Cette année, le jury du Prix Format Court à Brive a craqué pour une jeune adolescente dont l’enfance investit brillamment le moyen métrage, « Comme une grande », premier film d’Héloïse Pelloquet, sortie dernièrement de la Fémis, dont le dispositif renverse les codes habituellement associés aux films sur le passage à l’âge adulte. Petite tentative de décryptage après sa projection jeudi 14 mai au Studio des Ursulines (Paris, 5è) dans le cadre de son prix.
Un an de la vie d’Imane, au bord de l’océan. Un jour Imane sera grande. En attendant, il y le collège, les copines, les garçons, l’été, les vacanciers de passage, l’hiver, les projets, les rêves.
Réal. : Héloïse Pelloquet
Fiction, 44′, 2014
France
Loin de se cantonner aux effets habituels du Super 8, « Motu Maeva », premier film de la réalisatrice Maureen Fazendeiro est un parcours à la fois libre et précis, entre passé et présent, dans la vie de son seul et unique personnage, Sonja André, une étonnante passagère du siècle. Conçu comme une « machine à voyager dans le temps sensible », avec ses allers-retours, ses passages thématiques et ses moments suspendus, ce moyen-métrage a été récompensé du Grand Prix Europe du Festival de Brive et a reçu le soutien du GREC (Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques).
Un portrait de Sonja, aventurière du XXème siècle, habitante d’une île qu’elle a elle-même façonnée : Motu Maeva.
Réal. : Maureen Fazendeiro
Documentaire expérimental, 42’10, 2014
France
« Le Rêve de Bailu », court-métrage en compétition Silvestre au festival IndieLisboa 2015, est une commande du gouvernement chinois à Nicolas Boone. Cet artiste vidéaste est également le réalisateur de « Hillbrow », primé au Festival du Nouveau Cinéma de Montréal et présenté en compétition Fictions Internationales à Lisbonne ces jours-ci.
En 2008, un tremblement de terre a détruit Bailu, province du Sichuan. Le gouvernement chinois a décidé de reconstruire un village français. Le film est une traversée du village. Il croise ses habitants dans leurs activités.
Réal : Nicolas Boone
Documentaire, 12′, 2013
France
Les amoureux qui passent, le soleil amer, la nuit verte, des arbres tordus, la barque de Charon, une fête surréaliste, deux adolescents accroupis qui disparaissent dans la nuit… Il s’agit juste d’une partie des éléments qui confluent dans « Les Fleuves m’ont laissée descendre où je voulais », premier film de Laurie Lassalle, en compétition cette année à la 12ème édition des Rencontres Européennes du Moyen Métrage de Brive.
Flore, dix-huit ans, rejoint Arthur pour se rendre à une fête qui n’existe pas. Sur leur route, personnages étranges et hallucinations les conduisent au bout de la nuit. Flore fait l’expérience du deuil et de l’enfance perdue, pour se retrouver au cœur de son désir.
Réal. : Laurie Lassalle
Fiction, 38’25’’, 2014
France
Le jury Format Court de la douzième édition des Rencontres du moyenmétrage de Brive, composé de Georges Coste, Nadia Le Bihen, Aziza Kaddour et Marc-Antoine Vaugeois, a choisi de récompenser « Comme une grande », film de fin d’études de l’ancienne élève de la Fémis Héloïse Pelloquet.
Jean-Sébastien Chauvin est critique de cinéma (Cahiers du Cinéma, Chronic’Art, Vogue) et enseignant à l’ESEC (École Supérieures des Études Cinématographiques). Depuis 2008, il a réalisé cinq courts-métrages qui tracent une voie singulière au sein de la production française de par leur inspiration fantastique et leur propension à ouvrir leurs cadres sur des territoires peu explorés.
Dans les années trente, à la période de Noël, un projet immobilier est proposé avec succès au maire d’une grande ville. Dans les rues, une femme, la main tendue, cherche à subvenir aux besoins de son fils.
Potemkine, boutique de DVD située dans le 10ème arrondissement de Paris, est née en 2006, avec la volonté d’offrir aux spectateurs un accès à un cinéma éveillé et éclectique. Elle leur propose aussi bien des grands films de l’Histoire du cinéma que des films plus intimistes et méconnus, tout aussi grands par leur qualité. Afin de mener à bien cette mission de découverte et d’accès au cinéma, Potemkine a agrandi son secteur d’activité l’année d’après en se lançant dans l’édition DVD, puis, dans la distribution en salle en 2012. Co-édités avec Agnes b. Production depuis 2008, les films sortis en DVD reflètent autant de coups de cœur, d’exigence et d’originalité.
Sélectionné dans la compétition internationale des courts-métrages de la nouvelle édition du festival Cinéma du Réel, le documentaire « L’Amie d’Amélie » de Clémence Diard nous plonge dans l’intimité d’une relation entre deux sœurs.
«Notre mère est partie depuis dimanche et je vais rester pendant une semaine auprès de ma sœur Amélie. Je pensais qu’on allait être seules pour une fois, mais je me trompais. Entre elle et moi, il y a Christine ».
Réal. : Clémence Diard
Documentaire, 42′, 2014
France
1975 : Année de la Femme. Antenne 2 demande à sept femmes cinéastes de répondre en sept minutes à la question « Qu’est-ce qu’une femme ? ». Agnès Varda répond par un ciné-tract : Réponse de femmes (Notre corps, notre sexe). Des femmes avec leur tête de femme parlent de sexe, de désir, de publicité et d’enfants (en avoir ou pas).
Ancien du Fresnoy, Giacomo Abbruzzese a voyagé dans un sens comme dans l’autre avant de poser ses valises à Paris, il y a quelques années. Auteur de plusieurs courts, il a réalisé « Stella Maris », un film qui nous a beaucoup plu à Brest et à Villeurbanne (où il a eu une Mention spéciale du Jury Format Court).
Prix de la Meilleure Première Œuvre de Fiction (SACD) au dernier Festival de Clermont-Ferrand, le court-métrage « Son Seul » de Nina Maïni fait partie des films de fin d’études du dernier cru de la prestigieuse Fémis. La jeune cinéaste, issue du département son, livre un court-métrage humble, émouvant et drôle dont la qualité première est de prendre pour sujet le cinéma comme artisanat et pour héros deux figures discrètes et connues des plateaux de tournages : l’ingénieur du son et son perchman.
Incroyable plongée dans un territoire fantastique, le film d’écoles d’Arash Nassiri s’attache à transposer une certaine image de Téhéran dans le paysage urbain de Los Angeles créant ainsi une utopie cinématographique des plus envoûtantes.