Tous les articles par Katia Bayer

Pardo di Domani, le palmarès de Locarno 2011

Le 64ème festival de Locarno s’est terminé samedi soir. Pardo di Domani, la section réservée aux courts métrages (internationaux et suisses), a fait connaître ses lauréats.

Concorso internazionale

Pardino d’oro for the Best International Short Film : RAUSCHGIFT (Addicted) by Peter Baranowski, Germany

Pardino d’argento : LES ENFANTS DE LA NUIT by Caroline Deruas, France

Special Mention : MENS SANA IN CORPORE SANO by Juliano Dornelles, Brazil

Locarno Short Film nominee for the European Film Awards – Pianifica Prize : OPOWIESCI Z CHLODNI (Frozen Stories) by Grzegorz Jaroszuk, Poland

The Film und Video Untertitelung Prize : LIBERDADE by Gabriel Abrantes and Benjamin Crotty, Portugal

Concorso nazionale

Pardino d’oro for the Best Swiss Short Film : L’AMBASSADEUR & MOI (The Ambassador & me) by Jan Czarlewski

Pardino d’argento : LE TOMBEAU DES FILLES (The Girls’ Grave) by Carmen Jaquier

Premio Action Light for the Best Swiss Newcomer : À QUOI TU JOUES (Another Game) by Jean Guillaume Sonnier

Retrouvez le palmarès complet sur le site du festival

Ouverture des inscriptions de la 23ème édition du festival Travelling

La 23ème édition du festival Travelling de Rennes se déroulera du 7 au 14 février 2012. Depuis sa première édition en 1990, Travelling, le festival de cinéma de Rennes Métropole, accorde une large place aux courts métrages. Le festival propose une compétition ouverte aux courts métrages du pays de la ville invitée. En 2012, Travelling sera consacré à Bruxelles.

Les conditions pour postuler sont les suivantes :

Compétition Travelling : courts métrages belges
– Toute durée
– Genre : fiction (prise de vue réelle et animation)
– Produits après janvier 2010
– Support de diffusion : 35 mm et vidéo (Beta SP, DV cam, DVD …)

Hors-compétition courts métrages belges
– Tous les films belges ne pouvant concourir à la compétition
– Tous genres : documentaires, clips, ….

Compétition « Eléphant d’Or » : courts métrages internationaux jeunes et tout public
– Toute durée
– Genre : fiction (prise de vue réelle et animation)
– Produits après janvier 2009
– Support de diffusion : 35 mm et vidéo (Beta SP, DV cam, DVD …)

Postulez en ligne sur www.filmfestplatform.com
Toutes les informations sur le site du festival : www.clairobscur.info

L’Étrange Festival, le menu court

Chaque année, L’Étrange Festival organise une compétition de courts métrages du monde entier, qui seront présentés au public le long de cinq séances hautes en couleur.  Cinq programmes de 90 minutes chacun, à l’issue desquels seront décernés le Grand Prix Canal+ et le Prix du Public.

affiche

PROGRAMME 1

MICROPHOBIA (Nikki Schuster – Allemagne – 2010 – 7’ – Expérimental – Couleurs)
ATTACK (Adam White – Australie – 2010 – 12’22 – Fiction – Couleurs)
CHERNOKIDS (Matthieu Bernadat, Nils Boussuge, Florence Ciuccoli, Clément Deltour, Marion Petegnief – France – 2010 – 7’ – Animation – Couleurs)
THE HOLY CHICKEN OF LIFE AND MUSIC (Nomint – Grèce – 2010 – 2’35 – Animation – Couleurs)
STORYTELLER (Nicolas Provost – Belgique – 2010 – 7’40 – Expérimental – Couleurs)
NINJAS (Dennison Ramalho – Brésil – 2010 – 23’ – Fiction – Couleurs)
MARTYRIS (Luis Felipe Hernandez Alanis – Mexique – 2010 – 8’ – Animation – Couleurs)
LA GRAN CARRERA (Kote Camacho – Espagne – 2010 – 6’24 – Fiction – Couleurs)
DER KLEINE NAZI (Petra Lüschow – Allemagne – 2010 – 13’23 – Fiction – Couleurs)

PROGRAMME 2

ERÄÄN HYÖNTEISEN TUHO (Hannes Vartiainen & Pekka Veikkolainen – Finlande – 2010 – 7’ – Animation – Couleurs)
FOOD ABOUT YOU (Alexandre Dubosc – France – 2010 – 1’ 37 – Animation – Couleurs)
NULLARBOR (Alister Lockhart & Patrick Sarell – Australie – 2010 – 10’15 – Animation – Couleurs)
PAIN SO LIGHT THAT APPEARS AS TICKLE (Dalibor Baric – Croatie – 2010 – 4’ – Animation – Couleurs)
TUB (Bobby Miller – USA – 2010 – 12’ – Fiction – Couleurs)
RED ROAD (Jéro Yun – France – 2010 – 8’ 48 – Expérimental – Couleurs)
VARFIX (Kotaro Tanaka – Japon – 2010 – 8’23 – Animation – Couleurs
PLAY GOD (Teemu Nikki – Finlande – 2010 – 38’35 – Documentaire – Couleurs)

PROGRAMME 3

THE ADDER’S BITE (Firas Momani – Canada – 2010 – 9’ – Expérimental – Couleurs)
1925 (Max Hattler – Danemark, Allemagne, Royaume-uni – 2010 – 1’36 – Animation – Couleurs)
CHRONIQUE DE LA POISSE (Osman Cerfon – France – 2010 – 6’17 – Animation – Couleurs)
SYNCHRONISATION (Rimas Sakalauskas – Lituanie – 2010 – 8’ – Expérimental – Couleurs)
DIRKJAN HEERST ! (Wilfred Ottenheijm & Remco Polman – Pays–Bas – 2010 – 2’30 – Animation – Couleurs)
FAST FORWARD LITTLE RED RIDING HOOD (Sjaak Rood – Pays–Bas – 2010 – 1’ 30 – Animation – Couleurs)
LOVE BIRDS (Brian Lye – République Tchèque – 2010 – 6’ 52 – Expérimental – Couleurs)
TERRIBLEMENT PROFOND (Daniel Florencio – Royaume-Uni, Brésil – 2010 – 12’ 20 – Fiction – Couleurs)
1923 (Max Hattler – Danemark, Allemagne, Royaume-uni – 2010 – 1’ 34 – Animation – Couleurs)
BAD NIGHT FOR THE BLUES (Chris Shepherd – Royaume–Uni – 2010 – 15’ – Fiction – Couleurs)
THE 3RD LETTER (Grzegorz Jonkajtys – USA – 2010 – 15’ – Fiction – Couleurs)
WISDOM TEETH (Don Hertzfeldt – USA – 2010 – 5’50 – Animation – Couleurs)

PROGRAMME 4

HOW TO RAISE THE MOON (Anja Struck – Allemagne/Dane–mark – 2011 – 8’29 – Animation – Couleurs)
MERRY LITTLE CHRISTMAS (Manuel Marin & Ignacio Martin – Espagne – 2010 – 20’ – Fiction – Couleurs)
VENUS (Tor Fruergaard – Danemark – 2010 – 8’ – Animation – Couleurs)
LUMINARIS (Juan Pablo – Argentine – 2011 – 6’ – Animation – Couleurs)
TELEGRAPHICS (Antoine Delacharlery, Lena Schneider, Léopold Parent, Thomas Thibault – France – 2010 – 6’45 – Animation – Couleurs)
THINGS YOU’D BETTER NOT MIX UP (Joost Lieuwma – Pays-Bas – 2010 – 2’ – Fiction – Couleurs)
CONVERSATION PIECE (Joe Tunmer – Royaume-Uni – 2009 – 7’ – Fiction – Couleurs)
BOBBY YEAH (Robert Morgan – Royaume-Uni – 2011 – 23’ – Animation – Couleurs)

PROGRAMME 5

PATHS OF HATE (Damian Nenow – Pologne – 2010 – 10’ – Animation – Couleurs)
CONDAMNÉ À VIE (Iris Alexandre – Belgique – 2010 – 4’38 – Animation – Couleurs)
HEAVY HEADS (Helena Frank – Danemark – 2010 – 7’34 – Animation – Couleurs)
A LOST AND FOUND BOX OF HUMAN SENSATION (Martin Wallner, Stefan Leuch-tenberg – Allemagne – 2010 – 14’38 – Animation – Couleurs)
DECAPODA SHOCK (Javier Chillon – Espagne – 2011 – 9’19 – Fiction – Couleurs)
GET REAL! (Evert de Beijer – Pays-Bas – 2010 – 11’ 27– Animation – Couleurs)
PUTAIN LAPIN (Guérin Van De Vorst – Belgique – 2010 – 10’ – Fiction – Couleurs)
BOTTOM OF THE RIVER (Alasdair Brotherston & Jock Mooney – Royaume-Uni – 2009 – 3’07 – Animation – Couleurs)
SUDD (Erik Rosenlund – Danemark – 2011 – 15’ – Animation – Couleurs)
ENDLESS (Matt Bloom – Royaume–Uni – 2011 – 9’ – Fiction – Couleurs)

R-One Chaffiot : « Cela me plaît de trouver le talent à la racine et de voir ensuite ce qu’il peut devenir »

Erwan Chaffiot, plus connu sous le pseudo R-One Chaffiot, est un des piliers du magazine spécialisé Mad Movies. Il s’occupe notamment de la rubrique MAD In France, dédiée à la mise en avant de nouveaux talents dans le court métrage de genre. Rencontre avec un journaliste passionné, soucieux d’aider la jeune génération à émerger à l’occasion de la deuxième carte blanche MAD In France au Festival Mauvais Genre.

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Qu’est-ce que MAD In France ?

Le concept de MAD In France est de parler des courts métrages auto-produits de genre. C’est-à-dire de mettre en avant les courts métrages dont personne ne parle, parce qu’ils n’ont pas d’argent, ni de producteurs, parce que leurs réalisateurs sont souvent jeunes, mais aussi parce que les courts métrages de genre ont plus de mal à exister que les autres.

Depuis quand t’occupes-tu de cette rubrique au sein de Mad Movies ?

Depuis dix ans. J’avais fait mes armes avec une rubrique de ce style dans Starfix Nouvelle Génération avec un ami, Julien Dupuy. On avait appelé ça « Bandes d’Amateurs », et, à moi tout seul, je l’ai reconduite dans le magazine Score. Ensuite, Damien Granger, l’ancien Rédacteur en Chef de Mad Movies, m’a proposé de reprendre la rubrique MAD In France qui existait déjà dans sa revue; mon prédécesseur ne voulait plus s’en occuper et cela m’intéressait de continuer. J’ai donc repris la rubrique à mon compte.

Comment fais-tu tes choix, tes sélections ? Ce sont les réalisateurs qui t’envoient leurs films ?

Au début, les réalisateurs envoyaient surtout leurs films à la rédaction, donc j’y passais de temps en temps avec un gros sac et je prenais tout. Je le fais toujours, mais de plus en plus, on me contacte par mail ou via Facebook. Je vois directement les films en téléchargement, c’est devenu plus pratique. Il n’y a pas de favoritisme, je regarde tout. Ça prend un peu de temps, parce que j’ai d’autres activités à côté, et je réponds par oui ou par non ; et quand c’est positif, le film rejoint ma liste d’attente. Pour mes articles, je fais remplir un questionnaire type à tout le monde et recueille une interview personnalisée de chacun.

Tu suis la carrière de certains réalisateurs en chroniquant leurs films à plusieurs reprises et en les diffusant en festival. Peux-tu me parler de ce suivi particulier ?

J’aime bien suivre les gens dont j’ai déjà parlé. Cela devient de plus en plus difficile à mesure des années et du nombre de chroniques déjà écrites, donc je fais au mieux. J’aime voir l’évolution des auteurs, ce qu’ils deviennent avec le temps. Cela me plaît de trouver le talent à la racine et de voir ensuite ce qu’il peut devenir. Reconnaître un potentiel et l’aider à émerger est un challenge pour moi.

Il y a des gens que je suis comme par exemple Patrice Gablin que j’avais rencontré à Mauvais Genre il y a deux ans. Il y montrait « Le Chasseur de Rêves » que j’avais trouvé moyen. Je l’ai chroniqué quand même parce que je trouvais le résultat culotté et qu’il y avait de jolies choses dedans. Puis, nous nous sommes recroisés. Il venait de finir « Mon Père », et j’ai trouvé le film abouti, avec un vrai œil de cinéaste derrière. Il a fait d’énormes progrès et cela m’enchante d’avoir pu le soutenir et de ne m’être pas trompé d’une certaine façon.


Le nom de Talal Selhami me vient aussi à l’esprit. Tu avais chroniqué « Sinistra », il me semble ?

J’avais adoré « Sinistra », c’est un des courts vus pour Mad In France que j’ai le plus apprécié. C’est un petit bijou de film autoproduit. Il a de nombreux défauts techniques, mais possède de grandes idées, avec un vrai œil de cinéaste.

Après, Talal Selhami a fait son premier long métrage, « Mirages » (présenté à Mauvais Genre 2011), et il m’a invité sur le tournage au Maroc où j’ai pu filmer quelques images pour une émission télé qui ne s’est finalement jamais faite (sic). Talal est devenu un ami proche, j’ai eu le privilège de lire les premières versions du scénario de « Mirages », de voir la première mouture du montage, de donner mon point de vue à différentes étapes de production du film et de participer en quelque sorte à l’aventure. Cela me change du rendement habituel, de la routine que je peux éprouver au moment de la sortie d’un gros film. Côtoyer les créatifs me plaît vraiment dans mon métier de journaliste. MAD In France est la rubrique rêvée pour cela.

Comment s’est créé le rapprochement avec Mauvais Genre et l’obtention d’une carte blanche pour MAD In France durant le festival ?

Nous avions fait une première séance MAD In France à la Cinémathèque française pour les 35 ans de Mad Movies avec l’accord et le soutien de Fausto Fasulo (Rédacteur en Chef de Mad Movies) et Gérard Cohen (Directeur de Publication de Mad Movies). La Cinémathèque avait trouvé l’initiative intéressante, mais il ne s’était rien passé de plus. Puis, j’ai rencontré Gary Constant qui s’occupe du Festival Mauvais Genre à Tours. Étant originaire de cette ville moi aussi, j’y revenais régulièrement. Je lui ai alors proposé de présenter de jeunes auteurs passionnés et prometteurs au cours d’une séance MAD In France et de créer un partenariat avec Mad Movies. Cela a marché et nous avons reconduit la séance pour la deuxième année consécutive. Le projet est très important pour moi parce que je peux enfin diffuser les films dont je parle, et parce que c’est extrêmement frustrant de chroniquer un film que personne ne peut voir, parce qu’il n’est pas sur internet et parce qu’il ne tourne pas en festival.

mauvaisgenre2011

Qu’est-ce qui t’intéresse finalement dans le court métrage ?

J’ai vécu une grande partie de ma cinéphilie en ne m’intéressant pas au court métrage, parce que c’est une forme à laquelle je ne venais pas naturellement. Pour moi, le court métrage est un laboratoire avec lequel on se prépare pour des projets plus longs. Je trouve ce format difficile, c’est une narration particulière, très dense, à toute vitesse. Faire exister des personnages et une ambiance sur un court n’est vraiment pas aisé ; c’est un exercice sans pitié.

Question vaste et infinie. Je voudrais connaître ton avis sur la place du film de Genre en France. Vous êtes-vous aperçus d’un changement positif au sein de Mad Movies ou alors les films de Genre ont-ils toujours autant de mal à se faire ?

C’est de pire en pire parce que, malgré une belle impulsion à la fin des années 90 et au début des années 2000, les films fantastiques français ne marchent pas. Nous sommes dans une situation où cela devient très dur de faire un film de genre en France. Il y a eu une succession d’échecs commerciaux et artistiques qui ont rendu les producteurs et investisseurs très frileux. Nous n’avons pas eu de grande vague horrifique comme les Espagnols, les Coréens, les Japonais ou les Américains. A un moment donné, les portes se sont ouvertes pour les réalisateurs de genre, mais dans l’ensemble, les résultats n’ont pas été à la hauteur; j’ai l’impression que le film de genre en France a un peu raté sa chance. Si on avait eu des films qui avaient marqué ou fait de bons succès en salles, nous serions dans une autre situation à l’heure actuelle. Peut-être la solution se trouve-t’elle à l’étranger ? La jeune génération s’expatrie de suite après avoir fait 2-3 courts métrages et une belle bande démo pour pouvoir séduire les investisseurs. Ils ne veulent même plus passer par la « case France ». C’est plutôt triste d’être en arrivé là mais cela peut changer dans l’avenir. Le cinéma obéit à des fluctuations.

Propos recueillis par Julien Savès

Le site de Mad Movies : www.mad-movies.com

Raphaël Hernandez, Savitri Joly-Gonfard. Science-fiction, matrice et carte de visite

Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard sont les deux réalisateurs du moyen métrage Kaydara, Fan Film ultime sur l’univers de Matrix, présenté en avant-première au Festival Mauvais Genre. Ils viennent de passer six ans en autarcie dans la conception de ce film et nous en parlent plus en détail.

Comment vous est venue l’idée, l’envie de faire Kaydara?

L’idée nous est venue assez rapidement. Le scénario s’est écrit en deux jours, et trois semaines plus tard, le film avait été tourné. Quand on pense qu’on a passé 6 ans sur un projet qui a été, en fait, réfléchi en 5 minutes, cela a de quoi faire un peu peur !

Ce film avait pour but de nous créer une carte de visite afin de nous permettre de démontrer nos compétences. Reprendre Matrix, c’était aussi se confronter à un univers de référence. De plus, au niveau du cinéma de genre, il était aussi intéressant de reprendre cet univers car Matrix est une synthèse de tout un tas d’influences (les mangas, Terminator, Alien, Bruce Lee, etc).

Comment expliquez-vous son statut de Fan Film ? Comment se décide-t-on à passer autant de temps dans l’univers de quelqu’un d’autre ?

On ne le décide pas, on pensait naïvement qu’on arriverait au bout de la post-production en quelques mois. Seulement, on s’est très vite rendu compte que pour bien faire les choses, cela allait nous demander beaucoup plus de temps que prévu. On a voulu à tout prix finir ce qu’on avait commencé, du coup on s’est en quelque sorte emprisonné nous-mêmes dans notre propre « matrice ».

Comment avez-vous réussi à garder une motivation intacte pour finir le film vu le temps écoulé ? Quelles difficultés majeures avez-vous rencontré ?

On y a passé six ans à temps plein. C’était déjà une difficulté en soi car on a dû se couper du monde en s’installant dans une maison prêtée, un peu retirée dans les montagnes, C’est la solution qu’on a choisie pour ne pas avoir à payer de loyer et à travailler en dehors de notre film. A la longue, on s’est un peu retrouvé dans l’ambiance du film Shining!

L’autre difficulté a été de tout faire nous-mêmes et de ne pas avoir la possibilité de pouvoir nous alléger de la masse de travail que l’on avait à accomplir. On a travaillé avec d’autres personnes, mais elles n’avaient pas forcément autant d’énergie et de temps à apporter au projet que nous.

En ce qui concerne la motivation, cela n’a pas vraiment été un problème : on était passionné. Bien sûr, on est passé par des phases de doute, mais notre ambition d’aller au bout était plus forte que tout.

Vous avez réalisé un court métrage Ratrix Hero avant Kaydara, qui a d’ailleurs été intégré dans l’histoire de ce dernier. Comment se décide-t-on à passer d’un court drôle en animation à un film à l’univers sombre et en chair et en os ?

Ratrix hero a en fait toujours été intégré dans Kaydara. Mais comme il avait un caractère indépendant et qu’on l’avait fini des années avant de terminer Kaydara, on a décidé de le diffuser de manière indépendante dans un premier temps. Cela nous a permis de nous faire un peu connaître et de garder un pied dans la réalité.

Il est très difficile d’être crédible avec du premier degré en amateur, car les choses sont rapidement ridicules et prétentieuses. Commencer avec du parodique pour finir sur du premier degré très sombre était une sorte de challenge pour nous. D’autre part, il était intéressant de ne montrer le personnage de l’Elu que de façon indirecte, pour créer une sorte d’attente et renforcer son caractère de personnage mythique. Ratrix hero rentre donc parfaitement en adéquation avec cette volonté scénaristique.

Le film comporte de multiples plans à effets spéciaux, mais aussi des prises de vues réelles avec acteurs. Comment avez-vous procédé pour marier ces deux techniques ? Cela a-t-il représenté une gageure ?

Nous utilisons principalement trois techniques : les acteurs ou décors réels, l’image de synthèse et les maquettes. Le but est de mélanger le plus possible ces techniques pour donner une plus grande richesse à nos images et d’atteindre un meilleur rendu. Mélanger toutes ces techniques réclame bien sûr un gros travail sur les logiciels de retouche car il faut arriver à tout homogénéiser.

Le film reprend le personnage de Néo de Matrix. On a l’impression de ne pas avoir affaire à un acteur mais au vrai personnage du film. Est-ce dû à un traitement spécifique ou est-ce une doublure numérique tout au long du film ?

Le corps est celui d’un acteur réel, Guillaume Bouvet, qui pratique les arts martiaux dans la vie dont le Wushu, le même art que le Néo original. Ce détail nous a permis d’obtenir une vraie crédibilité dans les attitudes du personnage. Son visage est longtemps resté une interrogation pour nous. Au final, on a tenté le tout pour le tout et on a décidé de remplacer sa tête par une véritable modélisation 3D de la tête de Keanu Reeves. A priori, au vu des retours recueillis, cela semble bien fonctionner : les gens ont bien la sensation de voir Néo.

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Que représente le court et le moyen-métrage pour vous, à travers l’aventure de votre premier film, Ratrix Hero, puis celle de Kaydara ?

Nous nous rendons compte que nous aimons particulièrement prendre notre temps pour développer nos propres univers. L’exercice de style qui consiste à faire un film court a son intérêt car il vise à appliquer une narration rapide et efficace. Mais ce n’est pas forcément ce qui nous attire. Rien ne vaut pour nous un bon western de 3 heures à la Sergio Leone avec des plans qui s’éternisent et qui immergent lentement son spectateur dans une atmosphère particulière.

Quels sont vos projets pour la suite ? Allez-vous continuer dans un style approchant ?

Notre projet est de réaliser le film que nous sommes en train d’écrire. L’ambition, cette fois, est de réussir à aller beaucoup plus loin en s’entourant de gens qualifiés et de vrais talents.

Pour nous, Kaydara était une sorte de brouillon. Nous voulons maintenant mettre les choses au propre. nous nous voyons bien encore un peu explorer le monde de la science-fiction. Mais cette fois-ci bien sûr, avec une identité totalement personnelle.

Propos recueillis par Julien Savès

Ouverture des inscriptions de la 28ème édition du Festival du Cinéma Européen de Lille

Pour sa 28ème édition, le Festival du Cinéma Européen de Lille se tiendra du 30 mars au 6 avril 2012 à Lille, Roubaix et Tourcoing.

Les conditions pour postuler sont les suivantes :

– Films achevés en 2010 ou 2011.
– Format de projection BetaNum, DVD ou fichiers numériques.
– Durée n’excédant pas 30 minutes.
– Tous genres sauf vidéo clips
– Le réalisateur et/ou le producteur doit être européen
– Sous-titrage des films : tout film possédant des dialogues dans une autre langue que le français doit impérativement être sous-titré en français et/ou en anglais.

Inscription sur la plateforme des festivals : www.filmfestplatform.com

Site du festival : http://www.filmcourt-lille.com

Attention, deux festivals se déroulant à Lille sont présents sur filmfestplatform, le Festival International du Court Métrage et le Festival du Cinéma Européen.

Gary Constant : « Grâce au court métrage, on peut sentir le potentiel d’un artiste en devenir. Il est très important que cela perdure »

Gary Constant, la trentaine passée, est un journaliste culturel spécialisé en cinéma et bande-dessinée. Il est à l’origine de la création du Festival Mauvais Genre à Tours, dont il assure la direction et la programmation artistique. Rencontre avec un homme passionné à l’énergie communicative.

Depuis quand existe le festival ? Comment s’est-il créé ?

La manifestation existe depuis avril 2007, cette année, c’était un mini-anniversaire puisqu’il s’agissait de la cinquième édition. L’idée de Mauvais Genre est de programmer tout un pan de films venant de tous pays, la plupart inédits chez nous, appartenant au cinéma de genre et aux thématiques nombreuses et variées allant du polar au fantastique en passant par l’horreur, l’animation, l’érotisme, la comédie… Le festival est né d’une frustration personnelle de ne pas pouvoir voir tel ou tel film à Tours et d’une envie de partager et de faire découvrir au plus grand nombre des films nouveaux et anciens qui m’ont enthousiasmé.


Conformists

Des films t’ont-ils marqué plus que d’autres, qu’ils soient en compétition ou en hors-compétition ?

Cette année, comme les autres d’ailleurs, il m’est difficile de répondre à la deuxième question. Si je respectais mon rôle, je devrais dire que toutes les oeuvres programmées sont intéressantes évidemment. Mais effectivement, en hors compétition, certaines sortent du lot comme « Conformists » de Jurian Booij, un court anglais qui dénonce, en un peu moins d’une vingtaine de minutes, le racisme avec une montée de la tension dans le récit assez éblouissante. Il y a aussi l’allemand « The Boy who wouldn’t kill »de Linus de Paoli qui se veut, via un récit post-apocalyptique dramatique, un hommage au cinéma-bis italien des années 80, à Fulci et consorts. Le film est réussi et l’image est incroyable.

En sélection officielle, l’un de mes préférés est le suisse « Danny Boy » de Marek Skrobecki, un bijou d’animation avec marionnettes proposant un héros très burtonien qui se balade dans une ville où tous les autres habitants n’ont pas de tête. Je suis très content car il a remporté les prix du jury et du public. Sinon, le canadien « The Old Ways », en noir et blanc, sur une exécution peu ordinaire, fait froid dans le dos. « Kaydara », proposé en première mondiale en présence des deux réalisateurs, Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard, a scotché à juste titre son monde.

Comment se sont élaborées ces sélections de courts métrages ? Suivez-vous une certaine ligne éditoriale de programmation ? Es-tu le seul programmateur ?

Oui, j’avoue, je suis le seul aux manettes pour l’ensemble de la programmation, ce qui est peut-être une erreur car, parfois, c’est bien d’avoir d’autres regards mais bon… Pour être retenus, les films visionnés doivent être surprenants, décalés ou faire preuve d’une énergie peu commune dans leur représentation. En plus de cela, des critères forcément subjectifs entrent en ligne de compte.


Danny Boy

Que représente le court métrage pour toi ? Quel est ton rapport à cette forme de réalisation ?

Grâce au court métrage, on peut sentir le potentiel d’un artiste en devenir. Il est très important que cela perdure. L’art de raconter une histoire en un temps réduit a toujours été quelque chose d’intéressant à mes yeux. Il n’est pas exclu qu’un jour je ressorte des scénarios et les propose à des amis réalisateurs ou à des inconnus. Ensuite, j’aimerais me frotter vraiment de plain-pied à la réalisation via des projets personnels ou du moins avoir un mec chevronné en co-réalisation et travailler en tandem. Un peu comme les Dardenne ou les Coën.

Plusieurs cinéastes se retrouvent régulièrement avec différents projets à Mauvais Genre, est-ce important pour le festival de soutenir des artistes qui vous tiennent à coeur ? Avez-vous une démarche accompagnatrice ?

Bien sûr, c’est important de suivre la carrière de cinéastes en devenir ou confirmés que nous apprécions. Pour ceux qui «débutent», si nous pouvons, moi et la géniale équipe de bénévoles qui m’entourent, humblement, à notre petit niveau, leur donner un coup de pouce, nous ne nous en priverons pas et le ferons avec un plaisir non dissimulé.


Kaydara

Que gardes-tu de l’édition 2011 de Mauvais Genre, de ses moments mémorables comme de ses passages désagréables ?

On a battu un record de fréquentation avec plus de deux milles spectateurs, soit six cents personnes en plus par rapport à l’année 2010. On continue petit à petit notre progression en essayant de vraiment montrer tous les genres existants du cinéma. J’ai plein de moments mémorables comme la projection de « Kaydara », la master-class de Steve Johnson (maquilleur SFX), la cérémonie de clôture. Quant aux moments désagréables, je ne peux m’empêcher de penser à une galère accompagnée de grands fous rires, celle de trouver du pain pour des hot-dogs, un dimanche après-midi, alors que toutes les boulangeries sont fermées..

Mauvais Genre est reconduit pour une nouvelle édition. Quelles sont tes envies pour le futur ?

Le bilan financier de cette année est bon, tant mieux. Donc oui, on va se tenter une sixième édition en espérant vraiment avoir les moyens de notre politique afin de pouvoir proposer et faire plus de choses à l’avenir. D’ailleurs, j’y réfléchis déjà…

Propos recueillis par Julien Savès

Le site du festival : www.festivalmauvaisgenre.com

Mauvais Genre 2011

Alors qu’une nouvelle édition vient tout juste d’être annoncée pour l’année prochaine, retour sur la 5ème édition du Festival Mauvais Genre qui s’est tenu à Tours du 21 au 25 avril derniers. L’occasion pour nous de s’arrêter sur l’un des festivals les plus intéressants pour les amateurs de films barrés et alternatifs.

Retrouvez dans ce Focus :

Appel à candidature Talents Cannes Adami 2012

Chaque année, l’Association artistique de l’Adami est à l’initiative de courts métrages écrits et réalisés par des réalisateurs confirmés, qui mettent en valeur le talent de jeunes acteurs. Ces films sont projetés dans le cadre du Festival de Cannes en présence des réalisateurs et des comédiens.

Une partie des comédiens participent à l’opération PAROLES D’ACTEURS et les autres comédiens sont invités tout au long de l’année dans des manifestations organisées ou soutenues par l’Adami.

Cette manifestation s’adresse aux comédiens(nes) qui auront 30 ans maximum au 31 décembre 2012, justifiant d’une formation théâtrale de 2 ans minimum et d’expériences professionnelles préalables. A la clôture de l’appel à candidature, les réalisateurs partenaires de l’opération font leur casting sur la base des candidatures reçues.

Les personnes intéressées par cette opération sont priées d’envoyer leur candidature via le site Talents 3A avant le 15 septembre 2011.

Pour en savoir plus…

Off-Courts, la liste des films sélectionnés

Québec

Au Milieu de nulle part ailleurs de Annick Blanc
Ce n’est rien de Nicolas Roy
Dolorès de Guillaume Fortin
Exode de Nathaniël Siri
L’Enfant aux six hot-dogs de Joël Vaudreuil
La Cité entre les murs de Alain Fournier
La Machine à laver de Danny Lynch
La Traversée de Élise Simard
Le Fleuve à droite de Sarah Fortin
Le Perfectionniste de Alexis Fortier Gauthier
Le Trio de Louis-Philippe Eno
Les bons termes selon Dewey d’Émilie Rosas
Mokhtar de Halima Ouardiri
Nature morte de Chloé Robichaud
Opasatica de Éric Morin
Original Sin de Robert Gariépy
Sang froid de Martin Thibaudeau
Score de Lawrence Côté-Collins
Sophie Lavoie de Anne Émond
Ti-minou Gros-minet de Mathieu Cyr
U-Turn de Stéphane Moukarzel

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France

[R] de Julie Rembauville & Nicolas Bianco-Levrin
Action commerciale de Pascal Jaubert
Archie de Monsieur Mouch (Pierre Combarnous)
Comme 2 poissons dans l’eau de Agnès Dooleaghe
En boîte de Mathieu Paquier
Higherbid de Fabien Bougas, Céline Vivier, Guillaume Dumas, Arseni Fedosseev et Laurent Boucher
Je pourrais être votre grand-mère de Bernard Tanguy
La Détente de Pierre Ducos et Bertrand Bey
Le Problème c’est que de Wilfried Meance
Lilith de Isabelle Noguera
Lundi matin de Nicolas Boulenger
Mauvaise graine de Nicolas Habas
Prochainement sur vos écrans de Fabrice Maruca
Rencontre de Shane de la Brosse
Respect de Benoît Forgeard
Transparence de Martin Guyot & Yvan Rousseau
Tuer l’ennui de Julien Paolini
Une petite histoire des starlettes et de la Croisette de Joris Clerté
Violence elle seule de Eric Capitaine

15th LA Shorts Fest

la-shorts-fest-201115th annual LA Shorts Fest July 21 – 29, 2011. The premiere short film festival in the world.

The Festival is accredited by the Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Award winners are eligible for Academy nomination. The Festival boasts an outstanding past record of 37 Academy Award-nominated films, including 12 Oscar winners.

The Festival has honored some of Hollywood’s legends of the past: Charles Chaplin, Harold Lloyd, and Robert Wise; along with actors Martin Landau, James Woods, Gary Oldman and directors Jan de Bont, Tim Burton, Shane Black, Bryan Singer and Paul Haggis.

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Les Pantinades

Cueillir. Accueillir. Recueillir. Les sièges du festival de Pantin au Ciné 104 ont accueilli cette année une série de films au métrage court, sa vingtième série de films censée prendre la température du talent contemporain et de révéler ceux qui, dans quelques années, inonderont les écrans avec des films un peu plus longs. Pour calibrer le caustique et la douceur de la programmation, le festival de Pantin distingue les films en deux catégories canoniques, nommées froidement « Compétition fiction » et « Compétition expérimental ». Mais, comme le délégué général voue un culte à l’inventivité, les tendances expérimentales se faufilent dans la fiction, rendant de plus en plus poreuse la distinction préalable. Éclectique et inégale, la sélection « fiction » déçoit mais ouvre quelques perspectives artistiques non négligeables.

Les édifiants

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L’Annonciation

Édifier, c’est d’abord construire de toutes pièces, à partir de l’imagination, un monument dans l’espace. Édifier, c’est aussi tenter de toucher les cieux, d’appréhender les puissances célestes. Les films « édifiants » de la sélection, L’Annonciation de David Bart et Laurence Balan (2010, 14min) et L’Aube d’Adrien Dantou (2011, 23min), s’inscrivent tous deux dans un processus de réinterprétation des esprits, des mythes bibliques, et supposent un profond idéalisme (au sens utopique du terme). Dans L’Annonciation, la dimension mystique du titre est doublement figurée dans le film; dans la première moitié de celui-ci, les vues sur les éléments naturels se munissent d’une ligne imaginaire qui coupe l’écran en deux. Cette polarisation semble favoriser l’arrivée du ciel sur la terre, de la pure blancheur dans l’obscurité, du spirituel dans le pur concret; en fait, le split screen « annonce » la faveur des extrêmes. Dans la deuxième moitié, la polarisation se retrouve dans la présence étrangement immanente de l’Ange Gabriel, un halo blanc dans le paysage verdoyant, qui donne l’impression d’un miroir placé face au soleil. Marie, jouée par une actrice habitée, accueille frontalement — ou subit, selon le degré de croyance que l’on accorde à la chose religieuse — l’oraison lumineux de l’envoyé du divin. Le mysticisme, mêlé à une mise en scène qui rappelle les films de Bruno Dumont, est donc fortement sous-tendu par l’idée de spéculation. Les reflets, les sensations de double et les traversées spirituo-physiques remplacent les stratégies narratives pour laisser planer un doux air d’immanence transcendantale.

Défait de la mystique chrétienne, L’Aube rend sensible quant à lui une histoire de revenants. Ce sont les corps, habillés et nus, jeunes et vieux, qui vaquent dans l’espace tels des mouches errantes. L’espace domestiqué, une vieille maison aux murs immaculés, devient le centre chorégraphique de ce monde flottant, où les éléments communiquent avec le sensible, le retour à une enfance difficile et la puissante relation qu’entretiennent la nature et l’homme. Une famille est le témoin du retour de l’enfant prodigue qui, à peine surgi au premier plan du cadre, tombe dans un évanouissement soudain. Plus généralement, la peau narrative se couvre de taches sombres et prépare patiemment l’extraordinaire coucher de soleil final.

Bien qu’épisodiques, ces deux œuvres étonnent par la maîtrise qui y est faite du montage et de sa capacité à restituer l’expérience mystique. L’histoire souffre positivement d’actions et de héros; cette absence permet au récit de se concentrer sur des états-limites où les êtres, jumelés à une très grande ascèse ou à une insoutenable souffrance physique, se conjuguent simultanément avec la Mère nourricière et le Père tout-puissant.

Les descendants

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Le jour où le fils de Raïner s’est noyé

Opérer une descente aux enfers, être accueilli dans l’antre de Charon, se confronter avec brio à deux situations où la mort évoque et révoque l’ailleurs pour placer les personnages dans un pur présent à la fois nécessaire et fragile. En forme de huis clos ouvert et laconique, Le jour où le fils de Raïner s’est noyé d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux (2011, 15min) est constitué de trois plans-séquences dans lesquels une poignée de personnages fait état de la noyade d’un jeune homme. Le noir et blanc et la perfection dans la définition de l’image, accompagnés par un mouvement de travelling permanent, attisent la tension jusqu’au paroxysme final; Raïner est averti de la mort de son enfant. Précédemment, un long et puissant mouvement aura fini par mettre un terme peu d’entrain et de vie du début du film. Il s’agit d’un arrêt sur image dans lequel se meut la caméra, filmant une foule gigantesque, comme une longue retenue suffocante. Le processus collectif de prise de conscience de la mort demeure tel inexorablement. La « chute », au sens de la suspension finale et de l’achèvement du mouvement, est fatale. D’une beauté plastique enchanteresse, ce film est donc « descendant » selon de nombreuses perspectives, la filiation esquissée dans le titre n’étant évidemment pas étrangère à cette idée.

Dans un tout autre style, Les Destructions d’Antoine Létra (2010, 51min) exaltent avec noirceur les déboires d’un adolescent face à la mort. Un jeune aide soignant assiste au décès du malade dont il s’occupe et se noie dans les émotions passionnelles. À la fois aride et poétique, cette fable traite, à la manière d’une tragédie grecque, de la descente aux enfers morale d’un homme, ancré dans un monde qui semble davantage l’enfermer que de le libérer. Déployer une stratification complexe de situations pour mieux rendre compte de la complexité mentale d’un homme, telle est la formulation de cette trajectoire aussi sombre que fascinante.

Les baladants

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Un monde sans femmes

Les vents de la Manche et de l’Atlantique soufflent dans le cou avec deux films dits « baladants », qualifiés d’ « humains » par certains, de « puissamment drôles » par d’autres, procurant une douce sensation de déplacement. « Se balader » ne signifie ni « marcher » ni « flâner » mais s’oppose à toute véritable inscription dans l’espace. On se balade généralement pour trouver ce que l’on connaît déjà, ou bien ce que l’on croit connaître. La balade implique certes un dépaysement mais ce dernier demeure une visée, une intention. Dans le cas du Marin masqué de Sophie Letourneur (2011, 35min), les deux jeunes femmes trentenaires (qui se comportent comme des individus pré-pubères) organisent une virée en Bretagne pour se balader. En fait, cette trajectoire n’en est pas vraiment une; les deux femmes ne feront qu’exposer leurs problèmes de cœur passés et présents. Les dialogues sont désespérément creux et le comique de dispositif, fondé sur la resynchronisation des voix, lasse rapidement. Tout mouvement n’est qu’artificiel. Cette balade peut amuser mais n’engage aucune forme sensible d’appréhension des sentiments. Aussi ce monde est-il aussi clos que les cercles qui délimitent la vision sur l’écran noir et blanc.

Plus touchant mais souffrant d’un parisianisme manifeste, Un monde sans femmes de Guillaume Brac (2011, 58min) affirme une construction dramaturgique indéniable. La justesse de certaines séquences ne peut toutefois pas dépasser une forme fâcheuse de normalisation du propos qui tendrait à rendre tous les hommes provinciaux attentistes face aux sentiments complexes de parisiennes hystériques. Le personnage de la mère, néanmoins, opère parfois de manière transversale dans ce système normé, totalement transparent, et touche par sa maladresse puérile.

Il est plus agréable d’être ballotté de la chaleur du ciel à la fraîcheur de la caverne plutôt que de s’enfermer dans des univers moyen où aucun interstice, aucune question fondamentale, aucune émotion impure, ne peuvent poindre. En attendant l’année prochaine, il me reste qu’une seule chose à faire : espérer que la poésie ne soit pas totalement enfouie sous l’amusement passager des aventures virtuelles.

Mathieu Lericq

M comme Le Marin masqué

Fiche technique

Synopsis : Laetitia et Sophie partent en week-end en Bretagne, à Quimper, la ville natale de Laetitia, Quimper. Au fil de leur séjour, rythmé par les balades sur la plage et les soirées à la « Chaumière », réapparaît la figure du Marin Masqué, amour de jeunesse de Laetitia.

Réalisation : Sophie Letourneur

Genre : Fiction

Durée : 35’

Pays : France

Année : 2011

Scénario : Sophie Letourneur

Interprétation : Sophie Letourneur, Laetitia Goffi, Johann Libéreau

Image : Ludivine Renard, Yannig Wilmann

Son : Laure Arto-Toulot

Montage : Carole Lepage

Production : Ecce films

Article associé : la critique du film

Le Marin masqué de Sophie Letourneur

Il y a des films qui émeuvent, d’autres qui bouleversent, ou d’autres encore qui révoltent. Des films classiques, qu’on oublie parfois ou qui nous bousculent… et il existe aussi des films d’un autre type qui font l’effet de petits souffles, sont des respirations simples et réjouissantes, des sauts de puce d’émotions. « Le Marin masqué » serait à classer dans cette dernière catégorie. Primé au Festival Côté Court de Pantin (Grand Prix, Prix de la Presse et Prix de la Jeunesse), le dernier film de Sophie Letourneur suit l’échappée de deux jeunes femmes en Bretagne, entre petits problèmes et grandes (dés)illusions.

Dans « Le Marin masqué », Sophie Letourneur ouvre une parenthèse temporelle, spatiale et émotive dans le quotidien de deux trentenaires parisiennes. Leurs confidences sont mises en valeur, d’un point de vue esthétique, grâce à un noir et blanc contrasté et un jeu avec le format de l’image, tel un œilleton qui resserre le champ autour des personnages. Le spectateur est ainsi plongé dans l’intimité de la relation amicale des deux personnages.

Le film s’ouvre à la manière d’un road-movie. A l’intérieur d’une voiture, les conversations fusent, chaque fille racontant son histoire ou plutôt ses petites histoires… de cœur. Dans ce tête à tête féminin, il y a les dits et les non-dits qui se superposent, qui se contredisent et qui s’enchaînent.

Formellement, cette conversation à double niveau s’appuie sur les voix en in des personnages auxquelles sont ajoutées les voix en off, les pensées intimes de chacune. L’effet produit un certain comique de situation mettant en scène des filles plutôt « normales » et légèrement névrosées.

Lorsque ce voyage-confession s’achève, le marin masqué, souvenir d’un amour de jeunesse, n’est plus une figure fantasmée mais un individu en chair et en os bien ancré dans le présent. Les deux filles doivent composer avec ce troisième personnage un peu limité, qui provoque le temps d’une nuit un retour en adolescence.

Plus qu’un film de filles, ce court métrage croque un moment de vie et pose un regard insouciant, comme un clin d’œil, sur une génération. « Le Marin masqué » de Sophie Letourneur est un conte d’été où s’entremêlent légèreté, amitié, petits doutes et grands espoirs.

Fanny Barrot

Consulter la fiche technique du film

Festival Court Métrange, la programmation 2011

Du 20 au 23 octobre 201, se tiendra la huitième édition du Festival Court Métrange, le festival du court métrage insolite et fantastique de Rennes. Cette année, Court Métrange élargit sa programmation à l’internationale tout en mettant le Japon, le Mexique et les États-Unis à l’honneur.

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Sélection européenne : 40 films répartis dans différentes sections : Sélection Insolite et fantastique ; sélection ép(r)ouvante ; sélection animation.

Condamné à vie de Hannah Letaïf et Vincent Carrétey 4’38/ 2010 / Belgique

Crossroad Jack de Germain Kern, Yann Berthonneau, Vianney d’Huart 3′ / 2010 / France

Cul de Bouteille de Jean Claude Rozec 9′ / 2010 / France

Danny Boy de Marek Skrobecki 10′ / 2010 / Pologne & Suisse

Judas and Jesus de Olaf Encke & Claudia Romero 15′ / 2009 / Allemagne

L’employé du mois de Clément Cornu 12’40 / 2010 /France

The backwater gospel de Bo Mathorne 9′ / 2011 / Danemark

Migration de Ly Kok Elie et Mathieu Clopez 3’29 / 2010 /France

Mortys de Villeneuve/Ronceray-Pescini/Lebegue/ Vidal 7’16 / 2010 / France

Nuisible(s) de Erik Hupin, Hans Baldzuhn, Pierre Nahoum, Baptiste Aude et Philippe Puech
4’21/ 2010 / France

Pixel de Patrick Jean 2’34 / 2010 /France

Little Quentin de Albert ‘T Hooft et Paco Vink 9’15 / 2010 /Pays Bas

The death of an insect de Hannes Vartiainen, Pekka Veikkolainen 7’/ 2010 /Finlande

The external world de David O’ Reilly 16′ / 2011 / Irlande

Love Patate de Gilles Cuvelier 13’4 / 2010 /France

Body memory de ülo Pikkov 9’2 / 2011 /Estonie

Mandragore de Fabrice Blin 17′ / 2011 / France

L’accordeur de Olivier Treiner 13’30 / 2010 / France

Al Crepusculo de Matteo Macaluso 20′ / 2011 / Italie

Le vivier de Sylvia Guillet 18’30 / 2010/ France

Ctin ! De Cyrille Drevon 15′ / 2011/ France

E pigs de Petar Pasic 14’58 / 2010 / Slovénie

Labyrinth within de Pontus Lidberg 28′ / 2010 / Suède

Form de David Aufdembrinke, Philip Piskorzynski & Chris Rudz 9′ / 2010 / Allemagne

Protoparticulas de Chema Garcia Ibarra 7’21 / 2011/ Espagne

Next floor de Denis Villeneuve 11’34 / 2010/ France

Prochainement sur vos écrans de Fabrice Maruca 10’47 / 2011 / France

The astronaut on the roof de Sergi Portabella 12′ / 2010 / Espagnol

Bloody Christmas de Michel Leray 12’30 / 2010 / France

Brutal relax de Rafa Dengra, Adrian Cardona et David Munoz 15′ / 2010 / Espagne

Lazarov de Nietov 5′ / 2010 / France

Tommy de Arnold de Parscau 8’32 / 2011 / France

36eme sous sol de Ph Debies 12’49 / 2010 / France

Mon père de Patrice Gablin 12’50 / 2010 / France

La madre de Alberto Evangelio 6’40 / 2010/ Espagne

Hungry Hickory de Damian Mac Carthy 7′ / 2010 / Irlande

The Midge de Rory Lowe 11’22 / 2010 / Angleterre

Ella de Dan Gitsham 8’54 / 2011 / Angleterre

Programmation États-Unis, en partenariat avec le Screamfest Horror Film Festival de Californie

SPACEBOY de Mike Olenick/ 2009/ 6’50

KITTY KITTY de Michael Medaglia /2010 / 11’05

WALKING ELOISE de Bobby Marinelli / 2010 / 15’14

ALICE JACOBS IS DEAD de Alex Horwitz / 2010 / 21’10

YOU ARE SO UNDEAD de Alex Epstein / 2010 / 6’25

Programmation Mexique

FUERA DE CONTROL de Sofia Carillo / 2008/ Animation /11′

LA CURIOSA CONQUISTA DEL AMPERE de Ramon Orozco / 2008/ 12′

JAULAS de Juan José Medina / 2009 / Animation / 10′

PRINCESA EN LA TORRE de Cristobal Juarez / 2009 / 10′

NINO DE MIS OJOS de Guadalupe Sanchez Sosa / 2009/ Animation/ 10′

MARTYRIS de Luis Felipe Hernandez Alanis / 2010 /Animation / 8′

Japon à l’honneur (programme concocté par le festival Short Piece of Sendaï)

KIKUMANA de Yasuhiro Yoshiura / Animation/ 2001 / 6’03

SHIKASHA de Isamu Hirabayashi / 2010 / 10’20

GYUNYUOJI de Eisuke Naito / 2008 / 15′

KIETEKUDASAI de Eisuke Naito / 2008 / 4’03

RAIN TOWN de Hiroyasu Ishida / Animation / 2010 / 9’55

FUMIKO’S CONFESSION de Hiroyasu Ishida / Animation / 2010 / 3′

A MYSTERIOUS TALE OF OLD KYOTO : AUTUMN de Madoka Kumagai / 2010 / 18′

Festival de Locarno, Pardi di domani

Dédiées à la découverte de nouveaux talents, les séances Pardi di domani sont consacrées aux courts métrages et moyens métrages de jeunes auteurs indépendants ou étudiants d’écoles de cinéma n’ayant pas encore réalisé de longs métrages. La section comporte deux compétitions distinctes : l’une limitée aux dernières productions suisses, l’autre mettant en avant les films de tous les coins du monde.

Le programme spécial « Corti d’Autore » est, quant à elle, consacrée aux courts métrages de cinéastes et des personnalités bien connues dans l’industrie du cinéma, tandis que Corti d’artista ouvre une fenêtre sur les productions les plus expérimentales et radicales  du cinéma contemporain.

Concorso internazionale

AT THE FORMAL by Andrew Kavanagh – Australia – 2010 – 8 min
BABYLAND by Marc Fratello – United States – 2010 – 28 min
BEZ SNIEGU (Without snow) by Magnus von Horn – Poland – 2011 – 35 min
BORA BORA by Bogdan Mirica – Romania – 2011 – 32 min
BRAINY by Daniel Joseph Borgman – Denmark/New Zealand – 2011 – 25 min
CHUPACHUPS by Ji-Suk Kyung – South Korea – 2011 – 16 min
DO YOU HAVE A STORY? by Dario Jurican – Croatia – 2010 – 21 min
DOMINGO VIOLETA by Ana Cristina Barragán – Ecuador – 18 min
IL RESPIRO DELL’ARCO by Enrico Maria Artale – Italy – 10 min
INNOCENTE by Samuel Doux – France – 2011 – 22 min
JAMGYR (The song of the rain) by Aygul Bakanova – Kyrgyzstan/United Kingdom – 2011 – 17 min
JUST A PERFECT DAY by Evris Papanikolas – Greece – 2011 – 5 min
LA RONDE by Sophie Goyette – Canada – 2011 – 23 min
LES ENFANTS DE LA NUIT by Caroline Deruas – France – 2011 – 26 min
LIBERDADE by Gabriel Abrantes et Benjamin Crotty – Portugal – 2011 – 17 min
LINKS-RECHTS by Tom Willems – Belgium – 2010 – 10 min
MENS SANA IN CORPORE SANO by Juliano Dornelles – Brazil – 2011 – 22 min
NEIGHBOURS by Josh Levinsky – United Kingdom – 2011 – 16 min
OPOWIESCI Z CHLODNI (Frozen stories) by Grzegorz Jaroszuk – Poland – 2011 – 27 min
PRAÇA WALT DISNEY by Renata Pinheiro and Sergio Oliveira – Brazil – 2011 – 21 min
RAUSCHGIFT by Peter Baranowski – Germany – 2011 – 23 min
RESPECT by Benoit Forgeard – France – 2010 – 13 min
RINGO by Yaara Sumeruk – United States – 2011 – 14 min
SÉPTIMO by Valentina Chamorro – Sweden – 2011 – 24 min
SRAK (Reality check) by Michal Vinik – Israel – 2011 – 22 min
THE BALCONY AFFAIR by Jamie Cussen – Canada – 2011 – 19 min
VÉGTELEN PERCEK (Infinite minutes) by Cecilia Felméri – Hungary/Romania – 19 min

Concorso nazionale

ALLE WERDEN by Piet Baumgartner – Switzerland – 2011 – 18 min
À QUOI TU JOUES by Jean Guillaume Sonnier – Switzerland – 2011 – 18 min
BLITZEIS by Georg Isenmann – Switzerland – 2011 – 29 min
BOWLING CHEZ DENISE by Kristina Wagenbauer – Canada – 2010 – 11 min
CHASSE À L’ÂNE by Maria Nicollier – Switzerland – 2011 – 15 min
L’AMBASSADEUR ET MOI by Jan Czarlewski – Switzerland – 2011 – 16 min
LE DÉBUT DE LA FIN by Jean-François Vercasson – Switzerland – 2011 – 19 min
LE TOMBEAU DES FILLES by Carmen Jaquier – Switzerland – 2011 – 17 min
SIGNS & VIBRATIONS by Nalia Giovanoli – Switzerland – 2011 – 8 min
STREIFEN by Moira Himmelsbach – Switzerland – 2011 – 8 min
TIRAGES EN SÉRIE by Kevin Haefelin – Switzerland – 2011 – 13 min

Programma speciale – Corti d’autore

ALVORADA VERMELHA by João Pedro Rodrigues and João Rui Guerra da Mata – Portugal – 2011 – 30 min
CAMELIA by Marian Crisan – Romania – 2011 – 15 min
LA RÈGLE DE TROIS by Louis Garrel – France – 2011 – 17 min
LE MARIN MASQUÉ by Sophie Letourneur – France – 2011 – 35 min
PROJET CORRIDA by René Burri and Marco D’Anna – Switzerland – 2011 – 19 min

Programma speciale – Corti d’artista

BOXING IN THE PHILIPPINES ISLANDS by Raya Martin – Philippines – 2011 – 6 min
SACK BARROW by Ben Rivers – United Kingdom – 2011 – 21 min
THE CLOUD OF UNKNOWING by Tzu Nyen Ho – Singapore – 2010 – 28 min

Festival d’Angers, appel à candidature

La 24e édition du Festival Premiers Plans se déroulera à Angers du vendredi 20 au dimanche 29 janvier 2012. La sélection est ouverte aux premiers et seconds longs métrages, aux films d’écoles et aux premiers courts métrages produits en Europe en 2010 ou 2011. Vous pouvez soumettre votre film dans l’une des sections suivantes : premiers et seconds longs métrages (15), premiers courts métrages, films d’école, films d’animation et premiers courts métrages en 3D-relief. La fiction, l’animation, les documentaires et les films expérimentaux (dans un panorama hors compétition «figures libres») sont acceptés dans ces différentes sections.

Pour inscrire un film, remplissez le formulaire d’inscription et envoyez un DVD à :
Festival Premiers Plans d’Angers, C/O C.S.T.
22-24, avenue de Saint-Ouen
75018 Paris

Date limite des inscriptions : 14 octobre.

Entry form-formulaire inscription / Règlement en français / English regulation

Festival Cinemabrut 2011, du 15 au 17 juillet

Une génération ambitieuse de réalisateurs pose les jalons d’un nouveau genre, consciente que la créativité et la liberté de ton sont préférables aux moyens de production de l’industrie du cinéma conventionnel. Malgré le talent grandissant de ces réalisateurs, les films ne sont que très peu diffusés en public. Le festival Cinémabrut offre dès lors une opportunité à ces films d’être vus.

Cette année est du meilleur cru. Le jury va devoir choisir entre 54 docus ou fictions, de tous genres et toutes durées, sélectionnés parmi plus de 300 films reçus. Au total, 15 heures de projections réparties en 5 séances : deux en après-midi aux cinémas La Strada, trois en soirée en plein air dans les jardins du château.

Quelques POINTS FORTS sur la programmation de cette année :
– une sélection INTERNATIONALE
– un spécial “ FILMS DE VACANCES ”
– une sélection “ GROSSE FLIPPE ”
– une sélection “ MEGA SEX ”
– des cartes blanches à DAILYMOTION, RADAR NORMANDIE, et 10MINUTESAPERDRE.

Où : Château de Mouans-Sartoux et Cinémas La Strada,13 Rue du Château, 06370 Mouans-Sartoux

Quand : 15-17 juillet 2011

Le site du festival

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