Tous les articles par Katia Bayer

4 documentaires de qualité à voir en ligne

Nous poursuivons notre exploration de films de qualité visibles en ligne avec 4 documentaires, 4 regards forts sur le monde (créés en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Afrique du Sud et au Kenya), sélectionnés aujourd’hui par Marie Bergeret.

After de Łukasz Konopa, documentaire, Royaume-Uni, 2011, 6’ (National Film and Television School (NFTS)

Article associé : la critique du film

Enraged by A Picture de Zanele Muholi, Afrique du Sud, documentaire, 14′, 2005, prod : Production : Beth Tindall.

Mother’s song de Matthew Brown, États-Unis, documentaire, 4’33 », 2014

Yellow Fever de Ng’endo Mukii, documentaire animé, Kenya, 6’48 », 2012, autoproduction

Nouveau rendez-vous ! Les Rencontres pros de Format Court, jeudi 7/12 !

Dès le mois de décembre, notre revue vous propose un nouveau rendez-vous mensuel, Les Rencontres pros de Format Court !

Retrouvez-nous le jeudi 7 décembre 2017 à 19h, au MyCowork Beaubourg (5 Rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris) pour le lancement de ces rencontres, axées pour l’occasion autour de la production, en compagnie de Nelson Ghrénassia (Yukunkun Productions), Lucas Tothe et Sylvain Lagrillère (Punchline Cinema) et Nicolas Leprêtre (Georges Films).

Afin de découvrir ces jeunes sociétés de production très actives, toutes trois en lice pour le Cesar du meilleur court-métrage, nous projetterons à partir de 19h un film par structure avant d’échanger avec nos invités, Jessica Palud (réalisatrice de « Marlon ») et le public.

Pour assister à cette soirée exceptionnelle, nous vous invitons à réserver dès à présent votre place à l’adresse suivante : rencontresprosformatcourt@gmail.com.

Programmation (durée : 53 minutes)

Le Bleu blanc rouge de mes cheveux de Josza Anjembe. Fiction, 21′, France, 2016, Yukunkun Productions. Présélectionné au Cesar du Meilleur court-métrage 2018

Synopsis : À dix-sept ans, Seyna, une adolescente d’origine camerounaise, se passionne pour l’histoire de la France, le pays qui l’a vue naître et dont elle est profondément amoureuse. Son baccalauréat en poche et sa majorité approchant, Seyna n’aspire qu’à une chose : acquérir la nationalité française. Mais son père, Amidou, s’y oppose farouchement.

Mare Nostrum de Rana Kazkaz et Anas Khalaf. Fiction, 13′, 2016, France, Jordanie, Georges Films, Synéastes Films. Présélectionné au Cesar du Meilleur court-métrage 2018

Synopsis : Sur un rivage de la Méditerranée, un père syrien prend une terrible décision mettant la vie de sa fille en danger.

Marlon de Jessica Palud. Fiction, 19′, France, 2017, Punchline Cinema. Présélectionné au Cesar du Meilleur court-métrage 2018

Synopsis : Marlon, quatorze ans, rend visite à sa mère en prison pour la première fois depuis son incarcération. La jeune fille, protégée par sa famille et son entourage, s’entête malgré tout à croire que sa mère est son héroïne d’enfance.

En pratique

Quand ? Jeudi 7 décembre 2017 à partir de 19h. Durée : 2h30
Où ? MyCowork Beaubourg (5 Rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris)
Comment ? Métros proches : Hôtel de Ville, Châtelet, Rambuteau
PAF : 7 €
Pot offert !

Si vous désirez adhérer à Format Court ou renouveler votre adhésion (et de ce fait accéder gratuitement pendant un an à nos Rencontres professionnelles qui seront organisées tous les mois), nous vous invitons à vous reporter à la page correspondante de notre site.

Réservations vivement souhaitées aux 1ères Rencontres pros!

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Short Screens #76: “Best of Filmer à tout prix”

Short Screens s’associe une fois encore au Festival filmer à tout prix pour mettre en avant le court métrage documentaire. L’équipe a fouillé dans les précédentes éditions du fameux festival belge, qui se tiendra du 23 novembre au 2 décembre à Bruxelles, pour y dénicher les perles du genre. Une séance qui montre toute l’importance de l’acte de filmer la réalité, pour témoigner, dénoncer ou encore partager !

Une séance en présence de Maxime Pistorio et Julie Jaroszewski, les réalisateurs de « Standards ».

Rendez-vous le jeudi 30/11 à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€

Visitez la page Facebook de l’événement ici !

Programmation

A Few Stories About Man de Bodgan Dziworski, documentaire, Pologne, 1983, 20’ (Wytwornia Filmow Oswiatowych)

Jerzy Orlowski est un homme de trente-sept ans qui a perdu ses deux mains à l’âge de douze ans. Malgré cela, il vit comme d’autres, c’est un grand athlète, un artiste étonnant et un père tendre. Utilisant une palette sonore d’une grande richesse et de nombreuses inventions formelles, Bogdan Dziworski fait une parabole sur la cruauté du destin et le courage, la persévérance et l’humour nécessaires pour surmonter le handicap physique

La Femme étrangère de Robert Morin, documentaire, Canada, 1988, 25’ (Lorraine Dufour)

Helena Valero voyageait avec ses parents, des colons brésiliens qui allaient s’établir le long d’un affluent de l’Amazone, lorsqu’elle fut enlevée par un groupe d’Indiens Yanomami. Elle avait douze ans lors du rapt; elle en aura trente-six le jour où elle retrouvera sa liberté. Considérée comme une étrangère par ses kidnappeurs tout au long de sa captivité, les membres de sa famille la traitent d’Indienne lorsqu’elle retourne vivre parmi eux avec ses trois enfants. Condamnée à être une étrangère toute sa vie, Helena retournera vivre en forêt, dans le Haut-Orinoque, à mi-chemin entre un village rouge et un village blanc.

Standards de Maxime Pistorio et Julie Jaroszewski, documentaire, Belgique, 2010, 17’ (Maxime Pistorio). EN PRESENCE DES REALISATEURS

Le meilleur moyen de cacher une caméra n’est-il pas tout simplement de la montrer au vu et au su de tous ? Au château de La Hulpe, le trio du pianiste de jazz Charles Loos se heurte, en fin de soirée, à l’inculture et à l’indifférence imbibées d’alcool de la jet-set scandinave de Bruxelles et du Brabant wallon. La chanteuse est la coréalisatrice de ce petit « film-piège » dont on se dit qu’il a été orchestré pour enregistrer la trace d’une situation déjà vécue auparavant.

After de Łukasz Konopa, documentaire, Royaume-Uni, 2011, 6’ (National Film and Television School (NFTS))

De l’aube à la tombée de la nuit, le film dépeint le théâtre de la vie quotidienne aux alentours d’Auschwitz. La caméra observe de près, mais sans jamais s’imposer, ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur du camp. Chaque scène est un monde de silence et de solitude soigneusement composé, où résonnent des émotions et des mots inexprimés. Le passé et le présent s’entremêlent dans un cadre où le temps s’arrête.

Article associé : la critique du film

We are Become Death de Jean-Gabriel Périot, documentaire expérimental, France, 2014, 4’ (Local Films)

Nous savions que le monde ne serait plus le même.
Certains rigolaient.
D’autres pleuraient.
La plupart restaient silencieux.

Yaar de Simon Gillard, documentaire, Belgique, 2014, 20’(INSAS)

Au coeur de la brousse, au creux des graviers, une civilisation entêtée cherche son avenir sous la terre. Aveugles ou bien trop voyants, ils creusent, nuit et jour, poussés par la folie qui guide l’homme jusqu’à sa mort.

Article associé : l’interview de Simon Gillard

Le film de la semaine : Der Wechselbalg de Maria Steinmetz

Nouvel hasard du net, un très beau film d’animation allemand, réalisé en 2011 par Maria Steinmetz, alors étudiante à l’école de cinéma de Babelsberg Konrad Wolf à Potsdam, en Allemagne, a surgi il y a quelques jours grâce à quelques clics hasardeux.

En 2011 donc, nous avions repéré son film Der Wechselbalg (L’Echange) parmi le crû annuel de la Cinéfondation, la section réservée aux films d’écoles de Cannes. Le film avait été chroniqué sur Format Court, mais pendant longtemps, ne pouvait être vu dans son intégralité que par quelques happy few.

Depuis quelques temps, il en est autrement : le film est disponible sur la Toile. Der Wechselbalg, conte poétique et merveilleux, reste un enchantement esthétique, animé, musical qu’on vous invite à (re)voir de toute urgence.

Adaptation du recueil Des Trolls et des Hommes de l’écrivain suédois Selma Lagerlöf, le film raconte en moins de 10 minutes l’échange entre un enfant et un bébé troll, sur fond d’intolérance et de superstitions populaires.

6 ans et demi après sa découverte à Cannes, le film n’a pas vieilli et fait du bien à l’âme par son charme, sa composition en miroir, ses couleurs passées, sa typographie et son humour en toute finesse.

Katia Bayer

Tal Kantor : « On refait encore et encore toujours le même film »

Tal Kantor est une jeune réalisatrice israélienne, avec plusieurs films d’animation déjà son actif. In Other Words est son film de fin d’études réalisé à l’Académie Bezalel de Jérusalem. Ce film ayant récolté, plus d’une dizaine de prix et diffusé dans de nombreux festivals à travers le monde (Annecy, Stuttgart, Zagreb, Encounters…) est en ligne depuis fin octobre.

Il s’agit d’un court-métrage sensible qui, à travers la relation d’un père et de sa fille, traite d’un sujet à la fois intime et universel : l’absence. Il aborde aussi l’incapacité d’exprimer par des mots simples les sentiments que l’on ressent. Ce film à la fois lyrique et métaphorique traite en filigrane de la mémoire, du temps qui passe, de l’oubli…des mots qui ont perdu leur sens. En utilisant la technique du dessin calligraphique, intégré dans des images de prise de vues réelles, par un subtil jeu de lignes floues en mouvement ,Tal Kantor nous plonge dans un univers à la fois réel et onirique. Son nouveau film Letter to a Pig, actuellement en développement, a reçu une subvention de Ciclic. Il est co-produit par Miyu Productions côté français et The Hive Studio côté israélien.

In Other Words est un film d’école, comment a-t-il été réalisé ?

Tal Kantor : In Other Words est mon film de fin d’études de la Bezalel Academy of Arts and Design de Jérusalem. C’est un court métrage d’une durée de 6 minutes réalisé d’après une technique expérimentale que j’ai développée, un mélange de prise de vue réelle et d’animation 2D.

Cette technique consiste à intégrer les segments d’animation 2D dans l’image et à prolonger ainsi les parties effacées des personnages. Ces segments s’articulent alors avec les mouvements des corps des personnages. Cela permet de créer un lien entre les parties manquantes, métaphore de l’absence, et le reste du corps réel, ancré dans le présent.

Tu utilises dans ton film différentes techniques de réalisation : la prise de vues réelles mélangée à l’animation traditionnelle 2D. Quelle en est la raison ?

T.K. : Ces différentes techniques me permettent d’illustrer métaphoriquement le thème du langage, de la mémoire… J’utilise des fragments de prise de vues réelles que j’intègre dans l’image animée en 2D pour renvoyer à la mémoire partielle, sélective que l’on a des gens…Souvent, on se rappelle parfaitement bien d’une partie du visage, comme les yeux ou la bouche et tout le reste autour sera flou, vague comme dans un songe. Dans mon film, les parties manquantes du visage sont remplacées par l’animation, dont le style est calligraphique. Cela permet d’exprimer la fugacité du souvenir et son imperfection, mais aussi son essence, ce qui reste lorsque l’on a tout oublié, inspiré de la technique du sketch en dessin (dessiner rapidement de mémoire une scène ou un portrait). La mémoire garde en images l’essence du souvenir, un geste, un regard, mais cela peut disparaître en quelques secondes. C’est cette frontière fine, subtile, qu’il y a entre la persistance du souvenir tronqué, presque photographique, et sa disparition progressive, qui font que se chevauchent à l’image, la réalité et l’imaginaire.

La façon dont je présente mes personnages est assez métaphorique. La fille est plus présente avec ses mains, son regard, le regard qu’elle pose sur son père. Elle est dans le présent. Son père, lui, est plus représenté par sa bouche, par la parole, par son regard fuyant, ainsi moins dans le concret.

La prise de vue réelle traduit le présent et tout ce qui touche au concret de par son aspect réaliste alors que l’animation à travers son style calligraphique, traduit l’univers intérieur des deux personnages. La façon dont je représente les deux personnages se veut très lyrique et métaphorique.

Dans ton film, il manque aux personnages des parties du visage. Est-ce que cela symbolise aussi l’absence de communication entre le père et sa fille ?

T.K. : Dans cette histoire, les mots ne remplissent plus leur fonction de communication, ils n’arrivent plus à maintenir la relation entre le père et sa fille. Ils s’effritent à l’image de cette relation qui se désagrège. Ils sont tous les deux assis à table, malgré leur tentative de vouloir communiquer, ils sont comme ces mots qui essaient de traverser la distance qui les sépare, sans jamais pouvoir l’atteindre. Lorsque c’est trop tard, parfois les mots ne servent plus à rien car ils ne peuvent pas remplacer toutes les années d’absence alors que les actes auraient dû être faits il y a bien longtemps. De la même façon qu’il manque des parties du corps aux personnages, les mots sont manquants à l’image de l’absence du père.

Le spectateur peut trouver un écho en s’identifiant soit au personnage de la fille ou bien à celui du père. Il y a un aspect très universel dans ton film. Quels ont été l’accueil et la réaction du public lors des différentes projections ?

T.K. : La réaction du public a été incroyable. Les personnes que j’ai rencontrées s’identifient réellement à l’histoire des deux personnages. C’est toujours troublant de constater à quel point ce sentiment est commun, de voir comment les gens se sentent connectés à cette histoire. Celles que je rencontre me disent qu’elles se sont retrouvées exactement dans la même situation, qu’elles ont vécu la même histoire avec leur frère ou leur père… J’ai reçu de nombreux mails de personnes que je ne connaissais même pas et qui me racontaient leur propre expérience. Je suis touchée par le fait que le film parle à beaucoup de personnes issues de différents pays et pas seulement aux Israéliens. C’est ce que j’ai essayé de faire en réalisant ce film : apporter une dimension universelle à travers une histoire intime.

Comment cela se passe en Israël pour faire un film. Y a-t-il des subventions comme l’équivalent du CNC ou des régions en France ?

T.K. : C’est très compliqué de réaliser des films en Israël, de trouver des fonds d’aide. Il faut réunir différentes sources de financement, surtout en animation, un secteur qui demande beaucoup de ressources et dont la réalisation prend beaucoup de temps.

Il existe par contre différentes subventions mises en place par le gouvernement pour financer des projets de films, telles que les bourses d’études. Il faut en faire la demande mais cela prend beaucoup de temps pour obtenir les fonds.

Quels sont tes futurs projets ?

T.K. : Je suis actuellement en train de travailler sur court métrage d’animation de 10 minutes. Letter to a Pig est une production franco-israélienne (Miyu Productions/The Hive Studio) pour laquelle j’ai reçu le soutien du fonds Ciclic. Le projet est encore en développement pour le moment.

Ce film est basé sur une expérience personnelle que j’ai vécue il y a dix ans lorsque j’étais au lycée. Suite à une rencontre, j’ai fait un rêve qui m’est resté en mémoire. Ce rêve est devenu la matière du film dont le sujet est l’Holocauste. Letter to a Pig est un voyage onirique, sombre et surréaliste traitant de ce thème à travers le rêve d’une jeune fille.

Chercheras-tu encore, comme dans In Other Words, à expérimenter des nouvelles techniques afin qu’elles s’accordent au sujet du film ?

T.K. : Je pense que la forme doit toujours accompagner le fond. Je ne crois pas qu’il soit judicieux d’utiliser une technique juste parce qu’on sait la faire. J’utilise l’animation parce que je sais en faire. Il est plus intéressant d’être toujours à la recherche de différentes formes visuelles et de choisir celle qui sera la mieux adaptée à l’histoire que l’on veut raconter. C’est pour cela que je développe toujours la technique de réalisation en fonction de l’histoire. Et non pas l’inverse.

Pour ton prochain film, as-tu déjà une idée du style ou du design que tu vas utiliser ?

T.K. : On retrouvera quelques techniques de réalisation que j’ai utilisées dans In Other Words pour ce film, ainsi que d’autres techniques auxquelles je réfléchis encore.

Est-ce que l’on retrouvera les thèmes qui te tiennent à cœur comme celui de la mémoire ?

T.K. : Je pense que c’est un thème récurrent qui se retrouve dans tous mes films. En fait, d’une certaine manière, on refait encore et encore toujours le même film. Dans Letter to a Pig, un survivant de l’Holocauste écrit une lettre de remerciement à un cochon qui lui a sauvé la vie durant la seconde guerre mondiale… Ce film aura donc encore pour thème la mémoire. Mais cette fois, je parlerai de la mémoire collective issue d’un événement traumatisant qui se transmet d’une génération à l’autre.

Propos recueillis par Karine Demmou

Article associé : la critique du film

Carte blanche Format Court à Pékin !

Dimanche 3 décembre 2017, Format Court présentera pour la première fois une carte blanche en Chine, à Pékin exactement ! Camera Stylo, un cinéma d’art et essai local très actif, porté par des jeunes professionnels, accueillera en effet notre sélection de 6 courts-métrages internationaux choisis par Katia Bayer, Anissa Bouchra, Clément Beraud et Julien Savès.

La séance sera présentée par Anissa Bouchra (Format Court) et Wen Muye (réalisateur de Battle).

Programmation

Wind de Robert Loebel, Animation, 4’, Allemagne, 2013, Université de sciences appliquées d’Hambourg (HAW). Grand Prix du Jury ex aequo au festival d’Angers 2015

Synopsis : Wind est un film d’animation qui montre la vie quotidienne d‘une population vivant dans un pays très venteux. Néanmoins, ces habitants ont bien appris à faire face à ces conditions de vie hostiles. Le vent crée un système de vie naturel.

Article associé : la critique du film

Battle de Wen Muye. Fiction, 11,16’, Chine, 2013, Beijing film Academy. Prix du Jury au FIRST International Film Festival (Chine) 2013

Synopsis : Adili, un jeune homme ouïghoure, travaille comme serveur dans un restaurant à Beijing. Il se heurtera aux convictions religieuses de son père.

Hopptornet d’Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck, Documentaire expérimental, 19’, Suède, 2016, Plattform Produktion. Sélectionné à la Berlinale 2016, à Sundance 2017, Prix du Jury et du Public au Festival de Clermont-Ferrand 2017

Synopsis : Des gens, seuls ou à deux, grimpent en haut d’un plongeoir de dix mètres, dans le but de sauter ou non, affrontant leur peur du vide.

Article associé : la critique du film

Nothing happens de Uri et Michal Kranot, Animation, 11,50’, France, Danemark, 2017, Miyu Productions, Dansk Tegnefilm. Prix Festivals Connexion – Région Auvergne-Rhône-Alpes & Prix André Martin au Festival d’Annecy 2017

Synopsis : Il fait un froid mordant dans les faubourgs de la ville et pourtant des gens se regroupent. Je les observe former une rangée à l’horizon. Nous attendons que quelque chose se passe. Mais rien ne vient. Nous nous sommes rassemblés pour être les témoins d’un événement. Pour participer au spectacle. Voir, et être vus.

Article associé : la critique du film

Chasse royale de Romane Gueret et Lise Akoka, Fiction, 28,24’, France, 2016, Les films Velvet. Prix Illy à la Quinzaine des Réalisateurs 2016

Synopsis : Angélique, treize ans, vient d’une famille nombreuse de la banlieue de Valenciennes. Ce jour-là, dans son collège, on lui propose de passer un casting.

Articles associés : la critique du film, l’interview de Lise Akoka et Romane Gueret

Manoman de Simon Cartwright, Animation, 10,43’, Royaume-Uni, 2015, National Film and Television School. Sélectionné à la Cinéfondation 2015, Prix Format Court au Festival Court Métrange 2016, nommé aux Bafta 2016

Synopsis : Glen, le protagoniste du film, a libéré une sorte d’homoncule diabolique, qui le pousse à commettre des actes odieux.

Articles associés : la critique du film, l’interview de Simon Cartwright

5 bons films espagnols à voir en ligne !

Après le Canada, la Suède et la Belgique, voici 5 courts-métrages espagnols à voir en ligne, proposés par Adriana Navarro Álvarez, notre rédactrice valencienne.

Fuga de Juan Antonio Espigares. Animation, 15′, 2012, Espagne, Kike Mesa / Andale Films. Prix Format Court au Festival Court Métrange 2013, Meilleur film d’animation au Festival de Sitges 2013, Mention spéciale au Festival d’Aubagne 2014

Articles associés : la critique du filml’interview du réalisateur 

Zepo de César Díaz Meléndez. Animation,  3’16, Espagne, 2014, auto-production. Prix du Jury au Festival d’Hiroshima 2014, Meilleur court d’animation au Festival de Malaga 2015

Amor de Mono de Paulo Mosca et Nacho Rodríguez. Animation, 4’43, Espagne, 2015, prod : Trimono. Sélectionné au Festival de Gijón et de Malaga, présélectionné aux Cartoon d’or 2016

Pipas de Manuela Moreno. Fiction, 3’33,  Espagne, 2014, Momento. Prix du Jury au Festival de courts-métrages de Cádiz, sélectionné au Festival du Film de Sidney

Éramos pocos de Borja Cobeaga. Fiction, 16’17, Espagne, 2005, prod : Altube Filmeak S.L. Nommé à l’Oscar du Meilleur court-métrage 2006

4 courts d’Europe Centrale projetés demain au Balzac

Le Festival Kinopolska, actuellement en cours au Cinéma Balzac (1 Rue Balzac, 75008 Paris), accueille demain à 14h un programme du groupe de Visegrád, présenté par Mathieu Lericq, et organisé en coopération avec Kino Visegrád, Format Court et le Visegrád Animation Forum.

Jeunesses européennes. Composée de courts métrages issus des quatre pays du groupe Visegrád (Pologne, Slovaquie, République tchèque et Hongrie), les films réunis ici exposent les existences d’adoles- cents ou de jeunes parents qui traversent des moments de doutes, mais aussi d’espoirs et de joies, cher- chant sans cesse un sens à leur vie au sein d’environnements culturels spécifiques. Cette programmation permet de constater la diversité et la radicalité esthétique du jeune cinéma centre-européen.

Les plus beaux feux d’artifice (Najpiękniejsze fajerwerki ever) de Aleksandra Terpińska. Fiction, 30′, 2017, Pologne

Dans un monde contemporain, dans une ville européenne, trois amis, alors qu’ils font face à un conflit militaire, doivent revoir leurs plans pour le futur.

Articles associés : l’interview de la réalisatrice, notre reportage Queer Cannes

2:1 de Fiona Gelsomina Ziegler. Fiction, 12′, 2013, République tchèque

Marta a trente ans et possède un restaurant. Au cours d’une nuit festive, elle se livre à une expérience amoureuse nouvelle. Mais ses conséquences ne sont pas celles qu’elle attendait.

Jour de paie (Fizetős nap) de Szilárd Bernáth. Fiction, 22′, 2016, Hongrie

Dans l’est de la Hongrie, des usuriers puissants maintiennent les résidents des communautés rom dans une spirale de dettes. De jeunes parents, Feri et Gina, utilisent différents moyens pour prendre de la distance avec le boss du coin, Simon.

À propos de ma soeur (O serte) de Barbora Sliepková. Documentaire, 16′, 2016, Slovaquie

Petra était une canaille infatigable à l’école primaire. En fait, c’est une fille ordinaire dotée d’un large regard insatiable. À l’âge de 12 ans, les choses ont commencé à changer…

The Rabbit Hunt, en ligne !

Sélectionné au Festival de Sundance et à la Berlinale l’an passé, The Rabbit Hunt de Patrick Bresnan a rejoint Vimeo il y a 2 semaines. Il est rare de voir un film encore dans la course des festivals rejoindre si vite le net (mais on ne va pas s’en plaindre, loin s’en faut !).

Élu Grand Prix et Prix du documentaire au dernier Festival Silhouette, Prix du Jury du court-métrage américain au Champs-Elysées Film Festival, le court-métrage documentaire de Patrick Bresnan (actuellement en pleine préparation de son long) parle de traditions, de rites de passages, de chasse au lapin et de survie. À découvrir.

The Rabbit Hunt, Patrick Bresnan, Documentaire, 12’, USA / Hongrie, Otis Lucas Films

Synopsis : Dans les Everglades de Floride, la chasse aux lapins est considérée comme un rite de passage pour les jeunes hommes. « The Rabbit Hunt » suit Chris, âgé de dix-sept ans, et sa famille, alors qu’ils chassent dans les champs de l’une des plus grandes fermes sucrières industrielles des États-Unis. Le film rapporte la tradition selon laquelle des travailleurs agricoles migrants des communautés qui entourent le lac Okeechobee chassent et préparent les lapins depuis le début des années 1900.

5 bons films belges à voir en ligne

Pour bien finir la semaine, Format Court vous propose de (re)voir et partager une sélection restreinte de 5 bons courts-métrages belges, dont 3 films d’écoles, primés en festivals. Bonnes (re)découvertes à vous !

Mompelaar de Wim Reygaert et Marc Roels (fiction, 21’40’’, 2008, Belgique, T42 Films)

Article associé : la critique du DVD Extrême Cinéma, volume 2

10 min. de Jorge León (documentaire, 19′, 2008, Belgique, Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme)

Article associé : la critique du film

Paul et Virginie de Paul Cartron (fiction, 19′, 2014, IAD)

Dans la joie et la bonne humeur de Jeanne Boukraa (animation, 5’52’’, 2014, Belgique, La Cambre)

Article associé : la critique du film

Coda de Ewa Brykalska (fiction, 22′, 2013, Belgique, INSAS)

Article associé : la critique du film

Le film de la semaine : In Other Words de Tal Kantor

Repéré aux festivals de Tel Aviv et d’Annecy il y a deux ans, In Other Words est un film d’animation de près de 6 minutes réalisé par une ancienne étudiante de l’Académie Bezalel de Jérusalem, Tal Kantor. Celle-ci prépare actuellement son premier court-métrage professionnel, Letter to a Pig, qui sera produit par Miyu Productions côté français, et The Hive Studio, côté israélien, et pour lequel elle a reçu le Prix Ciclic du court-métrage au pitch MIFA (Marché international du film d’animation) au festival d’Annecy, en juin dernier.

Jusqu’ici, son film précédent, In Other Words, ne se laissait approcher que par teaser, carrière en cours oblige. Depuis une semaine, il est enfin visible dans son intégralité sur le web. Cela fait un moment que nous guettons cette mise en ligne. Pourquoi ? Parce que ce film reste étonnamment en mémoire pour différentes raisons : sa brièveté, la sobriété et l’élégance de ses teintes, l’émotion qui se dégage de son histoire (un père, sa fille, l’échec de leur relation et de leur communication), l’originalité de son animation (des images de prises de vues réelles se mêlant à du dessin 2D), la puissance des regards et des silences de ses protagonistes.

Avec In Other Words, Tal Kantor signe quasiment toute seule (elle a géré la réalisation, le scénario, l’image, l’animation et le montage) un film simple et percutant sur la mémoire, le vide, le temps et l’effacement. Un film sur les visages et les corps incomplets, les non-dits, les reproches et les regrets, les mots qui s’échappent, s’échouent et finissent par disparaître.

Katia Bayer

Article associé : l’interview de Tal Kantor

Synopsis : Un homme se remémore une occasion ratée de communiquer avec sa fille. Leur courte rencontre des années plus tard ébranle son monde et ôte tout sens à ses mots.

Les courts présélectionnés aux Cesar, visibles sur grand écran

Du 18 novembre au 9 décembre 2017, les 36 courts-métrages présélectionnés aux Cesar 2018 seront projetés en salle. L’occasion de découvrir ou revoir les films et leurs équipes, présents pour la plupart à notre After Short, spécial Cesar, organisé en partenariat avec l’ESRA le 26 octobre dernier au Point Éphémère.

Pour information, les 24 films de fictions seront programmés au Cinéma Le Balzac tandis que les 12 films d’animation seront montrés au Cinéma Les 3 Luxembourg. Voici le détails des 4 programmes proposés par l’Académie des Cesar.

Larp de Kordian Kądziela, Prix Format Court à Brest 2015 en ligne !

Alors que le Festival de Brest s’ouvre d’ici quelques jours, nous découvrons par hasard que le formidable court-métrage polonais Larp réalisé par Kordian Kądziela et primé par le Jury Format Court (Agathe Demanneville, Gary Delépine, Paola Casamarta, Katia Bayer) est en ligne.

Ce film d’école de la Krzysztof Kieslowski Faculty of Radio and Television avait remporté notre prix du meilleur court métrage européen au 30ème Festival de Brest, en 2015. Il met en avant une figure d’adolescent rêveur et chevaleresque, aliéné et désabusé face à une famille qui ne le comprend pas toujours.

Kordian Kądziela a réalisé cette année un nouveau film d’école, Dregs (pas encore vu). Si vous vous intéressez aux premiers courts, nous vous invitons à voir Larp et à parcourir nos articles en ligne (incluant d’autres vidéos du réalisateur) :

La critique du film

Notre reportage : Kordian Kądziela, le vrai du faux

L’interview de Kordian Kądziela

After Short spécial Cesar, les photos !

Jeudi 26 octobre 2017, avait lieu notre After Short de rentrée consacré aux courts-métrages présélectionnés aux Cesar. La soirée, organisée au Point Ephèmère (Paris, 10ème) en collaboration avec l’ESRA, a accueilli plus de 200 personnes. De nombreuses équipes côté fiction et animation ainsi que celles de Format Court et de l’ESRA étaient présentes ce soir-là.

Voici les photos de la soirée, prises par notre photographe Stenny Sigere.

Benoît Martin (réalisateur, « La Convention de Genève »), Alison Valence (comédienne)

Benoît Martin (réalisateur, « La Convention de Genève ») et ses comédiens (Adil Dehbi, Alison Valence, Titouan Labbé)

Bilel Chegrani et Adil Dehbi (comédiens, « Goût bacon »)

Edwina Liard (productrice, Ikki Films), François-Pierre Clavel (producteur, Kidam), Annabel Sebag (distributrice, Autour de Minuit)

L’équipe de « 1992 » : Louis Duneton (comédien), Cyril Leuthy (monteur), Anthony Doncque (réalisateur)

Katia Bayer (Rédactrice en chef, Format Court)

Nathalie Cikalovski (Directrice de la Communication et des Relations Extérieures, ESRA), Katia Bayer (Rédactrice en chef, Format Court)

Raphaël Alexandre et Nicolas Leprêtre (producteurs, Georges Films, « Mare Nostrum »)

Nicolas Leprêtre et des étudiants de l’ESRA

Alice Vial (réalisatrice, « Les Bigorneaux ») en discussion avec une étudiante de l’ESRA

L’équipe de « Les Bigorneaux » : Jonathan Hazan (producteur, Les Films du Cygne), Alice Vial (réalisatrice), Nicolas Sarkisian (monteur), Brice Pancot (chef opérateur), Gabrielle Hours (directrice de production)

Sylvain Dieuaide (réalisateur, « Guillaume à la dérive »), Josza Anjembe (réalisatrice, « Le Bleu blanc rouge de mes cheveux »), Nelson Ghrenassia (producteur, Yukunkun Productions)

Karine Demmou (Format Court)

Mélanie Laleu (réalisatrice, « Noyade interdite »)

Christophe Larue (chef opérateur, « Noyade interdite »), Mélanie Laleu (réalisatrice), Pascal Barbier (producteur, A Travers Le Miroir)

L’équipe de « Diamenteur » : en haut, de gauche à droite, Karl Mazlo (comédien), Yacine Badday (co-scénariste), Romain Anklewicz (bruiteur), Jean-Pierre Pinco (post-producteur, Média Solution). En bas, de gauche à droite : Chloé Mazlo (réalisatrice), Bérangère Hénin  (décoratrice, animatrice), Arnaud Viemont (chef monteur, post-producteur), Aurélien Maillé (décorateur)

Pascal Heuillard (Studio l’Equipe), Nathalie Cikalovski (ESRA)

L’équipe de « Blind Sex ». En haut, de gauche à droite : Camille Goudeau (comédienne), Lucie Brut (monteuse), Sarah Santamaria-Mertens (réalisatrice, Blind Sex), Romain Torres (comédien). En bas, de gauche à droite : Ludovic Henry (producteur, La Mer à Boire Productions), x, Lola Roskis-Gingembre (comédienne)

L’équipe de « Panthéon Discount » : Karine Blanc (productrice, Takami Productions), Stéphan Castang (réalisateur), Sébastien Chabane (comédien), Nathalie Landais (productrice, Takami Productions)

Karine Blanc (productrice, Takami Productions), Nathalie Cikalovski (ESRA)

Jonathan Couzinié (comédien), Jessica Palud (réalisatrice, « Marlon »), Sylvain Lagrillère et Lucas Tothe (producteurs, Punchline Cinéma), Loïc Barché (réalisateur, « Goliath »)

Richard Van Den Boom (producteur de « L’Ogre » de Laurène Braibant, Papy3D Productions), Sarah Van Den Boom (réalisatrice)

Étranges discussions autour du court

À l’occasion de la 23ème édition de L’Etrange Festival, en septembre dernier, quatre cinéastes confirmés étaient invités d’honneur de la manifestation pour divers hommages et cartes blanches : Álex de la Iglesia, Jaume Balagueró, Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet. Dans les couloirs et salles obscures à l’atmosphère unique du Forum des Images, nous avons croisé et rencontré ce quatuor magique pour discuter de forme courte et de leurs débuts au cinéma.

© Les Julien(s)

Álex de la Iglesia, réalisateur de Le Jour de la Bête et Balada triste :

Quand je pense au court métrage, cela me renvoie à mes débuts, et à Mirindas asesinas, en 1991. J’avais réalisé un court avant, mais il n’existe pas, le film ne s’étant jamais terminé. C’était une sorte de chasse à l’homme à Bilbao, intitulée sobrement North by Northwest. Pour Mirindas asesinas, nous voulions faire un film dans un bar car nous travaillions sur les décors d’un autre court métrage. Nous nous sommes dits : « Faisons un meilleur film ! » La nuit, nous tournions notre projet tandis que le jour, le film officiel était filmé. Petit à petit, on ajoutait des éléments de décors qui correspondaient à notre film mais c’était l’équipe de jour qui payait les décors !

Le réalisateur officiel était quelque peu embarrassé par notre travail parallèle, de nuit. Nous avions fait faire de grandes reproductions du peintre Giorgio De Chirico mais son court métrage était une comédie romantique ! Il me demandait : “Mais pourquoi mettre des peintures de Giorgio De Chirico ?” On le rassurait en lui disant que ça allait servir son histoire tout en pensant à notre stupide film. Je pense d’ailleurs que l’on ressent bien dans Mirindas asesinas la présence de Giorgio De Chirico, avec ces tableaux de 4 mètres de haut. Le film contient beaucoup d’idées saugrenues, inspirées du dadaïsme. Au niveau des costumes par exemple, le personnage principal porte une robe folklorique que l’on aperçoit furtivement sous son long manteau.

J’ai essayé de réaliser d’autres courts métrages comme El código ou Hitler está vivo (2006 pour les deux), mais cela m’est devenu presque impossible car quand on commence à réaliser des longs-métrages, on a du mal à revenir au court. Au bout d’un moment, les gens te disent : “Si tu veux travailler avec moi, paye-moi !”, “N’essaye pas de me demander de faire quelque chose de surréaliste et de pas cher encore !”. C’est une profession, pas un jeu et c’est bien ça le problème.

Mirindas asesinas

Première fantaisie surréaliste de Álex de la Iglesia, Mirindas Asesinas développe un univers de comédie noire où se mêlent satire, picaresque et violence grotesque ; un cocktail détonnant qui deviendra la marque de fabrique de son auteur. Une première œuvre brute, séminale et irrévérencieuse, qui le fit remarquer notamment auprès de Pedro Almodóvar, futur producteur de son premier long-métrage, Action mutante.

Jaume Balagueró, réalisateur de [●REC] et La Secte sans nom.

© Les Julien(s)

Pour ma part, le court métrage adopte un langage différent de celui utilisé en long, certaines histoires ne doivent être racontées qu’en forme courte. Et en même temps, le format spécifique du court métrage sert aussi à l’apprentissage des métiers cinématographiques. Pour un réalisateur en devenir, c’est une étape qui lui permet de s’introduire et de faire ses premiers pas sur le marché de l’industrie cinématographique. Lorsque qu’on est passé ensuite au long-métrage, il y a toujours des histoires qui nous semblent être parfaites pour le court métrage. Il m’arrive de vouloir refaire des courts-métrages, mais j’ai l’impression que cela serait presque plus difficile pour moi que de me lancer dans un long-métrage. Car mes films longs sont produits et financés dans un cadre économique mais cela ne serait pas le cas si je refaisais un court. Comment pourrais-je convaincre aujourd’hui un producteur de financer un énième court métrage sûrement à perte ?

Je nourris un lien particulier avec L’Etrange Festival, car j’y ai montré mon premier court-métrage Alicia et j’ai remporté le Grand Prix à l’époque. Entre cette reconnaissance et celle reçue au Festival de Sitges, cela m’a vraiment mis le “pied à l’étrier”. Avec le temps, j’ai développé un lien d’amitié vraiment fort avec les têtes pensantes de l’Etrange festival, Frédéric Temps et Philippe Lux. Alicia est un film expérimental crû, essentiellement basé sur l’atmosphère et les métaphores visuelles. Il témoigne d’une violence graphique poussée et développe de nombreux thèmes ou obsessions dont je voulais traiter. C’est une première proposition encore brute, non dégrossie.

Alicia

Grand Prix de L’Etrange Festival en 1994, Alicia cultive une violence expérimentale sèche, dans un dispositif atmosphérique malaisant où il est question de sexualité naissante, de servilité et de domination. Un film froid, dérangeant et frontal, filmé dans un somptueux noir et blanc, qui lorgne du côté de la performance artistique.

Marc Caro & Jean Pierre Jeunet, co-réalisateurs de Delicatessen et La Cité des enfants perdus.

© Les Julien(s)

Marc Caro : Pour moi, le court métrage est un espace de création que j’aime toujours beaucoup parce que c’est un territoire d’expérimentation dont l’on peut ensuite se servir dans les longs-métrages. Le court peut être juste basé sur une idée conceptuelle ou visuelle que l’on souhaite tester. C’est un espace débarrassé de certaines contraintes, notamment liées à la rentabilité du film. On peut tout essayer, dans un espace de pure création, sans se soucier d’autre chose que du film en lui-même.

Jean-Pierre Jeunet : Pour ma part, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait de courts. Je viens de réaliser un petit court-métrage d’animation, 2 escargots s’en vont, pour le plaisir, sans prétention, et qui a été projeté au Festival de Clermont-Ferrand cette année. C’est Romain Segaud qui s’est occupé de l’animation. Au départ, je m’étais juste amusé à créer des petites bestioles de fil et de broc, dans mon coin, et tout le monde m’a dit qu’il fallait en faire un film d’animation. En voyant les créatures que j’avais conçues, Romain Segaud m’a convaincu avec seulement une photo fixe qu’il pouvait les animer. Je n’ai même pas compris comment il avait fait. Ensuite, on les a photographiées sous tous les angles et on s‘est lancé dans l’aventure, mais ce n’est pas pour cela que je vais faire un court-métrage toutes les semaines.

MC : Mon nouveau court-métrage n’est pas encore terminé, je suis encore en plein dedans, je bosse comme un fou dessus. C’est un film d’animation sur ordinateur, ça s’appelle Looop, c’est très expérimental. Jean-Pierre et moi avons bossé ensemble sur les décors d’ailleurs.

Un des court-métrages que j’apprécie le plus et que l’on avait vu au Festival d’Annecy tous les deux à l’époque, c’est Tango de Zbigniew Rybczyński, film très conceptuel avec une rythmique incroyable et de fabuleuses idées d’exploration. Rybczyński a travaillé aussi sur des clips, c’est lui qui a réalisé Imagine pour John Lennon. Les réalisateurs avec de pareilles idées de films, à la fois compliquées et novatrices, mais aussi idéales pour une forme courte, devraient chercher à les faire eux-mêmes, ils perdraient moins de temps et d’énergie. Même si, bien entendu, on ne peut pas vraiment faire de film tout seul.

J-P. J. : Se lancer dans un court-métrage aujourd’hui, c’est mettre autant d’énergie que pour faire un long-métrage. Sauf si cela s’avère une parenthèse qui ne prend pas beaucoup de temps et à laquelle on s’adonne pour le plaisir.

Foutaises de Jean-Pierre Jeunet

12 ans avant la fameuse liste des “J’aime – J’aime pas” du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, Dominique Pinon dresse lui aussi sa liste personnelle faite de petits riens qui ne sont pas sans rappeler la poésie qui émane des films du tandem Marcel Carné et Jacques Prévert.

Le Défilé de Marc Caro

Dans ce court-métrage nettement influencé par l’esthétique steampunk, Marc Caro met en scène un défilé de mode en quatre temps. Pour cela, il s’entoure d’artistes de grands talents avec notamment Jean-Paul Gaulhier pour les costumes, Régine Chopinot pour les chorégraphies et The Residents pour la musique.

Propos recueillis par Julien Beaunay et Julien Savès

Remerciements à L’Etrange Festival, Estelle Lacaud, Alain Burosse et Frédéric Temps.

Short Screens #75 : Urban Vibes

Pour sa séance d’octobre, Short Screens dévoile les lumières citadines. L’espace urbain avec ses mégapoles tentaculaires, banlieues marginales et métissages cosmopolites, témoigne d’une culture spécifique qu’il peut arborer avec fierté. Véritable ode à la ville, la séance « Urban Vibes », est à voir sur les écrans de l’Aventure ce 26 octobre !

Rendez-vous le jeudi 26/10 à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€

Visitez la page Facebook de l’événement ici !

PROGRAMMATION

Agulana de Gérald Frydman, Animation, Belgique, 1976, 14’50’’ (Scarfilm), Prix du Jury à Cannes en 1976

La radio et des hauts parleurs installés dans les rues. Toute la population était captivée. Elle ne remarqua donc rien lorsque d’étranges incidents commencèrent à se produire…

La Dame dans le tram de Jean-Philippe Laroche, fiction, Belgique, 1993, 7’75’’ (Nota Bene)

Une rencontre forcée entre une dame acariâtre et un jeune homme noir dans le tram bruxellois.

FLO de Riley Hooper, documentaire, Etats-Unis, 2012, 9’44’’ (Riley Hooper)

Une plongée dans la vie et le travail de la photographe Flo Fox, qui continue à photographier les rue de New York malgré le fait qu’elle soit aveugle, atteinte d’un cancer des poumons et de scléroses multiples.

Le Skate moderne de Antoine Besse, docu-fiction, France, 2013, 6’34’’ (KloudBox Production). Prix Format Court au Festival de Grenoble 2014

Loin des lignes classiques au « fisheye », des spots de béton lisses et parfaits, « le skate moderne » nous présente un groupe de skaters qui n’hésitent pas à mettre leurs boards dans la boue et rouler sur un environnement insolite et atypique, celui de nos campagnes.

Articles associés : la critique du film, l’interview d’Antoine Besse

Nebenan de Andreas Marterer, animation, Allemagne, 2013, 5’5’’

La routine et le quotidien d’individus dans l’anonymat d’une ville sans visage.

The Mad Half Hour de Leonardo Brzezicki, fiction, Argentine, 2015, 22’ ( Rewind my future). Prix Format Court au Festival IndieLisboa 2015

« The Mad Half Hour » laisse émerger les doutes existentiels d’un jeune couple dans les rues de Buenos Aires.

Articles associés : la critique du film, notre dossier sur Leonardo Brzezicki

Sali de Ziya Demirel, fiction, France, 2015, 12’ (Origine Films)

Une journée ordinaire pour une jeune lycéenne d’Istanbul, un jour partagé par la rencontre de trois hommes: sur le chemin de l’école, sur le terrain de basket-ball et dans le bus.

Article associé : la critique du film

After Short Cesar / Jeudi 26.10 / Les présents

Ce soir, Format Court vous donne rendez-vous au Point Éphémère (Paris, 10ème) à partir de 20h pour son nouvel After Short spécial Cesar, organisé en partenariat avec l’ESRA.

Cette soirée de networking (sans projection) en entrée libre et sur réservation (aftershortformatcourt@gmail.com) se déroulera en présence de pas moins de 24 équipes de courts-métrages de fiction et d’animation présélectionnées aux Cesar 2018, soit 2/3 des courts en lice aux prochains Cesar.

Ce soir, plus de 40 professionnels (réalisateurs, scénaristes, comédiens, producteurs, chefs opérateurs, monteurs, post-producteurs, distributeurs, …) seront au Point Éphémère pour représenter leurs films et vous rencontrer. Leurs photos seront affichées afin de les identifier; des affiches, cartes postales, pin’s, dossiers de presse et DVD de certains films seront également mis à disposition.

Seront présentes les personnes suivantes, accompagnées de leurs équipes :

Côté fiction

Josza Anjembe (réalisatrice, Le Bleu blanc rouge de mes cheveux), Sylvain Dieuaide (réalisateur, Guillaume à la dérive), Nelson Ghrenassia (producteur, Yukunkun Productions), Alice Vial (réalisatrice, Les Bigorneaux), Jonathan Hazan (producteur, Les Films du Cygne), Brice Pancot (chef opérateur, post-producteur), Nicolas Sarkisian (monteur), Benoit Martin (réalisateur, La Convention de Genève), Ladj Ly (réalisateur, Les Misérables), Raphaël Alexandre et Nicolas Lepêtre (producteurs, Georges Films), Laura Towsend (productrice, La Ruche Productions), Anthony Doncque (réalisateur, 1992), Louis Duneton (comédien), Sarah Santamaria-Merten (réalisatrice, Blind Sex), Ludovic Henry (producteur, La Mer à Boire Productions), Loïc Barché (réalisateur, Goliath), Jessica Palud (réalisatrice, Marlon), Lucas Tothe et Sylvain Lagrillère (producteurs, Punchline Cinéma), François-Pierre Clavel (producteur, Kidam), Marie Vachette (distributrice, Vendredi Distribution), Anaïs Colpin (chargée de diffusion, Manifest), Bilel Chegrani, Adil Dehbi, Jennifer Gromas (comédiens, Goût bacon), Mélanie Laleu (réalisatrice, Noyade interdite), Christophe Larue (chef opérateur), Pascal Barbier (producteur, A Travers Le Miroir), Olivier Chantriaux (producteur, Filmo), Stéphan Castang (réalisateur, Panthéon Discount), toute l’équipe de Takami Productions , Jean-Pierre Kalfon (comédien), Sébastien Chabane (comédien), ….

Côté animation

Marie Amachoukeli et Vladimir Mavounia-Kouka (réalisateurs, I Want Pluto To Be A Planet Again), Annabel Sebag (distributrice, Autour de Minuit), Edwina Liard (productrice, Ikki Films), Chloé Mazlo (réalisatrice, Diamenteur), Richard Van Den Boom (Papy3D Productions), Dora Benousilio (productrice, Les Films de l’Arlequin), …

En pratique

Jeudi 26 octobre 2017, de 19h30 à 23h
Le Point Éphémère : 200 Quai de Valmy – 75010 Paris
Métro Jaurès (lignes 5, 2 et 7 bis), Louis Blanc (ligne 7), Bus 26, 46, 48 : Goncourt, Couronnes, Parmentier)

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Le film de la semaine : Les Indes Galantes de Clément Cogitore

Clément Cogitore, artiste et réalisateur français d’Un archipel, de Parmi nous, de Ni le ciel ni la terre et de Braguino (sortie le 1er novembre), véritable touche-à-tout des arts visuels a été invité par l’Opéra national de Paris Bastille pour nous offrir un très beau combiné de ce que la musique classique et la danse contemporaine peuvent nous offrir de mieux.

Il adapte pour 3e Scène, plateforme en ligne de l’Opéra de Paris, une courte partie de ballet des « Indes galantes » de Jean-Philippe Rameau, avec le concours d’un groupe de danseurs de krump, et de trois chorégraphes : Bintou Dembele, Grichka et Brahim Rachiki.

Le krump, danse apparue à Los Angeles dans les années 90 après le passage à tabac de Rodney King par la police, se confronte ou plutôt s’accorde avec les Indes galantes et plus exactement la danse du grand calumet de la paix de Jean-Philippe Rameau, œuvre dite classique du 18ème siècle.

Révélée sous un jour nouveau avec une puissance incroyable par Clément Cogitore, l’œuvre musicale est mise en exergue par les danseurs et nous offre un véritable condensé d’énergie. Les corps s’animent, se confrontent et s’engagent dans une danse qui nous envoûte. Sciemment calculée ou chorégraphiée par endroits. Une « violence » artistique.

Nous sommes pris dans la danse par la caméra mêlée au public. Les percussions rythment les pas et les gestes sous la lumière de la scène de l’Opéra de Paris. Nous en ressortons éblouis par la beauté et la souffrance, maître mot d’une danse née dans les larmes mais élevée au rang d’art classique avec le film de Clément Cogitore.

Clément Beraud

Article associé : l’interview de Clément Cogitore

Command Action de João Paulo Miranda Maria

Command Action, le film de João Paulo Miranda Maria se construit sur une recherche esthétique, l’harmonie et l’équilibre entre une grande variété d’éléments visuels. Chaque scène se révèle comme étant une attitude esthétique avec une préoccupation humaniste.

Le récit se déroule dans un marché ouvert qui rassemble des personnes d’origines différentes et offre une base intéressante pour la narration. À travers le regard d’un jeune garçon errant dans la marché, le réalisateur brésilien embarque sur une exploration de la réalité sociale.

Le protagoniste part faire des courses pour sa mère mais se laisse vite distrait par un confrère qui supplie sa propre mère de lui acheter un jouet télécommandé. Il hésite ensuite sur tout le chemin entre acheter ladite babiole ou les provisions qu’il devait aller chercher. Après un moment d’indécision, il se dirige vers trois amis qui l’incitent à voler le jouet. Le garçon s’en va en rejetant fermement cette proposition immorale. Juste avant la fermeture du marché, il décide finalement d’acheter le jouet et d’abandonner son intention initiale.

Cette histoire est une métaphore parfaite de la situation précaire des enfants dans la société. En total, six enfants ont été mis en scène pour le film : le personnage principal, son petit frère, les trois garçons et le gamin du marché. Ce qui distingue le protagoniste des autres personnages est qu’il possède non seulement la faculté de raisonner de façon autonome mais aussi le pouvoir social (sous forme d’argent) pour agir. Lui seul est capable d’écouter, de réfléchir et de décider. Ce court-métrage de 14 minutes montre parfaitement l’expérience d’enfants en train de grandir. Bien que le garçon n’ait pas transgressé la discipline morale, il finit par se perdre dans le grand environnement social.

João Paulo Miranda Maria a conçu le film comme une allégorie, exprimant son inquiétude à l’égard de la situation des adolescents dans la société et provoquant ainsi la réflexion chez le spectateur. Sa maîtrise narrative et métaphorique ainsi que la construction visuelle raffinée témoignent de son talent en tant que cinéaste.

Texte : Yu Yilu. Film recommandé par Qiu Yang, Palme d’or du court-métrage 2017

Changement de date pour l’After Short !

Avis important ! Pour des raisons totalement indépendantes de notre volonté, notre soirée After Short, spécial Cesar, prévue initialement le mercredi 25/10/2017 au Point Éphémère (Paris, 10ème) est reportée au lendemain, jeudi 26/10/2017, à partir de 20h, au même endroit.

Nous nous excusons de ce désagrément et vous donnons donc rendez-vous jeudi prochain au Point Éphémère (Paris, 10ème) pour notre nouvelle soirée de networking en l’honneur des courts (fictions & animations) présélectionnés aux Cesar 2018, organisée en partenariat avec l’ESRA (attention : pas de projection prévue !).

Seront présentes les équipes des films suivants (liste susceptible de changements) :

En fiction :

– Panthéon Discount de Stéphan Castang, Takami Productions
– Le Bleu blanc rouge de mes cheveux de Josza Anjembe, Yukunkun Productions
– Guillaume à la dérive de Sylvain Dieuaide, Yukunkun Productions
– Les Bigorneaux d’Alice Vial, Les Films du Cygne
– La Convention de Genève de Benoit Martin, Année Zéro
– Les Misérables de Ladj Ly, Les Films du Corso
– Mare Nostrum de Rana Kazkaz et Anas Khalaf. Georges Films
– Debout Kinshasa ! de Sébastien Maitre, La Ruche Productions
– 1992 d’Anthony Doncque, 10:15! Productions
– Blind Sex de Sarah Santamkria-Merten, La Mer à Boire Productions
– Goliath de Loïc Barché, Punchline Cinéma
– Marlon de Jessica Palud, Punchline Cinéma
– Le Film de l’été d’Emmanuel Marre, Kidam, Michigan FIlms
– Pas comme des loups de Vincent Pouplard, Les Films du Balibari
– Goût bacon de Emma Benestan, 1000 Visages Production
– Noyade interdite de Mélanie Laleu, A Travers Le Miroir, Offshore

En animation :

– I Want Pluto To Be A Planet Again de Marie Amachoukeli, Vladimir Mavounia-Kouka, Autour de Minuit
– Negative Space de Ru Kuwahata, Max Porter, Ikki Films
– Love de Réka Bucsi, Passion Paris, Boddah
– Decorado d’Alberto Vazquez, Autour de Minuit
– Diamenteurs de Chloé Mazlo, Les Films Sauvages
– A l’horizon de Izabela Bartosik-Burkhardt, Les Films de l’Arlequin
– L’Ogre de Laurène Braibant, Papy3D Productions

En pratique

Jeudi 26 octobre 2017, de 19h30 à 23h
Le Point Éphémère : 200 Quai de Valmy – 75010 Paris
Métro Jaurès (lignes 5, 2 et 7 bis), Louis Blanc (ligne 7), Bus 26, 46, 48 : Goncourt, Couronnes, Parmentier)

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