Tous les articles par Katia Bayer

Festival de Locarno 2010

Depuis 1946, LFestival del film Locarno 2010ocarno organise un festival de type A et met en lumière les auteurs indépendants, inconnus comme confirmés, ainsi que les films inédits et les nouvelles tendances. Le court métrage y est également mis à l’honneur, notamment à travers les compétitions nationale et internationale et la sélection « Pardi di Domani » consacrée aux courts et aux moyens métrages de réalisateurs n’ayant pas encore percé dans le long, sélection qui fête ses 20 ans cette année.

Retrouvez dans ce focus :
La sélection des courts présentés

La double critique de « Tribu » (Belgique) et « Avant les mots » (France) de Joachim Lafosse

La critique de « Jeux de plage » de Laurent Cantet

La critique de « Surgir ! (l’Occident) » de Grégoire Letouvet

Nuits Méditerranéennes du court métrage de Corté, la sélection

Compétition internationale

Le joueur de citernes d’Emmanuel Gorinstein (France)
Les escargots de Joseph de Sophie Roze (France)
Sang Froid de Julien Bossé (France)
Hymen de Cédric Prévost (France)
Demi-paire de Yannick Pecherand-Molliex
Avant-hier (Day before yesterday) de Patricia Chica (Canada)
Inspiração d’Elodie Rivalan (France)
Le deuil de la cigogne joyeuse d’Eileen Hofer (Suisse/Liban, 2010)
L’homme qui dort d’Inès Sedan (France/Canada, 2010)
On ne mourra pas Fiction d’Amal Kateb (France)
En suspension de Fanny Dal Magro (France)
Bad trip d’Idrissa Guiro (France)
La chienne d’histoire de Serge Avédikian (France)
Climax de Frédéric Sojcher (France)
Love Patate de Gilles Cuvelier (France)
Run Granny Run de Nikolaus von Uthmann (Allemagne)
The bêdengî d’Aziz Capkurt (Turquie)
Tre Ore d’Annarita Zambrano (Italie/France)
Esto es un Revolver de Pablo González (Colombie/France)
Fard de David Alapont et Luis Briceno (France)
Fengshui de Pauliina Punkki (Finlande)
Traverser de Marine Place (France)
Une boîte de boutons d’Arias María Reyes (Espagne)
7h57 am-pm de Simon Lelouch (France)
Des enfants dans les arbres de Bania Medjbar (France)
Le genou blessé et L’homme debout d’Yann Chayia (France)
Nuvole, Mani de Simone Massi (France)
Rezign de David Myriam (France)
Waramutseho d’Auguste Bernard Kouemo Yanghu (France/Cameroun/Belgique)

Compétition étudiante

59/184/84 de Kokes Lukas (République Tchèque)
La fuite de Mélanie Gohin (France)
Spatzen de Jan Speckenbach (Allemagne)
Un havre de paix de Léo Médard (Belgique)
Le complexe du homard de Paul Enora (France)
Entre deux mondes de Julie Lorant (France)
Banel Thyrin de Steeven Racon (France)
Último Sonho Antes de Voltar de Pierre Jézéquel (Portugal)
Baba de Zuzana Kirchnerova (République Tchèque)
Homeland de Juan de Dios Marfil (République Tchèque)
Instinctif de Céline Tejero (France)
Hranice de Kristof Gyorgy (République Tchèque)
Tom de Karim Ghorayeb (Liban)

Le site des Nuits : www.myspace.com/nuitmedcorse

Joseph Pierce : « La conception d’idées est pour moi comme un accouchement : un processus long et douloureux »

Joseph Pierce, réalisateur anglais, auteur de Stand Up et A Family Portrait parle, de l’autre côté de la Manche, de ses inspirations, de ses projets de films et de sa propension pour l’humour à deux balles.

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Format Court : Comment est né ton intérêt pour le cinéma et plus particulièrement pour l’animation? Quels films t’ont marqué le plus ?

Joseph Pierce : J’ai passé pas mal de samedis après-midis dans un cinéma indépendant près de chez moi, où je regardais tout, de Ken Loach à Jacques Tati, de Ray Harryhausen à Tim Burton. Cela m’a initié à une grande variété de films au-delà des blockbusters. J’ai d’abord suivi une formation d’acteur, puisque c’était quelque chose que j’arrivais plus ou moins à faire, mais je me suis vite rendu compte que je préférais écrire et créer des œuvres. Donc j’ai opté pour un diplôme dans le cinéma expérimental. C’est alors que j’ai découvert les films de Jan Svankmajer qui m’ont laissé bouche bée. Du coup j’ai passé le reste de mes études en train d’expérimenter et d’animer des objets. J’ai compris que faire de l’animation c’est une forme de performance, au même titre que le jeu d’acteur.

En ce qui concerne l’animation, à part Svankmajer, qui est ma plus grande influence, j’ai aussi été fort impressionné par Jason et les Argonautes ! Et j’ai toujours été attiré par la sculpture moderne, par les œuvres de Marc Quinn et Damien Hirst, par exemple. J’adore ce qui comporte une qualité viscérale et tactile et j’essaie de de reproduire cet effet dans mes dessins.

Quel était ton parcours académique avant la NFTS ? D’où est venu ce choix de formation parmi les nombreuses écoles de cinéma en Angleterre ?

J.P. : J’ai étudié ce qu’on appelait ‘Time Based Media’ (un nom qu’on a vite changé en ‘Film et Vidéo’ vu que personne ne comprenait ce que ça voulait dire !) pendant trois ans, où on nous disait que si on voulait être le prochain Scorcese, on s’était trompé d’endroit. J’ai d’abord eu du mal avec cette façon de penser, mais j’ai quand même profité de cette approche cinématographique novatrice, éloignée du courant principal. Je voulais être un ‘artiste’ et faire de l’animation au Royal College of Art. J’ai réussi à avoir un entretien sur la base de mon portfolio mais je l’ai complètement raté et je n’ai pas été admis. J’ai honte de l’avouer mais je ne connaissais pas la NFTS à l’époque. J’avais un ami qui étudiait la cinématographie là-bas et qui m’a beaucoup incité à y aller. Aujourd’hui, je peux dire que le fait de ne pas avoir été admis au RCA a été la meilleure chose qui ait pu m’arriver. C’est un endroit génial mais ce n’était pas pour moi qui voulais raconter des histoires et travailler en équipe au lieu d’être un artiste solitaire.

Dans quel contexte as-tu conçu Stand Up ? Quelles consignes avez-vous reçues pour votre film de fin d’études ?

L’idée de Stand Up avait germé dans ma tête même avant que je n’aille à la NFTS. Je m’amusais à jouer avec la technique de rotoscopie pour combler mon manque de talent de dessinateur et je me suis filmé en train de faire un stand-up à deux balles. J’ai complètement oublié ce projet et pour mon film de fin d’études, je cherchais à faire une animation en volume. Ça n’a rien donné, donc j’ai finalement repêché l’idée de Stand Up qui a rencontré beaucoup d’enthousiasme. Je suis devenu obsédé par la mauvaise comédie et pour mes recherches, j’ai vu des choses vraiment affreuses, y compris un type qui s’est  tellement fait chahuter sur scène qu’il est tombé dans les vapes. Nous pensions que ça faisait partie du show jusqu’à ce qu’une ambulance arrive !

Pour les films d’écoles, il n’y avait pas vraiment de contraintes particulières, du moment qu’ils respectaient le budget et les délais de réalisation. Mon projet était plus modeste que les autres, donc quand il a commencé à avoir du succès, les gens étaient d’autant plus surpris. La deuxième année à l’école fut fort dure, étant donné qu’on devait se concentrer en permanence sur un seul film, et parfois bosser jusque 14 heures par jour, 7 jours par semaine ! Mais il y avait un esprit d’équipe très développé, et j’ai gardé de très bons contacts avec mes collègues. Par exemple, pour le tournage de mon dernier film, il y avait au moins cinq amis de l’école dans l’équipe.

Ce dernier film, A Family Portrait, comment est-il né ?

Je souhaitais explorer la dynamique familiale, parce que tout le monde peut s’identifier à ces repas ou ces voyages en famille qui tournent mal. Au début, j’ai conçu un récit autour d’une table, mais cette idée manquait de tension, donc je l’ai transposée au studio d’un photographe et là tout a commencé à prendre forme. J’aime bien mener le spectateur vers un faux sentiment de sécurité dans lequel l’ambiance gaie s’évapore très vite. Et j’adore détester la fameuse ‘photo de famille’ car elle a quelque chose de très artificiel et très cliché ! Alors je me suis dit : « Et si la famille était de mauvais humeur le jour où elle devait justement montrer une façade de bonheur absolu ? »

Ce film a justement dû parler à un public bien large, car il a été très bien reçu partout, en Angleterre comme en France.

Oui, j’ai eu de la chance d’avoir pu aller en France à plusieurs reprises, avec Stand Up et A Family Portrait. Ce qui m’impressionne toujours, c’est qu’une grande partie du public n’est pas issue du milieu du cinéma. Les séances sont souvent bien remplies et on remarque tout de suite si le public aime le film ou pas. C’est un grand honneur de voir son film sélectionné dans un pays qui a une si grande appréciation pour le cinéma, alors gagner un prix là, c’est vraiment le top ! Je pense notamment aux festivals de Clermont et d’Angers, qui m’ont très chaleureusement accueilli. Le film a aussi connu un succès en Angleterre, c’est vrai, mais le milieu du court métrage et moins grand chez nous et du coup, il est moins pris au sérieux, à l’exception du festival Encounters à Bristol, qui a toujours été extrêmement généreux avec moi.

Comment définirais-tu ta technique ?

J’ai commencé à faire de l’animation en volume et de la pixilation, mais je ne trouvais plus trop d’idées d’histoires à raconter avec des objets inanimés, alors j’ai commencé à faire de l’animation dessinée. J’aime bien l’effet raturé d’un stylo ou d’un crayon. Utiliser cette technique avec celle de la rotoscopie permet à l’animation de dire des choses qui seraient autrement impossibles, un peu comme un dialogue intérieur. Je suis quand même très attaché à l’animation en volume et je n’exclus aucune technique si le sujet le demande. Mais je dois dire que le CGI pour moi est un tout autre monde !

Que représente le court métrage pour toi ? Le vois-tu comme un format en soi adapté à ton travail de réalisateur ou plutôt comme une étape vers le long métrage ?

Je suis très à l’aise avec le format court. J’aime beaucoup le défi que représente le travail de condenser en si peu de temps une histoire cohérente, des personnages convaincants et une conclusion satisfaisante. Inversement, je trouve qu’il est curieusement plus facile de s’ennuyer pendant un court métrage ! Pourtant, il y en a qui réussissent à faire un film au moins aussi captivant que n’importe quel long. Skhizein de Jérémy Clapin, ou The Runt de Andreas Hykade sont quelques exemples de narration impressionnante et émouvante. Cela dit, je pense que la plupart des réalisateurs mentiraient s’il disaient qu’il ne s’intéressaient pas aux longs métrages et aux possibilités de se forger une identité comme réalisateur de ce format.

Personnellement, j’ai aussi envie de faire un long métrage en live action. D’ailleurs je suis occupé à en écrire un avec mon co-scénariste Aneil Karia. En plus, toutes mes animations ont toujours un élément de live action parce que je travaille avec des vrais acteurs. Aujourd’hui, vu le succès des films comme Persepolis, Valse avec Bashir ou les œuvres de Sylvain Chomet, j’avoue que l’idée de faire un long métrage en animation ne me déplaît pas du tout. Ce que j »essaie de démontrer à travers mes courts métrages, c’est que l’animation peut aussi plaire à ceux qui la considèrent d’emblée comme de la pure fantaisie enfantine.

Quels autres projets as-tu pour le moment ?

Là pour le moment, je travaille sur un court abstrait au sujet du corps humain. Je souhaite expérimenter avec un langage moins narratif et épurer mon travail aux dessins et aux formes pures. J’essaie également de développer un projet de long métrage qui combinerait à la fois mes idées et celles d’autres scénaristes. J’aimerais bien réaliser quelque chose que je n’ai pas écrit, car la conception d’idées est pour moi comme un accouchement : un processus long et douloureux.

Propos recueillis et traduits par Adi Chesson

Articles associés : la critique de « Stand Up » et de « A Family Portrait »

Consulter les fiches techniques de « Stand Up » et de « A Family Portrait »

Aide au film court en Seine-St-Denis

L’aide au film court en Seine-Saint-Denis a pour objet de :

– Soutenir financièrement les films de court métrage qui présentent un intérêt artistique indépendamment de toute considération de genre et de support

– Soutenir la diffusion et la promotion dans le département de la Seine-Saint-Denis des films bénéficiant de cette aide

– Soutenir les auteurs bénéficiaires dans la phase d’écriture ou de développement d’un nouveau projet.

Ce soutien se déroulera en trois étapes, le premier volet de l’aide induisant l’activation des deux autres :

*Aide à la postproduction : Elle intervient au moment de la postproduction du film (sur visionnement d’un premier montage ou d’un premier bout à bout image). Elle est destinée à contribuer financièrement à la partie technique de la postproduction (montage, étalonnage, mixage, travaux de laboratoires, banc titre générique…) ainsi qu’aux salaires des techniciens (monteur image, monteur son, étalonneur, mixeur, …) et du réalisateur (charges afférentes comprises) dans cette dernière phase du film. L’aide financière sera versée à la structure de production (société ou association). Tous les genres et supports sont acceptés.

*Aide à la diffusion : Des projections des films bénéficiaires de l’aide à la postproduction sont organisées sur le territoire de la Seine Saint-Denis par l’association Cinémas 93 qui en assume les charges financières. La présence du réalisateur est requise et rémunérée.

*Aide au développement : Si l’auteur-réalisateur bénéficiaire de l’aide à la postproduction développe un nouveau projet de film (court ou long métrage) dans les douze mois suivants l’achèvement du film soutenu, il se verra attribuer une bourse en numéraire par le Conseil général de la Seine Saint-Denis.

Date limite de dépôt des dossiers : 10 septembre 2010.

Réunion de la commission plénière : 22 octobre 2010.

Pour les inscriptions, c’est par ici !

Site associé : www.cinemas93.org

S comme Stand Up

Fiche technique

Synopsis : À travers un simple numéro de one-man-show, John J Jones se produit devant un public impitoyable. Tandis qu’il perd l’attention du public, son corps se rebiffe, et la vérité se fait progressivement jour derrière les petites phrases bien senties.

Genre : Animation

Durée : 06’50’’

Pays : Royaume-Uni

Année : 2008

Réalisation : Joseph Pierce

Scénario : Joseph Pierce

Animation : Joseph Pierce

Image : Stuart Bentley

Montage : Brian Welsh

Son : Helen McGovern, Dominic Fitzgerald

Musique : Gareth Lockrane

Voix : Daniel Rigby, Paul Putner

Production : National Film and Television School

Articles associés : la critique du film, l’interview de Joseph Pierce

Stand Up de Joseph Pierce

Avec Stand Up, son film de fin d’études à la NFTS, l’animateur anglais Joseph Pierce peint un véritable cauchemar existentiel dans un clair-obscur grotesque qui confronte l’espace intime et la société, tout en se dissimulant derrière l’aspect bénin d’un one-man-show humoristique.

John J. Jones, un homme aussi quelconque que son nom, s’essaie au stand up dans un pub anglais typique avec plus ou moins de succès. Au fur et à mesure de sa prestation, il enclenche des fous rires, provoque des moments de gêne et tombe dans un bide catastrophique. Le public, quant à lui, se révèle progressivement offusqué et impitoyable jusqu’à le huer.

Sombre et cynique, le film de Pierce plonge d’emblée son spectateur dans une ambiance déconcertante, avec son image en noir et blanc contrasté, son dessin organique et agité et son discours glauque et morbide frôlant entre autres l’alcoolisme, les ménages brisés, les aveux meurtriers, … Sur tous ces plans, Pierce joue sur la progression et le retournement de situation, notamment grâce à sa maîtrise totale du médium qui lui permet de rendre son animation aussi souple qu’un jeu vidéo interactif. Ainsi, les figures, les regards, les grimaces du public apparaissent et s’envolent de façon fugace alors que l’agonie du protagoniste suppure sur son visage en constante métamorphose. Grâce à sa narration économique et efficace, composée d’une image parlante, d’un dialogue mesuré et d’une bande son épurée, Stand Up parvient, avec peu de moyens, à l’essentiel : tenir debout.

Adi Chesson

Consulter la fiche technique du film

Article associé : l’interview de Joseph Pierce

Focus Joseph Pierce

L’animation de Joseph Pierce est singulière. Simple en apparence, elle dissimule un côté mordant, tendant vers la caricature, le laid, la déformation, la fêlure et le déchirement. Le résultat, « Stand Up » et « A Family Portrait », a valu à son auteur, diplômé de la National Film and Television School, plusieurs prix et maintes accolades, ainsi qu’une balade aux quatre coins du monde festivalier, ses croquis sous le bras. (G)rotoscopiques et souvent dérangeants, ses courts nous confrontent à des réalités sombres (infidélité, alcoolisme, meurtre, paranoïa, …) avec une bonne dose d’humour noir. Joseph Pierce ? Un jeune animateur anglais à suivre.

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Joseph Pierce (à droite) sur le tournage d’« A Family Portrait »

Retrouvez dans ce focus :

La critique d’« A Family Portrait »

La critique de « Stand Up »

L’interview de Joseph Pierce

Festival de Locarno, les courts présentés

Compétition internationale

• ¿TE VAS? by Cristina Molino – Spain – 2010 – 6 min.
• 2 SISTERS by Rose Gimatdinova – Russia – 2009 – 20 min.
• 8:05 by Diego M. Castro – Argentina – 2010 – 16 min.
• A HISTORY OF MUTUAL RESPECT by Gabriel Abrantes, Daniel Schmidt – Portugal– 2010 – 23 min.
• ZA RAMKAMI (Beyond the frames) by Max Ksjonda – Ukraine – 2009 – 19 min.
• DIARCHIA by Ferdinando Cito Filomarino – Italy – 2010 – 20 min.
• ENSOLARADO by Ricardo Targino – Brasil – 2010 – 14 min.
• FAR FROM MANHATTAN by Jacky Goldberg – France – 2010 – 23 min.
• GÖMBÖC by Ulrike Vahl – Germany – 2010 – 20 min.
• HÖSTMANNEN (Autumn Man) by Jonas Selberg Augustsén – Sweden – 2010 – 29 min.
• HUSK MEG I MORGEN (Short of Breath)
by Aasne Vaa Greibrokk – Norway – 2010 – 18 min.
• JOUR SANS JOIE by Nicolas Roy – Canada – 2009 – 15 min.
• KHOUYA (My Brother) by Yanis Koussim – Algeria/France – 2010 – 15 min.
• KID’S PLAY by Ju-yong Choi – South Korea – 2009 – 17 min.
• LITTLE ANGEL by Suzi Jowsey Featherstone – New Zealand – 2010 – 14 min.
• MORNING STAR by Jessica Lawton – Australia – 2010 – 15 min.
• POUR TOI JE FERAI BATAILLE by Rachel Lang – Belgium – 2010 – 20 min.
• PRZEZ SZYBE (Through the Glass) by Igor Chojna – Poland – 2010 – 15 min.
• ROXY by Shirley Petchprapa – USA – 2010 – 11 min.
• SABEEL by Khalid Al Mahmood – United Arab Emirates – 2010 – 20 min.
• SURGIR! (L’Occident) by Grégoire Letouvet – France – 2009 – 36 min.
• THE 3’651ST DAY by Mingxuan Zhu – China – 2010 – 20 min.
• THE LOST EXPLORER by Tim Walker – United Kingdom– 2010 – 18 min.
• TWELVE GOING ON TO SIXTY by Jonas Baeckeland – Belgium – 2010 – 7 min.
• UNTIL THE RIVER RUNS RED by Paul Wright – United Kingdom– 2010 – 28 min.

Compétition nationale

• ANGELA by David Maye – 2010 – 23 min.
• DÜRÄ..! by Quinn Reimann, Rolf Lang – 2010 – 29 min.
• ELDER JACKSON by Robin Erard – 2010 – 26 min.
• FRATELLI by Fabrizio Albertini – 2010 – 22 min.
• KWA HERI MANDIMA by Robert-Jan Lacombe – 2010 – 10 min.
• L’AMI by Adrien Kuenzy – 2010 – 19 min.
• LATERARIUS by Marina Rosset – 2010 – 4 min.
• LE MIROIR by Ramon & Pedro – 2010 – 5 min.
• LESTER by Pascal Forney – 2010 – 7 min.
• MAK by Géraldine Zosso – 2010 – 19 min.
• REDUIT by Carmen Stadler – 2010 – 25 min.
• SCHLAF by Claudius Gentinetta, Frank Braun – 2010 – 4 min.
• STÖRFAKTOR by Manuel Wiedemann – 2010 – 9 min.
• YURI LENNON’S LANDING ON ALPHA 46 by Anthony Vouardoux – 2010 – 15 min.

Corti d’autore – Special Program

• ARMANDINO E IL MADRE by Valeria Golino – Italy – 2010 – 15 min.
• LAHAROG DVORA (To Kill a Bumble Bee) by Tal Granit, Sharon Maymon – Israel – 2009 – 7 min.
• NEM MARCHA NEM CHOUTA by Helvecio Marins Jr. – Brasil – 2009 – 7 min.
• KATAÏ by Claire Doyon – France – 2010 – 28 min.
• TALES by Raya Martin, Saskia Gruyaert, Antoine Thirion – Philippines/France
– 2010 – 21 min.
• TODOS IGUAIS A DORMIR by Jeanne Waltz – Portugal– 2010 – 17 min.

20 anni di Pardi di domani

• ALL AT SEA by Anna Negri – Italy/United Kingdom– 1993 – 13 min.
• AVANT LE PETIT DEJEUNER by Cristi Puiu – Switzerland/Romania – 1995 – 22 min.
• CARAVAN by Dag Mork – Norway – 2002 – 9 min.
• DIE FRUCHT DEINES LEIBES by Barbara Albert – Austria – 1996 – 27 min.
• DIES IRAE by Alexandre Astier – France – 2002 – 15 min.
• HOTEL BELGRAD by Andrea Staka – Switzerland – 1998 – 13 min.
• IL CARICATORE by Massimo Gaudioso, Eugenio Cappuccio, Fabio Nunziata – Italy – 1995 – 16 min.
• JEUX DE PLAGE by Laurent Cantet – France – 1995 – 27 min.
• L’ESCALIER by Frédéric Mermoud – Switzerland/France – 2003 – 22 min.
• LE SONGE D’ ISAAC by Ursula Meier – Switzerland – 1994 – 13 min.
• MURDER- THEY SAID! by Mihály Györik – Switzerland – 1995 – 18 min.
• STILL LIFE by Sima Urale – New Zealand – 2001 – 11 min.
• THE LAST GOOD BREATH by Kimberly Ane Peirce – USA – 1993 – 15 min.
• THE SALESMAN AND OTHER ADVENTURES by Hannah Weyer – USA – 1994 – 24 min.
• TRIBU by Joachim Lafosse – Belgium -2001 – 24 min.
• VALURI by Adrian Sitaru – Romania – 2007 – 16 min.
• WEST BANK STORY by Ari Sandel – USA – 2005 – 21 min.
• ZOHRA A LA PLAGE by Catherine Bernstein – France – 1995 – 8 min.
• 776 KM by Oleg Goncarjonok – Belarus – 1993 – 20 min.

Minimalisme et 35 mm

Depuis 5 jours, une vidéo fait le tour de la Toile. En 2 minutes, 35 films, simplifiés à l’extrême, revisitent l’histoire du cinéma. Réalisé par trois gars et une fille, ce très court porte bien son nom : « 35 mm ».

Derrière ce film à énigmes, se cache un projet d’études réalisé par Pascal Monaco, Felix Meyer, Sarah Biermann et Torsten Strer, des étudiants de la Fachhochschule Hannover/University of Applied Sciences and Arts. C’est où ? C’est en Allemagne.

Alors, avez-vous l’oeil de l’expert Caine ? Le flair du détective Basil ? L’excitation du cinéphile Alpha ? Arriverez-vous à reconnaîtrez tous les films sans exception ? Attention, ça va vite, ce n’est pas facile, et il n’y a pas de solution en page 104.

Concept /Layout : Sarah Biermann, Torsten Strer, Felix Meyer, Pascal Monaco
Animation : Felix Meyer, Pascal Monaco
Son : Torsten Strer

M comme Maître Galip

Fiche technique

maitre-galip

Synopsis : Maître Galip, un artisan turc, conte sa vie misérable et résignée, hantée par le chômage et les soucis familiaux.

Genre : Documentaire

Durée : 11’21’’

Pays : France

Année : 1963

Réalisation : Maurice Pialat

Image : Willy Kurant

Interprétation : André Reybaz, d’après les poèmes de Nazim Hikmet

Production : Les Films du Worso, Como-Films

Article associé : le reportage sur 6nema.com

V comme Vert quoi, vers où

Fiche technique

Synopsis : Un jeune homme est chauffeur de camion-poubelle. Il perd sa mère. A partir de ce jour, les choses pour lui ne vont faire que se dérégler. Pour commencer, il a un accident avec son camion…

Genre : Fiction

Durée : 10’18’’

Pays : France

Année : 1990

Réalisation : Gérard Cherqui

Scénario : Gérard Cherqui

Image : Jean-Claude Couty

Son : Frederic Boullet

Montage : Florence Bon

Interprétation : Mathieu Amalric, Maïté Maille, Geno Morier

Production : Les Productions Bagheera

Article associé : le reportage sur 6nema.com

L comme Lulu

Fiche technique

Synopsis : Quatre heures dans la vie de Lulu, une call girl. Elle croise trois clients, un chauffeur de taxi, une jeune fille dont c’est la première nuit de travail et un homme qui lui offre un amour authentique.

Genre : Fiction

Durée : 25’

Pays : France

Année : 2001

Réalisation : Keren Yedaya

Scénario : Keren Yedaya

Image : Oded Kimchi

Son : Chay Levi

Décor : Dorit Zak

Montage Sari Ezouz

Interprétation : Tamar Gruper, Peni Mittelman, Macha Gluzman, David Bahar, Amnon Wolf, Eyal Rozales, Nahman Ashkenazi

Production : Bizibi Productions

Article associé : le reportage sur 6nema.com

E comme Eternelles

Fiche technique

eternelles-zonca

Synopsis : Un petit village dans le centre de la France. Denis, 20 ans exerce le métier de maçon dans la petite entreprise de son père. On devine une vie happée trop tôt par le travail, dominée par la raison paternelle. Un jour la grand-mère de Denis, une très vieille dame, ne se réveille plus…

Genre : Fiction

Durée : 35’

Pays : France

Année : 1994

Réalisation : Erick Zonca

Scénario : Erick Zonca

Image : Colin Dominique

Son : Philippe Fougeas

Montage : Marielle Babinet

Décors : Nathanael De vernel

Musique : Wagner

Interprétation : Julien Cottereau, Luc Jamati, Christian Barbier, Sylvie Testud

Production : Productions Bagheera

Article associé : le reportage sur 6nema.com

P comme Plaisir d’offrir

Fiche technique

plaisir

Synopsis : C’est l’histoire de Claire, amie des Belles Lettres, trichotillomaniaque à ses heures. C’est aussi l’histoire de Pierre, mari attentionné, vaguement obsessionnel.

Genre : Fiction

Durée : 8’

Pays : France

Année : 1994

Réalisation : Marc-Henri Dufresne, François Morel

Scénario : Marc-Henri Dufresne, François Morel

Image : Eric Amblard

Montage : Marion Monestier

Son : Jacques Ballay

Décors : Christine Padry

Musique : Valérie Sue

Interprétation : François Morel, Jeanine Souchon, Kristin Scott-Thomas

Production : Lazennec Tout Court

Article associé : le reportage sur 6nema.com

6nema.com : Fenêtre sur courts

Drôle de nom que ce 6nema.com. Vous pensez cinéma. Vous y êtes presque, il vous faut juste revoir la première syllabe. Le jeu de mots prend, la curiosité s’installe, vous devenez un visiteur potentiel de ce site dédié au court métrage. Une fois connecté, vous vous comportez un peu comme au supermarché sauf qu’en vous baladant entre les rayons (animation, fiction, documentaire, ovni), vous prenez plus parti pour des films reconnus ou discrets que pour du thon en boîte ou des éponges qui grattent.

Faites le test. Posez-vous une seule question : comment et où voir les films dits courts ? Invariablement, les mêmes réponses accourent : en salle, dans les festivals, à la télévision, en DVD, sur la toile, … Fatalement, votre pensée vagabonde vers d’autres idées associées : horaires de diffusion tardifs, rendez-vous d’initiés, choix limité, coûts d’acquisition élevés, mauvaise qualité de l’image, …

Imaginons que votre écran favori est celui de votre ordinateur et que votre marotte à vous, c’est de visionner gratuitement des courts métrages dans leur intégralité sur le Net. Vous marquez bien de temps en temps des arrêts sur Youtube et Dailymotion, mais vous êtes rebuté par la mauvaise qualité de l’image, par le piratage illégal ambiant et par les clics pathétiques effectués (les cinq plus moches femmes du monde, les ventres repus des buveurs de bière, les chats qui chantent, …). Que faire, alors ? Renoncer ou alors envisager un tour sur 6nema.com.

Plus en phase avec les droits d’auteurs, la ligne éditoriale, et la haute définition, cette plateforme de partage de vidéos, créée en 2007 par Stéphane Le Viet et Bérangère Condomines, offre à l’internaute la possibilité de regarder, de commenter, d’exporter, et même de diffuser des films courts en toute légalité. Outre son accès libre et la profusion de son catalogue (plus de 600 films, surtout français, allant des années 60 aux années 2000), le site offre la possibilité à toute personne (physique comme morale) détentrice des droits d’un film de le soumettre à la diffusion (en streaming) sur les lettres de sa plateforme. D’une à soixante minutes, toutes les durées sont autorisées, sans restriction de genre ni de mode de production. En revanche, l’équipe de 6nema.com valide systématiquement tous les titres soumis et reverse 50% des recettes publicitaires aux ayants droit, en proportion du trafic généré par les films. Ce passage-ci intéressera potentiellement les réalisateurs et les producteurs de films en quête de visibilité, de reconnaissance et de quelques sous.

Et les films, que valent-ils ? Comme aux puces, il y en a pour tous les goûts (fiction, animation, documentaire, ovni), et il suffit d’un hasard pour avoir un coup de cœur. En trois ans d’existence, 6nema.com a convié quelques personnalités et structures de production renommées ainsi que des films plus modestes, souvent auto-produits, et des auteurs plus effacés et récents que les autres. Tour de piste avec cinq hasards à partager.

Plaisir d’offrir de François Morel et Marc Henri Dufresne

plaisir

Produit par Lazennec, la boîte de prod’ d’Alain Rocca, « Plaisir d’offrir » est un comédie fort sympathique aux allures vaudevillesques malgré sa nationalité (française), portée par un couple improbable au cinéma : Kristin Scott Thomas et François Morel.

Si aujourd’hui, il n’est pas rare de voir Kristin Scott Thomas dans des films français (« Ne le dis à personne », « Il y a longtemps que je t’aime », « Partir », etc.) mais il y a 16 ans, ce n’était pas spécialement le cas. Femme de principes, elle campait le rôle de Claire, une femme supportant difficilement son mari (François Morel, ex-Deschiens, pré-France Inter), obsédé à l’idée de lui offrir un cadeau pour lui prouver la force de son amour. A la même époque, elle jouait le rôle de Fiona dans un certain « Quatre mariages et un enterrement » de Mike Newell…

Eternelles d’Erick Zonca

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L’histoire de Denis, un jeune homme travaillant pour son père, perturbé par le long sommeil de sa grand-mère et attiré par une cycliste libre.

Grand Prix au Festival de Clermont-Ferrand en 1995, « Eternelles » est le deuxième court métrage d’Erick Zonca à qui on doit le très beau « La Vie rêvée des anges ». Révélant pour la première fois Sylvie Testud, ce court observe le monde rural et les conflits familiaux à travers les beaux yeux d’un adolescent rêveur et sensible.

Lulu de Keren Yedaya

Le temps d’une nuit, une caméra se met à suivre Lulu, une prostituée vivant et travaillant à Tel-Aviv rencontrant des clients, une nouvelle recrue, des problèmes de bas et une fragilité imprévue.

Quelques années avant « Mon trésor », lauréat de la Caméra d’Or à Cannes, la réalisatrice israélienne Keren Yedaya tournait « Lulu », son deuxième court métrage. Les deux films se révélaient proches quant au thème traité (la prostitution), la mise en scène (épurée), le cinéma livré (brut) et la féminité de l’interprétation (Tamar Gruper/Ronit Elkabetz).

Vert quoi, vers où de Gérard Cherqui

Un jeune éboueur traversé par un dialogue intérieur a l’habitude de fermer les yeux quand le trop beau s’approche de lui. Un jour, il percute un individu qui a lui aussi le regard clos.

Bien avant d’envisager une quelconque « Tournée », Mathieu Amalric jouait dans « Vert quoi, vers où », un film caractérisé par l’une de ses premières apparitions à l’écran, deux ans avant « La Sentinelle ». Il y révèle déjà des bribes de talent : une voix extatique, un regard percutant et un jeu toute en finesse.

Maître Galip de Maurice Pialat

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Partie intégrante d’une série de films de commande sur la Turquie (chroniques turques), « Maître Galip » dresse le portrait du pays et du quotidien des habitants à partir d’un texte de Nazim Hikmet, grand poète controversé intra-muros.

Images filmées. Poèmes lus. Superbes gros plans d’enfants. Ce documentaire scrute le réel et ne le lâche pas, révélant une Turquie intime et méconnue. Un beau film à l’arrivée, qui doit beaucoup à la caméra de Willy Kurant, directeur photo ayant collaboré à certains films de Pialat, Gainsbourg, Robbe-Grillet et d’autres.

Katia Bayer

Consulter les fiches techniques de « Plaisir d’offrir », « Lulu », « Eternelles », « Vert quoi, vers où », « Maître Galip »

Le site de 6nema.com : www.6nema.com

Concours You Tube : « Un jour dans la vie »

1 monde. 24 heures. 6 milliards de regards. « Un jour dans la vie » est une expérience inédite visant à créer un film documentaire à partir de vidéos réalisées par des internautes du monde entier.

Le 24 juillet, vous aurez 24 heures pour tourner un moment de votre vie. Les vidéos les plus intéressantes et les plus originales seront incluses dans un documentaire expérimental co-produit par Ridley Scott et réalisé par Kevin Macdonald.

Les cinéastes amateurs retenus seront mentionnés au générique en qualité de metteurs en scène associés. Vingt d’entre eux feront le déplacement au festival du film indépendant de Sundance en janvier 2011 lors de la première du projet. Les modalités de participation sont disponibles sur la chaîne officielle du projet Life in a day.

Plus d’informations ? Glissez votre souris  ici.

Cartoon d’Or 2010, les 5 nominés

Les finalistes sont les suivants:

– « A Family Portrait », Joseph Pierce, GB (4′ 40 »)

– « Krokodill », Kaspar Jancis, Estonie (17′)

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– « Logorama », H5 (François Alaux, Hervé de Crécy & Ludovic Houplain), France (16′ 5 »)

– « Sinna Mann », Anita Killi, Norvège (20′)

– « The Tale of Little Puppetboy », Johannes Nyholm, Suède (18′)

Le nom du gagnant sera annoncé le vendredi 17 septembre à Sopron en Hongrie, lors du Magyar Cartoon Forum, plate-forme de coproduction pour les séries d’animation. La soirée débutera par la projection des cinq films nominés devant un parterre de professionnels du secteur. Le vainqueur remportera un trophée ainsi qu’une aide financière de 10 000 EUR, grâce au soutien du Programme MEDIA de l’Union européenne.

Les festivals partenaires du Cartoon d’Or 2010 sont : AniFest – Teplice (République tchèque); Anima – Bruxelles (Belgique); Cinanima – Espinho (Portugal); Encounters Short Film Festival – Bristol (Grande-Bretagne); Festival International du Film d’Animation – Annecy (France); Fredrikstad Animation Festival – Fredrikstad (Norvège); Holland Animation Film Festival – Utrecht (Pays-Bas); I Castelli Animati – Genzano di Roma (Italie); Internationales Trickfilm Festival Stuttgart – Stuttgart (Allemagne); « Cartoon East », the Eastern European festivals coalition (Bosnie Herzégovine, Croatie, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie).

Concours One Day One Movie : appel à projets

Pour concourir, une phase de présélection retiendra 15 équipes. Pour participer à cette première étape il est demandé de réaliser un dossier de présentation comprenant une lettre de motivation, un synopsis de 200 mots maximum sur le thème « Les écrans du futur dans la vie quotidienne ». Le dossier peut être agrémenté de photos, dessins, croquis, illustrations, vidéo. Ces éléments devront être fournis sur un support numérique ou via un lien vers un blog, site web…

Les inscriptions s’effectuent sur le site web www.satis-expo.com et la date de clôture pour l’envoi des dossiers est fixée au 30 septembre. Le concours est ouvert aux créateurs, auteurs, réalisateurs, étudiants… Pour remplir le formulaire d’inscription, cliquer ici.

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Le concours se déroulera sur 24 heures « de midi le 19 octobre à midi le 20 octobre ». Les équipes tourneront avec leur propre moyen et finaliseront leur programme afin de livrer un programme d’une durée inférieure ou égale à 2 minutes encodé pour une diffusion sur le web. Le thème du concours sera dévoilé lors de l’accueil des équipes sur le salon. Le jury visionnera les contenus dans l’après-midi et remettra les prix dans la soirée.

Bastien Dubois : “J’ai passé un an et demi à chercher de l’argent pour faire un film sur Madagascar sans jamais y avoir mis les pieds”

La première fois, c’était à Anima, dans les couloirs de l’Espace Flagey. Après, il y eut la séance des Lutins où il récupéra son prix du meilleur film d’animation, assis sur scène. La dernière rencontre fut la bonne : Bastien Dubois, réalisateur de Madagascar, carnet de voyage, se pointa aux Grands Boulevards, boucle d’oreille à droite, rendez-vous à gauche et t-shirt illustré au centre.

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Format Court : Assez tôt, tu as eu envie d’être carnettiste. Qu’est-ce qui t’attirait particulièrement dans les carnets de voyage ?

Bastien Dubois : Je pense qu’au-delà du carnet, c’était surtout le voyage qui m’intéressait. Le carnet, c’est plus un moyen d’expression. D’une part, ça donne un objectif à ton voyage, d’autre part, ça facilite vraiment les rencontres. Quand tu es en train de dessiner, il y a toujours quelqu’un qui va s’approcher, s’arrêter, te poser des questions. Lors de certains voyages, je me suis retrouvé sans argent, mais mes dessins me permettaient de survivre. Dans le Grand Bazar d’Istanbul, j’ai rencontré un homme qui possédait toute une rue et qui m’a demandé de dessiner l’un de ses magasins. J’ai payé 20 nuits d’hôtel grâce à ce dessin. À Naples, j’avais perdu ma carte bleue, j’arrêtais les touristes pour faire leur portrait, avec des dessins accrochés à mon sac à dos. Quand on voyage en groupe, on fait peu de rencontres, quand on voyage seul, on en fait un peu, quand on dessine, on en fait encore plus.

En rentrant d’un de ces voyages, tu t’es inscrit à Supinfocom, à Valenciennes. Tu avais des repères en animation ?

B.D. : Pas trop… En arrivant à Supinfocom, je n’avais aucune idée de ce qu’était réellement le milieu du court métrage d’animation. J’étais allé à quelques nuits d’animation et à très peu de festivals. Au départ, je me voyais même plus dans la BD, le jeu vidéo, l’illustration, la création de sites Internet que dans la réalisation.

Qu’est-ce qui t’a poussé vers la réalisation alors ?

B.D. : Supinfocom est une école de techniciens. Quand j’ai commencé, on faisait de l’ordinateur toute la journée, il me fallait une échappatoire car ce n’était pas une finalité pour moi. Je voulais voyager, faire des choses hors des chemins battus.

Quand je suis revenu d’Istanbul en 2004, j’ai commencé directement Supinfocom. Ça a été un choc parce que je me suis retrouvé à faire quelque chose de très formaté alors que pendant deux mois, j’avais été complètement libre, à faire du stop et à dormir à la belle étoile. L’idée de faire un film sur des carnets de voyages après mes études est apparue. Elle m’offrait un objectif, un point de repère qui m’a permis de tenir pendant les deux ans de Supinfocom. Sans ça, je pense que j’aurais lâché l’école avant parce que j’avais vraiment été dans un état d’esprit de vagabondage et de liberté totale les mois précédents.

Quelle touche personnelle as-tu apporté sur Ah, le film de fin d’études que tu as fait avec Simon Moreau et Joris Bacquet ?

B.D. : Je ne sais pas. Un petit grain de folie (rires) ! Je crois avoir surtout contribué au fait que ce soit aussi sombre et dérangeant. Ce n’est pas évident de répondre après coup. On bossait ensemble, chacun rebondissait sur les idées des autres, c’est vraiment un travail complémentaire. Simon est à la base de l’univers graphique de « Ah ». Après, au niveau du film, de la réalisation, du design, chacun y a mis un peu du sien.

En 2007, après tes études, tu as entrepris un voyage à Madagascar. Qu’est-ce qui t’a incité à raconter une histoire sur ce pays en particulier ? Avais-tu une connaissance préétablie de l’endroit ?

B.D. : Absolument pas. Je savais que je voulais faire un film sur des carnets de voyage mais je n’avais aucune idée du pays que j’allais choisir. Pendant mes études, j’ai rencontre une fille d’origine malgache qui m’a parlé de Madagascar et qui m’en a montré des photos. Petit à petit, l’idée a fait son chemin. Après, j’ai passé un an et demi à chercher de l’argent pour faire ce film sur Madagascar sans jamais y avoir mis les pieds.

Quand je suis arrivé sur place, j’avais juste une base de scénario. J’ai commencé à faire des dessins, à animer sur place. Je louais une chambre dans un orphelinat. J’alternais les voyages et le travail. Quand je ne m’enfermais pas dans ma chambre pour travailler, je faisais des allers-retours pour faire des pauses, trouver des anecdotes, des scènes de vie, esquisser des croquis, prendre des photos et des sons, tourner quelques vidéos. Tout cela me servait de matière première pour créer les dessins nécessaires à la fabrication des plans. J’ai fait la moitié du film sur place, le reste, je l’ai fait en rentrant en France.

Le film entremêle du dessin, de la peinture, de la photo, de la broderie, … Quels ont été tes outils sur place ?

B.D. : Je suis parti avec un ordinateur portable, un appareil photo d’assez bonne qualité pour faire des scans, 10 kg de matériel de dessin (papier, peinture, encre, …). Sur place, j’ai acheté une petite imprimante et j’ai fabriqué une table lumineuse avec un vieux tiroir qu’un charpentier m’a déniché.

Madagascar, carnet de voyage est traversé par des visages. Est-ce que leurs propriétaires l’ont vu, une fois terminé ?

B.D. : Certains, oui. En décembre dernier, je suis retourné pendant un mois à Madagascar, j’ai loué un bus et j’ai emmené des gens qui sont dans le film à le voir à l’Alliance française. Là-bas, il y a un petit cinéma à savoir une salle avec des chaises en plastique et une toile.

Les musiciens n’avaient pas du tout compris qu’on allait voir le film au cinéma. Ils pensaient qu’on allait enregistrer de la musique parce qu’à chaque fois que j’allais les voir, c’était dans ce but, donc ils sont venus au cinéma avec leurs instruments de musique ! Comme il y a eu quelques petits problèmes techniques, on a dû attendre une demi-heure avant que la projection commence. Ils ont alors commencé à jouer dans le cinéma et tout le monde s’est levé et s’est mis à danser ! Quand on a projeté le film, ça a été une expérience géniale. C’était la première fois que les gens que j’avais emmenés allaient au cinéma et ils voyaient un film qui parlait d’eux ! Ils se reconnaissaient, pointaient du doigt l’écran en disant : « Izao ! Izao ! » (« Moi ! Moi ! »).

Pourquoi as-tu décidé de te mettre en scène dans le film ?

B.D. : Ah, tu as remarqué ? C’est quelque chose de très discret. Ce n’est pourtant pas du Antoine de Maximy, avec la caméra en gros plan sur la figure ! Les gens qui me connaissent savent que c’est moi. Si j’avais pu, j’aurais tout fait en vue subjective, je voulais vraiment que le spectateur s’immerge, vive le voyage, mais je me suis dit qu’il fallait par moments qu’il y ait une interaction à l’image pour offrir une crédibilité au film.

Où en es-tu ? Quels sont tes projets actuels ?

B.D. : Je travaille sur un clip et sur un projet de court qui se passera en Papouasie mais qui n’est pas un carnet de voyage comme  Madagascar.

Au vu de ton parcours, qu’est-ce que tu as appris du format court ?

B.D. : Le court offre une liberté et une indépendance au niveau du format, de la durée, et des financements que tu ne trouves pas en long. Néanmoins, un film comme Madagascar coûte relativement cher, donc il a fallu trouver des sous. Après, moi, j’admire beaucoup quelqu’un comme David O’Reilly, l’auteur de Please say something, qui a une technique très simple, qui peut fabriquer un court en deux-trois mois, qui s’auto-produit, qui utilise de la 3D et qui ne fait pas de rendu ni de compositing. Je suis complètement admiratif de la créativité et de l’énergie que développe ce mec parce qu’il est complètement libre d’être juste dans la narration et de faire exactement ce qu’il veut très rapidement. C’est quelque chose que je lui envie beaucoup parce que moi, dès que je veux mettre un truc en place, ça prend des mois (rires) !

Tu le lui as dit ?

B.D. : Oui, bien sûr, on en parle souvent. C’est un très bon pote !

Propos recueillis par Katia Bayer

Article associé : la critique du film

Nisimasa : concours de scénario

Prix : 2 sessions d’atelier de réécriture encadrés par des scénaristes et producteurs européens professionnels.

Règlement : https://sites.google.com/site/rulescallforscript2010/european-short-pitch-call-for-script-2010

Vous trouverez ici des informations sur l’édition 2009/2010 : http://www.nisimasa.com/ ?q=node/291

Une partie des films développés dans le cadre des éditions 2007, 2008 et 2009 du projet « European Short Pitch » ont été projetés à Cannes cette année : www.semainedelacritique.com/films/2010/2010_invit_nisimasa.php

Date limite : 31 juillet 2010.

Contact : nisimasafrance@yahoo.fr
tél : 06.74.15.42.58
www.nisimasa.com

NISI MASA FRANCE
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L’association NISI MASA France est membre de NISI MASA, un réseau européen de jeunes cinéphiles fondé en 2001 et présent aujourd’hui dans 19 pays. Il vise à découvrir de nouveaux talents du jeune cinéma européen, à mener en Europe des projets interculturels autour du cinéma et à créer un espace de discussion et de collaboration entre jeunes réalisateurs européens.