Tous les articles par Katia Bayer

Silhouette, notre sélection de films en ligne

Le Festival Silhouette, dont nous sommes partenaires, a débuté ce vendredi 24 août 2018. En guise d’avant-goût, voici 6 films (dont 3 auto-productions) programmés au festival, visibles en ligne, repérés dans plusieurs sections officielles et parallèles. Enjoy !

Everything de David O’Really – Double Fine Productions  – Royaume-Uni, 2017, 11’, animation (compétition internationale)

Syn. : Everything est à la fois une expérience interactive et un jeu en réalité virtuelle transformé en court métrage par la voix d’Alan Watts, brillant philosophe anglais.

Legacy de David Pagaille – Auto-production, France, 2017, 6’, pop folk. Musique : Anton Oak feat Loïc Fleury (Isaac Delusion) – Label : XVIIIIEMEPENINSULE (compétition clips)

Vers le silence de Stéphane Bron – Opéra National de Paris, Les Films Pelléas, France, 2018, 9′, documentaire (compétition documentaire)

Syn. : Au plus près du travail de création de Philippe Jordan, directeur musical de l’Opéra national de Paris, nous suivons les répétitions de la Symphonie n°9 de Gustav Mahler.

RGB+ Roberto d’Alessandro – Auto-production – France, Italie, 2017, 6’, expérimental (complétion hybride)

Syn. : Figée sur un support numérique et mue par les variations d’un son analogique, la danse produite par les abstractions colorées d’un vieil écran à tube cathodique révèle de nouvelles formes visuelles.

Corpo Líquido de Ana Lúcia Diniz et Alan Tonello – Auto-production – Brésil, 2011, 7’, expérimental, Focus Pernambuco)

Syn. : Figée sur un support numérique et mue par les variations d’un son analogique, la danse produite par les abstractions colorées d’un vieil écran à tube cathodique révèle de nouvelles formes visuelles.

Contact de Katy Wang – Kingston University – Royaume-Uni, 2017, 7’, animation (section Passages, dès 13 ans)

Syn. : Bloqué sur une lointaine planète, un astronaute envoie un signal à travers l’espace dans l’espoir de nouer un contact humain.

Le film de la semaine : Prematur de Gunhild Enger

Prematur, le cinquième court-métrage de la réalisatrice norvégienne Gunhild Enger met en scène Martin, norvégien, et sa petite-amie espagnole, Lucia, dans l’espace confiné et clos d’une voiture, 17 minutes durant. Pour la jeune femme enceinte, c’est un premier contact avec la Norvège et ses beaux-parents.

Et quoi de mieux pour briser la glace que d’échanger des banalités et des clichés éculés sur la culture de l’autre? Dans l’ordre, le temps : « Brrr brrr (« ffff ffff » en norvégien), il y a du vent dehors! ». Le voyage : « Le vol s’est bien passé ? Pas de turbulences? Vous avez récupéré tous vos bagages? » La jeune Lucia ose même un « tusen takk » (« merci beaucoup » en norvégien). Petits rires satisfaits. Enfin, les stéréotypes sur les deux cultures : « Ahh! L’Espagne! Les tapas! Le flamenco! La sangria! Julius Inglesias! Comment ça il s’appelle Julio? Quoi, Martin?! Tu ne lui a pas parlé des vikings?? Enfin! C’est important! Ce peuple de braves conquérants qui a combattu jusqu’en Espagne! Si si. » Blanc.

Chacun a sorti sa petite formule d’usage mais la conversation n’a pas pris. Alors, c’est la maman de Martin qui se charge de combler le vide en animant -seule- la conversation. Sauf qu’à trop vouloir jouer les chefs d’orchestre, c’est elle qui finit par faire monter le malaise crescendo. 17 minutes, c’est peu et pourtant une éternité pour ce trajet en voiture plein de tensions, de malentendus et d’incompréhensions.

C’est que, petit à petit, la connivence et les sourires s’effacent sous l’accumulation de quiproquos. Ils disparaissent totalement lorsque la mère offre son cadeau à Lucia : une « negro doll » qui ne semble pas faire l’unanimité. Décidément, les goûts et les couleurs … Le point de non-retour est atteint quand la mère, toujours elle, sous couvert de complicité femme-femme, évoque et insiste sur l’éventualité d’un enfant prématuré. Dérapage calculé ou maladresse involontaire? Le film nous laisse le soin de décider.

Fidèle à son dispositif radical (peu de décor, pas de musique, pas d’effets) et à son obsession du cadre, Gunhild Enger, la réalisatrice diplômée de Göteborg (Suède) qui a fait ses premières armes en Ecosse, croque avec finesse et humour cette rencontre entre générations et cultures différentes. Elle exploite ici son concept favori, celui du tableau et du plan unique, dans le cadre étroit d’une voiture. Elle choisit d’épingler une fois de plus la nature humaine et ses petits travers. Et montre avec justesse une situation où l’incapacité à communiquer mène à l’impasse. Les personnages, sans jamais se faire face, vivent pourtant une rencontre très frontale dans l’environnement fermé du véhicule en marche qui créé un huis-clos efficace.

Prix Format Court au Festival de Brest 2012, Prematur est une brillante confrontation des cultures et des générations qui réussit, en un seul plan à mettre le spectateur dans l’inconfort de la scène. C’est drôle sans être grotesque, réaliste, réussi. On se dit seulement qu’à la place de Lucia, on aurait feint (ou pas) la nausée, pour sortir au plus vite de l’habitacle.

Emilie Sok

Articles associés : la critique du film, l’interview de la réalisatrice, notre reportage sur les films de Gunhild Enger

Carte blanche Format Court/Short Screens, spécial Belgique / Point Éphémère, mercredi 8/8 !

Les séances estivales sur le toit du Point Éphémère se poursuivent ce mercredi 8 août 2018, de 21h30 à 23h, avec une sélection de films belges mettant à l’honneur l’humour caractéristique du plat pays. Une programmation éclectique de films d’hier et d’aujourd’hui, sélectionnée et présentée par Adi Chesson (Format Court, Short Screens) et Luc Vanden Eede (Short Screens).

Programmation

Welkom de Pablo Munoz Gomez, fiction, Belgique, 2013, 17′ (Institut des Arts de Diffusion), Magritte du meilleur court métrage 2014

Jorge aime son père. Son père aime une poule. Jorge n’aime pas la poule, il veut la mettre dans un poulailler. Avant de construire ce poulailler, Jorge doit se procurer un permis de bâtir. Mais difficile d’obtenir quelque chose quand son jardin est en Flandre et qu’on ne parle pas le flamand.

May Day d’Olivier Magis et Fedrik De Beul, fiction, Belgique, 2017, 22′ (Eklektik Productions). Prix du Meilleur Court Métrage, Festival de Varsovie 2017

Dans le salon de Thierry, plusieurs personnes qui ne se connaissent pas sont venues nourrir le même rêve : trouver un travail, et vite. Mais comme nous sommes à Bruxelles, rien ne se passe comme prévu.

La Dame dans le tram de Jean-Philippe Laroche, fiction, Belgique, 1993, 7’45’’ (Nota bene)

Une rencontre forcée entre une dame acariâtre et un jeune homme noir dans le tram bruxellois.

Alice et moi de Micha Wald, fiction, Belgique, 2006, 19’ (Versus production). Sélectionné à la Semaine de la Critique 2007

Simon, trente ans, est peu sûr de lui. Aujourd’hui, il doit conduire sa vieille tante Mala à la mer, en compagnie de Lydia et Colette, deux amies de Mala. Pendant le trajet, Alice, sa petite amie, lui téléphone et ils se disputent. En bonnes grand-mères juives, les trois femmes s’immiscent petit à petit dans l’histoire de Simon ce qui, bien sûr, n’arrange rien à la situation.

Article associé : la critique du film

Tanghi Argentini de Guido Thys, fiction, Belgique, 2006, 14’ (Another Dimension Of An Idea). Nominé pour le meilleur court métrage aux Oscar 2007

Via Internet, André fait connaissance de Suzanne. Il lui fait croire qu’il est un danseur de tango émérite et le couple convient donc de se rendre ensemble à une soirée dansante. Mais André n’est en réalité qu’un piètre danseur et il demande à son collègue Frans, plus à l’aise dans la discipline, de le préparer à son rendez-vous.

Article associé : la critique du film

En pratique

Mercredi 8 août 2018, de 21h30 à 23h
Le Point Éphémère : 200 Quai de Valmy – 75010 Paris
Métro Jaurès (lignes 5, 2 et 7 bis), Louis Blanc (ligne 7), Bus 26, 46, 48 : Goncourt, Couronnes, Parmentier)
Projection de 22h à 23h30
5 € sur place, accueil : 21h
Event Facebook
Prochaine & dernière carte blanche Format Court au Point Éphémère : jeudi 19/9

Le film de la semaine : The Aftermath Of The Inauguration Of The Public Toilet at Kilometer 375 de Omar El Zohairy

C’est un grand jour pour le peuple égyptien : au kilomètre 375, là-bas dans le désert, on inaugure les nouvelles toilettes publiques. Du sable à perte de vue, une chaleur écrasante, cinq hommes en grande pompe et un âne, tout le monde est en place, la voiture du grand chef arrive, silence. Jamais a-t-on vu pareille solennité. Armé de sa truelle, le maître scelle la dernière brique. Applaudissements, silence. Oui mais voilà, un petit fonctionnaire vient d’éternuer, trois fois. Pourra-t-il un jour réparer sa faute et réussir à dormir sur ses deux oreilles ?

Fraichement diplômé de l’Academy of Arts High Cinema Institute, le jeune réalisateur égyptien Omar El Zohairy ̶ ayant travaillé comme assistant réalisateur auprès de Yusri Nasrallah, puis de Tamer El Said sur Les derniers jours d’une ville ̶ présentait en 2014 à la Cinéfondation son film de fin d’études The Aftermath Of The Inauguration Of The Public Toilet at Kilometer 375. Un très long titre saugrenu pour raconter l’histoire toute aussi absurde d’un éternuement devenu affaire d’Etat.

L’absurde y est politique. L’ Égypte de 2014 a vu ses espoirs révolutionnaires dissolus dans de malheureuses promesses. À travers l’histoire de cet homme qui, ayant passé sa vie à se faire petit – aussi grand qu’il puisse être – est terrifié par l’idée d’avoir dérangé un éminent homme d’état en éternuant, El Zohairy porte le message d’une jeunesse qui refuse ce retour forcé à la crainte devant l’ordre. Mais l’absurde est aussi poétique. Le désert regarde la mer sur un poste de télévision, les personnages grands, minces et silencieux rêvent d’eau dans de grands espaces vides, quand un énorme poisson se retrouve, lui, bien à l’étroit dans son bocal rempli d’eau.

Les plans fixes à la fois épurés et très composés, la désolation de cet employé et de sa femme résignés, et le seul souffle du vent comme bande sonore donneraient presque à cette adaptation de la nouvelle La mort d’un fonctionnaire de l’écrivain russe Anton Tchekhov, des airs de western moderne, où les employés administratifs soumis à de désuètes lois hiérarchiques seraient les cowboys peu fringants d’une Égypte en costume noir désertée par la raison.

L’espoir est pourtant là. L’eau arrive jusque dans le désert au kilomètre 375 pour faire fonctionner les toilettes, et El Zohairy, loin d’avoir asséché les ressources de l’absurde, poursuit son geste libérateur des craintes de l’asservissement dans un premier long-métrage en préparation, Feathers of a father, sélectionné en résidence à la Cinéfondation.

Noémie Moutonnet

Short Screens #84: « Un monde (encore) meilleur »

Notre dernière séance du 28 juin sur le beau thème « Un monde meilleur » a malheureusement dû être interrompue suite à un problème technique. Pour ce mois de juillet, voici donc la suite de la programmation complétée de quelques nouveaux titres.

Une sélection de courts métrages engagés qui questionnent la place qu’occupe l’être humain au sein de son environnement, et énoncent tantôt des constats alarmants tantôt des rayons d’espoir pour un monde et un mode de vie plus durables, plus justes, plus en phase avec la Nature.

Rendez-vous le jeudi 26 juillet à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€

Visitez la page Facebook de l’événement ici !

PROGRAMMATION

Il était une fois Marc et Lotti..;et leur âne de Çiva de Gandillac, documentaire, France, 2002, 25’

A l’heure où le pétrole flambe, voici un bel exemple d’écocitoyenneté et d’autonomie…Marc et Lotti vivent leur idéal, à 100 kilomètres des Pyrénées, et nous offrent un bol d’air salvateur.

The Cow Who Wanted To Be A Hamburger de Bill Plympton, animation, Etats-Unis, 2010, 5’50” (Plymptoons Studio)

Hypnotisé par un panneau publicitaire, un veau rêve de devenir un hamburger et est prêt à tout pour y parvenir.

Article associé : la critique du film

Burkinabè Bounty de Iara Lee, documentaire, Burkina Faso/Etats-Unis/Bulgarie, 36’37 », 2018 (Cultures of Resistance Films)

Chronique de la résistance agricole au Burkina Faso contre l’agriculture d’entreprise et des compagnies comme Monsanto, par des agriculteurs engagés, étudiants, femmes gagnant leur indépendance économique, artistes et dirigeants du mouvement local Slow Food International, Tous créent des initiatives pour reprendre le contrôle de leur nourriture, leurs graines et leur avenir.

Copier-Cloner de Louis Rigaud, animation, France, 2009, 3’16 » (Autoproduction)

Un programme informatique qui se mêle d’élevage de vaches se transforme en mauvais plan incontrôlable.

Ensemble! (Together!) de Güldem Durmaz, Belgique, 2017, 21’49 » (Altitude 100)

Réalisé dans le prolongement de l’exposition « Energie, les nouveaux rêves » au PASS (Parc d’aventures scientifiques), Ensemble ! est un film résolument positif, qui donne à voir une mosaïque d’initiatives innovantes, créatives et durables, loin du fatalisme ambiant.

Carte blanche Format Court, spécial Finlande / Point Éphémère, jeudi 26.7 !

Cet été, les séances au top sur toit du Point Éphémère se poursuivent et apportent ce jeudi 26 juillet 2018, de 21h30 à 23h, un peu de fraîcheur nordique. Format Court vous présente en effet une série de courts-métrages venus de Finlande, sélectionnés par Clément Beraud.

La Finlande, petit pays du nord de l’Europe, où vivent 5 millions d’habitants, se démarque par un cinéma souvent expérimental, toujours poétique. À l’occasion de cette nouvelle projection, 6 films issus du catalogue de AV-Arkki, centre national de distribution de l’art vidéo finlandais, seront projeté sur le toit du Point Éphémère, permettant ainsi de découvrir plusieurs films de pointures du cinéma finlandais ainsi qu’une valeur montante, Azar Saiyar, déjà évoquée sur notre site. Clément Beraud (Format Court) et Lauri Astala (réalisateur programmé) présenteront cette nouvelle carte blanche. Soyez de la partie !

Programmation

Birds in the earth (​Eatnanvuloš lottit) de Marja Helander. Expérimental, danse, 10′,40 », Finlande, 2018. Grand prix et Prix Risto Jarva au Tampere Film Festival 

Synopsis : Deux jeunes danseuses de ballet, d’origine ​Sámi : Birit et Katja Haarla racontent à travers leur danses, une histoire douce et mélancolique sur la nature et l’histoire des jeunes Sámi. Mais le film soulève aussi la question plus profonde de ce territoire et l’identité Sámi (Peuple originel de Laponie et de la péninsule de Kola et l’un des derniers peuples indigènes d’Europe), son histoire et leurs droits dans la Finlande d’aujourd’hui. La contradiction entre la Nature et le mode de vie moderne se confond alors avec un humour pinçant.

The Committee (Le comité) de Jenni Toivoniemi & Gunhild Enger. Fiction, 14′, 2016, Finlande,  Norvège, Suède. Sélectionné au Festival de Clermont-Ferrand 2017

Synopsis : Trois représentants de la Suède, la Norvège et la Finlande se réunissent en Laponie pour choisir une œuvre d’art qui sera installée à la jonction des trois frontières. Mais le comité est perplexe lorsque l’artiste leur présente son projet : la « danse nordique ».

The World de Mika Taanila. Expérimental, 7′, Finlande, 2018. Sélectionné au Festival de Rotterdam 2017

Synopsis : L’homme qui venait d’ailleurs (The man who fell to the earth – 1976) (réal. Nicolas Roeg) retourné et réétudié. Des paysages abandonnés, des animaux, des meubles et des véhicules sont laissés là, prêt pour le désastre. “We must have died alone, a long time ago” (Nous avons dû mourir seuls, il y a très longtemps) (David Bowie.)

Helsinki-Tehran de Azar Saiyar. Documentaire, 22′, 2009, Ecole des arts et design d’Helsinki.

Synopsis : Helsinki-Tehran est un essai cinématographique sur l’immigration et sa mémoire. A travers les gestes, les paroles et les émotions qui en découlent et qui traversent les générations années après années.

Article associé : la critique du film

Zoo de Salla Tykkä. Experimental, 11′, 2006, Finlande. Sélectionné au Festival de Locarno 2007

Synopsis : Une femme photographie dans un zoo. Les animaux la regardent, la suivent des yeux. Les rôles s’inversent. La femme plonge dans une eau profonde où a lieu un violent match de rugby. Elle revient à la surface, respire, mais le viseur de son appareil photo la bloque sans aucune échappatoire. Dans le désespoir, elle prend une décision extrême.

Transit de Lauri Astala. Expérimental, 9’30 », 2014, Finlande, USA. En présence du réalisateur

Synopsis : Point de vue documentaire de New-York altéré par des mouvements de caméra, d’angles et de cadres. Un nouvel espace urbain fictif se construit, où le visuel devient l’histoire du film. Le thème de Transit tourne autour de l’idée de cinématographie et des notions d’environnement urbain.

En pratique

Le Point Éphémère : 200 Quai de Valmy – 75010 Paris
Métro Jaurès (lignes 5, 2 et 7 bis), Louis Blanc (ligne 7), Bus 26, 46, 48 : Goncourt, Couronnes, Parmentier)
Projection de 22h à 23h30
5 € sur place, accueil : 21h
Event Facebook

Prochains rendez-vous Format Court au Point Ephémère : le mercredi 8 août (spécial Belgique) et jeudi 13 septembre (programme hybride).

Biciklisti de Veljko Popović

Il y a peu, la France et la Croatie s’affrontaient en finale de la coupe du monde. À cette occasion, Format Court vous propose de découvrir un court métrage d’animation franco-croate : Biciklisti (Cyclistes).

Veljko Popović, le réalisateur, nous fait voyager dans son pays natal, la Croatie, en nous dépeignant une de ses petites villes de bords de mer. Les couleurs vives et chaudes, le mouvement hypnotisant de la mer et le bruit incessant des cigales : tout y est. En un rien de temps, nous voila transportés ailleurs, on sentirait presque l’air iodé sur notre visage.

Les couleurs bleue et rouge s’affrontent ici dans une compétition de vélo. Il s’agit de l’attraction principale du village et tous les habitants suivent avec attention le périple des athlètes. Nous aussi.

Ces derniers doivent braver les côtes et la chaleur du littoral croate. Heureusement, les sportifs ont de quoi se motiver : en plus du trophée, ils comptent tout deux sur la victoire pour obtenir les faveurs d’une femme. À moitié dénudée, celle-ci les observe depuis sa fenêtre. Le vent marin fait voler ses rideaux et sa robe blanche. C’est une figure simple et efficace de l’érotisme qui fait naitre des fantasmes chez nos cyclistes.

Avec une impressionnante fluidité, ce court-métrage nous fait circuler de leurs songes à la course en jouant sur plusieurs techniques d’animation, de séquences au crayon très épurées à d’autres bien plus chargées. L’univers visuel est d’ailleurs très différent de celui des autres films de Veljko Popović, habituellement beaucoup plus froids, triste et saccadés.

Ses autres travaux abordent en effet des thématiques plus pesantes et sociales comme la société de consommation dans She who measures en 2008, la routine dans Dove sei Amor Moi en 2011 ou la difficile paternité via sa contribution à Father en 2012. Avec Biciklisti, directement inspiré du travail de Vasko Lipovac, artiste pluridisciplinaire croate qui a bercé son enfance, Veljko Popović nous propose un film plus joyeux à l’animation plus lisse et colorée.

La limpidité du film est également rendue possible par la bande-son et la musique de Pablo Pico. Comme dans Dripped (2010) de Léo Verrier, le jazz envoûtant du compositeur donne corps au film, s’adaptant à ses moindres besoins. Ici, notes de jazz, souffles des athlètes, échos de la nature, du village et des ébats se confondent pour ne faire plus qu’un. Cet ensemble sonore capte et transmet particulièrement bien l’essence de ces villages du littoral méditerranéen.

Mention spéciale du jury au dernier Festival international du film d’Annecy, Biciklisti, ce très beau film reste avant tout léger et drôle, parfois absurde. C’est, en somme, une parfaite parenthèse de vacances, une respiration avec ses 7 délicieuses minutes d’été.

Juliette Lytovchenko

Consulter la fiche technique du film

B comme Biciklisti (Cyclistes)

Fiche technique

Synopsis : En Croatie, dans une petite ville du bord de mer, la saison des compétitions cyclistes bat son plein. Les deux leaders s’affrontent pour remporter la victoire, mais également pour conquérir une femme. C’est sans compter sur l’arrivée au port du plus grand navire de croisière et de son mystérieux capitaine.

Genre : Animation

Durée : 7’23″

Pays : Croatie, France

Année : 2018

Réalisation : Veljko Popović

Scénario : Veljko Popović

Son : Jean-Baptiste Saint-Pol

Montage : Veljko Popović

Musique : Pablo Pico

Production : Bagan Films, Lemonade3d

Article associé : la critique du film

Concours : soirée de lancement du Festival Silhouette 2018

Le Festival Silhouette, dont nous sommes à nouveau partenaires cette année, inaugurera sa prochaine édition (la 17ème déjà), avec une soirée spéciale d’annonce de programmation le mercredi 18 juillet 2018 à partir de 19h au Trabendo (Parc de la Villette, 211, avenue Jean Jaurès, 75019 Paris). Le festival, lui, se déroulera du 24 août au 1er septembre, au Parc de la Butte du Chapeau Rouge.

Nous vous proposons 5×2 places pour assister à cette soirée de lancement au cours de laquelle la programmation du festival sera dévoilée, en présence de certains réalisateurs sélectionnés, et qui sera ponctuée par des projections de courts & de clips brésiliens, des concerts et un DJ set.

Intéressé(e)s par ce nouveau concours ? Contactez-nous !

5 clips animés à voir en ligne !

L’été a enfin pointé le bout de son nez. La chaleur du soleil, le bruit des vagues, le bourdonnement des terrasses et l’effervescence des festivals emplissent peu à peu l’atmosphère. En ville comme à la plage, la musique devient omniprésente. À cette occasion, Juliette Lytovchenko vous propose une petite sélection de clips animés pour s’évader. Bonne écoute et bel été !

« L’impératrice – Agitations tropicales »

Polo & Pan – Plage isolée (2015, Caravelle)

Pépite – Hiéroglyphes (2016, Les bateaux)

Sébastien Tellier – Love (2014, L’Aventura)

L’impératrice – Agitations tropicales (2015, L’Odyssée)

Björk – Crystalline (2011, Biophilia)

Une tête disparaît de Franck Dion

Déjà auteur de trois courts métrages d’animation dont Edmond était un âne et Monsieur Cok, Franck Dion continue sur sa lancée avec un quatrième court métrage : Une tête disparaît. Récompensé du Cristal du court métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2016, Une tête disparaît expose un thème qui se complaît dans son universalité sans manquer d’originalité.

Un poulet sans tête, une tête sans corps. Dans ce court, la tête ne reste jamais en place. Jacqueline, une femme d’un certain âge se prend littéralement la tête, qu’elle porte sous son bras. C’est son anniversaire et comme tous les ans, elle s’en va prendre le train, pour se rendre à la plage. Mais voilà, une grande bécasse ne cesse de la suivre et de l’appeler ‘maman’.

Une perte de repères et une vision altérée du monde qui l’entoure. De fait, la hauteur disproportionnée, les yeux exorbitants et les lèvres serrées, Jacqueline voit sa fille comme une menace à la tranquillité de son voyage. Cette représentation fortement contrastée de ces deux personnages est typique du cinéma de Dion. Une représentation que l’on retrouve dans Edmond était un âne (Prix du Jury à Annecy en 2012) ; par sa petite taille et son bonnet d’âne, Edmond est un marginal dans une société où la différence se vit comme une tare. Par ailleurs, avec Une tête disparaît, Franck Dion cherche à rendre intelligible le discours d’une femme, souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Jacqueline sait que quelque chose ne va pas très bien avec sa tête. Mais il est important pour elle de prendre ce train seule, comme une grande. Consciente de sa pathologie sans être capable de la surmonter. C’est là, tout le drame de cette femme qui, au reste, ne se bat plus que pour sa dignité. Tant qu’elle peut encore se prendre la tête sous le bras, et sentir qu’elle en possède une, elle espère être traitée en adulte responsable. La complexité de cette maladie nous est, in fine, révélée par un concept simple et efficace.

Franck Dion a su, par ses dessins épurés, presque fantomatiques, saisir ces mouvements de déraison qui rongent Jacqueline et lui font croire à de nouveaux souvenirs, si ce n’est de nouveaux repères. Il a réussi à nous embarquer dans un voyage poétique et fantastique, au cœur de l’intériorité d’un personnage désorienté. À bord de ce train qui paraît très transparent, ce sont les souvenirs de Jacqueline qui semblent s’effacer.

La musique déstructurée et violente composée par Pierre Caillet accompagnée du fabuleux saxophoniste hongrois Akosh rend le film palpitant d’émotions. Cette recherche de la mémoire, cette volonté de se remettre la tête sur les épaules, est immédiatement ravivée à l’écoute du Beau Danube Bleu de Johann Strauss II, qui donne au film une légèreté exquise. Légèreté qui créée chez nous une grande empathie pour Jacqueline. Sur un air de free jazz, le spectateur plonge dans ses souvenirs sans jamais oublier ce mal affreux, au cœur du film : la perte de la mémoire; la perte d’une vie.

Au-delà de l’émotion, Une tête disparaît, frappant de lucidité, met au jour l’ironie d’une maladie désastreuse. Dans sa fulgurance, le genre animé nous prouve, ici, son pouvoir d’évocation de la souffrance mentale, avec pudeur et justesse.

Marie Winnele Veyret

Consulter la fiche technique du film

Best of & films en ligne

Vous le savez peut-être, Format Court dispose d’une vidéothèque en ligne riche de plusieurs centaines de films disponibles gratuitement et visibles dans leur intégralité sur notre site.  Au vu de la multitude de titres de notre catalogue et de la durée de vie limitée de l’information sur le web, nous vous proposons un focus dédié à nos sélections de films en ligne, régulièrement mis à jour.

Par le biais de catégories (genres, pays, modes de production/de diffusion …), nous vous proposons nos best of de films courts français et étrangers, récents ou non, stars de festivals ou simples films anonymes, glanés au hasard des découvertes sur le Net.

« Quelqu’un d’extraordinaire » de Monia Chokri

Bonnes (re)découvertes à tous !

Pages à consulter :

4 films sélectionnés aux César 2018, à voir en ligne

– Etrange festival, notre sélection de films en ligne

Festival Silhouette, notre sélection de films en ligne

– 5 clips animés à voir en ligne !

5 documentaires de qualité à voir en ligne

5 bons films espagnols à voir en ligne

5 bons films belges à voir en ligne

5 courts primés aux Cesar en ligne

5+1 bons courts suédois à voir en ligne

5 bons films canadiens à voir en ligne

5 bons films d’animation à voir en ligne

Annecy, notre sélection de films en ligne

Quelques bons films à voir sur l’émission Court-Circuit

Clermont-Ferrand, notre sélection de films à voir en ligne

– …

2ème Séance au top, ce jeudi 5/7 sur le rooftop du Point Ephémère !

Les Séances au top Format Court se poursuivent sur le rooftop du Point Ephémère (Paris 10ème) cet été. Après notre première carte blanche le 20 juin passé, nous vous donnons rendez-vous ce jeudi 5 juillet de 22h à 23h30 pour une nouvelle séance intitulée « The place to be », programmée par Fanny Barrot (Format Court).

Pour info/rappel, nos 3 prochaines cartes blanches auront lieu les 26 juillet, 8 août et 13 septembre prochains. Retrouvez-nous d’ores et déjà pour cette deuxième date avec au programme : du cinéma sur le toit, un écran géant, des casques audio, du pop corn au Wasabi, des chouchous caramélisés et des courts français et étrangers, repérés et primés en festivals !

Programmation

Gagarine de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh. Fiction, France, 2015, 15’30, Caporal Films. Grand prix du jury de HLM sur cour (t) 2015

Syn. : Youri a vingt ans. Il vit avec sa mère à Ivry dans la cité qui l’a vu grandir. Mais la démolition approche : le décor de ses rêves d’enfant va disparaître. Comment prendre son envol quand on n’a plus de vaisseau spatial ?

Vibrato de Sébastien Laudenbach. Animation, France, 2017, 07’07 », Les Films Pelléas, Opéra national de Paris. Sélectionné au Festival d’Annecy 2018

Syn. : 1899. La veuve de l’architecte Charles Garnier évoque son passé intime dans les loges et les coulisses de ce palais d’or et de velours.

Vihta de François Bierry. Fiction, France, Belgique, 2017, Fiction, 21′, Offshore, Hélicotronc, CZAR Films, Ultime Razzia Productions. Prix Spécial du Jury (compétition nationale) au Festival de Clermont-Ferrand 2018

Syn. : Serge et ses quatre collègues sont salariés d’une petite entreprise, fraîchement rachetée par un grand groupe. En cadeau de bienvenue, ils sont conviés par leur nouvel employeur à une journée détente dans un centre thermal.

Bonobo de Zoel Aeschbacher. Fiction, Suisse, 2017, 19’00, Nouvelle Tribu, École Cantonale d’Art de Lausanne. Prix du Public au Festival de Clermont-Ferrand 2018

Syn. : Un film choral sur différents personnages vivant dans le même logement social et tous à la recherche de bonheur et de sens.

Min börda de Niki Lindroth von Bahr. Animation, Suède, 2017, 14’15, Malade AB. Cristal du court métrage au Festival d’Annecy 2017

Syn. : Comédie musicale animée aux accents apocalyptiques, en quatre épisodes qui se déroulent dans un supermarché, un hôtel pour séjours de longue durée, une plateforme téléphonique et un fast-food.

En pratique

Le Point Éphémère : 200 Quai de Valmy – 75010 Paris
Métro Jaurès (lignes 5, 2 et 7 bis), Louis Blanc (ligne 7), Bus 26, 46, 48 : Goncourt, Couronnes, Parmentier)
Projection de 22h à 23h30
5 € sur place
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Short Screens #83: « Un monde meilleur »

Face aux inquiétudes et à l’urgence d’un monde assailli par la surconsommation et la pollution, une prise de conscience citoyenne est apparue avec une série de visions et d’initiatives pour un mode de vie alternatif, plus durable, plus juste, plus en phase avec la Nature. Au mois de juin, Short Screens pose un regard sur la place qu’occupe l’être humain au sein de son environnement et propose une sélection de courts métrages engagés, tantôt des constats alarmants tantôt des rayons d’espoir pour un avenir meilleur.

Rendez-vous le jeudi 28 juin à 19h30, au cinéma Aventure, Galerie du Centre, Rue des Fripiers 57, 1000 Bruxelles – PAF 6€

Visitez la page Facebook de l’événement ici !

PROGRAMMATION

Il était une fois Marc et Lotti..;et leur âne de Çiva de Gandillac, documentaire, France, 2002, 25’

A l’heure où le pétrole flambe, voici un bel exemple d’écocitoyenneté et d’autonomie…Marc et Lotti vivent leur idéal, à 100 kilomètres des Pyrénées, et nous offrent un bol d’air salvateur.

The Cow Who Wanted To Be A Hamburger de Bill Plympton, animation, Etats-Unis, 2010, 5’50” (Plymptoons Studio)

Hypnotisé par un panneau publicitaire, un veau rêve de devenir un hamburger et est prêt à tout pour y parvenir.

Article associé : la critique du film

Bikpela Bagarap (Big Damage) de David Fedele Filmmaker, documentaire, Australie/Royaume-Uni, 24′, 2011 (David Fedele)

Un conte sur l’exploitation et les promesses brisées en Papouasie-Nouvelle-Guinée où les indigènes sont traités comme des citoyens de seconde zone dans leur propre pays, par des compagnies forestières et des politiciens corrompus.

Copier-Cloner de Louis Rigaud, animation, France, 2009, 3’16 » (Autoproduction)

Un programme informatique qui se mêle d’élevage de vaches se transforme en mauvais plan incontrôlable.

Ensemble! (Together!) de Güldem Durmaz, Belgique, 2017, 21’49 » (Altitude 100)

Réalisé dans le prolongement de l’exposition « Energie, les nouveaux rêves » au PASS (Parc d’aventures scientifiques), Ensemble ! est un film résolument positif, qui donne à voir une mosaïque d’initiatives innovantes, créatives et durables, loin du fatalisme ambiant.

Concours : 10×2 places à gagner pour revivre le palmarès d’Annecy

Le Festival d’Annecy s’est clôturé ce weekend. Nous reviendrons prochainement sur cette manifestation clé de l’animation internationale. Pour accompagner cette dernière, nous vous proposons de remporter 10×2 places pour l’une des deux séances des courts primés au festival, organisée le jeudi 28 juin à 17h au Forum des images, à Paris. Cette projection d’1h30 sera présentée par Yves Nougarède, chargé des films et de la programmation au Festival d’Annecy.

Intéressé(e)s ? Contactez-nous !

« Ce Magnifique gâteau »

Programmation

La Mort, père & fils de Denis Walgenwitz, Vincent Paronnaud (dit Winshluss). (France 2017, couleur, 13min.07, sans dialogue). Prix du jury junior pour un court métrage

Ce Magnifique gâteau de Marc James Roels, Emma De Swaef (Belgique/France/Pays-Bas 2018, couleur, 44min.). Prix André-Martin pour un court-métrage français

Cadavre exquis de Stéphanie Lansaque, François Leroy (France 2018, couleur, 12min.50, sans dialogue). Prix SACEM de la meilleure musique originale pour un court métrage

Vivat Musketeers de Anton Dyakov (Russie 2017, couleur, 5min.30, sans dialogue). Prix jeune public

Garoto transcodificado a partir de fosfeno de Rodrigo Faustini (Brésil 2017, couleur, 2min.06, sans dialogue). Prix du film «Off-Limits» (ex aequo)

The Robot Chicken Walking Dead Special: Look Who’s Walking de Thomas Sheppard (Etats-unis 2017, couleur, 22min.37, vostf). Prix du jury pour un special TV

Biciklisti de Veljko Popovic (Croatie-France 2018, couleur 7min.19, sans dialogue). Mention du jury court métrage

CIEL, du cinéma indépendant en ligne et en libre accès !

Où voir du court ? La question se pose indiscutablement quand on s’intéresse comme nous au court-métrage. Par le passé, nous avons déjà attiré à plusieurs reprises votre attention au sujet de CIEL. Ne regardez pas en haut, mais plutôt droit devant : CIEL alias Cinéma indépendant en ligne est un site internet, un webzine coloré proposant tous les trimestres des films courts en ligne et en libre accès. Le projet lancé en décembre 2014 par Ciclic, organisme très actif dans la promotion du cinéma en région Centre-Val de Loire (France), valorise comme il se doit le court, format peu visible par excellence, via des numéros thématiques, des cartes blanches, des premiers films de cineastes faisant l’actualité, des entretiens, des liens utiles (critiques, interviews, …). Comme le propose le site dédié, CIEL, c’est « la fête du court métrage toute l’année ».

« Tennis Elbow »

Lancé il y a peu, le dernier numéro, le 13ème déjà, s’intéresse au sport, à la musique et au cinéma et fait le lien avec deux festivals de type A (Cannes, Annecy), les événements sportifs (Roland Garros, la Coupe du Monde de football, le Tour de France) et les prochaines sorties de longs-métrages. Jusqu’au 25 septembre, CIEL vous propose aussi de voir et de revoir des films de qualité, qu’ils soient documentaires, animés, fictionnels, musicaux, récents ou plus anciens, très courts ou moyens-métrages.

L’exploration démarre avec 2 documentaires. En premier lieu, La Reprise du travail aux usines Wonder de Pierre Bonneau et Jacques Willemont en hommage au 50ème anniversaire de mai 68. Le court est une séquence retrouvée du film perdu Sauve qui peut Trotsky tourné en mai et juin 1968. Plan-séquence de 9 minutes, ce court militant est une immersion-vérité aux portes des usines Wonder où l’on voit une ouvrière refuser à tout prix de remettre les pieds dans son ancienne boîte à cause des « conditions dégueulasses » qu’elle y vit tous les jours. Film fort, film nécessaire, film documentaire aussi, La Reprise du travail aux usines Wonder est incontestablement notre coup de cœur de cette sélection.

Autre documentaire, consacré à l’école pour le coup : Espace d’Eléonor Gilbert, réalisé en 2014 et primé au Cinéma du Réel. Filmée dans un cadre fixe, une petite fille parle de ses déboires en cour de récréation. Déterminée, croquis à l’appui, elle explique à la réalisatrice que même si l’espace de jeu est censé appartenir à tout le monde, l’inégalité subsiste entre filles et garçons. Ces derniers « prennent toute la place, ils colonisent le terrain » et les filles peuvent à peine y jouer, et encore moins au foot. Cet état de fait est illustré de schémas, de traits tracés ou raturés, au crayon noir. Le constat est amer : les filles restent à la marge. Du terrain, de l’espace, de la société.

Côté fiction, CIEL s’intéresse dans ce 13ème numéro à plusieurs films. En premier lieu, Le Quepa sur la Vilni ! de Yann Le Quellec, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs et Prix Jean Vigo en 2013, et chroniqué par le passé sur Format Court. Ce moyen-métrage d’un peu moins de 40 minutes au casting sympa (Christophe, Bernard Hinault, Bernad Menez et Finnegan Oldfield) est une comédie “rassemblant autour du vélo une bande de bras cassés” dans laquelle interviennent un frimeur nommé Tarzan, un maire à dos d’âne, des syllabes à vélo, des jolies filles à fleurs, un ancien champion sportif, un point d’exclamation retardataire, et même un groupe d’hippies déluré sur fond de vie en jaune !

Comédie encore avec Tennis Elbow de Vital Philippot (2012), également repéré en son temps sur Format Court. Un père (Philippe Rebot, vu récemment dans Les Bigorneaux d’Alice Vial) et son fils (Marc Chaulet, bluffant dans Aglaée de Rudi Rosenberg) s’affrontent comme chaque année sur un terrain de tennis. En jouant, le père fait preuve d’une mauvaise foi jouissive, ne lâche rien, tant il est mauvais perdant, râleur, impossible. Son fils adolescent, lui, préfère à la raquette les joints, les filles et les copains. Le temps d’un match, ils s’affrontent devant Henri, le petit dernier, fan de tennis et de son père.

Fiction toujours avec After school knife fight, projeté l’an passé en séance spéciale à la Semaine de la Critique. Ses auteurs, Caroline Poggi et Jonathan Vinel, ont par le passé co-réalisé Tant qu’il y aura des fusils à pompe (Ours d’Or, Berlin 2014) et terminent actuellement leur premier long-métrage, Jessica Forever. Avec After school knife fight, trois garcons et une fille, amis et musiciens, se retrouvent pour leur ultime répétition dans la forêt, la fille, Laëtitia, s’en allant pour d’autres horizons. Entre départs et sentiments, confessions à 2 et marches à 4, le film est cisaillé par l’avenir et les souvenirs, les pas en avant et ceux à l’arrêt, les notes spontanées et les mots qui n’osent pas se dire.

Côté animation, 3 films aux techniques et aux tons très différents se laissent (re)découvrir avec beaucoup de plaisir sur CIEL. Au premier chef, Yùl et le serpent de Gabriel Harel. Celui-ci vient de réaliser La Nuit des sacs plastiques que nous venons de repérer à la Quinzaine des Réalisateurs 2018. Yùl et le serpent (2015), lauréat du Cartoon d’Or en 2016, suit le parcours de deux frères confrontés à Mike, une ordure locale, et son chien tout aussi brutal, Tyson (bien joué, les prénoms des personnages!). Scénaristiquement et musicalement, le film se démène plutôt bien entre suspense, fantastique, détermination, angles de vues et retournements de situation.

Rhizome de Boris Labbé, Prix André Martin au 39ème festival d’animation d’Annecy fait également partie de cette sélection. Infiniment petit ou grand, interaction, recomposition, tourbillon, métamorphose, travail étonnant sur le son : ce premier film professionnel datant de 2015 est un voyage, une expérience étonnante, affolante, précise et hypnotique, à voir sur très grand écran, mélangeant le dessin et la 2D. L’œil, l’oreille ne savent plus à quoi se raccrocher, tant l’envahissement est étrange, fantastique, déroutant. À noter que le nouveau projet de Boris Labbé, La Chute, sélectionné cette année à la Semaine de la Critique est tout aussi curieux, expé et fascinant. Chroniqué sur Format Court à l’occasion de Cannes, le film vient de remporter à Annecy le Prix Fipresci et une Mention spéciale André-Martin pour un court métrage français.

On termine avec une capsule des animateurs-réalisateurs belges Vincent Patar et Stéphane Aubier qu’on adore. Dans Panique au village, la course cycliste (2002), Cow boy, Indien et Cheval participent à une course à vélo. En découvrant l’énorme coupe attribuée au gagnant, Cow boy et Indien cherchent à tout prix à se l’approprier, quitte à user et abuser de tous les stratagèmes possibles. En 5 minutes, ce court issu de la série Panique au village qui donnera lieu au long-métrage éponyme, fait mouche avec ses figures en plastique, ses couleurs criardes, son ton cocasse, son excellent sens du rythme et ses accents belges pas possibles. On en redemande !

Pour rappel, ces films et d’autres encore tels que Les Astres noirs de Yann Gonzalez réalisé en 2009 (avec Julien Doré, dans l’un de ses premiers rôles), Cadrage débordement d’Eric Savin (2013), avec le formidable Kacey Mottet Klein, Un amour de télés de Denis Walgenwitz (2008) avec Christophe Salengro récemment disparu, Paris de Justine Vuylsteker (2015) dédié à Robert Desnos avec la voix de Jacques Gamblin, … sont disponibles jusqu’au 25 septembre. Une bonne opportunité pour faire le plein de bons courts, de (re)voir ces films qui font echo avec l’actualité, d’effectuer en un clic des jolis bonds dans le temps (de 1968 à 2015) et d’en savoir plus sur tous ces univers singuliers grâce aux liens associés. En attendant le 14ème numéro de CIEL et la poursuite de la fête du court.

Katia Bayer

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site internet dédié à CIEL : ciel.ciclic.fr.

Pour accéder directement au numéro 13 reprenant les films précités, cliquez ici : http://ciel.ciclic.fr/ciel13-sport-musique-et-cinema

Tiphaine Raffier: « Ça m’amusait de détruire ma ville d’enfance »

Tiphaine Raffier, dramaturge, metteuse en scène et comédienne pour le théâtre vient de réaliser La Chanson son premier court-métrage. Après avoir découvert son film lors de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, nous avions envie d’en savoir un peu plus sur l’univers de Tiphaine et son rapport au cinéma…

Qui es-tu  ?

Je suis Tiphaine Raffier, je suis actrice, auteure et metteure en scène. Et puis…  réalisatrice, maintenant (rire)

D’où t’es venue l’idée de la pièce de théâtre, puis de son adaptation cinématographique  ?

Val d’Europe, la ville dans laquelle j’ai grandi est une ville simulacre qui pratique le façadisme. La ville est une copie du patrimoine architectural européen. (faux immeubles haussmaniens, fausse place italienne, rue d’inspirations londoniennes). C’est en quittant la ville où j’avais grandi que je me suis rendue compte qu’elle était bizarre.

Comme mon premier métier c’est le théâtre, j’ai d’abord écrit une pièce sur cet endroit. Je voulais parler d’une fille, vivant à côté d’une industrie culturelle mainstream, qui se destine à l’art. Avec la distance, je me rends compte qu’en vivant à proximité du parc Disneyland et notamment de Disney Studios, tout appelait à la fiction et surtout, au cinéma. Alors la décision de traduire les mots de la pièce en image s’est imposée très rapidement.

Comment passe-t-on d’une dramaturgie théâtrale à une dramaturgie scénaristique  ?

La première question a été : comment passer du cadre de scène fixe et unique à tous les cadres possibles ? Je me suis très vite posé la question du régime des images aussi. Comment filmer cette ville ? Les images diégétiques dans le film croisent des images documentaires et  les personnages eux-mêmes se filment. Filmer ce regroupement de communes, Disney et Val d’Europe, c’est sans cesse interroger la réalité des bâtiments qui nous entourent.  L’exercice mental qui m’a fait passer du théâtre au cinéma n’a finalement été qu’un moyen extraordinaire de formuler les questions philosophiques que soulevait la ville.

Il y a des éléments perturbateurs dans ton film, comme des cartons et l’apparition de mots à l’écran. Peux-tu nous expliquer comment tu es arrivée à briser la linéarité de ton court-métrage ?

C’est exactement ça. Ce sont des éléments perturbateurs. Le film hésite au début comme s’il cherchait son sujet. Va-t-on parler de la ville ? De Barbara ? Alors qu’au final, on raconte l’histoire de Pauline. Au milieu du film, Pauline voit un documentaire animalier qui fera naître en elle une vocation, un appel. Comme une crise mystique. Mais c’est l’art qui va l’appeler (rires). À partir de là, elle va intellectualiser. Et le spectateur assiste aussi à sa progression, son cheminement plastique. Elle écrit des mots sur du papier, puis projette ces mots via un vidéo projecteur, jusqu’à ce que les mots viennent eux-mêmes coloniser le film.

D’une certaine manière, Pauline tire le film vers elle. Au début, c’est Barbara qui est maîtresse des cadres, des corps et du temps. Pauline, elle, change les codes du film, et ainsi, dérègle l’immuable sérénité de la ville.

Je me souviens que l’écriture de la pièce avait été concomitante avec ma découverte du concept de « désir mimétique » de René Girard. Barbara est la « jeune fille » parfaite, tel qu’on nous l’a présentée dans les teen movies de Disney. Dans sa perfection, elle est l’incarnation de cette ville. Pauline et Jessica n’en sont que des pâles copies. De toute manière, tout n’est qu’affaire d’imitation dans ce film. La ville imite d’autres villes. Les objets que chante Pauline imitent d’autres objets. Les filles font elles-mêmes un spectacle de sosies. Et Jessica, dans un ultime exercice d’imitation va rendre hommage aux chansons de Pauline. On imite toujours ce qui parait plus désirable. La copie est aussi fondamentale en histoire de l’art et sans le savoir, Pauline soulève aussi ces questions.

Peux-tu nous expliquer pourquoi, dans ton film, tu as décidé d’utiliser la dystopie – une société fictionnelle à l’utopie sombre – en détruisant la ville qui t’a vu grandir ?

Ça m’amusait de détruire ma ville d’enfance. Ca m’a fait beaucoup de bien, en fait (rires). Ma position sur Disney est très ambiguë. Je ne suis pas dans une critique frontale, c’est une culture qui fait partie de moi. J’ai fredonné toute ma vie des chansons de Disney. Le rêve de Walt Disney père est magnifique, fascinant. Mais c’est toujours le dilemme entre la carte et le territoire : c’est-à-dire qu’au début, on s’intéresse à la carte, au projet, au dessin. Et puis à un moment, c’est le vertige du double, quand la ville devient réelle. C’est un thème Borgesien ou Hitchcockien, comme on veut. Un jour, la ville n’est plus une maquette, elle est habitée par des êtres de chair et d’os, dont la destinée va se voir façonnée par cette ville. C’est précisément sur ce point que La Chanson est aussi politique.

Comment s’est passé le déroulement de ton film, de son écriture à sa post-production ?

J’ai déposé au CNC une première version du scénario fin 2015. On nous a alors donné le droit de nous représenter, puis on a eu l’aide à la réécriture dans un second temps. Ensuite, j’ai travaillé avec une scénariste qui s’appelle Clémence Madeleine-Perdrillat. Comme les personnages, l’univers et l’histoire étaient déjà là, Clémence m’a surtout donné les clés pour que mon scénario soit plus lisible, elle sait comment les gens lisent les projets en commission. Elle a vraiment fait preuve de pédagogie. Après, nous avons touché la contribution financière du CNC.

Le tournage a duré deux fois 5 jours. Nous avons eu pas mal de soucis avec Disney qui nous donnaient des autorisations de tournage puis nous les refusaient au dernier moment. J’ai donc dû beaucoup réécrire la veille pour le lendemain et adapter mes scènes dans de nouveaux décors.

Concernant la post-production, nous avons eu un peu plus de deux semaines de montage image, une semaine de montage son, quatre jours d’étalonnage et quatre jours de mix. Les chansons du film (sauf la première, composé par Noémie Gantier, Victoria Quesnel et moi-même) ont été écrites par Guillaume Bachelé. Nous travaillons aussi ensemble au théâtre, nous avons une langue commune, ce qui rend le travail plus fluide.

D’où est venue ta vocation artistique  et quelles sont tes références cinématographiques  ?

J’ai un père curieux, généreux qui m’a montré beaucoup de comédies musicales quand j’étais petite. J’ai aussi vu beaucoup de films de genre avec mes frères. Puis mon père, à un moment travaillait chez Hachette et il rentrait avec des DVD gratuits. Parfois, on ne les ouvrait pas, ils restaient sous plastique. Mais d’autres fois on les ouvrait. Je me souviens avoir vu Les Idiots de Lars von Trier, comme ça (rires).

Avec le théâtre, j’ai découvert Bergman, Rohmer. Et aussi Dumont, Haneke qui m’ont fascinée sur cette question du régime de l’image. On se pose alors la question de l’origine des images : d’où viennent-elles ? Sont-elles fictionnelles ? Documentaires ? Quelles sont leurs portées ? Quel est le point de vue de l’auteur ?… Avec Rohmer, j’ai découvert l’intensité du dialogue et les questions philosophiques qui peuvent surgir d’une histoire très simple.

J’ai aussi fait une option cinéma à la fac. C’est là que j’ai découvert Hitchcock. Hitchcock, c’est magnifique pour apprendre à lire un film. Ensuite, j’ai suivi un parcours plus autodidacte : je passe des heures sur le site du Forum des Images. Je suis quelqu’un qui ne s’ennuie pas du tout devant une master class. J’adore les gens qui passent des heures à décortiquer quatre plans. Le cinéma a cette vertu d’être totalement divertissant et d’être en même temps une source de savoir inépuisable. Le cinéma est l’art où la pensée, le spectaculaire et l’émotion pure sont compatibles. Aller au cinéma me remet toujours dans un état de petite enfance. Parce que c’est une expérience intense et que face à l’écran, on se sent tout petit.

Si tu devais me citer un court-métrage qui a marqué ta vie…

Boro in the box de Bertrand Mandico et peut-être aussi La Boulangère de Monceau d’Eric Rohmer.

Propos recueillis par Pierre Le Gall

Article associé : la critique du film

Consulter la fiche technique du film

Séances au top : Format Court squatte le rooftop du Point Ephémère !

Bonne info : Format Court participe aux Séances au top organisées par le Point Ephémère (Paris 10ème) cet été. 5 cartes blanches offertes à Format Court auront lieu sur le rooftop du lieu les 20 juin, 5 et 26 juillet, 8 août et 13 septembre. Du cinéma sur le toit, un écran géant, des casques audio, des programmations éclectiques, des films français et étrangers, des courts récents ou non, des réalisateurs présents, … : soyez de la partie, venez voir du court, rencontrer notre équipe et nos invités, croquer du pop corn au Wasabi et des chouchous caramélisés !

Tout au long de l’été, nous vous informerons sur ces toutes nouvelles soirées sympas. La première Séance au top aura lieu ce mercredi 20 juin 2018 de 21h30 à 23h30 et sera présentée par Juliette Lytovchenko (Format Court), accompagnée par Mor Israeli (réalisatrice de Clapotis) et Heloïse Pelloquet (réalisatrice de L’Âge des sirènes).

Programmation

The Mad Half Hour de Leonardo Brzezicki. Fiction, 22’, Danemark, Argentine, 2015, Rewind My Future Films). Prix Format Court au Festival IndieLisboa 2015, sélectionné à la Berlinale 2015. 

Syn. : « The Mad Half Hour » raconte l’histoire d’un tourment intérieur : les doutes existentiels d’un jeune couple à Buenos Aires.

Articles associés : la critique du filml’interview de Leonardo Brzezicki

Clapotis de Mor Israeli. Animation, 4′, France, 2017, La Poudrière. Sélectionné au Festival de Clermont-Ferrand et d’Hiroshima 2018. En présence de la réalisatrice.

Syn. : Un après-midi d’hiver à la piscine.

L’Âge des sirènes de Heloïse Pelloquet. Fiction, 27′, 2016, France, Why Not Productions. Prix du Syndicat Français de la Critique 2016. En présence de la réalisatrice.

Syn. : Mattis vit sur une petite île et vient d’avoir son brevet. Durant l’été, il travaille sur un bateau de pêcheur, et s’interroge sur son avenir.

Guida de Rosana Urbes. Animation, Brésil, 2014, 11’, RR animaçao de filmes). Mention du jury Fipresci, Prix « Jean-Luc Xiberras » de la première œuvre au Festival d’Annecy 2015

Syn. : Guida, une dame douce qui travaille depuis trente ans comme archiviste pour le tribunal de la ville change sa routine ennuyeuse en voyant une petite annonce pour un cours de dessin d’après modèle vivant donné dans un centre culturel.

Article associé : l’interview de Rosana Urbes

Une nuit à Tokoriki (O noapte în Tokoriki) de Roxana Stroe. Fiction, 18′, 2016, Roumanie, UNATC.Prix Format Court au Festival de Namur 2016, sélectionné à la Berlinale 2016

Syn. : Dans une discothèque improvisée appelée « Tokoriki », le village entier célèbre le 18ème anniversaire de Geanina. Son petit ami et Alin vont lui donner un cadeau surprenant, un cadeau que personne ne pourra jamais oublier.

Article associé : la critique du film

En pratique

Le Point Éphémère : 200 Quai de Valmy – 75010 Paris
Métro Jaurès (lignes 5, 2 et 7 bis), Louis Blanc (ligne 7), Bus 26, 46, 48 : Goncourt, Couronnes, Parmentier)
Projection de 21h30 à 23h30
5 € sur place
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L’Amie du dimanche de Guillaume Brac, prix Jean Vigo du court métrage 2018

Les Prix Jean Vigo 2018 ont été remis ce lundi 11 juin à 19h30 au Centre Pompidou par Agnès Varda en présence des lauréats. L’Amie du dimanche (1ère partie de Contes d’été) de Guillaume Brac (réalisateur de longs comme de courts – Hanne et la fête nationale, Le Repos des braves, Un monde sans femmes, Le Naufragé, Le Funambule) a remporté le Prix Jean Vigo du court-métrage 2018. Le film est produit par Bathysphère productions.

Le Jury a décidé également d’attribuer le Prix Jean Vigo du long métrage à deux films : Un Couteau dans le coeur de Yann Gonzalez (présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes) et Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (présenté à la Semaine de la Critique). Deux réalisateurs venus du court : Yann Gonzalez a réalisé plusieurs film courts (Les Îles, Land of my dreams, Nous ne serons plus jamais seuls, La Tristesse des androïdes, Les Astres noirs et Je vous hais petites filles). Tout comme Jean-Bernard Marlin avec La Fugue et La Peau dure (co-réaliséavec Benoît Hambourg).

Reprise de la Sélection de la Cinéfondation à la Cinémathèque

Pour clôturer le cycle des reprises parisiennes des films courts de Cannes, la Cinémathèque accueille ce lundi 11 juin à 21h dans le cadre de son rendez-vous hebdomadaire « Aujourd’hui le cinéma » une sélection de la Cinéfondation 2018 (films d’école en compétition à Cannes). La séance, présentée par Dimitra Karya (directrice de la sélection de la Cinéfondation), est composée de 5 films internationaux, révélateurs de la créativité des cinéastes de demain. Trois d’entre eux ont été primés par le Jury de cette année présidé par Bertrand Bonello.

« Fragment de drame »

Programmation

– Cosi in terra de Pier Lorenzo Pisano. Italie

– Fragment de drame de Laura Garcia. France

– Inanimate de Lucia Bulgheroni. Royaume-Uni. 3ème Prix, Cinéfondation 2018

– The Storms In Our Blood (Dong wu xiong meng) de Di Shen. Chine. 2ème Prix ex-aequo, Cinéfondation 2018

– El Verano del león eléctrico de Diego Céspedes. Chili. 1er Prix, Cinéfondation 2018

Infos, billets : http://www.cinematheque.fr/seance/29696.html