Tous les articles par Katia Bayer

I comme In een Vergeten Moment

Fiche technique

Synopsis : Un documentaire dans lequel le réalisateur est à la recherche des instants d’oublis. Ces Instants qui constituent une halte dans le flux mouvementé de nos vies quotidiennes, et durant lesquels nous nous en remettons au temps. Ces instants où nous semblons oublier le monde alentour et où nous accédons doucement à notre subconscient.

Genre : Documentaire, Expérimental

Durée : 20’

Pays : Pays-Bas

Année : 2009

Réalisation : Menno Otten

Scénario :Menno Otten

Images : Lennart Verstegen

Son : Evelien van der Molen

Montage : Saskia Kievits

Production : NFTA

Article associé : la critique du film

In een Vergeten Moment de Menno Otten

Le décalé surgit quand il le veut. Par exemple, lorsque en proie à un moment d’oubli, le regard dans le vide et les pensées ailleurs, une phrase anodine, « vous êtes dans vos rêves ! », signe votre retour à la réalité. Récoltés dans le métro, ces quelques mots ont beau s’effacer à la station suivante, ils provoquent une sensation étrange après la vision du film de Menno Otten, « In een Vergeten Moment », projeté à Angers dans le cadre du Programme Figures Libres.

Film de fin d’études de la NFTA (la Nederlandse Film en Televisie Academie d’Amsterdam), « In een Vergeten Moment » est une expérience documentaire troublante centrée sur ces moments d’oublis où l’on se coupe du monde environnant et où l’on accède lentement à notre subconscient.

Dans le mouvement incessant du quotidien, le flux, l’anonymat, et le rythme sont de mise. Certains se figent pourtant aux abords des arrêts de bus, et plongent dans leurs pensées, en rompant pendant quelques instants avec les notions définies de temps et d’espace. Ces hommes, ces femmes, et ces enfants sont les sujets ‘’absents’’ du film de Menno Otten, un jeune auteur ayant déjà exploré de façon expérimentale les limites de la réalité et de la conscience, avec son court métrage précédent, « Nachtwake », élu Grand Prix du Festival Silhouette à Paris et Meilleur Documentaire au Festival de Saint-Pétersbourg.

Plastiquement, « Nachtwake » est aussi probant que « In een Vergeten Moment ». Mais ce film-ci retient plus l’attention. En filmant une galerie de portraits figés, en offrant un regard sur les absences de chacun, le réalisateur lie expérience et cinéma, intimité et collectivité, et renvoie chaque spectateur à sa propre perception du subconscient.

Il est intéressant de s’en remettre à l’écrit, pour en savoir plus. Sur son site internet, Menno Otten explique la genèse de son projet. Son film de fin d’études est né d’une photographie, celle d’une femme perdue dans ses pensées, dans le métro à Tokyo. Ce regard vide a tellement marqué l’étudiant qu’il a voulu le retrouver dans les rues d’Amsterdam, et le capturer dans le mouvement, avec sa caméra. Entreprise difficile, entreprise réussie.

Katia Bayer

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Festival du Court métrage de Grenoble, ouverture des inscriptions

Du 6 au 10 juillet 2010 se tiendra la 33ème édition du Festival du Court Métrage en Plein Air de Grenoble. Au centre de la fête : le court métrage sous toutes les coutures, en compagnie de ceux qui le font, ceux qui le montrent, et ceux qui l’aiment.

Trente à quarante courts métrages concourent pour une douzaine de prix, pour un montant total d’environ 40.000 €. Répartis en cinq programmes (un différent chaque soir), les films sont projetés deux fois par soir, une première fois en salle à 20h30, puis en plein air à 22h00.

Pour inscrire votre film (supports de projection acceptés : 16 mm et 35 mm), rendez-vous sur : http://www.le-court.com/films_platform

Le site du festival : www.cinemathequedegrenoble.fr

H comme Homeland

Fiche technique

Synopsis : L’entreprise impossible d’une grand-mère qui tente de tricoter un pull à une créature étrange dont les bras ne cessent de se multiplier.

Genre : Animation

Durée : 6’

Pays : République Tchèque

Année : 2008

Réalisation : Juan De Dios Marfil Atienza

Scénario : Juan De Dios Marfil Atienza

Animation : Juan De Dios Marfil Atienza

Musique : Juan De Dios Marfil Atienza

Son : Juan De Dios Marfil Atienza

Montage : Juan De Dios Marfil Atienza

Production : FAMU

Article associé : la critique du film

Homeland de Juan de Dios Marfil Atienza

Découvert à Annecy et retrouvé à Angers, « Homeland » est un court d’école tchèque réalisé par un espagnol, Juan de Dios Marfil Atienza. Produit par la FAMU, ce film d’animation en noir et blanc est un hommage à l’amour, à la liberté, et au tricot.

Elle, c’est la minuscule madame. Elle vit seule dans une jolie maison crayonnée. Un jour, dans son jardin, un curieux personnage lui fait signe de la main. Elle se met à lui tricoter un petit pull, pour qu’il évite de s’enrhumer. Action louable sauf que la créature se développe à une vitesse folle et que ses bras ne cessent de se multiplier…. Au point qu’elle ne peut plus rentrer dans la jolie maison crayonnée.

« Homeland » est un film à part. En six minutes, il nous parle de solitude, d’attachement, de différence, de séparation, et d’espoir. Porté par une musique vibrante composée par le réalisateur lui-même, il se définit par son trait minimaliste, son absence de dialogues, son esthétique affirmée (le noir et blanc), et son lien avec l’animation traditionnelle (2D, dessin sur papier).

Il arrive que les films animés se réfugient derrière des excès visuels, des bande-sons surchargées, et des scénarios bien complexes. Tendre et étonnant, ce film-ci prouve que la simplicité au service d’une histoire est une singularité désarmante et indispensable à son ressenti.

Katia Bayer

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Les Très Courts 2010, appel à films

Les 7, 8, et 9 mai, le Festival international des Très Courts fêtera sa 12ème édition. Les films de moins de trois minutes seront simultanément mis à l’honneur à Paris et dans une centaine de villes en France et à l’étranger. Dès à présent, vous pouvez y inscrire votre film.

Les oeuvres très courtes (moins de 3 minutes, hors titre et générique) peuvent être inscrites jusqu’au 10 février 2010. La sélection sera annoncée à partir du 18 mars 2010 sur Internet.

Infos : www.trescourt.com

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Festival de Clermont-Ferrand : Participez au Prix des internautes pour le meilleur court métrage 2010

Visionnez ces sept films sur le site de L’Express et votez en ligne pour votre court préféré.

Alter Ego, de Cédric Prevost

Syn. : La rencontre dans un parc parisien , entre Nadir et Esther, un jeune homme et une jeune femme que tout sépare. Du moins en apparence…

La Peau Dure, de Jean-Bernard Marlin et Benoît Rambourg

Syn. : Anthony, une enfant de douze ans tente de tuer un garçon de son quartier pour impressionner son père. Et s’il y parvenait ?…

Tous les enfants s’appellent Dominique, de Nicolas Silhol

Syn. : Suite à un test psychologique passé à l’école, Carole apprend que son fils Quentin est atteint du « trouble des conduites ». Le regard qu’elle porte sur lui est progressivement contaminé par cet inquiètant diagnostic…

La raison de l’autre, de Foued Mansour

Syn. : Caroline, jeune conseillère du RMI, découvre par hasard que l’une des personnes dont elle a la charge travaille au noir. Se sentant étrangement trahie, elle va tenter d’en savoir plus sur cet homme, en le suivant une nuit après son travail. En se mettant ainsi en danger, elle espère redonner un sens à son rôle de travailleur social et soulager ses propres démons.

C’est dimanche, de Samir Guesmi

Syn. : Alors qu’il est renvoyé du collège, Ibrahim, treize ans, fait croire à son père qu’il à décroché un diplôme…

C’est gratuit pour les filles, de Claire Burger et Marie Amachoukeli

Syn. : Dans quelques jours, Laetitia obtiendra son brevet professionnel de coiffure et concrétisera son rêve avec sa meilleure amie : ouvrir un salon ensemble…

Climax, de Frédéric Sojcher

Syn. : Jonathan, jeune réalisateur s’apprête à réaliser la scène cruciale de son premier film

Angers 2010

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Retrouvez déjà dans ce Focus :

Le Festival vu par Raoul Servais

La liste des courts français & européens sélectionnés

Les noms des films d’écoles et des Plans animés en compétition

Le Palmarès 2010

La critique de « Anna » (Rúnar Rúnarsson, Danemark)

La critique de « Homeland » (Juan De Dios Marfil Atienza, République Tchèque)

Les quelques photos d’Angers

La critique de « In een Vergeten Moment » (Menno Otten, Pays-Bas)

La critique de « Zeitriss » de Quimu Casalprim i Suárez (Allemagne)

La critique de « A family Portrait » de Joseph Pierce (Royaume-Uni)

L’interview de Mihal Brezis, réalisatrice de « Lost Paradise » (France)

César du Meilleur court métrage, les 5 finalistes

C’est Gratuit Pour Les Filles réalisé par Claire Burger et Marie Amachoukeli

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Syn. : Dans quelques jours, Laetitia obtiendra son brevet professionnel de coiffure. Elle et sa meilleure amie Yéliz, pourront concrétiser leur rêve : ouvrir un salon ensemble. Mais avant de passer son examen, Laetitia veut aller à une fête.

¿Dónde Está Kim Basinger? réalisé par Edouard Deluc

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Syn. : Marcus et son frère Antoine atterrissent en Argentine. Ils viennent y passer quelques jours pour le mariage de leur cousin et comptent bien en profiter pour découvrir les joies de Buenos Aires. Seul problème, Antoine vient à peine de se faire quitter par la femme qu’il aime et Marcus a bien du mal à lui remonter le moral.

La Raison De L’autre réalisé par Foued Mansour

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Syn. : Caroline, jeune conseillère du RMI, découvre par hasard que l’une des personnes dont elle a la charge travaille au noir. Se sentant étrangement trahie, elle va tenter d’en savoir plus sur cet homme en le suivant une nuit après son travail. Se mettant de cette manière en danger, elle espère redonner un sens à son rôle de travailleur social et soulager ses propres démons.

Séance Familiale réalisé par Cheng-Chui Kuo

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Syn. : Une équipe de télévision française s’invite dans une famille taiwannaise vivant à Taipei, dans le cadre d’une émission de télé-réalité. Petit à petit, la caméra devient un nouvel outil de communication au sein de la famille.

Les Williams réalisé par Alban Mench

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Syn. : Parmi ses cadeaux de mariage, Francis a reçu un chien. Il demande à William, son ami d’enfance, de le garder pendant sa lune de miel. Une simple demande qui va soulever un problème de fond chez William.

L’identité du film gagnant sera connue le samedi 27 février 2010, lors de la retransmission de la Cérémonie des César (retransmise par Canal+,  en clair et en direct du Théâtre du Châtelet).

Théma Folie : Xavier Seron à Lille

Réalisateur et scénariste, Xavier Seron entre à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion) en 2001. En 2005, « Rien d’insoluble », son film de fin d’études, est primé à de multiples reprises et sélectionné dans plus d’une cinquantaine de festivals (parmi lesquels la Mostra de Venise). En 2007, il coécrit et coréalise avec Christophe Hermans un court métrage de fiction intitulé « Le Crabe ». Le film remporte de nouveau de nombreuses récompenses. En 2008, il collabore à l’écriture du long métrage documentaire « Les Parents » de Christophe Hermans et coécrit « En compagnie de la poussière », un court-métrage de fiction que réalise Jacques Molitor. Enfin, pour Bouli Lanners, il réalise le making-of du film « Eldorado ». Il prépare en ce moment « Je me tue à le dire », son premier long métrage de fiction.

“Rien d’insoluble” (Belgique / 2005 / 15 min)

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Henry est sur le point de craquer. Il faut avouer que sa vie n’a rien d’enviable. Mais aujourd’hui, plus encore que les jours précédents, tout semble aller de travers.

“Le Crabe” (Belgique / 2007 / 25 min.)

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À quelques minutes d’une représentation théâtrale, Roberto, un comédien d’une trentaine d’années, prend la fuite pour assister à l’enterrement de son père. Dans la cafétéria presque déserte d’une station service, Bertrand, un type esseulé, le reconnaît et l’aborde. À partir de cet instant, la route de Roberto va prendre une direction inattendue…

Infos pratiques
Séance : Vendredi 22/1, à 20:30
L’Hybride – 18 rue Gosselet – 59000 Lille
Site : www.lhybride.org

P comme Posrednikat (L’entre-deux)

Fiche technique

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Synopsis : Alex, 13 ans, ne peut pas trouver de place pour mettre son vélo dans les appartements de ses parents séparés.

Genre : Fiction

Durée : 25’

Pays : Bulgarie

Année : 2008

Réalisation : Dragomir Sholev

Scénario : Dragomir Sholev

Images : Nenad Boroevich

Son : Neno Nenov

Montage : Lily Toneva

Interprétation : Koina Ruseva, Dean Donkov, Aleksander Markov

Décors : Vladislav Iliev

Production : NAFTA (National Academy for Theatre and Film Arts)

Article associé : la critique du film

Posrednikat (L’entre-deux) de Dragomir Sholev

Au Festival européen du film court de Brest et aux Rencontres Henri Langlois à Poitiers, la légèreté et la fraîcheur se sont illustrées avec la joliesse bulgare de « Posrednikat » et son traitement subtil du thème de l’enfant tiraillé entre deux parents divorcés.

Alex, 13 ans, alterne les séjours chez ses parents séparés. Bien qu’il ait deux foyers, il ne trouve pas d’endroit pour ranger son vélo, l’un étant trop petit, l’autre trop propre. Partagé entre une mère excédée et un père immature, il attise la tension ambiante en leur faisant part d’un futur renvoi de l’école.

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Un problème de vélo. Ce qui semble n’être qu’une anecdote de départ se révèle être une métaphore de la situation inconfortable du jeune garçon. Son existence scindée ne s’explique non pas par la séparation de ses parents, mais bien par leur manque de communication. Bien malgré lui, Alex se retrouve à jouer le rôle d’intermédiaire et à transmettre les desiderata de chacun à l’autre. Témoin d’un conflit d’adultes, il cherche dès lors à rétablir le dialogue entre eux, en le provoquant.

Avec « Posrednikat » (L’entre-deux), se pose la question des enfants laissés-pour-compte par le divorce. Avec sensibilité et justesse, ce film d’école bulgare dessine avec le quotidien d’un enfant encadré par des adultes ni meilleurs ni pires que les autres. Evitant la noirceur comme la mièvrerie, le récit se focalise sur cet être tiraillé entre deux familles, pourtant capable de jouer et de s’adapter dans cette vie entre-deux.

Sujet à une mise en scène fluide et à une écriture épurée, ce film fouille l’âme de ses personnages et met à nu leurs existences. Il relève le défi d’une narration à une voix, celle d’un jeune protagoniste pétri de lassitude face à la mauvaise volonté des adultes. Au final, « Posrednikat » est une histoire très humaine à l’attention des parents divorcés qui confondent trop souvent leurs enfants avec des médiateurs. Le message passe en douceur…. Juste un jeu d’enfant.

Amandine Fournier

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1.A.N.

19 janvier 2009, Format Court apparaît sur la ToileNet. Son envie est simple : traiter du court métrage de façon originale, diversifiée, et pertinente. Un an et 415 sujets plus tard, le site répond toujours à son adresse, et son affection pour le ciné-bref reste bien vivace.

En cette période de début d’année, la mode est aux bilans (perte de poids, conquêtes enregistrées, évolution professionnelle, …). À nos web-yeux, le premier anniversaire de Format Court évoque de nombreuses découvertes et émotions liées aux multiples films remarqués et appréciés, ainsi qu’aux jolies rencontres partagées.

Pendant cette période, le site a participé à des jurys, a co-organisé des soirées de courts, a suivi les festivals, a fait de la radio, s’est mis à la vidéo, et s’est pris la cyber-tête pour devenir un portail de référence du court métrage. Tout un programme, en quelques clics et saisons.

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Après vingt-trois Focus, Format Court a bien mérité des vacances. Avant de partir à Angers et à Clermont-Ferrand, il s’est offert un petit lifting et a décidé de s’internationaliser. Depuis peu, le site s’y connait en tchèque, en swahili, en grec ancien, et même un petit peu en anglais, grâce à un nouvel outil à la disposition des internautes non francophones, Google Translate.

En dernier « recourt », il ne reste plus qu’à vous souhaiter 2010 découvertes et émotions, riches en courts métrages bien évidemment.

Katia Bayer
Rédactrice en chef

P.S. : Merci à tous d’avoir participé de près ou de loin à ce projet, et à “Superman” en particulier, pour l’avoir fait naître et évoluer.

O comme Overtime

Fiche technique

Synopsis : De petites poupées de chiffons retrouvent leur créateur mort dans son atelier. Ne comprenant pas ce qui est véritablement arrivé, elles vont essayer de retrouver leur quotidien auprès du mort.

Genre : Animation

Durée : 4’50’’

Pays : France

Année : 2004

Réalisation : Oury Atlan, Thibault Berland, Damien Ferrié

Scénario : Oury Atlan, Thibault Berland, Damien Ferrié

Animation : Oury Atlan, Thibault Berland, Damien Ferrié

Musique : Sielberman Ochestra, Ornadel et the Starlight Symphony

Montage : Oury Atlan, Thibault Berland, Damien Ferrié

Production : Supinfocom

Article associé : la critique du film

M comme Meska sprawa (Une affaire d’hommes)

Fiche technique

Synopsis : Trois jours dans la vie d’un garçon de treize ans qui tente désespérément de dissimuler les coups que lui inflige son père.

Genre : Fiction

Durée : 25’

Pays : Pologne

Année : 2001

Réalisation : Slawomir Fabicki

Scénario : Slawomir Fabicki

Images : Bogumil Godfrejow

Son : Ekla Bogusz

Montage : Joanna Fabicka

Production : Panstwowa Wyzsza Szkola Filmowa Telewizyjna i Teatralna

Interprétation : Bartosz Idrak, Mariusz Jakus, Marek Bieleki, Katarzyna Bargiegowska, Pomek Rolinski

Article associé : la critique du film

D comme Dvier (La Porte)

Fiche technique

Synopsis : Parfois, même le fardeau le plus lourd peut être plus léger que l’air. Il faut aussi espérer quand on frappe à une porte.

Genre : Fiction

Durée : 19’

Pays : Pologne

Année : 2004

Réalisation : Vladimir Kott

Scénario : Vladimir Kott

Images : Eyjeny Privin

Musique : Littl Stuart

Son : Fil Lamshin

Montage : Vladimir Kott

Production : Higher Courses of Scriptwriters and Film Directors

Interprétation : Leo Okunev

Article associé : la critique du film

Henri Langlois, 30 ans de festival & quelques premières oeuvres

En 2007, les Rencontres Henri Langlois, grandes partisanes de films d’étudiants, enregistraient leur 30ème édition, et éditaient en DVD une sélection de 14 courts métrages primés en interne, pour accompagner cet anniversaire. Après vision, trois d’entre eux s’installent en toute impunité dans cette chronique très marquée par le noir et blanc.

Dvier (La Porte) de Vladimir Kott (Russie, 2004)

 

Une maison, une explosion, le néant. Une porte intacte s’ouvre tout doucement, devant le visage d’un homme ahuri, recouvert de poussières. Pourchassé par des policiers, l’individu s’enfuit, dissimulé derrière sa porte, avant de réaliser qu’il n’est pas l’objet des poursuites en cours. Après plusieurs rencontres et situations, il se débarrasse de sa moitié boisée, quand soudain, trois petits coups se font entendre…

Tourné dans un harmonieux noir et blanc, « Dvier » (La Porte) est un conte surréaliste à l’allure poétique nourri de scènes très visuelles liant un homme à sa porte et ses caractéristiques (son oeilleton, sa poignée, son poids, et sa taille). Lauréat du Prix Spécial du Jury et du Prix des Réalisateurs à Poitiers, en 2005, le film de fin d’études de Vladimir Kott, ancien étudiant moscovite, combine tendresse et humour pour révéler à terme une vérité peu connue : une porte peut se révéler bien utile dans certaines circonstances…

Meska sprawa (Une affaire d’hommes) de Slawomir Fabicki (Pologne, 2001)

Bartek a 13 ans. Sa vie en sépia se partage entre son père violent, sa mère docile, son frère cadet, son carnet de mauvaises notes, sa bande de copains, et son entraîneur de foot vindicatif. Sensible aux aléas d’un quotidien difficile, il trouve du réconfort auprès d’un vieux chien malade, surnommé Bouquet.

Prix de la Photographie, de la Jeunesse, et de la Presse à Clermont-Ferrand en 2002, et Grand Prix du Jury à Poitiers en 2002, « Meska sprawa » (Une affaire d’hommes) est un film émotionnellement magnifique. Par certains aspects, il fait penser à « The Ground Beneath », un court australien, qui traite lui aussi du rapport au père, aux adultes, et à la violence. Mais ce film-ci va plus loin : il intègre parfaitement une réalité sociale, à l’aide de plans très crus et d’une caméra à hauteur de mômes. La souffrance, l’humiliation, et la pauvreté sont les tristes reines de ce beau film dur, importante contribution à l’enfance maltraitée.

Overtime de Oury Atlan, Thibaud Berland et Damien Ferrié (France, 2004)

Ce vibrant film d’animation musical dévoile l’existence d’une multitude de poupées de chiffons rassemblées auprès de leur créateur trépassé. Visuellement proches de Kermit la Grenouille, ces marionnettes cousues main continuent à gesticuler aux côtés de leur maître, tout en essayant tant mal que bien de lui redonner vie.

Réalisé par Oury Atlan, Thibaud Berland et Damien Ferrié, trois anciens de Supinfocom, « Overtime » se partage entre nostalgie, poésie et mélancolie. Film-hommage à Jim Henson, le créateur des Muppets, ce court métrage bicolore orchestre, le temps de quelques partitions kletzmer, un réjouissant ballet chorégraphique en images de synthèse. Jugé Meilleur film d’école à Annecy, et lauréat d’une mention pour la qualité de sa photo à Poitiers, « Overtime » renvoie l’homme à son côté obscur en même temps qu’il inscrit avec rythme les mouvements de pantins-amphibiens dans la postérité d’une fable graphique.

Katia Bayer

Consulter les fiches techniques de « Dvier »  (La Porte)« Meska sprawa » (Une affaire d’hommes), et « Overtime »

Rencontres Henri Langlois : 30 ans de films d’écoles – Petits bonus : Fiches film, biographies des réalisateurs, affiches et photos du Festival.

E comme Echo

Fiche technique

Synopsis : Deux jeunes et robustes garçons assassinent une jeune fille. Entre la reconstitution du meurtre et la réunion de famille de la victime, ils doivent à présent revivre le crime brutal qu’ils ont commis et se confronter aux sentiments qu’ils ont éprouvés et qu’ils éprouvent toujours.

Genre : Fiction

Durée : 15′

Pays : Pologne

Année : 2009

Réalisation : Magnus Von Horn

Scénario : Magnus Von Horn

Images : Malgorzata Szylak

Son : Micha Robaczewski

Montage : Boguslawa Furga

Interprètes : Radomir Rospondek, Marek Kossakowski, Piotr Skiba, Dorota Segda, Kamila Sammler, Ewa Suchanek, Mariusz Siudzinski, Leon Charewicz

Production : PWSFTviT – The Polish National Film, Television and Theatre School, Lodz

Article associé : la critique du film

Echo de Magnus Von Horn

Sélectionné à Poitiers et détenteur de nombreux prix, « Echo » de Magnus Von Horn aborde le thème du crime et du châtiment auprès d’une jeunesse déséquilibrée. Ce film révèle une histoire intense, réaliste et crue.

Le film du jeune cinéaste, diplômé de l’école de Lodz aurait très bien pu s’intituler « La Reconstitution » tant il reflète, d’une certaine manière, le chef d’oeuvre de Pintilie qui met en scène deux jeunes garçons soumis à la re-création d’une bagarre anodine, à des fins communistes. Mais là où le cinéaste roumain mettait une note d’humour noir, de cynisme volontaire et d’absurde existentiel liés au contexte politique et social de la fin des années 60, le réalisateur suédois choisit lui, un traitement réaliste et un ton plus dramatique pour dénoncer le meurtre d’une jeune fille commis par deux adolescents.

Élaborée avec distance et froideur, la reconstitution effraye dans sa façon de révéler l’atrocité des faits en même temps qu’elle met en valeur les sentiments contradictoires et complexes des meurtriers. Toute l’atmosphère du film baigne dans une tension palpable et dérangeante à laquelle il est quasi impossible de se dérober. Le cinéaste pousse le tragique de la situation aux limites du dicible et nous plonge malgré nous dans l’horreur d’un acte inavouable. Se posent alors les questions de la déshumanisation d’autrui dans la folie assassine, du sentiment de culpabilité des uns et de l’éventuel pardon des autres.

À ses multiples questions, la justice réparatrice opte pour une confrontation des parents de la victime à l’un des auteurs des faits. La rencontre surprend par sa mise en scène qui mêle sobriété et rage dans un dialogue poignant. Le délinquant sort de son mutisme et son cri déchirant que l’on pourrait interpréter comme une violente prise de conscience, fait écho à la douleur des parents, impuissants et désœuvrés. Sans nul doute l’une des grandes surprises de l’année, le premier film de Von Horn résonne telle la voix moribonde d’une nymphe outragée.

Marie Bergeret

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