Retour de flamme s’installe au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Au programme de cette nouvelle édition :

– PETITES CAUSES GRANDS EFFETS, O’Galop – France – 1918 – Animation
Les effets d’un petit verre d’alcool. Et en le prenant chaque jour, on devient alcoolique.

– LA CHASSE A LA GIRAFE DANS L’OUGANDA, Alfred MACHIN – Documentaire – France – 1910

– MODE DE PARIS – Documentaire – Hollande – 1926
Présentation de divers modèles de la mode Parisienne et des collections de diverses maisons de haute couture.

– THE LOVE NEST, Buster KEATON – Burlesque – Usa – 1923
Ayant rompu ses fiançailles, Buster décide de partir pour un long voyage en mer afin d’oublier.

– Et de nombreuses autres surprises…

Retrouvez la programmation et les infos pratiques sur www.bozar.be ainsi que notre Focus consacré à Lobster Films

S comme Sinner

Fiche technique

Synopsis : Yotam, un garçon de 13 ans dans une pension juive ultra-orthodoxe, essaie de lutter contre l’éveil de ses désirs sexuels. Confus et rongé par la culpabilité, il consulte son rabbin, qui abuse de sa position et de l’innocence de Yotam. Sans recours ni refuge, Yotam se retrouve piégé par le silence imposé dans sa communauté.

Genre : Fiction

Durée : 28’

Pays : Israël

Année : 2009

Réalisation : Meni Philip

Scénario : Meni Philip

Images : Addie Reiss

Son : Gadi Raz

Montage : Meni Philip

Production : Meni Philip, Minshar School of Art

Interprétation : Lior Shabtai, Yuval Berger, Ami Weinberg, Omri Aisha

Article associé : la critique du film

Minshar for Art : Le manifeste de l’art

Sur Facebook, Minshar for Art a près de 3.000 copains. Tous ne sont pas d’anciens étudiants de cette école d’art créée à Tel-Aviv après la faillite de Camera Obscura, l’établissement le plus connu d’Israël pour son cinéma d’avant-garde et sa renommée en photographie, mais tous reconnaissent la qualité de cette jeune école vieille de seulement cinq ans. La preuve en trois coups de poing cinématographiques.

Yom mota shel Shula (Le jour de la mort de Shula) d’Asaf Korman

Présent sur le DVD de la Quinzaine des Réalisateurs édité en 2007, ce court métrage israélien est le film de fin d’études de Asaf Korman, acteur, musicien et monteur (il a notamment travaillé sur « Jaffa » de Keren Yedaya). Dans cette histoire inspirée de la réalité, le jeune réalisateur a filmé les membres de sa famille et Shula, le chien des Korman, atteint d’une tumeur et devant être piqué. Yossi, le père, transporte le corps de la bête sur le toit de sa voiture (dans le carton d’une télévision couleur), et rentre chez lui, pour l’enterrer dans les dunes. Il prévoit un pique-nique en famille pour les derniers adieux, mais ni sa femme ni ses enfants ne l’accompagnent. Seul, il porte le cercueil de carton, et s’endort sur le sable. À son réveil, les pleurs le submergent.

« Yom mota shel Shula » est un film prenant. Sa mise en abîme, son sens du cadre, son montage raffiné, son image sombre, sa pudeur, et la fragilité du père, celui du réalisateur (également comédien) en font toute sa force. On aurait peine à croire qu’un étudiant se cache derrière ce film d’une grande maturité, et pourtant, c’est le cas. Pour peu, on se mettrait bien à l’hébreu, histoire de se rapprocher encore un peu plus de ce film détonant.

Pathways de Hagar Ben-Asher

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À l’occasion des fêtes de Chavouot, une jeune femme rentre dans le village où elle a grandi et où vit encore sa mère. Son temps se partage entre la distribution de gâteaux personnalisés et la multiplication de conquêtes anonymes (homme n°1, n° 2, n° 3). Arrive un moment où elle n’est plus libre de ses choix.

Présenté à la Cinéfondation en 2007, « Pathways » (Mish’olim en hébreu, chemins en français) explore différentes thématiques : le tabou, le sexe, la violence, la rédemption, l’interdit, et la liberté. Devant et derrière la caméra, une jeune femme aux faux airs de Julia Roberts, Hagar Ben-Asher, montre la sexualité de façon crue et brutale, sans lui associer de jugement ni de morale. Son film est autant beau, dur et déroutant que son personnage est intriguant, paumé et solitaire. La curiosité peut se tranquilliser : Hagar Ben-Asher prépare son premier long métrage, « The Slut », en récupérant quinze ans plus tard, la même femme, devenue mère, toujours aussi perdue et sexuellement libre.

Sinner de Meni Philip

Yotam, un enfant de 13 ans s’enferme de temps à autre aux toilettes pour y dessiner des femmes dénudées. Si les autres adolescents laissent des traces de leur passage sur la porte ou les murs, Yotam, lui, prend son corps comme réceptacle de ses croquis. Ses tatouages ne poseraient pas problème si il n’était pas élève dans une yeshiva (école juive ultra-orthodoxe), et ne souffrait pas de honte et de culpabilité. Pour surmonter l’éveil de ses pulsions sexuelles, il s’en réfère à l’autorité, (le maître, le rabbin), en réclamant un renforcement spirituel. Celui-ci abuse de sa position et de l’innocence du jeune garçon.

Difficile de se dégager de l’impact de « Sinner », nominé aux Prix UIP pour le meilleur court métrage européen 2009 au festival de Venise. Tout participe à ce choc visuel et émotionnel : la pâleur du visage de l’adolescent, ses taches de rousseur, ses yeux grands ouverts, sa candeur, son innocence, l’amour de la religion, le mutisme de la communauté, l’impossible aveu, le tabou, la transgression, la culpabilité mêlée à la souffrance, la domination et l’immunité des adultes. Réalisé par un ancien hassidique, Meni Philip, « Sinner » autorise une vraie émotion en même temps qu’un sentiment de malaise. Peut-être parce que cette terrifiante histoire est basée sur des faits réels et que l’enfance a rarement été filmée de manière aussi fragile et démunie.

Katia Bayer

Article associé : l’interview de Hagar Ben-Asher

Consulter les fiches techniques de « Yom mota shel Shula », « Pathways », et « Sinner »

Rencontres Européennes du moyen métrage de Brive, le palmarès

GRAND PRIX EUROPE – BRIVE 2010 : CHANSON D’AMOUR ET DE BONNE SANTE de João Nicolau (France-Portugal)

GRAND PRIX FRANCE – BRIVE 2010 : LA REPUBLIQUE de Nicolas Pariser (France)

MENTION SPECIALE JURY PROFESSIONNEL : OUT OF REACH de Jakub Stozek (Pologne)

PRIX DU JURY JEUNES DE LA CORREZE : OUT OF LOVE de Birgitte Staermose (Danemark)

MENTION SPECIALE JURY JEUNES DE LA CORREZE : ANVERS de Martijn Maria Smits (Pays-Bas)

PRIX DU PUBLIC ex-aequo : DES REVES POUR L’HIVER de Antoine Parouty (France) et UN TRANSPORT EN COMMUN de Dyana Gaye (France-Sénégal)
PRIX CINECINEMA ex-aequo : LA REPUBLIQUE de Nicolas Pariser (France) et UN TRANSPORT EN COMMUN de Dyana Gaye (France-Sénégal)
PRIX DU SCENARIO DE MOYEN METRAGE : MARIE VOIGNIER pour L’Hypothèse du Mokele-Membe

Le Jury Professionnel était composé de Richard Madjarev (Président), Sabrina Seyvecou, Arnaud Fleurent-Didier, Cédric Walter.

Le jury Jeune de la Corrèze était composé de Marta Baidek, Maeva Culot, Julia Del Rosario, Yoann Jacquet, Valentin Ribas, Louis Roux, Beatriz Virginia Urtubia Villagran

P comme Pathways

Fiche technique

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Synopsis : Un village israélien, une fête joyeuse et une jeune femme en quête de rédemption.

Genre : Fiction

Durée : 20′

Pays : Israël

Année : 2006

Réalisation : Hagar Ben-Asher

Scénario : Hagar Ben-Asher

Images : Amit Yasur

Décors : Ben Rosen

Montage : Asaf Korman

Son : Muly Zan

Interprétation : Hagar Ben-Asher, Dvir Benedek, Yuval Granot, Amnon Wolf

Production : Mika Productions, Minshar for Art

Article associé : l’interview de Hagar Ben-Asher

Hagar Ben-Asher : « Israël est un pays de cinéma mais les cinéastes ne s’en rendent pas encore compte »

En novembre, Hagar Ben-Asher était de passage à Paris pour représenter Minshar for Art, l’école tel-avivienne dont elle est sortie il y a trois ans, avec « Pathways » sélectionné à la Cinéfondation. En pleine préparation de son premier long métrage « The Slut », cette jeune femme proche de la caméra (devant/derrière) déboutonne ses intérêts : Caméra Obscura, la rédemption, la représentation de la sexualité, et son pays de cinéma.

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Comment t’es-tu intéressée au cinéma ? As-tu des souvenirs d’enfance liés au septième art ?

Dans ma famille, on n’était pas très cinéphiles. Enfant, je n’allais pas voir de bons films. Ma réponse peut paraître assez banale, mais en fait j’étais accro aux comédies romantiques ! J’ai d’ailleurs toujours rêvé d’en faire, mais j’ai appris à connaître et aimer le cinéma au fur et à mesure de mes études.

Qu’est-ce qui t’a alors amenée à faire une école de cinéma ? L’envie de faire une comédie romantique ?

J’ai étudié à Tel Aviv, dans une école qui s’appelle Camera Obscura. Je faisais de la photo, je voulais être artiste mais à la fin du premier semestre, j’ai décidé de m’inscrire dans le département de cinéma, même si ça a été difficile de me dire que j’allais faire des films. Être dans cette école, évoluer dans une atmosphère dynamique, étudier l’art, parler de choses passionnantes, m’a donné la confiance qui me manquait. À un certain moment, je suis arrivée à me dire que je pouvais le faire. La volonté n’a pas d’explication : je ressentais une grande attirance pour le cinéma et je voulais absolument réaliser cette passion.

Tu es sortie diplômée de Minshar for Art, une école toute jeune en Israël. Pourquoi as-tu choisi cette formation après Camera Obscura ?

À vrai dire, je ne l’ai pas choisie. J’ai étudié à Camera Obscura pendant trois ans. La dernière année, il y a eu tellement de problèmes financiers que l’école a dû fermer pendant quelque temps. Par conséquent, tous les étudiants ont été transférés à Minshar for Art sans vraiment en avoir le choix. Vu que j’y ai passé seulement quelques mois en dernière année, je pourrais difficilement dire grand chose de cette école puisque je n’y ai pas vraiment étudié. À l’inverse, il s’est passé quelque chose d’assez intéressant à Camera Obscura qui est une école fort libérale. Cet aspect a des bons côtés comme des mauvais, mais si on a envie d’apprendre, on dispose de très bons outils, d’un très bon enseignement et de nombreux cours théoriques. Entre mon apprentissage à l’école et mon expérience dans une vidéothèque pendant deux ans, j’estime que j’ai eu toute mon éducation cinématographique.

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Les réalisateurs israéliens croisés me parlent tous de liberté dans leurs écoles. Comment est-ce que toi, tu as vécu cette liberté de faire ce que tu voulais ?

À la Camera Obscura, on nous donnait la possibilité d’écrire des scénarios non classiques. On n’était pas obligé de développer le récit de manière traditionnelle. D’ailleurs, mes films témoignent de cette liberté. L’école nous laissait faire des films, même si ceux-ci n’avaient pas le mot « succès » placardé dessus. Si elle sent que tu as du potentiel, elle te fait confiance. Si tu es sérieux et que tu tiens à ton projet, on t’aide à le développer.

Ton film de fin d’études, « Pathways », a été réalisé à Minshar. Est-ce que l’école a validé ton projet et son financement ?

En fait, c’était plutôt un film indépendant que j’ai autoproduit avec mes économies. C’est après, quand le film a été sélectionné à Cannes, que l’Etat d’Israël m’a donné de l’argent.

Sans grand budget, comment se sont déroulés le tournage et le montage ?

Je pense que chaque projet a son propre temps. Ça faisait longtemps que j’écrivais « Pathways ». Au moment de le tourner, on était aussi bien préparés que possible, d’autant que je jouais dedans, donc avec mon chef opérateur, tout était déjà bien prévu. Je ne sais pas comment on as pu monter si vite par contre. Ça a été incroyable. J’ai tourné à la mi-décembre et en deux-trois semaines, j’avais déjà une première version que j’ai pu envoyer à Cannes. On a terminé le montage en 8 à 10 séances seulement ! Même si le film a changé en cours de montage, on avait une idée très précise de ce qu’il allait devenir.

En parlant de montage, tu as travaillé avec Asaf Korman, qui est un cinéaste [« Yom mota shel Shula » (Le jour de la mort de Shula)] mais aussi un monteur sorti de Minshar. Quel lien t’unit à lui ?

Asaf et moi, on se connaît depuis longtemps. On a travaillé ensemble sur de nombreux projets. Ça a été un vrai avantage de travailler avec lui sur ce film. On a un très bon rapport, étant donné qu’on est tous les deux cinéastes. C’est un réalisateur et un monteur extrêmement talentueux. Il représente peut-être la meilleure chose que j’ai trouvée à l’école. Travailler avec quelqu’un qui n’est pas seulement réalisateur permet d’avoir un point de vue très précieux sur un film.

Vous aviez également le même chef opérateur sur vos films respectifs, Adam Zaslavsky.

Non. Adam a tourné le film d’Asaf, mais il m’a aidée avec le montage. C’est aussi un très bon ami et un réalisateur.

Ton film s’intéresse aux notions de rédemption et de tabou. Selon toi, comment est-ce que la caméra peut apprendre quelque chose sur la rédemption ?

C’est une question difficile. Fut un temps où j’employais ce mot « rédemption » très facilement. J’avais l’impression de raconter une histoire théologique, d’entretenir une conversation avec la religion. « Rédemption » est un mot très religieux. Pour moi, le cinéma est aussi un acte de rédemption. La question du point de vue est une question religieuse. Mes personnages cherchent la rédemption, comme moi je la cherche en faisant du cinéma. J’étais très enthousiaste à l’époque, mais aujourd’hui j’ai du mal à faire face à cette question. Aujourd’hui, je dirais que je fais du cinéma principalement pour poser des questions. C’est très récent, cette transformation. Je suppose qu’elle est liée à mon nouveau projet, un long métrage. Maintenant, mon but c’est de faire du cinéma en restant modeste, car la modestie est très importante, dans l’art comme dans tout aspect de la vie.

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Ton film traite pourtant du fossé entre le sexe et la violence. Faire réagir le spectateur, ce n’est pas une question, ça ressemble à un but !

C’est vrai. Ça me fait plaisir d’entendre ça. En pratique, j’essaie de montrer la sexualité d’une façon brusque, crue, sans avoir recours à des scènes érotiques, belles ou sexy. Et je pense que ça, c’est une volonté de provoquer une réaction chez le spectateur.

À deux reprises, tu t’es retrouvée liée à Cannes, d’abord avec la Cinéfondation, avec « Pathways », ensuite avec la Résidence du festival, avec « The Slut ». Comment as-tu vécu ces aides alors que tu débutais dans le milieu ?

Ce sont les plus beaux cadeaux que j’ai jamais reçus. Ils m’ont donné de la confiance et m’ont permis de faire ce que j’ai fait, sans devoir me soucier des problèmes d’ordre matériel. Ces deux événements m’ont fait un très grand bien, j’ai pu profiter de chaque minute pour me consacrer à mes projets.

Tu prépares actuellement ton long métrage, « The Slut ». Est-ce que ce sera un projet aussi personnel que « Pathways » ?

Oui, la protagoniste vivra sa sexualité de la même manière et ce sera même encore plus personnel. Par contre, quelque chose a changé. Avant, dans mes courts, j’étais très critique envers mes personnages. Depuis, j’ai perdu toute l’ironie, toute la peur, et tous les sarcasmes que j’entretenais vis-à-vis d’eux. Maintenant, je suis gentille avec mes personnages !

Voudrais-tu rejouer ta protagoniste ?

Je suis à la recherche d’une autre actrice, parce que le personnage a dix ans de plus que moi, et est mère. Ce n’est pas une fille de 30 ans. De toute façon, cette fois, j’ai vraiment envie de me consacrer à la réalisation. Je ne veux plus faire trop de choses sur un plateau, surtout lors qu’il s’agit d’une plus grande équipe, de plus de temps et de moyens.

C’est difficile d’être à la fois devant et derrière la caméra. Et pourtant, je ne peux pas dire avec certitude que je ne jouerai pas. Mon producteur est convaincu que je le ferai, mais je suis réellement à la recherche de quelqu’un d’autre.

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Tu as fait trois courts et maintenant un long. Qu’est-ce que le passage par la forme courte t’a apporté ?

Je n’aurais pas pu faire autrement, en allant par exemple directement au long. Je vois une évolution chez moi, d’un film à l’autre. Par exemple, quand je regarde « Pathways » maintenant, j’y relève des erreurs que je ne répéterais jamais. Mais ce n’est pas très grave, parce que j’ai appris des choses, je me suis initiée au langage du cinéma et j’y ai trouvé les germes de quelque chose qui me permet aujourd’hui de m’épanouir.

Y a-t-il un lien entre les courts métrages, les films d’écoles, Israël et une jeune femme juive ? Est-ce que le fait d’être une cinéaste israélienne est en soi une source d’idées ?

Les films que je vois ici sont vraiment tous excellents. Je les connaissais mais je ne les avais jamais vus programmés tous ensemble. On m’a dit récemment qu’Israël est un pays de cinéma mais que les cinéastes ne s’en rendent pas encore compte. Il y a tout en Israël : le conflit, les enjeux politiques, le Judaïsme, l’histoire, l’avenir. Il s’y passe quelque chose de réellement étonnant. Quelque soit le point de vue qu’on adopte pour montrer ce qui se passe ou le message qu’on veut faire passer, on dispose toujours d’une source très riche et dynamique.

Est-ce que tu penses que c’est aussi dû au fait que les jeunes cinéastes issus d’autres pays n’ont peut-être pas traversé d’expériences difficiles ?

Je ne sais pas, je n’ai jamais vraiment vécu ailleurs. Une « expérience forte » est quelque chose de tellement personnel et subjectif. Le traumatisme peut être ressenti différemment d’une personne à l’autre, mais je crois qu’il y a quelque chose dans ce pays qui nous rend plus sensibles à ce qui nous entoure.  Malgré l’incertitude qui règne en Israël, les Israéliens sont très lucides, ils voient clair, ils sont toujours à la recherches de nouvelles idées.

Uri Kranot m’a dit un jour que ce qui se passe en Israël est une source d’inspiration pour les artistes.

Je comprends parfaitement cette idée. Même si ça peut paraître un cliché de dire que l’adversité inspire l’art, mais après tout, les stéréotypes sont toujours basés sur une vérité !

Propos recueillis par Katia Bayer. Retranscription, traduction : Adi Chesson

Consulter la fiche technique de « Pathways »

Article associé : Minshar for Art : Le manifeste de l’art

Festival de la Muette – compétition de courts métrages

Le festival de courts métrages de la Muette se tiendra à Mesnil-sous-Vienne le samedi 12 et le dimanche 13 Juin 2010.

Le concours de courts métrages

Attention: Il reste 9 jours pour envoyer vos films! Fin de la réception: 1er Mai 2010.

Sur le nombre de courts métrages reçus, une commission de 5 personnes se réunira afin de choisir 22 courts métrages d’une durée maximale de 15 minutes.

Les 22 courts métrages sont mis en compétition et 6 prix seront offerts au 6 meilleurs films.

* Grand prix de la Muette
* 2nd prix du jury
* Prix du meilleur scenario
* Prix du meilleur son et musique
* Prix de la meilleure photo
* Prix du public x2 car 2 cessions (vote du public durant le concours)

Supports demandés : DVD
Frais de sélection : La compétition est gratuite.
Durée maximale d’un court-métrage : 15 minutes
Avoir plus de 18 ans.

Le jury du concours de courts métrages

  • Thierry Jousse, Réalisateur. Ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma. Président du jury de la Muette.
  • Brigitte Barbier, Directrice de la photographie/Cadreuse.
  • Emmanuelle Caquille, Assistante réalisation.
  • Daniela Labbé Cabrera, comédienne.
  • Sophie Dacbert, Rédactrice en chef du Film Français
  • Paul Rousset, Directeur du festival Image’in à Cabestany.

Le site du festival : http://festivaldelamuette.com/

Maison du Film Court : Aide à la création de musique originale

La Maison du film court sert à :

*développer des projets de films courts

*intégrer des tournages, forger des expériences, constituer et intégrer des réseaux

*se former aux métiers du cinéma, et aux réalités professionnelles de ces métiers.

Plusieurs types d’aides sont proposées annuellement. L’objectif de l’ aide à la création musicale est de valoriser le travail effectué en amont entre un auteur-réalisateur et un compositeur. Elle peut être attribuée à tout projet de film court (Fiction, Documentaire, Expérimental, Animation) et porte naturellement sur des projets non encore tournés. Tous les genres musicaux sont recevables, cependant, un accueil favorable sera réservé au travail instrumentiste. La prochaine date limite de dépôt des dossiers pour la troisième session 2010 est fixée au 10 mai.

Le porteur de projet peut être :

– Soit l’auteur-réalisateur seul (s’il n’est pas encore accompagné par une société de production), ou le compositeur seul

– Soit une société de production agrée par le CNC, quelle que soit sa domiciliation en France

– Soit une association loi 1901, dont l’objet est la production cinématographique.

La subvention ne pourra être reversée au film que si celui-ci trouve un soutien auprès d’une société de production ou d’une association.

Nature de l’aide

– Bourse numéraire reversée au compositeur par le bureau de la division culturelle de la SACEM pour l’écriture de la partition musicale : 500 euros

– Aide à l’enregistrement de la musique reversée à la production par la Maison du Film Court :
Seuil minimum : 1.500 euros
Seuil maximum : 2.500 euros

Pour plus d’infos : www.maison-du-film-court.org

Ecole Sam Spiegel de Jérusalem : L’envol du désir

Figure de proue dans le paysage visuel israélien, la célèbre école de cinéma « The Sam Spiegel Film & Television school of Jerusalem » a fêté ses 20 ans en 2009. A cette occasion, en octobre dernier, le FIDEC, Festival International des films d’écoles, à Huy (Belgique), la mettait à l’honneur en lui offrant une carte blanche composée de cinq courts d’une rare intensité en même temps qu’elle programmait « Himnon », lauréat du Premier Prix de la Cinéfondation en 2008, également originaire de l’école hiérosolymite.

Diploma, de Yaelle Kayam

Hébron, enclave juive dans une municipalité palestinienne, un soir de Pourim (carnaval juif). Le couvre-feu est imposé à une partie des habitants. Ayat, une jeune étudiante contrainte d’affronter la société qui l’entoure pour affirmer ses choix, arpente les ruelles de la ville. Chaperonnée par son frère cadet, elle se rend à sa cérémonie de remise des diplômes. Nourri d’oppositions multiples « Diploma » montre avec justesse les difficultés de vivre dans un endroit où le sentiment de liberté semble intimement refoulé. La soumission de la jeune fille renvoie à toutes les soumissions possibles ; celle de la femme dans une société traditionnelle, celle d’un peuple à un autre, celle d’une religion à une autre. Le film de Yaelle Kayam est une prise de risque intéressante qui prouve encore une fois qu’art, éducation et culture sont bien les choses les plus révolutionnaires du monde.

Sliding Flora, de Talya Lavie

Le temps d’un court, le génie et l’audace de Talya Lavie insère la sculpture « The Monster » de Nikki de Saint Phalle dans une histoire un brin excentrique. La poésie et l’humour de la plasticienne française sont littéralement au service de ce petit film hilarant. Flora travaille comme serveuse dans un endroit qui requiert agilité acrobatique et adresse stylistique. Malheureusement, cette Fifi Brindacier au visage constellé de taches de rousseurs, ne possède aucun de ces talents, et même sa mythomanie ingénieuse paraît déranger le patron, agacé par ce désastre ambulant. Seul Anton, le cuisinier russe, semble comprendre et apprécier sa différence. Inadaptée et inexpérimentée, cette jeune fleur née dans un champ selon ses dires, pousse et déambule au gré de ses désirs et de ses envies devant l’indifférence générale. Du regard de la cinéaste israélienne, jaillit tout un univers tragi-comique qui révèle, par petites touches sensibles, les failles d’un monde presque parfait.

Sabbath Entertainment, de Michal Brezis et Oded Binnun

La veille de Shabbat, Rachel décide de sortir avec ses copines à l’insu de ses parents très religieux. Rebelle, elle enfreint délibérément les règles proscrites et monte dans la voiture des jumelles Lilach et Yael. Quand leur véhicule atterrit dans le fossé, l’adolescente est obsédée par l’idée de dissimuler sa présence sur les lieux de l’accident, malgré la gravité de la situation. Admirablement interprété et mis en scène, « Sabbath Entertainment », le film du tandem Brezis-Binnun opère des choix scénaristiques radicaux. Les auteurs s’amusent à y déchirer petit à petit le voile des apparences pour mieux percer à jour les non-dits et les interdits portés par leur jeune héroïne, partagée entre la confrontation de la réalité et la persistance dans le mensonge. Au-delà des convenances, leur film dénonce habilement le danger du fanatisme religieux et ses incidences sur le comportement extrême d’une adolescente en quête d’identité.

Vika, de Tsivia Barkai

« Vika » est l’histoire tragique et fascinante d’une enfant qui a soif d’amour et faim de tendresse. Traité avec beaucoup de réalisme, ce sujet grave aborde l’enfance délaissée et les frontières invisibles qui la séparent du monde extérieur. Placée dans un centre pour enfants, Vika décide de rendre visite à sa mère qu’elle n’a pas vu depuis un certain temps. Lorsqu’elle se retrouve face à une femme ivre et négligée, la fillette revêt les responsabilités maternelles et se charge de faire cesser les pleurs de sa petite sœur affamée. Marqué par une réalité rugueuse, le portrait de Vika rayonne d’une douceur à fleur de peau. Dans son film aux tonalités de couleurs furtives, Tsivia Barka raconte la douleur d’une existence difficile à laquelle la fuite est un refuge idéal. Vika enlève sa petite sœur et tel un tableau renaissant, le regard profond tourné vers l’avenir, elle parcourt le chemin obscur qui mène droit vers la lumière.

Tolya, de Rodeon Brodsky

Quelque part en Israël, des ouvriers russes appellent leur douce moitié pour la féliciter, à l’occasion de la journée de la femme. Quand c’est au tour de Tolya de parler à son épouse, son message d’amour est inaudible à cause d’une dent tombée le matin même. D’une facture foncièrement réaliste, le film de Rodeon Brodsky s’impose par la figure charismatique, tendre et comique de Tolya, un homme à l’œil nostalgique et au sourire malicieux. Alliant douceur du silence et élégance des gestes (un sifflement suffit pour dévoiler toute l’émotion qui se cache derrière le combiné), « Tolya » dresse une peinture édifiante des immigrés russes en Israël. Le cinéaste mêle avec habileté le monde viril des ouvriers à la sensibilité touchante du protagoniste nourrissant le film d’une belle simplicité. Un voyage impudique à travers l’âme d’un homme marqué par le temps et l’absence de l’être aimé.

Himnon, de Elad Keidan

Au travers d’une logique narrative simple et contemplative, Elad Keidan désire filmer la vie, au fil du temps qui passe. Sa caméra plantée en face d’une route qui unit très certainement un bout de terre à l’autre, capte la banalité du quotidien, à la croisée d’un anonymat universel. Amnon, le bon samaritain s’en va chercher une boîte de lait chez l’épicier du coin. Sur sa route, un certain nombre d’évènements viennent alimenter sa journée à l’apparence ordinaire. Les mouvements légers d’un quartier sans histoires filmés en plan éloigné et parcourus par des répétitions obsessionnelles, rythment ce moyen-métrage qui ne fait aucune concession sur sa lenteur. Puis soudain, le rituel, les répétitions et même l’indolence initiale semblent se briser pour donner lieu à une histoire plus personnelle, plus subjective, et le plan éloigné se rapproche alors du protagoniste en proie à une petite crise existentielle. Le cinéaste défarde habilement la réalité révélant, à la tombée du jour, l’envol du désir de tout un peuple.

Marie Bergeret

Consulter les fiches techniques de « Diploma », « Sliding Flora », « Sabbath Entertainment », « Vika »« Tolya », « Himnon »

Article associé : l’interview de Mihal Brezis

D comme Diploma

Fiche technique

Synopsis : C’est la nuit dans la ville d’Hébron. Les colons s’apprêtent à célébrer le carnaval de la fête de Pourim. Samer, un adolescent palestinien de 15 ans, veut accompagner sa sœur aînée à l’université pour chercher son diplôme. En se faufilant par les toits et les ruelles, ils doivent éviter les colons, l’armée et la horde de journalistes étrangers.

Genre : Fiction

Durée : 22’

Pays : Israël

Année : 2009

Réalisation : Yaelle Kayam

Scénario : Yaelle Kayam

Interprètes : Ossama Arbia, Youssra Barakat

Images Ziv Berkovich

Son : Aviram Vilenski

Montage : Or Ben-David

Production : The Sam Spiegel Film & Tv School

Article associé : la critique du film

S comme Sliding Flora

Fiche technique

Synopsis : « Je suis née dehors » déclare Flora à ceux que ça intéresse. Maintenant, elle travaille dedans- dans une cafétéria minuscule, ce qui la force à des contorsions relevant parfois de l’acrobatie. Flora n’en peut vraiment plus. Sa propension au drame reste toutefois intacte.

Genre : Fiction

Durée : 12’

Pays : Israël

Année : 2003

Réalisation : Talya Lavie

Scénario : Talya Lavie

Interprétation : Shiri Ashkenazi, Ronen Yifrach, Amir Dolitzki

Images : Gal Daran

Son : Ran Bagno

Montage : Ido Netzer, Shiri Borchard

Production : The Sam Spiegel Film & Tv School – Jerusalem

Article associé : la critique du film

V comme Vika

Fiche Technique

Synopsis : Après un long séjour en pensionnat, Vika, 12 ans, rentre à la maison pour le week-end. Une nouvelle petite sœur l’y attend. Elle est sale et pleure sans arrêt. Vika réalise la gravité de la situation lorsque sa mère décide de mettre de la vodka dans le lait du bébé.

Genre : Fiction

Durée : 15’

Pays : Israël

Année : 2005

Réalisation : Tsivia Barkai

Scénario : Tsivia Barkai

Interprètes : Dara Chelnov , Irena Shulman , Shay Fredo

Images : Oron Cohen

Son : Roni Reshef

Montage : Alon Levi

Production : The Sam Spiegel Film & Tv School – Jerusalem (jsfs)

Article associé : la critique du film

T comme Tolya

Fiche technique

Synopsis : C’est la journée internationale de la femme. Tolya appelle son épouse, Natasha, mais il n’arrive pas à parler. Sa bouche édentée n’émet qu’un sifflement incompréhensible. Tolya veut bien renoncer à la parole, mais pas à son message d’amour.

Genre : Fiction

Durée : 9’25’’

Pays : Israël

Année : 2006

Réalisation : Rodeon Brodsky

Scénario : Rodeon Brodsky

Interprètes : Anatoli Doliya , Vladimir Petrov

Images : Ziv Berkovich

Montage : Galit Hoogi

Production : The Sam Spiegel Film & Tv School – Jerusalem (jsfs)

Article associé : la critique du film

Cannes, les courts métrages en compétition

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  • Chienne d’histoire, Serge Avédikian, 15′, France
  • First aid, Yarden Carmin, 15′, Israël
  • Estação, Marcia Faria, 15’, Brésil
  • Muscles, Edward Houdsen, 14’, Australie
  • Micky bader, Frida Kempf, 14’, Suède
  • To swallow a toad, Jurgis Krasons, 10′, Lettonie
  • Rosa, Monica Lairana, 11′, Argentine
  • Maya, Pedro Pío Martín Pérez, 13′, Cuba
  • Blokes, Marialy Rivas, 15′, Chili

La Sélection Cinéfondation

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Films sélectionnés à la Cinéfondation

  • Cooked, de Jens Blank – 7’ – NFTS, Royaume-Uni
  • Hinkerort Zorasune (The Fifth Column), de Vatche Boulghourjian – 29’ – NYU,États-Unis
  • Coucou-Les-Nuages (Anywhere Out of the World), de Vincent Cardona – 38’- La fémis, France
  • Ijsland (Iceland), de Gilles Coulier – 22’, Université Sint-Lukas, Belgique
  • Frozen Land , de Kim Tae-yong – 36′,Université de Sejong*, Corée du Sud
  • Ja već jesam sve ono što želim da imam (I already am everything i want to have) – Dane Komljen – 35’- FDU, Serbie
  • Taulukauppiaat (The Painting Sellers) – Juho Kuosmanen – 60’- Université Aalto, Finlande
  • Los minutos, las horas (The minutes, the hours) – Janaína Marques Ribeiro – 11’, EICTV, Cuba
  • Miramare, de Michaela Müller – 8’- ALU, Croatie
  • El juego (The Game) Benjamin Naishtat – 20’ – Le Fresnoy, France
  • Ďakujem, dobre (Thanks, fine), Mátyás Prikler – 40’- FTF-VŠMU, Slovaquie
  • Itt vagyok (Here i am) – Bálint Szimler – 36’, SzFE, Hongrie
  • Shelley – Andrew Wesman – 21’, Université Harvard*, États-Unis

Ecoles israéliennes

Petit pays, nombreuses écoles, deux choix. Riches de leurs influences asiatiques, russes ou encore européennes, les films de la Sam Spiegel School & Television de Jérusalem et de la Minshar de Tel-Aviv sont dotés d’une aura particulièrement fascinante. Pour faire ressentir le caractère extrême de la vie qui se déroule dans un climat d’angoisse perpétuelle, certains étudiants choisissent le drame quand d’autres lui préfèrent la dérision. Lumière sur les talents qui feront le cinéma israélien de demain.

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Retrouvez dans ce Focus :

Ainsi que nos anciens sujets liés à cette thématique :

Les Très Courts, les films présentés en mai

Sélection internationale – partie 1

Careful with that power tool de Jason Stutter (Nouvelle-Zélande)

Erinyes (comment je me suis débarrassé de ma culpabilité) de Clément Martin (France)

Fly guy de Simon Tofield (Royaume-Uni)

Bob de Jacob Frey (Allemagne)

Sorry I’m late de Tomas Mankovsky (Royaume-Uni)

Geboren en getogen de Eelko Ferwerda  (Pays-Bas)

Le trésor de Thérèse de Cédric Villain (France)

Great expectations de Alexei Gubenco (Roumanie)

Burning stage de Sun-woo Yang (Corée du Sud)

Formic de Roman Kaelin (Allemagne)

Skate eyes de Pierre Patte (France)

Zev de Kristina Grozeva (Bulgarie)

Ok, now what? de Jeff Bruyere (Canada)

Shitty Choice de Hugo Chetelat & Miko Walczuk (France)

Sydney rewind de Remi Bisso (France)

The cake de Joe Grazulis (Etats-Unis)

Fumiko’s confession de Hiroyasu Ishida (Japon)

Sélection internationale – partie 2

Sell it to the hedge funds de Haven Pell (Etats-Unis)

The Sale de Jonathan Browning (Etats-Unis)

Hras! de Blagoy Kostov (Bulgarie)

Seydou de Muriel Coulin & Delphine Coulin (France)

Une vie de Emmanuhell Bellegarde (France)

Les heures creuses de Julien David (France)

C’est la crise de Nicolas Debert (France)

Family Ship de Hye Ryeom Yoon (Corée du Sud)

Clarividencia de Luis Maria Ferrandez (Espagne)

Santa: the Fascist Years de Bill Plympton (Etats-Unis)

Fair trading? de Joeri Christiaen (Belgique)

Going Green de Jonathan Browning (Etats-Unis)

Feel what they feel de Chin Tangsakulsathaporn (Etats-Unis)

They will come to town de Thilo Ewers (Allemagne)

Stromsparen de Kyne Uhlig & Nikolaus Hillebrand (Allemagne)

LX Forty de Marc Forster (Suisse)

Leo’s song de Kelly Meador & Daniel Elwing (Etats-Unis)

Sélection internationale – partie 3

Last smile de Aitor Aspe Fid (Espagne)

‘nstaCharge de Igor Choromanski (Etats-Unis)

Dawn de Jac Min (Singapour)

The lost tribes of New York City de Carolyn London & Andrew London (Etats-Unis)

Muzorama de Elsa Brehin & Raphaël Calamote & Mauro Carraro & Maxime Cazaux & Emilien Davaud & Laurent Monneron & Axel Tillement
(France)

Artificial paradise, Inc de Jean-Paul Frenay (Belgique)

Ashes to ashes de Monique Marnette (Belgique)

Miahsm de David Uystpruyst & Sylvain Potel (France)

Concrete city de David Tso & Samuel Mok (Chine)

Reported missing de Timandra Harkness (Royaume-Uni)

The sick boy and the tree de Paul Jaeger (France)

Telefono de Marcin Wrona (Pologne)

Love Talk de Sirine Fattouh (Liban)

Closed zone de Yoni Goodman (Israël)

Eternal de Lee Kyung sub (Corée du Sud)

Sutphin blvd de Ivan Cortazar (Etats-Unis)

The last piece – chapter of Kyosuke Kijima de Takanobu Mizuno (Japon)

Paroles de femmes

Complètement scotché de Séverine Robic (France)

Door de Adel Yaraghi (Iran)

Perdu gagné de Sirine Fattouh (Liban)

Silence de Ava Lanche (Allemagne)

La patrona de Lizzette Argüello (Mexique)

Baisse d’existence de Antoine Miserey (France)

Fallin’ de Dominique Rocher (France)

Epilogue de Gun-Young Oh (Corée du Sud)

Quiero estar el resto de mi vida contigo de Manuela Moreno (Espagne)

In Aporia de Michal Ronen (Israël)

Ma part de féminité de Fanny Castelli (France)

Barbee butcher de Sophie Lagues (Pays-Bas)

Crepuscolo de Monica Maaten (France)

Hemmeligheten de Thomas Wangsmo (Norvège)

Raccroche! de Sophie Galibert (France)

Mummy de Darren Tan (Singapour)

World’s best mum de Jérome Genevray & Camille Hédouin (France)

Never Again de Ning Ning Suo (France)

Chienne de vie de Cielle Graham (France)

Autoportrait de Li Cheng (France)

Gone… but not forgotten de Laura Seymour (Royaume-Uni)

Marguerite de Julien David (France)

4 mai : Table ronde du court métrage en Communauté française

Après le long métrage et le documentaire, le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique se penche à présent sur la production, la promotion et la diffusion du court métrage en Belgique et à l’étranger. Le CCA vous invite dés lors à une réflexion commune sur les différents systèmes de soutien au secteur, avec une approche en deux temps.

La première période débute tout naturellement dans le cadre du Brussels Short Film Festival, par un état des lieux et un débat, qui seront suivis les mois suivants d’une large concertation avec les professionnels.

Pour cette première rencontre, rendez-vous le 4 mai 2010 au Théâtre Mercelis à Bruxelles, de 14h30 à 17h30 (Accueil à partir de 14h00)

La séance sera suivie d’un cocktail sous le chapiteau du Festival à l’invitation du CCA et WBImages.

La seconde rencontre, qui se tiendra en novembre, proposera la synthèse des travaux entamés le 4 mai et les différentes pistes d’amélioration.

Inscriptions avant le 30 avril à : debora.decock@cfwb.be
Renseignements : eve-laure.avigdor@cfwb.be – tél. : 0032.2/413.22.33
emmanuel.roland@cfwb.be – tél. : 0032.2/413.22.31

Sarah Cox : “Il ne faut pas traiter son sujet de façon triviale. Même s’il peut paraître léger ou comique, il faut toujours avoir quelque chose de vrai derrière.”

Depuis un certain temps, Format C. suit les films et les aventures d’une maison de production d’animation au curieux nom, spécialisée dans « tout ce qui bouge ». Arthur Cox, co-fondée en 2002 par Sally Arthur et Sarah Cox, mise sur la diversité thématique et technique et s’offre en catalogue des bons films tels que « 3 Ways To Go », « Don’t Let It All Unravel », « John and Karen », « Operator », « The Surprise Demise of Francis Cooper’s Mother », et plus récemment « Mother of Many ». Rendez-vous pris à Lille avec Sarah Cox, lors de la dernière fête de l’animation.

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Il y a quelques années, tu es sortie diplômée de l’école de polytechnique de Liverpool. Comment as-tu choisi cette école en particulier? Comment es-tu passée à l’animation?

J’ai toujours aimé dessiner. Plus jeune, j’avais toujours les mains noires. Au début, je ne pensais pas du tout à l’animation. Je m’étais inscrite aux beaux-arts, je voulais faire du dessin, de la gravure, et apprendre différentes techniques. À l’époque, j’avais un petit ami dont la soeur faisait de l’animation dans la même école que moi. Je suis allée à la projection des films de fin d’année pour voir une exposition de gravures. C’est alors que j’ai découvert un type d’animation que je n’avais jamais vu précédemment. Cette animation, faite tout simplement de dessins, ne ressemblait pas aux films de Disney ni aux Simpson. C’était quelque chose de fort artistique, illustratif, observationnel même. Il s’agissait du travail de Sue Young, qui a fait « Carnaval », un film que je conseille à tout le monde de voir. À ce moment, j’ai décidé que je voulais moi aussi faire de l’animation.

Un de mes professeurs était Ray Fields. C’est quelqu’un de très connu dans le milieu de l’animation britannique, il a beaucoup influencée d’ailleurs ce genre, et a proposé un regard différent sur lui. Par exemple, il nous décourageait d’utiliser le storyboard, et prônait plutôt des cahiers de dessins dans lesquels on devait esquisser nos impressions et les utiliser comme base de nos films. Évidemment, on pouvait aussi faire des storyboard par la suite, mais il fallait d’abord faire ce travail d’observation. Cela dote les oeuvres d’une certaine intégrité, à laquelle je tiens beaucoup. Si on se limite à ce qui se passe dans le milieu de l’animation, celui-ci devient trop fermé, trop auto-référentiel.

Pourrais-tu nous décrire le milieu de l’animation à l’époque ?

C’était un milieu très sain. Je parle de l’époque où le clip de Sledgehammer de Peter Gabriel est sorti. MTV commandait beaucoup de courts métrages, ce qui permettait de voir plein de techniques intéressantes absolument pas traditionnelles. Ça a commencé chez Channel 4 avec le travail de Clare Kitson qui a commandé beaucoup de films qui ont été diffusés à la télévision. Par ailleurs, il y avait un excellent festival d’animation à Bristol où un de mes films a été diffusé pour la première fois, et où je vis désormais. C’était une période très propice pour l’animation, ce qui n’est plus tellement le cas aujourd’hui.

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Une rencontre fatidique aura lieu pour toi. Peux-tu nous expliquer ce qui se passe quand Sarah rencontre Sally en 2002 ?

En fait je ne la connaissais pas du tout. Je connaissais Layla Atkinson de la société de production Trunk Animations. Je lui ai demandé de m’aider à faire un film dont j’avais l’idée mais pas la compétence technique pour le réaliser. Vous voyez, j’appartiens à une génération qui est juste un peu trop vieille pour l’ordinateur ! Layla était occupée, mais m’a conseillée de contacter une de ses amies, Sally, qui m’a aidée a faire « Plain Pleasures », mon premier film, dans lequel je voulais créer une ambiance proche du monde d’Edward Hopper. Grâce à ce film, nous avons pu travailler chez Channel 4 et continuer à collaborer sur de nouveaux projets. Vu qu’on avait besoin de subsides, il a fallu monter une société, ce qu’on a fait aussi ensemble.

Le nom de cette boîte – Arthur Cox – est ostensiblement masculin. Vous l’avez choisi délibérément ?

Non, par du tout. Nous devions créer une société assez rapidement et on l’a fait en quelques heures sans avoir de temps de réflexion. Maintenant que Sally a eu son deuxième enfant, elle a quitté la société, en tout cas en tant que co-présidente, mais elle continuera peut-être à réaliser encore des films. J’ai essayé de penser à un autre nom, mais je n’en trouve pas de meilleur donc je vais quand même garder Arthur Cox, même si il n’y aura plus que moi aux commandes !

Depuis la création de la boîte en 2002, vous vous êtes entourées de plusieurs animateurs, chacun ayant son style particulier. Felix Massie, par exemple, est plutôt minimaliste dans ses dessins. Toi, en revanche, tu sembles favoriser une image plus complexe, combinant animation et live-action. Tu t’es même essayée à l’animation en volume avec « Don’t Let It All Unravel ». Comment définirais-tu ton style ?

Je ne pourrais pas vraiment définir mon style. Des idées et des concepts me viennent, et c’est en fonction d’eux que je trouve une technique. Je sais à quoi je veux que mon film ressemble, et si je ne peux pas y arriver par moi-même, je fais appel à quelqu’un d’autre. Je ne me laisse pas restreindre par la technique, mais j’avoue que la live-action est une de mes passions depuis toujours.

Avec un de mes réalisateurs, Mark Simon Hewis, je travaille d’ailleurs actuellement sur un projet de long métrage qui est quasiment entièrement composé de live-action. C’est une comédie adaptée d’un livre sur Bristol qui s’appelle « Eight Minutes Idle » et notre premier long métrage, dans la lignée de « John and Karen » et de « The Surprise Demise of Francis Cooper’s Mother ». D’ailleurs, c’est Felix qui s’occupera d’animer une partie du film. À ce stade-ci, nous attendons le feu vert pour avoir l’argent et commencer le film.

Qu’est-ce qui relie votre travail, votre vision de l’animation ? Y a-t-il quelque chose qui unit les films de Arthur Cox ?

C’est difficile à dire. Par exemple, tout le monde n’aborde pas l’aspect comique en particulier. Ce qui relie nos films, c’est justement cette notion d’authenticité que j’évoquais avant. Les idées viennent de quelque chose d’extérieur, d’une observation de la vie, des gens, des moeurs, … Que ce soit Matthew Walker, Felix Massie ou même Emma Lazenby, nous travaillons tous comme ça. Par exemple, Emma a fait un film sur un sujet qui lui tenait à coeur. Ce film, « Mother of Many » est très authentique dans la mesure où elle a enregistré les sons de vrais accouchements, donc il s’agit d’une qualité dans l’observation et dans l’intention. Il ne faut pas traiter son sujet de façon triviale. Même s’il peut paraître léger ou comique, il faut toujours avoir quelque chose de vrai derrière.

Justement, qu’est-ce qui t’a attirée chez ces trois réalisateurs que tu cites ? Leurs univers, leurs talents, leurs personnalités ?

À vrai dire, quand Matthew et Felix sont arrivés chez nous, ils sortaient à peine de l’école. Ils étaient très timides donc ce n’est pas leur personnalité qui m’a interpellée initialement ! Maintenant, je les connais beaucoup mieux, ils sont adorables, donc c’était d’office leur talent. Il y avait une vérité, une honnêteté et une intégrité chez eux dès le début. Ils ne se contentaient pas de citer quelque chose d’existant dans l’animation ou de faire leur auto-promotion. J’ai vu en eux une qualité solide et intrinsèque, que je recherche chez les gens. C’est tellement rare que lorsque je les trouve, je leur saute dessus, et leur dis : « Venez travailler avec moi ».

Le cas d’Emma est un peu différent. Elle a travaillé dans le design et la publicité à Londres, mais n’a jamais pu faire de film après l’école alors qu’elle voulait être plus qu’une designer. Nous, on a eu confiance en elle, donc on l’a aidée. Ça a été plus dur pour elle que pour les deux autres, parce qu’elle avait fait autre chose pendant longtemps, et qu’elle n’avait pas l’habitude d’écrire, au contraire de Matt et Felix. Elle était consciente de la grande responsabilité qu’elle avait à prendre par rapport à son sujet, ce que nous considérions comme un bon signe. Beaucoup d’étudiants traitent de sujets bien sérieux comme le sexe ou la mort, mais de façon quasi irresponsable, ce qui a le talent de m’énerver. « Mother of Many » a gagné un BAFTA et a battu « The Gruffalo » qui était la grosse production de Noël de l’année. Tout le monde s’attendait à ce que ce dernier l’obtienne, mais c’est le film de Emma qui a gagné !

Parallèlement à tes activités de productrice et de réalisatrice, tu donnes cours. Qu’est-ce que cet aspect pédagogique du cinéma signifie pour toi ?

J’ai été examinatrice externe pour la National Film and Television School pendant deux ans. Aujourd’hui, j’enseigne beaucoup moins qu’avant, faute de temps. J’aime bien enseigner, et cette activité me permet de faire comprendre aux futurs talents l’importance de cette notion d’intégrité. Je leur montre des exemples de films réussis sur ce plan. J’essaie de leur inculquer une certaine conscience et prise de responsabilité par rapport à leur sujet. Selon moi, l’éducation doit servir de filtre et séparer les bons élèves des mauvais. Mais le problème, c’est que l’argent manque et qu’il y a trop d’élèves dans les écoles d’animation. Du coup, ils apprennent toutes les techniques et les logiciels liés à l’animation mais pas la prise de responsabilité. De ce point de vue, j’estime que le système d’éducation français est plus réussi. À ma connaissance, il y a toujours eu moins d’élèves en classe à la Poudrière et aux Gobelins qu’en Grande-Bretagne, du coup les cours y sont plus intensifs, et ces écoles contribuent très activement à l’innovation dans le milieu de l’animation. Chez nous, la NFTS fait des efforts louables, mais ce n’est malheureusement pas suffisant. Le niveau me paraît en général plus élevé en France. Les étudiants travaillent en groupe, ce qui est très important. Quand les gens travaillent indépendamment, ils ne laissent pas respirer leurs idées et celles-ci finissent par pourrir. En discutant de ses idées dès le début, on peut les revoir; les remettre en question et les améliorer. En dehors de toutes ces considérations, enseigner me permet aussi de dénicher de nouveaux talents !

Es-tu à la recherche de nouveaux animateurs ?

Non, en tout cas pas pour cette année au moins. Je développe avec le studio Aardman « Tate Movie », un énorme projet commandé par une agence de publicité. Chaque enfant du Royaume-Uni pourra y contribuer en envoyant un dessin, un son ou une partie de scénario, et tous ces apports seront montés dans un film. Ce sera donc un film fait par les enfants eux-mêmes, dont le générique devrait durer au moins dix minutes !

Par conséquent, je ne ferai pas d’autres films cette année, étant trop prise par ce ce projet qui est destiné à être montré dans le cadre des Jeux Olympiques, et le long métrage que je suis en train de monter. Arthur Cox continuera bien évidemment à exister, mais avec moins d’activités. Felix et Emma vont travailler sur « Tate », et peut-être Matthew aussi. Quant à Mark, il travaillera avec moi sur le long métrage. On serait donc éventuellement ouvert à de nouveaux talents, mais spécifiquement, dans le cadre de ces projets-là. Ces temps-ci, je me rends compte que je suis de plus en plus attirée par des grands projets, pas forcément des formats longs, mais des œuvres de plus grande envergure, où l’on peut explorer plus de choses.

Propos recueillis, traduits et mis en forme par Adi Chesson et Katia Bayer

Consulter les fiches techniques de « Mother of many », « Don’t Let It All Unravel », « John and Karen », « The Surprise Demise of Francis Cooper’s Mother »

Articles associés : l’interview de Felix Massie, Matthew Walker en trois courts