Un Monde sans femmes de Guillaume Brac

Présenté à Brive dans la même séance que « Pandore » de Virgil Vernier, autre moyen métrage stimulant de la compétition européenne, « Un Monde sans femmes » de Guillaume Brac succède intelligemment au « Naufragé », son film précédent, également tourné en Picardie avec l’étonnant Vincent Macaigne dans le rôle de Sylvain.

Dans « Le Naufragé », Sylvain, un individu solitaire, offrait son amitié et sa disponibilité à Luc, un cycliste parisien ayant crevé sur les routes picardes. S’ensuivait un début de relation complexe pour ces deux hommes extrêmement différents l’un de l’autre. Tourné seulement un an plus tard dans la même région, « Un Monde sans femmes » retrouve Sylvain, toujours aussi esseulé, venant de faire la connaissance d’une mère et de sa fille passant des vacances à la côte. Le temps de leur séjour, il se remet en question, leur tient compagnie et cherche à leur plaire, tout en essayant de dissimuler sa timidité naturelle et sa calvitie partielle.

On se souvient du « Naufragé » pour son humour de situation, son traitement de l’ennui, ses ruelles vides, son décalage entre les deux protagonistes principaux (Vincent Macaigne, Julien Lucas) et l’apport considérable de ses comédiens non professionnels, filmés dans des situations improbables, que ce soit au bistrot ou à la boulangerie. « Un Monde sans femmes » lui est relativement proche tant la rencontre de deux solitudes, le jeu juste et délicat d’un même comédien, l’écart entre Paris et la Picardie, le casting local, la maladresse et la froideur des sentiments semblent passer d’un film à l’autre, sans le moindre trouble.

Ce qui interpelle surtout, c’est la façon clairvoyante et contemplative dont Guillaume Brac réussit à saisir les liens qui se tissent ou qui se désunissent au sein d’un même groupe et les tentatives de communication et de séduction/rejet dont ses personnages font preuve entre eux. Tout cela s’esquisse parfois avec désespoir, parfois avec maladresse, parfois avec aisance. Mais comporte toujours quelque part un fond de tendresse.

Katia Bayer

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2 réflexions sur “ Un Monde sans femmes de Guillaume Brac ”

  1. Ce qui m’interpelle c’est « Vincent Macaigne » cet homme sensible, formidable, talentueux artiste contemporain qui, à travers de ses pièces de théâtre, tente à nous éclairer sur l’étonnante vie de notre société actuelle où le mal est considéré en intelligence et courage et le bien est considéré en naïveté.
    J’ai vu son film  » ce qu’il restera de nous » et j’aimerai voir aussi le jouer dans le film « Un monde sans femmes.

  2. bravo! Vincent il est connu grand dramaturge du theatre français ,il est aussi excelent pour faire rire.
    MERCI beaucoup je viens de voir le film « Un monde sans femmes » bravo! à tous les comédiens et au réalisateur.
    Espère encore voir vos films et dans les prochaines réalisations.

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