Réalisateur passé par Louis-Lumière et membre du jury du dernier Festival de Clermont-Ferrand, Antonin Peretjatko revient sur son parcours, de la technique à la mise en scène. Il évoque ses débuts en autoproduction, son apprentissage sur le terrain, son rapport aux comédiens et la manière dont le court métrage a façonné son regard. Un échange franc, concret et sans détour sur la fabrication des films.
En février, il présentait au Festival de Clermont-Ferrand en compétition nationale « Veuillez patienter » de Solal Bouloudnine (reparti avec le Prix du public et le Prix Canal+) et en séance spéciale « Baise-en-ville » de Martin Jauvat. Le 15 avril, il tiendra le premier rôle dans « La Petite Graine » de Mathias et Colas Rifkiss. Comédien venu du théâtre, passé par la série, le court et le long métrage sans hiérarchie ni stratégie préméditée, Sébastien Chassagne revendique un rapport souple au jeu, au scénario et aux trajectoires professionnelles. De sa formation à l’ESAD à son goût pour les projets fondés sur la confiance et le doute, il revient sur ce qui, selon lui, fait réellement une rencontre de cinéma.
Basée à Paris, Misia Films est une jeune boîte de production fondée il y a 6 ans par l’Italienne Valentina Merli et l’Argentine Violeta Kreimer. Toutes deux s’intéressent à l’art contemporain et aux talents émergents, tout en cherchant à créer des croisements entre cinéma et art contemporain. Le court qu’elles ont produit, Deux personnes échangeant de la salive, réalisé par Natalie Musteata et Alexandre Singh, concourt à la fois aux César et aux Oscars 2026. Porté par Zar Amir Ebrahimi et Luàna Bajrami, le film raconte une histoire d’amour contrariée dans une société où l’intimité est interdite, et suit, au cœur des Galeries Lafayette filmées de nuit, la naissance d’un désir clandestin dont chaque geste devient un acte de résistance face à un ordre répressif. Conversation sur la violence du monde, la beauté comme terrain critique, le luxe dans les projets cinématographiques et la solitude d’un métier qui ne s’arrête jamais.
« Wonderwall », premier court-métrage de fiction de Róisín Burns, tourné au Royaume-Uni, raconte une histoire de coming of age marquée par la britpop. Sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes, le film a remporté le Grand Prix du festival Côté Court à Pantin et est actuellement en lice aux César. Format Court a rencontré la jeune réalisatrice irlando-anglaise pour parler de la co-production franco-britannique, de son tout premier long métrage et des sources d’inspiration qui nourrissent son univers cinématographique.
Au cœur de l’été marseillais, Hicham revient de mission militaire pour le mariage de son frère. Alors que sa bande l’accueille en toute virilité, le regard de Lucas se pose sur lui plus longtemps qu’il ne le devrait. Et plus intensément…
Un été caniculaire dans un petit village près de Marseille. Après trois années d’absence, Lucas et son groupe de potes voient revenir leur meilleur ami Hicham. Ce retour très attendu suscite rapidement des émotions contradictoires au sein de la bande, mais surtout de nouveaux espoirs chez Lucas.
Réal : Arnaud Demarle
Fiction, 23′, 2025
France
C’est avec le son d’un jet d’eau propulsé sur la carrosserie d’une voiture que nous entrons dans Car Wash, le nouveau court-métrage documentaire de Laïs Decaster (nommé cette année au César de cette catégorie). Ce son, il constitue une grande partie de l’univers sonore des 12 minutes qui composent le film : une voiture lavée, décrassée, revitalisée par sa consciencieuse propriétaire.
Dans une station de lavage auto, Laïs Decaster filme et questionne sa sœur, Auréa, qui nettoie minutieusement sa voiture.
Réal : Laïs Decaster
Documentaire, 12′, 2024
France
Rares sont les œuvres qui nous plongent dans un tel état de mésaise ; c’est le cas pour ce court métrage, Deux personnes échangeant de la salive, réalisé par le duo Natalie Musteata et Alexandre Singh. En festival depuis 2024, primé notamment à Clermont-Ferrand en 2025, nommé aux César et aux Oscars 2026, cette fiction dystopique fascine par son univers singulier tout en demeurant étrangement familier.
Dans une société où le baiser est puni de mort et où les achats se règlent en recevant des gifles, Angine, femme solitaire et malheureuse, erre dans un grand magasin. Elle se rapproche d’une jeune vendeuse malgré l’interdiction de tout contact intime. Leur relation naissante attire la jalousie d’une collègue et déclenche une sanction exemplaire.
Réal. : Natalie Musteata, Alexandre Singh
Fiction, 36′, 2024
France, États-Unis
Avec son premier court métrage, Au Bain des Dames, Margaux Fournier met en scène Joëlle et ses amies, un groupe de femmes à la retraite qui profitent du soleil marseillais à la plage. Elles racontent leur quotidien, parlent de sexe, de leur rapport au corps. Originaire de Marseille, Margaux Fournier revient sur sa terre natale pour filmer ces femmes, celles qu’elle côtoie depuis toujours. Des figures d’expérience que le cinéma délaisse, et dont l’énergie et la vitalité bousculent un imaginaire bien ennuyeux qui accompagne les femmes à partir d’un certain âge. Margaux Fournier s’est entretenue avec Format Court et nous a raconté comment est né le film (aujourd’hui en lice pour le César du meilleur court métrage documentaire), le tournage et l’accompagnement de ses personnages dans la folle aventure du « Bain des Dames ».
Avec « Mort d’un acteur », Ambroise Rateau obtient une très belle consécration en étant parmi les quatre nommés aux César 2026 du meilleur court-métrage de fiction, après avoir fait le tour des festivals depuis octobre 2024. Cette comédie métafictionnelle, comme le stipule le cinéaste, nous entraîne dans une histoire à la fois drôle et satirique, où l’acteur Philippe Rebbot devient spectateur de sa propre mort et doit agir en conséquence.
Les médias et les réseaux sociaux annoncent la mort de Philippe Rebbot. Problème : il est bien vivant. Pire encore, malgré ses tentatives de démenti, la rumeur continue de se propager.
Réal. : Ambroise Rateau
Fiction, 22′, 2024
France
L’intelligence artificielle telle que présente dans notre quotidien peut-elle recréer une relation intime qui nous manque ? C’est la question centrale mise en lumière dans « Ni Dieu ni Père », premier court-métrage documentaire de Paul Kermarec, nommé aux César cette année. Paul (également personnage de son film) a 4 ans lorsque son père quitte le foyer familial. C’est de cette absence qui l’a toujours hanté que va naître l’idée d’un projet : combler le manque en essayant de créer une relation humaine et profonde avec l’intelligence artificielle. Une idée que le film va incarner via une forme tout à fait singulière.
Imprégnés par la dernière édition du Fipadoc, qui s’est achevée il y a peu, nous avons été confrontés à des œuvres expérimentant de nouvelles formes dans le cadre du documentaire. C’est dans ce contexte que s’est dessiné le travail de Najla Barouni et Julie Sanchez. Issues de parcours différents, l’une venant de l’acting, l’autre de la photographie, elles se sont imposées comme un duo de cinéma à la fois multiple et profondément passionnant. Leur dernière collaboration, « La Conversation », nous a bouleversés jusqu’aux larmes.
Réalisatrice de « L’Heure de l’ours » (César du meilleur court-métrage d’animation 2021), Agnès Patron signe avec « Une fugue » son retour au court. Le film explore la mémoire, la fratrie et les fantômes qui nous accompagnent, dans un geste où la peinture, le son et l’animation se répondent. Présenté à la Semaine de la Critique en séance spéciale en mai, « Une fugue » se balade actuellement en festival. En septembre, il remportait le prix du meilleur court d’animation à Toronto. En février, il concourt en compétition à Clermont-Ferrand.
Lola, 83 ans, dialogue avec Carmen. Pour vivre son deuil et tenter d’apaiser son chagrin, Lola a mille questions. Les réponses douces de l’intelligence artificielle l’apaisent, révélant comment l’algorithme semble combler des besoins émotionnels. Jusqu’à un certain point.
Réal. : Najla Barouni, Julie Sanchez
Documentaire, 13′, 2025
Réalisateur de « Dieu est timide », son premier film professionnel produit par le studio Remembers (fondé par Ugo Bienvenu et Félix de Givry), Jocelyn Charles explore le son, le gore et le réel. Présélectionné au César du meilleur court-métrage d’animation 2026, son film a été présenté à Cannes, à la Semaine de la Critique. Il est actuellement montré au Festival Premiers Plans d’Angers, dans la section Plans Animés.
« Un été caniculaire dans un petit village près de Marseille. Après trois années d’absence, Lucas et son groupe de potes voient revenir leur meilleur ami Hicham. Ce retour très attendu suscite rapidement des émotions contradictoires au sein de la bande, mais surtout de nouveaux espoirs chez Lucas. » À l’occasion de la sélection aux César 2026 du court-métrage « Big Boys Don’t Cry », nous avons rencontré son réalisateur, Arnaud Delmarle, et son acteur principal, Rod Paradot, sacré Meilleur espoir masculin en 2016 pour « La Tête haute », d’Emmanuelle Bercot. Échange sur ce film d’amour et d’amitié sous le soleil méridional.
Liverpool, 1995, les dockers sont en grève. Siobhan, 9 ans, n’a qu’une chose en tête : voir si Oasis va remporter le duel de la pop face à Blur.
Réal. : Róisín Burns
Fiction, 27′, 2025
France, Royaume-Uni