Tous les articles par Katia Bayer

De la Toile à lʼÉcran. Nouvelle séance Format Court le vendredi 21 décembre, à l’occasion du Jour le plus court !

Chaque deuxième jeudi du mois, Format Court organise des projections de films courts au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). À l’occasion du Jour le plus court, mis en place par le CNC l’an dernier, les soirées Format Court réinvestiront cette fois lʼécran le vendredi 21 décembre, dès 20h30. Nous vous proposons de découvrir six films courts, récents ou anciens, cultes ou méconnus, toujours au Studio des Ursulines. L’entrée sera exceptionnellement libre d’accès ce soir-là, pour fêter le court métrage !

Programmation

Symphonie bizarre de Segundo de Chomon (film muet, fiction, 1909, 4’22’’, France, Pathé)

symphonie-bizarre

Violons, cymbales, tambours, grosse caisse, flûtes… jettent dans l’air leurs notes discordantes. La fanfare se répand dans les rues et donne une aubade. Assourdis, les habitants des pavillons paisibles jettent des seaux d’eau sur la tête des musiciens qui se dissolvent par enchantement et se répandent dans les rues.

Aglaée de Rudi Rosenberg (fiction, 2010, 19’43’’, France, Karé productions). Prix Beaumarchais au Festival Européen du Film Court de Brest 2010, Prix d’interprétation féminine (Adami) et Mention spéciale au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand 2011

aglaee2

Dans la cour du collège, Benoît perd un pari contre ses copains. Son gage : proposer à Aglaée, une élève handicapée, de sortir avec lui.

Articles associés : la critique du film, l’interview de Rudi Rosenberg

Le Mozart des pickpockets de Philippe Pollet-Villard (Fiction, 2006, 30’, France, Karé productions). Oscar du meilleur court métrage de fiction 2008, César du meilleur court métrage 2008, Grand Prix, Prix du Public, Prix Attention talent FNAC au Festival de Clermont-Ferrand 2007

le-mozart-des-pickopockets-philippe-pollet-villard

Philippe et Richard vivent de petits larcins à Barbès. Ils se retrouvent responsables d’un enfant roumain, sourd et muet. Après avoir tenté de s’en débarrasser, ils tentent de le faire travailler. Malgré la barrière de la langue, l’enfant finit par trouver sa propre méthode pour voler.

L’acteur de Jean-François Laguionie (Animation, 1975, 5’35’’, France, Studio Auditorium du Languedoc)

l-acteur-jean-francois-laguionie

Dans sa loge, un jeune comédien se maquille en vieillard. Mais sous son masque de jeune homme, quel est son véritable visage ?

Article associé : l’interview de Jean-François Laguionie

C’est gratuit pour les filles de Claire Burger et Marie Amachoukeli (Fiction, 2009, 23’, France, Dharamsala). César du meilleur court métrage 2010, Prix Révélation au Festival européen du film court de Brest 2009, Sélection à la Semaine de la Critique 2009

c-est-gratuit-pour-les-filles

Dans quelques jours Laëtitia obtiendra son brevet professionnel de coiffure. Elle et sa meilleure amie Yeliz pourront concrétiser leur rêve : ouvrir un salon ensemble. Mais avant de passer son examen, Laëtitia veut aller à une fête.

Articles associés : la critique du film, l’interview de Claire Burger et Marie Amachoukeli

Walking on the Wild Side de Dominique Abel et Fiona Gordon (Fiction, 2000, 13’, Belgique, Courage mon amour). Bayard d’or & prix SABAM au Festival International du Film Francophone de Namur 2000, Meilleur court métrage au Festival Cinemae de Rome 2001

walking11

Un matin, un célibataire timide entre en collision avec une grande rousse. C’est le coup de foudre. Comment revoir cette femme que le destin a mise sur sa route ? La seule chose qu’il sait d’elle, c’est qu’elle travaille dans le quartier nord, là où les femmes vendent leurs charmes. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’elle est femme de ménage…

Articles associés : la critique du film, l’interview de Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy

Infos pratiques

– Projection Format Court, le vendredi 21 décembre 2012

– Projection des films : 20h30. Durée du programme : 95′

– Adresse : Studio des Ursulines – 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris – BUS 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon).
 RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Épée).

– Entrée libre !

– Infos : soireesformatcourt@gmail.com

– Prochaine séance : le jeudi 10 janvier 2013 (Spéciale Anniversaire) !

Retour en images sur la projection Format Court du 8 novembre !

Avant notre huitième séance, vendredi 21 décembre, nous vous proposons quelques instantanés de notre projection de novembre, au Studio des Ursulines, avec les équipes de « Ce n’est pas un film de cow-boys » de Benjamin Parent, « Sur la route du paradis » de Uda Benyamina et « Mamembre » de Sylvain Payen, Christophe Feuillard, Caroline Diot, Guillaume Griffoni, Clarisse Martin, Julien Ti-I-Taming et Quentin Cavadaski.

Concours Retour de flamme, spécial Chaplin : 5 x 2 places à gagner !

Il y a quelques jours, nous vous parlions des 20 ans des séances Retour de flamme fêtées en grande pompe au Cinéma Le Balzac. Aujourd’hui, avec l’aimable concours de Lobster Films, à l’initiative de ce programme tout en (re)découvertes féériques, nous vous proposons de remporter 5 x 2 places pour la séance de demain soir (5 décembre, 20h30), consacrée à l’un des maîtres du burlesque, Charles Chaplin. Pour avoir une chance d’assister à cette séance inédite, rien de plus simple : envoyez-nous un petit mot à info@formatcourt.com. Les gagnants seront prévenus par mail.

immigrant

SPÉCIAL CHAPLIN Mercredi 5 Décembre 20h30

Pour les Keatoniens de toujours, ou de la veille, des documents improbables autour de Charles Chaplin, dont un événement : la première parisienne de la nouvelle restauration de The Immigrant. Il y aura également bien d’autres films pratiquement inconnus, en tout cas dans cette qualité, y compris le célèbre Docteur Pyckle et Mr Pride, dont l’auteur-acteur a été la doublure du grand Charlie, un certain Arthur Jefferson, plus connu sous le nom de … Bref, encore une surprise.

Cinéma le Balzac : 1 Rue Balzac – 75008 Paris – Métros Etoile ou George V – www.cinemabalzac.com

Programmation : www.lobsterfilms.com

Atomes d’Arnaud Dufeys

Sélectionné au FIFF à Namur et au FIDEC à Huy cette année, « Atomes » est un court belge puissant et éloquent sur les jeux de pouvoir, la dépendance et les limites personnelles au sein des liaisons déséquilibrées. Cumul audacieux de thèmes tabous, ce film d’école se lance un défi ambitieux qu’il réussit avec brio, si l’on en croit les nombreuses sélections et récompenses en festivals, dont notamment le Prix du Jury Jeune à Huy.

atomes-2

À l’instar des œuvres les plus controversées du vingtième siècle, Arnaud Dufeys dresse, dans « Atomes », le portrait d’un amour intergénérationnel compliqué. Tels Humbert Humbert et Blanche Dubois, son protagoniste Hugo semblerait demeurer dans une phase précoce d’éveil amoureux, où l’objet de son désir ne « grandit » pas avec lui. Tel est le constat qui se dégage de sa relation et son élève Jules. Ce tabou éternel est transposé dans un contexte contemporain et dédoublé par l’introduction de l’homosexualité, triplé même, si l’on y ajoute la question de l’éthique professionnelle dans le milieu scolaire.

Pour sa part, Jules reste un adolescent indécis, à la lisière de la majorité sexuelle, entre innocence et manipulation, entre conviction et expérimentation, entre affection et indifférence, autant de traits de caractère à rendre fou son éducateur peu sûr de lui. Complémentaires par leur âge et leur rôle, réunis par leur attirance mutuelle, ces deux personnages se retranchent incessamment derrière leurs limites, l’un de l’autre et d’eux-mêmes, jusqu’à ce que le jeu devienne incontrôlable.

Dufeys prépare son récit avec soin et établit une tension délicate avant de mettre en scène les gestes « interdits », qui dès lors ne paraissent pas du tout gratuits. Lorsqu’il dévoile la vraie nature de la relation entre le coquin indiscipliné et son mentor désarmé par ses caprices, il opte pour une progression subtile mais percutante : des échanges de regards et de propos ambigus, un moment d’intimité suggestif mais équivoque partagé aux toilettes et finalement des baisers passionnels et intenses dans la cage d’escaliers de l’internat. Le lieu et le cadrage sont exploités de manière presque expressionniste et dupliquent les émotions des personnages qui sont tantôt serrés dans des huis-clos tantôt perdus dans de grands volumes vides et désolants. Ce procédé sous-tend délibérément un certain regard externe (du spectateur voyeur, de la société qui juge… ?) renforçant ainsi le sentiment de proscription. En revanche, le rythme lent, la pudeur des dialogues et le réalisme austère de la mise en scène écartent tout risque de désinvolture.

C’est donc par cette maîtrise du langage cinématographique que l’auteur arrive à s’éloigner des contraintes éthiques, tellement indispensables à l’époque des modernistes Williams et Nabokov (souvenons-nous des sorts tragiques qu’ils ont dû réserver à leurs héros déviants !). Dufeys, lui, s’inscrit dans une logique autre, où plus aucun compte n’est à rendre, ni aucune backstory nécessaire pour légitimer les actions de ses protagonistes. L’écroulement postmoderne des étiquettes manichéennes du bien et du mal nous dispense en grande partie de porter un regard déontologique sur le récit ou d’en exiger une responsabilité morale quelconque. Et pourtant, Dufeys semble incertain de son coup à la fin, lorsqu’il termine avec le départ subit non résolu de Jules. Note fataliste ? Rupture rétributive ? Une chose est claire : qu’« Atomes » électrise, provoque ou frustre, il ne laisse pas indifférent.

Adi Chesson

Consultez la fiche technique du film

Les APEROS-PROJOS : 68ème édition !

Ce vendredi 7/12, les Apéros Projos, proposés une fois par mois par Collectif Prod, reviennent au Café de Paris, avec différents courts au programme.

Avant-programme

CHAUSSURES de Gilad Carmel (drame intimiste – 9min15 – 2012 – Apollonesque)

1ère partie – Thématique « Décalé / Absurde » :

LE CINTRE des Gars en T-Shirt (comédie SF – 5min46 – 2007 – autoproduction)

LE PIED d’Olivier Barma (comédie horrifique – 4min08 – 2010 – T’nT Productions)

LE NUBLE CRAQUENAUDE des Frères Denis (fresque historique absurde – 30min – 2012 -Les Francistes)

LES FILMS FAITS CHEZ KUBRICK des Gars en T-Shirt (sketch parodique – 4min03 – 2011- autoproduction)

MAXIMILIEN de Lewis Eizykman (poème trash – 6min20 – 2012 – Broken)

2ème partie – Émergence

LIFEVER de Ted Hardy-Carnac (drame fantastique – 14min – 2012 – Ciné Qua Non Productions)

THE VAGRANT de Greg Tosolini (science fiction – 7min49 – 2010 – Farcaster Films) :

LES BONNES INTENTIONS de Sophie Perrin (drame – 12min22 – 2009 – Association Racont’arts)

C’EST LE SON DES PÂQUERETTES de Bertrand Lagnes et David Manzato (portrait contemplatif – 17min45 – 2012 – autoproduction)

Infos

Vendredi 7 Décembre à partir de 21H au CAFE DE PARIS
158 rue Oberkampf 75011 Paris
Métro Ménilmontant

Entrée libre !

Infos : http://collectifprod.net/2012/11/16/apero-projo-decembre-2012-68eme-edition/

52e Semaine de la Critique : ouverture des inscriptions

La Semaine de la Critique présentera cette année (16-24 mai) une compétition de 7 longs métrages (premiers et seconds films) issus du monde entier. Un nombre réduit de films pour de nombreuses projections (7 par film) : la Semaine offre une excellente visibilité publique, critique et professionnelle à Cannes. Elle tient à conserver un esprit d’ouverture en présentant également des oeuvres originales et inédites dans le cadre de 3 séances spéciales longs métrages (premiers et seconds films). Fidèle à sa vocation de découverte, la Semaine tient aussi à mettre en lumière la jeune création en programmant une sélection de 10 courts et moyens métrages internationaux. Tous les films sélectionnés, courts et longs métrages, doivent être des premières internationales (premières mondiales pour les films français).

Les inscriptions à la 52e Semaine de la Critique seront ouvertes jusqu’au 22 mars 2013. Date limite d’envoi des films : 5 avril 2013

Pour tout renseignement sur les inscriptions, consultez la FAQ du site de la Semaine ou contactez :

Hélène Auclaire
Bureau des Films
Tel +33 (0)1 45 08 81 56
h.auclaire@semainedelacritique.com

Les dvds et blu-ray des films sont à envoyer à : Semaine de la Critique – Bureau des Films – 17 rue des Jeûneurs – 75002 Paris France

Pour tout autre support, merci de vous mettre en contact avec le Bureau des Films avant tout envoi. Les dvd ou blu-ray arrivés sans inscription réalisée au préalable sur le site de la Semaine de la Critique sera refusée.

A comme Atomes

Fiche technique

Synopsis: Hugo, 34 ans, éducateur à l’internat, voit son quotidien perturbé par Jules, un adolescent provocateur.

Pays : Belgique

Année : 2012

Durée : 18′

Genre : Fiction

Réalisation : Arnaud Dufeys

Scénario : Arnaud Dufeys

Imlage : Lucien Keller

Interprétation: Vincent Lecuyer, Benoit Cosaert, Philippe Massart, Antonin Vandorslaer

Production : Médiadiffusion – Atelier de Production de l’IAD

Articles associés : la critique du film et le reportage sur la compétition nationale au FIFF : « L’art d’aimer chez les Belges»


FIDEC : carte rose au Pink Screens Festival

Il y a quelques semaines, le Festival International des Ecoles de cinéma (FIDEC) clôturait sa 12ème édition. Une édition qui, toujours soucieuse de représenter la diversité cinématographique, inaugurait une collaboration avec le Festival Pink Screens en proposant la remise d’un Prix aux côtés d’une carte rose composée de 13 films explorant la question des genres, des sexualités et des identités multiples. Aperçu de nos 4 coups de Queer.

Pour celle ou celui qui s’intéresse de près ou de loin à la question des genres, le cinéma Nova et le festival Pink Screens n’apparaissent pas telle une équation à deux inconnues mais se révèlent être LE rendez-vous incontournable du mois de novembre, à Bruxelles. Co-organisé par l’asbl Genres d’à Côté et le Nova, le festival offre un voyage de 10 jours au-delà des frontières des identités sexuelles établies et propose une réflexion pertinente sur ce qui forge nos fondements identitaires.

Bang bang

Il est un âge fragile où les sentiments amoureux revêtent une tonalité grave et inégalable. Sans doute est-ce parce qu’ils sont éprouvés pour la première fois. C’est l’âge même où tout semble possible, où les audaces les plus folles rencontrent les rêves les plus farfelus. Dans leur film « Amor crudo », Martí Deus et Juan Chappa abordent avec une belle maîtrise ce premier flash, celui qui fragilise à jamais.

C’est la fin de l’année, Jeremias s’apprête à quitter ses amis de toujours pour aller à la fac. Il sent que cette sensation de bonheur et d’harmonie qui les unit ne va pas durer toute la vie. Il sait surtout qu’il devra se séparer d’Iván, son ami de toutes les fêtes, de tous les moments, même des plus intimes. Alors pour échapper au temps qui joue contre lui, il rêve d’appuyer sur pause. Il rêve que le comportement ambigu de son ami trahisse en réalité des sentiments partagés. C’est que tomber amoureux de son meilleur ami dans une Argentine à la mentalité bien virile n’est pas chose évidente. Deus et Chappa filment leur protagoniste avec une grande sensibilité, sans jamais le laisser tomber, le laissant se découvrir petit à petit de façon pudique à l’image de sa volonté de se rapprocher d’Iván, partagé entre l’envie de se dévoiler et la peur de tout perdre. Comme la chanson du générique du début « Sos lo que buscaba », ce court métrage argentin est un savant mélange de douceur nostalgique et d’amertume édifiante liées à toutes ces premières fois qui jonchent les chemins de nos « oui ».

Pas vraiment romantique, la première fois du jeune Joe ne manque pas de piment en revanche. On le retrouve en tête-à-tête avec un homme bien plus âgé que lui. Ils parlent en langage à peine codé derrière lequel on devine un joli plan Q. « Spring », deuxième volet d’une tétralogie saisonnière de Hong Khaou aime à surprendre le spectateur en attisant ses désirs enfouis. Le jeu pervers S/M dans lequel s’enfoncent doucement Joe et son Mentor va les retrancher dans les limites de l’acceptable et du supportable. Le soleil de printemps qui émane ses rayons sur la capitale britannique contraste fortement avec les ténèbres du fétichisme de l’asservissement humain. Assurément, « Spring » percute telle une claque sur les quatre joues.

Girls who are boys who like boys to be girls

Quand on parle de sexualités différentes, on a trop souvent tendance à les classer en deux catégories, les gays et les lesbiennes. C’est faire fi de toute une série de personnes qui doivent faire face à une identité biologique à laquelle ils ne se sentent pas appartenir. Tant que le passage à l’autre identité ne s’est pas fait, elles vivent un vrai cauchemar. « Le Retour au pays » de Carine Parola donne la parole à ces transidentités qui brouillent les pistes établies. À travers trois portraits croisés touchants, le film livre la réalité des ces clandestins, répertoriés dans aucun registre administratif, condamnés à une vie d’errance et de non-reconnaissance parce qu’ils refusent de se mettre dans une case. C’est aussi pour mettre en valeur leur récit que la réalisatrice a opté pour une mise en scène minimaliste qui présente les trois personnages filmés en face caméra. Dans un premier temps dans l’incapacité d’offrir leur regard à la caméra à cause d’une lumière vive qui les éblouit, ils se racontent et au fur et à mesure que les paroles se font plus intimes, les visages se dévoilent à la lumière tamisée pour replonger petit à petit dans le noir le plus complet. Les frontières physiques et psychologiques se mélangent pour ne faire plus qu’un tout. Une très belle réflexion sur son rapport à soi et son rapport aux autres !

le-genre-qui-doute

De son côté, « Le Genre qui doute », film de Julie Carlier, poursuit le questionnement à travers une peinture émouvante et sensible de Chris, un transgenre. Par son vécu, il remet en question les principes de masculinité et de féminité qui régissent nos façons d’appréhender la question des identités multiples, celles que nous avons reçues et derrière lesquelles nous sommes perçus et jugés, celles qui nous construisent aussi. Le documentaire de Julie Carlier révèle le quotidien de ces personnes qui refusent les étiquettes et qui s’en affranchissent délibérément. Un combat contre les autres et une quête pour soi.

Parce que des barrières persistent et empêchent toujours les minorités sexuelles d’acquérir l’égalité de leurs droits, le Festival Pink Screens force l’admiration dans sa volonté de promouvoir les différences. Le fait que le Fidec ait offert une carte rose au Pink Screens ne nous étonne finalement pas du tout et prouve une nouvelle fois que le Festival hutois, animé par un dynamisme revigorant se met sans cesse au diapason avec la société qui l’entoure et n’hésite jamais à surprendre les amateurs du court.

Marie Bergeret

Consulter les fiche techniques de « Amor crudo », « Spring », « Le Genre qui doute » et « Le Retour au pays »

Article associé : l’interview de Nicolas Gilson, programmateur et attaché au point presse du Festival Pink Screens

G comme Le Genre qui doute

Fiche technique

le-genre-qui-doute

Synopsis : Qu’est-ce qui définit la masculinité et la féminité ? Comment jouer avec les genres qui ne sont pas les nôtres ? A travers ce portrait, la réalisatrice ouvre à la réflexion et à l’émotion.

Genre : documentaire

Durée : 18’

Pays : Belgique

Année : 2010

Réalisation : Julie Carlier

Image : Mortimer Petre

Montage : Mathilde Godenir

Son : Maxime Cloet

Interprètes : Chris Cullus, Charlotte Ledent, les drag kings de Bruxelles, Aurel Prentice, Benoit Fasquelle alias Miss Martine, Franck Philippe Timbal, Max Nisol, Nathalie Leenem alias Jimmy, Robin Van Rayen

Production : Les Ateliers de l’INRACI asbl

Article associé : le reportage FiDEC: carte rose au Pink Screens Festival

R comme Le Retour au Pays

Fiche technique

Synopsis : Comment vivre, sans papier, sa transidentité dans une société occidentale hétéro-centrée vous assignant à une position à l’errance et au désespoir ? Portraits croisés de trois individus touchants et troublants.

Genre : documentaire

Durée : 9’30’’

Pays : France

Année : 2011

Réalisation : Carine Parola

Image : Carine Parola

Montage : Carine Parola

Son : Carine Parola

Interprètes : Florian Saez, Lalla Kowska Régnier, Kay Garnellen

Production : Carine Parola

Article associé : le reportage sur la carte rose Pink Screens au Fidec

A comme Amor Crudo

Fiche technique


Raw Love (Amor Crudo) – With English Subtitles par martindeus

Synopsis : Football, amis et sentiments se mélangent. Le dernier jour d’école, tout semble encore possible.

Genre : fiction

Durée : 15’

Pays : Argentine

Année : 2008

Réalisation : Martín Deus et Juan Chappa

Scénario : Martín Deus

Image : Sebastían Gallo

Montage : Alberto Ponce

Son : Ezequiel Brodsky

Musique : Nicolás di Paolo

Interprètes : Felipe Villanueva, Valentino Arocena, Katja Alemann

Production : La Nueva Metropol

Article associé : la critique du film

S comme Spring

Fiche technique

Synopsis : Le jeune homme s’embarque dans un plan SM avec un inconnu. Excitation, danger…et un dénouement qui transformera les deux protagonistes.

Genre : fiction

Durée : 13’

Pays : Grande-Bretagne

Année : 2011

Réalisation : Hong Khaou

Scénario : Hong Khaou

Image : Richard Lonsdale

Montage : Mark Towns

Son : Pete Cowasji

Musique : Gez LLoyd

Interprètes : Jonathan Keane, Chris O’Donnell

Production : Hong Khaou, Richard Lonsdale

Article associé : le reportage FiDEC: carte rose au Pink Screens Festival

Focus FIDEC 2012

Le Festival des écoles de cinéma (FIDEC) s’est clôturé il y a quelques semaines. L’occasion pour Format court d’attirer votre attention sur l’un des rares Festivals belges à être à la fois vitrine et laboratoire de la jeune création cinématographique nationale et internationale.

La 12ème édition a accueilli deux invités de choix : l’INSAS qui a continué à célébrer son demi-siècle et le Pink Screens Festival, festival bruxellois des genres d’à côté, qui s’est vu offrir deux « cartes roses » et dont l’équipe a remis un Prix Queer à « Si j’étais un homme » de Margot Reumont.

Entre de jolies (re)découvertes et des graines de talents, le FIDEC a une nouvelle fois prouvé que le cinéma court avait le vent en poupe !

Découvrez dans ce focus :

– L’interview de Nicolas Gilson, programmateur et attaché au point presse du Festival Pink Screens

– La critique de « Atomes » d’Arnaud Dufeys (Belgique, 2012)

– Le reportage sur la carte rose au Pink Screens Festival

Les 20 ans de Retour de Flamme, pendant 20 jours d’affilée au Balzac !

Du 27 novembre
 au 16 décembre, les ciné-concerts Retour de Flamme fêtent leurs 20 ans, pendant 20 jours d’affilée au Cinéma Le Balzac. Composés exclusivement de films perdus et miraculés, retrouvés dans les caves, les marchés aux puces ou les greniers, et restaurés, ils composent des spectacles uniques dans leur genre, avec des films remarquables, toujours replacés dans leur contexte historique, et accompagnés d’anecdotes savoureuses.

Pour ses 20 ans, Retour de Flamme propose un florilège de 200 films allant des origines jusqu’aux années 2000, avec des films de Disney, de Dali, de John Ford, de Charlie Chaplin, de Lubitsch, de Leo McCarey, des films d’animation des quatre coins du monde, des drames sombres, des comédies irrésistibles, etc. Chaque soir donnera lieu à un nouveau spectacle, présenté par Serge Bromberg, collectionneur de vieux films et initiateur des programmes Retour de flamme, en présence d’invités. Format  Court, très amoureux des séances Retour de flamme (voir le focus Magie, nitrate et cinéma), vous propose d’en savoir plus sur ce ciné-spectacle pas comme les autres !

PREMIÈRE – FORMIDABLES TRESORS Mardi 27 Novembre 20h30

Pour lancer la manifestation, une sélection des films les plus dingues retrouvés ces dernières années. En vrac : le seul film connu de Django Reinhardt (dont la légende disait qu’il n’avait jamais été filmé), un cochon danseur, des acrobates japonais insensés, un film de Léo McCarey plus irrésistible que « La Soupe aux Canards », le seul film muet qui ne s’accompagne pas au piano mais avec un fouet et une citrouille, une indigestion de clarinette etc.

LES INCROYABLES Mercredi 28 Novembre 20h30

Cette soirée est dédiée aux films inattendus et irrésistibles. Au programme : Balloonland, un dessin animé de l’inventeur de Mickey (attention, chef d’œuvre absolu) restauré à partir des négatifs, Charley Bowers (l’inventeur de la peau de banane anti-dérapante), un monsieur qui a mangé du taureau, un court-métrage de Griffith pour la promotion de la bonne conduite des spectateurs dans la salle (sauvé in extremis de la décomposition), Beaucitron inventeur, et d’autre surprises encore plus incroyables.

AUTOUR DE LA COULEUR Jeudi 29 Novembre 20h30

Comment les premiers films couleurs ont-ils été fabriqués ? Qu’a-t-on filmé pour l’occasion ? Un voyage dans le temps, avec les couleurs du passé. Au programme : la mode parisienne des années 20, la plus belle danse serpentine coloriée, le premier film tourné en glorious Technicolor, et tellement d’autres surprises.

VOYAGES DANS TOUTES LES DIMENSIONS Vendredi 30 Novembre 20h30

Un voyage dans le temps, la couleur et l’espace, dont la vedette incontestée sera le Voyage dans la Lune de Georges Méliès dans sa version coloriée d’origine (telle qu’elle ouvrit le festival de Cannes en 2011), mais également un voyage sur le vrai Titanic, une traversée solitaire pour Buster Keaton (restauration intégrale), des escapades au Japon, à San Francisco, mais aussi dans l’infiniment petit. Surprenant !

LES DÉBUTS DU CINEMA SONORE Samedi 1 Décembre 20h30

Des clips du début du siècle, Duke Ellington quelques jours après le lancement du cinéma sonore, Georges Méliès et le son qui va avec (1906), des délires aériens de Toto, un récit très improbable de Louis Lumière, toutes sortes d’expériences inexplicables … et bien d’autres surprises. Vous allez quitter cette séance en chantant …

SOIREE INTERDITE (Le 21° programme) Samedi 1 Décembre 23h00

Retour de Flamme s’adresse traditionnellement à tous les publics, des plus petits aux plus grands. Pourtant, les greniers regorgent de films anciens moins adaptés aux jeunes spectateurs : réalisés au début du cinématographe pour les maisons closes, les artistes, ou tout simplement les amateurs, ils font la part belle au charme et à la séduction. Rarement montrés, ces films constitueront ce programme interdit au moins de dix-huit ans qui ne se fixera pas de limite.

UN MONDE TRÈS ANIMÉ Dimanche 2 Décembre 16h

Pour les amoureux d’animation, voici des films de rêve, le meilleur de ce que vous ne voyez JAMAIS à la télévision (sauf si vous êtes un spectateur assidu du magazine Retour de flamme sur Cine + Classics). Au programme : un Disney inédit (on ne vous en dit pas plus exprès), des homards coureurs de fond, les premiers films en couleurs des créateurs de Popeye et Betty Boop, des publicités muettes en dessin animé, Charley Bowers etc.

UN VOYAGE AU PAYS DU RELIEF STÉRÉOSCOPIQUE Lundi 3 Décembre 20h30

Événement absolu et séance historique pour un dimanche après-midi, dédiée aux amateurs d’images stéréoscopiques (apparues au milieu des années 30), mais surtout à tous les spectateurs curieux et amateurs de films incroyables, de 5 à 95 ans. Venez découvrir la VRAIE histoire du relief, avec comme vedettes : Disney, Georges Sidney, Charley Bowers, des Russes et des Canadiens, et des surprises à vous faire blêmir. Parmi ces surprises, une découverte incroyable : les premières images en relief tournées … 30 ans plus tôt. Un programme inouï !

SPÉCIAL BUSTER KEATON Mardi 4 Décembre 20h30

Pour les chapliniens, voici l’occasion rêvée de changer d’avis, ou au contraire de visiter le « camp d’en face ». Au pays du génie absolu de Buster Keaton, Retour de flamme vous propose des versions nouvellement restaurées de ses plus grands courts métrages (dont l’incontournable Maison Démontable), des publicités, et des documents divers ou irrésistibles dans lesquels le grand Buster est à son zénith. Absolument irrésistible.

SPÉCIAL CHAPLIN Mercredi 5 Décembre 20h30

Pour les Keatoniens de toujours, ou de la veille, des documents improbables autour de Charles Chaplin, dont un événement : la première parisienne de la nouvelle restauration de The Immigrant. Il y aura également bien d’autres films pratiquement inconnus, en tout cas dans cette qualité, y compris le célèbre Docteur Pyckle et Mr Pride, dont l’auteur-acteur a été la doublure du grand Charlie, un certain Arthur Jefferson, plus connu sous le nom de … Bref, encore une surprise.

LES IRRÉSTISTIBLES, JUSTE POUR RIRE  Jeudi 6 Décembre 20h30

Une seconde sélection de films insolites et très très très drôles, venant parfois d’horizons inconnus. Des films d’URSS (la célèbre Fièvre des Echecs (1925) Poudovkine), une course au singe irrésistible, es actualités burlesques (réalisés en 1948 par Gilles Margaritis, qui deviendra dans les années 60 le créateur de la Piste aux Etoiles), le meilleur Charley Chase, des dessins animés, et … de nombreuses surprises !

L’AMOUR, TOUJOURS L’AMOUR Vendredi 7 Décembre 20h30

C’est le sujet qui a le plus inspiré le théâtre, la chanson, la poésie et le cinéma. Sauf que si vous espérez trouver ici de la romance à l’ancienne, vous risquez d’être surpris. Au programme, le drame d’amour filial le plus court de l’histoire du cinéma (préparez les mouchoirs en 1 minute chrono), des films de charme, Joséphine Baker inédite, des situations de boulevard revisitées par l’immense Charley Chase, un film d’amour cochon (mais qui peut être vu par les plus chastes, même les enfants rassurez-vous) et de nombreuses surprises amoureuses et magiques.

AUTOUR DE MÉLIÈS ET DE LA MAGIE Samedi 8 Décembre 20h30

Le film à trucs, appelé aujourd’hui effets spéciaux, a eu dès le tout début ses grands et petits-maîtres. Et comme les trucages permettent à peu près tout lorsque le public sait se montrer complice, le programme d’aujourd’hui est un voyage au pays de la fantaisie véritable. Entre les films de Méliès, et des plagiaires, vous retrouverez Keaton dans Frigo Fregoli (Playhouse), Jeanne d’Arc, le Magicien d’Oz (pas celui-là, un autre …), et beaucoup de surprises inattendues.

PROGRAMME SURPRISE Dimanche 9 Décembre 16h

Nous ne pouvons pas vous en dire beaucoup sur ce programme, mais à priori, quelques vedettes y tiendront l’affiche : Laurel et Hardy, Lubitsch (dans l’un de ses films muets les plus obscurs), le premier western de l’histoire du cinéma (nouvelle restauration), Tex Avery … et quelques autres ! Un programme conçu tout particulièrement pour un dimanche de découverte et de rire en famille.

LE CINEMA FILME LE CINEMA Lundi 10 Décembre 20h30

Le programme d’aujourd’hui est dédié aux filmeurs filmés. Les cinéastes ont toujours aimé donner à voir leur métier, et ces visites des plateaux aux origines du cinéma, mises en scène ou prises sur le vif, nous font réaliser combien le cinéma a changé depuis ses débuts en 1895. Au programme : Winsor McCay, Flip la grenouille, un amateur cameraman, les studios Gaumont filmés pour un film caritatif (et nous sommes au lendemain du Téléthon …), et des documents incroyables … plus quelques surprises bien sûr.

PROGRAMME SURPRISE Mardi 11 Décembre 20h30

Ce soir-là, Serge Bromberg vous proposera de découvrir ses films préférés. Vous n’en connaissez pas les vedettes, beaucoup de vieilles réclames, des jambes de bois, des méchants maris qui deviennent gentils, des citoyens américains, Buster Keaton, et d’autres petits bonbons cinématographiques irrésistibles.

LES PLAISIRS ARTIFICIELS Mercredi 12 Décembre 20h30

Que ce soit sous forme liquide solide ou poudreuse, les substances hallucinogènes – et leurs conséquences improbables – ont inspiré les plus grands. Dans notre sélection du jour, vous retrouverez Douglas Fairbanks (dont s’inspire le personnage de Jean Dujardin dans The Artist) dans la première adaptation par Tod Browning du personnage de Sherlock Holmes, Stan Laurel (avant son association avec Hardy) qui subit les conséquences d’une nuit de débauche, un Bigorno qui fume de l’opium, les gloussements de Spike Jones, et bien d’autres surprises.

FEMMES FEMMES FEMMES ! Jeudi 13 Décembre 20h30

Ce que nous font faire les femmes… ou ce qu’elles ont pu nous faire faire ! Nos muses sont souvent nos pires sujets d’embêtements, et les scénaristes s’en sont donnés à cœur joie. Féministes de tous poils, vous n’allez pas croire ce que vos mères ont enduré… Mais au moins, vous allez le voir ! Avec en prime, quelques histoires d’amour improbables, et de nombreuses surprises.

EN AVANT LA MUSIQUE ! Vendredi 14 Décembre 20h30

On dit qu’elle adoucit les mœurs, mais elle peut aussi parfois être à l’origine des pires catastrophes. La musique nous donnera surtout le plaisir d’un programme aux harmonies subtiles, de Django Reinhardt (rediffusion du seul film qu’il ait jamais tourné) à un poème symphonique sur Manhattan (Manhattan Medley, 1932), Louis Armstrong, un dessin animé des frères Fleischer, Billy Bevan le comique oublié, des délires à la Tex Avery mais 30 ans plus tôt (Premier prix de Violoncelle) et bien d’autres surprises.

LES ENFANTS D’ABORD ! Samedi 15 Décembre 20h30

Ils sont insupportables, ils causent toutes les catastrophes, mais on les aime tout de même. Pour prendre une petite revanche, voici une séance dédiée à nos chères têtes blondes. Au programme : Harold Lloyd (I do…), les fameuses « Petites Canailles » de Hal Roach, Les Parents terribles (Robert Bibal, 1935), des autruches, des personnages démontables et bien d’autres surprises …

UN DERNIER PROGRAMME, POUR FAIRE LA FÊTE Dimanche 16 Décembre 16h

Avant que Dranem ne nous dise bonsoir, un dernier programme à passer avec nos auteurs favoris, dans des copies nouvellement et intégralement restaurées. Du film délire de Max Davidson (première apparition officielle de Laurel et Hardy dans un film : Call of the Cuckoo) à la première parisienne de Charlot Patine dans sa restauration définitive, ou un voyage improbable à l’Expo universelle, vous ne sortirez pas de ce programme indemne. Rires et surprises garantis !

Infos

– Ces programmes sont susceptibles d’être interchangés à la dernière minute en fonction des invités présents.

– Tarifs : 13€, 11€, 7€

– Cinéma le Balzac : 1 Rue Balzac – 75008 Paris – Métros Etoile ou George V – www.cinemabalzac.com

– Préventes sur place à la caisse du Balzac
 de 14H à 22H et à la Fnac

– Information: 
rdf@lobsterfilms.com, www.lobsterfilms.com

Festival de Vendôme, nouveau Prix Format Court, en compétition nationale !

Cette année, sur 219 films inscrits, le Festival de Vendôme (30/11-7/12) a retenu 22 films pour figurer dans sa compétition nationale. Ce “panorama d’un jeune cinéma français intense et original” sera à découvrir pendant le festival, dans les prochains jours. Pour la deuxième année consécutive, Format Court est partenaire du festival de Vendôme, en attribuant un Prix parmi les films sélectionnés en compétition nationale, consistant en un dossier spécial sur le site Format Court et une projection du film lors d’une de nos séances Format Court, au Studio des Ursulines. Le lauréat sera dévoilé à la clôture du festival, le 7 décembre, par le Jury Format Court, composé de Géraldine Pioud, Nadia Lebihen-Demmou et Katia Bayer.

Liste des films en compétition

– American Football – Morgan Simon – 2012 / fiction / 25 minutes
– Bagni 66 – Diego Governatori et Luca Governatori – 2011 / fiction / 54 minutes
–
Edmond était un âne – Franck Dion – 2011 / animation / 15 minutes
– Fais Croquer –
Yassine Qnia – 2011 / fiction / 23 minutes
– Footing – Damien Gault – 2012 / fiction / 18 minutes
– Home run – Lucas Davis – 2012 / fiction / 26 minutes
– Je sens le beat qui monte en moi – Yann Le Quellec – 2012 / fiction / 33 minutes
– Jours de poussière – Jérémie Reichenbach – 2011 / documentaire / 19 minutes
–
Kali le petit vampire – Regina Pessoa – 2012 / animation / 10 minutes
–
Königsberg – Philipp Mayrhofer – 2012 /fiction / 18 minutes
– La Bifle – Jean-Baptiste Saurel – 2012 / fiction / 26 minutes
– Le Banquet de la concubine – Hefang Wei – 2012 / animation / 13 minutes
– Le dossier 332 – Noelle Pujol – 2012 / documentaire / 43 minutes
– Le monde à l’envers – Sylvain Desclous – 2012 / fiction / 37 minutes
– Les derniers jours d’Elsa – Armand Lameloise – 2012 / fiction / 40 minutes
– Marseille, la nuit – Marie Monge – 2012 / fiction / 30 minutes
– Nous ne serons plus jamais seuls – Yann Gonzalez – 2012 / fiction / 10 minutes
– Peau de chien – Nicolas Jacquet – 2012 / animation / 14 minutes
– Tennis Elbow – Vital Philippot – 2012 / fiction / 17 minutes
– The Great Rabbit – Atsushi Wada – 2011 / animation / 7 minutes
– Un dimanche matin – Damien Manivel – 2012 / fiction / 18 minutes
– Vilaine fille mauvais garçon – Justine Triet – 2012 / fiction / 30 minutes

Franck Dion : « En écrivant « Edmond était un âne », je me demandais qui ça allait intéresser, et pourtant, j’avais envie de la raconter, cette histoire »

Fasciné par le personnage et l’imagination sans limite, Franck Dion est l’auteur de trois films, « L’inventaire fantôme », « Monsieur Cok » et récemment « Edmond était un âne ». Dans une brasserie parisienne, il revient longuement sur ses débuts, ce qui l’anime et son dernier film.

franck-dion

D’où te vient ton intérêt pour le dessin et l’animation ?

J’ai une formation de comédien, je viens de l’illustration, de la sculpture et le film d’animation me permet d’utiliser ces matériaux-là, ces médiums-là pour construire de toutes pièces un univers graphique.

Comment as-tu été amené à faire « L’inventaire fantôme », ton premier film ?

Je rêvais depuis très longtemps de faire un film avec un visuel particulier. Mais je ne savais pas ce que c’était que de faire un film. Quand s’est posée la question de faire l’« Inventaire fantôme », en 2002, je me suis remis à la sculpture pour avoir un rendu proche de ce que j’avais en tête. Je voulais obtenir visuellement le film auquel je rêvais depuis toujours. Je me sentais plus à l’aise pour faire un film en volume, même si je n’ai jamais été animateur.

Là où j’ai vraiment déchanté, c’était au moment du tournage, quand les animateurs se sont mis à faire des plans qui duraient 15 secondes en une journée. Là, j’ai dépéri longuement parce qu’en plus, le tournage se faisait à Angoulême, je vivais à l’hôtel, la production était assez fauchée et les conditions étaient vraiment difficiles.

Ce qui te déprimait réellement, c’était la lenteur ?

Absolument. Je savais à quoi m’en tenir, mais en théorie. Par moments, je me suis retrouvé à n’avoir rien à faire, loin de Paris et de ma famille. Je m’ennuyais sur un plateau où des animateurs réalisaient ce que je leur mimais au préalable. Il fallait beaucoup prier pour que l’animation soit la bonne,et corresponde à ce que je souhaitais, ce qui n’était pas toujours le cas, parce qu’on n’avait pas d’argent pour recommencer la prise. Cette manière de travailler ne m’a pas vraiment plu à cause de cette extrême lenteur et de ce manque de contrôle de l’animation.

C’est pour ça que tu as arrêté après de faire du volume ?

Je n’ai pas complètement arrêté. « Mr Cok », mon deuxième film, je l’ai fait en papier découpé, mais il comporte du volume. Je souhaitais essayer autre chose, car l’intérêt de l’animation réside aussi dans la possibilité de tester d’autres techniques. Pour ce film-là, celle du papier découpé m’a permis d’être très rapide comparé au stop motion et d’avoir le contrôle de l’animation. Le tournage s’est fait à Lille où j’avais loué une maison. Sur le plateau, on a pu tester des choses avec le papier découpé qui est finalement un dispositif assez léger.

« L’inventaire fantôme » s’est fait avec une grosse boîte, Les Armateurs, « Mr Cok » et « Edmond était un âne » ont été produits avec Papy 3D, la boîte que tu as monté avec Jérémy Clapin et Gilles Cuvelier. C’est important pour toi de t’impliquer aussi dans la production ? Est-ce qu’il y a eu des choses qui t’ont dérangé dans la production du premier film?

Oui. J’ai débarqué tard, à 29 ans, dans le milieu. Je ne venais de nulle part, je n’avais pas fait d’école. J’avais envoyé mon projet de film à une dizaine de sociétés, y compris à Disney, c’est dire les connaissances que j’avais du milieu ! Les seuls à m’avoir répondus ont été les Armateurs.

Didier Brunner m’a reçu, il a bien voulu produire le film. J’ai beaucoup d’amitié et de reconnaissance pour lui, c’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier, mais la manière dont la production de « L’inventaire fantôme » s’est faite ne m’a pas convenu parce que je me suis retrouvé à travailler avec une équipe et des moyens que je n’avais pas choisis. Cela s’est bien passé avec l’équipe mais quand le film a commencé sa carrière, j’ai réfléchi à la possibilité d’en faire un deuxième et je me suis dit que j’avais envie de choisir les gens avec qui je travaillerais. C’est la raison pour laquelle j’ai monté Papy 3D avec des amis.

Ce qui est frustrant dans le film d’animation, c’est que tout est prévu à l’avance. Improviser coûte cher et ça conditionne aussi la possibilité de s’enfermer dans une production qui peut durer des années, et ça, ça me fait peur. Je l’ai vécu et je ne veux plus le vivre. Passer 10 ans dans une cave pour faire 15 minutes de film, sur le plan expérimental, c’est sans doute très intéressant, mais ce n’est pas ce que j’ai envie de faire de ma vie.

C’est donc vital de produire ses propres films ?

Oui, ça permet d’avoir une exigence supplémentaire sur le temps et l’argent. Pour mon dernier film, « Edmond était un âne», j’avais dit qu’à partir du moment où on entrerait en production, la concrétisation du projet durerait 10 mois. On s’y est tenu.

Il y a quand même quelqu’un que tu as emmené sur tes autres projets, ton compositeur : Pierre Caillet.

Ah oui, complètement, mais on s’est rencontré bien avant « L’inventaire fantôme ». C’est à la fois une rencontre amicale et artistique. Je ne conçois pas l’idée de faire de film sans travailler avec lui. Moi, je suis un épouvantable bavard. C’est sans doute la personne à qui je parle le plus de mes projets. Il y a toujours eu une émulation entre nous. Lorsqu’une idée me vient, je lui en parle immédiatement.

Il y a quelque chose relevant du sombre et de l’étrange qui revient dans tous tes films. D’où vient ton intérêt pour le fantastique, qui est presque un personnage en soi ?

Ce qui m’intéresse, dans les histoires que je veux raconter, ce sont les personnages davantage que ces atmosphères fantastiques, même si elles sont bien là. J’ai une fascination pour le personnage, cela vient probablement de ma formation de comédien.

Je me rends compte aujourd’hui que je suis très influencé par ce que j’ai vécu au théâtre. Ce qui émane d’une salle, d’une lumière, de l’imaginaire, d’un comédien, au théâtre, me fait rêver. D’un seul coup, l’imagination est sans limite, c’est ce que je veux retranscrire en partie dans mes films. J’adore le cinéma, mais mes références sont plus proches de Claude Sautet que du cinéma fantastique, même si m’y intéresse beaucoup.

dessin-franck-dion11

En parlant de personnages, dans tes trois films, on repère souvent des êtres écrasés par les autres ou bien la société, par exemple, dans des décors imposants, surdimensionnés.

Oui, j’aime bien l’idée du personnage qui se perd littéralement dans le décor, ça le met en position de fragilité, c’est intéressant. Le personnage fort, c’est emmerdant. C’est vrai qu’il y a de la surdimension dans mon travail. Ça doit venir du théâtre, le gros décor, avec une toute petite silhouette, éclairée par une petite lumière, qui sort de scène et qui tombe.

Je travaille à nouveau sur des projets où pour changer, les décors sont à nouveau énormes ! Ce qui m’intéresse chez eux, c’est qu’ils servent et qu’ils mettent en scène les personnages, et non l’inverse. Les décors doivent servir d’écrin, c’est le personnage qui est central.

Dans des déclarations précédentes, tu as parlé d’Edmond comme d’un âne dans un monde de chevaux. Est-ce que ça rejoint l’idée d’isoler ton personnage dans un monde rempli d’êtres conformes ?

Oui, l’histoire d’Edmond est celle d’un homme qui ne se pose pas de questions, qui est apparemment extrêmement différent des autres, parce qu’il est beaucoup plus petit et qu’il ne réagit pas de la même manière que les autres. Lorsqu’il se sent, après une révélation quasi christique, être un âne, il va s’émanciper, ni plus ni moins, sans trop laisser le choix à son entourage. L’idée de l’âne dans un monde de chevaux, c’est celle-ci : l’âne est lent là où les autres sont rapides. On est dans un monde qui file à toute vitesse avec une fascination pour l’efficacité, pour la compétition. Les ânes font leur travail, mais ils ne font pas de courses. Ils sont en décalage.

Pourquoi ne pas avoir doté Edmond du pouvoir de la parole ? Le film est rythmé par plusieurs voix-off mais on ne l’entend jamais s’exprimer.

Au tout début, je l’avais fait parler, mais j ‘ai supprimé sa voix, je ne trouvais pas ça intéressant. Je voulais que le film parte de son point de vue, qu’on soit avec lui et qu’en même temps, il ne cède rien de son intimité. Pour moi, Edmond est un personnage mal aimable, tout comme le film. En écrivant, je me demandais qui ça allait intéresser, et pourtant, j’avais envie de la raconter, cette histoire.

Pourquoi ?

Parce que je trouvais intéressant de parler de la vision qu’on a de soi sous plusieurs angles : celui de la maladie mentale et celui de ne pas se sentir être né dans la bonne peau. Et parce que je trouvais intéressant de suivre le courage d’un petit homme ordinaire, qui ne la ramène pas, qui est déterminé, sans pour autant être sympathique.

L’empathie fonctionne pourtant pour ce personnage peu aimable…

Oui. Beaucoup de gens m’ont dit : « on a envie de le prendre dans nos bras, de le protéger, il est petit ». Il faut un minimum d’empathie pour dire ça. De l’autre côté, la coproductrice canadienne du film, Julie Roy, m’a dit quand elle a vu l’animatique du film qu’elle ne savait pas si elle aimait ou non ce personnage. J’ai trouvé ça très intéressant, parce que c’était ce que j’avais voulu faire. Alors, est-ce que ça marche ou pas ? Je suis très mal placé pour le dire, le film n’est plus à moi depuis qu’il est sorti.

Jusqu’ici, tu n’en as pas vraiment crée, des petits êtres sympathiques. Tu as envie de continuer dans cette veine-là, d’alimenter ta galerie de petits copains mal aimables?

Bien sûr, parce que l’humanité me plaît quand elle est nous ressemble, quand elle est comme nous, imparfaite, avec des personnages mal aimables mais aussi très sensibles, à fleur de peau. J’ai plein de personnages en tête, et chacun est susceptible d’être à la base d’un projet, donc ça démultiplie les possibilités (rires) !

Le court métrage te convient comme forme d’expression ?

Oui, bien sûr, avant de faire le premier film, je n’étais pas convaincu que le court métrage était un exercice qui m’intéressait. Il a fallu que je le fasse pour le comprendre. J’ai besoin d’essayer des choses pour me rendre compte si j’y adhère ou non. J’ai ainsi su que le court me plaisait. En dix minutes, on peut s’attacher à un personnage, le détester, raconter une histoire et parler de nous. Tous les films courts, avec plus ou moins de talents, qui sortent y arrivent.

Jérémy Clapin fait partie de Papy 3D. La première fois que j’ai vu « Edmond était un âne », instinctivement, j’ai pensé à « Skhizein » pour son sens de l’étrange et pour son utilisation de la voix-off.

C’est marrant, tu n’es pas la première personne à me le dire.  « Skhizein » est sorti en même temps que « Mr Cok » et a fait le carton mérité qu’on connaît. Je l’ai tout de suite aimé quand je l’ai vu. Ce film et « Love patate » de Gilles Cuvelier, sur lequel j’ai fait les décors, m’ont décomplexé.

C’est-à-dire ?

En les voyant, je me suis dit que je pouvais peut-être me laisser aller davantage dans les fragilités, dans les choses plus sourdement violentes. Ces deux films ont crée chez moi un antécédent et m’ont beaucoup aidé avant d’écrire « Edmond ».

Tu les as décomplexés aussi ou pas ?

Je ne sais pas du tout. À un moment donné, je pense qu’on se contamine mutuellement. On n’est pas hermétiques, mais je reconnais volontiers que leurs films m’ont permis d’aller vers un ailleurs que je préfère personnellement.

Est-ce que tu es plus en accord avec toi-même, est-ce que tu as osé aller plus loin avec ce film qu’avec les deux précédents ?

Il y a un peu de ça. Ce qu’il y a surtout, c’est que je trouve que j’ai sérieusement travaillé le scénario. J’y ai consacré plus de temps que pour les deux autres. J’ai passé longtemps dessus, à réfléchir. J’ai fait un premier jet il y a deux ans avant d’écrire la version finale et je n’y suis quasiment jamais revenu. Je ne prenais quasiment pas de notes et au bout de deux ans, j’ai écrit le scénario en quasiment une semaine. Ca a été rapide à écrire parce que tout s’est construit comme un puzzle, tout s’est bien imbriqué.

Pour se faire une idée de tes goûts, quels réalisateurs d’animation t’intéressent depuis que tu as commencé ?

C’est compliqué de te répondre parce que je trouve qu’il y a une multitude de choses intéressantes en animation mais pas grand chose qui me bouleverse totalement, et pour ainsi dire quasi rien, en fait. La dernière chose qui m’a touché, ce n’est quand même pas Skhizein, si ? Non, il y a un film de fin d’études que je trouve remarquable, « De riz ou d’Arménie » qui m’a profondément ému. Moi, je me place toujours du côté du spectateur, et pas en tant que spécialiste. Le scénario de ce film est très bien, le dispositif suit. Sinon, je me suis pris un pied à Annecy, il n’y a pas longtemps, en voyant le fameux « Tram » de Michaela Pavlátová, que j’adore pour le coup. J’ai eu l’impression d’être un vieux con hyper coincé quand j’ai vu son film, tandis qu’elle, elle était en roue libre, c’était drôle. C’est une des dernières réjouissances que j’ai pu avoir au cinéma.

Propos recueillis par Katia Bayer

Consulter les fiches techniques de « L’inventaire fantôme », « Monsieur Cok » et « Edmond était un âne »

Article associé : la critique d’« Edmond était un âne »

Rencontres Henri Langlois, les films en compétition

Les Rencontres Henri Langlois, alias le fameux Festival International des Ecoles de Cinéma de Poitiers, ayant lieu chaque année en décembre, revient cette année pour sa 35ème édition (30 novembre-9 décembre). Découvrez les nombreux films en compétition internationale, avant d’en savoir plus dans notre prochain dossier consacré au festival.

Compétition 1

Le Fils du Blanc, Fiction, Belgique, 19 min. De Maxence Robert.
Le Taxidermiste, Animation, France, 7 min. De Paulin Cointot, Dorianne Fibleuil, Antoine Robert, Maud Sertour.
The Time We Have, Documentaire, Danemark, 25 min. De Mira Jargil.
Derrière moi les oliviers, Fiction, Liban, 20 min. De Pascale Abou Jamra.

Compétition 2

Anomalies, Animation, Royaume-Uni, 12 min. De Ben Cady.
Neige tardive (Without Snow), Fiction, Pologne, 35 min. De Magnus von Horn.
Olgastrasse 18, Animation, Allemagne, 4 min. De Jörg Rambaum, Liv Scharbatke.
La Lettre à Elsie (For Elsie), Fiction, Royaume-Uni, 23 min. De David Winstone.

Compétition 3

Meurtre à Junín (Asesinato en Junín), Fiction, Argentine, 10 min. D’Andrew Sala.
Touches de vie, Documentaire, Sénégal, 22 min. D’Elzévie Pascale Touloulou Moundélé.
Nothing Can Touch Me, Fiction, Danemark, 29 min. De Milad Alami.
Sans se faire griller (Run Out), Animation, Allemagne, 9 min. De Thomas Schienagel, Michael Haas.

Compétition 4

Dusty Night, Docuemtaire, France, 20 min. D’Ali Hazara.
Non-Swimmers (Neplavci), Fiction, République tchèque, 23 min. De Jakub Smid.
Niagara, Animation, Royaume-Uni, 4 min. De Leopold Dewolf.
Yeguas y cotorras, Fiction, Argentine, 25 min. De Natalia Garagiola.

Compétition 5

A Year After, Fiction, Israël, 20 min. De Tal Yehoudai.
Effleurement (Streifen), Fiction, Suisse, 7 min. De Moïra Himmelsbach.
Cuerda al aire, Documentaire, Cuba, 34 min. De Marcel Beltrán.
Maybe…, Fiction, États-Unis, 9 min. De Pedro Resende.

Compétition 6

BINO, Fiction, Australie, 10 min. De Billie Pleffer.
Terra, Fiction, Italie, 24 min. De Piero Messina.
Blik, Animation, Pays-Bas, 8 min. De Bastiaan Schravendeel.
Toucher l’horizon, Fiction, France, 31 min. D’Emma Benestan.

Compétition 7

Entre la noche y el día, Fiction, Mexique, 79 min. De Bernardo Arellano.

Compétition 8

Letargo, Documentaire, Chili, 12 min. De Sebastián Palominos.
Volume, Fiction, Royaume-Uni, 27 min. De Mahalia Belo.
Kuhina, Animation, Finlande, 8 min. De Joni Männistö.
Armadingen, Fiction, Allemagne, 23 min. De Philipp Kässbohrer.

Compétition 9

Men of the Earth, Expérimental, Australie, 10 min. D’Andrew Kavanagh.
Swimming Pool, Fiction, Thaïlande, 28 min. De Puangsoi Aksornsawang.
Aux gambettes gourmandes, Animation, France, 5 min. De Clémence Bouchereau.
En chemin (Doroga Na), Fiction, Russie, 31 min. De Taisia Igumentseva.

Compétition 10

Après-guerre (Nachkriegszeit), Animation, Suisse, 10 min. De Valentin Kemmner, Sophie Reinhard.
Stampede, Fiction, Allemagne, 20 min. De Cyril Amon Schäublin.
Meeting my Father Kasper Hojhat, Documentaire, Danemark, 28 min. De Lea Glob.
La Sole, entre l’eau et le sable, Animation, France, 15 min. D’Angèle Chiodo.

Compétition 11

Early Birds, Fiction, Royaume-Uni, 21 min. De Jeroen Bogaert.
For the Remainder, Animation, Israël, 6 min. D’Omer Ben David.
Pude ver un puma, Fiction, Argentine, 17 min. D’Eduardo Williams.
So It Goes, Fiction, Finlande, 29 min. D’Antti Heikki Pesonen.

Edmond était un âne de Franck Dion

Pour ceux qui s’intéressent à la diffusion des films, « Edmond était un âne » est un film d’animation qui a entamé sa carrière à Annecy où il a remporté le Prix spécial du Jury. Quelques jours plus tard, nous l’avons montré à notre séance Format Court, en présence de son auteur, Franck Dion. Depuis, le film a été l’un des cinq nominés au Cartoon d’Or, il a remporté le Prix Beaumarchais au Festival Court Métrange et il a ses chances au prochain César de l’animation. Dans les jours à venir, le film sera présenté aux festivals de Vendôme et de Bruz.

Pour ceux qui aiment les histoires, tout court, cet Edmond-là n’est pas comme les autres. C’est un être de petite taille, différent, étrange, que certains n’hésitent pas à qualifier de bizarre. Il ne prend pas l’ascenseur, il ne parle pas aux autres, il reste dans son coin. A la maison, ça se passe plutôt bien, en réalité. Edmond n’est pas une source de problèmes et son épouse est heureuse en ménage. Et au travail, aux yeux de son responsable, c’est tout simplement le meilleur élément de son service. Mais pour ses collèges, c’est lui, la bête noire du département. Toujours partants pour un bon tour, ceux-ci l’affublent un beau jour d’un bonnet d’âne. Edmond devient malgré lui la risée de tous. Loin de s’en faire, il voit dans ce couvre-chef inattendu une révélation et un apaisement. Très vite, il ne quitte plus son bonnet, devenu vital pour lui, au grand dam de son environnement conjugal et professionnel. Petit à petit, Edmond devient un phénomène de foire.

« Edmond était un âne » suit « L’inventaire fantôme » (les saisies impossibles d’un huissier auprès d’un particulier collectionnant les souvenirs dont plus personne ne veut) et « Monsieur Cok » (l’inquiétant délire d’un propriétaire d’usine obsédé par le rendement à tout prix), dans le parcours de son auteur. Même si les deux premiers films de Franck Dion sont très différents, en termes de contenu et de forme, ils cultivent un intérêt commun pour l’apparence, la folie, l’étrangeté, la noirceur, la déshumanisation, la solitude, les décors minutieux et l’importance accordée à la musique. Ces éléments se retrouvent, par filiation, dans le dernier opus de Dion. Incompris, rejeté par ses pairs, le personnage principal est extrêmement seul. Il évolue dans un monde fermé, impersonnel et froid, mais il trouve une échappatoire dans un univers avec d’autres codes, où la béatitude avoisine la folie. Sur le plan stylistique, tout comme dans les autres films, un soin particulier est apporté aux détails, au son et à la musique.


Néanmoins, il est intéressant de relever dans le dernier film la façon dont la couleur, la nature et la métamorphose font leur apparition à l’écran, aux moments précis où Edmond porte son bonnet d’âne, qu’il soit en papier journal ou en cuir. Ces plans-là comportent un vrai charme, touchant et authentique à la fois, stimulé par la musique de Pierre Caillet, le compositeur attitré de Franck Dion de film en film. Lorsque Edmond devient un âne, rejoignant ainsi le titre du film, toute la mélancolie entendue et ressentie, toute la présupposée intériorité du personnage, s’émiette pour faire place à une ouverture, à une révélation, à un abandon aussi. L’oreille capte un appel, un chant de sirène, des pépiements d’oiseau. Et à l’image, Edmond accède à la lumière et à la liberté, il se met enfin à sourire, à être lui-même, à vivre sa vie tel qu’il souhaite la vivre réellement. Ce qui est très fort dans ces moments-là, c’est que le réalisateur et son compositeur nous offrent (et c’est réellement un don de leur part) cette émotion, nous permettent de croire à cette histoire, d’avoir de l’empathie pour ce personnage, et de réaliser à quel point l’animation est réellement du cinéma.

« L’inventaire fantôme » et « Monsieur Cok » ont été et restent des premiers jets. À l’époque, ils comportaient des trouvailles intéressantes (l’air de tango et la finesse des traits des personnages, dans le premier, le côté décalé et la militarisation progressive de la société, dans l’autre), mais en les revoyant tous les deux aujourd’hui, on y voit quand même des défauts dans le scénario, dans l’animation et dans la réalisation. Il manquait peut-être à Franck Dion la confiance, les moyens, l’équipe, l’audace et l’envie d’aller au bout des choses, d’explorer complètement cette idée de folie, ce sentiment d’exclusion et de différence. Ode absolue à la tolérance, « Edmond était un âne » est le film de la maturité, celui qu’on attendait de Franck Dion depuis des années. Au-delà de ces considérations, c’est un film précieux, lumineux, bouleversant et époustouflant de maîtrise.

Katia Bayer

Article associé : l’interview de Franck Dion

Consulter les fiches techniques de « L’inventaire fantôme », « Monsieur Cok » et « Edmond était un âne »

E comme Edmond était un âne

Fiche technique

Synopsis : Edmond n’est pas comme les autres. Petit homme discret, marié à une femme attentionnée et employé efficace, il n’en ressent pas moins pleinement sa différence. Lorsque des collègues, par moquerie, l’affublent d’un bonnet d’âne, il a soudainement la révélation de sa vraie nature… et s’il semble s’épanouir dans sa nouvelle identité, celle-ci creuse toutefois entre lui et les autres un fossé d’incompréhension, qui va s’élargissant jusqu’à devenir infranchissable.

Genre : Animation

Durée : 15’04 »

Pays : France

Année : 2012

Réalisation : Franck Dion

Scénario : Franck Dion

Image : Franck Dion

Son : Serge Boivin, Pierre-Yves Drapeau

Montage : Franck Dion

Décors : Franck Dion

Musique : Pierre Caillet

Interprétation : Patrick Bouchitey, Bérangère Bonvoisin, Benoist Brione, Gaëtan Gallier

Production : Papy3d Productions, Office national du film du Canada

Articles associés : la critique du film, l’interview de Franck Dion

M comme Monsieur Cok

Fiche technique

Synopsis : Monsieur Cok est le propriétaire d’une grande usine de fabrication d’obus. Sa passion pour le rendement et son goût du profit le conduisent à remplacer ses employés par des automates très perfectionnés. Résignés, les anciens ouvriers assistent impuissants au labeur de leur remplaçants mécaniques.

Genre : Animation

Durée : 9’47 »

Pays : France

Année : 2007

Réalisation : Franck Dion

Scénario : Franck Dion

Image : Franck Dion

Son : Pierre Caillet

Montage : Franck Dion

Musique : Pierre Caillet

Interprétation : Franck Dion, Gaëtan Gallier

Production : Papy3d Productions

Le site consacré au film : www.monsieurcok.com

Articles associés : la critique du film, l’interview de Franck Dion