Aglaée de Rudi Rosenberg

Tout juste récompensé du Prix du Jury au FIFF, « Aglaée », le troisième film de Rudi Rosenberg dénote par son ton et son humeur avec le pessimisme ambiant des films récemment présentés à Namur. Interprété par une bande d’ados, le film est porté par un duo masculin/féminin tout en contraste : un mâcheur de chewing-gum invétéré et une handicapée toute en retenue.

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Rudi Rosenberg. Prénom repérable, nom de rose, tronche et C.V. de comédien. Vous l’avez vu marié et sexy dans « Le Tango des Rashevski » (Sam Garbarski) et dans d’anecdotiques séries télé. Vous le retrouvez en réalisateur frais et pas con, après un passage par l’EICAR (École Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation), la pub et le court (« 13 ans », « Une histoire louche »).

Le monde de la jeunesse et les accents autobiographiques, RR connaît. Dans « 13 ans », son film de fin d’études, un ado prépubère tentait d’avoir l’air cool en se prenant un Fanta à la soirée de la fille dont il était secrètement amoureux. Dans « Aglaée », un garçon à peine plus âgé se voit contraint de proposer à une fille de sa classe, vulgaire et handicapée, de sortir avec lui.

Tout y est : les filles écervelées, les mecs coincés, les jeux débiles, les secrets d’alcôve, les défis personnels, les émois débutants, la difficulté de se faire accepter par le groupe, le ressenti de la différence, l’expérience de l’humiliation, les boums pourries du samedi, les adultes inexistants ou gênants, …

Avec ironie, humour et douceur, Rosenberg capte le monde de l’adolescence comme si il n’avait pas grandi, comme si ses souvenirs étaient restés intacts, comme si finalement, Jonathan (« 13 ans ») et Benoît (« Aglaée ») étaient des intimes du passé, des doubles, des mini-lui. Jolie surprise que ce film frais et honnête dans ses intentions : rarement, le monde complexe et narquois de l’adolescence avait été si bien scénarisé et interprété.

Katia Bayer

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