We’ll become oil de Mihai Grecu

Mihai Grecu est un auteur expérimental qui sait jouer avec les émotions du spectateur. Son dernier film, « We’ll become oil », dresse un tableau noir et hyper esthétique du monde contemporain centré sur son fondement énergétique, le pétrole. Un peu comme dans son précédent film « Centipede sun », le réalisateur roumain crée des images épurées qui nous font pénétrer dans un univers visuel et sonore hypnotique où la matière et les éléments prennent vie et nous amène à une profonde réflexion sur notre propre nature et l’époque que nous traversons. Avec « We’ll become oil », la terre, l’air, le feu et l’eau, entre harmonie et déséquilibres, suscitent la fascination.

Le film débute par un lent panoramique qui nous fait découvrir le paysage magnifique et aride d’une montagne hérissée de pics se dressant sous un soleil de plomb. Dans l’environnement sonore, des fréquences radio se brouillent et font écho aux commentaires techniques de quelques pilotes aéroportés. Survolant en rase-motte l’étendue désertique, des hélicoptères de combat entrent dans l’image pour se livrer à une troublante chorégraphie. Dans la tempête de sable que soulève le mouvement des rotors, ils ont l’air de danser, par paire ou en ronde, semblant célébrer le triomphe technologique et destructeur. Soudain, comme pris d’une folie incontrôlable qu’on mesure être celle des hommes, les hélicoptères se ruent les uns sur les autres, s’écrasant au sol dans un chaos de flammes et d’émanations toxiques. Une épaisse fumée noire s’élève au-dessus des dunes de sable. Dans un plan large, le nuage obscur envahit tout l’espace d’un paysage à l’état sauvage, emplissant l’atmosphère d’un tourbillon délétère. Comme dans les incendies des puits de pétrole irakiens, un feu ardent jaillit du sol, dressant au dessus de lui des colonnes de gaz apocalyptiques. Un plan aérien nous fait survoler un paysage côtier, en arrière-plan, d’intarissables feux de puits s’embrasent, la caméra plane au-dessus d’un lac d’essence pour nous plonger dans les envoutants reflets irisés d’une marée noire globale.

« We’ll become oil » est un film magnétique qui, en jouant sur la force des éléments, parvient avec subtilité à nous faire saisir la beauté dans la dévastation. S’emparant du rapport paradoxal entre la nature et les hommes, il fait l’allégorie d’une époque destructrice de prédation et de folie humaine, celle de la fin du pétrole.

Xavier Gourdet

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W comme We’ll become oil

Fiche technique

Synopsis : Des étendues désertiques portent les stigmates d’un méta-conflit, au delà des controverses politiques ou idéologiques visibles. Un état de crise continue et inexplicable envahit l’espace, transformant des paysages minéraux en scènes de guerre. L’histoire du pétrole prend le dessus sur l’Histoire.

Genre : Animation, Expérimental

Durée : 8’

Année : 2011

Pays : Roumanie

Réalisation : Mihai Grecu

Scénario : Mihai Grecu

Production : Mihai Grecu

Musique : Yann Weissgerber

Effets spéciaux : Rémi Levallois, David Louis, Sébastien Eballard, Mihai Grecu

Article associé : la critique du film

I comme In Loving Memory

Fiche technique

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Synopsis : Une lettre d’amour des limbes du souvenir où se mêlent charme rétro des pellicules Super 8 et science-fiction futuriste.

Genre : Fiction, Expérimental

Durée : 10’

Pays : France

Année : 2011

Réalisation : Jacky Goldberg

Scénario : Jacky Goldberg

Image : Jacky Goldberg

Montage : Carole Lepage

Son : Vincent Villa

Musique : Nicolas Rabaeus

Interprétation : Cassandre Ortiz

Production : GREC

Articles associés : la critique du film, l’interview de Jacky Goldberg

Jean-Christophe Reymond : « Le court est un formidable terrain de jeu, c’est pour ça que j’aime faire des films différents et non formatés »

À l’occasion de la carte blanche offerte à la société Kazak Productions cette année à Clermont-Ferrand, nous avons rencontré Jean-Christophe Reymond pour qu’il nous explique ses choix et nous parle de son métier de producteur.

Peux-tu nous dire brièvement d’où tu viens et comment tu en es arrivé à la production cinématographique ?

Je viens d’une banlieue parisienne bourgeoise où il ne se passait pas grand-chose. A 20 minutes de chez moi, il y avait un seul petit cinéma, mais j’ai dû y aller quatre fois seulement. Je regardais beaucoup la télévision, j’ignorais d’ailleurs qu’il existait autant de métiers autour du cinéma, je n’avais jamais envisagé de travailler dans ce domaine. J’avais fait une école de commerce, mais les métiers possibles à la sortie des études ne m’excitaient pas beaucoup. Pendant ma formation, j’ai rencontré un cinéphile qui présentait le concours de La fémis qui m’a parlé du métier de producteur. À la fin de mes études, j’ai fait un stage chez TF1 et j’ai préparé le concours d’entrée à La fémis. Je me suis donc mis à voir 5 Truffaut, 5 Rohmer, 5 Kurosawa, par jour, et à côté, j’ai présenté un concours pour un DESS dans l’audiovisuel qui forme des cadres qui travaillent chez Canal + ou TF1. J’ai été pris aux deux mais j’ai choisi La fémis où j’ai vraiment découvert le cinéma et la pratique.

Combien de temps as-tu étudié à La fémis ?

Théoriquement trois ans, en pratique, quatre. La production et la réalisation de films se prolongent encore pendant 8 mois après la fin des études.

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« Embrasser les tigres »

C’est à La fémis que tu as rencontré Teddy Lussi-Modeste et que tu as produit son film de fin d’études ?

Tout à fait. « Embrasser les tigres ».

La plupart des gens avec tu travailles sortent justement de La fémis. Pour toi, c’est un gage de qualité ?

En réalité, La fémis n’est pas un gage de qualité, mais un gage de compétences techniques. D’ailleurs, je ne travaille avec aucun réalisateur qui sort de la branche « réalisation ». Par exemple, Teddy Lussi-Modeste, Nicolas Silhol et Julia Ducourneau aussi étaient en scénario, Claudine Natkin était en image, certains en montage. En fait, ce sont les premières personnes que j’ai rencontrées dans ce milieu-là, donc j’ai commencé à travaillé avec eux, en leur disant que j’allais les produire en sortant de l’école ; puis petit à petit, j’ai rencontré d’autres gens. Ça fait qu’aujourd’hui, j’ai 5 longs-métrages en développement et seulement une personne de La fémis sur les 5. Avec toute l’équipe de Teddy, sa chef op’, son ingé son, sa monteuse, sa chef déco, on a fait ses 3 courts ensemble et le long-métrage « Jimmy Rivière » ensuite. Et sur les 25 courts que j’ai produits, j’ai dû en faire 15 avec cette même équipe. Du coup, oui, La fémis nous a permis de créer cette petite famille du cinéma.

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« Même pas mort »

Tu as reçu une aide de La fémis pour créer ta boîte ? L’as-tu ouverte juste à la sortie de tes études ?

Non, pendant deux ans, j’ai travaillé dans une autre boîte : Aurora Films. Je suis sorti de La fémis en 2004 et en fait, entre 2004 et 2007, j’étais chez Aurora Films. En sortant, j’avais un projet de court-métrage, je voulais en développer deux autres et j’ai rencontré Charlotte Vincent de chez Aurora Films. Par conséquent, je lui avais demandé si je pouvais développer des projets chez elle. J’ai donc monté les courts et tout de suite, le film « Même pas mort » a été à Cannes et a bien marché. On a fait deux autres films qui ont bien marché et j’ai commencé à en développer d’autres, si bien que j’ai dit à Charlotte que j’allais monter ma propre boîte. On est resté en très bons termes. Donc, non je n’ai pas reçu d’aide particulière de La fémis, mais c’est déjà une telle aide d’y avoir été, c’est un tel réseau et un tel enseignement que c’est déjà beaucoup. Je ne serais d’ailleurs pas là si je n’avais pas été à La fémis.

Tu as créé Kazak en 2007 donc. Petite curiosité : d’où vient le nom « Kazak » ?

En fait, je cherchais un film qui n’avais ni sens, ni connotation qui fasse penser à un film ou à quoi que ce soit. Accessoirement, c’est un palindrome, et puis, c’est visuel et sonore.

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« Jimmy Rivière »

Y a-t-il des grands producteurs que tu admires ? Lorsqu’on observe les activités et le fonctionnement de ta boîte, on peut penser au travail de Pascal Caucheteux de Why Not Productions.

Je ne connaissais pas Pascal Caucheteux, ni humainement, ni dans sa manière de travailler avant d’intégrer La fémis. Je me suis rendu compte que les films de Beauvois, de Desplechin, de Podalydès étaient produits par lui, et j’ai lu des choses sur lui. Après, j’ai été forcément admiratif du personnage. En plus, il intervenait à La fémis, mais sous forme d’une journée dans l’année. Et comme on était seulement 5 étudiants en production, on le voyait et on pouvait discuter avec lui. Et en effet, je me suis rendu compte que c’était un homme assez exceptionnel. En sortant de l’école, je me suis dit que j’aurais bien aimé travailler chez lui, mais beaucoup de gens se le disent chaque année. Il m’avait dit oui parce que justement, j’avais un cursus moins intello, de par mon passage par une école de commerce. Finalement, j’ai refusé en lui disant qu’il valait mieux que je monte ma propre boîte de production pour essayer de faire des choses par moi-même et pas aller tout de suite chez Why not Productions parce que quelque part, c’était trop confortable.

As-tu d’autres références au niveau de la production ?

Luc Besson serait l’autre, sans aucune ironie. C’est le seul qui a su faire une major créer un style de films qui n’existait pas auparavant en France, faire un cinéma fait par des « pubeurs » et des « clippeurs » qui s’adresse aux gens de la banlieue, etc… Je ne parle forcément du cinéaste, mais oui, c’est un producteur que j’ai en admiration. D’ailleurs, la seule fois où j’ai acheté des actions dans ma vie, ça a été des actions EuropaCorp.

En parlant des producteurs, es-tu d’accord avec le fait que le métier a beaucoup évolué et qu’on est loin des Georges de Beauregard ou Carlo Ponti, qu’aujourd’hui, les producteurs s’investissent beaucoup plus dans le processus artistique ?

Je suis d’accord, après, je pense qu’aujourd’hui, on est une génération de producteurs beaucoup plus formés à la gestion et à l’économie au préalable. Dans mon entourage, plusieurs producteurs ont fait HEC, l’ESSEC ou Dauphine, … . Peu importe le niveau de l’école, mais on est face à des personnes qui savent aussi gérer des boîtes, ce qui n’est pas négligeable parce qu’il y a peut-être de grands producteurs, mais il y a aussi de mauvais gestionnaires. Ça permet à des gens qui n’ont pas beaucoup d’argent, de produire des films. Après, il est évident que si on travaille comme des malades et qu’en plus, on gagne mal notre vie, il faut qu’on s’y retrouve quelque part et ça passe par l’implication dans les projets. Effectivement, je suis très impliqué dans le scénario, je passe même commande à des auteurs, et je suis présent aussi au montage. Je pense que tous les producteurs le font à leur manière. Après, c’est à chacun de trouver sa place. Il existe des producteurs qui sont de très bons financiers, d’autres de très bons commerciaux…

As-tu déjà voulu passer à la réalisation comme de nombreux producteurs ?

Non, mais ce qui était génial à La fémis justement, c’est qu’en première année, on est obligé de réaliser un film. En fait, la première année, pour tous les étudiants, est commune, on est juste élève de première année et pas élève en réalisation ou en image ou en production. Tout le monde valide donc un film en pellicule à la fin de la première année. Moi, j’ai plutôt eu du mal avec la réalisation, je savais que je voulais aller en production.

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« Ce qu’il restera de nous »

Te considères-tu vraiment libre dans tes choix artistiques de producteur pour t’engager et développer un projet, sachant qu’aujourd’hui, rares sont les producteurs qui financent eux-mêmes leurs films ?

En court métrage, vu l’enjeu financier, j’autoproduis des films par exemple. Je fais un ou deux films par an autoproduits parce que je peux, avec la société, mettre 20 000 ou 30 000 euros par an dans des films. Je ne peux pas mettre plus, à l’échelle d’un long-métrage, c’est anecdotique, donc en gros, ça me permet de faire des courts très libres, comme par exemple « Ce qu’il restera de nous » ou « Faiblesses ». En court, j’essaie d’avoir la liberté de me dire que si j’ai un coup de cœur sur un projet, il peut prendre vie.

À l’heure actuelle, vit-on du court métrage en tant que producteur ?

Lorsque j’étais chez Aurora Films, j’étais directeur de production, ce qui m’a permis de gagner un peu ma vie puis d’avoir une année d’indemnités au chômage et j’ai pu ainsi créer ma boîte, mais là, effectivement, je ne vis pas du court et les courts ne font vivre personne. J’ai pu me payer un peu avec « Jimmy Rivière », mais c’est tout. Les courts permettent de payer un peu de frais généraux de la boîte, au même titre que la boîte permet de continuer à faire des films. Après, pour les salaires, à l’image de ce qui se passe dans toutes les boîtes de production, tout le monde est au statut d’intermittent du spectacle. C’est aussi pour ça qu’on se bat pour développer des longs. Ssi dans 6 mois, on n’a produit aucun long, ça sera en effet difficile. Mais c’est un choix.

N’as-tu jamais été tenté de faire, comme beaucoup de boîtes de production, de la pub ou de l’institutionnel ?

Non. C’est du temps et de l’investissement, ensuite, tu ne peux plus te consacrer aux autres projets de fiction. Par conséquent, si tu mets 15 ans à monter tes projets de fiction, ça ne m’intéresse pas forcément. Personnellement, je m’étais dit que je monterais ma boîte et que si à 30 ans, je n’avais toujours pas fait de long, j’arrêtais. A cet âge-là, je n’avais certes pas encore fait « Jimmy Rivière », mais on était vraiment sur le point de le faire. J’ai malheureusement l’impression que ceux qui ont une boîte de production depuis plus de 15 ans sans n’avoir jamais produit de long ne changeront jamais. Dans mon cas, si je n’y arrive pas, je changerai de métier, mais pour le moment, j’ai des ambitions, j’ai envie que les courts que je produis fonctionnent et j’ai envie de réussir à produire d’autres longs. A un moment donné, il faut savoir dire stop au court. Le court est un formidable terrain de jeu, dans le sens créatif et ludique, c’est pour ça que j’aime faire des films différents et non formatés, mais mon but n’a jamais été de rester dans le court métrage. J’aime m’amuser et suivre les gens avec qui je travaille. C’est d’ailleurs pour ça que c’est très important pour moi de dire à mes auteurs de courts :  » ratez vos films », jusqu’à présent, je suis fier de dire que personne n’est parti de Kazak. J’ai éventuellement pu refuser des projets, mais aucun auteur n’a quitté la boîte.

Chez Kazak Productions, cherchez-vous de nouveaux auteurs ?

Le problème n’est pas la curiosité, ni l’envie mais le temps. On cherche des gens et des projets, mais on n’a pas toujours le temps et l’énergie à leur consacrer, mais on lit tout et on répond à tout le monde.

Qu’est-ce qui définit votre ligne éditoriale ?

On essaye de ne pas faire comme les autres, le court métrage n’étant pas formaté. Avec le long-métrage, on dépend énormément de fonds et de financements extérieurs. Dans le court, il y a quand même une grande liberté, donc pour moi, il faut que les auteurs se radicalisent le plus possible, que la proposition de départ aille le plus loin possible.

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« Pandore »

Tu te retrouves ici au Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, entre autres, parce que tu es Lauréat du Prix Procirep 2011 pour lequel, tu as reçu une dotation de 7500€ à réinvestir dans un prochain court-métrage. Dans quel projet vas-tu utiliser cet argent ?

Celui de Virgil Vernier (ndlr – réalisateur du film « Pandore »). Le film s’appelle « Orléans » et parle de deux danseuses de strip-tease qui suivent les Fêtes de Jeanne d’Arc, à Orléans. Le projet se situe entre le documentaire et la fiction, en ce moment, on est en post-production.

Concernant la carte blanche qui vous est offerte à Clermont-Ferrand, comment se sont faits tes choix de films ?

On a essayé de trouver des films représentatifs de ce qu’on peut être, donc on a mis trois de nos films et cinq films produits par d’autres. Ces cinq courts métrages que j’ai choisis, ce sont tout simplement des films que j’adore et que j’aurais presque aimé produire.

Propos recueillis par Camille Monin

Article associé : Kazak x 3, le reportage sur la société de production Kazak Productions

La carte blanche Kazak productions est programmée au Festival de Clermont-Ferrand dans le cadre des programmes CB1 et CB2

Kazak x 3

Le cru 2012 de la 34e édition du Festival International de Clermont-Ferrand a un goût de Kazak. Lauréat du Prix Procirep 2011 du meilleur producteur, Kazak Productions s’est vu en effet offrir une carte blanche lors du plus grand festival de court métrages. À l’image de leur « ligne éditoriale » qui se veut contemporaine, hétéroclite et osée voire radicale, ils nous proposent ici une sélection diversifiée et tranchée.

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"Junior"

L’occasion de voir ou de revoir entre autres, des films comme : « Impaled » du provoquant Larry Clark (2006 – 38’) qui nous propose un casting de jeunes hommes pour un rôle d’acteur porno ; la première version de Tomboy en plus dérangeante, « Même pas mort » de Claudine Natkin (2006 – 15’ – Kazak Productions), « Moonlight Lover » de Guilhem Amesland (2010 – 27’ – Caïmans Productions) avec le fameux Vincent Macaigne ; le génialissime « Junior » de Julia Ducournau ou comment faire de la puberté un évènement fantastique (2011 – 21’30’’ – Kazak Productions), le film d’animation sur-primé « La Saint-Festin » de Léo Marchand et Anne-Laure Daffis (2007 – 15’40’’ – Lardux Films) ; ou encore le film barré « Dans leur peau » d’Arnaud Malherbe (2007 – 22’ – R !Stone Productions).

Pas moins de trois films produits par Jean-Christophe Reymond et toute son équipe de chez Kazak Productions sont également en compétition dans la sélection nationale. Entre le 27 janvier et le 3 février, on aura donc l’opportunité de voir le dénonciateur « Parmi nous » de Clément Cogitore, le décalé « Double mixte » de Vincent Mariette et le très attendu « Ce qu’il restera de nous » de Vincent Macaigne qui passe pour la première fois derrière la caméra.

« Parmi nous » de Clément Cogitore

Le pitch du film annonce ceci : Amin, jeune clandestin, vient de rejoindre un campement dans la forêt. Chaque nuit est l’occasion de tenter de gagner la zone portuaire et d’embarquer sous les camions. À la lecture de ces quelques lignes, on pense encore avoir affaire à un film avec pour thème les clandestins et leur – triste – destin. Mais si on se penche un peu plus sur le cas Cogitore en association avec l’énergie de Kazak Productions, on devine déjà que ce film-là sera à part.

Effectivement, « Parmi nous » offre une vision très contemporaine des états d’âme d’un jeune clandestin : celle de sa confrontation avec les jeunes d’une rave party ayant lieu dans la même forêt que là où il se réfugie. La découverte de la musique techno, avec l’état de transe qui va avec, transforme notre héros qui devient alors un de plus parmi eux, parmi nous et ce, quelles que soient ses origines. On se retrouve donc face à une introduction plutôt classique, voire déjà vue, avec le débarquement de nouveaux clandestins dans un campement au cœur d’une forêt. Le film prend ensuite une toute autre allure, caractéristique assez typique des films qu’on voit sortir de chez Kazak Productions, en entraînant le spectateur là où il ne s’y attend pas.

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Lorsqu’on dit que « Parmi nous » est un ovni, c’est que la patte de Clément Cogitore y est aussi et surtout pour quelque chose. Ce jeune réalisateur de moins de 30 ans en est déjà à son quatrième film et c’est sans parler des multiples installations, travaux vidéo et expositions photos qu’il a également réalisés. Lorsqu’on sait qu’il a étudié aux Arts Déco et qu’il sort du Fresnoy avec qui plus est, la participation à plusieurs résidences d’artistes, on comprend mieux son souci de l’esthétique qui ressort de ce court-métrage. Malgré une image très – trop – sombre, quelque peu floue de temps à autre et une caméra qui bouge continuellement, on est transporté à l’intérieur même de la trame, jusqu’à resentir l’humidité de cette forêt.

Clément Cogitore est non seulement à cheval entre l’Art vidéo et un cinéma plus dramaturgique, il l’est aussi entre la fiction et le documentaire, avec lui, les frontières n’existent pas. Il en va de même pour les personnages de ce film pour lesquels il n’y a plus de limites, si ce n’est celles de la survie. Si bien que durant 30 minutes, on tremble, on danse et on pleure à l’écoute d’un des clandestins arrêtés criant son invulnérabilité et face à cette image finale qu’on vous laisse découvrir.

« Ce qu’il restera de nous » de Vincent Macaigne

Au départ, on a appris à retenir le nom de Vincent Macaigne en tant que comédien. Très présent certes sur les planches, on l’a aussi vu dans de nombreux films, dont « Un monde sans femmes » de Guillaume Brac, moyen-métrage ultra sélectionné, sur-primé et récemment nominé aux Césars. On en garde l’image d’un type au physique opposé à celui du beau gosse, souvent dans des rôles de paumé ou de défaitiste, mais absolument inoubliable tant il en impose. Il sait en effet nous faire passer du rire aux larmes en un rien de temps et toutes ses interprétations sont remarquables. Si bien que lorsqu’on apprend que Vincent Macaigne passe derrière la caméra, on est bien sûr curieux du résultat, même si son expérience mise en scène, au théâtre, a forcément joué au niveau de la direction d’acteurs dans ce film.

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« Ce qu’il restera de nous » raconte la confrontation explosive de deux frères suite à la mort de leur père. Pendant 40 minutes, nous avons donc affaire à un trio de comédiens en confrontation hystérique : les deux frères et l’épouse de l’un d’eux, interprétée par la génialissime Laure Calamy. Il y a très peu de décors (les bords de la Loire, une maison familiale, une voiture), très peu d’effets de réalisation, mais plutôt une volonté de simplicité de manière à ce que les comédiens à eux seuls puissent occuper tout l’espace et concentrer toute notre attention sur ce qu’ils se balancent à la figure.

Ce film est avant tout une histoire de rencontre : celle des trois personnages qui finalement ne se sont jamais vraiment parlés, celle de Jean-Christophe Reymond qui s’est s’embarqué avec Vincent Macaigne pour réaliser un film sans moyens et celle de ce dernier avec le cinéma en tant que réalisateur. On imagine en plus qu’il subsiste une rencontre implicite : celle de Vincent Macaigne avec ses propres démons. À travers ce film, il crie enfin ce qu’il a à dire ou bien, il met à l’épreuve ses comédiens en les faisant exploser littéralement, les deux étant notables.

On osera dire qu’on sort fatigué d’autant de cris et de violence verbale, voire affecté par autant de provocation, particulièrement avec la séquence de Laure Calamy se recouvrant le visage de rouge à lèvres. Le résultat est néanmoins intéressant : on pourrait y voir seulement un exercice d’acting avec une histoire de famille en fond et pourtant, on est pris aux tripes par la crudité et la vérité qui en ressortent. Désormais, on a donc envie de retenir le nom de Vincent Macaigne dans la catégorie des réalisateurs.

« Double mixte » de Vincent Mariette

Vincent Mariette, pour celles et ceux qui auraient oublié, c’est le réalisateur du film « Le meilleur ami de l’homme » avec pour rôles principaux, Moustic et un berger allemand et qui a probablement été le court-métrage le plus vu et le plus apprécié de la Collection Canal +.

Son nouveau film « Double mixte » n’a pas grand-chose à voir avec le précédent si ce n’est de jouer à nouveau la carte de l’humour noir en utilisant des personnages pourtant assez clichés. Encore une fois, le spectateur est dubitatif à savoir s’il doit rire ou plaindre les personnages paumés/ angoissés que peint Vincent Mariette, un bodyguard barré, sa sœur nymphomane et un personnage anxieux.

Le trio de comédiens qui interprète ces personnages fonctionne à merveille : Gilles Cohen, égal à lui-même, est parfait en flic névrosé, Claude Perron, malheureusement sous-employée dans le cinéma français, est jouissive dans son rôle de folle à lier et Alexandre Steiger, quant lui, est définitivement un acteur à suivre, même si trop souvent engagé pour des personnages similaires, de type un peu obtus, dépassé par la situation.

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On notera le travail de Julien Poupard à l’image (qui est doublement présent à Clermont-Ferrand puisqu’il est également chef opérateur sur « Courir » de Maud Alpi) qui sait recréer une ambiance froide, pesante voire presque étouffante, un peu passée de mode justement pour qu’on ne sache pas vraiment situer le film dans le temps. La musique d’Emmanuel d’Orlando joue un peu le même rôle, à la fois ultra contemporaine et vieux jeu, mêlant le classique et la techno.

Avec « Double mixte », on a donc affaire à un film qui ressemble à une simple comédie teintée de psychologie, mais qui finalement casse les clichés et permet au spectateur de ne jamais être passif. On aurait pourtant souhaité que Vincent Mariette adopte un ton encore plus décalé, tant les éléments absurdes sont réunis dans son dernier film. S’il ne gagne pas le Grand Prix de Clermont-Ferrand, il a néanmoins tous les atouts pour passer au long-métrage avec une signature bien identifiée.

Camille Monin

Consulter la fiche technique de « Parmi nous », « Ce qu’il restera de nous » et « Double mixte »

Article associé : l’interview de Jean-Christophe Reymond, producteur de Kazak Productions

Ces trois films sont projetés au Festival de Clermont-Ferrand dans le cadre des programmes nationaux : « Parmi nous » en F12, « Ce qu’il restera de nous » en F11 et « Double mixte » en F8

C comme Ce qu’il restera de nous

Fiche techique

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Synopsis : Une histoire tragique, celle de deux frères qui font face à la mort de leur père. L’un a été aimé et l’autre injustement délaissé par le père qui ne lui laisse rien. Le favori, celui qui en a le moins besoin et qui est le plus désintéressé par l’argent, hérite de tout.

Réalisation : Vincent Macaigne

Genre : Fiction

Durée : 40’

Pays : France

Année : 2011

Scénario : Vincent Macaigne

Image : Vincent Macaigne

Son : Romain Vuillet

Musique : Nihil Bordures

Montage : Vincent Macaigne

Interprétation : Thibault Lacroix , Laure Calamy , Anthony Paliotti

Montage Son : Julien Ngo-Trong

Mixage Son : Ivan Gariel

Production : Kazak productions

Article associé : – Kazak x 3, le reportage sur la société de production Kazak Productions

D comme Double mixte

Fiche technique

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Synopsis : En attente d’un important procès pour lequel il doit témoigner, Jean est placé sous la protection d’Arthur, flic légèrement intrusif voire complètement relou. Voyant du danger partout, Arthur décide d’emmener Jean à l’abri chez sa sœur, l’inquiétante Margaret.

Genre : Fiction

Durée : 25’

Pays : France

Année : 2011

Réalisation : Vincent Mariette

Scénario : Vincent Mariette

Image : Julien Poupard

Montage : Nicolas Desmaison

Son : Nicolas Waschkowski, Francis Bernard et Ivan Gariel

Décors : Étienne David

Musique : Emmanuel d’Orlando

Interprétation : Alexandre Steiger, Gilles Cohen et Claude Perron

Production : Kazak Productions – Amaury Ovise

Article associé : – Kazak x 3, le reportage sur la société de production Kazak Productions

P comme Parmi nous

Fiche technique

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Synopsis : Amin, jeune clandestin, vient de rejoindre un campement au bord de la forêt. Chaque nuit est l’occasion de tenter de gagner la zone portuaire et d’embarquer sous les camions. Au cours de cette trajectoire sans cesse renouvelée dans le paysage, il découvre qu’entre la forêt et les hommes qui la parcourent, agissent d’autres groupes, d’autres visages, d’autres espaces.

Genre : drame

Durée : 30’

Pays : France

Année : 2011

Réalisation : Clément Cogitore

Scénario : Clément Cogitore

Image : Sylvain Verdet

Montage : Isabelle Manquillet

Son : Antoine Corbin

Décors : Frédérique Doublet

Musique :

Interprétation : Murat Ali Subasi , Khalifa Natour , Maurad Saad

Production : Kazak Productions

Article associé : – Kazak x 3, le reportage sur la société de production Kazak Productions

 

Piqûre de rappel : la soirée Format Court a lieu ce mardi !

C’est ce mardi 31 janvier que notre fameuse soirée Format Court est prévue, avec le concours de Collectif Prod et l’Espace Beaujon. Jazz, couleurs, hommes-objets, angoisse, humour, consumérisme et voyeurisme au programme.

Films programmés

Dripped de Léo Verrier. Animation, 8′10″, 2010, France

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Synopsis : New York, 1950. Passionné de peinture, Jack écume les musées à longueur de journée. Il y vole des tableaux qu’il cache ensuite chez lui pour…

Articles associés : la critique du film, l’interview du réalisateur

Csicska de Attila Till. Fiction, 20′, Hongrie, 2011

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Synopsis : Istvan Balogh, agriculteur hongrois, a le contrôle total de sa femme, de sa famille et de son esclave. Les personnages croisent leur destin tragique à cause de leurs relations extrêmes. Ce film a été inspiré par les souvenirs de personnes qui ont survécu à de telles situations.

Articles associés : la critique du filml’interview du réalisateur

Conversation piece de Joe Tunmer. Expérimental, Fiction, 7′, 2009, Royaume-Uni

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Synopsis : Un dimanche matin, Jean remarque que son vase préféré a été ébréché. Elle accuse Maurice, son mari, qui nie en bloc. Mais Jean veut absolument savoir ce qui s’est passé. Dans cette extraordinaire comédie musicale, chaque syllabe prononcée correspond à une note précise de “Conversation piece”, un morceau improvisé en 1966 par le cornettiste de jazz Rex Stewart.

Article associé : la critique du film

La inviolabilidad del domicilio se basa en el hombre que aparece empuñando un hacha en la puerta de su casa d’Alex Piperno. Fiction, 7′ 2011, Uruguay-Argentine

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Synopsis : Dans le jardin d’un pavillon de campagne, une série d’événements implique un homme, une femme et un groupe d’individus aux convictions particulières.

Article associé : la critique du film

Fais croquer de Yassine Qnia. Fiction, 24′, France, 2011

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Synopsis : Yassine, jeune cinéphile passionné, veut tourner un film dans sa cité. Il souhaite associer ses amis d’enfance à son projet. Mais l’amitié a parfois ses travers…

Un homme, en chemin vers le travail, est plongé dans un monde où l’utilisation de gens en tant qu’objets fait partie du quotidien.

El Empleo de Santiago Grasso. Animation, 6’19’’, 2008. Argentine

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Article associé : la critique du film

Casus Belli de Yorgos Zois. Expérimental, fiction. 11’11’’, Grèce, 2010

Synopsis : Toutes sortes de gens, de nationalité, de classe, de sexe et d’âge différents, font la queue dans sept files d’attente. La première personne de chaque file devient la dernière de la suivante, formant une gigantesque chaîne humaine. Mais au bout de la queue, le compte à rebours commence.

Articles associés : la critique du film, l’interview du réalisateur

Infos pratiques

Mardi 31 janvier, 20h

Espace Beaujon : 208, rue du faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Métro : Ternes, Charles de Gaulle – Étoile

PAF : 5 euros, 3 euros tarif réduit. Verre offert après la séance.

Réservation obligatoire : contact@collectifprod.net

La page Facebook consacrée à l’événement : ici !

Noise de Przemysław Adamski

J’entends donc je suis

On effleure la beauté d’un film non seulement dans sa propension à offrir une vision transparente du monde mais également dans la valeur donnée à l’imaginaire des personnages, c’est-à-dire à la possibilité de voir figurer l’univers mental du protagoniste à l’écran. Dans le cas de “Noise” (littéralement “Le bruit”), un court-métrage inclassable mêlant les techniques du stop-motion, du dessin, et de l’incrustation virtuelle, il s’agit de laisser poindre visuellement les sensations d’un homme isolé dans une chambre. L’argument mince ne fait pas d’ombres à une innovation plus probante: ce sont les sons, les bruits du monde environnant, qui provoquent l’apparition des objets mentaux du protagoniste. Se laisser enivrer par une combinatoire proprement phénoménale, telle est donc l’expérience proposée par le couple de réalisateurs polonais, Katarzyna Kijek et Jarosław Adamski, en compétition au Festival de Clermont-Ferrand.

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Les bruits qui enferment

“Noise” ne surprend pas par la complexité de son intrigue, ou bien devrais-je écrire de ses micro-intrigues dont l’espace d’un immeuble donne le cadre: un homme fait un trou dans un mur, un autre joue de la trompette, un couple se dispute. Le mouvement de caméra fait d’abord fi des frontières physiques pour se déplacer de personnage en personnage, d’appartement en appartement, d’étage en étage, et, plus significativement, d’un univers sonore à un autre. Il s’agit d’un mouvement aérien, lumineux, dénué de toute pesanteur et de toute fluidité, qui traverse les murs à la manière du son.

Bientôt les plans se focalisent sur un protagoniste d’une vingtaine d’année qui pénètre dans le hall de l’immeuble, avant de trouver refuge chez lui. Le spectateur devient témoin de son ultra-sensibilité envers les bruits, ces derniers remplissant le champ sous formes d’objets physiques et mouvants. La suite du film ne fait qu’accroître le trouble et la paranoïa du protagoniste, formulée par la rapide pulsation des objets-bruits. C’est une expérience de réclusion à partir de sons en tous genres (notes de musique, cliquetis, bruits de métal, etc.), n’hésitant pas à solliciter le célèbre jazzman Tomasz Stańko.

Ainsi, c’est sous les auspices de l’enfermement, physique et mental, que se place “Noise”. En effet, les bruits du dehors s’avèrent nécessairement des sources violentes de désagrément pour le protagoniste reclus. La cage d’escalier, présente tout au long du film, acquiert le rôle de cage mentale où les différentes formes encombrent un espace réduit et perturbé.

Du son naîtra l’image

Du trouble psychologique de l’homme, le spectateur est invité à en considérer l’origine sonore et la formulation physique. Le stop-motion, technique de tournage image par image, permet de créer cet étonnant phénomène autant que de rendre vivante, à l’écran, l’oscillante et inharmonieuse humeur du protagoniste.

Dans la vie, le propre du son est de ne pas pouvoir être matérialisé. Désireux de dépasser cet état de fait, le duo Kijek/Adamski — tous deux issus des arts plastiques — a eu l’idée d’inventer une forme complètement novatrice où les bruits présideraient à l’apparition d’objets visuels, de telle manière qu’à chaque bruit correspond un objet visible, identifiable mais dont la présence paraît souvent incongrue. Ce n’est assurément pas une correspondance parfaite entre les sons et les images qui est recherchée ici; au contraire, les carrés noirs d’une grille de mots croisés, devenus des volumes mouvants, s’accompagnent par exemple de notes de musique électronique. Plus qu’une série de sons distincts les uns des autres, les cinéastes créent un univers sonore, presque musical, qui se fond parfaitement avec la matière visible de ces mêmes bruits, source de désarroi pour le protagoniste. Les deux auteurs disent se fonder sur le phénomène de “synesthésie” (du grec syn, union, et aesthesis, sensation) par lequel s’associent deux ou plusieurs sens. Ici, le son devient image et cette transmutation s’opère selon une chorégraphie de signes enchanteresse et fantasque. Une danse visuelle représentant les projections issues de l’imagination, interprétables comme les “suppositions fantasmatiques” du protagoniste.

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Les écarts du cinéma : le son et la vérité

Exercice de style assumé comme tel, “Noise” pose néanmoins une question fondamentale, celle de la capacité de l’être humain à s’affranchir des données réelles pour associer des indices sonores à des situations issues de l’imagination. À la manière du protagoniste, cette union relève de l’expérience quotidienne sans que nous en ayons conscience. Le son nous permet par exemple de mesurer l’espace qui nous sépare d’une personne dans le cas d’un déficit de vision. Mais elle introduit également la possibilité de l’erreur, un doute quant à la situation réelle.

Aussi peut-on supposer les raisons qui ont poussé les auteurs à concilier des techniques cinématographiques a priori inconciliables. Si les dessins et les incrustations acquièrent un rôle si important, c’est précisément parce que, par définition, ils ne peuvent pas figurer la réalité. Les techniques du stop-motion, du dessin et de l’incrustation, forment une poétique de l’écart entre le son et son effet mental, entre le bruit et sa représentation visuelle, entre les images et la réalité. Loin d’être traités avec complaisance ou pur désir plastique, ces écarts s’annulent finalement à la fin du film pour mieux dénoncer la paranoïa et l’idiosyncrasie, et permettre de rétablir la simple et froide vérité: le voisin épié, que le protagoniste croyait meurtrier, vient purement et simplement d’être évincé par sa femme irascible.

Du fantasme à la réalité, du rêve à la vérité, des associations fantasmatiques et colorées à la révélation de la vérité froide et crue; tel est le trajet sous-jacent auquel nous invite ce film déconcertant.

Mathieu Lericq

Consulter la fiche technique du film

N comme Noise

Fiche technique

Synopsis : Un travail audiovisuel où le son tient le rôle principal. Les bruits qui s’immiscent dans l’appartement du protagoniste font l’objet de son interprétation, générant des images aléatoires qui entrent en interaction. Privés de leur corrélation visuelle, les sons évoquent des images qui sont souvent à cent lieues de leur source réelle.

Réalisation : Przemyslaw Adamski

Genre : Animation

Durée : 7’

Pays : Pologne

Année : 2011

Scénario : Katarzyna Kijek et Przemyslaw Adamski

Image : Katarzyna Kijek, Przemyslaw Adamski

Montage : Przemyslaw Adamski

Musique : Grzegorz Manko

Animation : Katarzyna Kijek, Przemyslaw Adamski

Interprétation : Wojciech Juchniewicz, Tomasz Stańko, Leszek Musiał, Izabela Pągowska, Oleh Kryzhanovskyy

Production : Małgorzata Kozioł / Studio Munka

Article associé : la critique du film

Festival de Clermont-Ferrand 2012

Comme chaque année au milieu de l’hiver, Clermont-Ferrand devient pour une grosse semaine le centre du monde de la planète Court Métrage. Pour sa 34éme édition et malgré les restrictions budgétaires importantes qu’imposent le climat général de crise, le Festival entend bien conserver toute son attractivité. Des compétitions internationale, française et labo prometteuses, des programmes parallèles originaux (Cuba, mouches et autres bestioles, le manifeste d’Oberhausen…), un marché international du film court toujours dynamique, forment cette année encore les fondements du pèlerinage incontournable pour tous les acteurs de la création de films courts.

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Retrouvez dans ce Focus :

Carte blanche à l’INSAS

L’interview de Jacky Goldberg, réalisateur de « In Loving Memory » (France, F6)

La critique de « Night Fishing » de Park Chan-wook et Park Chan-kyong (Corée du Sud, L2)

L’interview de Theodore Ushev, réalisateur des « Journaux de Lipsett » et membre du Jury International

– La critique de « Choros » de Michael Langan et Terah Maher (Etats-Unis, L3)

Critique croisée : Le Ciel en bataille de Rachid B. (F4) et Méditerranées d’Olivier Py (F9)

L’interview de Marc Boyer, producteur et co-fondateur de Lardux Films

La critique de « Opowieści z chłodni » (Récits de chambre froide) de Grzegorz Jaroszuk

La critique de « Mon amoureux » de Daniel Metge (France, F7)

La critique de « Boro in the Box » de Bertrand Mandico (France, F3)

La critique de « The Pub » de Joseph Pierce (Royaume Uni, L3)

Le reportage Soy Cuba”

– La critique de « Senes from the Suburbs (V2) » de Spike Jonze (Etats-Unis, DB 1)

La critique du « Songe de Poliphile » de Camille Henrot (France, L5)

La critique de « In Loving Memory » de Jacky Goldberg (France, F6)

La critique de « Oh Willy » d’Emma de Swaef et de Marc Roels (France, Belgique, Pays-Bas, F6)

La critique de « We’ll become oil » de Mihai Grecu (Roumanie, L2)

L’interview de Jean-Christophe Reymond, producteur de Kazak Productions

– Kazak x 3, le reportage sur la société de production Kazak Productions

– La critique de « Noise » de Przemysław Adamski (Pologne, I12)

Mais aussi nos articles déjà parus en lien avec la programmation 2012 :

Compétition internationale

La critique de « Body Memory » (Keha Mälu) de Ülo Pikkov (Estonie, I13)

Compétition Labo

La critique de « Killing the Chickens to Scare the Monkeys » de Jens Assus (Suède, Thaïlande, L5)

L’interview de Jens Assur, réalisateur de « Killing the Chickens to Scare the Monkeys »(Suède, Thaïlande, L5)

La critique de « Il Capo » de Yuri Ancarani (Italie, L5)

Compétition Nationale

La critique de « La détente » de Pierre Ducos, Bertrand Bey (France, F1, Scolaire)

La critique de ‘L’Attaque du monstre géant suceur de cerveaux de l’espace » de Guillaume Rieu (France, F4)

Le reportage sur « Tempête dans une chambre à coucher » de Laurence Arcadias et Juliette Marchand (France, F5)

La critique de « Sous la lame de l’épée de Hélier Cisterne » (France, F11)

La critique de « La France qui se lève tôt » de Hugo Chesnard (France, F11)

L’interview de Hugo Chesnard, réalisateur de « La France qui se lève tôt » (France, F11)

La critique de « Petite pute » de Claudine Natkin (France, F12)

L’interview de Laurie Lévêque, comédienne de « Petite Pute » de Claudine Natkin (France, F12)

Les Collections

« Pixels » de Patrick Jean (C1)

La critique de « Turning » de Saul Freed et Karni Arieli (Royaume-Uni, C3)

La critique de « Casus Belli » de Yorgos Zois (Grèce, C3)

L’interview de Yorgos Zois, réalisateur de « Casus Belli » (Grèce, C3)

Carte blanche Kazak Productions

La critique de « Même pas mort » de Claudine Natkin (France, CP 1)

La critique de « Junior » de Julia Ducornau (France, CP 1)

Programmes scolaires

La critique de « Bisclavret » d’Emilie Mercier (France, Ecole 3)

L’interview d’Emilie Mercier, réalisatrice de « Bisclavret » (France, Ecole 3)

Autres

Serge Bromberg à propos du « Voyage dans la lune » de Georges Méliès (Séance d’ouverture)

– La critique de « Scenes from the suburb de Spike Jonze (Etats-Unis, Canada, Décibels 1 !)

La critique du « Marin masqué » de Sophie Letourneur (France, Films en Région 1)

La critique des « Journaux de Lipsett » de Theodore Ushev (Canada, Ushev-Lipsett)

La critique de « La Madre » d’Alberto Evangelio (Espagne, Carte blanche Etrange Festival 6)

La critique de « La Gran Carrera » de Kote Camacho (Espagne, Carte blanche Etrange Festival 6)

Pointdoc : Allô le monde ?

Si le cinéma de fiction est l’art des points de suspension qui laisserait supposer une reconstruction imaginaire de la réalité, le cinéma documentaire, quant à lui, en serait un peu les deux points qui permettrait de l’expliquer et de la comprendre.

Grâce à l’intiative de passionnés, le Festival Pointdoc permet à tout un chacun de voir des films documentaires passant trop souvent inaperçus. A nouveau, la sélection eccléctique et principalement francophone de cette année nous plonge dans les univers de créateurs peu connus pour la plupart, ayant décidé de prendre leur caméra pour montrer, témoigner, partager, dénoncer ou encore magnifier un évènement qui les a interpellés. Aperçu de 6 docus coeurs.

Antisocial : de la fracture à la misère

Il est intéressant de constater à quel point les films sélectionnés abordent de façon récurrente le thème de la misère sociale. Dans un monde où le mot “crise” est sur toutes les lèvres, les cinéastes veulent en dénoncer les conséquences désastreuses sur les individus en marge du système.

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Avec leur film “Tiers-paysage”, ainsi appelé d’après les théories du paysagiste Gilles Clément, (“Tiers-paysage désigne la somme des espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la seule nature. Il concerne les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, marais, landes, tourbières, mais aussi les bords de route, rives, talus de voies ferrées, etc …»), le tandem féminin Naïs Van Laer et Yasmine Bouagga dresse un portrait nuancé d’une famille de tziganes de la banlieue de Montpellier. A travers 3 générations de femmes, les réalisatrices rendent compte du passé et de l’avenir, des envies et des préoccupations d’un peuple rejeté de toutes parts. La volonté de rentrer délicatement à l’intérieur, de dépasser les frontières des préjugés donne au film toute sa force et sa sensibilité. Et l’envie de laisser les frontières floues entre la Roumanie et la France permet de donner une impression de voyager à l’intérieur d’une même réalité. Les réalisatrices dépassent le documentaire traditionnel en apportant une touche de poésie grâce à une démarche qui va de l’individuel vers l’universel où la façon d’aborder le sujet permet un questionnement profondément humain.

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“Un long cri mêlé à celui du vent” apparaît comme une réflexion esthétique sur les activités que génère le port de Marseille. Mais au lieu de montrer l’homme et ses gestes de travailleur, Julie Aguttes chosit de figer des images fixes et dépourvues d’action. La mer et l’ailleurs côtoient des témoignages audio. La cinéaste parle de la solitude des ouvriers en mêlant finement images fixes et images mouvantes, donnant ainsi écho à l’immobilité d’une classe qui n’a que peu d’espoir en son avenir. Les plans souvent métaphoriques appellent le spectateur à interpréter les images. Enfin, Julie Aguttes associe cinéma et littérature en insérant des extraits d’un roman de Sembène Ousmane, “Le Docker noir”, lus par la comédienne Aurore Clément, ce qui apporte une dimension onirique au film (le titre en est d’ailleurs un extrait). Tous ces choix viennent questionner le documentaire jusqu’à le remettre en question. La réalisatrice se joue de la ligne de démarcation entre les deux genres et accorde plus d’importance aux impressions provoquées par la réalité qu’à la réalité elle-même. Un documentaire d’une mouvance délibérément impressionniste.

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“Dans l’ombre” du Belge Bart S. Vermeer met en lumière les conditions de détention des immigrés placés dans des centres fermés dès leur arrivée en Belgique. L’attente interminable et la promiscuité sont le lot de tous les jours. Plaçant sa caméra volontairement à distance et en hors-champ, le réalisateur se rapproche petit à petit de son sujet et suit quelques personnes : une femme albanaise et sa fille, une famille tchétchène, une jeune africaine désillusionnée… Autant d’espoirs mis en sursis, le temps que la Justice tranche. Tous ont quitté leur pays d’origine avec l’espoir d’un avenir meilleur mais arrivés sur place, ils doivent faire face aux réalités d’un système partagé entre la compassion et la méfiance. Vermeer filme les choses à hauteur d’homme, sans condescendance ni idéalisme. Ses plans finaux sur les enfants est une ouverture d’espoir en même temps qu’un questionnement sur le futur de ceux qui grandissent “entre les murs”.

Etre ou ne pas être : en quête de soi, des autres et de Dieu

La deuxième récurrence flagrante est bien le thème de la quête, de la recherche de soi, de l’amour de l’autre ou d’une dimension spirituelle. Sorte de cardiogramme enregistrant les mouvements du coeur, le cinéma documentaire est un bon révélateur de l’état du monde.

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Le court métrage d’Elsa Levy “L’amour à trois têtes” nous parle d’amour à travers trois générations de femmes dont la réalisatrice fait partie. Elle poursuit la volonté de présenter des points de vue singuliers sur l’amour, celui de sa grand-mère, de sa mère et le sien. Ainsi, ce ne sont pas moins de 70 ans d’idées conçues, préconçues et décousues au sujet de Cupidon que balaie le film. Du témoignage de sa grand-mère, on pourra ressentir la nostalgie d’un romantisme épistolaire où les mots pouvaient encore brûler les sens et dépasser les actes et les paroles et la patience être une vertu indispensable. De celui de la mère, c’est le rejet du modèle d’une éducation “classique” et l’importance de l’indépendance, du respect de soi, de l’émancipation féminine, et de la narratrice, c’est un questionnement essentiel et confus (où? qui? pourquoi? comment? quoi?), perdu entre les fondations du passé et l’éclatement du présent, à la recherche de nouvelles balises. Entre pragmatisme détaché et romantisme obligé, les coeurs balancent, et à la narratrice de choisir un dispositif qui déshabille en filmant l’intime, pour mieux se comprendre. A la fois anecdotique et universel, le film d’Elsa Levy questionne les valeurs et les modèles qui nous ont construit et qui se sont effrités au fil du temps. De cette transmision intergénérationnelle, on pourrait croire finalement qu’il serait plus édifiant aujourd’hui de terminer nos contes pour enfants par ceci: “Ils vécurent en partie heureux, se séparèrent et eurent d’autres amours et éventuellement d’autres enfants et surent alors que l’amour et la vie de couple était loin d’être tout rose”.

Nicolas Gayraud filme le quotidien de moniales cloîtrées dans l’abbaye de Bonneval, dans l’Aveyron, une abbaye cistercienne fondée en 1147. “Le Temps de quelques jours” rassemble des témoignages inédits de quelques soeurs (de la plus jeune aux plus âgées en passant par la mère abbesse) et du cuisinier. La recherche de Dieu répond pour la majorité à un besoin de césure avec une société qui ne convient plus. La vie monastique serait “un acte contestataire” selon les mots de la mère abbesse, une volonté de se couper du reste d’un monde qui tourne trop vite, qui s’est éloigné de l’essentiel. C’est dans le respect du rythme des soeurs que le réalisateur les a suivies “des matines aux vespres”, en mangeant avec elles, en vivant avec elles. Le film apparaît comme un questionnement du cinéaste sur la société et sur le chemin de la religion. Chargées de beaucoup de bon sens, les déclarations des soeurs posent un regard sur le monde à la fois critique, contemplatif et amoureux. Les intertitres qui viennnent entrecouper le film, sorte de journal intime de l’artiste documentariste, se mêlent étrangement à la quête spirituelle des soeurs, à leur recherche de l’absolu et de la vérité. La recherche de Dieu n’est décidément pas une cause abandonnée et révolue…

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Véritable film ethnographique qu’aurait sans doute apprécié Jean Rouch, “Natpwe, le festin des esprits”, se présente volontairement comme un voyage initiatique dans l’inaccessible pays birman, à Taungbyon, lieu du plus important pélérinage du pays. Les hommes se travestissent en femmes, boivent et dansent pour honorer les dieux et les pélerins déambulent dans les rues pour admirer ces démonstrations exhibitionnistes autorisées. Dès les premiers plans, le film de Tiane Doan Na Champassak et de Jean Dubrel immerge le spectateur au coeur des croyances d’un peuple et d’une culture. Cette sensation de faire partie de la cérémonie ne le quittera jamais tant le film est construit comme une spirale envoûtante à l’image même des transes et des fervents appels des esprits initiés par les fidèles. Les images en noir et blanc prises sur le vif par Champassak, photographe de métier et reconnu de surcroît, apportent l’intemporalité nécessaire à cet évènement qui a lieu chaque année. Le vrai travail des réalisateurs a été réalisé en post-production. Le montage et la bande son intimement liés fonctionnent comme une fascinante danse primitive de laquelle il est impossible de se détacher. Les incantations des moines donnent le rytme aux images, ainsi les choix cinématographiques priment sur la réalité. Plus proche de la fiction que du documentaire et fort éloigné du film didactique par l’absence de commentaire audio, “Natpwe, le festin des esprits” est une oeuvre d’art où les artistes se servent, s’inspirent de la réalité pour mieux la modeler, la pétrir, la recréer afin d’en offrir une interprétation audacieuse.

Marie Bergeret

Consulter les fiches techniques de “Tiers-paysage”, “Un long cri mêlé à celui du vent”, “Dans l’ombre”, “L’amour à trois têtes”, “Le Temps de quelques jours” ,“Natpwe, le festin des esprits”

Festival pointdoc 2012

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Pour la seconde anné consécutive, le Festival pointdoc, premier festival de diffusion alternative de films documentaires a ouvert ses fenêtres sur la toile du net en présentant 20 films partagés en deux catégories, “Première création” et “Film jamais diffusé”. La sélection eccléctique et principalement francophone nous plonge dans l’univers de créateurs peu connus pour la plupart, ayant décidé de prendre leur caméra pour montrer, témoigner, partager, dénoncer ou encore sublimer des événements qui les ont interpellés.

Retrouvez dans ce focus :

– Le reportage Pointdoc : Allô le monde ?

Festival pointdoc, les films sélectionnés

– Focus pointdoc 2011

N comme Natpwe, le festin des esprits

Natpwe, le festin des esprits

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Synopsis : Taugbyon, minuscule village du centre de la Birmanie. Lieu de pèlerinage annuel pour des dizaines de milliers de croyants. Pendant cinq jours, fidèles et médiums célèbrent le culte des nats, les esprits du panthéon birman. Cinq jours d’offrandes, de cérémonies, de rituels de possession. Cinq jours de liberté, dans une société verrouillée à l’extrême.

Réalisation : Tiane Doan na Champassak et Jean Dubrel

Genre : Documentaire

Durée : 30’

Année : 2011

Image : Tiane Doan na Champassak

Son : Tiane Doan Champassak

Pays : France

Montage : Amélie Degouys

Montage son et mixage : Romain Colonna d’Istria

Conformation et étalonnage : Stanley Denizot

Production : Tiane Doan na Champassak et Jean Dubrel

T comme Le temps de quelques jours

Fiche technique

Synopsis : Ce film est l’une des rares expériences d’une rencontre avec des moniales cloîtrées, dans l’abbaye de Bonneval, dans l’Aveyron. Il se présente sous la forme d’une déambulation contemplative. Le film esquisse quelques portraits de femmes et interroge le spectateur sur son rapport aux autres, à la nature et au temps.

Réalisation : Nicolas Gayraud

Genre : Documentaire

Durée : 62’

Année : 2011

Image : Nicolas Gayraud

Son : Nicolas Gayraud

Pays : France

Montage: Nicolas Gayraud, Isabelle Mayor

Mixage : François Dumeaux

Production : Nicolas Gayraud

Article associé : le reportage Pointdoc : Allô le monde ?

A comme l’amour à trois têtes

Fiche technique

Synopsis : Une exploration des relations amoureuses entre hommes et femmes au travers de trois générations de figures féminines de la même famille: la grand-mère, la mère et la petite-fille – la réalisatrice du film. Ninette, Sylviane et Elsa: trois époques, trois visions, trois expériences qui s’affrontent et se confrontent. Derrière ces histoires d’amour, se dessine un questionnement autour de la transmission intergénérationnelle, de l’image féminine et du rapport mère-fille.

Réalisation : Elsa Levy

Scénario : Elsa Levy

Genre : Documentaire

Durée : 26’

Année : 2011

Image : Paul Guilhaume

Son : Masaki Hatsaui

Pays : Suisse

Montage : Yaël Bitton

Production : HEAD Haute Ecole d’Art et de Design

D comme Dans l’ombre

Fiche technique

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Synopsis : La Belgique, au cœur de l’Europe, apparaît pour beaucoup de réfugiés politiques comme la Terre Promise. Mais que faire lorsqu’on est noyé dans un système politique de contradiction et d’apathie et qu’on finit par se retrouver face à l’inverse de la liberté tant souhaitée ?

Réalisation : Bart S. Vermeer

Genre : Documentaire

Durée : 43’

Année : 2011

Image : Pablo Castilla Heredia

Son : Louis Storme

Pays : Belgique

Montage image: Nadia Touijer

Montage son : Loïc Villiot

Musique : Nico Hafkenscheid

Interprètes : Nedah et sa famille, Chava et Husein, Naim et sa famille,

Production : EPEIOS Production / Atelier de Production GSARA / VAF / CBA

T comme Tiers-paysage

Fiche technique

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Synopsis : Réalisé avec une famille tsigane vivant dans un bidonville à Montpellier, Tiers-paysage interroge le lieu des marges et ses habitants. Au travers des saisons se déroule le quotidien de cette famille, entre la ferraille, la mendicité, les allers-retours en Roumanie, les moments d’inquiétude et les moments de joie. Trois générations de femmes cohabitent dans ces cabanes précaires, tissent le fil de leurs histoires alors que, derrière elles, les grus étendent l’emprise de la ville.

Réalisation : Naïs Van Laer et Yasmine Bouagga

Genre : Documentaire

Durée : 52’

Année : 2011

Pays : France

Image : Naïs Van Laer et Yasmine Bouagga

Son : Naïs Van Laer et Yasmine Bouagga

Montage : Naïs Van Laer et Yasmine Bouagga

Interprètes : Veta, Mihai, Utsa, Toto, Puiut, Danciu, Mihai, Fernando, Darius, Minerva, Michela, Zina et Elvis Ciurar, Marico, Christophe…

Production : Les films de l’Arrosoir

L comme Un long cri mêlé à celui du vent

Fiche technique

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Synopsis : À Marseille, il y a ceux qui travaillent sur le port et les autres. Le mythe d’un monde impénétrable et d’une classe ouvrière contestataire est nourri de part et d’autre de cette frontière. Ce film propose une immersion fantastique et fantasmée au cœur de ce monde à part aujourd’hui voué à disparaître.

Réalisation : Julie Aguttes

Genre : Documentaire

Durée : 42’

Année : 2010

Image : Jérôme Olivier

Son : Cédric Deloche

Pays : France

Montage : Pamela Verala

Voix off : Aurore Clément

Production : GREC