. Dès lors, l’enjeu du film n’est pas tant de faire un cinéma tire-larmes, mais plutôt de montrer sous divers angles ce que de coutume nous préférons voir de loin ou ne pas voir du tout : la misère des autres.

Maxime Feldmann pose sa caméra au cœur d’une communauté souvent dépréciée et méprisée. Il fait le choix de la montrer dans sa simplicité allant jusqu’aux moments les plus difficiles où la misère n’existe pas seulement en filigrane. Le film alterne habilement entre des scènes du quotidien, tel que le ramassage de bois ou encore la course poursuite après une poule pour en faire le repas tant attendu du soir, et des portraits aux allures photographiques de chaque membre de cette famille. Leurs visages meurtris sont ainsi capturés par des plans rapprochés fixes, presqu’hypnotisants, qu’accompagnent les commentaires parfois drôles parfois touchants de Valentina. Face à la caméra, les regards de ces visages statiques transpercent l’écran, venant se heurter contre nos cœurs ébranlés par leur souffrance tant que par leur joie. Il est ainsi, troublant de voir comment à la simplicité de ce dispositif cinématographique se dégage une efficacité surprenante où les visages et les corps sont sublimés par l’image documentaire.

L’efficacité, on la retrouve aussi dans la manière que Feldman a de tisser son récit, comprenons ce terme au sens de discours. En tant que documentariste, sa subjectivité se lit clairement. Son utilisation du noir et blanc intrigue. Comme si cette absence de couleur était là pour signifier au spectateur, une distinction entre ce que l’on voit – pauvreté – et ce qui transparaît, l’humanité. Et c’est à travers les mots d’une enfant que le réalisateur nous permet de pénétrer dans cette famille laissant derrière nous tous jugements hâtifs. Ce sont au contraire les sentiments qui viennent s’immiscer entre le spectateur et Valentina autant qu’entre cette dernière et sa famille. La fillette fait part, d’ailleurs, à plusieurs reprises de l’amour incommensurable qu’elle éprouve envers sa famille, et ce même lorsqu’elle est contrainte de mendier dans la rue avec sa mère.

Jamais chez Valentina, on ne ressent une once de violence ou même de haine. Il y a chez elle une authenticité profonde dans sa manière de percevoir le monde qui touche. Le réalisateur choisit d’aller chercher dans cette authenticité, des moments intimes sans jamais tomber dans le misérabilisme comme ce moment où dans cette pièce qui sert à la fois de cuisine, de salon et de chambre, chacun des membres de cette grande famille se trouve une place dans une savante organisation.

C’est en cela que le génie de Maximilian Feldman mérite d’être souligné. En faisant le choix d’humaniser ces individus, il cherche à leur redonner une dignité qui ne peut que les magnifier. Il pose sa caméra comme le faisait Vigo à Nice, sur une communauté oubliée et qui pourtant semble jouir d’un bonheur simple, offrant ainsi un cinéma social de qualité sans jamais oublier l’esthétique. Diplômé de la Filmakademie Baden-Württemberg, Feldman a déjà tout des grands cinéastes et offre, plus que du cinéma, un cinéma-vérité.

Marie Winnele Veyret

Consulter la fiche technique

Pour information, « Valentina » sera projeté à l’occasion de la reprise du palmarès de Brive le lundi 24 avril à 21h au Cinéma l’Archipel (17 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris), précédé de « Madame Saïdi » de Bijan Anquetil et Paul Costes

V comme Valentina

Fiche technique

Synopsis : Un camp de gitans. Valentina, 10 ans, nous invite à rencontrer sa famille. S’ensuit une succession d’anecdotes bizarres et de rêveries, vues à travers le prisme du documentaire.

Genre : Documentaire

Durée : 51’

Pays : Allemagne

Année : 2016

Scénario : Maximilian Feldmann et Luise Schröder

Réalisation : Maximilian Feldmann

Image : Luise Schröder

Montage : Gregor Bartsch

Son: Oscar Stiebitz

Musique : Oliver Ole Fries

Production : Filmakademie Baden-Württemberg

Article associé : la critique du film

« En attendant les hirondelles » de Karim Moussaoui, sélectionné à Un Certain Regard !

En 2013, notre magazine décernait un Prix Format Court au film de Karim Moussaoui « Les Jours d’avant », lors du Festival international du film francophone de Namur. Après un excellent parcours en festival, de nombreuses sélections, notamment aux César 2015, l’obtention de plusieurs prix (Prix du Jury au festival de Namur 2013, Prix de la meilleur fiction au Festival de cinéma Vues d’Afrique de Montréal en 2014, …) et une sortie en salle, en février 2015, dont nous étions partenaires, le film est sorti en DVD.

L’annonce des sélections officielles cannoises a dévoilé hier celle du tout premier long-métrage de Karim Moussaoui, « En attendant les hirondelles » dans la section Un Certain Regard. Le film est une coproduction franco-germano-algérienne tournée en Algérie qui a participé à la Résidence de la Cinéfondation du Festival de Cannes en 2015. Félicitations à Karim Moussaoui & à son équipe !

Synopsis : Aujourd’hui, en Algérie. Passé et présent s’entrechoquent dans les vies d’un riche promoteur immobilier, d’un neurologue ambitieux rattrapé par son passé, et d’une jeune femme tiraillée entre la voie de la raison et ses sentiments. Trois histoires qui nous plongent dans l’âme humaine de la société arabe contemporaine.

Cinéfondation 2017, la sélection

Après la composition des courts en compétion officielles à Cannes, voici celle de la Cinéfondation 2017. Pour sa vingtième édition, la section cannoise réservée aux films d’écoles a retenu 16 films (14 fictions et 2 animations) issus de 14 pays, parmi les 2.600 présentés.

Les trois Prix de la Cinéfondation seront remis par le jury des courts métrages et de la Cinéfondation, présidé cette année par le réalisateur roumain Cristian Mungiu, le vendredi 26 mai prochain.

Films sélectionnés

– Heyvan de Bahman Ark, Iran – 15′
– Atlantída de Michal Blaško, Slovaquie -30′
– Lejla de Stijn Bouma, Bosnie-Herzégovine – 22′
– Vazio do lado de fora d’Eduardo Brandão Pinto, Brésil -22′
– Tokeru d’Aya Igashi, Japon -45′
– Afternoon Clouds de Payal Kapadia, Inde -13′
– À perdre haleine de Léa Krawczyk, France -4′
– Give up the ghost de Marian Mathias, U.S.A-13′
– Paul est là de Valentina Maurel, Belgique -24′
– Camouflage d’Imge Özbilge, Belgique -6′
– Pequeño manifiesto en contra del cine solemne de Roberto Porta, Argentine -14′
– Wild Horses de Rory Stewart, Royaume-Uni -26′
– Láthatatlanul d’Áron Szentpéteri, Hongrie -32′
– Deux égarés sont morts de Tommaso Usberti, France -27′
– Yin shian bien jian gon lu de Wang Yi-Ling, Taïwan -28′

Cannes 2017, les courts-métrages en compétition officielle

La veille de la conférence de presse de la 70ème édition de Cannes, voici les 9 films (8 fictions, une animation) retenus par le comité de sélection (sur 4843 courts métrages reçus), concourant pour la Palme d’Or, décernée par Cristian Mungiu et son Jury.

Films en compétition

Katto de Teppo Airaksinen (Finlande)

Pépé le Morse de Lucrèce Andreae (France)

A Drowning man de Madhi Fleifel (Royaume-Uni/Danemark/Grèce)

Lunch Time d’Alireza Ghasemi (Iran)

Across my land de Fiona Godivier (Etats-Unis)

Koniec widzenia de Grzegorz Molda (Pologne)

Xiao cheng er yue de Qiu Yang (Chine)

Damiana d’Andrés Ramirez Pulido (Colombie)

Push it de Julia Thelin (Suède)

Rappel. Soirée Format Court, ce jeudi 13 avril 2017 !

Format Court a le plaisir de vous inviter ce jeudi 13 avril 2017, à 20h30 à assister à sa nouvelle soirée de courts-métrages au Studio des Ursulines (Paris, 5ème).

Quatre films français, belges, italiens et danois sélectionnés et primés en festivals, seront projetés en présence de nos invités : Emmanuel Marre, réalisateur du moyen-métrage « Le film de l’été » (Prix Format Court au Festival de Brive 2017 & Grand Prix National au Festival de Clermont-Ferrand 2017) et Carlo Sironi, réalisateur de « Valparaiso », primé au Festival de Locarno 2016.

Venez les rencontrer !

En bonus : une exposition de dessins & croquis préparatoires sera consacrée au film d’animation « Between Walls » de Sara Jespersen Holm !

En pratique

– Projection : 20h30, accueil : 20h
– Durée de la séance : 70′
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Épée), Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton (mais apprêtez-vous à marcher un peu…)
– Evenement Facebook
Entrée : 6,50 €
Réservations vivement recommandées : soireesformatcourt@gmail.com

Kiss my brother de Rasmus Kloster Bro

Kiss my brother de Rasmus Kloster Bro. Fiction, 15’20 », 2010, Danemark, Beofilm, Super16

Lasse se rend à une fête du nouvel an organisée chez une jeune fille qui lui plaît beaucoup. Pour l’occasion, il a transformé son fauteuil roulant en rampe de lancement pour fusées. Il est accompagné de Simon, son frère aîné, qui est là pour l’aider. Lorsque Lasse a l’opportunité de se retrouver seul avec la jeune fille, un bras de fer s’engage entre les deux frères. Le malaise s’installe…

L’amour en général est difficile, mais il pose de nombreuses limites lorsqu’il est question de handicap. A cet effet, « Kiss my brother » soulève la dure réalité de l’invalidité face aux épreuves quotidiennes et filme avec douceur la relation complexe entre deux frères, confrontés à quantité d’obstacles dont l’amour, faisant souvent bien plus mal que les autres difficultés.

Ce film d’école réalisé par Rasmus Kloster Bro a beau dater de 2010, il demeure encore et toujours très actuel dans sa perception du handicap engendrant malaise comme humanité en nous, des sentiments bien inhérents à nos sociétés.

Clément Beraud

Le film de l’été d’Emmanuel Marre, Prix Format Court au Festival de Brive 2017

Depuis 4 ans, Format Court accompagne le festival de Brive et soutient des auteurs maîtrisant l’art de raconter des histoires singulières et originales.

Cette année, le jury Format Court (composé de Aziza Kaddour, Marie Winnele Veyret et Katia Bayer) a choisi de remettre une Mention Spéciale en plus de son prix annuel.

La Mention Spéciale revient à un film d’école touchant et offre un regard particulièrement fin sur une famille roumaine, porté par une photo superbe, « Valentina » de Maximilian Feldmann.

Valentina de Maximilian Feldmann, Documentaire, 2016, 51′, Allemagne, Filmakademie Baden-Württemberg

Syn. : Un camp de gitans. Valentina, 10 ans, nous invite à rencontrer sa famille. S’ensuit une succession d’anecdotes bizarres et de rêveries, vues à travers le prisme du documentaire.

Le Jury Format Court a souhaité également récompenser un film fort et ambitieux, porté par des personnages singuliers et attachants en distinguant « Le film de l’été » d’Emmanuel Marre.

Le film de l’été d’Emmanuel Marre, Fiction, 30′, 2016, France, Belgique, Kidam, Michigan Films

Syn. : C’est un film d’autoroute, de touristes en transhumance, de tables de pique-nique en béton, de files d’attente pour les WC, de melons tièdes et de Carwash. C’est le film d’un homme qui veut partir et d’un petit garçon qui le retient. C’est le film de l’été.

Programmé à Paris ce jeudi 13 avril 2017 à 20h30 au Studio des Ursulines (Paris, 5ème), en présence du réalisateur, le film fera l’objet d’un focus spécial sur Format Court. Le réalisateur bénéficie également d’un DCP pour un prochain court-métrage – dans un délai de 2 ans – doté par le laboratoire numérique Média Solution.

Panthéon Discount de Stéphan Castang

Résistance des corps

La salle d’attente d’un établissement médical, crépusculaire, inquiétante, aux pas et aux paroles feutrés, aux chuchotements indistincts : des lignes noires verticales barrent la lumière, une musique planante esquisse un sentiment d’irréalité. Puis, le personnage qu’on voyait au fond de la salle passe dans une sorte de scanner angulaire flottant au milieu du noir total. Les paroles et les gestes mécaniques de l’infirmière ne nous rassurent pas vraiment, lui non plus vu l’angoisse de ses expressions. Trois personnages sont ainsi convoqués dans ces machines épurées à peine futuristes.

Le scanner dans lequel ils sont analysés précédemment se nomme le Sherlock : il livre les diagnostics, s’occupe des traitements. Il «ne peut pas se tromper», selon les dires d’un médecin.

S’ensuivent trois confrontations montées en parallèle, entre un médecin, dont la caméra épouse le point de vue, et ses patients. C’est là que « Panthéon Discount », Prix de la Jeunesse et Prix du Public au Festival de Clermont-Ferrand 2017, révèle tragiquement son sens : nous sommes dans un univers dystopique étrangement proche du nôtre où la médecine est allée puiser du côté du post-humanisme pour contrôler la vie des gens, leur mémoires, leur visions, leur morts.

L’originalité de « Panthéon Discount », c’est d’abord son ambiguïté spatio-temporelle : ces trois patients sont vêtus d’habits courants de notre époque, ont des problèmes très actuels comme les dettes ou la retraite, et sont brutalement placés dans cet univers en noir et blanc, comme dans un cauchemar géométrique. Ce décalage crée un sentiment d’étrangeté, accentué par le noir et blanc, l’abstraction du décor et l’absence de contexte. D’où l’identification assez immédiate à ces personnages qui sont le seul dénominateur commun entre notre monde et la fiction.

Stéphan Castang explore le même dispositif que dans son précédent court-métrage « Jeunesse Françaises » : les personnages sont placés face caméra, et discutent avec un interlocuteur dont nous, spectateurs, ne connaissons que la voix.

Dans « Panthéon Discount », le réalisateur se situe à première vue du côté du médecin, qui rappelle dans son innocence feinte l’idée d’un système dont il est seulement un rouage, obéissant aveuglement aux commandements du Sherlock. Comme pour les patients, le réalisateur joue sur un décalage : ses intonations bienveillantes, ses formulations communes, la forme de ses paroles, tout cela contraste avec le fond, c’est-à-dire des propositions autoritaires et sordides, qui laissent très peu de place à la volonté des trois patients.

Pour justifier la soumission des patients face au médecin, celui-ci convainc d’abord par son statut, un peu comme dans l’expérience de Milgram, mais également par sa rhétorique liée à l’argent. Par exemple lorsqu’il propose au patient M. Bove, atteint du cancer, un suicide assisté, il ajoute que cette alternative pourra éviter d’endetter ses enfants. Il précise aussi avec une ironie noire : « on est tous un peu obligé de terminer ».

Le cadre est alors vu comme symbolisant l’enfermement des personnages dans un système qui les contrôle, les broie, leur enlève jusqu’à ce qui constitue leur humanité : leurs souvenirs.

Un autre élément constitutif du court-métrage est la présence d’informations numériques qui s’affichent autour des personnages, étant donné que nous voyons l’action du point de vue du médecin et qu’il a fait subir une augmentation à ses yeux en y plaçant des implants. Résultat : il connaît exactement la situation économique, familiale et administrative de ses patients.

Ici, le réalisateur propose une alternative. Le spectateur peut se concentrer sur ces informations, comme le médecin, et ainsi constituer sa vision des personnages sur leurs rapports à la société.Il peut aussi aller au-delà de cet océan numérique toujours en mouvement, et voir la nuance des visages, des expressions, des regards des patients. L’humanité opposée aux possibilités numériques, tel semble être l’affrontement conceptuel central du film.

« Panthéon Discount » est un récit d’anticipation, se situant dans un futur proche mais peut-être bien plus proche de notre époque que nous pouvons le penser à première vue. Rappelons par exemple que les Google Glass sont en phase de test depuis 2012 et qu’elles ont été utilisées dans le secteur médical depuis 2014.

Plus quotidiennement, nos visions ne sont-elles pas déjà occupées par toute sortes d’images, d’écrans censés rendre nos vies plus efficaces, à l’image des implants améliorant la vision du médecin du film ? Nous ne sommes pas à l’abri de la déshumanisation semble nous dire Stéphane Castang, en représentant ce même médecin dont nous découvrons à la toute fin le visage et qui est mis face à ses propres contradictions par un de ses patients: « Il y a un fond de tristesse en vous» lui dit-il. Pas de réponse possible.

Thibaud Fabre

Consulter la fiche technique du film

P comme Panthéon Discount

Fiche technique

Synopsis : En 2050, la médecine est remplacée par une machine : le Sherlock. Sorte de super scanner qui non seulement diagnostique, mais soigne également suivant les moyens du patient. Le docteur n’est plus qu’un conseiller financier qui propose des assurances, des mutuelles et des solutions plus ou moins radicales.

Genre : Fiction

Durée : 14’44’’

Pays : France

Année : 2016

Scénario : Stéphan Castang

Image : Jean-Baptiste Moutrille

Son : Émilie Mauguet

Montage : Stéphan Castang

Décor : Florent Gauthier

Musique : John Kaced

Production : Takami Productions

Article associé : la critique du film

Nouvelle Soirée Format Court, jeudi 13 avril 2017 !

Format Court a le plaisir de vous inviter le jeudi 13 avril 2017 à 20h30 à sa nouvelle soirée de courts-métrages au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Pour l’occasion, quatre films français, belges, italiens et danois sélectionnés et primés en festivals, seront projetés en présence de nos invités : Emmanuel Marre, réalisateur du moyen-métrage « Le film de l’été » (Prix Format Court au Festival de Brive 2017 & Grand Prix National au Festival de Clermont-Ferrand 2017) et de Carlo Sironi, réalisateur de « Valparaiso », primé au Festival de Locarno 2016. Venez les rencontrer !

En bonus : une exposition de dessins & croquis préparatoires sera consacrée au film d’animation « Between Walls » (Mellem Vaeggene) de Sara Jespersen Holm !

Programmation

Le film de l’été d’Emmanuel Marre, Fiction, 30′, 2016, France, Belgique, Kidam, Michigan Films. Prix Format Court au Festival de Brive 2017, Grand Prix National au Festival de Clermont-Ferrand 2017, sélectionné à la Berlinale 2017. En présence du réalisateur

Synopsis : C’est un film d’autoroute, de touristes en transhumance, de tables de pique-nique en béton, de files d’attente pour les WC, de melons tièdes et de Carwash. C’est le film d’un homme qui veut partir et d’un petit garçon qui le retient. C’est le film de l’été.

Between Walls (Mellem Vaeggene) de Sara Jespersen Holm, Animation, 8’03’’, 2015, Danemark, The Animation Workshop. En sélection au Festival Anima 2017, programmé au Poitiers Film Festival 2016

Synopsis : Un écrivain en panne d’inspiration essaie d’écrire un poème. L’énergie négative qu’il dégage se matérialise en corbeaux noirs, que seule sa fille Millie semble être capable de voir.

Valparaiso de Carlo Sironi. Fiction, 20′, 2016, Italie, Kino produzioni, Prix « Film Fonds Video Untertitelung » au Festival de Locarno 2016. En présence du réalisateur

Synopsis : Rocio, 20 ans, détenue dans le centre de rétention administrative de Rome, attend d’être renvoyée dans son pays d’origine. Tombée enceinte pendant sa détention, elle ne veut révéler ni les circonstances ni l’identité de l’homme, préférant se taire. La loi n’autorisant pas l’État à retenir une femme enceinte dans un centre de rétention, Rocio est donc relâchée au quatrième mois de grossesse avec un titre de séjour temporaire pour cause de maternité. Désormais libre, elle doit faire face à une grossesse non désirée.

Nymphet de Laura Hermanides. Fiction, 12′, 2015, Belgique, Unity Productions. Grand Prix du Jury au Sundance London Film Festival 2016, en sélection au Festival Go Short 2017

Synopsis : Une adolescente de douze ans joue à un jeu dangereux et doit faire face aux conséquences.

En pratique

– Projection : 20h30, accueil : 20h
– Durée de la séance : 70′
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Épée), Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton (mais apprêtez-vous à marcher un peu…)
– Événement Facebook : ici !
Entrée : 6,50 €
Réservations vivement recommandées : soireesformatcourt@gmail.com

Des nouvelles de Simon Coulibaly Gillard

Le 39ème Festival Cinéma du Réel s’est terminé ce weekend. L’un de nos anciens Prix Format Court, Simon Coulibaly Gillard, que nous avions récompensé au Festival Filmer à tout prix, à Bruxelles, en 2013 pour son film Anima, vient d’être récompensé du Prix du Patrimoine de l’Immatériel pour son nouveau film Boli Bana.

Nous vous invitons à redécouvrir le dossier spécial que nous avions consacré à son auteur passionné par l’Afrique et le cinéma documentaire et à jeter un oeil au teaser ci-dessus.

Bonne info : le film est à découvrir ce mercredi 5 avril à 14h à La Scam (5 Avenue Velasquez, 75008 Paris) à l’occasion de la reprise d’une sélection de films primés au 39e Cinéma du réel – Festival international de films documentaires – Festival international de films documentaires.
Réservation souhaitée à culture@scam.fr
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Infos : ici !

Synopsis : La nuit, le jeune Ama et sa bande voyagent dans la brousse de Boli Bana. Des bêtes immenses et bienveillantes les accompagnent. Ils se jaugent, se cherchent, s’apprivoisent. Le jour, la jeune Aissita est l’attention du village de Boli Bana. Une sorcière est venue pour un rituel : Assista rentre dans l’âge adulte. A travers les yeux de ces enfants se dessine l’histoire d’un monde nomade et mystique. Une enfance peulhe au Burkina Faso.

En lien avec cet article : le palmarès entier de la 39ème édition du Cinéma du Réel

Wednesday with Goddard de Nicolas Ménard

Animation, 4’30″, 2016, Royaume-Uni, Nexus Studios

Synopsis : Une quête pour le développement spirituel mène à la romance et au désespoir.

Prix du Public et Prix Spécial du Jury aux Sommets du cinéma d’animation à Montréal en 2016, « Wednesday with Goddard » de Nicolas Ménard fait partie de nos coups de cœur récents.

Programmé à notre dernière Soirée Format Court mi-mars, le film a eu la bonne idée de rejoindre rapidement la Toile, muni de son humour mordant, son graphisme hallucinant, son bon rythme et ses couleurs folles.

Quête spirituelle, coup de foudre, désespoir, personnages aux curieuses proportions, durée chouette (4 minutes), titre énigmatique, voire cinéphile : « Wednesday with Goddard » a tout du film de chevet aimé/animé, entre « smartitude » et clin d’oeil amusé. Son auteur, le réalisateur canadien Nicolas Ménard, diplômé du Royal College of Art, est bel et bien un nom à retenir et à suivre. Très actif, ses autres pubs et courts fous, absurdes et colorés sont également à découvrir sur Vimeo.

Katia Bayer

Fixeur d’Adrian Sitaru en salles

En juin 2016, nous vous parlions de la sortie d’« Illegitime » du cinéaste roumain, Adrian Sitaru, que nous avions primé en 2014 au Festival du film francophone de Namur pour son très beau court-métrage, « Art ».

Son nouveau long-métrage, le quatrième de cet auteur très prolifique, « Fixeur », est à découvrir en salles (à Paris au MK2 Beaubourg et au Reflet Médicis). Le film est distribué par Damned Films, très proche du cinéaste (à l’origine également de la sortie en salles et en DVD d’« Illegitime »).

Synopsis : Radu, un jeune et ambitieux journaliste veut se faire un nom dans la presse internationale. Quand deux prostituées mineures sont rapatriées de France, il est engagé comme fixeur dans l’équipe d’une chaîne de télévision française dirigée par un journaliste reconnu. Mais durant le voyage, les intentions, les ambitions et les limites de chacun vont se révéler.

Concours : 5X2 places pour le Festival du Cinéma Israélien

Le 17ème Festival du Cinéma Israélien a lieu du 21 au 28 mars 2017, au Majestic Passy (18 rue de Passy 75016). En parallèle des ses séances de longs-métrages et de quelques courts en avant-programmes, le festival propose une séance de courts-métrages de l’Université de Tel-Aviv, le lundi 27 mars prochain, à 17h15. Bonne info : Format Court vous offre 5×2 places pour cette projection. Intéressé(e)s ? Contactez-nous !

The Postman in Underwear de Daniel Binsted & Ben Ziv, 14’38″

Deux frères racontent l’histoire d’un facteur excentrique qui tombe amoureux pour la première fois de sa vie. En essayant de l’aider à exprimer son amour, ils nous emmènent dans une aventure où ils comprendront la différence entre le fantasme et l’amour réel.

What follows the night de Neta Shenitzer, 18’17″

Dans une Tel-Aviv des temps modernes, située dans une réalité parallèle, c’est l’histoire sombre et mystérieuse d’une jeune couturière désespérée et sa rencontre avec sombre inconnu qui change sa vie.

Borderline de Dimitry Konoplov, 15’05 »

Odet, un trafiquant de drogue, épuisé par son travail part à la frontière israélienne pour un échange de marchandise. La personne de l’autre côté de la frontière est un joueur de football palestinien frustré qui n’arrive pas à lui faire passer le colis.

Born in Jerusalem and still alive de Yossi Attia, 8’07″

Ronen Matalon, né et élevé à Jérusalem, commence à faire le guide. Le tour qu’il propose s’appelle “ du traumatisme aux rêves”, et mène les gens dans les lieux d’attaques terroristes essayant de toucher le traumatisme collectif chez les touristes.

Lamps lit on a towpath de Efim Graboy & Vitali Fridland, 15’. En présence du réalisateur Efim Graboy 

Juste avant son mariage, Uri est hanté par ses souvenirs d’enfance et revoit la relation qu’il avait avec ses parents atteints d’un cancer. Il note un parallèle avec la relation qu’il entretient avec sa fiancée et cela freine son désir de se marier.

Letter of agreement de Michal Zecharia, 16’27

Dans le cadre d’un groupe de soutien aux mariés qui ne s’entendent plus, un vieux couple a pour mission de refaire le voyage de leur jeunesse afin de retrouver l’amour qu’ils avaient autrefois.

Dans la joie et la bonne humeur de Jeanne Boukraa

Animation, 5’52’’, Belgique, 2014, La Cambre

Synopsis : À travers des scènes du quotidien, les dégénérescences d’une société où la technologie grandissante a permis de réaliser le rêve ultime de tous les hommes : L’immortalité.

L’immortalité, la longévité, autant de questions qui n’ont eu de cesse d’obséder l’humanité pendant des millénaires. Jusqu’à une avancée scientifique qui s’avère décisive : l’incorporation d’un génome de méduse auto-régénérant à l’ADN humain. Le nouvel Homme est maintenant invincible, mais est-il pour autant heureux ?

Réalisé par Jeanne Boukraa, ce film d’anticipation, Grand Prix au Festival BD6né en 2015, volontairement violent et dérangeant, détaille les comportements sociaux de ce nouvel humain, amélioré physiologiquement et complètement désinhibé par rapport aux questions de mort et de douleur. Il n’y a plus aucune limite, toutes les perversions sont de mises et l’humanité, devenue impersonnelle, sombre à petit feu, en se décomposant dans une soupe primordiale infinie.

Julien Savès

Cristian Mungiu, Président du Jury de la Cinéfondation et des Courts Métrages

Pour la 70e édition du Festival de Cannes (17-28 mai), Cristian Mungiu va présider le Jury de la Cinéfondation et des Courts Métrages, après avoir siégé au jury de Steven Spielberg en 2013. Réalisateur, scénariste et producteur, il succède dans ce rôle à Naomi Kawase, Abderrahmane Sissako, Abbas Kiarostami ou Jane Campion.

Représentant éminent de la Nouvelle Vague roumaine, Cristian Mungiu partage avec le Festival une longue et brillante histoire. Après la Palme pour son deuxième film coup-de-poing, « 4 mois, 3 semaines, 2 jours », il a reçu les Prix du scénario et de l’interprétation féminine pour « Au-delà des collines » et celui de la mise en scène pour « Baccalauréat ».

Cristian Mungiu © Dan Beleiu

Si la filmographie de ce cinéaste exigeant et engagé est ainsi saluée par des jurys successifs, c’est qu’elle porte avec force sur la société roumaine un regard aigu aux résonances universelles. Ses œuvres ambitieuses examinent au scalpel la nature humaine avec une rare intelligence : satire tendre du rêve d’ailleurs de jeunes Roumains dans l’après-communisme (« Occident », 2002) ; récit glaçant d’un avortement clandestin dans une petite ville (« 4 mois, 3 semaines, 2 jours », 2007) ; légendes urbaines surréalistes et pince-sans-rire sur le système Ceauşescu (« Contes de l’âge d’or », 2009) ; exorcisme sur fond d’intégrisme religieux et d’héritage communiste (« Au-delà des collines », 2012) ; conte moral sur les compromissions et la corruption dans la société roumaine (« Baccalauréat », 2016).

Maike Mia Höhne. Court, radicalité et sensation à la Berlinale

Maike Mia Höhne est réalisatrice et responsable des courts-métrages à la Berlinale depuis 10 ans. Cette année, assistée par son comité de sélection, elle a retenu 24 films venant de 19 pays différents. Aux abords du festival, nous lui avons demandé de nous soumettre son film de la semaine (son choix a porté sur « Better than friends », un documentaire vietnamien de de Tuan Nguyen que nous vous invitons à découvrir sur notre site web). Nous l’avons également interrogée sur la place du court à Berlin, son travail de programmatrice et son intérêt pour la prise de risques.

En tant que réalisatrice, comment juges-tu le travail des autres ?

Pour moi, les courts sont comme des diamants. J’adore cette forme ! Quand on vient de la réalisation et de la production, on comprend bien les difficultés vécues par les courts-métragistes. Notre but, dans le cadre du festival, est de s’approcher le plus des sensations. Pour nous, l’histoire n’est pas ce qui compte. L’important, ce qui nous touche le plus, c’est la radicalité. Le film doit être beau, dense, relier l’individu à soi. Quand je programme, ce qui compte, c’est l’expérience vécue, le fait que le film me fasse réfléchir sur le monde.

Qu’est-ce qui a changé en 10 ans de programmation ?

Pour moi, il y a une vraie césure avec les années 90. Aujourd’hui, il y a une multitude de possibles. Le niveau technique, la forme, les partis pris par les réalisateurs ont été très intéressants à suivre. Quand j’ai commencé dans les années 90 à Buenos Aires et à Hambourg, on tournait seulement en 16 mm. Quand je regarde les travaux d’aujourd’hui, le niveau des courts s’est vraiment amélioré de manière générale.

Il y a 10 ans, quand je programmais, j’étais souvent à la recherche d’histoires et de points de vue féminins, mais il me manquait toujours quelque chose.

Le court métrage peut offrir plusieurs perspectives. Il faut se montrer plus consistant que dans le long-métrage, savoir pourquoi on raconte telle histoire et de telle manière. C’est très facile d’une certaine manière via les courts de toucher les gens avec des histoires personnelles, mais comment faire la différence ? J’aime bien l’idée de l’essai, de la liberté qui s’en dégage, des personnes ouvertes d’esprit. Je cherche des auteurs qui développent vraiment une écriture contemporaine. Jonathan Vinel [co-réalisateur de « Tant qu’il nous reste des fusils à pompes »,  Ours d’Or à Berlin 2014, en sélection cette année avec « Martin pleure »], par exemple, est différent, il est capable de parler de ses sentiments, et c’est quelque chose qui m’intéresse.

Quelle est la place du court-métrage à la Berlinale ?

C’est un festival de longs-métrages, incontestablement, mais on donne quand même des prix aux courts-métrages dont un Ours d’Or. Le directeur du festival, Dieter Kosslick, aime le court et me fait confiance en ce qui concerne la programmation. Plus de 1.000 personnes se déplacent aussi pendant le festival pour voir des courts, à raison de 3 séances par jour. Comme il est difficile en temps normal de les voir, les spectateurs se saisissent de l’opportunité de la Berlinale pour les découvrir.

Parallèlement à notre compétition, la section Génération accueille des films racontés dans une perspective d’enfant. Nous avons de très bonnes relations avec les sélectionneurs et leur recommandons parfois des films qui ne correspondent pas à notre ligne mais qui pourraient trouver une place chez eux.

La Berlinale fait partie des festivals de type A. Les mêmes règles s’appliquent pour le court-métrage que pour le long-métrage : les films font leur première internationale chez vous. Qu’est-ce que ça implique comme responsabilité ?

Je reçois beaucoup de films. J’en prends peu. Je sais que j’endosse une responsabilité en ne programmant qu’une variété restreinte d’idées. J’aime bien prendre des risques en termes de programmation en sachant que les films bénéficieront de la visibilité du festival et attireront l’attention d’autres programmateurs qui les sélectionneront peut-être après. Un film bon, c’est un film que je ressens. Parfois, je ne suis pas d’accord sur certains films. On discute beaucoup avec mes collègues autour de la forme, de la morale. Qu’est-ce qu’on veut montrer et qu’est-ce qu’on ne veut pas montrer à la Berlinale ? C’est là que se situe tout l’enjeu de notre travail.

Propos recueillis par Katia Bayer