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Festival de Brest, la compétition française

Le Festival de Brest inaugure cette année une nouvelle compétition, celle des films français, et l’ouvre aux premiers films et films d’école. Une dizaine de titres, regroupés en deux programmes, la compose.

COMPÉTITION 1

Les parapluies migrateurs/Mélanie Laleu / 20’ / 2012
Stronger/Victor Rodenbach & Hugo Benamozid / 14’ / 2011
La sole, entre l’eau et le sable /Angèle Chiodo / 15’ / 2011
Polaroid song / Alphonse Giorgi & Yann Tivrier / 19’15 / 2012
Les filles du samedi / Emilie Cherpitel / 15’ / 2011

COMPÉTITION 2

Chacun sa nuit / Marina Diaby / 30’ / 2012
Cendres / Jérome Farrugia / 11’ / 2012
Le propriétaire / Wei Hu / 24’30 / 2012
Le sourire du plombier / Guillaume Chevalier / 3’30 / 2012
Que puis-je te souhaiter avant le combat ? / Sofia Babluani / 15’37 / 2012

Festival de Brest, la compétition Cocote Minute

Parmi les films en compétition au Festival de Brest, figure ceux de la section Cocote Minute, d’une durée de moins de 10 minute et sans dialogues. Mélange de formes et de styles différents, ce programme décalé dévoilera cette année treize histoires audacieuses, et souvent loufoques.

Films en compétition

– .363 ep.2 – Jessy Deshais & Daniel Ablin – France / 4’17 / 2012
– What it seems – Jakob Schmidt – Allemagne / 4’30 / 2012
– Melvin – Benoît Monney & Sami Khadraoui /Suisse / 6’ / 2012
– Jäsningen – Åsa Maria Bengtsson /Suède / 9’06 / 2011
– Riders to the sea – Orla Walsh / Irlande / 5’10 / 2010
Noise – Przemyslaw Adamski /Pologne / 8’ / 2011
– Der philatelist – Jan-Gerrit Seyler / Allemagne / 7’20 / 2011
– Extreme walks – Agnes Sklavos & Stelios Tatakis /Grèce / 5’15 / 2011
– Year zero – offf barcelona 2011 – Mischa Rozema / Pays-Bas – République Tchèque / 6’20 / 2011
– Ibijazi – Luc Feit /Luxembourg / 8’30 / 2011
– (IN) – Mikko Kallinen /Finlande / 6’56 / 2011
– Waterbaby – Andrea Harkin /Royaume-Uni / 6’20 / 2011
– Oh merde ! – Aliocha Itovich & Guillaume Ducreux /France / 8’33 / 2012

Filmer la violence à distance : aller au-delà de la provocation ? Critique de « Les Meutes » de Manuel Schapira

La violence n’est pas seulement affaire de coups, ou encore d’état psychologique extrême, elle a également à voir avec l’éthique. Chaque cas de combat physique nous amène, en effet, à questionner ses origines et son sens, non seulement pour les personnes engagées dans le duel mais aussi pour l’humanité entière. La violence n’est jamais (totalement) gratuite, et le cinéma s’est avéré l’un des transmetteurs les plus aptes à la décrire et à en analyser les causes, voire à la dénoncer (de par la quantité phénoménale de thriller, de films noirs, etc., mais également par le truchement d’une situation concrète avec l’exposition d’une logique (senti)mentale, par exemple). D’où vient la violence ? De quelle nature est-elle ? Comment l’expliquer pour mieux l’appréhender ?

Face au récent court métrage « Les Meutes », réalisé par Manuel Schapira, Prix de la Presse au dernier Festival Paris Courts Devant, le spectateur est en droit de se poser des questions similaires. Relatant une anecdote parisienne, où un jeune homme de peau blanche fait face à un événement de violence extrême, le film décrit minute après minute l’épisode traumatique vécu par le protagoniste. Décidé à participer à une pendaison de crémaillère dans un quartier huppé, l’homme assiste dans une cage d’escalier à l’explosion de violence de deux hommes de peau basanée, après qu’ils aient été refoulés de la même soirée. Le protagoniste, lui, est seulement le témoin de la scène. Il est un spectateur chétif et lâche, auquel le cinéaste invite le spectateur du film à s’identifier. Mais est-il possible de s’identifier à ce personnage ? Dans quelle position le film place-t-il son spectateur ?

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La ciné-anecdote : le monde hic et nunc

« Les Meutes » est un film au présent. Au présent d’une situation complexe, où le personnage-spectateur fait l’expérience de la violence tout en ne pouvant rien faire. Vraiment ? Ne peut-il rien faire ? Sur le plan législatif, cela s’appelle “non assistance à personne en danger”. Mais nul ne lui reprochera pas son inaction puisque la violence est extrême, qu’il est seul, et qu’il n’est pas préparé à cela. Mais au fond, n’a-t-il pas tort de tenter d’appeler d’autres personnes plutôt que d’intervenir pour tenter de sauver la victime ? Cette question, c’est au spectateur de se la poser et, en conscience, de s’imaginer quelle aurait été sa propre réaction. La réelle qualité du film se trouve ici, dans sa capacité à soulever des questions.

Habituellement, les films de Manuel Schapira ne se veulent pas psychologiques, c’est-à-dire qu’ils se refusent à toute appréhension mentale, à toute verbalisation d’un état d’être. Les personnages sont posés là, et sont confrontés à une situation de violence qui, elle, aura néanmoins des répercussions psychologiques. Mais ces films se refusent aussi à traiter des conséquences. Alors que reste-t-il ? Dans cette démarche a priori séduisante car dépouillée, il ne reste que la situation (envenimée) et des personnages à lire entre les lignes. Un précédent film, La fille de l’homme (2010), montrait un père, sortant dans la rue avec sa petite fille, qui était victime des insinuations de kidnapping par de jeunes hommes dans la rues. Tout en portant un intérêt réel sur le plan sociologique, les deux films s’en tiennent à montrer le fait. Enfin presque… Car n’y a-t-il pas derrière cette démarche à la fois politique (l’intrigue) et faussement désintéressée (la mise en scène), un désir de provoquer, de pousser à bout le spectateur pour le faire réfléchir sur lui-même ? Provoquer le débat est une belle chose, mais le spectateur a-t-il toutes les cartes en main pour pouvoir juger ?

C’est là où le bât blesse : le cinéaste semble, dans une certaine mesure, ouvrir le débat et le fermer immédiatement. Cela demande explication : à partir du point de vue adopté, plutôt distancier, dans « Les Meutes », le cinéaste ne se prononce d’abord pas. On assiste à un déferlement de violence venue de loin et à la réaction (ainsi qu’au remords ?) d’un jeune homme. Mais rien ne permet de comprendre ce qui se passe; c’est comme si le film refusait de donner sa vision, son orientation. En regardant tout de loin, de manière assez neutre, en mettant de côté les causes et les conséquences, le cinéaste ne se place-t-il pas finalement au-dessus de la mêlée tout en pointant l’inaction non seulement du héros mais aussi des spectateurs (potentiellement) à sa place ? En filmant simplement l’anecdote d’une manière désintéressée, et par là même provocatrice, on a le sentiment que le film dit : « Vous auriez agi de même. Vous n’auriez rien fait. » Se faire a priori moraliste ou a posteriori redresseur de torts, la mise en scène semble avoir choisi son camp.

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Banaliser les stéréotypes

Une interrogation émerge à l’issue du film : peut-on filmer banalement le mal ? La réponse n’est pas si simple. Car la violence physique est contradictoire : elle n’est absolument pas nécessaire et pourtant elle est nécessairement présente dans la société. Beaucoup pensent la montrer, la télévision s’y emploie à tours de bras. En vérité, que montre-t-elle ? Seulement le fait de violence. Car beaucoup s’intéressent rarement aux commanditaires, aux individus qui violentent, ou ceux qui sont violentés.

Si « Les Meutes » se refuse à donner une orientation pour ne prétendre que montrer, on soupçonne alors qu’il colporte (peut-être sans le vouloir) des clichés. Par exemple, les jeunes hommes qui violentent, dans le film (il en était de même dans “La fille de l’homme”), sont étrangement et systématiquement des individus d’origine maghrébine. En ne voulant montrer que le fait du point de vue du témoin inactif, il banalise le cliché de l’homme violent. D’un autre côté, il banalise également le cliché du bourgeois, d’où l’insistance dans « Les Meutes » sur le dandinement des filles sur la musique avant le générique de fin. Si le cinéma veut montrer sans démontrer, il devra aussi détruire les clichés et regarder pas seulement une mais les quatre faces de la pyramide du Mal.

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La chute de la civilisation

« Les Meutes » est intéressant dans la combinaison deux logiques; d’une part, la logique de la fête, c’est-à-dire de l’abandon total dans l’alcool et la légèreté et, d’autre part, celle de la brutalité des faits, inattendue et soudaine. Le film en vient même à se demander s’il n’y aurait pas quelque chose de la vaine destruction au sein même de la situation de fête et s’il n’y aurait pas quelque chose de la construction existentielle dans la situation de destruction. Le frottement de ces deux situations pointent une certaine vanité, présente dans les deux camps, ainsi que la possibilité d’un sursaut, d’une prise de conscience. Dans les deux parties, cependant, l’objet du désir n’est pas défini et l’assouvissement (du plaisir ou de la violence) ne sera que partiel, laissant les êtres dans une forme de frustration.

Aussi finira-t-on par deux réflexions. La première, c’est une question très contemporaine à laquelle devra tenter de répondre le cinéma : celle de la conscience disjointe du monde. Pourquoi la violence ostensible (coups) et la violence intime (suicide) sont-ils de si importants refuges ? Pourquoi avons-nous tant de mal à trouver l’objet de notre pensée et surtout des mots, la manière d’exprimer cet objet ? Le deuxième point, qui en est un prolongement, c’est la question du style. En effet, si le cinéma veut traiter de la violence dans sa complexité, mieux vaudrait ranger la situation provocante au profit d’une démarche de poète, capable de triturer les mots et les images pour rendre compte d’un sentiment précis. C’est peut-être là qu’on trouvera le sens intrinsèque de la bestialité des êtres.

Mathieu Lericq

Article associé : la fiche technique du film

M comme Les Meutes

Fiche technique

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Synopsis : Franck, Hugo et Philippe, trois copains se rendent à une pendaison de crémaillère dans un appartement parisien. A la porte, deux jeunes types, âgés de seize ou dix-sept ans, tentent de négocier leur entrée. La tension monte.

Genre : Fiction

Durée : 14′

Pays : France

Année : 2012

Réalisation : Manuel Schapira

Scénario : Manuel Schapira

Image : Nathaniel Aron

Son : Fanny Weinzaepflen, Eric Boisteau, Grégoire Couzinier

Montage : Sophie Fourdrinoy

Décors : Stanislas Reydellet

Interprétation : Abraham Belaga, Nicolas Maury, Cedric Ido, Giorgia Sinicorni, Sigrid Bouaziz, Laetitia Spigarelli, Julien Bectarte, Nicolas Bridet

Production : Bizibi Productions

Article associé : la critique du film

Apéro Projo Novembre (67ème édition), ce vendredi

Tous les premiers vendredis du mois, l’association Collectif Prod organise des projections de courts métrages, en présence des équipes des films, au Café de Paris, en entrée libre. Ce vendredi 2/11, l’association belge Courts Mais Trash bénéficiera d’une carte blanche en avant-programme, avant de laisser la place à un programme surnommé « Emergences ». Nous y serons. Et vous ?

Programme de la soirée

1ère partie – Carte Blanche Courts Mais Trash : (42min30)

REVENGE d’Armand Piggs (4min03 – 2011 – Dirty Ronin – Belgique) :
Le nouveau film des studios Dirty Ronin, bientôt dans toutes les bonnes vidéothèques.

TRANCHE DE VIE de Nicolas Monfort (1min47 – 2009 – Plot Point Prod. – Belgique) :
Votre film belge de la soirée…

STUFFED WITH OUTER SPACE STUFFS de Peg (8min44 – 2006 – Drag Attack – Belgique) :
Quelque part entre Rosemary’s Baby & The Sound of Music, le premier court métrage d’une Drag liègeoise pour un budget de 57 euros… A vos frites !

BARBARA de Franck Marc (3min06 – 2007 – Minimal Sushi – Belgique) :
Un homme à la poursuite d’une femme nommée Barbara.

POUR EN FINIR AVEC L’ECOLE… de Yoann Stehr (9min19 – 2012 – La Cambre – Belgique) :
Ce film s’adresse particulièrement aux ratés, aux timides, aux obsédés, à tous les électeurs, à tous les militants, à tous les dégénérés, artistes, cultivistes et marchands, à tous les animateurs, professeurs, instituteurs et autres emmerdeurs, à tous ceux qui ont honte de se masturber, à Monsieur le Ministre de l’Educastration Nationale, aux pédachiottes, à Maman…

VIVRE ENSEMBLE EN HARMONIE de Lucie Thocaven (5min31 – 2010 – La Cambre – Belgique) :
Ça va péter…

MAUVAISE ERREUR de Xavier Hibon (6min – 2009 – Scarfilm/Alfred – Belgique) :
Une soirée dvd avec un scénario classique, le début d’une très mauvaise erreur…

THE LIFE OF SAM de Raphaël Kolacz et Olivier Prémel (4min – 2009 – autoproduction – Belgique) :
Votre film de naissance de la soirée.

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2ème partie – Émergence : (30min11)

DROITE COMME LA JUSTICE de Benjamin Mayet (anticipation – 7min08 – 2012 – Oniryk Productions / autoproduction) :
Adaptation de « SÉCURITÉ / IMPUNITÉ », nouvelle de Stéphane BEAUVERGER (dans l’anthologie Appel d’Air- éd. ACTU-SF) et La zone du dehors, d’Alain DAMASIO (éd. LA VOLTE).
Un contrôle routier, tôt le matin. Entre citoyens, le contrôle est mutuel et permanent. L’entre-flicage démocratiquement conforme. C’est une agression qui ne donne pas son nom. Il n’y a aucune raison de s’en plaindre.

APRÈS TOUT ÇA de Christophe Averlan (drame – 12min36 – 2010 – M Comme Images) :
Voilà 5 ans qu’elle l’a quitté. Sans donner de nouvelles. Rien. Sur un coup de tête, certainement. Voilà 5 ans et elle réapparaît, comme une fleur, juste pour boire un café, pour s’excuser…

LE BONBON d’Elizabeth Richard (comédie – 5min – 2012 – autoproduction) :
Le bonbon qui passe de mains en mains. La magie du don donne lieu à des rencontres improbables…

L’AMOUR, TOUJOURS L’AMOUR de Daniel Ablin (comédie rétro – 5min27 – 2012 – À l’Asso de l’Ecran 104 Pantin / 1066 Productions) :
Une histoire d’amour grinçante dans un esprit vaudeville…

Infos

VENDREDI 02/11/2012 au CAFÉ DE PARIS, 21h
158 rue Oberkampf – 75011 Paris
Métro : Ménilmontant (L2)
Entrée libre.

Evénement sur Facebook

Tennis Elbow de Vital Philippot

L’exercice de la comédie est délicat et souvent trop rare dans le milieu du court métrage. Peut-être parce qu’il est difficile de faire s’esclaffer le spectateur en 15 minutes de temps ou bien tout simplement parce que les organismes de financements des films courts ne sont guère très généreux envers ce genre plus léger. On notera pourtant que si peu de comédies remportent des grands prix lors de festivals, ils gagnent souvent le cœur du grand public et permettent généralement de reprendre son souffle entre deux films plus graves.

Dans le cas présent, deux frères, Just et Vital Philippot, se sont associés pour écrire ensemble le scénario, certes un peu cliché, mais tellement jouissif du film Tennis Elbow, présenté à Paris Courts Devant, où il est question d’un père de famille qui veut se prouver qu’il est encore capable de battre son fils aîné au tennis.

Nous nous retrouvons alors dans un décor digne des Bronzés font du ski, mais en demi-saison, entre le chalet familial de vacances et le fameux court de tennis qui servira de lieu de combat. Tous les éléments s’accordent avec le décor, pour donner un aspect « kitsch » et complètement « vintage » au film : image au grain très seventies, tenue du père, Philippe, se référant plus à John Mc Enroe qu’à André Agassi, accentuant son côté vieillot et ridicule, etc.

Philippe décide donc d’emmener ses deux fils, Yannick et Henri, faire un match de tennis sur le court du patelin. Seulement voilà : il a terriblement envie de « foutre une raclée » au grand de 15 ans qui n’en a rien à faire, tandis que le plus jeune ne rêve que de jouer avec son père qui ne le voit malheureusement pas.

Le match commence entre le père et le fils, et Henri sert d’arbitre sur sa chaise haute. De manière assez prévisible, Yannick bat aisément son père. Mauvais joueur, celui-ci commence à s’emporter et ne supporte pas que son fils se laisse distraire par des filles, à travers le grillage du court. L’ado, se prenant une réflexion assez embarrassante de sa part, se transforme alors en réelle machine à anéantir son paternel.

Le travail sur le son du film prend alors toute son ampleur, en accentuant largement les coups de raquette qui frappent, les balles qui fusent tels des missiles, le grillage qui claque, les soupirs d’essoufflement ou les cris de hargne. Père et fils entrent dans un réel défi l’un envers l’autre et aucun des deux n’est prêt à se faire battre, offrant une durée interminable à leur match.

La nuit est tombée et les deux joueurs poursuivent toujours le match, cette fois devant les habitants du village comme spectateurs, tel un combat de boxe. En effet, seul le court de tennis est éclairé grâce à des lampadaires lui donnant une allure de ring ou de scène de duel d’un film, devant des individus attentifs applaudissant à chaque point remporté. C’est à ce moment du film que vient se greffer la musique de Pablo Pico (« Dripped »), offrant une dimension héroïque supplémentaire au combat.

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Philippe finit par subir une défaite face à son fils, à tous les habitants du village, ainsi qu’à sa femme Catherine, venue sur les lieux, inquiète de ne pas voir rentrer sa famille et découvrant que son fils a réussi à « tuer » son époux. Ce thème assez freudien traité avec légèreté et humour par Vital Philippot se termine tout de même par un happy end grâce au personnage de Catherine qui représente le pilier et le bon sens de cette famille. Celle-ci accompagne ses fils à grandir et à quitter le cocon, et soutient au même titre son mari ayant du mal à se voir vieillir.

Un mot sur l’interprétation des comédiens s’impose. Très justement incarnés par Philippe Rebbot (« ¿ Dónde está Kim Basinger ? »), Marc Chaulet (« Agalée »), Martin de Myttenaere et Catherine Vinatier, ils composent avec une terrible justesse et drôlerie une famille particulière, qui nous rappellerait presque notre propre famille.

Camille Monin

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T comme Tennis Elbow

Fiche technique

Synopsis : Comme chaque année, c’est l’heure du grand match entre Philippe et Yannick, le père et le fils. Comme chaque année, le fils est un peu plus fort. Comme chaque année, le père est un peu plus vieux. Il n’est jamais facile pour un champion d’abandonner son titre.

Genre : Fiction

Durée : 16’43’’

Pays : France

Année : 2012

Réalisation : Vital Philippot

Scénario : Vital Philippot et Just Philippot

Image : Benoît Feller

Montage : Julie Delord

Son : Renaud Duguet

Musique : Pablo Pico

Interprétation : Martin de Myttenaere, Marc Chaulet, Philippe Rebbot, Catherine Vinatier

Production : Takami Productions

Article associé : la critique du film

At The Formal d’Andrew Kavanagh

« La meglio gioventù »

Tel un insaisissable objet visuel, « At The Formal » d’Andrew Kavanagh venu droit d’Australie, atterrit dans nos circuits festivaliers où il commence à faire du bruit. Programmé lors du dernier Short Screens dans le cadre de la thématique Jeunesse, le film a également déniché le Prix du Meilleur film étranger à la dernière édition de Paris Courts Devant.

La caméra langoureuse de Kavanagh pénètre dans une fête de fin d’études en Australie. Intrusive au point de démasquer la mise en scène alors qu’il pourrait tout aussi bien s’agir d’un documentaire, elle embarque le spectateur dans un trip voyeuriste hypnotique, le berçant avec ses mouvements gondolants, son rythme au ralenti et son apparente continuité, à travers un long plan-séquence.

Loin d’être un exercice de style gratuit, ce parti pris permet de souligner la dissonance du sujet. D’emblée, un univers esthétisé et distancié s’établit, et la lenteur du montage contraste pleinement avec l’agitation à l’écran. La fête en elle-même a tous les ingrédients d’une soirée scolaire quelconque, à l’instar des formals britanniques ou des proms américaines : tenues de soirée, présence de quelques parents et professeurs en guise de chaperons, festin culinaire, profusion d’alcool, déchaînement vers la beuverie… Face à ces éléments pour le moins réalistes, l’on est pris au dépourvu par le basculement subit vers le fantasque lorsqu’un élève est cérémonieusement porté à l’autel, où un professeur sinistre l’égorge. Le sacrifice achevé, la fête peut continuer comme avant. Cette dimension absurde surgit relativement tôt dans la mise en scène : à quel point nous paraît-il tiré par les cheveux de voir des adolescents être égorgés et s’uriner les uns sur les autres en présence de leurs parents, compte tenu même de l’image qu’on a de la société anglo-saxonne ? Néanmoins, la question de la vraisemblance s’éclipse derrière l’essentiel, à savoir la métaphore des rites de passages de nos jours.

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L’originalité du film réside en effet dans la tentative de montrer ces rituels modernes à la manière des us anciens. Reconnaissons que la démarche de Kavanagh est bien plus subtile qu’une comparaison franche entre les fratboys américains lors des spring breaks et un reportage sur les animaux sauvages, une comparaison tout à fait valable malgré son côté premier degré. Ici, on est dans une suggestion plutôt que dans une démonstration ouverte du parallèle entre les pratiques ritualistes anciennes et les comportements codés et grégaires de la jouvence contemporaine. Derrière les grimaces et les gestes grossis des profs lascifs et les regards défiants des filles clopant face caméra, on devine le discours sardonique du cinéaste sur les coulisses de ce rituel et son autel sacrificiel, la gloire arbitraire et éphémère, le coût de cette célébrité pour les (mal)heureux élus, le revers de la médaille glamour. Autant de questions qui ont, un jour ou un autre, interpellé les enfants de l’ère post-90210 !

Adi Chesson

Consultez la fiche technique du film

A comme At The Formal

Fiche technique

Synopsis : Rituels anciens et modernes se heurtent dans cette représentation macabre d’un al de fin d’année.

Pays : Australie

Durée : 7’44 »

Genre : Expérimental

Année : 2011

Réalisation : Andrew Kavanagh

Scénario : Andrew Kavanagh

Montage : Andrew Kavanagh

Son : Andrew Kavanagh

Interprétation : Anthony Littlechild, Pauline Streatfeild, David McCrae

Production : Ramona Telecican

Article associé : la critique du film

Soirée Bref, mardi 13 novembre. Force de la parole, éloquence du silence

Nous ne sommes pas les seuls à vous proposer du court, loin de là. L’excellente revue consacrée au court, Bref Magazine, cultive ses habitudes mensuelles au MK2 Quai de Seine (quand il ne fait pas ses  »Premiers Pas ?’‘ au MK2 Hautefeuille). La prochaine projection tombe le mardi 13 novembre. Vous n’avez rien ? Ça tombe bien !

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« Même parlant, le cinéma sait parfois se priver des mots pour mieux faire entendre tout ce que peuvent exprimer des images muettes. Les films de ce programme jouent ainsi tantôt du pouvoir des mots, tantôt de ce qu’un spectacle qui s’en dispense provoque.

Cette sélection se veut aussi un hommage à la meilleure émission de cinéma actuelle, Blow Up, qui fêtera en décembre son centième numéro. Chaque semaine, sur le site d’Arte, Luc Lagier relit et relie actualité et passé du septième art sous la forme de courts films aux dispositifs aussi féconds que divers. Nous proposons deux des films réalisés dans ce cadre. Ils parlent d’eux-mêmes.

Et qui mieux que Pierre Étaix, burlesque à peine sonore héritier du muet, pouvait ouvrir cet assemblage dont le caractère hétéroclite permettra, nous en faisons le pari, de tisser bien des liens et de faire naître d’autres échos ». (Jacques Kermabon, Rédacteur en chef)

Programmation

En pleine forme de Pierre Étaix. 1971/2010, DCP, noir & blanc, 12 mn.

Réalisation et scénario : Pierre Étaix • Image : Jean Boffety et Roger Forster • Son : Jean Bertrand • Montage : Henri Lanoé • Musique : Luce Kein et Jean Paillaud • Interpretation : Pierre Étaix, Jean Preston, Bocky, Roger Trapp, Robert Blome et Randell • Production : Capac.

Un jeune homme fuit la grande ville et cherche une place dans un camping. Mais dans quel camp, exactement, est-il tombé ? Et comment en sortir ?

Une heure avec Alice de Jean Paul Civeyrac. 2011, Beta Num, couleur, 15 mn.

Réalisation et scénario : Jean Paul Civeyrac • Son : Sébastien Savine • Montage : Louise Narboni • Interprétation : Adèle Haenel et Grégoire Leprince-Ringuet • Production : Caméra Lucida.

Pour Blow Up, Jean Paul Civeyrac a imaginé une fiction autour des Amours d’une blonde de Milos Forman (1965). Le Quartier latin, deux étudiants, une séance de cinéma…

Nous ne serons plus jamais seuls de Yann Gonzalez. 2012, DCP, noir & blanc, 10 mn.

Réalisation et scénario : Yann Gonzalez • Image : Thomas Favel • Son : Damien Boitel et Xavier Thieulin • Montage : Thomas Marchand • Musique : Anthony Gonzalez • Interprétation : Claire Ballu, Megan Northam et Guilhem Logerot • Production : Sedna Films.

Une fête, la nuit. Des adolescents dansent et s’aiment comme si c’était la première et la dernière fois.

Long distance information de Douglas Hart. 2011, DCP, couleur, 7 mn.

Réalisation et scénario : Douglas Hart • Image : Stuart Bentley • Son : Tom Drew • Montage : Dan Robinson • Musique : Gruff Rhys • Interprétation : Peter Mullan, Caroline Paterson et Alan Tripney • Production : HIS London.

Alex et son père sont aussi distants émotionnellement qu’ils le sont en kilomètres. Sous la lumière déclinante du jour de Noël, Alex appelle chez lui.

Achrone de Cécile Hartmann. 2011, Blu-Ray, couleur et noir & blanc, 11 mn.

Réalisation, image, son, montage et production : Cécile Hartmann.

La nuit, des ouvriers creusent le sable dans une fosse. À l’aube, autour d’eux, les tours immenses d’une ville futuriste se dressent, parcourues par de faibles activités humaines. Progressivement des détails apparaissent, les pierres se détachent, le sable coule, les sols se désagrègent.

Land of my dreams de Yann Gonzalez. 2012, DCP, couleur, 20 mn.

Réalisation et animation : Yann Gonzalez • Image : André Tentugal • Son : Isabel Dias Martins, Damien Boitel et Xavier Thieulin • Montage : Thomas Marchand • Musique : Anna Domino, Grouper, Julia Holter • Interprétation : Julie Brémond, Paul Guedes, Hugo Alfredo Gomes, Eurico Cardoso et Luis Filippe Rodriguez • Production : Curtas Metragens C. R. L., M83 Productions et Sedna Films.

Après bien des années de séparation, Bianca et sa mère se retrouvent à Porto. Ensemble, elles vont prendre la route avec leur spectacle de striptease, essayant de rattraper le temps perdu, courant après l’amour impossible et de curieux fantasmes…

Hollywood recut de l’émission Blow Up. 2011, Beta Num, couleur, 5 mn.

Réalisation pour l’émission Blow Up. Et si Bruce Willis, Nicole Kidman, Sam Neill ou Mia Farrow allaient au cinéma ? Et s’ils allaient voir L ’ aurore de F. W. Murnau ?

Infos pratiques

Soirée Bref, mardi 13 novembre : Séance à 20h30
MK2 Quai de Seine
14 Quai de la Seine
75019 Paris
M° Jaurès ou Stalingrad
Tarifs : 7,90 euros / cartes UI acceptées
Lien utile : http://www.brefmagazine.com/pages/soiree_qds.php

Et pourtant, l’actu est là

Un coup d’oeil extérieur aura suffi. « Dis donc, ta dernière « une » remonte aux vacances, et on est presque en novembre ! ». Effectivement, dans les rues, les gants commencent à sortir en paire, et les chauffages « chauffent, Marcel ». L’été semble bien loin.

Et pourtant, l’actu est là. Après « Choros » de Michael Langan et Terah Maher, élu Coup de Cœur de la rédaction au festival Silhouette, et projeté à notre séance d’octobre, nous comptons un nouveau Prix Format Court, dans notre escarcelle. Drôlement baptisé Le Métrange du Format Court par le Festival Court Métrange de Rennes, il vient de récompenser, ce dimanche 28 octobre, un film d’écoles, « Mamembre », imaginé par pas moins de sept auteurs (Sylvain Payen, Christophe Feuillard, Caroline Diot, Guillaume Griffoni, Clarisse Martin, Julien Ti-I-Taming et Quentin Cavadaski), issus de l’ESRA (l’École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle). Ce film, le voici, si la curiosité vous gagne. Si vous préférez le voir sur grand écran, ne cliquez surtout pas sur la petite flèche : nous le programmons à notre septième séance de courts, qui aura lieu le jeudi 08 novembre au Studio des Ursulines, en présence de l’équipe.

Et la suite, me demandez-vous ? La voici, la voilà. Comme nous vous l’annoncions cet été, notre prochain Prix Format Court sera décerné en novembre, au Festival de Brest, où nous suivrons de près la compétition européenne. Ce que nous ne vous disions pas, par contre, en bons cachotiers que nous sommes, c’est que nous allons aussi attribuer deux autres prix très prochainement, l’un au Festival Média 10-10 de Namur (Belgique), dans la compétition OVNI, l’autre au Festival de Vendôme, au sein de la compétition nationale.

Comme vous le savez probablement, en fidèles internautes que vous êtes, tous ces Prix feront l’objet de projections dans le cadre de nos soirées mensuelles et de focus individuels sur le site. Nous vous annonçons également d’ores et déjà que nous ferons une entorse au calendrier de nos soirées Format Court. Notre séance de fin d’année aura ainsi lieu le vendredi 21 décembre 2012, à l’occasion du Jour le plus court, et elle sera libre d’accès. Comment ça, vous serez pris par la fin du monde ?!

Et tant qu’on en est à parler de dates, Format Court aura quatre ans en janvier. Pour marquer le coup, nous vous proposerons une séance anniversaire, le jeudi 10 janvier 2013, soit près de quatre ans pile après son lancement, le 9 janvier 2008.

Cet éditorial ne saurait être publié sans sa note plus personnelle. Ces jours-ci, une personne m’ayant encouragée à monter Format Court s’est éteinte. Nicole vander Vorst dirigeait le Centre du Film sur l’Art à Bruxelles. Rieuse, bavarde, amatrice de bons potins, elle portait le pull orange comme personne, aimait les clopes et le cinéma d’animation. Un jour, en revenant d’un festival où elle avait été jurée, elle parla avec tant d’enthousiasme du film qu’elle avait primé avec son jury, « Lavatory Lovestory » de Konstantin Bronzit, que si vous ne connaissez pas ce film, je vous propose de le regarder et de sourire, avec moi, jusqu’à son générique de fin.

Katia Bayer
Rédactrice en chef

Soirée Format Court n° 7, la programmation du 8 novembre aux Ursulines

Nos projections mensuelles au Studio des Ursulines (Paris, 5ème) se poursuivent. Notre prochaine soirée Format Court, la 7ème, aura lieu le jeudi 8 novembre, à 20h30, avec un tout récent Prix Format Court, un chef d’oeuvre de l’animation mondiale, un gros coup de coeur flamand et deux fictions françaises très maîtrisées. Comme d’habitude, la séance sera suivie d’une rencontre avec les équipes présentes. L’occasion de s’initier ou de rester connecté au court métrage, de découvrir des films singuliers, français et étrangers, récents ou non, et d’en savoir plus sur les oeuvres montrées, au contact des réalisateurs, des comédiens, des producteurs et des techniciens présents.

Ce n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent. Fiction, 12′, 2011, France. Semaine de la Critique 2012, Nomination aux César 2013. En présence de l’équipe

Synopsis : Le Secret de Brokeback Mountain est passé hier soir à la télé. Vincent l’a vu et ça l’a bouleversé. Il profite de la récréation et de l’intimité des toilettes du collège pour raconter, de manière touchante et naïve, le film à Moussa. De l’autre côté du mur, dans les toilettes des filles, Jessica, elle aussi très affectée, en profite pour poser pas mal de questions sur le papa homosexuel de Nadia, avec beaucoup de maladresse.

Articles associés : la critique du film, l’interview du réalisateur

Les Possibilités du dialogue de Jan Švankmajer. Animation, Sans dialogue, 11’30, 1982, République tchèque. Ours d’or Berlin 1983, Grand Prix de Meilleur Film des 30 ans du Festival d’Annecy 1990

Synopsis : Deux personnages inspirés des peintures d’Arcimbolo, deux visages d’argile et des bustes d’amoureux forment un triptyque impitoyable sur l’incompréhension.

Article associé : Jan Švankmajer en DVD

Sur la route du paradis de Uda Benyamina. Fiction, 44′, 2011, France. Prix FIPRESCI au Festival international du film de Dubaï 2011, Nomination aux César 2013. En présence de l’équipe

Synopsis : Leila et ses enfants, Sarah et Bilal, ont quitté leur terre natale afin de passer en France. Elle souhaite offrir à ses enfants une vie meilleure, et retrouver son mari, parti pour l’Angleterre. Mais sans papiers, elle sent l’étau se resserrer autour d’elle.

Mamembre de Sylvain Payen, Christophe Feuillard, Caroline Diot, Guillaume Griffoni, Clarisse Martin, Julien Ti-I-Taming et Quentin Cavadaski. Animation, 6’35 », 2011, France. Métrange du Format Court au Festival Court Métrange 2012. En présence de l’équipe

Synopsis : Dans une société où les personnages changent de membres comme de chemises, ce film noir/fantastique raconte l’histoire d’une mère, la quarantaine, sur-protectrice envers sa fille adolescente. Le seul recours de la fille pour retrouver sa liberté est de manger sa mère…

Articles associés : la critique du filml’interview des réalisateurs

Tanghi Argentini de Guido Thys. Fiction, 14′, 2006, Belgique. Prix du Public, Prix du Rire Fernand Raynaud, Prix des Médiathèques au Festival de Clermont-Ferrand 2007

Synopsis : Malgré l’ambiance froide et anonyme qui règne sur son lieu de travail, un employé tente d’apporter un peu de bonheur à ses collègues. À la place des traditionnels cadeaux de Noël, il a décidé de leur offrir quelque chose de vrai et de précieux.

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En pratique

Projection Format Court, en présence des équipes, le jeudi 08 novembre 2012

Projection des films : 20h30

Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris

PAF : 6 €

Accès au cinéma : BUS : 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon).
 RER : Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Epée).

Réservations souhaitées : soireesformatcourt@gmail.com

Evènement Facebook : ici

Mamembre, Métrange du Format Court 2012 !

Ce soir, le Festival Court Métrange de Rennes clôturera sa 9éme édition en projetant son palmarès 2012, dont les lauréats se sont déjà fait connaître lors de la remise des prix, s’étant déroulée cet après-midi (voir actu). Partenaire pour la deuxième année consécutive, Format Court y a attribué son Métrange du Format Court, parmi une sélection internationale de films fantastiques et insolites. A cette occasion le jury de Format Court (Xavier Gourdet, Nadia Le Bihen-Demmou, Katia Bayer) a choisi de distinguer un premier film, « Mamembre », réalisé par sept jeunes auteurs issus de la promotion ESRA 3D Sup’infograph 2011 : Sylvain Payen, Christophe Feuillard, Caroline Diot, Guillaume Griffoni, Clarisse Martin, Julien Ti-I-Taming et Quentin Cavadaski.

Film d’animation audacieux à l’univers étrange et original, « Mamembre » sera programmé lors de notre prochaine soirée de projection, le 8 novembre 2012, au Studio des Ursulines, à Paris, et bénéficiera d’un dossier spécial dans les colonnes de Format Court. Pour ceux qui n’auraient pas la possibilité d’assister à notre séance, voici « Mamembre » dans son intégralité.

Synopsis : Dans une société où les personnages changent de membres comme de chemises, ce film noir/fantastique raconte l’histoire d’une mère, la quarantaine, sur-protectrice envers sa fille adolescente. Le seul recours de la fille pour retrouver sa liberté est de manger sa mère…

Palmarès Festival Court Métrange 2012

Court Métrange, le Festival international de courts insolites & fantastiques, propose d’année en année un moment à part pour les amateurs du genre. Aujourd’hui, le festival et ses différents jurys ont rendu publics leurs palmarès.

Composition du Jury Officiel 2012 : Catriona Mac Coll (comédienne), (Association Beaumarchais-SACD), Christophe Taudière (Pôle court-métrae à France Télévision), Eric Valette (réalisateur), Jean-Guy Véran (Studio Mactari), Pierre Ferrière (réalisateur), Emmanuel Bonami (acteur), Anaïs Bertrand (productrice Insolence-Production), Olivier Bourbeillon (producteur Paris-Brest)

METRANGE DU JURY : SUDD de Erik ROSENLUND (15’/ 2011/ Suède/Danemark)

METRANGE SPECIAL DU JURY : BUCLE de Aritz MORENO (3’/ 2011/ Espagne)

METRANGE BEAUMARCHAIS : EDMOND ETAIT UN ÂNE de Franck DION (15’/ 2011/ France)

METRANGE SONORE : BAD TOYS II de Daniel BRUNET & Nicolas DOUSTE (5’43/2012/France)

METRANGE OBSCUR : DER FALL (the case of John Doe) d’Achim WENDEL (2011/Allemagne)

METRANGE DU FORMAT COURT : Décerné par Format Court : MAMEMBRE de Christophe FEUILLARD, Sylvain PAYEN, Caroline DIOT, Guillaume GRIFFONI, Clarisse MARTIN, Julie Ti-I-TAMING, Quentin CAVADASKI (6’35 / 2011 / France)

METRANGE ANIME. Décerné par la chaîne SyFy : BAD TOYS II de Daniel BRUNET et Nicolas DOUSTE (5’43 / 2012 /France)

PRIX DU PUBLIC/ Métrange Make it Short : EXIT de Daniel Zimbler 12’55 / 2011 / Royaume-Uni

Métrange du Québec : ATTACK OF THE BRAIN SUCKERS de Sid Zanforlin (2012 / Québec / 14′)

Métrange Argentin : LUMINARIS de Juan Pablo Zaramella (2011 / 6′)

Prix du public Beast Of / Nuit du fantastique : CHAINSAW MAID de Takena Nagao (Japon – 2010)

Métranges scolaires Collèges & Lycées :  BAD TOYS II de Daniel Brunet et Nicolas Douste (5’43 / 2012 /France)

Ce n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent

Premier film au rythme extrêmement maitrisé et aux dialogues ciselés, Ce n’est pas un film de cow-boys offre une relecture de Brokeback Mountain dans les toilettes d’un collège, après sa diffusion la veille à la télé. Porté par la grande justesse de ses comédiens, le film touche juste et se joue admirablement des clichés. Il a reçu le Prix du Jury Jeunes et le Prix Beaumarchais-Sacd au dernier Festival Paris Courts Devant.

Le comité de sélection des courts métrages de la Semaine de la Critique a souvent le nez fin pour ce qui est de dénicher les films voués à un destin international. Après Logorama (Oscar 2010 et César du meilleur court 2011) et C’est gratuit pour les filles (César 2010), l’histoire semble bien partie pour se répéter avec Ce n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent.

Le film de cow-boys auquel le titre fait référence n’est nul autre que Brokeback Mountain d’Ang Lee (2005), l’histoire d’un amour interdit entre deux hommes dans l’Amérique rurale des années 60. Diffusé à la télévision la vieille, il est dès le lendemain l’objet de discussions dans les toilettes d’un collège, entre Vincent et Moussa (côté garçons) et Jessica et Nadia (côté filles). Moussa, deux têtes de moins que Vincent et physique sage de premier de la classe, n’a pas le droit de regarder la télé le soir. Vincent profite de se retrouver seul avec lui pour lui raconter le film. Ces deux-là ne semblent pas se côtoyer souvent, marginaux chacun à leur façon, mais la conversation sur le film permet à Vincent de laisser parler sa sensibilité, en apparence plutôt brutale. Ce « western pédé » de types qui font « l’amour dans le cul » comme il le décrit l’a visiblement marqué; même si son vocabulaire tend à prendre le maximum de distance. Le sujet est forcément sensible pour ce caïd du collège qui avoue avec réticence avoir « pleuré sa race » à la fin du film même s’il est « pas dep ». Moussa le conforte quant à sa réaction, la jugeant normale et on le sent rassuré par la validation de son confident de passage.

Du côté des filles on parle du même film mais d’une toute autre façon. Il faut dire que le père de Nadia vit avec un homme et Jessica, sa meilleure amie, en profite pour lui poser, de façon souvent maladroite, des questions sur lui. Les filles, avec beaucoup moins de précautions sur les mots employés que les garçons, s’amusent à questionner les clichés gays et Nadia démystifie la vision fantasmagorique de sa copine sur l’homosexualité. « Mon père il est comme ton père, il a pas de piercings, pas de tatouages, le soir il est couché à 22h ». Au cours de la conversation, Jessica finit par blesser Nadia en affirmant que sa naissance était au final « une erreur », ne réalisant sa gaffe qu’après coup.

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La réussite du film réside notamment dans la justesse de ses dialogues (sur un sujet, il faut bien le dire, plutôt casse-gueule) et son casting sans fautes. Benjamin Parent a longuement cherché ses acteurs et a beaucoup travaillé avec eux avant le film. Ce travail en amont se ressent largement tant les expressions tombent juste et collent parfaitement à leur interprètes. L’auteur avoue même avoir rajouté des répliques suggérées par son comédien, Finnegan Oldfield (Vincent). En cherchant à privilégier cette justesse des dialogues plutôt qu’un discours bien pensant, Parent déjoue admirablement les pièges que contient son sujet et en profite même au passage pour évoquer en filigrane la puissance de transmission du cinéma. Avec cette pointe de nostalgie pour ses jeunes années où sa mère lui racontait la fin des films dont il ne pouvait voir que le début avant de devoir aller se coucher.

Amaury Augé

Consulter la fiche technique du film

Article associé : l’interview de Benjamin Parent

C comme Ce n’est pas un film de cow-boys

Fiche technique

Synopsis : Le Secret de Brokeback Mountain est passé hier soir à la télé. Vincent l’a vu et ça l’a bouleversé. Il profite de la récréation et de l’intimité des toilettes du collège pour raconter, de manière touchante et naïve, le film à Moussa. De l’autre côté du mur, dans les toilettes des filles, Jessica, elle aussi très affectée, en profite pour poser pas mal de questions sur le papa homosexuel de Nadia, avec beaucoup de maladresse.

Réalisation : Benjamin Parent

Genre : Fiction

Durée : 12′

Pays : France

Année : 2011

Scénario : Benjamin Parent, Joris Morio

Interprétation : Malivaï Yakou, Finnegan Oldfield, Leïla Choukri, Garance Marillier, Damien Pinto-Gomes

Image : Nicolas Loir

Son : Arnaud Julien

Montage : Béatrice Herminie

Musique : Sarh (Thomas Parent, José Réis Fontao, Marie Flore)

Production : Synecdoche

Articles associés : la critique du film, l’interview de Benjamin Parent

Cinéma de poche, à la Cinémathèque française. Repérages #5 : Polar et fantastique

Coups de coeur, programmations thématiques, cartes blanches à des festivals ou à des sociétés de production, rétrospectives des courts métrages d’un cinéaste : « Cinéma de poche », le rendez-vous du court proposé par Bernard Payen, à la Cinémathèque française, nous plait. Nous en avons raté certains épisodes, voici le prochain, ayant déjà lieu demain, sous le signe du polar et du fantastique.

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Le Cri de Raphaël Mathié – France/2011/22’/Vidéo. Avec Ernest Umhauer, Carlo Brandt, Joséphine Déchenaud.

L’hiver. Une ferme isolée. Trois hommes et une femme. Un cri. Commence une errance à travers une nature familière qui peu à peu se dérobe. Une plongée nocturne dans l’inconnu qui les mène jusque dans les entrailles de la terre. À l’origine du cri.

L’Autre sang de François Tchernia et François Vacarisas – France/2012/18’/Blu-Ray. Avec Xavier Gallais, Juana Acosta, Karina Testa.

Paul, un trentenaire solitaire, s’offre enfin le cadeau de ses rêves : un avatar ; un clone haut de trente centimètres vendu comme la « version réussie de soi-même ».

La Violence de Clochette de Yannick Bandali-Renard – Belgique/2011/13’/Vidéo. Avec Grégory Beghin, Loic Videtta, Alexia Depicker, Luk Vander Plaetse.

Dans un quotidien de frustration, de violence et de responsabilité, Alexis se laisse vivre…

L’Homme à la cervelle d’or de Joan Chemla France/2012/16’/Blu-Ray D’après Alphonse Daudet. Avec Vincent Rottiers, Brennon Olsen, Karen Young, Marine Vacth.

Stanley a sept ans quand il découvre par accident que sa cervelle est en or.

La Mort du loup de Cédric Bourgeois – Belgique/2012/17’/Blu-Ray. Avec Charlotte Eugène Guibbaud, Gina Lhoas, Jean-Benoit Ugeux.

Judith, une jeune fille se réveille brusquement d’un cauchemar des plus angoissants. Elle regarde autour d’elle, tout semble en ordre : sa sœur qui dort, est là.

Infos

Séance : 86′
Jeudi 25 Octobre 2012 – 20h30 – SALLE JEAN EPSTEIN
En présence des réalisateurs
Lien utile : http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/rendez-vous-reguliers/fiche-manifestation/cinema-poche-reperages-5-polar-fantastique,14752.html

Palmarès du 12è Festival International des écoles de cinéma (FIDEC)

Le Festival hutois (Belgique) a connu une 12ème édition réussie malgré les coupes budgétaires remarquées. En voici le palmarès:

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COMPETITION INTERNATIONALE

Grand Prix International – Prix Roger Closset : TERRA de Piero Messina • Centro Sperimentale de Cinematografia • Italie

BON VOYAGE de Fabio Friedli • HSLU • Suisse : Mention à BODY BUILDING de Gabriel Fortin • Université du Québec à Chicoutimi • Canada

Prix du Soroptimist : GUEST de Ga Eun Yoon • KNUA • Corée

Prix International du Jury Jeune : TUBA ATLANTIC de Hallvar Witzo • The Norvegian Film School • Norvège
Mention à GUEST de Ga Eun Yoon • KNUA • Corée

Mention Prix Queer à WER ICH GLÜCKLICH BIN de Maria Pavlidou • IFS • Allemagne

COMPETITION NATIONALE

Prix Sabam : VIE DE RÊVE EN PROMOTION de Ellen Salomé, Kevin Dupont, Alicia Keppenne • IAD • Belgique

Le Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles : RAE de Emmanuelle Nicot • IAD • Belgique

Le Grand Prix National : TRISTESSE ANIMAL SAUVAGE de Florian Berutti • INSAS • Belgique

Mention à la comedienne Janice Vercaempst dans SWIMSUIT 46 de Wannes De Stoop • KASK • Belgique

Prix du public : VIE DE RÊVE EN PROMOTION de Ellen Salomé, Kevin Dupont, Alicia Keppenne • IAD • Belgique

Prix de La Trois : RAE de Emmanuelle Nicot • IAD • Belgique

Prix Queer : SI J’ÉTAIS UN HOMME de Margot Reumont • La Cambre • Belgique

Prix National du Jury Jeune : ATOMES d’Arnaud Dufeys • IAD • Belgique

Mention à VIE DE RÊVE EN PROMOTION de Ellen Salomé, Kevin Dupont, Alicia Keppenne • IAD • Belgique

Papa, Lénine et Freddy d’Irène Dragasaki

Disco Drama ou les enfantillages pluriels

Parmi les découvertes précieuses de la huitième édition du Festival Court Devant, figure un film venu d’une contrée dont l’actualité est plus économique qu’artistique : la Grèce. Au-delà des dangereux clichés journalistiques et des approches télévisuelles stigmatisantes, le cinéma affirme la volonté de l’individu face à l’histoire, aux conditions de vie et à lui-même. « Papa, Lénine et Freddy » d’Irène Dragasaki (2011) fait partie de ces courts métrages à assumer cette force déstabilisatrice, habituellement plutôt l’apanage du long métrage. Avec ce titre en forme de liste programmatique, c’est par un détour vers l’enfance, et les rêves qui en font le plus bel âge, qu‘on retrouve la complexe histoire autant que la naïveté mythologique des monts athéniens.

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« Papa, Lénine et Freddy » raconte une rencontre imaginaire qui a lieu dans l’esprit fécond d’une fillette d’une dizaine d’années à la fin des années 1980. Trois personnages, dont la réalité rejoint la virtualité, composent le paysage visuel de son enfance et se croisent dans ses rêves. Son père est membre du Parti Communiste; il est appelé à faire un long séjour dans l’U.R.S.S. en déclin. Une statue de Lénine trône sur son bureau et devient rapidement le double figé du père absent, s’éclairant la nuit comme un phare. Freddy, lui, est le personnage d’un film d’horreur très en vogue à l’époque. Dépassant la simple représentation d’une anecdote juvénile, le film devient finalement une rencontre onirique initiale, où réel et virtualité ne font qu’un, peut-être même le moment où les désirs de devenir cinéaste émergent.

Car la sincérité d’une telle démarche ne manque pas de donner l’impression au spectateur que cette expérience a été vécue par la cinéaste-scénariste. Il n’est pas question toutefois de coller à la réalité du fait; ce qui plane dans l’image est la vérité poétique d’un moment. Vérité poétique qui passe également par le son et la musique. En effet, Irène Dragasaki travaille sa bande originale de manière à restituer le climat musical d’une période charnière. La musique « disco » fait partie de la rencontre entre le père, Lénine et Freddy; elle en est même le terrain de liaison, le fil qui révèle le rapport qu’entretient le contexte historique avec l’icône de Lénine (et ses nombreux détournements dans le domaine politique et marketing) mais aussi avec la violence sourde, arbitraire et certaine, du film d’horreur.

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Ce lien est particulièrement visible aux confins du film. La séquence finale où Freddy et Lénine séquestrent le père, où le rêve a pris le pas sur toute réalité, révèle finalement le pouvoir de la petite fille sur son propre imaginaire. Elle sauve son père des mains des deux icônes et, du même coup, montre l’actualité d’un nouveau monde: la réalité de l’U.R.S.S. s’évanouit et le film d’horreur semble annoncer une nouvelle donne. Au sein d’une réalité toute capitaliste, le monde n’est plus appréciable dans le présent mais dans une attente, dans un avenir totalement conçu par les multinationales. Le présent devient une prison dorée où l’on ne sait plus quoi faire, contaminé par un horizon d’attente et par une violence sociale à la fois omniprésente et invisible. Un peu comme le suspense du film d’horreur, flottant et tendu vers une boucherie fatale. Même si le film ne porte pas un regard si pessimiste, il nous laisse le dessiner intérieurement.

Un élément surprenant pour finir. Lors de la rédaction de cet article, le correcteur orthographique automatique souligne en rouge deux termes du titre : Lénine et Freddy. Steve Jobs aurait-il un problème avec les films d’horreur et les contradictions qui s’y cachent ? Aurait-il voulu nier les espoirs portés par des hommes politiques, dont l’ampleur de la tâche a progressivement rompu les liens avec la société ? Aurait-il, ainsi, donné aux humanistes le moyen de nier la nécessité de l’engagement en la confondant avec la contingence de l’information ? Non, non, bien sûr. C’est qu’il s’agit de deux noms propres. Tout simplement.

Mathieu Lericq

Article associé : la critique du film

M comme Mon papa, Lénine et Freddy

Fiche technique

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Synopsis : Athènes, durant les années 80. Une petite fille de neuf ans perd peu à peu le contact avec son père, communiste et bourreau de travail…

Genre : Fiction

Durée : 20’

Pays : Grèce

Année : 2011

Réalisation : Irene Dragasaki

Scénario : Irene Dragasaki

Image : Christos Karamanis

Décor : Pinelopi Valti, Stavros Liokalos

Montage : Panos Voutsaras

Musique: Felizol

Son: Mariusz Bielecki

Interprétation : Avra Vordonaraki, Giannis Tsortekis, Kleio Xrusovergi Papatzanaki, Fotini Kontoudaki, Andreas Marianos, Thanasis Dovris

Production : Guanaco

Article associé : la critique du film