Le festival Anima fête ses 30 ans. Envoyez vos films !

anima-2011

La compétition d’Anima 2011

1. Courts métrages d’animation terminés après le 30/06/2009, sans distinction d’origine géographique, à l’exception de la Belgique.
2. Films d’école ou de fin d’études : courts métrages d’animation terminés après le 30/06/2009, sans distinction d’origine géographique.
3. Clips vidéo ou publicités courts métrages d’animation terminés après le 30/06/2009, sans distinction d’origine géographique.
4. Longs métrages : longs métrages d’animation terminés après le 30/06/2009, sans distinction d’origine géographique.
5. Longs métrages pour jeune public : longs métrages d’animation terminés après le 30/06/2009, sans distinction d’origine géographique.
6. Courts métrages belges : courts métrages d’animation belges terminés après le 30/06/2009.

Parmi ces six sections, les films serlnt soit soumis à la compétition internationale, soit à la compétition nationale, avec des prix en cash allant de 1.000 à 2.500€ et d’autre en nature. Le Festival paiera les allers retours des copies sélectionnées.

Délais

Soumission des films : 15 octobre 2010
Envoi des copies : 11 février 2011

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¿ Dónde está Kim Basinger ? de Édouard Deluc

« À coup sûr, ça c’est un film mexicain ». « Je ne sais pas où est Kim Basinger mais ce qui est sûr, c’est qu’elle ne vit pas à Ringis, ça, je le saurais ! ». « Il est sous-titré, ce film ? » Et oui, chers spectateurs, face à un tel titre, toutes les suppositions, intellos ou non, sont bonnes à prendre.

Marcus et son frère Antoine débarquent à Buenos Aires pour le mariage de leur cousin. Trois jours avant le départ, Antoine s’est fait plaquer par sa copine Coralie et n’a pas retrouvé le moral depuis. Marcus est bien décidé à dérider son frère en l’initiant aux plaisirs féminins de la capitale.

Grand Prix national et Prix Canal + à Clermont-Ferrand, « ¿ Dónde está Kim Basinger ? » est une comédie en noir et blanc ultra présente et récompensée sur la scène festivalière. Pendant sept ans, Édouard Deluc, auteur d’un film oubliable « Je n’ai jamais tué personne », a nourri un désir-petit pois d’aller filmer l’Argentine, un pays de « cinéma, de paysages et de psychanalyse ». Le petit pois a poussé et a donné « ¿ Dónde está Kim Basinger ? », un film ambitieux par sa durée (30’) malgré son manque de moyens et son nombre restreint de jours de tournage.

Le court a ses mérites. Il repose sur un scénario chic-choc, peut être qualifié de drôle à l’inverse de bon nombre de comédies surfaites à la française, bénéficie d’une très belle photo signée par l’Argentin Leandro Filloy gratifiant le film d’une atmosphère très fifties, et est porté par une bande-son très engageante, résonnant dans l’oreille tant dans les scènes ludiques de karaoké (ah, Marvin…) que dans celles plus classiques de road-movie.

Le casting du film vaut à lui seul un paragraphe. Une pensée particulière accompagne Philippe Rebbot et Yvon Martin, aussi opposés que peuvent l’être deux frères : l’un est tout en longueur, débraillé et jovial comme un hamster alors que l’autre est plus dans la petitesse, le smoking et la déprime du pingouin. Une galerie de seconds rôles aussi truculents les uns que les autres font écho à leur talent de comédiens, que ce soit le gardien de l’hôtel, le racoleur urbain, la prostituée aimant le champagne ou le patron de la maison close censée abriter K.B.

Vu le succès du film, une suite à « ¿ Dónde está Kim Basinger ? » est d’ores et déjà prévue (suggestions au réalisateur : « No sé, estúpido ! », « Ella estaba allí tres minutos, creo que está al baño !* »). Espérons que le traitement de la débauche et le regard malicieux porté sur Buenos Aires y seront tout aussi pertinents que dans cette première ébauche.

Katia Bayer

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Article associé : l’interview d’Édouard Deluc

* « Je ne sais pas, espèce d’idiot ! », « Elle était là il y a trois minutes, je crois qu’elle est aux toilettes ! »

Der Da Vinci Timecode de Gil Alkabetz

Motus christique

Avec « Der Da Vinci Timecode », présenté cette semaine à Silhouette, le réalisateur Gil Alkabetz effectue une animation complexe et inventive de La Cène de Da Vinci.

Sur fond d’une musique impétueusement néo-baroque (la partition d’Alexander Zlamal a été récompensée à Stuttgart), le réalisateur israélien installé en Allemagne opère un double travail de déconstruction et de reconstruction du tableau le mieux connu du maître florentin après La Joconde. Alkabetz en relève des curieux détails qu’il refaçonne librement et tisse ainsi dans une iconographie établie dans tout l’imaginaire occidental, de nouvelles bribes narratives : un jeu de gestes et de regards accusateurs et de mouvements chaotiques menant progressivement vers la figure centrale du Christ qui, avec un doigt relevé, fait taire la cohue, avant que la caméra ne passe au plan large du tableau tel qu’on le connaît.

Certes, Alkabetz joue sur l’aspect surmédiatisé et mystifié de Da Vinci, dont l’œuvre s’est vu dernièrement attribuer d’innombrables facettes codées. Le synopsis du film parle par ailleurs de « découvrir des mouvements secrets » dans le tableau. Mais il va plus loin. Tout d’abord, il profite de la perspective en un point de fuite qui donne à l’œuvre un côté frontal voire théâtral, pour interpeller le spectateur-voyeur et doter aussitôt le sujet d’une dimension cinématographique. À l’aide du montage, l’auteur introduit ensuite à l’intérieur du cadre pictural délimitant et statique, une cyclicité de mouvements presque perpétuels. Il rend frénétique la placidité du sujet figé à travers une chorégraphie de gestuelles successivement directionnelles et arbitraires. Bref, ce tableau – qui a également servi d’inspiration à Peter Greenaway en 2008 pour son installation ‘Nine Classical Paintings Revisited’ dans laquelle il « anime » la toile avec un jeu de lumière – se trouve mué et doté de vie sous le regard morcelé du réalisateur, où l’éclatement du sujet démultiplie les pistes de perception et d’interprétation.

Tout comme L.H.O.O.Q. de Duchamp, « Der Da Vinci Timecode » remet en question la lecture conventionnelle de l’art classique. Mais au contraire des considérations anticonformistes du Dadaïsme, Alkabetz s’inscrit dans une démarche plus postmoderne qui vise à regarder une œuvre autrement pour en dégager de nouvelles significations. Le « message » le plus plausible ici pourrait être : « Mais arrêtez donc ce cinéma autour du Florentin, savourez son art pour ce qu’il est. Amen. »

Adi Chesson

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D comme Der Da Vinci Timecode

Fiche technique

Synopsis : Une image est isolée afin de créer une animation basée sur ses détails. Divers fragments de cette image, avec pour points communs des formes similaires, nous permettent de découvrir des mouvements secrets.

Réalisation : Gil Alkabetz

Genre : Animation

Année : 2009

Durée : 3’

Pays : Allemagne

Animation : Gil Alkabetz

Musique : Alexander Zlamal

Interprétation : Jésus Christ, 12 apôtres, du pain, du vin,…

Production : Sweet Home Studio

Article associé : la critique du film

L’Etrange festival, les programmes de courts

Programme 1

– Chair Amie – Pierre Adrien – 2009 – France – Animation

– Love and Theft – Andreas Hykade – 2009 – Allemagne – Animation

– My new best friend – Jonny Ensall et Giles Ripley – 2009 – Royaume-Uni – Fiction

– Letratone leader – Ian Helliwell – 2009 – Royaume-Uni – Expérimental

– The origin of creatures – Floris Kaayk – 2009 – Pays-Bas – Animation

– The long night – Richard Williamson – 2008 – Australie – Fiction

– A family portrait – Joseph Pierce – 2009 – Royaume-Uni – Animation

– All flowers in time – Jonathan Caouette – 2010 – Etats-Unis – Expérimental

– Arnos Tonlabor – Christoph Janetzko – 2009 – Allemagne – Expérimental

– ZWOLL BOX KÄMPFER JAGEN VICTOR QUER ÜBER DEN GROßEN SYLTER DEICH 140 9 – Johannes Hammel – 2009 – Autriche – Expérimental

– Fun with Benny – Shawn Larkin – 2009 – Canada – Fiction

– Long live to the new flesh – Nicolas Provost – 2010 – Belgique – Expérimental

Programme 2

– Imaginary battles – Doug Bayne – 2009 – Australie – Animation

– Red–end & the seemingly symbiotic society – Bethany De Forest et Robin Noorda – 2009 – Pays-Bas – Animation

– Let’s Pollute – Geefwee Boedoe – 2009 – Etats-Unis – Animation

– Ce disque est le même que l’autre – Jean-Jacques Palix – 2009 – France – Expérimental

– Sun-A – Vincent Richard – 2010 – France – Animation

– Darluz – Leandro Goddinho – 2009 – Brésil – Expérimental

– Baader-Meinhof komplett – Jon Frickey et Till Penzek – 2008 – Allemagne – Animation

– 50 años en la Luna – Mariano Santilli – 2009 – Argentine – Fiction

– Boxer – Michael Latham – 2009 – Australie – Fiction

– Fur – Sophie Boord – 2009 – Australie – Fiction

Programme 3

– Stroboscopic noise – Manuel Knapp – 2009 – Autriche – Expérimental

– Clemency – Joseph Albanese – 2009 – Etats-Unis – Fiction

– Don’t Bogart that joint –  Harald Schleicher – 2009 – Allemagne – Expérimental

– One night – Alexandra Schepisi – 2009 – Australie – Fiction

– Oranus – Jelena Girlin et Mari-Liis Bassovskaja – 2009 – Estonie – Animation

– The terrible thing of Alpha-9! – Jacob Armstrong – 2009 – Etats-Unis – Animation

– Percorso #0008-0209 – Igor Imhoff – 2009 – Italie – Animation

– Zigurate – Carlos Eduardo Nogueira – 2009 – Brésil – Fiction

Programme 4

– Backwards – Aaron Hugues – 2009 – Etats-Unis – Animation

– Töten – Tobias Dörr – 2009 – Autriche – Fiction

– Brukerstotte – André Ovredal – 2009 – Norvège – Fiction

– Jalkeilla Taas – Maarit Suomi – 2009 – Finlande – Expérimental

– Twist of fate – Karen Aqua – 2009 – Etats-Unis – Animation

– Precut Girl – Eric Dinkian – 2009 – France – Fiction

– Clonk – Bertrand Lenclos – 2010 – France – Fiction

– The cake – Joe Grazulis – 2009 – Etats-Unis – Fiction

– Maska – Stephen et Timothy Quay – 2010 – Pologne – Royaume-Uni – Animation

Les séances de la compétition de courts métrages sont interdites aux personnes âgées de moins de 16 ans.

Le site du festival:www.etrangefestival.com

D comme The Den

Fiche technique

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Synopsis : Dans la tanière habitent des animaux velus. Mais ces animaux sont des hommes. Et ils nous racontent des histoires d’animaux.

Réalisation : Alain della Negra, Kaori Kinoshita

Scénario : Alain della Negra, Kaori Kinoshita

Genre : Documentaire

Durée : 29′

Pays : France

Année : 2008

Production : Capricci Films

Article associé : la critique du film

The Den d’Alain Della Negra et Kaori Kinoshita

« The Den » (La Tanière) fait suite au travail d’exploration du monde virtuel de Second Life et de ses joueurs commencé avec les courts « Neighborhood » (2006) et « Newborns » (2007). Alain Della Negra et Kaori Kinoshita se penchent cette fois-ci sur la communauté des furries, drôles d’humains à poils partis à la chasse de leur animal intérieur.

Sous le soleil californien, Matthew, jeune vendeur en magasin, se prépare à participer à sa première soirée furry. Faussement ingénu, il a les yeux qui pétillent, de ceux qui s’apprêtent à transgresser. 
La garden party est prévue le soir même. Il s’y rendra seul, poussé par la curiosité envers ces gens d’une drôle d’espèce rencontrés sur Second Life et rassemblés par leur fantasme animal. Même s’il précise à sa collègue qu’il n’est pas attiré par le fait de coucher avec des animaux, il est beaucoup moins catégorique sur celui de coucher avec des gens déguisés en animaux.

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Lors de la soirée, la faune locale est variée, composée en grande majorité de geeks accrocs à Second Life qui se sont rencontrés sur le site. Dans le jardin, un renne harnaché doté d’une mitraillette en plastique côtoie un homme portant une queue factice de chat et des oreilles assorties façon souvenir made in Disneyland. Les plus discrets arborent juste un t-shirt illustré de leur animal favori ou un imprimé léopard pas toujours très heureux.
 Les convives se mélangent dans la bonne humeur en s’échangeant des mangas furries plutôt salés clairement pornographiques autour d’une télé où passe un dessin animé furry évocateur.

Matthew s’initie au vocabulaire furry en compagnie du fameux homme-chat. Est-il furry, fur-curieux, fur-friendly, quel est son fursonnage? Les initiés sont là pour l’aider à y voir clair.
C’est d’ailleurs l’interview d’un des furries les plus actifs, un mâle alpha belette qui constitue le fil rouge du documentaire et qui contient les moments les plus intéressants du film. Après un débat sur quel fursonnage choisir, renard, loutre, dragon, belette, loutre, lion, blaireau (le spectre est large), on apprend que les furries peuvent avoir jusqu’à plusieurs partenaires sexuels de différentes espèces. Il précise même que « nous ne sommes pas des pauvres types incapables de choper des rencards ». En effet, « ce fantasme, cette hallucination partagée » permet à cette communauté souvent moquée d’avoir une vie sexuelle active voire débridée. Bisexualité, partenaires multiples, le discours est décomplexé. Reste que le déguisement est moins anecdotique qu’il n’y parait, cette marginalité assumée en groupe nécessite un certain courage. Matthew ne trouvera pas chaussure à son pied, pas vraiment excité par sa rencontre avec ce « vieux type avec des sandales de touriste et une moustache », les furries n’étant finalement pas son truc. On sent qu’il aurait aimé un peu plus de folklore, des plumes, des poils et des griffes.

the-den

Le film se termine d’ailleurs sur une réflexion de notre guide belette qui fait écho à la déception non dissimulée de notre novice : « être furry, ce n’est pas enfiler un masque ou un costume, c’est ce qui reste quand on ôte son masque humain, c’est ce qu’il y a à l’intérieur ».
 Kaori Kinoshita et Alain Della Negra se sont eux-mêmes créé des avatars sur Second Life pour contacter des joueurs et les rencontrer « dans la vrai vie » comme ces derniers disent souvent. On sent à la fois leur fascination pour ces furries et la distance avec laquelle ils les filment, sans jugement de valeur pour autant. La somme de leur travail sur ce monde pas si virtuel a fait naître un long métrage très réussi, « The Cat, the Reverend and the Slave », qui sortira dans les salles françaises le 15 septembre prochain. On y croise les furries bien sûr mais aussi un prêtre, des échangistes et un tas d’autres addicts du clavier.

Au-delà du phénomène de société, le couple de réalisateurs franco-japonais parle des pertes de repères entre le vrai et le faux, du rapport à soi, de sa mise en scène et du besoin si profond du regard de l’autre sans lequel on n’existe pas. Des thèmes pas si marginaux au final.

Amaury Augé

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Silhouette 2010

Retrouvez dans ce Focus :

Le palmarès du festival
L’interview de Quimu Casalprim i Suárez, réalisateur de « Zeitriss » (Allemagne)
La critique de « Dounouia, la vie » d’Olivier Broudeur et Anthony Quéré (France)
La critique de « The Cow Who Wanted to Be a Hamburger » de Bill Plympton (États-Unis)
La critique de « Monsieur l’Abbé » de Blandine Lenoir (France)
La critique de « Elefantenhaut » (Peau d’éléphant) de Ulrike Putzer et Severin Fiala (Autriche)
La critique de This is Alaska de Mårten Nilsson et Gunilla Heilborn (Suède)
La critique de « ¿ Dónde está Kim Basinger ? » d’Édouard Deluc (France)
La critique de « Der Da Vinci Timecode » de Gil Alkabetz (Allemagne)
La critique de « The Den » d’Alain Della Negra et Kaori Kinoshita (France)
Les films en compétition
Les autres programmes

 

Et nos anciens articles, en lien avec le Festival Silhouette :

La critique de « Zeitriss » de Quimu Casalprim i Suárez (Allemagne)
La critique de « Echo »de Magnus Von Horn (Pologne)
La critique de « Petit Tailleur » de Louis Garrel (France)
La critique de « Madagascar, carnet de voyage » de Bastien Dubois (France)
L’interview de Bastien Dubois
La critique d’« A Familiy Portrait » de Joseph Pierce (Royaume-Uni)
L’interview de Joseph Pierce
La critique de « Chienne d’histoire » de de Serge Avédikian (France)
L’interview de Serge Avédikian
La critique de « In een Vergeten Moment » de Meno Otten (Pays-Bas)
La critique de « Homeland » de Juan de Dios Marfil Atienza (République tchèque)
L’interview d’Édouard Deluc

M comme Mes années bavaroises

Fiche technique

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Synopsis : 1982. J’ai 14 ans ; c’est mon premier voyage en Allemagne, deux semaines chez des correspondants.

Réalisation : Yves Jeuland

Scénario : Yves Jeuland

Genre : Documentaire

Durée : 6’7’’

Pays : France

Année : 2009

Production : ARTE France, Forum des images, Trois Fois Plus, ARTE France Développement

Article associé : la critique du film

O comme O’Moro

Fiche technique

Synopsis : Naples, fin des années cinquante. Un carabinier, colosse taciturne que son chef surnomme O’Moro, “Le Maure”, a pour mission d’arrêter la racaille de la ville. Un matin, sur le port, la rencontre d’une gitane va changer le cours de sa vie.

Réalisation : Christophe Calissoni et Eva Offredo

Genre : Animation

Durée : 11’50’’

Pays : France

Année : 2009

Son : Denis Vautrin

Montage : Christophe Calissoni

Musique : Mathias Duplessy

Interprétation : Jean-François Morel, Eva Huebra

Production : Je Suis Bien Content Production

Article associé : la critique du film

F comme Les fruits de mer

Fiche technique

Synopsis : Catherine et Brigitte ont un point commun, l’amour des fruits de mer…

Réalisation : Brigitte Sy

Genre : Documentaire

Année : 2009

Durée : 3’52’’

Pays : France

Synopsis : Catherine et Brigitte ont un point commun, l’amour des fruits de mer…

Interprétation : Brigitte Sy, Catherine Kapusta-Palmeret

Image : Frédéric Serve

Son : Yves-Marie Omnes

Montage : Marie-Pierre Frappier

Production : Chaz productions

Distribution : Chaz productions

Article associé : la critique du film

Arte. Culture court

Après s’être baladé il y a un mois du côté de 6nema.com, le virtuel s’est pris au goût des films en ligne. Du côté de chez Arte, la chaîne culturelle européenne, quelques courts restent visibles au-delà de leur date de diffusion, que ce soit dans le magazine « Court-circuit », dans la collection « Caméra de poche » ou dans la série « 10 courts contre le sida ».

À ARTE, le court métrage s’active dans une case hebdomadaire définie en soirée (le mercredi, à 0h25). Regards originaux, œuvres internationales et vidéos de jeunesse : l’émission « Court-circuit » s’est offert de l’éclectique à souhait pendant treize ans. Depuis plus de trois ans, la chaîne va plus loin : « Court-circuit OFF » occupe le Net en guise de complémentarité à l’antenne et d’interactivité avec le téléspectateur. Quelques uns de ces points de vue particuliers, personnels et originaux, d’auteurs français comme étrangers, restent même en ligne, accessibles librement à la consultation de ceux qui auraient raté leurs passages télévisés. L’info est de taille quand on connaît la difficulté de trouver des bons films courts en accès libre et en bonne qualité. Plus besoin donc de veiller tard pour voir ses titres favoris.

El Empleo de Santiago Grasso

Lauréat du Prix Fipresci en 2009, « El Empleo », de Santiago Grasso, est le tout premier film argentin primé à Annecy, depuis la création du Festival. Révélation de cette édition, il mêle subtilement passivité du quotidien, individus-objets, et sobriété du dessin.

Tic, tac, tic, tac. 7h15. L’homme à la tête en forme d’index se réveille, se gratte, et sort de son lit. Il se rase, avale un biscuit et un café, renoue sa cravate, hèle un taxi pour rejoindre le bureau. Une fois arrivé, il attrape de justesse l’ascenseur, et dépose ses affaires dans son casier, avant de se mettre au travail. Une nouvelle journée commence.

Dépourvu de tout dialogue, « El Empleo » est un film éloquent, à plus d’un titre. Le décalage surgit devant la représentation d’un univers incongru dans lequel les individus sont relégués au rang et à l’usage d’objets. Dans ce monde, chacun travaille, quelque soit la fonction à accomplir et l’effacement de soi à accepter. Sans distinction, hommes et femmes sont au service les uns des autres, faisant office de meubles, de porte-manteaux, de porte-clés, de feux de signalisation, de transports, ou même de contre-poids d’ascenseurs.

Le film interpelle par sa problématique universelle. Entre critique sociétale et humour raffiné, « El Empleo » livre un regard différent et original sur les notions de travail, de monde en crise, et d’exploitation de l’homme par l’homme. Pour servir sa mécanique domestiquée, Santiago Grasso fait appel à un humour fin et absurde, proche de Ionesco, et à un dessin simple et dépouillé, incrusté de regards vides, sans âme ni espoir.

L’intelligence d’« El Empleo » tient aussi et surtout à sa chute touchante. “M. Index” s’installe à son poste, celui d’homme-paillasson, sous les ordres et les pieds de son patron. À la différence de ses congénères, il sort de son silence et de sa passivité, en poussant un soupir à peine audible. L’humanité s’exprime. Malgré tout.

Les fruits de mer de Brigitte Sy

Titre : Silence=mortes. Sous-titre : 10 films pour les 20 ans d’Act Up. Présenté cette année au festival de Pantin et multi-diffusé sur Arte, « Les fruits de mer » est l’un des dix films articulés autour de témoignages de femmes confrontées au virus du sida.

« Tu parles en ton nom, je parle en mon nom. L’important, c’est que ce soit une histoire personnelle ». À gauche, Catherine, ancienne travailleuse dans la mode, aujourd’hui militante d’Act Up. À droite, Brigitte, actrice, réalisatrice de courts et de longs métrages.

À mille lieux d’un témoignage télévisé obscène/racoleur sur le sida, ce documentaire criant de vérité, tourné au restaurant autour d’un plateau de fruits de mer, met en scène deux femmes que tout pourrait opposer mais qui sont reliées par le hasard d’un virus commun. Comme deux copines, elles parlent en mangeant, enchaînent les verres (« je ne peux pas parler de ça au monde entier sans picoler » dit Brigitte) et osent avancer les mots là où le tabou et la honte encerclent encore le sujet. Parler, rire, dénoncer la lâcheté des hommes les ayant infectées, ironiser sur le nom des médicaments, attraper un bout de pain, gober une huitre, cela se fait comme si la caméra n’existait pas. Et pourtant, Brigitte Sy réalise avec « Les fruits de mer » un documentaire des plus touchants et – forcément – des plus personnels. Pour la première fois, elle évoque ce qui fait partie d’elle et parle du film comme une délivrance. Pour le spectateur, c’est une décharge, une émotion, un apprentissage. On peut rire du sida.

O’Moro d’Eva Offrédo et Christophe Calissoni

On peut aimer un film pour un caleçon envahi de Ti Amo, pour la bêtise d’un carabinier en chef, pour une musique gaie et envoûtante, pour un univers coloré ou pour un désir de liberté. À Lille comme à Angers, « O’Moro » nous a tapé dans l’œil, il rejoint enfin les autres films référencés sur le site.

Partagé entre son devoir et ses racines, un carabinier maure entame sa journée quotidienne à Naples aux côtés de son supérieur dans le but de traquer les brigands du coin lorsqu’il est contraint d’arrêter une gitane accusée de vol. La belle s’étant envolée comme par miracle, O’Moro subit les foudres de son collègue et se retrouve rétrogradé à la fonction de simple agent de la circulation. Suite à cette rencontre fortuite, O’Moro commence à redéfinir ses priorités et à relativiser son existence.

Réalisé en duo, « O’Moro » se laisse apprécier comme un théâtre de pantins gesticulants, où un air de fête nous invite à entrer et où les vieux rêves enfouis nous récupèrent à la sortie. Bravo à Eva Offrédo et Christophe Calissoni : leur film est lumineux.

Mes années bavaroises de Yves Jeuland

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L’une des cinq vidéos tournées sur téléphone portable autour du thème « Les années 80 » se nomme « Mes années bavaroises ». Yves Jeuland, son auteur, raconte sous la forme d’un journal intime ses souvenirs de jeunesse d’il y a trente ans. Muni de son téléphone, il filme les retrouvailles de ses correspondants allemands et français en 2008.

Les années 80. En y réfléchissant, les autres réalisateurs de cette série fictionnalisent des événements ayant fait parler d’eux (la catastrophe de Tchernobyl, la disparition du général Pinochet, l’abolition de la peine de mort en France ou encore le succès planant de Plastic Bertrand). À l’inverse, Yves Jeuland prend comme point de départ une histoire n’ayant pas fait les gros titres des journaux car c’est la sienne. « Mes années bavaroises » est une réflexion sur le temps qui passe, un bilan sur le moment présent, et un questionnement sur la vieillesse, la valeur de l’amitié et du passé. Des années bavaroises ? Peut-être. Une interrogation à haute voix sur une certaine époque, captée dans la mémoire de toute une génération et d’un outil de communication, à coup sûr.

Katia Bayer (+ Adi Chesson pour El Empleo)

Consulter les fiches techniques d’ « El Empleo », « Les fruits de mer », « O’Moro », « Mes années bavaroises »

Visionner les autres courts métrages de la série « 10 courts contre le Sida » et « Caméra de poche – Les années 80 »

Silhouette, les autres programmes

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Focus Allemagne

• MEINE ELTERN (MES PARENTS)
Neele Vollmar – CAROLINE DAUBE / FILMAKADEMIE BADEN-WÜÜRTTEMBERG
Allemagne | 2003 | 18’ | Fiction

• BILDFENSTER | FENSTERBILDER (CADRES)
Bert Gottschalk – AUTOPRODUIT
Allemagne | 2007 | 06’ | Expérimental

• BECAUSE
Tom Tykwer – X FILME
Allemagne | 1990 | 33′ | Fiction

• DANGLE
Phil Traill – AV MEDIEM
Royaume-Uni | 2003 | 6′ | Fiction

• TOKYO EN MET TROP
Jan Verbeek – AUTOPRODUIT
Japon, Allemagne | 2004 | 5′ | Documentaire

• HOCHHAUS
Nikias Chryssos – FILMAKADEMIE BADEN-WÜRTTEMBERG
Allemagne | 2006 | 38’30| Fiction

• APPLE ON TREE
Astrid Rieger & Zeljko Vidovic – AUTOPRODUIT
Allemagne | 2006 | 4’50’ | Animation

• ALWAYS CRASHING IN THE SAME CAR
Marcus Weiler – FILMAKADEMIE BADEN-WÜRTTEMBERG
Allemagne | 2002 | 6′ | Fiction

• ICH BIN’S HELMUT
Nicolas Steiner – FILMAKADEMIE BADEN-WÜRTTEMBERG
Allemagne | 2009 | 11’40 | Expérimental, fiction

• RADFAHRER
Marc Thümmler – AUTOPRODUIT
Allemagne | 2009 | 27’41 | Documentaire, expérimental

• BETTY B & THE THE’S
Felix Stienz – STRANGE ENOUGH PICTURES
Allemagne | 2009 | 13′ | Fiction

• ZEITRISS
Quimu Casalprim et Suárez – DAGMAR EGE
Allemagne | 2009 | 11′ | Expérimental

• NEVER DRIVE A CAR WHEN YOU’RE DEAD
Gregor Dashuber – HOCHSCHULE FÜR FILM UND FERNSEHEN (HFF) « Konrad Wolf »
Allemagne | 2009 | 09’50 | Animation

• HUNGER
Carolina Hellsgård – FILMGESTALTEN
Allemagne | 2009 | 17’40 | Fiction

Documentaires

• CHILDREN OF KAROSTA
Janis Jurkovskis | Baltic Film and Media School
Lituanie | 2010 | 28′ | Documentaire

• UN AMI EST PARTI
Delphe Kifouani | GSARA
Sénégal / France / Belgique | 2008 | 21′ | Documentaire

• LA PATRONA
Lizzette Argüello | INDEPENDIENTE
Mexique | 2009 | 4’50 | Documentaire

• SZESC TYGODNI (SIX WEEKS)
Marcin Janos Krawczyk | STARON FILM SC, TVP S.A.
Pologne | 2009 | 18′ | Documentaire

• LA MAISON DE CÉDRIC
Aurélie Mertenat | HAUTE ÉCOLE D’ART ET DE DESIGN DE GENÈVE
Suisse | 2009 | 37′ | Documentaire

• POULE, RENARD, VIPÈRE
Enrique Vega & Damien Froidevaux | ENTRE2PRISES
France | 2009 | 7’3 | Documentaire

• THE DEN
Alain Della Negra | CAPRICCI FILMS
France | 2008 | 30′ | Documentaire

• BOAT DREAMS
Sasha Andrews | NICOLA CLAYTON
Angleterre | 2010 | 08’25 | Documentaire

• LES CHEVEUX COUPÉS
Emmanuel Marre | CENTRE VIDEO DE BRUXELLES
Belgique | 2009 | 25′ | Documentaire

• MATKA (MÈRE)
Jakub Piatek | ANDRZEJ WAJDA MASTER SCHOOL OF FILM DIRECTING, POLISH
FILMMAKERS ASSOCIATION, TVP
Pologne | 2009 | 11′ | Documentaire

• DOLCE VITA
Michael Schwarz | NACHTSCHWAERMERFILM
Allemagne | 2008 | 13′ | Documentaire

• THIS IS IRAN (CET ENDROIT C’EST L’IRAN)
Anonyme
Iran | 2009 | 10′ | Documentaire

Insolites anciens !

• COLETTE
Benoît Herlin | SOTAVENTO
France | 2009 | 26′ | Documentaire

• DOORGAAN
Leendert Pot | ST. GEELPRODUKT
Pays-Bas | 2009 | 10′ | Documentaire

• MAMA, L’CHAIM !
Elkan Spiller | AUTOPRODUIT
Allemagne | 2009 | 05’15 | Documentaire

• MAAILMAMEISTER (WORLD CHAMPION)
Moonika Siimets | OSAKOND
Estonie | 2009 | 35′ | Documentaire

• WO ICH BIN IST OBEN (I’M ALWAYS ON TOP)
Bettina Schoeller – DEPOETICA
Allemagne | 2010 | 18′ | Documentaire

Jeune public

• HEARTSTRINGS
Rhiannon Evans – INTERNATIONAL FILM SCHOOL WALES
Angleterre I 2009 I 2’51 I animation I rhianimator@ymail.com

• PTÄK
Gerhard Funk – HOCHSCHULE DER BILDENDEN KÜNSTE SAAR
Allemagne | 2010 | 6’26 | Animation

• VIOLONCHEL
Tatyana Kurnaeva – SHAR SCHOOL STUDIO
Russie | 2008 | 6’23 | Animation

• LE NOYAU DE MANGUE
Hélène Ducrocq – PRODUCTIONS CHROMATIQUES
France | 2008 | 4′ | Animation

• HOMELAND
Juan de Dios Marfil – FAMU
République Tchèque | 2009 | 6’25 | Animation

• LEBENSADER
Angela Steffen – FILMAKADEMIE BADEN-WÜRTTEMBERG
Allemagne | 2009 | 6′ | Animation

• LE SILENCE SOUS L’ÉCORCE
Joanna LURIE – LARDUX FILMS
France | 2009 | 11′ | Animation

• KATAKOMBO
Michael Zamjatnins – ANIMATIONSFILM

• MIRAMARE
Michaela Muller – ZAGREB FILM
Croatie | 2009 | 8’08 | Animation

• LES BRUITS
Thibault Petrissans – PRODUCTIONS CHROMATIQUES
France | 2009 | 4′ | Animation

• LE SANS-NOM
Violaine Lecuyer – ZADIG PRODUCTIONS
France | 2010 | 12’30 | Animation

• CHERRY ON THE CAKE
Hye bin Lee – ESCAPE FILMS
Angleterre | 2009 | 7’40 | Animation

• COCOON CHILD
Sonja Rohleder – HOCHSCHULE FÜR FILM UND FERNSEHEN
Allemagne | 2009 | 5’ | animation |

• MONSTRE SACRÉ
Jean-Claude Rozec – JPL FILMS
France | 2009 | 9’35 | Animation

• PARADE
Pierre-Emmanuel Lyet – DONCVOILA
France | 2009 | 8′ | Animation

• CUKAS LAIME
Dace Riduze – FILM STUDIO AB
Lettonie | 2009 | 12′ | Animation

• DE SI PRÈS
Rémi Durin – LES FILMS DU NORD
France | 2008 | 13’ | Animation

• TXT ISLAND
Chris Gavin – TANDEM FILMS ENTERTAINMENT AND ANIMATION
Angleterre | 2009 | 3’30 | Animation

• ANNA LOVENSTEIN
Pauline Bureau – VUDEFACE PRODUCTION
France | 2009 | 8’51 | Fiction

• YULIA
Antoine Arditti – METRONOMIC
France | 2009 | 5’52 | Animation

• RED-END AND THE SEEMINGLY SYMBIOTIC SOCIETY
Bethany Forest & Noorda Robin – ROCKETTA FILM
Pays-Bas | 2009 | 14’38 | Animation

• JEAN-FRANCOIS
Bruno Mangyoku & Tom Haugomat – CUBE CREATIVE COMPUTER COMPANY
France | 2009 | 05’49 | Animation

• LE PETIT DRAGON
Bruno Collet – VIVEMENT LUNDI !
France | 2009 | 08’15 | Animation

• DUST KID
Yumi Jung – SENSITIVE BEAR
Corée du Sud | 2009 | 10′ | Animation

• THE INCIDENT AT TOWER 37
Chris Perry – DANIEL INKELES
Etats-Unis | 2008 | 10’48 | Animation

• JUST LIKE THE OTHERS
Jackie Van Beek – BRIDGET FOGARTY
Angleterre | 2009 | 9’47 | Fiction

Hybride

• LUZ
Natalianne Boucher | AUTOPRODUIT
France | 2009 | 6′ | Animation expérimentale

• 50 BLUE
Oded Hirsch | AUTOPRODUIT
Israël | 2009 | 11’20 | Fiction expérimentale

• INTERSTICES
Michel Pavlou | AUTOPRODUIT
Grèce | 2009 | 4′ | Expérimental

• ALL WORK
Nicolas Giraud | LE FRESNOY
France | 2009 | 14’21 | Fiction expérimentale

• HYPNOTIC
Johanna Vaude | AUTOPRODUIT
France | 2010 | 7′ | Expérimental

• JACKIE & JUDY
Phil Harder – AUTOPRODUIT
États-Unis | 2009 | 4′ | Expérimental

• IN EEN VERGETEN MOMENT (TIME WITHIN TIME)
Menno Otten | THE FILMBANK
Pays-Bas | 2009 | 20′ | Documentaire

• UN 45 TOURS DE CHEVEUX (CECI N’EST PAS UN DISQUE)
Frank Beauvais – LES FILMS DU BÉLIER
France | 2009 | 6’25 | Expérimental

• PETITE ANATOMIE DE L’IMAGE
Olivier Smolders | WALLONIE IMAGE PRODUCTION
Belgique | 2009 | 21’ | Expérimental

Séance spéciale # 1 : Dyana Gaye

Dyana Gaye, jeune réalisatrice franco-sénégalaise, est née à Paris en 1975, où elle a étudié le cinéma. Ses courts métrages ont été distingués dans de nombreux festivals. Dyana Gaye est aussi productrice au sein de la société Andolfi.

Séance spéciale # 2 : Surprise !

Séance spéciale # 3 : Cut Up / Quark

Projection d’un numéro inédit de Cut Up sur le thème « Le sexe », suivi d’un florilège – carte blanche de courts documentaires produits par Quark

Le site du festival

Silhouette, les films en compét’

  • BETTY B & THE THE’S de Felix Stienz – STRANGE ENOUGH PICTURES – Allemagne | 2009 | 13′ | Fiction
  • BLIJF BIJ ME, WEG (STAY, AWAY) de Paloma Aguilera Valdebenito – DUTCH FILM AND TELEVISION ACADEMY – Pays-Bas I 2009 I 23’30 I fiction
  • BIRDS GET VERTIGO TOO de Sarah Cunningham – LA FÉMIS – France | 2009 | 20′ | Documentaire
  • LA FEMME À CORDES de Vladimir Mavounia-Kouka – CAÏMANS PRODUCTIONS – France | 2010 | 15′ | Animation
  • ZEITRISS de Quimu Casalprim et Suárez – DAGMAR EGE – Allemagne | 2009 | 11′ | Expérimental
  • GEBOGEN EN GEBOREN (NÉ ET ÉLEVÉ) de Eelko Ferwerda – AUTOPRODUIT – Pays-Bas | 2009 | 3’ | Fiction
  • SUR LA TÊTE DE BERTHA BOXCAR de Soufiane Adel & Angela Terrail – R ! STONE PRODUCTIONS – France | 2010 | 25′ | Fiction
  • ALL ANIMALS de Cynthia Mitchell & Robert Arnold – LATERAL FILMS – Etats-Unis | 2009 | 15’48 | Fiction
  • SINNA MANN (L’HOMME EN COLÈRE) de Anita Killi – NORWEGIAN FILM INSTITUTE – Norvège | 2009 | 20′ | Animation
  • I LOVE LUCI de Colin Kennedy – SIGMA FILMS – Royaume-Uni | 2009 | 12’30 | Fiction
  • THIS IS IRAN (CET ENDROIT C’EST L’IRAN) -Anonyme – Iran | 2009 | 10′ | Documentaire
  • CANICHE de Carl Roosens & Noémie Marsily – ATELIER ZOROBABEL – Belgique | 2010 | 16′ | Animation
  • PETIT TAILLEUR de Louis Garrel – MEZZANINE FILMS – France | 2010 | 43’53 | Fiction
  • DOUNOUIA d’Anthony Quéré & Olivier Broudeur – MEZZANINE FILMS – France | 2009 | 20′ | Fiction
  • NORA SA MI PACI (I LIKE NORA) d’Aramisova & Jakub Slama – FAMU – République Tchèque | 2009 | 12′ | Fiction
  • UM DIA FRIO de Claudia Varejão – FILMES DO TEJO – Portugal | 2009 | 26′ | Fiction
  • KEINE ANGST VORM ENDLAGER ! (N’AYONS PAS PEUR DES SITES DE STOCKAGE !) de Till Penzek & Jon Frickey – TILL PENZEK (SFA) – Allemagne | 2008 | 2’20 | Animation
  • LAS PELOTAS de Chris Niemeyer – PLAN B FILM GMBH – Suisse | 2009 | 14’45 | Fiction
  • ECHO de Magnus Von Horn, – KRAKOW FILM FOUNDATION – Pologne | 2009 | 15′ | Fiction
  • MADAGASCAR, CARNET DE VOYAGES de Bastien Dubois – SACREBLEU PRODUCTIONS – France | 2009 | 12′ | Animation
  • L’ÉCLUSIER de Nicolas Boucart – HELICOTRONC – Belgique | 2009 | 26′ | Fiction
  • THE COW WHO WANTED TO BE A HAMBURGER de Bill Plympton – PLYMPTOONS – États-Unis | 2010 | 5’50 | Animation
  • EFECTO DOMINO de Gabriel Gauchet – ESCUELA INTERNACIONAL DE CINE Y TELE & KUNSTHOCHSCHULE FÜR MEDIEN KÖLN – Cuba | 2010 | 27’40 | Fiction
  • PREMIER ANNIVERSAIRE de Pascal Rambert – LES FILMS DU BÉLIER – France | 2009 | 12’25 | Fiction
  • DER DA VINCI TIMECODE de Gil Alkabetz – Autoproduit – Allemagne | 2009 | 3′ | Animation
  • BINGO de Timur Ismailov – NETHERLAND FILM & TELEVISION ACADEMY – Pays-Bas | 2009 | 27’40 | Fiction
  • THE SIX DOLLAR FIFTY MAN (L’HOMME QUI VALAIT SIX…DOLLARS CINQUANTE) de Mark Albiston & Louis Sutherland – STICKY PICTURES LIMITED – Nouvelle-Zélande | 2009 | 15′ | Fiction
  • A FAMILY PORTRAIT (PORTRAIT DE FAMILLE) de Joseph Pierce – FIFTY NINE PRODUCTIONS – Royaume-Uni | 2009 | 4’30 | Animation
  • ELEFANTENHAUT (PEAU D’ÉLÉPHANT) de Severin Fiala & Ulrike Putzer – UFMDK – Autriche | 2009 | 35′ | Fiction
  • THIS IS ALASKA de Mårten Nilsson & Gunilla Heilborn – GNUFILM – Suède | 2009 | 11′ | Fiction
  • VIS-A-VIS de Fred De Loof – WITLOOF PRODUCTION – Belgique | 2009 | 13’35 | Fiction
  • MONSIEUR L’ABBÉ de Blandine Lenoir – LOCAL FILMS – France | 2010 | 35′ | Fiction
  • SCHLAF (SOMMEIL) de Franck Braun & Claudius Gentinetta – gentinettafilm – Suisse | 2010 | 04’07 | Animation
  • SEGAL de Yuval Shani – TEL AVIV FILM AND TELEVISION SCHOOL – Israël | 2009 | 24′ | Fiction
  • CHIENNE D’HISTOIRE de Serge Avédikian – SACREBLEU PRODUCTIONS – France | 2009 | 15’30 | Animation
  • JÄTTÄÄ de Julie Carrière – MEDIADIFFUSION – Belgique | 2009 | 17’06 | Fiction
  • HUNGER de Carolina Hellsgård – FILMGESTALTEN – Allemagne | 2009 | 17’40 | Fiction
  • CHACUN SON GOÛT de Hyun-hee Kang – QUARK PRODUCTIONS – France | 2010 | 02’29 | Animation
  • LE RESCAPÉ d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux – NOODLES PRODUCTION – France | 2010 | 33′ | Fiction
  • WAKARANAI BUTA (IN A PIG’S EYE) d’Atsushi Wada – TOKYO UNIVERSITY OF THE ARTS – GRADUATE SCHOOL OF FILM AND NEW MEDIA – Japon | 2010 | 10’10 | Animation
  • ¿ DONDE ESTA KIM BASINGER ? d’Edouard Deluc – BIZIBI PRODUCTIONS – France | 2009 | 30′ | Fiction
  • THREAD de Lilium Leonard – AUTOPRODUIT – Inde | 2009 | 20′ | Fiction
  • SUNSTROKE (INSOLATION) de Lili Horvath – ECCO FILM – Allemagne | 2009 | 35′ | Fiction
  • SAG ‘JA ZUM PAPST (DITES OUI AU PAPE !) de Till Penzek & Jon Frickey – TILL PENZEK (SFA) – Allemagne | 2008 | 2’20 | Animation
  • UN 45 TOURS DE CHEVEUX (CECI N’EST PAS UN DISQUE) de Frank Beauvais – LES FILMS DU BÉLIER – France | 2009 | 6’25 | Expérimental
  • ATLANTIQUES de Mati Diop – LE FRESNOY – France | 2009 | 16′ | Documentaire

Festival Courtscourts, les films programmés

  • Cendrillon du pied gauche, de Benjamin Lehrer, 2009. Fiction, 13mn 30.
  • The Mistake, François Michel , 2010. 11 mn 45
  • Motus, Didier Guérin, 2010. Fiction, 14 mn 07
  • Le chat noir, Tristan Convert, 2010. Fiction, 14mn.
  • Résistance, Cyril Lorin 2010, fiction. 20 mn.
  • Un Matin, de Olivier Bonnet , 2008. Fiction 06’40 ».
  • Cheveu, de Julien Hallard, 2010. Fiction, 18mn.
  • Paranoia, Ellis Chan. 2009. Fiction. 12 mn 43.
  • 50 cents, Mathieu Pujol, 2009. Fiction, 10 mn 20 .
  • Le crocodile du Dniepr, Nicolas Engel, 2010, 11 mn
  • Nijuman no borei- 200000 fantômes, Jean-Gabriel Périot , 2007. Experimental, 10mn 40.
  • La métaphore du manioc, Lionel Meta, 2010. Fiction, 14’57 ».
  • Y’a un os, de Arnaud Southon. 2010. Animation. 6mn12.
  • Hassan et Amira-Lettres d’hotels, Gesa Mathhies, 2009. Experimental. 4 mn 42.
  • En dehors de l’eau, Cyrus Neshvad, 2010, 14 mn 50. Luxembourg.
  • Planter des rêves, Pierre-Antoine Carpentier , 2009, 15 mn 50
  • Une mignardise, de Jean Berthier , 2010 . Fiction 16’40 »
  • La promesse du crépuscule, Aki Yamamoto, 2009. Fiction 17 mn. Japon.
  • L’oiseau, de Samuel Yal, 2009. Animation. 9mn 55.
  • A main nue, de Stéphane Demoustier et Guillaume Foresti. 2009. Fiction 12mn 52 .
  • Peanuts, Florent Pallares, François Jop et David Zago. 2010. Fiction, 5 mn.

Composition du jury : Christophe Le Masne, Gilbert Giraud, Dominique Postera, Florent Verdier, Michèle van Panhuys-Sigler

Le site du festival : www.festivalcourtscourts.fr

Surgir ! (l’Occident) de Grégoire Letouvet

« Beau pays, grand pays, que ta terre brûle nos pas ! Viens à nous comme nous venons à toi ! »

En sortant de La Femis (section Son) en 2009, Grégoire Letouvet a réalisé et composé un film-opéra intitulé « Surgir ! (l’Occident) ». Présenté cette année à Hors Pistes et sélectionné en compétition internationale à Locarno, ce court métrage pose un regard sensible sur le rêve et la désillusion de l’immigration tout en proposant un nouveau genre hybride.

S’ouvrant sur un plan emblème de la Colonne de la Bastille (un clin d’œil à l’Opéra ?) à Paris, cette « fable-opéra en 6 tableaux » établit d’emblée la scène de l’action. Laszlo et sa femme Ana, nouvellement arrivés en France, feront tour à tour face à des difficultés professionnelles, des visites familiales malencontreuses et des conflits avec la loi pour se retrouver confrontés à l’échec de leur aspiration à un avenir meilleur. Un sujet potentiellement lourd si ce n’est que la forme inédite en fait un mélange entre un véritable mélodrame – au sens musical – et un tour de force du théâtre brechtien.

Musicalement, Letouvet structure sa composition post-tonale à l’instar d’un ballet opératique avec des tableaux et des scènes fort caractérisés par une unité musicale. Le Star Pop Orchestra sous le bâton de Mathias Charton et l’Ensemble vocal des Grandes Écoles sous la direction de Sylvio Segantini exécutent cette partition complexe et éclectique avec brio. Celle-ci se compose d’harmonies tantôt post-romantiques tantôt atonales. Marquée par des ostinati et des rythmes syncopés, elle alterne des silences austères et une orchestration riche et retentissante. Stylistique, la composition est plutôt proche de la Seconde École de Vienne, même si la bande-son lyrique, elle, passe d’un Sprächgesang vigoureux à la mélodie française à la Duparc. Il convient ici de mentionner également l’excellente interprétation du baryton Simon de Gliniasty et de la soprano Charlotte Plasse dans les rôles principaux.

Sur le plan narratif, le récit, avec son côté syndicaliste de gauche, renvoie aux films engagés comme « Mutter Küsters’ Fahrt zum Himmel » de Fassbinder, ou encore à la pièce de théâtre musicale Dreigroschenoper de Brecht/Weill, d’autant plus qu’il vire progressivement vers une théâtralité statique à travers une chorégraphie de gestuelles figées qui, tout comme les regards face caméra ou la citation finale de Breton (« Osiris est un dieu noir »), provoque une grande distanciation chez le spectateur, tout en l’interpellant et en l’invitant à activement construire du sens dans le récit. Si on pourrait justement regretter le traitement d’un fond fort élaboré par le biais d’une forme qui ne l’est pas moins, on admettra néanmoins le grand mérite du travail de Letouvet d’avoir inventé par le biais de ce film-opéra un genre à part qui marie parfaitement les deux arts narratifs sans que l’un soit soumis aux exigences de l’autre.

Adi Chesson

Consulter la fiche technique du film

S comme Surgir ! (l’Occident)

Fiche technique

Synopsis : Un couple d’immigrés arrive par bateau sur le sol français. Pleins d’espoirs en l’avenir, ils devront affronter la violence des sophismes et les chimères sociales de leur temps.

Genre : Fiction

Durée : 36′

Pays : France

Année : 2009

Réalisation : Grégoire Letouvet

Scénario : Grégoire Letouvet

Musique : Grégoire Letouvet

Image : Elie Girard, Dimitri Burdzelian

Montage : Orianne Ramseyer

Interprétation : Simon De Glinisaty, Charlotte Plasse, Vincent Le Texier, Jean-Marc Salzmann, Nicolas Bercet,
Franck Delage, Brice Poulot, Jean-Jacques David

Production : La Femis

Articles associés : la critique du film

J comme Jeux de plage

Fiche technique

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Synopsis : Une villa isolée dans les calanques de Cassis. Eric a dix huit ans et supporte mal de passer des vacances en famille. Un soir du 15 août, il décide d’aller faire la fête seul.

Genre : Fiction

Durée : 27’18’’

Pays : France

Année : 1995

Réalisation : Laurent Cantet

Scénario : Laurent Cantet

Image : Pierre Milon

Montage : Thomas Bardinet

Mixage : Camille Chenal

Son : François Maurel

Interprétation : Jean Lespert, Djellil Lespert, Julia Minguet

Production : Sérénade Productions

Article associé : la critique du film

Jeux de plage de Laurent Cantet

« T’as décidé de m’emmerder ce soir ? »

Bien avant « Ressources humaines » et « Entre les murs », Laurent Cantet a conçu « Jeux de plage », un court centré sur le rapport au père, les préoccupations générationnelles, le non-dit et le sentiment de honte, présenté cette semaine au festival de Locarno.

Dans les Calandes, Éric, un garçon de 18 ans délaisse la villa familiale pour retrouver l’animation du village et l’insouciance d’un groupe de jeunes gens de son âge. Denis, son père, refusant son désir d’indépendance, se met à le suivre et à l’épier, malgré les tentatives de ce dernier de le repousser. Lorsque les amis d’Éric découvrent que Denis les a surpris nus à la plage, l’humiliation du jeune homme atteint son paroxysme.

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D’un côté, le scénario de Laurent Cantet identifie un jeune homme séduisant, insouciant, en pleine force de l’âge, en quête de liberté et d’exploration sexuelle. De l’autre, se profile la figure du père, un homme mûr, maladroit, voyeur et étouffant aux yeux de son fils, refusant la distance établie par celui-ci. Entre les deux, une relation complexe, déchirée, troublante, sacrifiée, faite de tendresse et de rancœur.

À plusieurs reprises, Éric tente de semer son père : en lui faussant compagnie, en se cachant, en le remerciant de sa discrétion, … Inévitablement, le père reste dans les parages pour quelques miettes de plus : ces moments pendant lesquels il est le témoin distant de la vie de son fils à défaut d’en être l’interlocuteur direct.

Un père, un fils. Une fiction, une réalité. « Jeux de plage » se joue entre Djellil et Jean Lespers, unis à la vie comme à l’écran. Leur relation originelle, intime, fort probablement nourrie de différents comme de rapprochements, dote le film d’un parfum rare : un sentiment de vérité.

Exploration des limites, justesse de ton, double portrait de la filiation et de la paternité, pudeur des sentiments, impudeur des corps, … Avec « Jeux de plage », Laurent Cantet pose une intrigue et offre un film, son deuxième, après « Tous à la manif », entre profondeur, secret et désir.

Katia Bayer

Consulter la fiche technique de « Jeux de plage »

Visionner « Tous à la manif » sur le site de Telerama.fr