Les derniers jours d’Elsa d’Armand Lameloise

Elsa. Une fille pas comme les autres

Il fut beaucoup question de l’adolescence dans la sélection du dernier Festival de Vendôme. « Les derniers jours d’Elsa » d’Armand Lameloise ne déroge pas à la règle, mais offre un point de vue original sur les tourments d’une jeune fille en pleine mutation.

Le film démarre par une banalité quotidienne de l’âge ado : des jeunes filles se maquillent dans les toilettes, discutent de leurs amours, de sexualité et de soirées entre amis. Toutes raillent la même camarade, une certaine Elsa, a priori assez libérée avec les garçons. Une fille facile en somme. Il faut dire qu’Elsa a besoin de réconfort : vivant à la campagne dans un environnement qui l’exècre, elle n’arrive pas à se faire des ami(e)s à l’école (seuls deux semblent vraiment la comprendre) et ne rêve que d’intégrer un nouvel établissement à la rentrée prochaine. En attendant, Elsa se console avec ses (ch)armes, et ce sont les garçons qui la font se sentir moins seule.

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Le point de vue pourrait choquer : n’oublions pas qu’il s’agit d’une représentante de la gent féminine, et que ce qui rend un garçon Don Juan fait d’une fille une salope. Là où le réalisateur aurait pu mettre son film en péril, il lui donne une force inattendue. Le choix de Virginie Reyes comme interprète d’Elsa est un coup de maître. L’actrice, visage poupon et corps sensuellement enrobé, habite son personnage avec force et distance, laissant l’adulescente en elle s’exprimer. En brossant le portrait d’une fille perdue mais pas désespérée, le réalisateur met la société en perspective. Il évoque alors aussi bien le poids de l’apparence que l’infâmie de la rumeur, ne laissant que peu d’échappatoire à une génération sacrifiée d’avance sur le bûcher de la crise. « Les derniers jours d’Elsa » aurait pu être un documentaire, tant dans sa forme que dans son fond. Ce film est à la fois une ode à la vie et un crépuscule de mort, car tous y errent dans l’attente de jours meilleurs. Le triste constat du désenchantement n’est pourtant pas une fatalité : dans « Les derniers jours d’Elsa », rien n’est perdu d’avance.

Géraldine Pioud

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