Jonathan Caouette/Retour de l’enfant prodige

New York, janvier 2011. Les rues d’Astoria dans le Queens sont encore largement enneigées, le vent est glacial mais la maison de Jonathan Caouette, n’est plus très loin. Véritable décor de cinéma (« Tarnation » et « All Flowers in Time » y ont été tournés), le lieu déborde de vinyls, de dvds et d’affiches de cinéma. Un écran de projection est installé dans le salon, non loin d’un bureau où se monte le prochain long métrage de l’auteur prévu pour le printemps. Rencontre exclusive in situ autour du très beau « All Flowers in Time », Mention spéciale du Jury Presse Télérama à Clermont.

D’où t’est venue l’inspiration pour « All Flowers in Time » ?

L’idée était de rassembler plusieurs rêves ou cauchemars que j’ai pu faire dans un film expérimental à la narration un peu décousue. La colonne vertébrale de l’histoire était en fait très précise mais ça ne se ressent pas forcément quand le spectateur voit le film. Ce qui est intéressant est que le film puisse résonner chez les gens à un niveau inconscient.

Pourquoi Chloë Sevigny ? Comment l’as-tu rencontrée ?

Je l’adore, je suis un grand fan d’elle. J’aime les rôles qu’elle choisit, les risques qu’elle prend dans la plupart de ses films. Je l’ai rencontrée dans un festival au Canada et on a un peu discuté puis je l’ai revue à New York dans un club et là, on s’est rendu compte qu’on admirait chacun le travail de l’autre et qu’on avait beaucoup de références en commun. Un an plus tard, on s’est échangé des textos et je lui ai parlé de « All Flowers in Time », un petit film qui nécessiterait une journée de tournage. Elle est arrivée un beau jour chez moi pour le tournage, en descendant de l’avion qui la ramenait d’Italie. Elle m’a dit plus tard qu’elle était épuisée ce jour-là, mais je ne l’aurais jamais deviné. Elle fait tout avec tant de facilité, c’est une vraie pro. Je pourrais retravailler avec elle quand elle veut.

Comme « Tarnation », « All Flowers in Time » a un côté « film fait à la maison ». Est-ce que tu disposais d’une équipe importante ?

Le jour où Chloë était là, l’équipe était en fait assez importante. Le court est en fait constitué de deux tournages différents qui correspondaient à deux idées différentes. La première mettait en scène mon grand-père et mon fils et on a tourné avec une petite caméra. Les scènes avec Chloë ont été tournées avec une équipe plus professionnelle.

© AA

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« All flowers in time » invoque autant « Videodrome » dans l’idée de la contamination par l’écran que des films d’horreur plus obscurs. Tu es toi-même un véritable mangeur de films. Quels sont les films fantastiques que tu préfères ?

« The stepford wives » (Bryan Forbes, 1975) est en haut de ma liste et « Three women » de Robert Altman (1977), même si c’est un drame psychologique, je le considère plus comme un film d’horreur. J’adore « L’échelle » de Jacob (Adrian Lyne, 1990), Lynch , les films d’horreur des années 70 notamment « When Michael calls » (Philipp Leacock, 1972) qui avait été fait pour la télé et qui est vraiment étrange. N’importe quel Cronenberg… beaucoup de films en fait !

Tu as commencé par un long métrage documentaire et ce film est un court de fiction. Était–il plus simple pour toi de passer du long au court ?

Je me suis dit qu’en abordant la fiction dans un court, ce serait un bon exercice pour écrire un long métrage de fiction, ce qui correspond à ce que j’ai envie de faire désormais.

Propos recueillis par Amaury Augé

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