Le 40ème Festival de Clermont-Ferrand débute ce soir. Il se déroulera jusqu’au 10 février 2018. Cette année, la Suisse est mise à l’honneur. 74 films en sélection internationale, 54 films en compétition nationale et 25 films en labo seront projetés pendant 9 jours. Format Court vous propose d’en savoir sur le festival via des films en ligne, des critiques et des interviews publiés dès aujourd’hui.
Les résultats du second tour des Cesar sont officiels depuis hier, date de la conférence de presse annuelle. Côté courts, voici les 10 nommés. Prochaine étape : la cérémonie des Cesar le 2 mars prochain.
Sont nommés pour le César du Meilleur Film de Court Métrage :
– Les Bigorneaux réalisé par Alice Vial, produit par Les Films du Cygne
– Le bleu blanc rouge de mes cheveux réalisé par Josza Enjambe, produit par Yukunkun Productions
– Debout Kinshasa ! réalisé par Sébastien Maitre, produit par La Ruche Productions
– Marlon réalisé par Jessica Palud, produit par Punchline Cinema
– Les Misérables réalisé par Ladj Ly, produit par Les Films du Worso
Sont nommés pour le César du Meilleur Film d’animation pour le court-métrage :
– Le Futur sera chauve réalisé par Paul Cabon, produit par WAG Prod
– I Want Pluto To Be A Planet Again réalisé par Marie Amachoukeli et Vladimir Mavounia-Kouka, produit par Autour de Minuit
– Le Jardin de minuit réalisé par Benoît Chieux, produit par Sacrebleu Productions
– Pépé Le Morse réalisé par Lucrèce Andreae, produit par Caïmans Productions
Cette année, la Fête du court-métrage se déroulera du 14 au 20 mars 2018. L’occasion de (re)découvrir une sélection de courts métrages élaborée spécialement, avec des films pour tous les âges et tous les goûts !
Pour rappel/info, la Fête du court métrage est une manifestation nationale dédiée au court métrage et ouverte à tous les publics. Elle permet à tous, pendant 7 jours, de sélectionner et diffuser des programmes de courts métrages. Avec plus de 4000 sites participants, partout en France et dans 30 villes Ambassadrices, pour rencontrer ceux qui font le court métrage… Mais aussi dans le monde entier en collaboration avec l’Institut Français. Médiathèques, bars, lieux alternatifs, salles de cinéma, établissements scolaires, maisons de retraite…
Si le désir de programmer vous taraude, vous avez encore deux semaines (jusqu’au 8 février) pour sélectionner, composer, finaliser et valider votre programmation sur le site dédié.
« Goût bacon » – Emma Benestan
La Fête du court-métrage, c’est :
180 courts métrages regroupés dans 30 programmes dont :
– 15 talents du court à découvrir,
– 4 programmes autour des questions de sexes, genres et étiquettes,
– 9 programmes exclusifs cinémas avec billetterie CNC,
– 18 films très courts pour animer des avant-séances,
– 9 programmes pensés spécialement pour le jeune public…
2018 à peine avancée et Short Screens vous a déjà décroché de jolis trophées pour sa programmation de janvier. Nous vous proposons un choix unique de courts métrages qui explorent le sport sous de multiples facettes. De la compétition, de l’affrontement mais aussi de l’humour et du dépassement de soi seront au rendez-vous pour cette rencontre exceptionnelle. Pas de doute, le coup d’envoi est bien lancé!
Rendez-vous le jeudi 25 janvier à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€
Skateistan: To Live and Skate Kabul, documentaire de Orlado Von Einsiedel, Etats-Unis, 2010, 9′ (Orlado Von Einsiedel)
Fazilla rêve de représenter son pays lors d’une compétition sportive internationale quand elle sera plus grande. Le seul hic est qu’elle est skateboardeuse et qu’elle vit en Afghanistan.
Cross de Maryna Vroda, fiction, France/Ukraine, 2011, 15′ (Les 3 Lignes) – Palme d’Or du court métrage en 2011
Un garçon forcé à courir, puis court de lui-même, puis regarde un autre courir.
En réaction aux coupes budgétaires dans les services publics et à l’augmentation du chômage, les occupations sociales se répandent en Italie. Dans le quartier de San Giovanni à Rome, un prof de boxe, et d’autres collègues et militants ont créé le S.C.u.P (sport e cultura populare), une salle de sport, école et centre communautaire populaire.
Tisina Mujo de Ursula Meier, fiction, Suisse, 2014, 10’15 » (Bande à part Films)
C’est l’heure de l’entraînement de foot sur le stade Zetra à Sarajevo. Mujo, dix ans, loupe son penalty. Le ballon s’envole au-dessus de la cage et disparaît au milieu des tombes, au coeur du vaste cimetière qui a recouvert l’espace des terrains de sport durant la guerre. cherche parmi les chrétiens! crient certains de ses camarades. Cherche chez les musulmans! répondent les autres. Mujo, à la recherche du ballon, prend tout son temps parmi les tombes au royaume des morts.
Riders of The Well of Death de Erik Morales, Documentaire, Etats-Unis, 2016, 14’75 » (Julia Carrasco)
Un groupe de cascadeurs jour aux demi-dieux en défiant toute logique: ils conduisent leur moto et leur voiture sur les parois d’un cylindre.
Underdog de Vivian Belik et Naomi Mark, documentaire, Canada, 2016, 10′ (Feet it All Productions)
Face à des défis économiques et physiques, une jeune expatriée japonaise se prépare à participer à une course d’environ 160 kilomètres avec des chiens d’attelage, pour accomplir les dernières volontés de sa mère.
Run de Thea Gajic, Fiction, Royaume-Uni, 2016, 7′ (Thea Gajic)
Les tons et les regards affichent tranquillement la force indomptable de la vulnérabilité féminine.
Retrouvez-nous ce mercredi 24 janvier 2018 à partir de 19h, au MyCowork Beaubourg(5 Rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris) pour nos deuxièmes Rencontres professionnelles, consacrées aux festivals, au travail des sélectionneurs, à la question de la ligne éditoriale, aux liens aux films, aux réalisateurs et aux producteurs.
Nos invités de ce mercredi : Thibault Bracq et Natacha Seweryn, programmateurs et sélectionneurs du festival Premiers Plans, Fanny Barrot, membre du comité de sélection du festival de Clermont-Ferrand et de Format Court, Nidia Santiago et Edwina Liard, productrices (Ikki Films), Justin Pechberty, producteur (Les Valseurs) et Thomas Petit (réalisateur, Le Grand Calme).
4 courts-métrages sélectionnés cette année dans l’un ou/et l’autre festival seront projetés à partir de 19h avant l’échange avec le public.
Au vu du succès de l’événement, nous vous invitons vivement à réserver dès à présent votre place à l’adresse suivante : rencontresprosformatcourt@gmail.com.
Programmation (durée : 38′)
– Kötü Kız (Vilaine Fille) de Ayce Kartal. Animation, 8′, 2016, France, Les Valseurs. Prix du Jury à Annecy 2017, sélectionné à Clermont-Ferrand et Angers 2018.En présence de Justin Pechberty, producteur
Synopsis : S. est une petite fille turque âgée de huit ans, dotée d’une imagination débordante, qui aime la nature et les animaux. Alors qu’elle se remémore les jours heureux passés dans le village de ses grands-parents depuis une chambre d’hôpital, des souvenirs sombres et terrifiants surgissent et prennent peu à peu sens.
– Les Indes galantes de Clément Cogitore. Fiction, expérimental, 5’30 », 2017, France, 3e Scène, Les Films Pelléas, L’Opéra de Paris. Sélectionné à Clermont-Ferrand 2018.
Synopsis : Clément Cogitore adapte une courte partie de ballet des « Indes galantes » de Jean-Philippe Rameau, avec le concours d’un groupe de danseurs de Krump, et de trois chorégraphes : Bintou Dembele, Grichka et Brahim Rachiki.
– Le Grand Calme de Thomas Petit. Fiction, 19′, 2017, La fémis. Sélectionné au Festival Premiers Plans 2018. En présence du réalisateur
– Negative Space de Max Porter et Ru Kuwahata. Animation, 5’30 », 2017, France, Ikki Film. Shortlisté pour les Oscars 2018, présélectionné aux Cesar 2018 et sélectionné à Clermont-Ferrand 2018.En présence de Nidia Santiago et d’Edwina Liard, productrices
En pratique
Quand ? Mercredi 24 janvier 2018 à partir de 19h
Où ? MyCowork Beaubourg (5 Rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris)
Comment ? Métros proches : Hôtel de Ville, Châtelet, Rambuteau PAF : 7 €
Réservations : rencontresprosformatcourt@gmail.com. Pot offert !
Pour info/rappel, si vous désirez adhérer à Format Court ou renouveler votre adhésion (et de ce fait accéder gratuitement pendant un an à nos Rencontres professionnelles organisées tous les mois), nous vous invitons à vous reporter à la page correspondante de notre site.
Le 30ème Festival d’Angers s’est achevé ce weekend. Voici les courts primés par les différents jurys, toutes catégories confondues (films européens, français, plans animés et films d’écoles européens).
Palmarès
Courts métrages européens
Grand Prix du Jury : Ceuta d’Adi Voicu (Roumanie)
Prix du Public : U Plavetnilo d’Antoneta Alamat Kusijanović (Croatie/Slovénie)
Après avoir inauguré en décembre dernier notre nouveau rendez-vous, les Rencontres pros de Format Court, nous vous invitons à assister à notre deuxième édition, mercredi 24 janvier 2018 à 19h, au MyCowork Beaubourg(5 Rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris).
Cette nouvelle soirée professionnelle sera consacrée aux festivals. Thibault Bracq et Natacha Seweryn, programmateurs et sélectionneurs du festival Premiers Plans (dont la 30ème édition vient de s’achever ce 21 janvier 2018) seront présents, de même que Fanny Barrot, membre du comité de sélection du festival de Clermont-Ferrand et de Format Court.
Afin de découvrir ces festivals incontournables, nous projetterons à partir de 19h plusieurs courts-métrages sélectionnés cette année :
– Negative Space de Max Porter et Ru Kuwahata, en lice pour les Oscars 2018, sélection à Clermont-Ferrand et présélectionné aux Cesar 2018. En présence de Nidia Santiago et d’Edwina Liard, productrices, Ikki Films)
– Vilaine fille de Ayce Kartal, Prix du Jury à Annecy 2017, sélectionné à Clermont-Ferrand et Angers. En présence de Justin Pechberty, producteur, Les Valseurs)
– Les Indes galantes de Clément Cogitore (produites par 3e Scène, Les Films Pelléas, L’Opéra de Paris), sélectionné à Clermont-Ferrand
– Le Grand Calme de Thomas Petit (produit par la Fémis), sélectionné au Festival Premiers Plans. En présence du réalisateur
Pour assister à cette nouvelle soirée, nous vous invitons vivement à réserver dès à présent votre place à l’adresse suivante : rencontresprosformatcourt@gmail.com.
En pratique
Quand ? Mercredi 24 janvier 2018 à partir de 19h
Où ? MyCowork Beaubourg (5 Rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris)
Comment ? Métros proches : Hôtel de Ville, Châtelet, Rambuteau PAF : 7 € Pot offert !
Pour info/rappel, si vous désirez adhérer à Format Court ou renouveler votre adhésion (et de ce fait accéder gratuitement pendant un an à nos Rencontres professionnelles qui seront organisées tous les mois), nous vous invitons à vous reporter à la page correspondante de notre site.
22 films, 18 pays. Voici les courts-métrages sélectionnés au prochain Festival de Berlin (15-25 février 2018). On y repère les nouveaux courts de Arash Nassiri (Tehran-Geles), Réka Bucsi (Love, Symphony no. 42) et Vergine Keaton (Marzevan, Je criais contre la vie, ou pour elle). Ils concourent aux Ours d’Or et d’Argent, au Prix Audi et à une nomination pour les European Film Awards.
En parallèle à la compétition, la section Berlinale Shorts présentera pendant le festival un programme spécial 1968 – Red Flags for Everyone, en lien avec l’année 1968.
Kushbu Devi. Circle. Réal. : Jayisha Patel
Films en compétition
After/Life, Puck Lo, États-Unis, 15’
Alma Bandida, Marco Antônio Pereira, Brésil, 15’
And What Is the Summer Saying, Payal Kapadia, Inde, 23’
Babylon, Keith Deligero, Philippines, 20’
Besida, Chuko Esiri, Nigeria, 12’ – hors compétition
Blau, David Jansen, Allemagne, 15’
Burkina Brandenburg Komplex, Ulu Braun, Allemagne, 19’
Circle, Jayisha Patel, Royaume-Uni / Inde / Canada, 14’
City of Tales, Arash Nassiri, France, 21’
Coyote, Lorenz Wunderle, Suisse, 10’
Imfura, Samuel Ishimwe, Suisse / Rwanda, 36’
Imperial Valley (Cultivated Run-Off), Lukas Marxt, Allemagne / Autriche, 14’
Des jeunes filles disparaissent, Clément Pinteaux, France, 16’
Madness, João Viana, Mozambique / Guinée-Bissau / Qatar / Portugal / France, 13‘
The Men Behind the Wall, Ines Moldavsky, Israël, 28’
Onde o Verão Vai (episódios da juventude), David Pinheiro Vicente, Portugal, 20’
Russa, João Salaviza & Ricardo Alves Jr., Portugal / Brésil, 20’
The Shadow of Utopia, Antoinette Zwirchmayr, Autriche, 23’ – hors compétition
Solar Walk, Réka Bucsi, Danemark, 21’
Terremoto Santo, Bárbara Wagner & Benjamin de Burca, Brésil, 20’ (IP)
Le Tigre de Tasmanie, Vergine Keaton, France, 14’
T.R.A.P, Manque La Banca, Argentine, 16’
While I Yet Live, Maris Curran, États-Unis, 15’
Wishing Well, Sylvia Schedelbauer, Allemagne, 13‘
Un an et demi après Le Mali (en Afrique), Prix Format Court au Festival de Brive de 2016, Claude Schmitz récidive avec son nouveau moyen-métrage Rien sauf l’été, Grand Prix Europe 2017 au dernier Festival de Brive, et en salle à partir d’aujourd’hui dans une sortie jumelée avec Le Film de l’été d’Emmanuel Marre, Prix Format Court à Brive en 2017, Rien sauf l’été nous propose de nous replonger dans l’atmosphère chaude et colorée des vacances estivales, le temps d’une petite demi-heure.
De l’aplat rose qui lui sert de première image jusqu’à son générique de fin épuré, simple, et de la même couleur angélique, Rien sauf l’été donne la sensation d’élaborer une harmonie qui lui est propre au fur et à mesure de sa projection. L’originalité du titre est à l’image de celle du film, le premier faisant office de description du second.
Les premières scènes introduisent les personnages, une bande de tous âges et de tous styles, certains habitant la maison à la campagne où le réalisateur installe sa caméra, faisant la connaissance d’un nouveau voyageur, un « couchsurfeur » venu passé quelques semaines de repos. Et déjà, l’atmosphère du moment prime sur l’action des personnages. Les scènes sont courtes, presque anecdotiques, filmées en plan fixes, avec cette image carrée pleine de couleur et très bruitée. Paradoxalement, les bribes de conversations sans être reliées par aucun fil rouge narratif habituel composent les unes après les autres un puzzle cohérent et révélateur.
Le trouble de ces conversations des premières rencontres, et des premiers échanges entre ces inconnus d’hier devenus voisins le temps d’une saison avant de sûrement se quitter comme ils se sont trouvés, c’est-à-dire selon les caprices du calendrier, est une situation éminemment paradoxale que le metteur en scène manie avec charme et dextérité.
Pour servir cette histoire particulière, les personnages n’ont pas besoin d’être identifiés mais juste identifiables. Ainsi, ils ne donnent pas de prénom. Ce n’est pas indispensable et comme ils sont étrangers les uns des autres, ils doivent l’être pour le public, cela ménage la perte de repères. Ils demeureront des visages dont l’on n’apprendra ni le métier, les objectifs, le train de vie ou la psychologie, mais dont l’on glanera ça et là des affections et des sentiments.
Mais la vie en commun de ces inconnus est le terreau d’échanges à fleur de peau dans cette intimité forcée des vacances. Ne sachant rien les uns des autres, les sous-entendus ne sont pas envisageables, et les personnages doivent redoubler d’efforts pour se présenter clairement. Ce qui n’est pas bien dit ne sera pas bien compris par l’autre, et on ne le saura jamais à quel point puisque lui-aussi demeure un mystère.
L’action des personnages, elle, n’est pas non plus primordiale. En été, les gens se détendent et en conséquence, ne visent à aucune évolution de leur situation. Il n’y a donc pas de quête dans le film, juste des gens qui vivent les uns avec les autres et surtout, qui ne se côtoient pas pour une cause commune, mais bien plus par une absence de cause individuelle. Alors ils déjeunent ensemble, tirent à la carabine, s’adonnent à la peinture ou écoutent de la musique, le tout accouchant de scènes moins d’action que de récréation.
Quant à l’espace et au temps, ils sont deux unités inextricablement liées par une pure inertie estivale. Si la caméra s’aventure par moments hors de la maison, il n’est jamais possible de se faire une idée nette de la position des lieux comme de la distribution des pièces dans la maison. C’est une maison quelque part en été, une maison de retraite au premier sens du mot. Son domaine peut être n’importe où mais on ne saura jamais où il se situe ni comment il s’organise.
Puisque tout se situe en été, alors c’est que le temps « n’a plus cours ». Ce phénomène d’éternité trouve son paroxysme dans les quelques plans de fleurs ou de nature qui égrainent le métrage sans porter aucunement l’idée d’ellipse qu’ils pourraient porter dans un autre film. Ici, impossible de dire si une journée ou un mois se sont écoulés entre l’avant et l’après de ces plans. Aucune nuit ne viendra ponctuer le film, ni aucun des repères habituels au cinéma puisque le quotidien est justement absent de ce film qui ne dévoile rien d’autre que l’été. Et nous explorons dans notre siège une journée qui dure deux mois.
La fin du film se raccroche in extremis au départ du « couchsurfeur » qui aurait pu s’absenter plus tôt ou plus tard, d’ailleurs on lui fait remarquer qu’il part « déjà ». Pourtant il n’interrompt rien, tout va perdurer sans entraves dans cette cellule hors du temps, de l’espace, et de l’histoire. Et l’ultime plan de faire vivre encore un peu ce sentiment de l’été par une image poétique, une dame âgée traverse à tâtons la cour de la maison ou une enfant fait des cercles à bicyclette. La vitesse n’importe pas ici, il n’y a ni destinations ni étapes, juste un lieu où chacun peut s’explorer délaissé de toutes les préoccupations si indispensables et personnelles le reste de l’année.
On l’aura compris, Rien sauf l’été est une expérience immersive, une atmosphère qui englobe le spectateur pour le transporter dans un moment sans déroulement. C’est une rencontre sans cesse renouvelée et sans horizon d’attente qui s’apprécie comme un espace de détente où Claude Schmitz nous invite à séjourner le temps d’un film.
Synopsis : C’est l’été. A la recherche de calme et désireux de quitter la ville, Olivier loue une chambre dans un château situé à la campagne. Au fil des jours et des activités estivales, le jeune homme fait connaissance avec la faune qui gravite autour de la propriété.
Genre : Fiction
Durée : 35’
Pays : Belgique, France
Année : 2017
Réalisation : Claude Schmitz
Scénario : Collectif
Interprétation : Hélène Bressiant, Damien Chapelle, Lucie Debay, Thomas Depas, Armance Grignet-Rifflart, Chloé De Grom, Lucie Guien, Wilfrid Hagemeijer, Typhaine Hay, Isa & Pancho, Patchouli, Pierre Sartenaer, Francis Soetens, Coline Wauters, Antoine Wielemans, Olivier Zanotti
Les Films de l’été est un programme de courts-métrages belges présenté par L’Agence du court métrage et le Festival de Brive & qui regroupe deux moyens-métrages repérés par Format Court :
– Le film de l’été, d’Emmanuel Marre (production: Michigan Films et Kidam), Prix Jean Vigo du court-métrage 2017, Grand prix de Clermont-Ferrand, Prix Format Court au Festival de Brive 2017, Prix du Meilleur Court-Métrage et de la Meilleure Photographie au FIFF et nominé aux Magritte du Cinéma
– Rien sauf l’été, de Claude Schmitz (production : Cheval2trois et Paradies), Grand Prix Europe du Festival de Brive 2017. Pour info/rappel, Claude Schmitz avait été primé par Format Court en 2016 également à Brive pour son moyen-métrage précédent Le Mali (en Afrique).
Les deux films sortiront ensemble en salles en Belgique et en France ce mercredi 10 janvier 2018.
Une avant-première est organisée ce mardi 9 janvier à 20h au Reflet Médicis (3 rue Champollion, 75005 Paris), en présence des réalisateurs et de Bruno Podalydès.
Depuis 8 ans, les membres de Format Court se prêtent à l’exercice du Top 5 des meilleurs courts-métrages de l’année. Rituel oblige, voici les films de l’année qui ont marqué notre équipe !
1. Negative Space de Ru Kuwahata et Max Porter (France)
2. Bonobo de Zoel Aeschbacher (Suisse)
3. Pas comme des loups de Vincent Pouplard (France)
4. A brief history of princess X de Gabriel Abrantes (France, Portugal, Royaume Uni)
5. Meninas Formicida de João Paulo Miranda Maria (France Brésil)
1. Un ciel bleu presque parfait de Quarxx (France)
2. Johnno’s Dead de Chris Shepherd, Royaume-Uni (France)
3. Thought Broadcasting de Nick Jordan (Royaume-Uni)
4. Mr. Death d’Andreas J. Riiser (Norvège)
5. Love de Réka Bucsi, Hongrie (France)
Clément Beraud
1. Sad Song of the Hard-Edge Transition Wipe Markers de Mika Taanila (Finlande)
2. Retour à Genoa City de Benoît Grimalt (France)
3. Braguino de Clément Cogitore (France, Finlande)
4. Mare nostrum de Rana Kazkaz et Anas Khalaf (France, Jordanie)
5. Written unwritten de Adrian Silisteanu (Roumanie)
Adi Chesson
1. Turkkiosken de Bahar Pars (Suède)
2. Nothing Happens de Uri Kranot, Michal Kranot (Danemark, France)
3. May Day de Olivier Magis et Fedrik De Beul (Belgique)
4. Wednesday with Goddard de Nicolas Menard (Royaume-Uni)
5. Unremarkable de Jared Anderson (Etats-Unis)
Aziza Kaddour
1. Whipping Zombie de Yuri Ancarani (Italie)
2. Koropa de Laura Henno (France)
3. Mon homme (poulpe) de Stéphanie Cadoret (France)
4. Killing Klaus Kinski de Spiros Stathoulopoulos (Colombie)
5. Dix puissance moins quarante-trois secondes de Francis (France)
1. Le vent dans les roseaux de Nicolas Liguori et Arnaud Demuynck (France, Belgique)
2. Min Börda de Lindroth von Bahr (Suède)
3. Darznieks de Madara Dišlere (Lettonie)
4. Not a pizza order de Cécile Ragot (France)
5. Rakastan Anna de Jonaas Rutanen (Finlande)
Adriana Navarro Álvarez
1. Symbioses Carnaval de Rocco Alvarez (Belgique)
2. Contact de Alessandro Novelli (Espagne)
3. Morning Cowboy de Fernando et Elena Pomares (Espagne)
4. Love de Réka Bucsi (Hongrie, France)
5. L’Ogre de Laurène Braibant (France)
Julien Savès
1. Braguino de Clément Cogitore (France, Finlande)
2. Killing Klaus Kinski de Spiros Stathoulopoulos (Colombie)
3. The Absence of Eddy Table de Rune Spaans (Norvège)
4. Buddy Joe de Julien David (France)
5. Les Rescapés de l’Impossible de Mathieu Berthon (France)
Marc-Antoine Vaugeois
1. La Chambre à lessive de Stanley Woodward (France)
2. Idols de Blanca Camell Gali (France)
3. Madame Cléante n’ira pas au cimetière de Pamela Varela (France)
4. Hugues de Pascal Cervo (France)
5. Let there be night de Benjamin Hameury (France)
Depuis près de 9 ans (eh oui), Format Court fonctionne selon un modèle bénévole. Aujourd’hui, nous faisons à nouveau appel à vous. Que vous soyez bénévole, stagiaire ou volontaire, si le court métrage vous intéresse, si vous avez un peu de temps, des chouettes qualités humaines (curiosité, ouverture, etc), rédactionnelles ou organisationnelles à consacrer à notre projet, nous vous proposons de nous rejoindre et de participer aux nouveaux projets de Format Court. N’attendez plus, rejoignez-nous !
Pour couvrir au mieux l’actualité du court et participer à nos événements (After Short, rencontres professionnelles, festival à venir), nous désirons accueillir de nouvelles énergies : nouveaux rédacteurs, étudiants, critiques en herbe, « simples » cinéphiles, coordinateurs et communicants formidables.
Vous souhaitez écrire ou collaborer autrement pour Format Court ? Faites-nous part de vos qualifications, centres d’intérêt et/ou expériences personnelles. Pour tout renseignement, soumettre votre plume, nous montrer vos petites mains ou l’étendue de vos belles compétences, écrivez-nous à : info@formatcourt.com.
Depuis 8 ans, l’équipe de Format Court publie au mois de décembre son Top 5 des meilleurs courts-métrages de l’année écoulée. Dans les prochains jours, le nouveau Top 5 de la rédaction sera mis en ligne.
Depuis 2 ans, nous vous invitons à nous indiquer, vous aussi, vos 5 films préférés de l’année par mail.
Faites-nous part jusqu’au jeudi 28 décembre 2017 inclus de vos 5 courts-métrages favoris de l’année, tous pays et genre confondus, par ordre de préférence, en n’oubliant pas de mentionner leurs réalisateurs et pays d’appartenance.
Nous ne manquerons pas de publier les résultats de vos votes sur Format Court !
A vos tops, prêts ? Partez !
For 8 years, we at Format Court have published our Top5 best short films of the year. As per custom, here then are the films that impressed our team.
You too can send in your top 5 films of the year, irrespective of the country and genre.
Send us an email with your favourite films in order of preference, by Sunday December 24. Don’t forget to mention the filmmaker and coutry of production.
Feel free to participate to this Top5. The winning votes will be annonced on our website in a few days !
Pour sa quatrième participation au Jour le plus court ( Le jour le plus Court.be), Short Screens vous convie le jeudi 21 décembre à sa 77ème séance de courts métrages autour de la « Belgitude ». Ne vous étonnez donc pas d’y retrouver une touche de mélancolie, des questionnements identitaires, un brin de surréalisme absurde sur fond de dénonciation sociale, de l’autodérision et une ambiance chaleureuse et décontractée !
Une séance en présence de Fedrik De Beul et Olivier Magis, les réalisateurs de « May Day » ; Gérald Frydman, le réalisateur du « Cheval de Fer » ; Monique Marnette et Caroline d’Hondt, les réalisatrices de « The Hidden Part » ; …
Rendez-vous le jeudi 21 décembre à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€
May Day d’Olivier Magis et Fedrik De Beul, fiction, 2017, 22′ (Eklektik Productions)
Dans le salon de Thierry, plusieurs personnes qui ne se connaissent pas sont venues nourrir le même rêve : trouver un travail, et vite. Mais comme nous sommes à Bruxelles, rien ne se passe comme prévu.
En présence des réalisateurs Olivier Magis et Fedrik De Beul
Le Cheval de fer de Gérald Frydman, animation, 1984, 7′ (Scarfilm) – Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes 1984.
L’histoire du pari de Stanford, baron du rail, sur le galop du cheval. Il fait appel au photographe Muybridge qui met au point un système pour analyser le mouvement, qui fera de lui le précurseur du cinéma… Le monde surréaliste de Gérald Frydman dans toute sa splendeur.
En présence du réalisateur Gérald Frydman
Mort à Vignole d’Olivier Smolders, expérimental, 1998, 25′ (Les Films du Scarabée)
À l’occasion d’un film de famille tourné à Venise, Olivier Smolders interroge la façon dont les images familiales interviennent dans les histoires d’amour et de mort. Un film impossible à résumer, impossible à raconter. Une étude presque anthropologique du rapport de l’homme à la caméra.
The Hidden Part de Monique Marnette et Caroline d’Hondt, fiction, 2014, 12′ (Man’s Films Productions)
Dérogeant à ses habitudes, Asgeir, accepte la présence de Woré, une jeune femme africaine, à bord de son camion. Réunis le temps d’une journée sur les routes d’Islande, ces deux êtres enfermés dans leur solitude vont découvrir, malgré eux, une part de l’autre mais aussi d’eux-mêmes.
En présence des réalisatrices Monique Marnette et Caroline D’Hondt
Nous trois d’Annick Ghijzelings, docu-expérimental, 2007, 4′ (Traces ASBL/Gsara)
Si c’était un mot, on dirait incertitude. Si c’était une image, on y verrait la lumière. Si c’était une voix, ce serait celle d’une femme. Si c’était une histoire, ce serait une histoire d’amour, un fragment de vie à trois dans un lieu indéfini, dans un temps fuyant.
Babyroussa, The Babiroussa, de Vincent Patar, animation, 1994, 5′ (Pic Pic et André Production)
Babyroussa, un babiroussa, se réveille sur son île minuscule. Il a faim, mais le frigo est vide… Il décide de se fabriquer du pain… sous le regard de son voisin Fennec.
Zoufs de Tom Boccara, Noé Reutenauer et Emilien Vekemans, fiction, 2015, 20’ (FraKas Productions)
Le soleil va bientôt se lever, du haut de son toit, Michel voit tout, entend tout, sent tout. La vue est belle, le temps passe, les Zoufs s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Tiens voilà la lune, on dirait une banane !
Temps fort du début de rentrée cinématographique, L’Etrange Festival s’est acquitté pour la vingt-troisième fois de son lot de sensations et d’émotions fortes. Cette année, le festival comptait pas moins d’une soixantaine de courts métrages au compteur, toute(s) séances confondues ! Les “envoyés spéciaux” de Format Court, délégués en terre étrange lors du festival, vous en ont ramenés une petite dizaine à se mettre sous la dent.
Curse of the Flesh de Leslie Lavielle et Yannick Lecœur (2016 – France)
Curse of the Flesh est un court d’animation complètement dadaïste, à situer quelque part entre les collages plastiques de Terry Gilliam et la fougue aventureuse d’un Robert Louis Stevenson. Ambiance mystérieuse, musique envoûtante, fulgurances graphiques, le film possède tout un univers de folie douce qui ensorcèle. Le symbolisme, les mythes fondateurs, les rites ancestraux et l’histoire des hommes, tout se mélange dans un maelstrom d’idées et de sensations, sous les yeux ébahis d’un singe particulièrement éveillé. Les pirates et les tribus cannibales s’affrontent férocement tandis que le singe “grandit” et prend conscience de lui-même et de sa condition. L’univers de Leslie Lavielle et Yannick Lecœur fait preuve d’une grande originalité en mélangeant les codes propres au récit d’aventures et une narration plurielle, aléatoire, comme si le spectateur se retrouvait lui-même sous l’emprise de quelque substance illicite. Ce curieux et très riche mélange gratifie Curse of the Flesh d’une poésie étrange, à la fois délicate et macabre.
Garden Party de Florian Babikian, Vincent Bayoux, Victor Caire, Théophile Dufresne, Gabriel Grapperon et Lucas Navarro (2016 – France)
Grenouilles et crapauds envahissent une villa majestueuse complètement abandonnée. La nature reprend ses droits sur les lieux délabrés, exempts de toute trace humaine. Enfin, presque toute, puisque des impacts de balles apparaissent ici et là, une porte est fracassée, une caméra est brisée, le combiné d’un téléphone pend au bout du fil… Il règne un calme tout à fait relatif, interrompu simplement par les bruits d’insecte et d’animaux, inconscients du drame qui a pu se jouer.
Garden Party est un film d’animation, à l’ambiance prégnante, réalisé par des étudiants de l’école du film d’animation et de l’image de synthèse MOPA et présélectionné aux Oscars 2018. Il bénéficie d’un travail poussé sur les textures, les couleurs et les mouvements et met en scène de nombreuses situations proches de l’absurde, qui contrastent avec la découverte du drame humain qui s’y cache. Par le plus grand des hasards, un des amphibiens rallume les lumières de la villa et met en marche le dispositif d’arrosage. Au son du jazz endiablé craché par les baffles d’une chaîne hi-fi de nouveau fonctionnelle, l’ensemble des amphibiens se regroupent au bord de la piscine pour faire la fête, sans forcément faire attention à la masse sombre qui remonte à la surface…
Hell Follows de Brian Harrison (2017 – Japon)
Hell Follows est l’exemple typique de l’explosion de cerveau. Biberonné aux visions extrêmes et dérangées des cinéastes japonais fous Shinya Tsukamoto et Sogo Ishii, Brian Harrison livre une œuvre hystérique et habitée, où il est question d’un jumeau maléfique remontant à la surface pour étancher sa soif de sang de tueur sadique. Dans une ambiance poisseuse de film noir, Hell Follows mixe mythologie japonaise, code de l’honneur et imagerie punk, le tout “bercé” par une bande son énervée (avec notamment le groupe synthpunk américain Death Grips). Au son des saillies musicales bruitistes, le montage devient hypnotique, saccadé, alternant moments d’accalmie suspendue et fulgurances graphiques stroboscopiques. Ajoutons à cela les visions démentes de quelque cerveau malade, et l’on obtient une bien étrange cuisine qui envoûte autant qu’elle laisse désorienté, ce que l’on demande avec avidité à toute forme cinématographique.
I Want Pluto To Be A Planet Again de Marie Amachoukeli et Vladimir Mavounia-Kouka (2016 – France)
Marcus est un jeune homme modeste, sans grande qualité, ce que l’on appelle un H- dans la société futuriste adepte d’améliorations et de transformations corporelles dont il fait partie. Il est amoureux d’une fille H+ (la plus haute classe sociale) et se voit dans l’impossibilité de la fréquenter, vu sa condition. Aveuglé par ses propres sentiments, il participe alors au Gogole Show qui lui permet de gagner un “ticket” pour devenir à son tour un H+. Seulement, la “robotisation” de son corps n’est qu’un leurre et ne lui permet pas plus de séduire l’objet de ses rêves… Marcus est victime d’une profonde désillusion. La société dont il fait partie, à force d’additions technologiques vantant la longévité, la perfection et l’efficacité, en oublie les élans du cœur et se dessèche. Elle se déshumanise. L’apparat est devenu l’élément le plus important, le plus valable, quitte à ne chercher et à ne devenir que pure artificialité. Dans un graphisme froid, abstrait, à la ligne épurée et travaillée, I Want Pluto To Be A Planet Again développe une réflexion sur le transhumanisme et s’inscrit dans la filiation d’œuvres d’anticipation pessimistes et humanistes ; un peu comme si Ray Bradbury s’était lancé dans un film d’animation et l’avait réalisé avec le style moderne et dépouillé d’un produit Apple. Mais chut, “ceci est une révolution…”.
Johnno’s Dead de Chris Shepherd (2016 – Royaume-Uni/France)
12 après son court-métrage Dad’s Dead (2003), le réalisateur britannique Chris Shepherd nous replonge dans les affres de l’esprit tortueux du soi-disant meilleur ami d’enfance de l’affreux Johnno. Comme son titre l’indique, le narrateur de Johnno’s Dead est toujours aussi tourmenté par le souvenir de ce garçon, responsable (selon lui) de sa condamnation à 12 ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Alors qu’il tente de vivre à nouveau une vie normale, la tentation de retrouver Johnno refait surface…
Vue subjective, humour noir et animation hybride, cette nouvelle “aventure” de l’insaisissable Johnno garde la fraîcheur du premier opus et redouble d’ingéniosité ainsi que de trouvailles visuelles, ancrant son récit dans toujours plus de noirceur. On croise les doigts pour qu’il ne faille pas attendre 12 ans de plus pour avoir la chance de voir le prochain épisode de la saga Johnno !
Killing Klaus Kinski de Spiros Stathoulopoulos (2016 – Colombie)
Killing Klaus Kinski, du réalisateur colombien Spiros Stathoulopoulos, donne vie à un fantasme de pur cinéphile : assister, depuis l’intérieur, au tournage dantesque et éprouvant de l’un des chefs d’œuvre du cinéma d’aventure métaphysique, Fitzcarraldo. L’histoire est connue, Klaus Kinski, comédien principal, à la fois muse et pire ennemi de son réalisateur, Werner Herzog*, est complètement odieux pendant le tournage, à tel point que les tribus locales le surnomment le “Démon Blanc”. Le chef de ces tribus suggère même à Herzog de l’aider à s’en débarrasser…
Le court métrage se propose de raconter cette histoire farfelue, d’en combler les vides et d’imaginer ce qui se serait passé si le réalisateur avait accédé à la demande du chef. Assorti de long plans séquence et d’une belle virtuosité, Killing Klaus Kinski amuse et fascine, comme si l’on se retrouvait plongé en arrière, témoin d’un moment clé du tournage de Fitzcarraldo et assistant petit à petit à tout un pan parallèle de l’histoire officielle.
*(ndlr) : Herzog consacrera à cette relation houleuse un documentaire significatif des tensions qui peuvent surgir lors d’un tournage : Ennemis intimes (1999)
Mr. Death d’Andreas J. Riiser (2016 – Norvège)
Amateur d’humour scandinave, soyez le bienvenu ! Le scénariste et réalisateur norvégien Andreas J. Riiser a réussi à obtenir un entretien exclusif avec la mort. Oubliez l’image poussiéreuse qui colle à la peau de celle que l’on appelait antan la Faucheuse et faites place à l’avenir. Aujourd’hui, la mort a les traits d’un vrai gentleman. Si notre époque n’est pas toujours tendre avec les femmes et les hommes d’aujourd’hui, sachez que la Mort trouve aussi à y redire : cadences infernales, heures supplémentaires, etc… Et avec l’augmentation de la population, difficile de tenir le rythme.
Avec un aplomb et un humour à froid délicieux, Andreas J. Riiser nous a concocté une comédie noire dans la pure tradition des comédies nordiques. En choisissant, la forme de mockumentary (aka faux documentaire), il nous dépeint avec malice l’incarnation de la fatalité tant redoutée, comme une personne accessible et appliquée, voire un peu maladroite, créant ainsi des effets comiques brillants et inattendus. Une réussite !
No Offense de Kris Borghs (2016 – Belgique)
Dans une ambiance “cartoon”, des dessinateurs se retrouvent tondus, puis pendus par leurs bretelles dans des tenues de bagnards pour être amenés avec leur cartons à dessins devant un terrible jury et y exhiber leur caricature. Véritable parterre de personnalités, se côtoie pêle-mêle sur ces bancs Hitler, Mobutu, Castro, Kadhafi, Poutine, Busch, Kim Jong Il, le pape, une personne en burka, une femen, un rabbin et un biker. A l’aide d’un buzzer, tout ce beau monde se retrouve bras dessus, bras dessous à décider du sort de chacun de ces artistes, qui défilent un par un.
Reprenant à son compte le ton et l’atmosphère des dessins incriminés, Kris Borghs créé une farce à l’humour corrosif, visiblement inspirée par les attentats contre le journal Charlie Hebdo. Avec légèreté, il montre à l’aide d’un dispositif simple et didactique ce qu’il peut en coûter de déplaire à un pouvoir tyrannique quel qu’il soit. Un bras d’honneur salvateur à l’internationale des censeurs d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs.
Other People’s Heads de Stephen Winterhalter (2016 – Canada)
Réalisé par l’américain Stephen Winterhalter, Other People’s Heads a été sacré Grand Prix Canal + de cette 23e édition de l’Etrange Festival. Situé dans un monde indéterminé et décadent, ce court métrage à l’allure feutrée et à l’humour grinçant nous invite à rejoindre la compagnie d’une poignée de fonctionnaires de justice confortablement installés dans de riches salons tandis que devant eux, ont lieu une série d’exécutions capitales. Dans un mélange des genres sophistiqué où la satire le dispute au grotesque, cette caste dilettante maintient sa domination sur les autres par l’usage de la guillotine. Mais étrangement, les condamnés ne meurent pas comme prévu… Avec un casting trois étoiles, une direction artistique de toute beauté et un goût certain pour l’excentrique, Stephen Winterhalter fait glisser son récit avec une déconcertante facilité vers une satire à la fois drôle et dérangeante d’un petit monde qui s’entredévore avec élégance.
Un ciel bleu presque parfait de Quarxx (2016 – France)
Autre prix très attendu dans la section court-métrage, le Prix du Public qui s’est vu décerné au film Un ciel bleu presque parfait. Ce moyen métrage de 36 minutes, réalisé par Quarxx, met en scène un huis-clos perturbant entre un frère et une sœur. Simon, employé réservé et secret, tente de s’occuper de sa sœur réduite à l’état végétatif par sa faute… Si au départ le récit garde un pied dans le drame social, c’est pour mieux sauter rapidement à pieds joints dans une ambiance beaucoup plus sombre et baroque. Distillé par petites touches tout au long du film, la paranoïa et le goût pour le paranormal de Simon (incarné par Jean-Luc Couchard) atteindra son paroxysme dans un final haut en couleurs. Un film fondamentalement sincère et déviant qui ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil.
“L’Etrange” équipe de programmation continue, année après année, de dénicher aux quatre coins du monde des films rares et inattendus, pour un public fidèle et passionné, confirmant (s’il était besoin de le faire) le caractère incontournable de ce festival. Si ce petit aperçu du programme éclectique et foisonnant du cru 2017 a chatouillé votre curiosité, nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous début septembre 2018 pour la nouvelle édition de l’Etrange festival !
Le 40ème Festival de Clermont-Ferrand se déroulera du 2 au 10 février 2018. La Suisse sera le pays mis à l’honneur lors de cette édition anniversaire.
Pour changer la donne, toutes les sélections (nationale, internationale et Labo) ont été dévoilées en même temps hier dans la journée. Parmi plus de 8.400 films reçus, les sélectionneurs ont retenu 74 films en sélection internationale, 54 films en compétition nationale et 25 films en labo. Nous ne reproduirons pas cette fois-ci la liste des 153 titres retenus, mais vous pouvez les retrouver en ligne en cliquant simplement sur le(s) lien(s) de la section qui vous intéresse(nt).
Genre : Documentaire, 22′, 2009, Ecole des arts et design d’Helsinki.
Synopsis : Helsinki-Tehran est un essai cinématographique sur l’immigration et sa mémoire. A travers les gestes, les paroles et les émotions qui en découlent et qui traversent les générations années après années.
Entre Helsinki et Teheran, beaucoup de kilomètres, mais aussi un climat bien différent. Ce qui rapproche des pays lointains, ce sont les hommes. Azar Saiyar, réalisatrice finlandaise, est née sur le sol finlandais d’un père iranien. Proche de celui-ci elle ne connaît la culture iranienne que par son père et les sporadiques voyages qu’elle y a effectués.
Court-métrage distribué chez AV-Arkki, centre de distribution cinématographique finlandais, Helsinki-Tehran relate les origines d’Azar Saiyar, réalisatrice du film. Ce film « autobiographique » fait le lien entre passé et présent, entre génération ancienne et future. Se situant elle-même dans cet entre-deux, la réalisatrice est le liant entre sa fille et son père, le gage de la mémoire.
L’histoire de famille se confond de temps en temps avec l’histoire d’un pays. Ici, l’histoire d’une vie, c’est l’histoire d’une famille, émigré d’Iran vers la Finlande, à l’aube d’une révolution. Une identité double persistante, entre un pays natal (Iran) et un pays d’accueil (Finlande) pour le père. Un pays natal (Finlande) et un pays d’origine (Iran) pour la réalisatrice, un pays natal et un pays d’origine lointain pour sa fille, Dunja.
Le résultat ressemble à une autobiographie expérimentale par l’utilisation de diverses méthodes cinématographiques comme l’utilisation de films d’archives, de la VHS ou même de l’animation par des procédés de collages. Ce travail de mémoire pose des images et des mots sur l’identité de la réalisatrice et celle de sa famille. Helsinki-Tehran est un film touchant datant de 2009, mais qui reste d’actualité lorsque l’on pense aux différentes crises migratoires que l’Europe vit, à vécu ou vivra encore, mais aussi celles que d’autres continents vivent ou vivront également.
Azar Saiyar apporte sa contribution à l’acceptation et à la compréhension de ce qu’est l’être humain du 21ème siècle dans son histoire et sa géographie : une personne aux multiples cultures qui bouge, se forme et se construit tout au long de sa vie avec des origines différentes, des langues différentes et des mondes différents. Une ode au multiculturalisme en somme.
L’Académie des arts et des sciences du cinéma a annoncé récemment la liste des 10 courts métrages d’animation en lice pour la 90ème cérémonie des Oscars. 63 films étaient à l’origine qualifiés dans cette catégorie. Les membres de l’Académie des Oscar sélectionneront prochainement cinq courts-métrages parmi les 10 titres de cette liste proposée ci-dessous, avec certains films visibles dans leur intégralité.
Cradle de Devon Manney (Université de Californie du Sud)
Dear Basketball de Glen Keane et Kobe Bryant (Glen Keane Productions)
Fox and the Whale de Robin Joseph (auto-production)
Garden Party de Florian Babikian, Vincent Bayoux, Victor Caire, Théophile Dufresne, Gabriel Grapperon, Lucas Navarro (MOPA)
In a Heartbeat de Esteban Bravo et Beth David (Ringling College of Art and Design)
Life Smartphone de Chenglin Xie (Académie des Beaux-Arts de Chine)
Lost Property Office de Daniel Agdag (8th in Line)
Lou de Dave Mullins (Pixar Animation Studios)
Negative Space de Max Porter et Ru Kuwahata (Ikki Films)
Revolting Rhymes de Jakob Schuh et Jan Lachauer (Magic Light Pictures)