Tous les articles par Katia Bayer

Under Twilight de Jean-Gabriel Périot

Avec «  Under Twilight » (« Sous le crépuscule » en français), Jean-Gabriel Périot réalise en 2006 un film expérimental explosif où éclate son immense talent de monteur et de manipulateur d’images. Utilisant des archives de vues embarquées à bord de bombardiers américains de la Seconde Guerre mondiale, Périot exécute un travail sur la forme saisissant pour livrer un spectacle visuel qui transfigure des scènes de destruction guerrière dans une émotion confuse de fascination à la limite du surréalisme.

Le film démarre sur une image panoramique qui rogne sur les hauteurs et nous renvoie au format d’un certain cinéma américain tout en largeur. On y découvre dans un noir et blanc marqué par le temps, des bombardiers B17 prenant leur envol pour un lâcher de bombes en terres ennemies. Le traitement de l’image est puissant et bouleverse notre perception du réel. Périot mystifie le spectateur en appliquant à son montage un effet miroir qui reproduit la moitié de l’image en l’inversant verticalement. Dès lors, les machines de guerre aériennes se transmutent en monstres irréels et presque extra-terrestres qui déshumanisent leur objet, leur raison d’être et leur objectif. Sur cet effet s’ajoute un traitement en syncope qui inverse encore les pans du miroir image par image et contribue à un ressenti perturbé et chaotique mais dont la cadence et le rythme régulier confèrent à la scène un tempo implacable. Entre sons métalliques grinçants et grésillements entêtants, les bombes planent dans les cieux et se démultiplient dans un balai fantomatique ensorcelant pour s’abattre en explosant sur des sols géométriquement enflammés où semblent transparaître les figures apocalyptiques d’idoles démoniaques.

Jean-Gabriel Périot apparaît comme un cinéaste de la mémoire. Il aime manipuler l’Histoire pour en souligner l’horreur. « Under Twilight » fait partie de ces films coup de poing où l’on se trouve coincé entre l’esthétisme expérimental de la forme et la monstruosité historique du fond. Dans « Under Twilight », la guerre devient une divagation visuelle hallucinatoire, comme un aveuglement qui nous laisse avec un goût amer et étrange d’hypnose morbide.

Xavier Gourdet

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Article associée : l’interview de Jean-Gabriel Périot

Mária Palacios Cruz et Courtisane : pour un art audiovisuel indépendant, poétique et hors normes

Née en Espagne et ayant vécu à Madrid, Moscou, Belgrade ou encore Bruxelles, Mária Palacios Cruz traverse les frontières physiques et cinématographiques avec autant d’aisance qu’une citoyenne du monde. Directrice et programmatrice du festival Courtisane, elle nous a fait le plaisir de nous accorder un entretien virtuel. Réflexions sur le cinéma expérimental.

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Programmatrice et organisatrice de Courtisane, comment as-tu intégré l’équipe du festival ?

J’ai rejoint l’équipe de Courtisane en 2008 et pendant les premières années, je m’occupais uniquement d’une partie de la programmation (principalement les programmations thématiques, les Artists in Focus, etc.) avec Stoffel Debuysere. Au fil des années, notre part dans l’ensemble du programme a pris de plus en plus d’ampleur et on a aussi commencé à être impliqués dans la production et l’organisation pratique. Lorsque Dirk Deblauwe (qui était le coordinateur depuis 2006) a décidé d’arrêter en 2010, il m’a demandé de reprendre son poste et me voilà. Il s’agit pourtant de ma dernière année comme directrice du festival (et aussi au sein de l’équipe de programmation) car j’ai déménagé à Londres en janvier de cette année et il est très difficile de diriger un festival de cinéma depuis un autre pays !

Quels sont, selon toi, les spécificités, les buts et les rôles d’un festival expérimental tel que le vôtre?

On aurait pu dire qu’il s’agissait historiquement d’un festival de cinéma expérimental. Mais aujourd’hui ce ne serait plus pertinent… Les « catégories » traditionnelles sont devenues beaucoup plus floues et perméables. Par ailleurs, notre programme s’est énormément ouvert vers le documentaire et la fiction aussi. Certains des films présentés, comme Nana de Valérie Massadian ou Palacios de Pena de Gabriel Abrantes, ont justement engendré des débats sur la place de la fiction dans le cinéma expérimental. Nous défendons des œuvres audiovisuelles qui sont singulières, indépendantes, poétiques, hors normes. Je trouve qu’une des meilleures définitions du cinéma expérimental, et qui décrit bien le travail que Courtisane défend et présente, est celle de Nicole Brenez qui dit : « Un film expérimental considère le cinéma à partir, non pas de ses usages, mais de ses puissances; et il s’attache aussi bien à les rappeler, les déployer, les renouveler, qu’à les contredire, les barrer ou les illimiter. ». Nous sentons d’une part la nécessité d’offrir au public la possibilité de découvrir des films et des auteurs qui ne trouvent pas leur place dans le circuit d’exhibition traditionnel, et d’autre part le devoir de promouvoir le travail des artistes audiovisuels belges, aussi bien à l’étranger qu’à l’intérieur du pays.

Le festival est-il confronté à des limites et des contraintes comme c’est souvent le cas dans d’autres festivals de films plus traditionnels?

Le format d’un festival a des limites et contraintes évidentes. Des contraintes d’ordre temporel, car un festival est concentré sur une période courte, cinq jours dans notre cas, ce qui limite la quantité de films qui peuvent être montrés (et c’est pour cela qu’en 2011 et en 2012 nous avons prolongé le festival avec des séances à Bruxelles afin de pouvoir montrer un aperçu plus complet de l’œuvre de Robert Beavers et de Philippe Grandrieux). Il y aussi des contraintes au niveau du contenu, car même en fonctionnant avec une relative indépendance et flexibilité, il faut suivre une certaine logique interne en termes de thèmes, axes… ce qui veut souvent dire se retrouver enfermé à l’intérieur d’une structure fixe : compétition, rétrospectives, etc., sans avoir la liberté de montrer un film qui n’a pas de lien thématique à un programme, ou qui n’est pas récent, ou qui ne constitue pas en soi une séance “type” d’environ 75-80 min. Mais d’autre part, l’aspect concentré d’un festival a également des avantages, permettant à un public de suivre l’ensemble d’une programmation et de partager ainsi une expérience collective. Il ne nous serait pas possible de mobiliser un public international – comme c’est le cas pendant le festival – si la même programmation était éparpillée au long de l’année. Et pour nous, le fait de rassembler ce groupe de gens (artistes, cinéastes, programmateurs…) à Gand pendant quelques jours, et les échanges qui en résultent – à la fois entre eux et avec le reste du public – constituent une part importante du festival.

Concrètement, comment se passe la sélection des films ? Quels sont les critères de sélection ?

C’est une question compliquée…. Je ne pense pas qu’il y ait des festivals où ça se passe idéalement, mais bien sûr les plus grandes structures peuvent s’approcher plus d’une situation idéale. Tout processus de sélection est inévitablement subjectif et donc injuste… La manière que nous avons trouvée pour essayer de compenser cette injustice est d’avoir rassemblé un groupe de personnes avec des intérêts et goûts différents afin de proposer une programmation à la fois plus ouverte et plus représentative de la production récente dans ce champ des films et vidéos d’artistes. Il faut peut-être mentionner aussi qu’une grande partie du programme ne provient pas des 1500 films qui nous sont envoyés, mais du travail de prospection que nous réalisons au long de l’année en visitant d’autres festivals.

Dans les séances, on sent une certaine volonté de suivre un fil rouge thématique. Est-ce le cas ? Pourquoi ?

Nous tenons en effet à composer des programmes qui ont une cohérence interne, qu’elle soit thématique ou formelle, et ce, même pour les séances en compétition. Il y a donc des films que nous aimons beaucoup mais qui ne trouvent pas de place cohérente à l’intérieur d’une programmation et que donc nous ne réussissons pas à montrer dans le cadre du festival. C’est dommage, et souvent nous essayons de trouver le moyen de les montrer dans un autre cadre en dehors du festival. Il nous semble qu’une séance doit être comprise comme un tout, car ce qui vient avant ou après un film, affecte inévitablement sa signification et sa réception par le public.

Comment caractériserais-tu la scène expérimentale en Belgique, à l’échelle internationale ?

La Belgique a joué un rôle très important pour la scène expérimentale internationale à l’époque de Jacques Ledoux (conservateur de la Cinémathèque) qui a mis en place le premier grand festival de cinéma expérimental EXPRMNTL (à Knokke en 1949, 1963, 1967 et 1974, et à Bruxelles en 1958). EXPRMNTL a offert pour la première fois un point de rencontre à l’avant-garde internationale, et beaucoup des réalisateurs qui y ont assisté continuent à être fort attachés à la Belgique. Pour ce qui est de la scène contemporaine, en Belgique il y a une riche production audiovisuelle de la part d’artistes visuels tels que Manon de Boer, Herman Asselberghs, Sven Augustijnen, Anouk De Clercq (fondateurs de la plateforme Auguste Orts), Vincent Meessen, Sarah Vanagt, Laurent Van Lancker, An.van Dienderen, Annik Leroy, Jacques Faton, Johan Grimonprez, Renzo Martens, Sung-A Yoon, Jasper Rigole, Pieter Geenen… C’est principalement avec la forme documentaire que ces artistes expérimentent dans leur travail film et vidéo, ce qui a par exemple donné lieu à la naissance d’un groupe de recherche autour de la question du « EXPANDED DOCUMENTARY » au KASK.

Quelles sont les écoles belges de cinéma qui selon toi, offrent aux étudiants la possibilité de s’exprimer en dehors du cinéma narratif traditionnel ? Quelle est l’implication de la KASK dans le festival?

Je pense que c’est principalement dans les écoles d’art et non pas de cinéma que les étudiants belges ont la possibilité d’approcher la création audiovisuelle d’une façon plus libre et expérimentale. Du côté francophone, il y a principalement l’ERG et nous avons d’ailleurs montré en 2010 un travail d’étudiant, Les phosphènes de Stéphanie de Florian Ecrepont et Stéphanie Maton, qui a reçu une mention du jury. Du côté flamand, ils ont la chance d’avoir des départements de cinéma dans les écoles d’art (Sint-Lukas et KASK) et c’est pour cela qu’il y a une production “jeune” plus intéressante. Par ailleurs, Courtisane est en résidence au KASK depuis septembre 2010. Une partie du festival a lieu à l’intérieur du KASK et nous organisons aussi souvent des programmes en collaboration avec le cinéma de l’école, le KASKcinema (en particulier la serie « Figures of Dissent »). Ce partenariat est très important mais il est aussi important pour nous de continuer à collaborer avec les autres écoles. Cette année, nous avons par exemple co-organisé un séminaire de Philippe Grandrieux avec Sint-Lukas et une projection de ses films à l’INSAS.

Propos recueillis par Marie Bergeret et Adi Chesson

Articles associés : les critiques de « 4’33″ » et de « Dissonant » de Manon de Boer, et de « The Corridor » de Sarah Vanagt

Deux courts récompensés du Prix Jean Vigo 2012

Depuis 1951, le prix Jean Vigo, créée par Claude Aveline, en hommage au réalisateur Jean Vigo, récompense un réalisateur français pour son indépendance d’esprit et la qualité de sa réalisation. Depuis 1960, un palmarès distingue les longs métrages et les courts métrages. Jeudi soir, le Prix Jean Vigo a été décerné à Helena Klotz, dans la catégorie « long métrage », pour son film « L’âge atomique ». Côté courts, deux films ont été distingués par le jury : « La Règle de trois » de Louis Garrel et « La Vie Parisienne » de Vincent Dietschy, projeté jeudi également à la soirée Format Court.

La Règle de trois de Louis Garrel

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Syn. : Un mardi qui se lève. Paris. Des rues calmes. Un parc pour les enfants et les chiens. Un soleil de printemps. Louis est prêt à prendre soin de Vincent, mais exige que Marie prenne soin d’elle toute seule. Il oublie que, pour Marie, il s’agit d’autre chose. Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, dit-on. Un après-mdi à trois et, en fin de journée, une pensée commune : à quoi ça sert si je suis seul ?

La Vie Parisienne de Vincent Dietschy

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Syn. : Pierre et Marion, un couple d’enseignants parisiens, ont une existence bien réglée. Quand ils rencontrent l’amoureux d’enfance de Marion, Rémi, leur vie s’éclaire d’un jour nouveau.

Cannes, news 6 : Semaine de la Critique. Un court métrage inédit réalisé par le comédien Shia LaBeouf

Un court métrage inédit réalisé par le comédien Shia LaBeouf en séance spéciale le vendredi 18 mai

C’est en tant que réalisateur que la Semaine de la Critique va accueillir l’acteur américain Shia LaBeouf, déjà présent sur la Croisette pour son rôle dans « Lawless » de John Hillcoat, en Compétition Officielle. Plus connu du grand public pour ses rôles dans la série des « Transformers » et dans des films comme « Wall Street : l’argent ne dort jamais » d’Oliver Stone, Shia LaBeouf suscite un intérêt grandissant pour ses débuts derrière la caméra.

Producteur des clips « New Divide » de Linkin Park et « I Never Knew You » de Cage, en 2011 il réalise le clip « Marijuana » du rappeur Kid Cudi ainsi que « Born Villain », un court métrage pour la sortie du dernier album éponyme de Marilyn Manson. C’est en 2011 également qu’il réalise « Maniac », un court métrage inspiré de « C’est arrivé près de chez vous ».

Avec son film « Howard Cantour.com », mettant en scène Jim Gaffigan dans le rôle d’un critique de cinéma, Shia LaBeouf vient livrer sa vision décalée et impertinente de la critique.

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Nijuman no borei (200000 fantômes) de Jean-Gabriel Périot

“Pro Hiroshimae defunctis”

Parce que Jean-Gabriel Périot sait très bien qu’entre l’horreur et la façon de la représenter, il existe un gouffre immense, cet humaniste convaincu a voulu témoigner à sa façon de la plus grande catastrophe nucléaire que le monde a connue et raviver ainsi les flammes d’un souvenir honteux. « Nijuman no borei » rappelle avec une originalité remarquable la nuit du 6 août 1945, celle qui a vu la destruction d’Hiroshima.

À l’aide d’une multitude d’images d’archives, Périot s’amuse à retracer l’histoire d’Hiroshima, de 1914 à 2006. Celle-ci peut se partager en deux parties, avant et après l’explosion de la bombe atomique. Il livre un portrait éclaté de la ville nous confrontant à l’impossibilité de retracer la linéarité d’un passé douloureux. Les images d’archives se superposent les unes aux autres faisant l’effet de dias de famille que l’on passe après un bon repas, se remémorant telle coupe hideuse ou tel objet perdu au fil des déménagements. Et pourtant, ce n’est pas une histoire individuelle que tente de nous conter le cinéaste mais bien une histoire collective. Au même titre que les dates historiques que l’on arbore avec fierté, cette tragédie doit être déterrée des abîmes de la mémoire et expliquée au monde pour ne plus la répéter mais aussi pour prendre conscience que même si l’on n’était pas là la nuit du 6 août 1945 et que l’on n’y a rien vu, Hiroshima réside en nous malgré tout, comme un murmure incertain, comme une preuve tangible de l’indicible.

L’audace formelle dont le film fait preuve dénote d’une volonté d’impliquer totalement celui qui regarde, au-delà de l’informer, Périot choisit de lui faire ressentir l’absence et le manque perçus dans les clichés d’avant et après la catastrophe. Dans la difficulté de représenter le néant, il intègre une image blanche, des silences significatifs et puis surtout la chanson “Larkspur et Lazarus” de Current 93 qui offre une magnifique réponse sonore aux images d’archives, comme si la poésie seule pouvait nommer l’ineffable et s’en approcher au point de s’unir à lui. Dédié aux 200.000 fantômes qui hanteront toujours la ville d’Hiroshima, « Nijuman no borei » est à l’image du Dôme de Genbaku, un véritable hymne à la paix.

Marie Bergeret

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Article associé : l’interview de Jean-Gabriel Périot

Undo de Jean–Gabriel Périot

Avec Undo, Jean–Gabriel Périot nous la fait à l’envers.

Réalisé en 2005 dans le cadre de la Collection Canal + « 10 minutes pour refaire le monde », « Undo » (qui signifie « défaire » en anglais) dresse une chronique de l’humanité dans une démarche de déconstruction historique originale. Film de montage reposant sur des images d’archives finement sélectionnées, « Undo » nous propose un voyage dans le temps subtile et acide dont la particularité est de nous le faire vivre à l’envers.

Les premières minutes du film sont magnifiques mais laissent quelque peu perplexe. On plane dans le cosmos dans une ceinture d’astéroïdes. Un soleil explose. On survole l’orbite terrestre. Seule une bande son où se mélangent des violons aux accents dramatiques et des sons synthétiques inversés semble nous orienter dans la direction du film. Progressivement et alors que les éléments se déchaînent sur la planète Terre, on pénètre dans l’univers de « Undo ». Lorsque, dans des cieux incendiés, des champignons atomiques se rétractent, le propos devient franchement explicite : Périot a fait de son film une machine à remonter le temps où tout fonctionne à l’envers. Dès lors s’enchaînent des scènes de désolation, de guerre, de révolte et de répression. Scènes macabres où le monde semble pris de folie apocalyptique, où les hommes marchent à l’envers dans des décors en ruine, ressortant les corps meurtris des ambulances pour les reposer à même le sol dans des mares de sang.

Les attentats du 11 septembre nous ramènent dans les rues de New-York, puis à d’autres villes où les foules avancent à reculons dans des ambiances plus pacifistes. Mais le propos de Périot ne perd pas d’intensité, et c’est la société de consommation qui est passée au crible. Dans les centres commerciaux, les tiroirs-caisses s’inversent et les consommateurs vident leur caddy en remettant les produits dans les rayonnages. Dans les cantines, les travailleurs encravatés régurgitent les aliments pour les remettre dans les assiettes de leur plateaux-repas qu’ils rendent aux cantinières. Comme par magie, la formule « Undo » remonte les cycles de production, et ce sont les piliers du système productiviste qui sont tour à tour défaits, déconstruits, démantelés. On désosse les téléviseurs, on désassemble les automobiles, on démonte les chars de guerre, et les animaux ressortent des abattoirs pour retourner à la campagne en marche arrière, comme un retour à la nature.

Le film prend alors une autre tonalité et évolue progressivement vers le noir et blanc avec des scènes de ruralité d’un autre temps. Travaux à la fourche, travaux à la main, outils rudimentaires, cueillette, les hommes vivent et travaillent dans un certain dénuement, une simplicité, un retour à une certaine pureté originelle qui trouve finalement son achèvement dans le mythe du jardin d’Eden. Entre apocalypse et genèse, manipulation géniale de l’inversion de l’histoire, le film nous laisse sur un questionnement : était-ce mieux avant ?

Jean-Gabriel Périot fait partie de ces artistes engagés dont le regard sur le monde sait saisir votre conscience. Son film « Undo » contribue à alimenter une filmographie sans concession qui place inlassablement, dans un pessimisme lucide, l’Homme face à la responsabilité de sa civilisation.

Xavier Gourdet

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Article associée : l’interview de Jean-Gabriel Périot

U comme Undo

Fiche technique

Synopsis : Refaire un monde en pleine détérioration ? « UNDO » propose une autre solution : avant de refaire ce monde, ne vaut-il pas mieux le défaire ? 
Dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, nous assistons à la création de la terre.

Réalisation : Jean-Gabriel Périot

Genre : Expérimental

Durée : 10’

Pays : France

Année : 2005

Scénario : Jean-Gabriel Périot

Montage : Jean-Gabriel Périot

Photographie
 : Stock Shots (banques d’images)

Recherche d’images
 : Emmanuelle Nowak

Son
 : Xavier Thibault, Laure Arto

Musique
 : Sylvia Filus

Production : Local Films

Article associé : la critique du film

15ème Brussels Short Film Festival – le palmarès

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Palmarès International

Le Grand Prix du Festival : € 2500 offerts par la SABAM au meilleur film de la compétition : SHORT FOR VERNESA B. de JONS VUKOREP – Bosnie-Herzégovine / Allemagne – 11’ – 2011

Mention Spéciale du Jury : JUNIOR de JULIA DUCOURNAU – France – 20′ – 2011

Le Prix d’Interprétation Féminine : € 1000 offerts par l’Echevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles : ALDONA BENDORIUTE pour  TEVE MUSU de MARIUS IVASKEVICIUS – Lituanie – 28’ – 2011

Le Prix d’Interprétation Masculine : € 1000 offerts par l’Echevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles : SHAWN CHRISTENSEN pour CURFEW de SHAWN CHRISTENSEN – Etats-Unis – 19’ – 2011

Le Prix du Public : € 1000 offerts par la Commune d’Ixelles – CURFEW de SHAWN CHRISTENSEN – Etats-Unis – 19’ – 2011

Palmarès National

Le Grand Prix National : € 2500 offerts par la SACD : CRI DU HOMARD de NICOLAS GUIOT – Belgique – 30’ – 2012
Mention spéciale pour « Sidewalk » de Berivan Binevsa

Le Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles : € 2500 offerts au réalisateur d’un film belge francophone – YOUSSOUF LE SOUFFLEUR de LIA BERTELS – Belgique – 5’20” – 2011

Le Prix d’interprétation féminine : € 500 offerts par la Commune d’Ixelles – EVA VAN DER GUCHT pour YOU WILL FIND IT de JESSIE DE LEEUW – Belgique – 17’11 – 2011

Le Prix d’interprétation masculine : € 500 offerts par la Commune d’Ixelles – ITSIK ELBAZ pour LE SYNDROME DU CORNICHON de GERALDINE DOIGNON – Belgique – 21’ – 2012

Le Prix du Jury : € 1500 en prestations techniques offerts par le Studio L’Equipe : OH WILLY… d’EMMA DE SWAEF & MARC JAMES ROELS – Belgique – 18’30” – 2011

Le Prix Be TV  : € 1500 comprenant l’achat des droits de diffusion sur BeTV – L’ATTRAPE-REVES de LEO MEDARD – Belgique – 18’30” – 2011

Le Prix TV5 Monde : Un P 310 par Nikon au sein des compétitions nationale et internationale (attribué par des représentant de TV5 Monde) – QUE LA SUITE SOIT DOUCE d’ALICE DE VESTELE – Belgique – 23’ – 2012

Le Prix du Public : € 2500 en travaux offerts par Filmik : FABLE DOMESTIQUE d’ANN SIROT & RAPHAËL BALBONI – Belgique – 22’ – 2012

Le Prix des Centres Culturels : € 500 attribués par des membres de centres culturels et la diffusion du film dans certains des centres du réseau – A NEW OLD STORY d’ANTOINE CUYPERS – Belgique – 22’ – 2012

E comme Eût-elle été criminelle…

Fiche technique

Synopsis : France, été 1944. Les femmes accusées d’avoir entretenu des relations avec des soldats allemands durant la guerre sont publiquement châtiées.

Réalisation : Jean-Gabriel Périot

Genre : Expérimental

Durée : 9′

Année : 2006

Pays : France

Montage : Jean-Gabriel Périot

Son : Jean-Gabriel Périot

Production : Envie de Tempête Productions

Article associé :  la critique du film

Eût-elle été criminelle… de Jean-Gabriel Périot

Primé à de nombreuses reprises et montré un peu partout dès sa sortie en 2006, Eût-elle été criminelle fait partie des films phares de Jean-Gabriel Périot. Un court métrage qui sillonne les frontières du documentaire et de l’animation expérimentale pour servir un propos militant et engagé. Dix minutes citoyennes qui invitent à réfléchir sur la notion d’expiation collective.

France, été 1944, la libération : une foule en liesse exprime sa joie après 5 années d’occupation faite de privations, de souffrances et d’humiliations. Une masse intergénérationnelle processionne joyeusement à travers les rues du pays, brandissant des drapeaux tricolores, étendards d’une patrie unie dans un même sentiment de soulagement et d’espoir. La belliqueuse « Marseillaise » accompagne ces images d’archives qui retracent la guerre, les alliés, les camps, le nazisme, Hitler…

Les images défilent comme des souvenirs qui font mal et que l’on veut vite oublier puis, le rythme effréné se ralentit et l’on aperçoit çà et là des visages, on capture des regards et telle une gifle cinglante, Périot nous fait alors découvrir le revers de la médaille, l’envers du décor, celui qui ne se trouve pas dans les manuels d’histoire. Il s’arrête sur des images d’archives qui dérangent et font honte : la tonte des femmes accusées de collaboration avec l’occupant allemand.

Eminemment symbolique, la tonte se présente alors comme un acte exutoire d’une foule haineuse, un désir féodal de vengeance, une mesure nécessaire qui consiste à se réapproprier le corps de ces femmes « salies » par l’ennemi. Parmi celles-ci, il y avait aussi bien des femmes amoureuses que de vraies collaboratrices, des divorcées que des femmes seules et marginalisées. Dans ce qui s’apparentera à une véritable chasse aux sorcières, les femmes sont exhibées et lynchées sur la place publique. Les frontières entre vie privée et vie publique sont brouillées et le respect de la dignité humaine totalement remis en cause.

D’une efficacité implacable, le film de Périot interroge judicieusement la société sur le concept de châtiment public. La tonte hier, le corps de Kadhafi que l’on exhibe dans les rues de Syrte aujourd’hui, comment une société qui se dit « évoluée » peut-elle cautionner de telles atrocités à l’encontre d’autres êtres humains, s’interroge l’artiste, eurent-ils été des criminels notoires?

Marie Bergeret

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Article associé : l’interview de Jean-Gabriel Périot

21.04.02 de Jean-Gabriel Périot

Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise. – Berthold Brecht

Encouragé ou plutôt enflammé par l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles françaises de 2002, Jean-Gabriel Périot s’est offert un joli cadeau d’anniversaire en réalisant un court métrage dynamique et dérangeant sur les excès de l’image dans les médias. Dix ans plus tard, le film rappelle à l’ordre la conscience politique et sociale avec une effrayante pertinence.

21-04-2012-jean-gabriel-périot

Avec une rapidité de montage vertigineuse aux limites de la persistance rétinienne, le vidéaste français déploie une fantasmagorie d’images de toutes sortes : iconographie chrétienne, art classique, art pop, images d’archive de politiques, de propagande, de société civile et de guerre, du cinéma, de la pornographie, de la publicité, ainsi que des photographies de famille du réalisateur lui-même (le titre du film représente également son anniversaire). Dix minutes « d’agression » visuelle rythmée par une bande son tout aussi agitée.

Malgré la vitesse de son défilement, chaque plan, lourd en connotation, évoque une réflexion d’ordre social, politique, religieux… Entre société de consommation matérielle et culturelle, décadence morale et spirituelle, chute de la vérité moderniste, éclatement de la vision postmoderniste, tout semble figurer dans ce kaléidoscope bizarre que l’on ose à peine appeler un film, tellement il s’affirme contre les codes reconnaissables du septième art.

Pour ce qu’il est du message politique lié au jour fatidique cité dans le titre, celui-ci apparaît en filigrane de cette panoplie de clichés se présentant comme un état des lieux de la civilisation moderne jusque là. La réponse personnelle qu’apporte Périot à un événement collectif a toute sa pertinence aujourd’hui, au moment où les valeurs fondamentales de la République – Liberté, Egalité et Fraternité – risquent pour beaucoup de s’inverser. Deux présidentielles plus tard, force est de constater que le sujet de consternation pour le réalisateur n’est plus le même, mais s’est déplacé vers la fille Le Pen, et son discours nationaliste de droite qui n’est qu’une prolongation de celui de son père. Mais on le sait bien, l’histoire ne cesse de se répéter : les détracteurs d’un certain « Napoléon du XXIème siècle » ont crié deux fois (en vain ?) aux dangers d’extrémisme prôné par sa soif du pouvoir. De même, « 21.04.02 » devra sans doute être revu en 2017 face à la potentielle réalisation du cauchemar de son auteur – la percée du nationalisme.

Adi Chesson

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Article associé : l’interview de Jean-Gabriel Périot

Focus Jean-Gabriel Périot

Cinéaste de la mémoire, fin analyste de l’image et sondeur passionné du sentiment humain, Jean-Gabriel Périot mène, depuis plus de 10 ans, une carrière prolifique et reconnue dans le milieu du court métrage et du documentaire français.

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© JS

Nous lui consacrons aujourd’hui un focus spécial et nous vous proposons, à travers plusieurs critiques de ses œuvres phares et au détour d’une interview fleuve, d’en découvrir un peu plus sur ce spécialiste de la mise en perspective, qu’elle soit intime ou d’ordre historique.

Retrouvez dans ce focus :

– l’interview de Jean-Gabriel Périot

– la critique de « Under Twilight » (2006)

– la critique de « Nijuman no borei (200000 fantômes) » (2007)

– La critique de « UNDO » (2005)

– La critique de « Eût-elle été criminelle… » (2006)

– La critique de « 21-04-02 » (2002)

– La critique de « L’art délicat de la matraque » (2009)

– La critique de « Les Barbares » (2010)

V comme 21.04.02

Fiche technique

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Synopsis : Le 21 avril 2002. Soir du premier tour des élections présidentielles. Un point de cassure irrémédiable. Un de ces rares instants où l’on vit vraiment l’Histoire. Et, malheureusement, l’Histoire dans toute sa noirceur. Ce soir-là fut aussi, pour des amis chers, le moment choisi pour une soirée surprise à l’occasion de mon anniversaire. La gâteau eut un goût amer.

Genre : Expérimental

Pays : France

Année : 2002

Durée : 9′

Réalisation : Jean-Gabriel Périot

Scénario : Jean-Gabriel Périot

Montage : Jean-Gabriel Périot

Son : Jean-Gabriel Périot

Production : Heure exquise

Article associé : la critique du film

Millenium Web-doc Meetings : 4 et 5 mai à l’espace Senghor

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Les Millenium Web-doc Meetings sont des événements qui se déroulent sur deux jours et mettent à l’honneur le web-documentaire.

Ce nouveau langage connaît un succès retentissant en seulement quelques années d’existence. Il s’adresse aussi bien aux cinéphiles traditionnels qu’à la nouvelle génération internet. Les web-docs rassemblent des communautés actives autour de thèmes cruciaux de notre époque.
Organisées dans le cadre du Festival Millenium, ces journées se dérouleront les 4 et 5 mai 2012 à l’Espace Senghor à Bruxelles.

Découvrez les cinq projets sélectionnés pour le concours de pitching !

CONNECTED WALLS
De Sébastien Wielemans

D’UNE RUE L’AUTRE
De Fabrice Osinski et Thomas Gabison

GEEK POLITICS : LA DÉMOCRATIE DANS LES CÂBLES
De Dancing Dog Productions / Adrien Kaempf

GÉNÉRATION TAHRIR
De Hervé Verloes
(en collaboration avec Joan Roels, Pauline Beugnies, Marion Guénard, Rachida El Azzouzi, Nina Hubinet)

INDIAN RAILWAYS
De Olivier Grinnaert
5 projets ont été sélectionnés. Les auteurs les présenteront lors d’une séance publique de pitching le 4 mai 2012 lors des MWM.

Ils y recevront les avis et les conseils de créateurs, de producteurs et de distributeurs reconnus.

Le meilleur projet recevra une bourse d’aide au développement de 2500 €, offerte par la SCAM.

Le Jury des Millenium Web-doc Meetings et composé de :
David Dufresne, Président du jury
Sophie Berque
Abel Carlier
Simon Duflo
Alain Gerard
Gerald Holubowicz
Patric Jean
Marc Lustigman
Alok Nandi

Deux courts métrages de Tsai Ming-Liang et João Pedro Rodrigues en Clôture de la Semaine de la Critique

Section dédiée aux découvertes, la Semaine de la Critique a toujours apporté une attention particulière au court métrage, y compris lorsqu’il est le terrain d’expérimentation de cinéastes confirmés. Pour la Clôture de sa 51e édition, la Semaine met à l’honneur le travail sur le format court des cinéastes Tsai Ming-Liang et João Pedro Rodrigues avec deux films qui questionnent la temporalité à travers des espaces urbains.

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Tsai Ming-Liang a imposé le cinéma Taïwanais dans le paysage mondial. Ses films ont remporté de nombreux prix parmi lesquels le Lion d’Or à Venise en 1994 pour « Vive l’amour » et l’Ours d’Argent en 2004 pour « La Saveur de la pastèqu »e . Ses films « The Hole » (1998), « Et là-bas quelle heure est-il? » (2001) puis « Visage » en 2009 ont été presentés en compétition au Festival de Cannes. ll a récemment commencé à produire une jeune génération de cinéastes asiatiques et continue sans cesse d’interroger sa pratique artistique en se confrontant au théâtre, aux arts plastiques et au court métrage.

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João Pedro Rodrigues est la grande révélation du cinéma portugais de ces dernières années. Le plus novateur par son œuvre qui explore des identités sexuelles troubles. Après son premier long métrage, « O Fantasma » en 2001, il s’impose avec « Odete », presenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2005 où il obtient le Prix cinémas de recherche. En 2009, il signe « Mourir comme un homme », un mélodrame sur le milieu des travestis de Lisbonne présenté au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard. Cette année, João Pedro Rodrigues est déjà présent à la Semaine de la Critique comme Président du Jury Découverte Nikon du court métrage.

« Walker » de Tsai Ming-Liang et « Manhã de Santo António » de João Pedro Rodrigues seront présentés le jeudi 24 mai lors de la Soirée de Clôture de la 51e Semaine de la Critique.

Brussels Short Film Festival

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La 15ème édition du Brussels Short Film Festival a ouvert ses portes en grandes pompes ce vendredi 27 avril et les refermera le dimanche 6 mai. Au programme de cette édition anniversaire? Les habituelles compétitions nationale et internationale ainsi que de nombreuses séances thématiques (Courts des Grands, European Film Awards, Clips, Une Nuit du Court, des séances pour les écoles de cinémas…).

Découvrez le programme sur le nouveau site du festival!

Clermont-Ferrand, découvrez l’affiche du Festival 2013

C’est l’artiste et réalisateur canadien Théodore Ushev qui a signé l’affiche du prochain Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, qui se tiendra du 1 au 9 février 2013. Son film « Les Journaux de Lipsett » avait fortement marqué les esprits à Clermont-Ferrand en 2011, en remportant le prix du Meilleur film d’animation. Les programmes croisés « Ushev / Lipsett », qui combinaient des films de ces deux réalisateurs exceptionnels, ont été l’un des temps forts du festival 2012. Théodore Ushev était membre du Jury international à Clermont-Ferrand en février dernier.

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(c) Théodore Ushev

L’actu des Lutins : sortie du coffret 3 DVD 2012

La 15e Nuit des Lutins connaîtra sa cérémonie annuelle de remise des prix le 11 juin prochain, à l’Institut du Monde Arabe. 25 films de fiction, animation et documentaire sont nominés cette année. Dès aujourd’hui, vous pouvez adhérer, recevoir le coffret 3 DVD des Lutins 2012 et participer au vote final.

Pour adhérer, recevoir le coffret DVD Lutins 2012 et participer au vote :

Vote professionnel : votez pour les 14 prix honorifiques, artistiques, techniques

Vote public : votez pour le film que vous estimez être le meilleur de l’année

Vous pouvez également télécharger le formulaire et le renvoyer à l’adresse suivante :

Les Lutins du Court-Métrage
14, rue des Croisiers 14000 Caen

Date limite des votes : 2 juin