Aujourd’hui, exercice de style pour Joe Tunmer et la BBC, avec un “Lip Dub domestique” sur un standard de jazz, Conversation Piece de Rex Stewart. Pendant ce temps, une jeune équipe d’animateurs français crée l’entreprise Telegraphics qui, à force d’expérimentations sur la matière, se trouve capable de reproduire l’ensemble des éléments qui constituent la réalité…
TELEGRAPHICS (Antoine Delacharlery, Lena Schneider, Léopold Parent, Thomas Thibault – France – 2010 – 6’45 – Animation – Couleur)
Une sélection établie par Julien Beaunay et Julien Savès.
Ces films font partie de la Compétition Courts Métrages n°4 de l’édition 2011 de l’Etrange Festival. Rendez-vous demain pour l’ultime billet du Festival.
Poétiques sont ses films, prolifique est son œuvre. De passage à Paris cet été, Koji Yamamura, peut s’enorgueillir d’avoir un long travail en court derrière lui. Dialogue franco-japonais autour de la création et de la découverte avec l’auteur de « Mont chef » (Atama Yama, en V.O.), lauréat du Grand Prix d’Annecy en 2003.
De quelle manière avez-vous été mis en contact avec l’animation ? À l’âge de 13 ans, vous avez fait un film, à quoi ressemblait-il ?
Je m’intéressais déjà avant l’âge de 13 ans aux mécanismes en jeu dans les films d’animation et les dessins animés tant au cinéma qu’à la télévision. À cet âge-là, j’ai lu dans une revue qu’on pouvait tourner soi-même des images animées au format du super 8. Comme je dessinais beaucoup et que j’aimais écrire des histoires, je me suis d’emblée attaqué à ce projet. J’ai tourné mes premières images avec une caméra prêtée par un de mes professeurs. Ce premier film était très court, il durait deux minutes. C’était une histoire à chute, à gag, à la manière des planches de quatre cases au Japon. Un personnage donnait un coup de pied latéral dans une canette vide, celle-ci sortait d’un côté de l’image et revenait de l’autre, par derrière et lui tombait dessus. J’avais 13 ans et cela faisait boum !
En faisant ce film, avez-vous repéré un rythme absent dans vos dessins ? Est-ce que cette expérience a été satisfaisante pour vous ?
Évidemment. J’avais déjà pris connaissance du principe même du dessin en mouvement, à travers les flip-books, les folioscopes, mais la différence, là, c’était de voir un dessin projeté sur un écran. Il y avait à la fois un étonnement et une joie spécifique, celle de voir prendre forme l’image dessinée et le mouvement se créer devant soi.
Le principe même de l’image par image m’a emmené très vite vers de nouveaux horizons puisque mon premier film était sur cellulos alors que le deuxième, réalisé au collège, ne l’était déjà plus. J’avais compris que l’image par image permettait de reconstituer le mouvement, pour le dessin et le reste; j’ai donc fait un film sur l’animation d’objets et reconstitué un mouvement animé à partir d’objets inanimés. Ce film s’appelait « La Conférence à la cuisine » et représentait des ustensiles de cuisine tenir conférence pour savoir lequel d’entre eux allait manger une pomme. Le débat s’amplifiait lorsque la pomme en question commençait à intervenir dans la discussion en déclarant à tout le monde qu’elle allait se manger elle-même. J’avais dessiné des yeux sur les ustensiles pour les personnaliser et ajouté une bouche en pâte à modeler à la pomme pour qu’elle se croque elle-même, à la manière d’un serpent qui se mord la queue et qui disparaît totalement. En y réfléchissant, ce film me rappelle rétrospectivement « Mont chef » par son côté un peu absurde.
« La Conférence à la cuisine » a été l’occasion de faire certaines découvertes imprévues. A un moment donné, une mouche est entré dans le champ de la caméra. N’étant pas suffisamment attentif, je me suis rendu compte après coup que sa patte de la mouche se voyait en grand sur la lentille. Cela m’a permis de saisir à quel point la prise de vues image par image dépendait malgré tout d’un contexte, celui de l’enregistrement du réel. C’était une évidence mais j’en ai fait l’expérience à ce moment-là, grâce à une patte de mouche !
Après le lycée, vous avez étudié les arts plastiques à Tokyo. Quel a été votre lien entre les Beaux-Arts et les prémisses de votre travail cinématographique ?
Au cours des années de collège et de lycée réunies, j’avais terminé cinq petits films et découvert, grâce à mon professeur d’art, des films de l’ONF dont ceux de Jacques Drouin, un paysagiste canadien et Ishu Patel, un réalisateur indien. À l’université, je suis entré dans un département de peinture à l’huile et j’ai continué à travailler sur des films d’animation dans un esprit très ludique. A l’époque, beaucoup de gens s’amusaient, s’essayaient à faire des films. Je faisais partie d’un cercle d’étude sur l’animation, et comme il n’y avait pas d’enseignement spécialisé sur le sujet, nous nous réunissions entre amateurs. Passionnés de cinéma expérimental, nous empruntions des films belges, canadiens, et autres dans les réseaux culturels des ambassades, seules possibilités existantes alors pour voir des films différents.
Si il n’y avait pas de section d’animation à l’université, il y en avait en une de cinéma. J’ai emprunté une caméra 16 mm, Bolex, professionnelle que j’ai appris à utiliser et avec laquelle j’ai tourné quelques films d’animation dont « Suisei » (Eau douce). J’ai envoyé le film au festival d’Annecy, il a été retenu alors qu’il n’y avait aucune chance pour qu’il le soit. C’est un film que j’ai longtemps laissé de côté. Malgré sa quantité d’erreurs techniques très éloignées de toute forme de maturité, j’y suis attaché pour sa grande naïveté !
Est-ce que votre côté autodidacte vous a appris la liberté en même temps qu’il vous a influencé à travailler en marge du circuit de production ? Éprouvez-vous de la nostalgie par rapport à cette époque où il fallait à tout prix se débrouiller ?
Oui, bien sûr. Cette liberté dont j’ai fait l’expérience au départ a sans doute été tout à fait décisive sur la suite. Maintenant, je ne ressens pas spécialement de nostalgie par rapport au passé. Mon propre rapport au cinéma d’animation n’a pas réellement changé. Je le pratique de la même manière, dans une très grande liberté d’idées et d’images. Cette liberté, que j’essaye de maintenir la plus grande possible, est même à certains égards supérieure à celle que je pouvais avoir à l’époque car j’ai acquis une expérience technique qui me permet d’être plus efficace dans la concrétisation de mes idées.
À l’époque, on organisait des projections régulières de films, aujourd’hui, je me pose encore la même question, à savoir comment montrer les films qu’on a réalisés, quelle fenêtre de présentation leur trouver et comment assumer cette responsabilité-là quand on réalise des films de manière indépendante.
La forme que vous privilégiez est courte. Au Japon, en dehors du cadre des festivals, vos films ont-ils une visibilité en salle ?
Montrer des courts métrages en dehors des festivals est important pour moi. Les voir en salles de cinéma est quelque chose auquel j’ai toujours accordé une attention particulière. « Mont chef », « Le vieux crocodile », « Kafka, Un médecin de campagne » et « Les Cordes de Muybridge », mon nouveau film, sont passés ou vont passer par les salles.
En court métrage, les contraintes sont bien moindres qu’en long métrage : vous avez la possibilité d’explorer toutes sortes de recherches formelles et d’idées sur le plan de la narration. J’imagine aussi que mon attachement pour le format court est lié au fait que les films qui m’ont profondément marqué au début de mon parcours étaient tous des courts métrages. Par ailleurs, je ressens aussi l’influence importante de Borges, qui a essentiellement écrit autour de la nouvelle et du récit bref, sur mon parcours et sur ma vision du monde. C’est un auteur que je lis depuis mes 20 ans et qui a toujours autant d’impact sur moi. Dans des récits très courts, d’une vingtaine de pages, il a cette capacité d’enfermer, avec une très grande habilité technique, un univers tout entier. Par sa brièveté, le récit peut exprimer un monde dans sa totalité. Cette idée me fascine…
Vous n’avez jamais cherché à adapter Borges ?
Si. Il y a une quinzaine d’années, une chaîne de télévision a lancé un appel à projets et j’en ai proposé un qui s’inspirait directement de Borges. J’ai eu un budget pour réaliser un pilote mais le projet n’a pas eu de suite, la tentative a avorté. Depuis, l’occasion ne s’est pas représentée.
Plusieurs de vos films sont des adaptations. Le plus connu, « Mont chef » part d’un récit individuel pour poser une réflexion sur la collectivité japonaise. Quelle liberté avez-vous prise avec l’oeuvre originale ?
« Mont chef » était une adaptation d’un récit d’un rakugo (conte japonais). Je voulais m’attaquer à un projet sur la représentation du Japon et à ma propre identité par rapport à autrui. La relecture d’une histoire que je connaissais depuis longtemps m’a semblé propice à une adaptation en animation et à un état d’esprit intérieur, raison pour laquelle je l’ai choisie. À chaque film, je m’attache au fait que l’acte de création peut avoir du sens et m’apprendre quelque chose sur ma propre existence.
Votre dernier film, « Les Cordes de Muybridge » va commencer sa carrière en festival. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ?
Il ne s’agit pas uniquement d’un film qui retrace la vie d’Eadweard Muybridge. D’autres motifs d’importance égale y apparaissent comme l’histoire d’une mère et de sa fille et le temps qui passe. Ce qui m’a intéressé, c’est le fait que Muybridge a commencé à utiliser, dans ses expériences chronophotographiques des fils et des cordes que le galop des animaux venait briser, déclenchant ainsi l’obturateur et permettant d’obtenir le caractère quasi instantané de la prise de vue. Ce motif des cordes a été pour moi une source d’inspiration bien plus que sa vie et a été un point de départ dans la recherche d’images et dans mes propres dessins.
On sent un intérêt pour les obsessions, les déformations, les proportions les hallucinations dans votre travail. De quelle manière le sombre, l’étrange, l’anormal vous intéressent-ils ?
Le registre de l’étrange est un domaine que j’apprécie beaucoup depuis mon plus jeune âge. Depuis mon entrée en primaire, j’ai commencé à lire les récits d’Edgar Allan Poe et des bandes dessinées faisant peur comme celles du dessinateur japonais Umezu Kazuo. Je jouais à me faire peur, je lisais des récits terrifiants, fantastiques, chimériques et grotesques. C’est quelque chose qui ressort sans doute dans mes films comme un goût délibéré ou comme un projet conscient, mais il s’agit avant tout de choses que j’aime et qui m’ont marquées.
Propos recueillis par Katia Bayer. Traduction : Ilan Nguyên
Directeur d’animation japonais de renom, Koji Yamamura parvient à créer dans chacun de ses films un univers singulier et captivant. Même ses nombreux films de commande destinés aux jeunes spectateurs interpellent les adultes, évoquant tout l’émerveillement et la nostalgie de l’enfance. Ses autres courts, plus personnels, relèvent la marque d’un artiste qui sait narrer à travers l’image. Quelques illustrations.
« Mount Head » (« Atama-Yama », 2003), un des titres les plus célèbres de Yamamura, se présente telle une fable (« il était une fois… ») en forme de chant. Accompagnée d’une musique au Shamisen, cette narration expose le sort d’un radin qui se fait exploiter à cause de ses frugalités extrêmes. Déterminé à ne pas gaspiller la moindre chose, il s’empiffre des noyaux de cerises, provoquant la fleuraison d’un cerisier sur sa tête, dont tout le monde veut bénéficier en hiver comme en été. Las d’être un terrain de pique-nique pour des gens peu respectueux de l’écosystème de sa caboche, il décide d’arracher l’arbre, ce qui laisse un trou qui devient vite une flaque d’eau, attirant des centaines de baigneurs. La combinaison de moral et d’absurde du récit l’inscrit dans la lignée des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, desquels ce court pourrait facilement représenter un chapitre retrouvé, si ce n’est le côté contemporain de la métaphore environnementale de la terre abusée.
Dans la même veine se trouve « Perspectivenbox » (1990), une animation au caractère fortement enfantin, témoignant toutefois d’une grande maturité. L’esthétique comme la musique sont proches de celles des jeux vidéo des premiers temps. Cette animation ringarde et mignonne, qui n’est pas sans rappeler La Panthère Rose, suit un ornithologue dans les pérégrinations dans la ville où s’égrainent de codes bar ; là, il rencontre des oiseaux-humains bien plus rares qu’à la campagne. Dans cette œuvre, la nature est autrement sauvage, hostile, conformiste et consumériste, surplombée par des torrents de produits de consommation et de leurs déchets. Yamamura parvient à traduire le trop-plein désespérant de son sujet avec allégresse, notamment par le biais d’un travail de profondeur du champ remarquable pour le genre animé.
D’autres films témoignent du talent de Yamamura pour l’adaptation des œuvres littéraires en animation. « Old Crocodile » (2005) est tiré d’un conte pour enfants écrit et illustré par Léopold Chauveau. Il raconte l’histoire d’un vieux crocodile souffrant de rhumatismes et d’un appétit insatiable, qui quitte le Nil pour la mer salée, vit une histoire d’amour avec une pieuvre qu’il finit par dévorer (chaque crocodile tue la pieuvre qu’il aime ?). Apparaît dans ce film un curieux mélange d’informations et d’images didactiques (qui laissent imaginer un reportage zoologique de National Geographic Kids) et d’un chromatisme terne qui contamine à la fois la narration, neutre et froide, et le message glauque du film. Sous une façade de fable moralisante, cette animation se révèle en fait plutôt amorale.
« The Country Doctor » (2002), adapté de la célèbre nouvelle de Kafka, retransmet le surréalisme absurde de l’auteur tchèque, avec des échos bucoliques à Balzac. Tourmenté et fantasque, le récit accompagne un médecin de campagne en visite une nuit d’hiver. Objectant tout réalisme, Yamamura prend le parti d’un expressionnisme lyrique, avec une bande-son au service de l’image. En effet, la « voix » du narrateur à la première personne est souvent interprétée par un chœur. Sombre et très soigné, ce court met en lumière une facette moins visible du réalisateur.
La filmographie de Yamamura est également constellée d’animations plus légères, des exercices de style montrant l’habileté de ce maître d’aquarelle. Par exemple, « Aquatic » (1987) est une sorte d’hommage expérimental au genre d’animation, présentant des reflets mutants dans l’eau de manière fantasmagorique. « Pieces » (2003) en revanche alterne des scènes vaguement narratives avec des vignettes psychédéliques et kaléidoscopiques. Avec ces petits « aventures formelles », Yamamura crée des univers graphiques à la fois familiers et originaux, et manifeste la force d’une imagination inépuisable. C’est donc avec une impatience non dissimulée que nous attendons de découvrir son dernier court « Muybridge’s Strings » lequel revisite l’histoire du septième art à travers les expériences de son père artistique d’origine anglaise, Earweard Muybridge.
En juin, pendant le Festival d’Annecy les antennes de Format Court glanaient un nom mystérieux au détour d’un déjeuner à base de salade et de melon. Koji Yamamura, animateur japonais de renom, dont le dernier film, « Les Cordes de Muybridge » n’avait pas été retenu par le comité de sélection d’Annecy, allait être en France pendant l’été, au Festival de la Rochelle, à l’occasion d’un hommage en son honneur, et à l’Abbaye de Fontevraud dans le cadre d’un Grand Atelier ouvert à tous. Un brin de curiosité et une occasion plus tard, une rencontre avec Koji Yamamura put avoir lieu à Paris avant son retour au Japon. Focus exclusif.
Alors que Max Hattler nous enivre avec ses deux mondes animés en boucle, inspirés d’une œuvre d’Augustin Lesage, le réalisateur lituanien Rimas Sakalauskas, nous propose une « synchronisation » bien particulière de notre environnement urbain.
C’est un hypnotisant collage tout droit sorti d’une peinture de Max Ernst que nous propose le réalisateur croate Dalibor Baric. Le japonais Kotaro Tanaka, quant à lui, expérimente une déconstruction du film d’animation à l’aide d’une composition sonore déstructurée.
PAIN SO LIGHT THAT APPEARS AS TICKLE (Dalibor Baric – Croatie – 2010 – 4’ – Animation – Couleurs)
Des enfants victimes de modifications génétiques qui déambulent dans un Tchernobyl apocalyptique et un poulet géant surdoué à deux têtes qui évolue dans une métropole ultra-moderne : bienvenue dans la Compétition Courts-métrages de l’Étrange Festival !
CHERNOKIDS (Matthieu Bernadat, Nils Boussuge, Florence Ciuccoli, Clément Deltour, Marion Petegnief) (France – 2010 – 7’ – Animation – Couleurs)
THE HOLY CHICKEN OF LIFE AND MUSIC (Nomint – Grèce – 2010 – 2’35 – Animation – Couleurs)
Ces films font partie de la Compétition Courts Métrages n°1 de l’édition 2011 de l’Etrange Festival et ouvrent notre panorama sur la Compétition de Courts.
Une sélection établie par Julien Beaunay et Julien Savès
La pierre et l’écrit. L’image et la page. L’inversion et l’animation. Voici notre dernier clap de Trouville, festival à propos duquel nous reviendrons prochainement sur Format Court.
I love you de Thomas Lesourd (France, 2010)
Shipwreck/Random Recipe de Dominique et Olivier Laurence (Québec, 2010)
Une sélection établie par Franck Unimon et Katia Bayer
Connectez-vous au site d’Off-Courts pour (re)voir ces films et de nombreux autres en ligne.
Il y a des images comme ça qui ne vous lâchent pas. Chacun a son Kubrick favori, son Honoré détesté, son cliché des Monty Python Number One.
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Avec le court métrage, c’est différent. Certains sont dans la préférence, d’autres dans la méconnaissance. L’oreille droite peut capter de temps à autre des titres tels que la (rigolote) Révolution des crabes, (le fascinant) All Flowers in Time ou (l’esthétique) Coming Attractions. L’oreille gauche, elle, peut par contre se heurter aux commentaires rituels et plats du style : “Mais au fond, c’est quoi un court métrage ? Et où est-ce qu’on peut en voir en vérité ?”.
La question des 2 V (vulgarisation, visibilité) nous mobilise. Le dernier édito soulevait un problème : comment faire voir et aimer le format court ?
Pour répondre à ce point d’interrogation, nous avons enquêté (sans imper ni chien spécial) et découvert plusieurs sites parlant et montrant des courts métrages. Très prochainement, nous consacrerons d’ailleurs des sujets à ces espaces publics souvent peu identifiés mais cruciaux pour la création et l’inspiration.
Le partage est une notion qui nous intéresse. Nous soutenons les initiatives qui misent sur l’accès à tous (Pointdoc, Silhouette, Croq’Anime, …), et projetons des films une fois par mois à Bruxelles (comment, vous n’avez pas encore soumis votre film à Short Screen ? Lâchez votre sandwich à la mortadelle et… foncez, que diable !). Nous continuons aussi envers et contre tout (les coups de soleil de l’été, les angoisses judéo-chrétiennes, les aléas du quotidien) à vous proposer régulièrement un contenu sur le court.
Pour le numéro de rentrée, Format Court vous propose à ce sujet de faire de sublimes bonds aux côtés de l’animateur Koji Yamamura et de l’acteur et réalisateur Nanni Moretti et de vous immerger dans les festivals de Locarno, de Trouville (Off-courts) et de l’Étrange festival, à Paris.
« Porn to be Wild » (Julie Laurent, Thomas Jacquet, France, 2010)
À partir d’aujourd’hui (nous sommes le 2 septembre, bonne fête aux Ingrid), nous vous proposons même d’aller plus loin, de ne plus rester à distance de ces drôles de cocos que sont les festivals et de découvrir ou revoir, pendant une semaine, une sélection de films entiers (arrêtez de vous pincer, vous avez bien lu) liés au Festival Off-Courts et à l’Étrange Festival. Pour une bonne nouvelle, c’est… (à compléter).
Le Festival International de Films Indépendants, plus familièrement connu comme FIFI, ouvre ses portes pour trois jours à partir du vendredi 2 septembre à Saint-Germain-de-Salles dans l’Allier en Auvergne.
Pour sa 6éme édition, le FIFI reste fidèle à ses principes : entrée à prix libres pour garantir l’accès de tous, programmation musicale alternative, 24h de projection non-stop pour plus de soixante films expérimentaux, documentaires, fictions, animations, qualifiés autant pour leur indépendance de vue que pour leur qualité artistique.
Ce festival non-compétitif et festif d’essence plutôt ruralo-anarcho-punky s’appuie cette année encore sur une sélection de films internationaux qui donneront de quoi alimenter les interminables conversations d’une buvette pleine à craquer.
Parmi les moments forts à ne pas rater, entre autres : la soirée d’ouverture du vendredi soir avec des projections plein air s’intercalant entre une série de concerts ; une séance spéciale dédiée à la confrontation des montages expérimentaux de Stéphane Elmadjian (Freedub 1 & 2) et ceux de Jean-Gabriel Périot (Les babrabres, Undo) ; les films d’animation de Hendrick Dusollier (Babel), de Vladimir Mavounia-Kouka (La femme à cordes), de François Vogel (Terrains Glissants) ou de Jonas Odell (Tussilago – Prix Format Court au Festival Anima – Bruxelles 2011) ; les documentaires de Jaroslav Vojtek (Zkola von), réalisateur slovaque qui sait faire oublier sa caméra ; ou encore, la rétrospective des clips déjantés de Francis Caïbrel autoproduits par Broken Prod.
Trois points de projection, dont un animé par le Cinéma Voyageur, une scène de concert, des animations hors salles ; en ce week-end de rentrée, FIFI 6 tient ses promesses et vous invite pour une partie de campagne aux saveurs extrêmes.
Format Court aime, Format Court soutient. Croq’Anime lance son 4ème festival international de courts métrages d’animation, le Festival Croq’Anime, les 9,10 et 11 septembre 2011 au Théâtre de Menilmontant dans le 20ème arrondissement de Paris. Ce festival unique en son genre à Paris, gratuit et ouvert à tous propose pendant 3 jours une programmation riche et audacieuse sous les fabuleuses teintes du cinéma d’animation. Soirées spéciales avec présence des réalisateurs et producteurs, expositions, ateliers d’initiation… ? Demandez le programme.
Soirée d’ouverture du Festival jeudi 8 septembre 2011 à 20 heures au Théâtre de Menilmontant.
Projection de quatre courts-métrages de la société de production « Je Suis Bien Content ».
« Chroniques de la poisse » par Osman Cerfon
« Mei Ling » par Stéphanie Lansaque et François Leroy
« O’moro » par Christophe Calissoni et Eva Offrédo
« Un amour de télés » par Denis Walgenwitz
Soirée d’ouverture accueillant également le public dans la limite des places disponibles. Réservation à Croq’Anime au 01 43 15 02 24 ou à info@croqanime.org
Prix décernés : Prix Croq’Anime, Prix Mairie du 20ème, Prix Jeunesse et Prix Public
Expositions
– Devinettes de Reinettes, production Double-Mètre Animation, en présence de la réalisatrice.
– Episode de la série Eliot Kid,12mn, production Safari de Ville, en présence du producteur et des réalisateurs.
– Projection d’un Best Of Cube en présence du producteur Lionel Fages et du réalisateur du court métrage 7 tonnes 2, Nicolas Deveaux.
Présentation en avant première d’un court métrage réalisé par cinq étudiants de l’ école des Gobelins dans les studios de la société de production Cube, en présence des réalisateurs. Projection d’un making of réalisé pour l’événement.
Ateliers de dessin d’animation
Initiation à l’animation 2D traditionnelle. Durant 45 minutes, le public aura l’opportunité de réaliser individuellement leur propre création que les animateurs mettront directement en animation. Un approche unique, où l’imagination et la créativité s’expriment en toute liberté.
Gratuit et ouvert à tous
Vendredi, samedi et dimanche – Séances de 45 minutes. De 11h à 11h45, de 14 à 14h45 et de 16h à 16h45
Réservation obligatoire au 01 43 15 02 24 ou à info@croqanime.org
La deuxième édition du le festival international du court métrage de Tiznit, s’organise au Maroc du 02 au 04 Mars 2012. La date limite d’inscription est fixée au 30 Septembre 2011 (le cachet de la poste faisant foi).
Short Screens, une collaboration entre Format Court et Artatouille asbl, propose des projections de courts métrages sur grand écran, tous les derniers jeudis du mois à l’Actor’s Studio à Bruxelles. Dans ce cadre, nous sommes à la recherche de courts de tous les genres, styles et nationalités. Envoyez-nous vos films en DVD à l’adresse reprise ci-dessous ou par mail !
Short Screens, a collaboration between Format Court and Artatouille.org, offers monthly short film screenings at the Actor’s Studio in Brussels. We are always looking for short films of all kinds to consider for our selection. Send in your short films on DVD to the following address or email us a video file!
Artatouille asbl 9 rue Jean Robie
1060 Brussels (Belgium)
Le 34ème Festival International de Films de Femmes de Créteil, qui se tiendra du 30 Mars au 12 avril 2012, est à la recherche de films pour sa section parallèle intitulée « Les Européennes ». Cette sélection établira une « carte européenne climatique » autour de cinq domaines principaux : les enjeux sociaux, politiques, environnementaux, culturels et historiques et artistiques traités au cinéma par des réalisatrices.
La première partie, « climat 1 », dédiée aux pays du sud de l’Europe, a eu lieu dans le cadre du 33ème Festival. « Climat 2 » réunira autour de 25 films les femmes cinéastes des pays européens suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse.
Le festival est d’ores et déjà à la recherche de réalisatrices confirmées mais aussi de jeunes réalisatrices susceptibles de participer à cette rétrospective. Et comme d’habitude, de films susceptibles de participer à la compétition internationale fiction et documentaire (longs & courts).
Le festival Off-Courts, 12ème du nom, démarre bientôt à Trouville. Né en marge du Festival du film Américain de Deauville et mené par Samuel Prat, il diffuse bon nombre de courts français et québécois, tout en axant une partie de sa programmation autour des films Kino réalisés en 48 heures.
Pendant le festival, arrêté cette année entre le 2 et le 10 septembre 2011, Format Court suivra certaines séances et vous proposera une sélection de films en ligne ayant été repérés ou réalisés à Off-Courts lors des éditions antérieures. En attendant la rentrée, les cartables et les crabes, retrouvez d’ores et déjà la bande-annonce du festival et une invitation à venir vous dégourdir les mollets à Trouville.
Mauvais Genre est un festival à part dans le paysage festivalier actuel. Il y est question d’œuvres déjantées et ovniesques, de films de genre jusqu’au-boutistes, de pelloches hors normes. Né à Tours de la passion d’une équipe supervisée par Gary Constant, il trouve sa place quelque part entre le Festival de Gérardmer et l’Etrange Festival à Paris, et nous propose, d’édition en édition, une programmation pointue de films venus des quatre coins du globe et pour la plupart inédits.
Cette année, sous l’œil attentif du Jury – composé entre autres de l’acteur Thierry Frémont, du maquilleur SFX Steve Johnson (The Abyss, SOS Fantômes, etc.), du journaliste Jean-Baptiste Thoret, ou encore de l’écrivain Thomas Day – une dizaine de longs métrages se retrouvent en compétition, parmi lesquels figurent Balada Triste de Trompeta de Alex de la Iglesia, le surprenant film coréen à sketches The NeighborZombie de Oh Young-doo, le nouvel ovni super-héroïque de Takeshi Miike, Zebraman 2, la suite d’un faux docu sur la vie tumultueuse de deux hard-rockers, Fubar 2 de Michael Dowse, ou encore le film américain coup de poing Red, White and Blue de Simon Rumley.
En complément de la compétition, une nuit spéciale SF est organisée, au cours de laquelle est montré, pour la première fois, Kaydara, homemade fanfilm français sur l’univers de Matrix, bourré d’effets spéciaux et réalisé à deux mains pendant six ans par Savitri Joly Gonfard et Raphaël Hernandez. D’autres films hors compétition sont projetés, dont l’attendu Mirages, premier film franco-marocain d’un jeune réalisateur, Talal Selhami, qui voit cinq personnes perdues dans le désert, assaillies par des visions cauchemardesques, luttant pour leur propre survie. Une œuvre originale et remplie d’idées et de passion.
D’autres séances titillent les sens, avec des titres comme le dérangeant Midori-Ko, film d’animation japonais au graphisme très « plymptonien » signé Keita Kurosaka, un ciné concert autour du film L’Homme Qui Rit de Paul Leni avec l’immense acteur allemand Conrad Veidt, ou encore la diffusion en « séance rose » de l’œuvre culte pornographique des frères Mitchell, Derrière la Porte Verte.
Côté courts métrages, trois grandes sélections se profilent : une sélection de films en compétition, un sélection hors compétition et une séance spéciale Mad In France. En compétition, Mutantland est une sorte de « bande démo » 3D impressionnante, en provenance des studios de Phil Tippet (Starship Troopers). Comme un Chien de Benoît Delépine est un mini film noir pour lequel il a fait appel à des têtes connues : Barbet Schroeder, Valérie Maes pour le casting et Stéphane Elmadjian au montage. The Old Ways de Michael Vass est un court canadien en noir et blanc sur l’absurdité de l’exécution d’un adolescent qui ne se passe pas comme prévu.
Un autre film canadien, Junko’s Shamisen de Solomon Friedman, dans un style proche de Sin City, est une histoire de vengeance à l’époque des samouraïs. Enfin, Danny Boy de Marek Skrobecki nous plonge dans un univers d’animation en volume où la norme est de ne pas avoir de tête, le personnage principal étant très malheureux car affublé d’une tête. Il lui faudra rentrer dans la masse, et donc se couper la tête, pour espérer trouver l’amour. Un court ambitieux et pessimiste, mais rempli d’humour et de burlesque. D’autres films, dont deux français, complètent cette sélection très éclectique, qui fait la part belle à l’animation.
Une sélection de courts hors compétition et une séance spéciale Mad In France complètent la programmation de courts métrages de cette année. Après une première carte blanche Mad In France en 2010, Erwan Chaffiot remet le couvert avec ses coups de cœur de l’année en cours qu’il a chroniqués dans Mad Movies. Il nous propose une belle brochette de films, dont 56 Pesos de Denis Larzillière, un western graphique et romantique utilisant des techniques visuelles proches de Sin City. Eric de Nicolas Simonin est un film de terreur pure très réussi, dans lequel un homme, attendant une nuit un train qui ne vient pas, va s’aventurer trop loin, attiré par une mystérieuse voix féminine.
VNR de Vincent Gatinaud marie un humour trash et potache à un film d’action rythmé et superbement chorégraphié, ce dont témoigne un plan séquence d’action dans une maison avec de multiples cascades au milieu du film. Mon Père de Patrice Gablin raconte une histoire d’ogre, avec beaucoup de classicisme, mais aussi pas mal de classe, bien servi par une très belle photographie et un découpage minutieux.
Enfin, Ratrix Hero nous rappelle à notre bon souvenir les noms de Savitri Joly-Gonfard et Raphaël Hernandez (Kaydara). Déjà plongés dans l’univers de Matrix (Ratrix Hero fait partie intégrante de Kaydara), les deux jeunes réalisateurs mélangent animation en pâte à modeler et SFX et racontent les aventures d’un rat endossant le costume de Néo. Vivement l’année prochaine pour une nouvelle dose de films hors des sentiers battus…
Prix du public (court métrage) : Danny Boy
Prix du public (long métrage) : The Neighbor Zombie
Mention spéciale Jury jeunes : Red, White and Blue
Prix du jury jeune (court métrage) : Les Conviviaux
Prix du jury jeune (long métrage) : The Neighbor Zombie
Mention pour l’interprétation, Jury Pro : Amanda Fuller pour Red, White and Blue
Prix du jury (court métrage) : Danny Boy
Prix du jury (long métrage) : Fubar 2
L’info a surgi sur la Toile il y a un mois mais nous étions déjà en mode holiday. David Lynch a réalisé un court-métrage d’animation pour accompagner la chanson « Lights » du groupe Interpol qui était en tournée en France cet été. Férus des films de David Lynch, les membres du groupe d’Interpol ont demandé au monstre du cinéma surréaliste d’illustrer l’une de leurs anciennes chansons « Lights » afin de projeter ces images lors d’un concert. A partir d’un personnage surnommé ironiquement I Touch A Red Button Man par les membres du groupe, Lynch a laissé libre cours à son imagination… A vous de juger…
Le festival Silhouette s’installe tous les ans, à la fin de l’été, dans le parc des Buttes Chaumont pour des projections gratuites et en plein air. Cette année encore, du 27 août au 4 septembre, le festival investit le CENTQUATRE pour des projections spéciales en journée (sur billetterie). L’Association Silhouette prône le mélange des genres et vous propose cette année encore un panorama international des créations dans le domaine du court métrage : fiction, documentaire, animation, jeune public et expérimental (hybride).
La dixième édition de Short Screens, projections mensuelles de courts métrages en salle de cinéma, aura lieu le jeudi 25 août 2011 à l’Actor’s Studio à Bruxelles. Au programme, une séance de films éclectiques et atypiques, une programmation d’hier et d’aujourd’hui.
Actor’s Studio : 16 petite rue des Bouchers, 1000, Bruxelles
Président de la Caméra d’or au dernier festival de Cannes et réalisateur de plusieurs thrillers haletants tels que « Mother » ou « Memories of murder », Bong Joon-Ho revient derrière la caméra à l’occasion d’un film collectif en faveur du Japon.
Le site FilmStage (via The Playlist) annonce que le réalisateur coréen a réalisé un très court-métrage de 3 minutes pour les besoins d’un projet collectif ayant pour point d’ancrage le tremblement de terre qui a frappé le Japon en mars dernier. À la manière des films tels que « 11’09 »01 – September 11 » ou le projet « 8 » rassemblant plusieurs points de vue cinématographiques de grands réalisateurs sur les bouleversements du 21ème siècle, le projet auquel participe Bong Joon-ho compile 60 films signés par 60 réalisateurs différents (dont 40 de nationalité japonaise). Pour l’instant aucun nom ni titre n’ont été révélés, de même pour la nature du projet, qui reste floue (les fonds reviendront-ils à des associations?). Cependant nous savons d’ores et déjà que le film collectif sera présenté en avant première au Sendai Short Film Festival en septembre puis au Nara International Film Festival en octobre. Concernant les projets à venir du réalisateur coréen, on sait qu’il prépare une adaptation de la BD Française « Transperceneige » et on parle d’une éventuelle collaboration avec J.J. Abrams… À suivre…