Festival FranceDoc : Expériences Documentaires

Le Festival FranceDoc : Expériences Documentaires aura lieu du 4 au 10 mai 2011 au cinéma La Clef à Paris et à Saint-Denis. Pour cette première édition, parmi plus de 700 films inscrits, une quarantaine de films documentaires venant de 18 pays ont été sélectionnés. Une douzaine de réalisateurs seront présents pendant le festival pour la projection de leur film.

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Le festival présente des films documentaires qui ont à faire avec le réel de façon décalée, instigatrice et créative. Des films qui, avant d’être documentaires, se réclament du cinéma. Des expériences qui, avant de devenir cinéma, relèvent du vivant. Ces films provoquent un déplacement chez le spectateur et invitent à la réflexion.

La programmation est composée de 3 volets : un Eventail contemporain, un Focus Mexique et un Focus « La première fois ».

Le Cinéma La Clef (34 rue Daubenton, Paris 5e) ouvre ses portes au festival du vendredi 6 mai au dimanche 8 mai. L’Université Paris 8 accueille le festival du mercredi 4 mai au mardi 10 mai.

Tous les films projetés au Cinéma La Clef concourent pour le Prix du public : les spectateurs sont invités à voter à l’issue de chaque séance.

Site du festival : www.francedoc.com

ARTE, courts en ligne

Portrait de famille de Joseph Pierce

Un portrait de famille tourne mal à mesure que jalousie et soupçons se font jour, sous le regard implacable du photographe. Le malaise règne à la fin de la séance, laissant présager une journée mémorable.

Article associé : Focus Joseph Pierce

Le petit dragon de Bruno Collet

Trente cinq ans après la mort de Bruce Lee, son âme se réincarne dans le corps d’une petite poupée à son effigie. Avec assurance, le jouet en caoutchouc part à la découverte du monde hors d’échelle qui l’entoure.

Article associé : Best of 7, le Best of d’Anima en 2010

No d’Abbas Kiarostami

La chevelure féminine vue par six grands cinéastes, ici : Abbas Kiarostami

Article associé : l’interview d’Abbas Kiarostami

Pour visionner en ligne des courts métrages d’ARTE, cliquez ici

Brussels Short Film Festival, les sélections nationales

Compétition nationale 1

Land of the Heroes, Sahim Omar Kalifa, Belgique, 2010
Thermes, Banu Akseki, Belgique, 2010
O Négatif, Laura Wandel, Gaëtan d’Agostino, Belgique, 2010
L’œil du paon, Gerlando Infuso, Belgique, 2010
La version du loup, Ann Sirot, Raphaël Balboni, Belgique, 2011

Compétition nationale 2

Pêle-Mêle, Maëlle Grand Bossi, Belgique, 2010
La pelote de laine, Kadija Leclere, Belgique, 2010
Badpakje 46, Wannes Destoop, Belgique, 2010
Fugue, Vincent Bierrewaerts, Belgique, 2011
Paroles, Gilles Coulier, Belgique, 2010

Compétition nationale 3

Terre Nouvelle, Bernard Dresse, Belgique, 2011
Les Enfants de la mer(e), Annabel Verbeke, Belgique, 2010
Condamné à vie, Hannah Letaïf, Vincent Carretey, Belgique, 2010
Comme des héros, Véronique Jadin, Belgique, 2010
Hitomi, Manu De Smet, Belgique, 2010

Compétition nationale 4

Tangente, Hugo Bousquet, Belgique, 2010
Le petit chevalier, Emmanuel Marre, Belgique, 2010
Filomena, Julio Lopes, Belgique, 2010
Dimanches, Valéry Rosier, Belgique, 2011
Memee, Evelyn Verschoore, Belgique, 2010

Compétition nationale 5

Marie, Jozefien Scheepers, Belgique, 2010
Cine Palace, Séverine De Streyker, Belgique, 2011
Les arbres naissent sous terre, Sarah Brûlé, Manon Brûlé, Belgique, 2010
Nuit blanche, Samuel Tilman, Belgique, 2010
Mauvaise Lune, Méryl Fortunat-Rossi, Xavier Seron, Belgique, 2011

Compétition nationale 6

Pour toi je ferai bataille, Rachel Lang, Belgique, 2010
Stardust, Nicolas Provost, Belgique, 2010
Cleo’s Boogie, Mathieu Labaye, Sébastien Godard, Louise-Marie Colon, Delphine Hermans, Dominique Van Hecke, Siona Vidakovic, Sarah Martin, Belgique, 2010
Border of Time, Lauren Müller, Belgique, 2010
Opale plage, Marie-Eve de Grave, Belgique, 2010

Le Brussels Short Film Festival, les films en compétition internationale

Compétition internationale 1

Opasatica, Eric Morin, Canada (Québec), 2010
Bisqilet, Imdat Serhat Karaaslan, Turquie, 2010
Ignorance, Ida Windingstad, Suède, 2010
Kamene, Katarina Kerekesova, Slovaquie, 2010
Le Miroir, Laurent Fauchère, Antoine Tinguely, Suisse, 2010
Suiker, Jeroen Annokkée, Pays-Bas, 2010

Compétition internationale 2

Everybody loves Paco, Valéry Schatz, France 2010
Millhaven, Bartek Kulas, Pologne 2010
Sunday punch, Etats-Unis, 2010
Apele Tac, Anca M.Lazarzscu, Allemagne, 2011
The palace, Pays-Bas, 2010
I love Luci, Colin Kennedy, Grande-Bretagne, 2009

Compétition internationale 3

J’aurais pu être une pute, Baya Kasmi, France, 2010
El Ambidiestro, Antonio Palomino Rodriguez, Espagne, 2010
Shark Bait, Toni Nordli, Norvège, 2010
Rubika, Claire Baudean, Ludovic Habas, Michaël Krebs, Julien Legay, Chao Ma, Florent Rousseau, Caroline Roux, Margot Vaxelaire, France, 2010
Lov na race, Rok Bicek, Slovénie, 2010
Hello caller, Andrew Putschoegl, Etats-Unis, 2010

Compétition internationale 4

The kiss, Ashlee Page, Australie, 2010
St.Christophorus: Roadkill, Gregor Erler, Allemagne, 2010
Pixels, Patrick Jean, France, 2010
Moja biedna glowa, Adrian Panek, Pologne, 2009
Badpakje 46, Wannes Destoop, Belgique, 2010

Compétition internationale 5

Aprilis Suskhi, Tornike Bziava, Géorgie, 2010
Internet story, Adam Butcher, Grande-Bretagne, 2010
Je vais à Disneyland, Antoine Blandin, France, 2009
Raging dog, In-Bae Kim, Corée du Sud, 2010
A lost and found box of human sensations, Martin Wallner & Stefan Leuchtenberg, Allemagne, 2010
L’accordeur, Olivier Treiner, France, 2010

Compétition internationale 6

ŽUTI MJESEC, Zvonimir Juric, Croatie, 2010
Success, Micah Magee, Allemagne, 2010
Awaiting Her, James Joint, Honduras, 2010
Big Bang Big Boom, Blu, Italie, 2010
Le piano, Lévon Minasian, France, 2010
De grote stad, Nova van Dijk, Pays-Bas, 2010

Compétition internationale 7

Interview, Sebastian Marka, Allemagne, 2010
El Pozo, Guillermo Arriaga, Mexique, 2010
Jeanine, Sophie Reine, France, 2009
L’amore è nell’aria, Werther Germondari et Maria Laura Spagnoli, Italie, 2010
The bath house, Henna-Riika Halonen, Finlande, 2009
An act of love, Edward Dick, Coréed du Sud, 2010

Compétition internationale 8

Firstborn, Christer Larsen, Norvège, 2010
Derby, Paul Negoescu, Roumanie, 2010
Los Gritones, Roberto P. Toledo, Espagne, 2010
De boule de boule, Fedde Hoekstra, Pays-Bas, 2010
The true story of Ah Poon, Ho Tat Tsim, Chine, 2010
Soir de match, Pascal Marc, France, 2010

Compétition internationale 9

Red ballon, Alexis Wajsbrot, Damien Mace, Grande-Bretagne, 2010
All Flowers in Time, Jonathan Caouette, USA/Canada, 2010
Vicenta, Sam Orti Marti, Espagne, 2010
Sunday, Jennie Allen, Etats-Unis, 2011
Casus belli, Yorgos Zois, Grèce, 2010
Ya Basta!, Gustave Kervern et Sébastien Rost, France, 2010

Compétition internationale 10

The wind is blowing on my street, Saba Riazi, Iran/USA, 2010
Autumn man, Jonas Selberg Augustsén, Suède, 2010
Majorité opprimée, Eléonore Pourriat, France, 2010
Nuit blanche, Samuel Tilman, Belgique, 2010
La gran carrera, Kote Camacho, Espagne, 2010

Compétition internationale 11

Ultimo Recurso, Barney Elliot, Pérou, 2010
Her seat is vacant, Bohdana Smyrnova, Ukraine, 2010
Milkshake, Jonathan Helpert, France, 2010
Stefan, Andreas Thaulow, Danemark, 2010
La fille de l’homme, Manuel Shapira, France, 2010
Little Quentin, Albert ‘T Hooft & Paco Vink, Pays-Bas, 2010

Compétition internationale 12

Vicky and Sam, Vicor Santos, Portugal, 2010
Love Patate, Gilles Cuvellier, France 2010
Deeper than yesterday, Sebastian Marka, Allemagne, 2010
Splitting the atom, Edouard Salier, France, 2010
Svefnrof, Ragnar Snorrason, Islande, 2010
The birthday circle, Philip Lepherd, Grande-Bretagne, 2010

Abbas Kiarostami : « Mon premier film a été réellement compliqué. Par la suite, je me suis dirigé vers de plus en plus de simplicité »

Pour la toute première fois, la Région du Golfe accueillait, lors du festival du Golfe de Dubaï, Abbas Kiarostami pour une master class à destination de 45 jeunes réalisateurs triés sur le volet, provenant essentiellement du Moyen-Orient. Quelques jours auparavant, trois de ses courts avaient été montrés en salle (« Ducks », « Sea eggs », « Roads of Kiarostami »).

Lors d’une conférence de presse, assisté d’une interprète et de ses traditionnelles lunettes noires, le “Maestro” parla des films sans budget, tournés avec de l’argent de poche (“Pas besoin de faire des films chers pour faire du cinéma ») et de la concentration des réalisateurs (“Ils viennent d’Égypte, de Palestine, d’Iran, d’Irak, etc, de régions troublées en somme. Ici, ils n’ont pas parlé une seule fois de la situation de leur pays. La seule chose qui leur importait, c’était leurs films »).

On avait prévu d’interroger Abbas Kiarostami sur ses courts (il en a fait beaucoup), l’Institut Kanun où il a commencé à faire des films éducatifs, le cinéma indépendant iranien, les acteurs non professionnels, et le numérique. C’était sans compter le temps extrêmement limité accordé à la presse présente. Quatre questions, toutefois, ont pu être posées à l’auteur de « Où est la maison de mon ami ? », du « Goût de la Cerise », de « Ten » et de « Copie conforme ».

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Vous avez réalisé des courts métrages au début de votre carrière, vous en avez fait aussi par la suite, en ayant déjà fait des longs métrages. Au festival du Golfe, vous encadrez les courts métrages de jeunes réalisateurs. Comment considérez-vous la forme courte ?

J’aime vraiment passer du court au long et je trouve du plaisir à refaire des courts. Quand les réalisateurs présents ici atteindront un certain stade professionnel, ils trouveront eux aussi un intérêt à revenir au court métrage. Pendant le festival, j’ai vu des courts en compétition ainsi que ceux des étudiants. Personnellement, j’aime la simplicité du format. Les courts métrages sont des films à part entière.

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Sans réelle expérience de plateau, vous avez tourné votre premier court, « Le Pain et la rue » (1970) ? Qu’avez-vous appris ?

Je n’avais effectivement pas d’expérience de tournage. Ça a été l’expérience la plus difficile à mes yeux car je dirigeais un enfant, le chien du film était mauvais, et je tournais dans la rue. Ça a été réellement compliqué, raison pour laquelle je me suis dirigé par la suite vers de plus en plus de simplicité dans mon travail. J’ai vraiment commencé par quelque chose de très difficile. Si c’était à refaire, je ne le referais pas.

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Avez-vous eu la possibilité de voir le court métrage « Blank » de Amirnaeim Hosseini qui s’inspire de votre film, « Devoirs du soir » (1989) ?

Oui, je l’ai vu. Je l’ai même trouvé plus triste que le mien. Quand j’ai fait « Devoirs du soir », j’étais très peiné de voir que rien n’avait changé dans le système éducatif, comparé avec le moment où j’allais à l’école. Maintenant, rien n’a évolué non plus dans son film. La seule bonne chose, c’est que les générations, elles, ont changé. Les professeurs ne peuvent plus être intimidants et les enfants peuvent se défendre et revendiquer leurs droits. C’est la seule différence, mais le système éducatif, malheureusement, est celui qu’il était, inchangé.

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Par le passé, vous avez participé à des films collectifs comme « Chacun son cinéma » (pour le festival de Cannes) ou « Lumière et compagnie », tourné à l’occasion du centenaire du cinéma. Comment avez-vous perçu les contraintes de durée (52 secondes maximum), de son (pas de synchronisation), et de prises (3 maximum) de ce dernier projet ?

Je viens de la publicité et du graphisme, alors ça a été plutôt fascinant pour moi de faire un film aussi court avec toutes ces limites. J’avais 50 secondes pour raconter une histoire tenant essentiellement sur 3 plans. Le film parle de gens qu’on ne voit pas mais dont on entend juste les voix. Le projet était tellement restrictif que j’ai adoré l’idée. Quand j’étais jeune, je croyais à la limite, cette expérience a été la plus limitée de ma carrière. Et la plus plaisante.

Propos recueillis par Katia Bayer

Consulter les fiches techniques de « Le Pain et la rue » et de « Blank »

P comme Le Pain et la rue

Fiche technique

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Synopsis : Cherchant par tous les moyens à éviter un gros chien qui se trouve sur son chemin, un petit garçon a finalement l’idée de l’amadouer en lui donnant une partie du pain qu’il rapportait à la maison.

Genre : Fiction

Durée : 10’

Pays : Iran

Année : 1970

Réalisation : Abbas Kiarostami

Scénario : Taghi Kiarostami

Image : Mehrdad Kiarostami

Montage : Manoutchehr Oliaee

Son : Harayer

Interprétation : Reza Hashemi, Mehdi Shahrvanfar

Production : Institute for Intellectual Development of Children & Young Adults – Kanoon

Distribution : Les Films du Paradoxe

Article associé : l’interview d’Abbas Kiarostami

La programmation des courts à l’ACID

Du 12 au 21 mai 2011, huit courts métrages seront proposés à Cannes par l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion).

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Odéon Dancing – Kathy Sebbah – France, 2011, 25′

A l’Odéon Dancing, toutes les fins de semaine, se retrouvent célibataires et couples, personnes accompagnées ou cherchant l’âme sœur.
Du rock au cha-cha-cha, du tango au boléro, on s’enlace et on guinche, on s’essouffle et on sue. Yelena, la novice, s’attend à vivre une nuit particulière. Elle le sera au-delà de ses espérances.

Pandore – Virgil Vernier – France, 2010, 35′
Paris, l’entrée d’une boîte de nuit, un physionomiste à l’ouvrage. Critères de sélection et rapports de force. Un temps, un espace et une action : in ou out ?

Courts métrages « Talents Cannes Adami 2011 » :

Christine – Gilles Porte

Deep Inside – Marc Gibaja

Devine – Laurent Perreau

Encore heureux – Ivan Calbérac

Scène de vestiaire – Frédéric Malègue

Yasmine la Révolution – Karin Albou

Philipp de Fabian Möhrke

Sous le soleil printanier de Brive, Fabian Möhrke parle de sa fille de deux ans en confiant : « J’espère que j’arriverai au point où je laisserai ma fille me voir comme un con », constat clairvoyant de l’impossible relation fusionnelle ado-parents pourtant souvent fantasmée dont le réalisateur allemand s’est emparé avec maestria pour son film présenté en compétition lors du Festival corrézien. « Philipp » n’aura pas volé son prix du public au Festival de Brive. Également récompensé cette année à Angers, ce moyen métrage impressionne immédiatement par la maîtrise narrative et l’acuité de son jeune auteur qui réalise là son film de fin d’études.

2010 aura été une année riche en portraits adolescents, l’âge cinématographique roi. On se souvient entre autres du documentaire musical d’Antoine Parouty « Des rêves pour l’hiver », de l’amour estival du « Bel été » de Catherine Paillé, de l’âge ingrat décrit dans « Aglaée » de Rudi Rosenberg ou même du désir impossible avec « La dame au chien » de Damien Manivel. Pourtant peu de films courts réussissent à capter aussi frontalement la complexité de l’adolescence comme le fait « Philipp ».

Du haut de ses quinze ans, Philipp arbore tous les stéréotypes de l’adolescent européen, des caractéristiques physiques (la mèche dans les yeux, le jean slim, la peau boutonneuse) au comportement tour à tour mutique et sarcastique. Tout y est sauf les clichés. L’heureux twist du film vient de la description du noyau parental et notamment du père qui se comporte plus comme un copain qu’une figure autoritaire dans une tentative de partage et de compréhension factice de son fils. Dans ce qui semble une course vouée à l’échec vers une jeunesse retrouvée, Bernd joue au père cool et blagueur, compréhensif et jamais répressif se refusant à être mal vu par sa progéniture. Même lorsque Philipp vole de l’argent dans sa veste, il lui propose en retour d’augmenter son argent de poche avant d’engager la conversation sur les expériences sexuelles de son fils. La maison familiale située au bord d’un lac et protégée par les bois- sorte d’endroit rêvé pour des vacances- devient vite une zone anxiogène et de non-dits. La fête d’anniversaire de Philipp dont l’organisation introduit le film tourne court lorsque ce dernier gifle sa petite amie devant l’assemblée médusée.

Dans un plan séquence final glaçant où Philipp se jette sous un train, Fabian Möhrke clôt son film de la même façon que son héros, dans le silence, sans explications ni pathos.

Amaury Augé

Consulter la fiche technique du film

P comme Philipp

Fiche technique

Synopsis : Philipp a quinze ans. Bernd, son père, fait ce qu’il peut pour entretenir de bonnes relations avec son fils. Il lui organise une fête d’anniversaire, et tente même de comprendre Philipp lorsqu’il découvre que celui-ci le vole. Quoique Philipp fasse, où qu’il aille, Bernd l’attend avec un sourire bienveillant.

Genre : Fiction

Durée : 39’

Pays : Allemagne

Année : 2010

Réalisation : Fabian Möhrke

Scénario : Fabian Möhrke

Image : Marco Armborst

Montage : Fabian Möhrke

Son : Robert Furhmann, Niklas Kammertöns

Interprétation : Max Hegewald, Hans Jochen Wagner, Vanessa Krüger, Anna Bolk

Production : BuntFilm

Le site du film : www.philipp-der-film.com

Article associé : la critique du film

Festival de Locarno, inscriptions ouvertes jusqu’au 1er juin

Fiche d’inscription en ligne

Les frais d’inscription pour la 64ème édition du Festival du film de Locarno sont de 100 CHF pour tous les films d’une durée supérieure à 40 min. Les courts et moyens métrages d’une durée inférieure à 39 minutes sont exemptés de frais. La date limite d’inscription est fixée au 1er juin 2011

Pour s’inscrire, cliquer ici.

Merci de bien vouloir télécharger le règlement (document PDF) et de le lire attentivement.

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Entry form online

The submission fee for the 64th Locarno Film Festival is 100 CHF for films exceeding 40 min. in length. No fee will be payable for short and medium length films (<39 min). Deadline for submission : June 1st, 2011

Please download the « Rules and Regulations » (PDF document) and read them carefully before registering.

For registration, go here.

www.pardo.ch

Festival du Film du Golfe, le 4ème palmarès

La 4ème edition du jeune festival du Golfe s’est terminée mercredi soir. Pendant une semaine, des courts d’écoles et des films professionnels, venant de la péninsule arabe comme de pays européens, y ont été projetés. Voici les lauréats.

The New York Film Academy Abu Dhabi Awards :
Hamad Saghran from UAE
Sarmad Al-Zoubidy from Oman

International Competition – Shorts

First Prize: CASUS BELLI by Yorgos Zois – Greece
Second Prize: EL ORDEN DELAS COSAS (THE ORDER OF THINGS) by César Eteban Alenda, José Esteban Alenda – Spain
Third Prize: VA DIGAR HICH… (AND NOTHING ELSE…) by Roqiye Tavakoli – Iran
Special Mention: PARIGOT by Alex Digoix, Alexandre Wolfromm, Geoffrey Lerus, Loic Bramoulle, Mehdi Alavi – France

Gulf Competition Students – Shorts
First Prize: NOURA by Abdulrahman Al Salman – Kuwait
Special Jury Prize: QABLA AL GHOROUB (BEFORE SUNSET) by Issa Al-Subhi – Oman
Second Prize: HADITH (ACCIDENT) by Sarmad Al-Zoubidy – Oman
Third Prize: AKHIR DECEMBER (END OF DECEMBER) by Hamad Al Hammadi – UAE
Special Mention: DEMI-PLIE by Faisal Al Thani – Qatar

Gulf Competition Students – Documentary
First Prize: FAHAM WA RAMAD (CHARCOAL AND ASHES) by Hussein Mohsen – Iraq
Second Prize: GHANNI OGHNIATAK (SING YOUR SONG) by Omar Falah – Iraq
Third Prize: SHO’UB WA QABA’EL (NATIONS AND TRIBES) by Maysoon Al Ali – UAE

Official Gulf Competition – Shorts
First Prize: SABEEL by Khalid Al Mahmood – UAE
Special Jury Prize: ALWAN (COLORS) by Akeel Hameed – Iraq
Second Prize: FRAME by Luay Fadhil – Iraq
Third Prize: THE POWER OF GENERATIONS by Mohammed Jassim – Bahrain
Script Prize: SABEEL by Mohammed Hassan Ahmed – UAE
Special Mention: BAHARAT (SPICES)By Amer Alrawas – Oman
Special Mention: SLOW DEATH by Jamal Salim – UAE
Special Mention: Actress Haya Abdulsalam For MAY AL JANNAH (HEAVEN’S WATER) – Kuwait
Special Mention: Ali Mohammed Jassim for editing SEMI-ILLUMINATED – Iraq
Special Mention: Waleed Al Shehhi For the cinematography of REEH (WIND) – UAE

Official Gulf Competition – Documentary
First Prize: HAMAMA by Nujoom Alghanem – UAE
Special Jury Prize: AL ANFAL – FRAGMENTS OF LIFE AND DEATH by Mano Khalil – Iraq, Switzerland
Second Prize: COLA by Yahya Hassan Al-Allaq – Iraq
Third Prize: WAD’AN BABEL (GOODBYE BABYLON) by Amer Alwan – Iraq

El orden de las cosas de César Esteban Alenda et José Esteban Alenda

Il s’agit d’une femme. D’une femme dans une baignoire. Sa baignoire, c’est son refuge, son domicile. Jour après goutte, goutte après jour, elle reste dans l’eau. Elle n’en sort pas. Elle n’y arrive pas. Pas parce qu’elle aime s’y prélasser. Mais parce que c’est une victime.

Julia, femme, épouse et mère a peur. Son corps montre par endroits des marques de coups. Son mari la cogne, avec la ceinture et le sens du respect qu’il a hérité de son père. Son fils prend sa défense et l’exhorte à prendre sa liberté. Pourtant, Julia reste où elle est. Dans l’eau. Parce que c’est l’ordre des choses. Le titre du film des frères Esteban Alenda.

Leur histoire est captivante. Symbolique et forte aussi. « El orden de las cosas » parle de violence domestique, de soumission, d’humiliation, de souffrance, de révolte, mais aussi d’amour et de courage. Le film glisse, comme une couleuvre, entre plusieurs belles idées scénaristiques et visuelles : des plans aquatiques et pudiques, une tension permanente, les grands yeux et la jeunesse éternelle de la protagoniste, et l’intrusion de la famille de l’homme dans l’appartement familial.

Par le passé, plusieurs courts (« Sinna Mann » d’Anita Killi et « Leaving » de Richard Penfold et Sam Hearn) traitant de la violence conjugale ont pu nous toucher, interpeller ou heurter par leur manière de concevoir en images et en mots la relation de la victime à son bourreau. Ce film-ci nous emmène encore ailleurs, dans un endroit éthéré et nouveau, opaque et transparent à la fois. Pour José Esteban Alenda, « la violence domestique était encore un tabou en Espagne il y a quelques années, les journaux n’en parlaient pas, ce qui n’est plus le cas maintenant. Souvent, la thématique est abordée de manière très réaliste dans les films. Devant un sujet aussi important, on a éprouvé beaucoup de respect. On a aussi eu envie de prendre des risques vu qu’il s’agissait d’un court métrage, de se distinguer d’un point de vue formel et de donner de l’espoir. »

Sujet fort, traitement judicieux, humilité nécessaire. La formule prend : « El orden de las cosas », nominé cette année au Goya du meilleur court métrage de fiction, a remporté il y a quelques heures le deuxième prix de la compétition internationale au festival du Golfe de Dubaï.

Katia Bayer

Consulter la fiche technique du film

E comme El orden de las cosas

Fiche technique

Synopsis : Julia passe sa vie entière dans sa baignoire. Goutte après goutte, elle doit trouver le courage de changer l’état des choses.

Genre : Fiction

Durée : 19’

Pays : Espagne

Année : 2010

Réalisation : César Esteban Alenda, José Esteban Alenda

Scénario : César Esteban Alenda, José Esteban Alenda

Image : Tom Connole

Son : Miguel Lopez

Montage : César Esteban Alenda

Production : Solita Films

Article associé : la critique du film

Le Brussels Short Film Festival – 14ème édition

Le Brussels Short Film Festival inaugurera sa 14ème édition le 28 avril et la clôturera le 8 mai prochain. En plein cœur de Bruxelles, ouvert à tous les publics, le Festival présente deux compétitions (une nationale et une internationale) offrant l’aperçu le plus riche possible de la création 2010. En dehors des compétitions, sont bien évidemment au rendez-vous les traditionnelles séances Grands Réalisateurs, les Très courts, les Courts mais Trash, la séance European Film Award (EFA) ainsi que deux séances dédiées à la Hongrie.

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Découvrez le programme sur le site du festival : www.courtmetrage.be

Appel à projets, la nouvelle édition de la Collection sur Canal +

Après avoir digéré la Crise, la Collection interpelle le citoyen pour une francoscopie d’une subjectivité complètement assumée! Forum virtuel ouvert à la critique inhabituelle, la Collection donne cette fois-ci la parole à des personnalités bien affirmées pour sentir autrement la société d’aujourd’hui et peut-être imaginer un autre avenir pour demain. Un travail collectif pour une collectivité : lever le poing ? Baisser les bras? C’est l’occasion de faire des films.

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Ami-réalisateur, ami-producteur, nous comptons sur votre duo de choc pour offrir un avenir de 10 minutes, radieux, désastreux ou utopique à la France, à la veille des élections Présidentielles. Tous les genres sont permis, mettez-vous au service des demandes des artistes de cette nouvelle Collection car, on est loin, là, d’un cinéma militant. Vive l’imagination au pouvoir!

Les 8 artistes pour lesquels vous allez écrire sont à découvrir tout au long du mois d’avril sur le blog des programmes courts de Canal +. Vous avez jusqu’au 8 juillet pour envoyer un scénario de 10 mn maximum écrit pour la personnalité choisie. Tous les projets doivent être présentés par un producteur, les films terminés pour la fin de l’année. Et bien sûr, suivez régulièrement l’avancée de cette collection sur le blog.

Vous pouvez également nous retrouver sur la toute nouvelle Page Facebook de la Collection.

SHORT SCREENS #6 : Best of Balkan Shorts

Pour sa sixième édition qui aura lieu le jeudi 28 avril à 19h30 à l’Actor’s Studio (Bruxelles), SHORT SCREENS propose le meilleur de la sélection présentée au Bozar, lors du Festival Balkan Trafik. Au programme: une soirée consacrée aux films balkans avec 7 courts issus de Bulgarie, Croatie, Bosnie, Grèce, Roumanie et Turquie.

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Disorient de Florence Aigner et de Laurent Van Lancker

Sélectionné au Festival Courtisane cette année, « Disorient » est un témoignage collectif sur cette espèce malencontreuse de gens qui se trouvent au carrefour de deux cultures, expatriés depuis longtemps et étant ensuite obligés, pour une raison ou une autre, de retourner dans leur pays d’origine. D’une part, un sujet sensible, relevant du déracinement, du rapatriement, du mal du pays, de la quête d’identité et des frontières arbitraires qui séparent les hommes. D’autre part, un traitement formel percutant et pour le moins innovateur qui fait que, fidèle à son titre, le film désoriente son spectateur à plusieurs égards.

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Interpellés par les questions d’altérité et d’appartenance, la photographe-cinéaste Florence Aigner et le réalisateur-anthropologue Laurent Van Lancker assemblent une polyphonie d’enregistrements sonores effectués par de nombreuses personnes de nationalité aussi diverse qu’indienne, népalaise, iranienne, chinoise et vietnamienne. Avec aplomb, les artistes optent pour un minimalisme limite déconcertant pour habiller leur opus. Sur une durée ambitieuse de 36 minutes, à peine quelques images spartiates éclairent l’écran noir : des photos d’endroits vécus, d’intérieurs de maisons avec des souvenirs kitsch, ou des plans non représentatifs de jeux de lumières organiques et des animations indistinctes.

Certes, ce parti pris précaire risque de paraître facile ou inabouti, car on est loin de l’écran bleu comme symbole de la cécité de Derek Jarman. Mais l’épuration formelle est ici tout aussi justifiée. Intrigante par sa nouveauté et dérangeante par son étrangeté, elle présente au spectateur une seule dimension d’un médium essentiellement audiovisuel. Paradoxalement, l’effet est d’une plus grande concentration sur le sujet et d’une forte implication dans la piste prédominante, en l’occurrence sonore. (Le procédé inverse provoque la même impression dans des films comme « We Saw » de Peter Todd ou « Hanging Upside Down in the Branches » d’Ute Aurand, également programmés à Courtisane cette année, qui opèrent une amputation totale de la bande-son pour plonger le spectateur dans une narration purement visuelle.)

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Par conséquent, le spectateur vit de plus près l’expérience des personnages lorsque ceux-ci évoquent avec naïveté les différences frappantes constatées entre leur monde et l’étranger, avec nostalgie la brève aventure avec le pays d’accueil, ou avec résignation leurs conditions de vie et de travail inhumaines, ou encore avec amertume leur déportation humiliante : autant de déclinaisons brisées du rêve des pays dits en développement.

Avec « Disorient », il semblerait que, plus de 100 ans après la naissance du cinéma, on soit arrivé aux antipodes du cinéma des premiers temps, celui des attractions et du spectaculaire. Mais l’empathie vers le sujet qui marquait dès lors le Septième Art, est suscitée autrement ici, les personnages étant rendus plus fragiles par leur absence de l’écran. Par conséquent, le film parvient à être plus émotionnellement chargé qu’un tire-larme dramatisé ou un reportage aseptisé sur un sujet si humain et si complexe.

Adi Chesson

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Mauvais Genre, les courts en compétition

Le festival Mauvais Genre (21-25 avril), actif depuis cinq ans à Tours, a pour but de promouvoir le cinéma de genre international, à savoir tout un pan du cinéma populaire, série B, Z, film expérimental, etc… aux thématiques nombreuses allant du fantastique au polar en passant par l’animation et la science-fiction, sans oublier l’érotisme, que ce soit en court ou en long. Voici d’ailleurs, dans la petite foulée, les titres des films courts en sélection cette année.

mauvaisgenre2011

* JUNKO’S SHAMISEN – Canada
2010 – 0h11, de Solomon Friedman, avec David Fujino, Benny Min, Clemence Wong

* BLACK HORSE – Finlande
2010 – 0h06, de Tomi Malkki

* THE CATS OF MARS MEET THE TOY CAR – Suède
2010 – 0h08, de Jacob Stahlhammar

* THE OLD WAYS – Canada
2010 – 0h13, de Michael Vass, avec London Angelis, Stewart Arnott, Ryan Blakely

* THE ASTRONOMER’S SUN – Angleterre
2010 – 0h06, de Simon Cartwright et Jessica Cope

* HATCH – Irlande
2010 – 0h09, de Damian McCarthy, avec Barry Callan, Denis O Conor

* STRANGE INVENTION – Croatie
2010 – 0h06, de Dino Krpan

* COMME UN CHIEN – France
2010 – 0h06, de Benoît Delépine, avec Barbet Schroeder, Jawad Enejjaz

* MUTANTLAND – Usa
2010 – 0h04, de Phil Tippett

* THE WHITE FACE – France/Usa
2010 – 0h04, de Jason Bognacki, avec Aline Bognacki, Sarah Laure-Estragnat

* DANNY BOY – Suisse/Pologne
2010 – 0h10, de Marek Skrobecki

* LES CONVIVIAUX – France
2011 – 0h06, de Lewis Eizykman, avec Adrien Beau, Agathe Cury, Flavien Dareau

* N°1009 – Corée du Sud
2010 – 0h09, de Lee Sung-Min

Quinzaine des Réalisateurs, le choix en 14 courts

Section parallèle non compétitive du Festival de Cannes, la Quinzaine des Réalisateurs propose une sélection de longs et courts métrages inédits. Voici les titres des films courts prévus en mai.

quinzaine

Sélection 2011

Armand 15 ans l’été de Blaise Harrison – France – 50 min (2011)

Bielutin – Dans le jardin du temps de Clément Cogitore – France – 30 min (2011)

Boro In The Box de Bertrand Mandico – France – 40 min (2011)

Cigarette at Night de Duane Hopkins – Royaume-Uni – 5 min (2011)

Csicska d’Attila Till – Hongrie – 20 min (2011)

Demain, ça sera bien de Pauline Gay – France – 16 min (2011)

Fourplay : Tampa de Kyle Henry – États-Unis – 17 min (2011)

Killing the Chickens to Scare the Monkeys de Jens Assur – Suède – Thaïlande – 23 min (2011)

La Conduite de la Raison de Aliocha – France – 21 min (2011)

Las Palmas de Johannes Nyholm – Suède – 13 min (2011)

Le Songe de Poliphile de Camille Henrot – France – 10 minutes (2011)

Mila Caos de Simon Paetau – Allemagne, Cuba – 18 min (2011)

Nuvem de Basil da Cunha – Suisse, Portugal – 30 min (2011)

Vice Versa One de Shahrbanoo Sadat – Afghanistan – 10 min (2011)

Casus Belli de Yorgos Zois

« Casus Belli » a tout du film de chevet. Présenté à Venise dans la section Orizzonti et projeté ces jours-ci au 4ème Festival du Film du Golfe, à Dubaï au sein de la compétition internationale, il distille dans sa scène d’ouverture les ingrédients d’une intrigue pas si banale. Un caddie, un supermarché, une jeune femme, des produits à profusion, une voix microphonique, et une file d’attente apparaissent dans les premières minutes de cet opus expérimental grec.

Le travelling latéral l’accompagne, la file d’attente le définit. Dans sept lieux aussi diversifiés que possible (un supermarché, l’entrée d’une boîte de nuit, une église, un musée, un bureau de loto, un distributeur de billets, une caravane distribuant de la nourriture pour les sans abris), une dizaine d’individus font la queue. Filmés la plupart du temps de profil, ils attendent d’avancer dans la file à laquelle ils viennent de se greffer. Leurs visages, attitudes, langages, vêtements, âges diffèrent mais ils obéissent à une loi unique et inéluctable : la première personne de chaque file devient la dernière de la suivante, formant ainsi une chaine humaine continue. Jusqu’à ce qu’un homme, au bout du lien, se rebelle, se retourne et renverse les personnes derrière lui qui s’écroulent les unes après les autres, à cris et à corps, dans son propre plan et dans les précédents.

Dans un mouvement de travelling latéral arrière, la camera suit cet effondrement progressif et extrêmement rapide, revient au début du film et se concentre sur le caddie initial, filant droit devant sur la route, tel un « Rubber »déchaîné et humanisé.

Par le biais de la métaphore, le film croque avec dérision et pertinence la crise économique grecque, le consumérisme globalisé, et l’interaction entre l’individuel et le collectif. L’expression latine du titre se réfère à la violence et à la riposte, ce que Yorgos Zois, ancien assistant de Theo Angelopoulos, met formidablement en scène dans son tout premier film. À Dubai, le film pourrait bien remporter demain une récompense lors de la remise de prix du festival. C’est tout le mal qu’on lui souhaite en tant que pathétique consommateur lambda.

Katia Bayer

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Article associé : l’interview de Yorgos Zois