Tous les articles par Katia Bayer

Festival Format Court 2026, le Jury Etudiant

Dernier jury dévoilé pour cette 7e édition : le Jury Étudiant. Composé d’Adèle Collette (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Ghazal Ghorbani (EICAR), Sohan Pascaud (ESRA), Clara Jimenez (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle) et Anouk Le Lay (Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), ce jury réunit cinq regards en formation, appelés à porter une attention singulière aux 23 films en compétition, tout comme le Jury professionnel et le Jury Presse. À l’issue du festival, il remettra son propre prix.

Nouveau rendez-vous au Jeu de Paume autour d’Arco d’Ugo Bienvenu

Quelques jours avant notre festival, nous vous donnons rendez-vous le jeudi 2 avril 2026 à 19h au Musée du Jeu de Paume à Paris pour une projection exceptionnelle d’Arco, en présence de l’équipe du film. Cette soirée est organisée par Avant-Garde Foundation, en partenariat avec Format Court. La projection sera suivie d’un échange avec le public, puis d’un verre convivial.

Lors de cette soiréeUgo Bienvenu, auteur de nombreux courts métrages et clips, présentera son film Arco — récompensé notamment par le Cristal du long métrage au Festival d’Annecy 2025, les César du Meilleur film d’animation et de la Meilleure musique originale en 2026, et récemment nommé aux Oscars 2026 — en compagnie de Félix de Givry (co-scénariste), Arnaud Toulon (compositeur) et Margot Ringard Oldra (comédienne).

Sorti en salles en octobre 2025, Arco est un film d’animation poétique et lumineux, qui explore la rencontre entre les mondes — présent et futur —, l’enfance, et les changements que nous espérons tous, et qui parfois adviennent. Premier long métrage d’Ugo Bienvenu, Arco marque également la première production du studio Remembers et le premier long métrage de son compositeur Arnaud Toulon.

Depuis le 17 mars 2026, le film est disponible en DVD et en VOD (critique en ligne). À cette occasion, nous organisons un jeu-concours et vous offrons 3 exemplaires du DVD.

En pratique

– Projection-rencontre : Arco de Ugo Bienvenu, en sa présence et celle de l’équipe, jeudi 2 avril 2026 à 19h au Musée du Jeu de Paume, 1 Pl. de la Concorde, 75008 Paris

– Durée du film : 88′

– Tarifs et réservations à retrouver en ligne. Sont acceptées les cartes UGC et Pathé (au guichet seulement) et CIP (à distance et au guichet)

 

Festival Format Court 2026, Compétition 5

Notre 7ème Festival Format Court vous accueillera du mercredi 8 au dimanche 12 avril 2026, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Pour info/rappel, nos 5 programmes de films en compétition seront évalués par nos 3 jurys (professionnel, presse et étudiant) mais aussi par le public qui pourra voter à l’issue de chaque séance.

Voici les horaires des séances en compétition :

Compétition 1 : Mercredi 8 à 21h
Compétition 2 : Jeudi 9 à 21h 
Compétition 3 : Vendredi 10 à 21h
Compétition 4 : Samedi 11 à 19h
– Compétition 5 : Samedi 11 à 21h

Le palmarès des films en compétition aura lieu le dimanche 12 avril à 19h au Studio des Ursulines en présence des jurys et des lauréats.

Voici le détail des films projetés lors de la cinquième compétition du festival le samedi 11 avril à 21h. La projection sera suivie d’une rencontre avec les équipes présentes.

La billetterie est accessible sur place mais aussi en ligne (conditions tarifaires en bas de page).


Programmation

TN Sensible de Juliette Moncuit. Fiction – 9’ – France – 2025 – Autoproduction – sélectionné sélectionné à l’Off-courts du Festival de Trouville 2025. En présence de l’équipe du film

Sur le perron d’un mobil-home surplombé par les tours de la ville, Naïm aperçoit Léa au loin. Il a quelque chose pour elle. Méfiante comme curieuse, elle le rejoint. Une rencontre fragile, troublée par le regard du groupe et la violente latente.

Murs de Basile Charpentier. Fiction – 23’ – France – 2025 – O+ Productions – Prix du jury étudiant à Clermont-Ferrand 2026. En présence du réalisateur

Éric est un homme de quarante-cinq ans. Il fouille avec avidité dans les vêtements d’un magasin d’enfants puis entrouvre une cabine d’essayage. Une cliente l’interpelle violemment. Éric part en courant.

Al Basateen d’Antoine Chapon. Documentaire – 24’ – France – 2025 – Petit Chaos – sélectionné au Festival de Berlin 2025

En 2015 à Damas, le quartier Basateen al-Razi a été rasé pour punir la population de s’être soulevée contre le régime de Bachar al-Assad. Ce lieu doit céder sa place à Marota City, un projet de quartier moderne et connecté de 80 gratte-ciels. Alors qu’ils ont tout perdu, deux anciens habitants se remémorent leur quartier où se trouvaient leurs maisons et les plus vieux vergers de la ville. À travers leurs témoignages et le détournement d’animations 3D du régime, la mémoire s’éveille et résiste à cet effacement programmé.

Par-delà, le monde de Théo Sixou. Fiction – 10’ – France – 2024 – Le Bal – Prix du Jury au festival Prototype 2026. En présence du réalisateur

Anthony, élève qui dort tout le temps, fait des rêves capables d’influencer le monde réel. Un jour, il se réveille avec le pull de son ami Mihai, disparu quelques jours plus tôt. Ce jour-là, les élèves présentaient des exposés sur les contes et légendes de leurs pays d’origine.

Au bain des dames de Margaux Fournier.  Documentaire – 30’ – France – 2025 – Caviar, Les Films de Nout – César du meilleur court-métrage documentaire 2026. En présence de la productrice Audrey Smadja Iritz

Tous les jours, Joëlle rejoint ses amies retraitées sur la plage du Bain des Dames, à Marseille. Comme dans un théâtre à ciel ouvert, elles rient, parlent d’amour, de sexe, de corps qui changent et refont le monde avec la liberté de celles qui n’ont plus rien à prouver.

En pratique

Compétition 5, le samedi 11 avril 2026 à 21h
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg, Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton.

– Billetterie relative à cette séance sur place et en ligne 
– Tarifs plein : 8,50€. Réduit : 7€. -26 ans : 6€.  -15 ans : 5€. Carte UGC illimité, carte des Cinémas Indépendants Parisiens + carte Pathé (CinéPass) + toutes les contremarques acceptées par le cinéma. Achats en ligne majorés de 0,40€ par place.

Arco d’Ugo Bienvenu

Ce mardi 17 mars est sorti, pour notre plus grand plaisir, le DVD du film Arco, dont nous vous offrons 3 exemplaires. Sorti en salles le 22 octobre 2025, ce premier long-métrage d’animation d’Ugo Bienvenu a marqué l’année 2025 et une partie de celle de 2026. Sélectionné au Festival de Cannes, il a remporté ensuite le Cristal du long-métrage au Festival d’Annecy, avant d’être nommé aux Oscars 2026 du meilleur film d’animation et de décrocher les César 2026 du meilleur film d’animation et de la meilleure musique originale. Le récit suit la rencontre entre Iris, une fillette de dix ans vivant en 2075, et Arco, un mystérieux garçon venu de l’an 2932. Grâce à sa cape arc-en-ciel qui lui permet de voyager dans le temps, Arco se retrouve accidentellement projeté dans le passé. Iris décide alors de l’aider à retrouver son époque.

Lorsque le futur rencontre le futur, Arco propose avant tout une réflexion sur notre société et sur ce que pourrait être son devenir. Le film interroge le spectateur sur sa propre époque à travers le contraste entre les deux temporalités qu’il met en scène. Le monde d’Iris, situé en 2075, fascine autant qu’il met mal à l’aise, tant il apparaît comme une évolution crédible de notre présent : parents souvent absents mais présents par hologramme, robot humanoïde chargé des tâches domestiques, ou encore phénomènes climatiques extrêmes qui semblent faire partie du quotidien. Ce futur proche, à la fois familier et inquiétant, permet au spectateur d’entrer rapidement dans le récit et de s’identifier aux personnages.

À l’inverse, l’époque d’Arco, située en 2932, pourrait sembler plus primitive à première vue. Pourtant, ce monde suspendu au-dessus des nuages révèle une société qui semble avoir trouvé un équilibre profond entre l’humain et la nature. Les habitants y vivent dans des structures aériennes et adoptent un mode de vie presque organique. Une scène introductive marquante montre Arco et sa famille dormant dans des tubes en apesanteur, image qui évoque presque des fœtus dans un ventre maternel. Dès ces premières images, le film suggère une société ayant atteint une forme d’harmonie avec son environnement, avec son corps et avec elle-même, malgré le mystère persistant de la Terre ferme, devenue invisible sous la couche de nuages.

Malgré la distance temporelle qui sépare Iris et Arco, leur rencontre s’impose rapidement comme le cœur émotionnel du film. La curiosité et la détermination d’Iris répondent à la douceur et à l’étrangeté d’Arco, créant une dynamique attachante qui structure leur relation. Autour d’eux gravitent plusieurs figures secondaires, à commencer par Clifford, le robot domestique qui accompagne Iris dans son quotidien, doublé par Nathanaël Perrot, ainsi que les triplés, personnages plus furtifs et burlesques qui ponctuent le récit. Ces figures enrichissent l’univers du film sans détourner l’attention de cette amitié centrale. Le travail des comédiens de doublage, Margot Ringard Oldra, Oscar Tresanini, Nathanaël Perrot, Alma Jodorowsky, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel et William Lebghil, contribue également à cette justesse : leurs interprétations donnent aux personnages une présence sensible et facilitent l’attachement du spectateur.

L’animation 2D joue également un rôle central dans l’identité du film. À l’heure où ce style est souvent délaissé au profit de la 3D, Arco en rappelle toute la force expressive. Le film déploie une grande richesse visuelle, notamment dans le travail de la lumière et dans la conception de ses différents univers. On reconnaît clairement l’influence du parcours d’Ugo Bienvenu dans la bande dessinée : la mise en scène privilégie souvent des plans fixes, de légers panoramiques proches de la logique de la case, ou encore de délicats travellings. Ce rythme visuel plus contemplatif laisse le temps d’observer les détails et de pleinement apprécier la composition des images.

Sur le plan narratif, certains critiques ont souligné une parenté avec les récits du studio Ghibli. Cette influence existe sans doute, notamment dans la manière de mêler aventure, contemplation et réflexion écologique. Toutefois, c’est peut-être surtout la bande originale qui évoque le plus directement cet héritage. Les compositions d’Arnaud Toulon rappellent le style de Joe Hisaishi, célèbre pour ses collaborations avec Hayao Miyazaki. Cette proximité musicale renforce la dimension poétique du film et accompagne parfaitement la sensibilité visuelle et émotionnelle de Arco. Dans tous les cas, cette filiation musicale contribue à donner au film une grande ampleur et une réelle intensité émotionnelle.

Le DVD propose également de nombreux suppléments permettant d’approfondir le visionnage du film. Plusieurs making-of, notamment sur la genèse d’Arco et sur la création du studio de production Remembers. Ugo Bienvenu et Félix de Givry (coscénariste du film et cofondateur du studio de production) y racontent leur rencontre, les années de développement du projet, leurs inspirations, ainsi que leur volonté de créer un studio indépendant, pensé comme un véritable espace de création, à l’écart des pressions habituelles de l’industrie. On y découvre également l’intervention des deux coproductrices, Natalie Portman et Sophie Mas, dont le soutien, à travers leur société MountainA, a permis au projet d’obtenir les financements nécessaires à la réalisation du long métrage. Un autre making-of est consacré à la composition musicale du film. Le compositeur Arnaud Toulon y explique son processus de création, entamé dès 2020, et détaille son travail autour d’une musique à la fois chorale et orchestrale. L’utilisation de chœurs et d’accompagnements à cordes vise à exprimer le caractère intemporel du récit et à traduire musicalement l’univers d’Arco. La participation de l’Orchestre de l’Opéra de Paris, dont les musiciens ont interprété la partition, contribue à renforcer l’ampleur et la puissance de la bande originale. Enfin, un dernier making-of est consacré au travail d’animation. En comparant les animatiques avec les séquences finales, il permet de mesurer le chemin parcouru durant la fabrication du film. Les commentaires du réalisateur et des animateurs éclairent leurs choix artistiques et offrent un regard précis sur les intentions qui ont guidé la mise en images.

En complément de ces making-of, le DVD propose également le court métrage L’Entretien, réalisé par Ugo Bienvenu et Félix de Givry en collaboration avec l’Opéra de Paris. Ce film, à la forme plus libre et expérimentale, fait écho à l’univers d’Arco, notamment par la présence du même robot que dans le long métrage, prolongeant ainsi certaines de ses thématiques et de son imaginaire visuel. Le DVD inclut aussi plusieurs clips réalisés par Ugo Bienvenu. S’ils ne sont pas directement liés à Arco sur le plan narratif, ils permettent néanmoins de prolonger l’expérience en retrouvant son univers graphique singulier. Dans « Fog » de Jabberwocky (feat. Ana Zimmer), on aperçoit notamment les lunettes arc-en-ciel des triplés, tandis que dans « Sphere of Existence » d’Antoine Kogut, on retrouve également le robot Clifford. Ces échos visuels offrent un éclairage complémentaire sur la cohérence de sa démarche artistique.

Paul Esquerré

Pour information, une projection exceptionnelle d’Arco, en présence de l’équipe du film, aura lieu le jeudi 2 avril à 19h au cinéma Le Jeu de Paume. Cette soirée est co-organisée par Avant-Garde Foundation et Format Court.

 

Festival Format Court 2026, Compétition 4

Notre 7ème Festival Format Court vous accueillera du mercredi 8 au dimanche 12 avril 2026, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Pour info/rappel, nos 5 programmes de films en compétition seront évalués par nos 3 jurys (professionnel, presse et étudiant) mais aussi par le public qui pourra voter à l’issue de chaque séance.

Voici les horaires des séances en compétition :

Compétition 1 : Mercredi 8 à 21h
Compétition 2 : Jeudi 9 à 21h 
Compétition 3 : Vendredi 10 à 21h
– Compétition 4 : Samedi 11 à 19h
Compétition 5 : Samedi 11 à 21h

Le palmarès des films en compétition aura lieu le dimanche 12 avril à 19h au Studio des Ursulines en présence des jurys et des lauréats.

Voici le détail des films projetés lors de la quatrième compétition du festival le samedi 11 avril 19h. La projection sera suivie d’une rencontre avec les équipes présentes.

La billetterie est accessible sur place mais aussi en ligne (conditions tarifaires en bas de page).


Programmation

Au bord du volcan de Jorge Granados Ross. Fiction – 21’ – Mexique, France – 2025 – Le Plein de Super –  Prix du meilleur court-métrage de fiction au Festival de Morelia 2025.

Salva et Rafa ont décidé d’accompagner de proches amis pour des vacances sur une île isolée du Pacifique. Mais les bons moments prennent fin quand Rafa apprend que son ex-mari est mort brutalement. Le monde autour d’eux semble s’effondrer et leurs relations vont bientôt suivre le même chemin.

La Juventud es una isla de Louise Ernandez. Fiction – 30’ – France – 2024 – Le Fresnoy – Prix du public au FID Marseille 2025. En présence de la réalisatrice

Yasse, un influent YouTuber cubain navigue entre isolement et connectivité dans un Cuba à la fois moderne et en ruines. Il entame un voyage intérieur, où les murmures de la technologie et les chants des oiseaux se mêlent, reflétant l’état figé et clos de son monde.

La virginité de Guillaume Boulay. Animation, documentaire – 5’ – France – 2024 – sélectionné au Carrefour de l’animation 2025. En présence du réalisateur

Au Kurdistan une petite fille, qui ignore l’existence des règles, croit avoir perdu sa virginité et se prépare à en affronter les conséquences.

Playground de Clément Dupeux. Fiction – 15’ – France – 2024 – Autoproduction – sélectionné au Festival de Clermont-Ferrand 2025. En présence de l’équipe du film

Tom a de la fièvre. Une nuit, il décide de partir à l’aventure.

Une fenêtre plein sud de Lkhagvadulam Purev-Ochir. Fiction – 20’ – France, Mongolie – 2025 – Aurora Films, Guru Media – sélectionné au festival de Locarno 2025. En présence de l’équipe du film

Azaa et Shaghai, bientôt trente ans, vivent à Oulan-Bator avec leur fille de six ans. Au bord de la rupture, le couple cherche un bonheur perdu en visitant des appartements vides. Coincés dans des embouteillages monstrueux, la dispute éclate.

En pratique

Compétition 4, le samedi 11 avril 2026 à 19h
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg, Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton.

– Billetterie relative à cette séance sur place et en ligne
– Tarifs plein : 8,50€. Réduit : 7€. -26 ans : 6€.  -15 ans : 5€. Carte UGC illimité, carte des Cinémas Indépendants Parisiens + carte Pathé (CinéPass) + toutes les contremarques acceptées par le cinéma. Achats en ligne majorés de 0,40€ par place.

Festival Format Court 2026, Compétition 3

Notre 7ème Festival Format Court vous accueillera du mercredi 8 au dimanche 12 avril 2026, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Pour info/rappel, nos 5 programmes de films en compétition seront évalués par nos 3 jurys (professionnel, presse et étudiant) mais aussi par le public qui pourra voter à l’issue de chaque séance.

Voici les horaires des séances en compétition :

Compétition 1 : Mercredi 8 à 21h
Compétition 2 : Jeudi 9 à 21h 
– Compétition 3 : Vendredi 10 à 21h
Compétition 4 : Samedi 11 à 19h
Compétition 5 : Samedi 11 à 21h

Le palmarès des films en compétition aura lieu le dimanche 12 avril à 19h au Studio des Ursulines en présence des jurys et des lauréats.

Voici le détail des films projetés lors de la troisième compétition du festival le vendredi 10 avril 21h. La projection sera suivie d’une rencontre avec les équipes présentes.

La billetterie est accessible sur place mais aussi en ligne (conditions tarifaires en bas de page).


Programmation

S the Wolf de Sameh Alaa. Animation – 10’ – France – 2025 – Salt for Sugar Films – Prix du public et Prix du meilleur scénario au Festival d’animation d’Ottawa 2025. En présence du réalisateur

Assis dans sa chambre d’enfance, un homme se remémore les bouleversements de son adolescence. Au fil de pensées intimes et sinueuses, toutes reliées à ses cheveux, qu’ils tombent ou repoussent, se dessine progressivement le sens plus vaste de son existence.

Feu fantôme de Morgane Ambre. Documentaire – 28’ – France – 2024 – La Petite Ellipse – sélectionné au Festival du film court de Kiev 2025. En présence de l’équipe du film

Il y a longtemps, j’ai été violée par un garçon que j’appréciais beaucoup. Quelques années plus tard, il m’a recontactée pour prendre la responsabilité de ses actes. Ce film est notre lettre ouverte à la culture du viol.

Wassupkaylee de Pepi Ginsberg. Fiction – 18’ – France, Etats-Unis – 2024 – Yukunkun Productions – sélectionné au Festival Palm Springs 2025

Kaylee, une jeune influenceuse de dix-sept ans, vit ses premiers jours au sein d’une TikTok House où elle peine à s’intégrer. Alors qu’elle se lie d’amitié avec un influenceur populaire, elle entrevoit enfin la possibilité d’accéder à la célébrité.

Odonata d’Adrien Fonda. Fiction – 29’ – France – 2025 – In The Cut – sélectionné au Festival Premiers Plans d’Angers 2026. En présence de l’équipe du film

Face à la catastrophe dans laquelle s’engouffre le monde, Sully a choisi la solitude. Mais cet été, l’arrivée de Jeanne avec sa copine Romane vient tout bouleverser. Malgré elle, Romane fait naître chez Sully un désir brûlant.

En pratique

Compétition 3, le vendredi 10 avril 2026 à 21h
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg, Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton.

– Billetterie relative à cette séance sur place et en ligne 
– Tarifs plein : 8,50€. Réduit : 7€. -26 ans : 6€.  -15 ans : 5€. Carte UGC illimité, carte des Cinémas Indépendants Parisiens + carte Pathé (CinéPass) + toutes les contremarques acceptées par le cinéma. Achats en ligne majorés de 0,40€ par place.

Festival Format Court 2026, Compétition 2

Notre 7ème Festival Format Court vous accueillera du mercredi 8 au dimanche 12 avril 2026, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Pour info/rappel, nos 5 programmes de films en compétition seront évalués par nos 3 jurys (professionnel, presse et étudiant) mais aussi par le public qui pourra voter à l’issue de chaque séance.

Voici les horaires des séances en compétition :

Compétition 1 : Mercredi 8 à 21h
– Compétition 2 : Jeudi 9 à 21h 
Compétition 3 : Vendredi 10 à 21h
Compétition 4 : Samedi 11 à 19h
Compétition 5 : Samedi 11 à 21h

Le palmarès des films en compétition aura lieu le dimanche 12 avril à 19h au Studio des Ursulines en présence des jurys et des lauréats.

Voici le détail des films projetés lors de la deuxième compétition du festival le jeudi 9 avril 21h. La projection sera suivie d’une rencontre avec les équipes présentes.

La billetterie est accessible sur place mais aussi en ligne (conditions tarifaires en bas de page).


Programmation

Le mouvement tragique des sphères de Simon Rieth. [Trigger Warning : montage et images épileptiques] Fiction, expérimental – 13’ – France – 2025 – Les Films du Poisson – sélectionné au Festival de Rotterdam 2026. En présence du réalisateur

1995, elle découvre l’existence des sphères. 2024, il cherche une trace de leurs passages. Une mère et son fils face aux secrets tragiques dont nous sommes les héritiers. D’une photo de classe à une prise de vue satellite, le récit d’une révélation.

Dancing Pigeons de Christofer Nilsson. Fiction – 23’ – Suède, France –  Origine Films, Rattunge Productions – 2025 – Prix du public au festival d’Uppsala (Suède) 2025. En présence de l’équipe

Un médium voit sa grande séance interrompue lorsqu’une spectatrice refuse de le laisser terminer le spectacle sans qu’il lui ait parlé à son ex-mari décédé.

Histoire intérieure de Lorenzo Bianchi. Fiction – 22’ – France – 2025 – Société Acéphale – sélectionné au Festival Côté Court 2025. En présence du réalisateur

Dans un village isolé du Cantal, à l’orée du jour, les rêves d’une jeune mère et de son fils adolescent se croisent, faisant surgir une blessure enfouie.

Autokar de Sylwia Szkiłądź. Animation, fiction – 17’ – Belgique, France – 2025 – Ozù Productions, Studio Amopix, Vivi Film, Novanima – sélectionné au Festival de Berlin 2025

Dans les années 1990, Agata, 8 ans, quitte la Pologne pour la Belgique. Son regard transforme la réalité migratoire en une expérience initiatique.

Habibi d’Alexey Evstigneev. Fiction – 15’ – France – 2025 – Moderato – sélectionné au Festival de Varsovie 2025. En présence de l’équipe du film

Kazakhstan. Laura et Daur vivent dans un village isolé de haute montagne. Aujourd’hui, Laura doit se rendre en ville pour accoucher.

En pratique

Compétition 2, le jeudi 9 avril 2026 à 21h
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg, Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton.

– Billetterie relative à cette séance sur place et en ligne 
– Tarifs plein : 8,50€. Réduit : 7€. -26 ans : 6€.  -15 ans : 5€. Carte UGC illimité, carte des Cinémas Indépendants Parisiens + carte Pathé (CinéPass) + toutes les contremarques acceptées par le cinéma. Achats en ligne majorés de 0,40€ par place.

Festival Format Court 2026, Compétition 1

Notre 7ème Festival Format Court vous accueillera du mercredi 8 au dimanche 12 avril 2026, au Studio des Ursulines (Paris, 5ème). Pour info/rappel, nos 5 programmes de films en compétition seront évalués par nos 3 jurys (professionnel, presse et étudiant) mais aussi par le public qui pourra voter à l’issue de chaque séance.

Voici les horaires des séances en compétition :

– Compétition 1 : Mercredi 8 à 21h
Compétition 2 : Jeudi 9 à 21h 
Compétition 3 : Vendredi 10 à 21h
Compétition 4 : Samedi 11 à 19h
Compétition 5 : Samedi 11 à 21h

Le palmarès des films en compétition aura lieu le dimanche 12 avril à 19h au Studio des Ursulines en présence des jurys et des lauréats.

Voici le détail des films projetés lors de la première compétition du festival le mercredi 8 avril 21h. La projection sera suivie d’une rencontre avec les équipes présentes.

La billetterie est accessible sur place mais aussi en ligne (conditions tarifaires en bas de page).


Programmation

Une fugue d’Agnès Patron. Animation – 15’ – France – 2025 – Sacrebleu Productions – sélectionné à la Semaine de la Critique 2025. En présence de la réalisatrice

Une nuit d’été, Frère et Sœur s’échappent vers la rivière. La fugue est douce jusqu’à ce que Frère disparaisse dans le sous-bois. Jeu d’enfant, ruse de la forêt ou cruauté silencieuse ? Sœur se souvient de tout, ses yeux noirs, ses épaules fines comme des ailes, le chemin qu’il connaissait par cœur. De Frère, elle n’a rien oublié.

Muscle de Lucas Duchemin. 1er film. Fiction – 27’ – France – 2025 – Société Acéphale – sélectionné au Festival Côté Court 2025. En présence du réalisateur

Mansour, jeune homme solitaire, a rendez-vous avec Laurence, une étudiante qu’il paye pour passer la nuit avec lui. Le contrat est défini, mais les contours craquent.

Crève-cœur d’Yndi Da Silva et Pierre Nativel. Fiction – 16’ – France – 2025 – Errances Productions, Grand Musique Management – Première sélection en festival. En présence de l’équipe du film

Dans un royaume de verdure et de songes, un chevalier errant croise la mélodie d’un troubadour. Dans ce conte muet, leur rencontre ouvre un chant d’amour fragile, où la beauté se confond avec la perte.

Ne réveillez pas l’enfant qui dort de Kevin Aubert. Fiction – 27’ – Sénégal, France, Maroc – 2024 – La Luna Productions, Tangerine Productions, Free Monkeyz – Grand Prix du Jury au Festival d’Angers 2026. En présence de l’équipe du film

Diamant est une jeune dakaroise de 15 ans qui rêve de faire des films, seulement sa famille a d’autres plans pour elle. Le matin d’un rendez-vous auquel elle ne veut surtout pas se rendre, elle ne se réveille pas. Devant l’urgence de la situation, ses proches vont tout faire pour tenter de la réveiller.

En pratique

Compétition 1, le mercredi 8 avril 2025 à 21h
– Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
– Accès : RER B Luxembourg, Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton.

– Billetterie relative à cette séance sur place et en ligne 
– Tarifs plein : 8,50€. Réduit : 7€. -26 ans : 6€.  -15 ans : 5€. Carte UGC illimité, carte des Cinémas Indépendants Parisiens + carte Pathé (CinéPass) + toutes les contremarques acceptées par le cinéma. Achats en ligne majorés de 0,40€ par place.

Les courts primés aux Oscars 2026

La 98ème cérémonie des Oscars a eu lieu cette nuit. Sur les 15 titres retenus en fiction, animation et documentaire, 4 courts-métrages ont été distingués par l’Académie.

– Oscar du meilleur court-métrage de fiction, ex aequo :

The Singers de Sam A. Davis et Jack Piatt

Deux personnes échangeant de la salive d’Alexandre Singh et Natalie Musteata

Article associé : critique du film et l’interview des productrices Valentina Merli et Violeta Kreimer

– Oscar du meilleur court-métrage d’animation : The Girl Who Cried Pearls de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski

– Oscar du meilleur court-métrage documentaire : All the Empty Rooms de Joshua Seftel et Conall Jones

Festival Format Court, Masterclass Carine Tardieu !

À l’occasion de notre prochaine édition (8-12 avril, Studio des Ursulines), nous sommes ravis de vous convier à la 2ème Master Class de Format Court. Après avoir accueilli Boris Lojkine au festival l’an passé, nous avons le plaisir d’inviter Carine Tardieu, réalisatrice et co-scénariste de L’Attachement, sélectionné à la Mostra de Venise 2024 et récompensé par trois César en 2026 : meilleur film, meilleure adaptation et meilleure actrice dans un second rôle pour Vimala Pons.

Cette rencontre exceptionnelle aura lieu le samedi 11 avril, de 17h à 19h. Ce sera l’occasion de revenir sur sa filmographie, son parcours et ses collaborations. Son premier court métrage, Les baisers des autres (2003), sera diffusé pendant la séance. À l’issue de la rencontre, un temps d’échange aura lieu avec le public.

Carine Tardieu est une réalisatrice et scénariste française. Après des études d’audiovisuel à Paris, elle travaille comme assistante réalisatrice sur de nombreux films et téléfilms. En 2002, elle réalise son premier court métrage, Les Baisers des autres, primé dans de nombreux festivals internationaux. Son deuxième court métrage, L’Aîné de mes soucis, sorti en 2004, remporte notamment le Prix du public au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand.

Ces deux films lancent la collection de novellisations de scénarios « Ciné-roman » chez Actes Sud Junior, où Carine Tardieu publie par la suite deux autres romans. En 2007, elle réalise son premier long métrage, La Tête de maman, coécrit avec Michel Leclerc. Cinq ans plus tard, elle signe Du vent dans mes mollets, dont elle adapte le scénario avec l’autrice du roman, Raphaële Moussafir.

Son troisième long métrage, Ôtez-moi d’un doute, coécrit avec Michel Leclerc et Raphaële Moussafir, est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2017. En 2020, elle réalise Les Jeunes Amants, adapté d’un projet initié par Solveig Anspach et coécrit avec Agnès de Sacy et Raphaële Moussafir.

Son cinquième film, L’Attachement, adapté d’un roman d’Alice Ferney et coécrit avec Agnès Feuvre et Raphaële Moussafir, est présenté dans la section Orizzonti à la Mostra internationale de Venise 2024. Nommé dans huit catégories aux César 2026, le film remporte ceux du meilleur film et de la meilleure adaptation, et offre à Vimala Pons le César de la meilleure actrice dans un second rôle.

En pratique

Master class Carine Tardieu, samedi 11 avril 2026, 17h-19h
Studio des Ursulines : 10 Rue des Ursulines, 75005 Paris
Accès : RER B Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Épée), Bus 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon). Métro le plus proche : Ligne 7, arrêt Censier Daubenton (mais apprêtez-vous à marcher un peu…)

PAF : 5€
Billetterie relative à cette séance sur place et en ligne

Nicolas Fong : « Faire un film, c’est déjà énorme ! Le montrer ensuite à un public, c’est assez fou »

Nicolas Fong vient de remporter le prix des auteurs de la SACD du 45è festival Anima de Bruxelles qui sest achevé le 1er mars dernier, avec son film qui câline, HUGS. Cette année, il a réalisé le spot du festival, a participé au jury jeune public et a suivi son film à Sundance. Il revient avec nous, sur ce qui fait de lanimation un parcours intense et collectif.

Format Court : Habituellement, dans lanimation, tu fais partie de ces gens de lombre qui ne sont pas crédités comme réalisateurs et qui sont nombreux dans un générique.

Nicolas Fong : Oui, c’est ça (rires) ! Je suis animateur et réalisateur et j’ai l’impression que je mets ça un peu sur le même niveau. J’oscille entre les deux, même si je fais plus souvent de l’animation. Mais les deux sont importants, l’un va avec l’autre. Quand je réalise, j’anime. Et quand j’anime, je continue à muscler ma pratique d’animateur, pour pouvoir l’intégrer dans mes réalisations. C’est vraiment une pratique. Si à un moment, tu t’arrêtes, tu ne sais plus comment faire…T’es tout rouillé ! Donc, moi, je n’arrête pas d’animer. J’aime dessiner.

Comment es-tu passé du dessin à lanimation ?

N.F : Je suis citoyen belge désormais, mais je suis parisien à la base. Et en France, il y a cette émission « Court-circuit » sur Arte. Je n’en ratais aucune. Un jour, il y a eu ce reportage sur l’atelier de production de la Cambre, à Bruxelles, avec Guy Pirotte… On y voyait Pierre Lucas aussi, qui essayait de monter des pellicules sur ses grosses machines. Je me suis dit : « Waouh, ça a l’air génial de bidouiller avec de la péloche ». Ça m’a trop donné envie de voir cet atelier où il avait l’air de galérer un peu, et de faire de la cuisine avec des films. Après des études de graphisme à Paris, à l’école Duperré, je me suis dit que j’irais voir à quoi ressemblait la Cambre. J’ai passé le test d’entrée et j’ai été reçu. (…) Ca fait plus de 20 ans maintenant que je suis à Bruxelles. C’est un peu chaotique, la Belgique, mais j’aime bien.

Comment se sont passées tes premières expérimentations danimation sur pellicule ?

NF : L’argentique m’avait séduit, sauf que quand je suis arrivé à l’école, en 2003, tout le matériel était mort. Ils ont donc remplacé tout leur équipement argentique par un parc numérique, je me suis alors lancé corps et âme à faire des films entièrement numériques. Pendant mes cinq années d’études à la Cambre, hormis un peu de stop motion, quasiment tout le monde était sur l’ordinateur. Tout le monde voulait apprivoiser et s’approprier ces nouvelles technologies. Sauf qu’elles étaient balbutiantes et que le numérique peut donner des résultats parfois assez hasardeux. Là, je vois que progressivement les gens commencent à se détacher de ce rapport avec l’ordinateur…parce qu’ils commencent à en avoir un peu marre d’être assis derrière !

Aujourd’hui, avec les intelligences artificielles, il y en a qui ont un rejet vraiment très fort de tout ça. Il y a donc un retour vers quelque chose de plus « crafty », de plus manuel. Et moi-même, c’est ce que j’essaye de faire : de retourner vers le papier. Car, ça fait vingt ans que je suis derrière un ordinateur.

Tu es quand même dans le « manuel » en animant sur ordinateur. Quest-ce que ça change de dessiner sans ordinateur ?

NF : C’est sûr que dessiner ne change pas beaucoup ma position derrière un bureau, c’est vrai. Mais mon dynamisme n’est pas le même derrière un écran que quand je suis en train de dessiner sur papier. Je sais que si je commence à dessiner, je peux être concentré dessus beaucoup plus longtemps que si je suis sur un ordinateur.

Est-ce la première fois que tu es au jury dun festival ?

NF : C’est la deuxième fois. J’ai déjà été juré au festival de Leeds en 2019 pour la sélection courts-métrages d’animation, un an après avoir gagné un prix pour mon précédent film Yin (2017). Ça permet d’avoir une autre lecture, un autre regard sur les films que celui de simple spectateur, parce que l’importance de la mission les ancrent mieux dans ma mémoire.

Cest-à-dire ?

NF : Souvent, tu regardes les films comme si tu consommais des hot-dogs. Tu avales et ensuite tu oublies. C’est un peu triste, vraiment. Je regarde des films et peu de temps après, je ne m’en souviens plus du tout. C’est peut-être un peu égoïste, mais je pense d’abord à moi, à ma perception des films.  Ça me permet aussi et surtout de travailler à savoir pourquoi un film me plaît et d’essayer de pointer pourquoi il y en a qui fonctionnent mieux que d’autres. Le travail de juré, je le fais aussi dans les écoles. Et ça, c’est encore un autre rapport parce que je donne mon avis sur des films d’étudiants. Ça produit encore un autre impact, puisque les films pour un festival comme Anima ont été produits.

Quelle est la différence ?

NF : Et bien, les auteurs qui montrent leur film au festival Anima ont réussi à trouver des financements pour faire le film, et même s’ils n’en ont pas trouvés beaucoup, ils ont réussi à trouver la motivation et les gens pour faire un film et donc d’arriver jusqu’à la fin : c’est déjà énorme !  Le montrer ensuite à un public, c’est assez fou : c’est déjà un accomplissement en soi.  C’est un peu un « chemin de croix », je veux dire par là qu’il y a quand même plusieurs obstacles pour que le film arrive devant nos yeux. En tant que juré, je vais juste être là pour leur dire : « il est super votre film et peut-être que vous allez avoir un prix ». Alors que quand je suis juré pour un film d’étudiant, c’est peut-être leur futur qui est en jeu.  Je leur dis plutôt : « Écoute, là, c’est super ce que tu as fait, tu es bon sur certains points et sur d’autres, il y a des faiblesses. Fais attention donc, si plus tard, tu veux faire des films, il y a des choses qui devraient être améliorées et d’autres sur lesquelles tu as des points forts ». Avec les étudiants, j’essaye justement de ne pas avoir seulement le rôle de juré, mais peut-être aussi celui d’une sorte de « guide », à mon niveau. Je sais qu’ils ont besoin d’un regard neuf d’un intervenant extérieur qui ne soit pas un professeur, et donc sans rapport hiérarchique. Si je peux leur donner des petits tuyaux, j’en suis content, puisque de toute façon, moi, j’arrive à la fin d’un projet.

La chronologie de la production dun film danimation d’étudiants suit celle de lannée scolaire, cest ça ?

NF : Oui, entre septembre et juin, ça fait neuf mois, donc même pas un an.  C’est très court pour un film d’animation. Alors qu’un film produit, ça peut prendre plusieurs années. Il y a souvent eu de nombreuses commissions pour adouber le scénario, les financements, la technique. Quand tu reçois le film, il est déjà passé par plusieurs regards. Pour un film étudiant, les réalisateurs n’ont pas beaucoup de temps et se permettent beaucoup de choses qui ne passent pas au travers des filtres de producteurs ou au crible de commissions ou de chaînes télé. C’est beaucoup plus libre. Dans les films d’étudiants, il y a quelque chose d’assez frais, de plus expérimental en quelque sorte. C’est seulement après, quand ils voudront produire des films qu’ils devront aller sur des rails. Voilà pourquoi c’est dur de juger des films d’étudiants et des films professionnels au même niveau.

Ton dernier film HUGS a déjà un chouette parcours en festival, notamment à Sundance. Peux-tu nous en parler ?

NF : Sundance a été une expérience un peu dingue. En même temps ça faisait sens, puisqu’il s’agit de l’un des plus gros festivals du film indépendant aux États-Unis. Et moi j’ai fait un film auto-produit, sans passer par la case recherche de financement, comme si j’étais encore étudiant. C’est une belle récompense et un sacré honneur. Mais c’était un gros bazar aussi. Quand on était étudiants et qu’on faisait des films, on disait souvent pour blaguer : « on va aller à Sundance ou à Cannes… ». Ça n’arrivait jamais évidemment, et cette blague a duré longtemps. Et puis là, quand c’est arrivé pour de vrai, ça a été un peu surréaliste. Cette sélection à Sundance et mon prix à Anima cette année peuvent jouer sur le parcours du film. Mais, je ne vois pas encore tout à fait les vraies retombées. Des producteurs ne sont pas encore venus avec des mallettes pleines de billets pour me dire : « on va produire ton long métrage » !

Tu as envie de passer au long ?

NF : Ce n’est pas vraiment un rêve pour moi. En tout cas, si je fais un long, je crois que je le ferais un peu à ma sauce. Je vois comment d’autres fonctionnent pour des courts ou des longs, et en général, leur position ne fait pas vraiment envie.

Pourquoi ?

NF : Parce que c’est une question de tempérament. J’ai l’impression que réaliser, c’est surtout être un ou une chef d’orchestre. Il faut gérer des équipes, être dans l’organisationnel. Ça n’est vraiment pas mon délire, ça me fait même un peu peur. J’aime bien travailler tout seul, car j’aime bien animer, dessiner moi-même. J’aime moins déléguer. Si je suis amené à faire un long métrage, j’aimerai travailler comme Sébastien Laudenbach (Linda veut du poulet, La Jeune fille fille sans mains), qui fait quasiment tout, tout seul. Ca changera peut-être.

Outre le financement lui-même, quelles sont les limites dun film danimation auto-produit, selon toi ?

NF : La réelle limite, c’est la durée de réalisation. Quand tu as fait un film auto-produit dans ton coin, effectivement, tu n’as pas de barrières. Ma première réalisation après mes études a été un clip vidéo. Je lui ai consacré un an. Pour mon premier film professionnel, Yin, j’ai mis deux ans. Et pour celui-ci, HUGS, cela m’a pris six ans. Je pense que c’est la limite.

Comment sest élaboré ce film justement ?

NF : Ce film-là a été fait de manière assez organique. J’ai animé un plan, puis un deuxième, puis un troisième, pas du tout dans l’ordre. Je me suis lancé dans ce film sans storyboard, sans scénario, et sans véritable recherche graphique (rires) ! Je l’ai commencé en 2019 avec le logiciel d’animation vectoriel Adobe Animate Flash. Il n’y a que deux décors qui ont été peints, le premier plan et le dernier…et ça se voit très peu !

Quelle était lidée principale de HUGS ?

NF : Au fil du temps, je me suis rendu compte que j’étais quelqu’un de plus visuel que narratif. L’idée, c’était simplement d’animer des gens qui se font des câlins. Je me suis dit que quand j’aurai cinq minutes d’animation, j’essaierai d’en faire quelque chose. Comme c’est un film auto-produit, il n’y avait personne derrière moi pour dire : « faudrait terminer ton film maintenant ». En plus, je ne voulais pas attendre, je ne voulais pas passer par une étape d’écriture. Je voulais juste faire un film « uniquement sensoriel » basé uniquement sur l’animation. C’était cool, et en même temps, je ne sais pas si je le conseillerais. J’ai travaillé pour ce projet sur mon temps libre et un peu les week-ends ou entre deux jobs. C’était la première fois que je me suis dit que je n’allais pas aller chercher des financements, que j’allais animer directement et faire un film en peu de temps. Ce qui n’a pas été vraiment le cas !

Pourtant, dans ton film, il y a pas de dialogue, les personnages se prennent juste dans les bras…

NF : En fait, je voulais que les câlins soient au coeur du film.  Je ne voulais pas que d’autres choses viennent parasiter ce thème. Les personnages sont donc impersonnels. Ils sont asexués, ils n’ont pas de couleur de peau particulière. C’est pour ça qu’ils sont rouges, jaunes, verts, blancs… Ils n’ont pas d’attributs particuliers pour déterminer à quelle classe sociale ils appartiennent. Il n’y a pas de décor non plus.

Est-ce que tu as envisagé l’histoire sous le format dun clip ?

NF : Non, absolument pas, mais c’est marrant, car le film part bientôt au festival Music & cinéma à Marseille, donc ça colle !

Si tu navais pas fait de lanimation, qu’aurais-tu fait ?

NF : De la bande-dessinée, peut-être de la peinture. De toute façon, ça aurait été quelque chose de manuel et dans l’image. Par contre, dernièrement, j’ai été très séduit par l’univers du couple de réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani (Reflet Dans Un Diamant Mort, Amer, L’Étrange Couleur des larmes de ton corps, Laissez bronzer les cadavres). Ils ne font pas de films d’animation mais des films très libres de leurs images, assez psychédéliques, très étranges avec une forte présence de la pellicule. Ils se permettent même de faire des photos en fait. J’aimerai beaucoup animer pour eux, donc s’ils font un film d’animation : je suis là !

Propos recueillis par Georges Coste

Lab Format Court 2026, voici notre comité de sélection !

Après le lancement de notre deuxième appel à scénarios à la mi-février, nous avons très rapidement atteint la limite des 60 premiers projets reçus. Un grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont partagé leurs histoires singulières !

Parmi les projets reçus, trois lauréats ont été sélectionnés. Leurs auteur·rices bénéficieront, durant le festival, d’un accompagnement par le scénariste-consultant Hakim Mao, à travers une série de consultations, de sessions de réécriture et de rencontres professionnelles.

Après des études de cinéma, Nadia Le Bihen-Demmou intègre l’équipe du festival Côté Court et du festival Paris Tout Court comme coordinatrice et programmatrice. Elle y restera 10 ans. Depuis, elle travaille au sein du département court métrage au Centre National du Cinéma et de l’image animée, en tant que chargée de mission pour l’aide avant réalisation.

Normalienne et agrégée de philosophie, Nathalie Hertzberg se forme au montage à la FEMIS. Parallèlement, elle travaille comme assistante à la mise en scène à la Comédie-Française où elle a l’occasion d’écrire et de mettre en scène une lecture spectacle au Studio Théâtre. Son premier scénario tourné est une série, Scalp, diffusée par Canal Plus, co-écrite avec le réalisateur Xavier Durringer. Elle travaille ensuite régulièrement comme scénariste, pour la télévision/plateforme (la série Becoming Karl Lagerfeld sur Disney+, ou l’unitaire Adieu de Gaulle sur Canal Plus) et au cinéma.  Récemment, elle a co-écrit Le Procès Goldman, réalisé par Cédric Kahn, film d’ouverture de la Quinzaine des Cinéastes, nommé aux Césars 2024 pour le meilleur scénario, lauréat du César du meilleur acteur pour Arieh Worthalter et elle a collaboré au scénario de Juste une Illusion d’Eric Toledano et Olivier Nakache qui sortira en avril 2026. Depuis quelques années, en parallèle de son activité de scénariste, elle donne  des cours de philosophie, notamment à la FEMIS, au Théâtre National de Bretagne à Rennes ou à Sciences Po Paris.

Après des études en médiation culturelle et quelques papiers pour Format Court, Fanny Barrot s’engage pendant une dizaine d’années comme film commissioner dans l’Ouest de la France, où elle accompagne les tournages et défend la vitalité du territoire à travers le cinéma. En 2019, elle rejoint l’équipe de Sauve qui peut le court métrage pour contribuer à l’organisation du Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand. Elle y participe également à la mise en œuvre et au développement d’actions d’éducation aux images, avec le désir constant de transmettre et de partager la passion du cinéma. Attentive aux écritures émergentes et au repérage de nouveaux talents, elle œuvre à créer des passerelles entre professionnels, experts du cinéma et jeunes aspirants ou amateurs éclairés, convaincue que les rencontres façonnent les parcours et nourrissent les vocations.

Les lauréat·es, choisi·es par notre comité de sélection composé de trois professionnelles du cinéma, sont :

Le droit au nom de Diane Devresse
L’homme du match d’Imran A. Khan
Ririd de Maye Kissoum

Festival Format Court 2026, le jury presse

Notre septième édition approche à grands pas : le Festival Format Court aura lieu du 8 au 12 avril prochain au Studio des Ursulines (Paris 5). Voici d’ores et déjà la composition de notre Jury presse qui aura pour mission de décerner le Prix de la presse à l’un des 23 films en compétition.

Jean-Philippe Guerand, journaliste de cinéma depuis 1982. 8 ans à Première, 33 ans au Film Français, 18 ans à TéléCinéObs, 28 ans à Pleine Vie, 19 ans à L’Avant-Scène Cinéma. Biographe de Woody Allen, Cyril Collard, James Dean, Jacques Tati, Bernard Blier et Jean Rochefort. Rédacteur en chef du mensuel Spectateur/Illimité (1996-2003) et de l’émission Cinéma(s) de Serge Moati diffusée sur France 5 et TV5 Monde (2010-2011). Coscénariste du documentaire de Christophe Duchiron, Bernard Blier façon puzzle (France 5, 2022). Animateur du blog cinéma Persona Grata depuis 2015. Membre du Syndicat français de la critique de cinéma et du Club Média Ciné. Juré Fipresci à Venise et Toronto.

Après des études de cinéma et de journalisme culturel, Chloé Delos-Eray entame sa collaboration avec le magazine spécialisé Première, puis avec les services Cinéma et Séries de l’hebdomadaire Télérama. En mai 2025, elle fait partie du Jury Télérama du festival digital 1minute2court, puis du Jury Presse des Vendanges du Septième Art de Pauillac.

Après des études de cinéma et de littérature, Victor Touzé écrit désormais pour la revue Tsounami. En plus de réaliser des films, il donne des cours de cinéma aux classes de CPES du lycée Louis Legrand.

Sophie Benamon est journaliste et fondatrice d’Intervistar, un média en ligne indépendant dédié au cinéma et aux séries, après plus de vingt ans passés à Studio Ciné Live et Première. Membre du Syndicat Français de la Critique de Cinéma, enseignante à la Sorbonne Nouvelle et formatrice à La Chance pour la diversité dans les médias, elle croise regard critique, sens de la transmission et passion du cinéma de patrimoine comme des créations émergentes.

Guillaume Narguet est diplômé de Sciences Po. Critique littéraire et cinéma, il a contribué, de 2016 à 2024, à diverses revues culturelles (dont Zone Critique). Il a créé, en 2024, sa propre revue de culture générale (À Rebours), en ligne et en format papier, publiée par les éditions Long-Temps, qu’il a fondées et dont il est le président. Il a conduit de nombreux entretiens avec des personnalités du monde du cinéma (cinéastes, acteurs…), tels que Danny Boyle, John Waters, James Ivory, Thelma Schoonmaker, Carmen Maura, Adam Elliot, Pedro Pinho, Robert Guédiguian, Catherine Breillat…

Festival Format Court 2026, le jury professionnel

Notre septième édition approche à grands pas : le Festival Format Court aura lieu du 8 au 12 avril prochain au Studio des Ursulines (Paris 5). Voici la composition de notre jury professionnel qui évaluera les 23 films en compétition.

Valéry Carnoy est un jeune réalisateur belge formé à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) à Bruxelles, après un premier cursus en psychologie sociale et interculturelle à l’Université Libre de Bruxelles. En 2019, il termine son film de fin d’études Ma planète, sélectionné dans plus de 80 festivals internationaux (Regard, Brest, Camerimage, Flickerfest, Leeds, Leuven, Tokyo…). Le film remporte notamment le Prix du Meilleur Film au Festival Black Nights de Tallinn. En 2021, il réalise Titan, qui lui vaut le Grand Prix National au Brussels Short Film Festival ainsi qu’une trentaine d’autres prix (Rhode Island, Busan Short, Oberhausen, Tirana…). Le film est également sélectionné aux César et dans plusieurs festivals internationaux prestigieux (Clermont-Ferrand, Molodist, Interfilm Berlin, Message to Man, Regard, Odense, Palm Springs, São Paulo…). En 2024, il tourne son premier long métrage, La danse des renards. Le film est sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes du 78ᵉ Festival de Cannes, où il reçoit le Prix Europa Cinemas du Meilleur Film Européen ainsi que le Prix SACD du Meilleur Film Français. 

Bella Kim est une actrice et mannequin coréenne basée à Paris, où elle vit depuis 2015. Elle a fait ses débuts dans Hiver à Sokcho, le premier long-métrage de Koya Kamura. Le film a été sélectionné en compétition au TIFF (Toronto), à San Sebastián (Espagne) et dans plusieurs festivals internationaux. Elle fait partie des révélations féminines aux César 2026 et a également été nommée en tant que meilleure actrice en Malaisie en 2025. Parallèlement, elle travaille comme mannequin depuis huit ans et a collaboré avec des maisons telles qu’Hermès, Gucci, Lancôme ou Isabel Marant. Ses études du marché de l’art ont nourri sa vision artistique. Elle parle quatre langues : le coréen, le français, l’anglais et le japonais.

Jérémie Attard est un directeur de la photographie français originaire de Toulouse. Passionné de cinéma dès l’enfance grâce aux courts-métrages amateurs réalisés par son père, il suit une formation audiovisuelle avec un BTS au lycée des Arènes de Toulouse puis un master en cinéma à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Après plusieurs stages, notamment auprès du chef opérateur américain Sean Price Williams, il rejoint l’équipe de Marco Graziaplena comme premier assistant caméra sur Mektoub, My Love : Canto Uno d’Abdellatif Kechiche, avant d’être cadreur sur Mektoub, My Love : Intermezzo. Il signe ensuite la photographie de Tu mérites un amour d’Hafsia Herzi (Cannes 2019), de Seize Printemps de Suzanne Lindon et de Bonne Mère (Un Certain Regard, Cannes 2021), puis de L’Enfant du Paradis de Salim Kechiouche. En 2025, il est le directeur de la photographie de La Petite Dernière d’Hafsia Herzi, récompensé par la Queer Palm et le prix Louis-Delluc du meilleur film français.

Fanny Martin est monteuse son et compositrice pour le cinéma et la télévision. Formée au BTS Audiovisuel Jacques Prévert à Boulogne-Billancourt, elle développe depuis plusieurs années une pratique exigeante, au croisement du réalisme sonore et d’une approche plus sensorielle du son. Elle collabore aussi bien à des séries reconnues — Engrenages, Baron Noir, En thérapie — qu’à des films d’auteur. Elle a ainsi travaillé avec des cinéastes tels que Claire Burger (C’est ça l’amour, Langue étrangère), Samuel Theis (Petite nature), Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel (Somniloquies), Sébastien Lifshitz (Adolescentes, Casa Susanna), Catherine Corsini (La fracture, Le retour), Marie Amachoukeli (Ama Gloria), Justine Triet (Anatomie d’une chute), Amélie Bonnin (Partir un jour) ou encore Arthur Harari (L’Inconnue). En 2023, elle compose également la musique du film Ama Gloria de Marie Amachoukeli, élargissant ainsi son champ de création à la composition. Parallèlement à son travail pour le cinéma, elle conçoit des créations sonores pour la danse et le théâtre, explorant les liens entre narration, espace et perception sonore.

Arrivé à Paris en 2010, Juan-Carlos Salazar commence sa carrière dans la régie théâtrale avant de se tourner vers l’exploitation cinématographique au sein de salles d’art et essai. Aujourd’hui, il pilote la salle de cinéma du centre d’art contemporain du Jeu de Paume, où il orchestre à la fois la programmation et la gestion. Il y mêle films d’auteur, découvertes internationales et événements spéciaux, avec un goût prononcé pour l’innovation et un cinéma audacieux.

Festival Format Court 2026, participez au Jury Étudiant !

Vous avez entre 18 et 25 ans et vous êtes passionné·e de cinéma, et surtout de courts-métrages ? Devenez membre du Jury Étudiant de la 7ème édition du Festival Format Court qui aura lieu du mercredi 8 au dimanche 12 avril 2026 au Studio des Ursulines (Paris, 5e).

À travers cette expérience de juré.e, vous aurez l’occasion de découvrir notre festival, de visionner les 23 films de notre compétition, d’assister aux rencontres avec les équipes et de décerner un prix (le vôtre !) à l’un des films sélectionnés, lors de la cérémonie de clôture le dimanche 12 avril prochain. Ce Jury, composé de 5 personnes, participe au festival au même titre que le Jury professionnel et le Jury presse.

Pour postuler au Jury Étudiant, contactez-nous avant le vendredi 13 mars 2026 pour vous présenter et exprimer votre désir de participer à notre festival.

Attention : être membre du jury nécessite votre présence durant le festival, ainsi que pour les projections privées.

Envoyez-nous vos candidatures ainsi qu’une critique d’un film récent à l’adresse suivante : coordinationformatcourt@gmail.com

Les courts primés aux César 2026

Ce jeudi 26 février 2026, trois courts-métrages de fiction, d’animation et documentaire ont été primés lors de la 51ème cérémonie des César, organisée à l’Olympia. Voici lesquels.

César du Meilleur court-métrage de fiction : Mort d’un acteur d’Ambroise Rateau 

César du Meilleur court-métrage d’animation : Fille de l’eau de Sandra Desmazières

César du Meilleur court-métrage documentaire : Au Bain des Dames de Margaux Fournier

Violeta Kreimer, Valentina Merli. Cinéma, rencontres et prise de risques

Basée à Paris, Misia Films est une jeune boîte de production fondée il y a 6 ans par l’Italienne Valentina Merli et l’Argentine Violeta Kreimer. Toutes deux s’intéressent à l’art contemporain et aux talents émergents, tout en cherchant à créer des croisements entre cinéma et art contemporain. Le court qu’elles ont produit, Deux personnes échangeant de la salive, réalisé par Natalie Musteata et Alexandre Singh, concourt à la fois aux César et aux Oscars 2026. Porté par Zar Amir Ebrahimi et Luàna Bajrami, le film raconte une histoire d’amour contrariée dans une société où l’intimité est interdite, et suit, au cœur des Galeries Lafayette filmées de nuit, la naissance d’un désir clandestin dont chaque geste devient un acte de résistance face à un ordre répressif. Conversation sur la violence du monde, la beauté comme terrain critique, le luxe dans les projets cinématographiques et la solitude d’un métier qui ne s’arrête jamais.

Format Court : Comment avez-vous fait connaissance ?

Valentina Merli : À travers les enfants. Mon fils et la fille de Violeta étaient à l’école ensemble, en maternelle. Au bout de quelques années, je ne sais plus comment, chacune avait envie de changer. Moi, j’avais envie de me devenir indépendante.  Je n’avais pas envie de monter ma boîte toute seule. En discutant avec Violeta, je me suis dit que ça pouvait être intéressant de monter une société de production un peu différente des autres et d’amener des talents ou des artistes à faire du cinéma.

Violeta Kreimer : Oui, on s’est rencontrées comme ça. On était un peu au même niveau de ce qu’on voulait. Toutes les deux, on avait envie de changer sans forcément changer. On travaillait dans le milieu artistique, du cinéma ou de l’art en général. Avec Val, je me suis un peu permis ça. Son expérience dans le cinéma faisait qu’elle allait savoir des choses que moi, je ne savais pas. Et en même temps, j’allais pouvoir lui présenter des artistes qu’elle n’aurait peut-être pas rencontrés autrement.

Vous avez effectivement des parcours très différents…

V.M. : Je m’étais toujours dit pendant presque 20 ans que je ne voulais pas faire de la production parce que c’est très lent. Mais en même temps, je ne voulais plus faire de ventes et je ne voulais pas faire de distribution. Et ce qui est intéressant dans la production, c’est que tu peux choisir tes projets en amont, alors qu’avec la distribution et les ventes, tu arrives avec les projets déjà finis. Tu ne choisis pas ton projet, quelque part. 

V.K. : Avant, je dirigeais la structure d’un artiste, Xavier Veilhan, dont j’accompagnais des projets très divers. On n’a pas fait que de l’art et des expos, on a commencé à faire des films en entier. J’avais travaillé pour une expo d’art vidéo. C’était ma toute première approche vers les arts visuels. Et ça m’intéressait. J’avais même commencé une thèse sur l’art vidéo que je n’ai jamais finie. Quand on a commencé à faire des petits films au sein de l’atelier de Xavier, ça m’a donné envie de continuer. Beaucoup de mes proches étaient dans le cinéma. Moi, je n’en faisais pas vraiment partie. Ça m’a plu, la façon collective de travailler dans la création des images. Je me suis sentie très heureuse dans ce moment de création directe et d’accompagnement pour faire émerger des œuvres visuelles.

J’avais envie d’aller dans le cinéma sans me l’avouer depuis très longtemps. Je n’osais pas, peut-être. Et avec Val, je me suis un peu permis ça. Son expérience dans le cinéma faisait qu’on allait pouvoir y arriver. Elle allait pouvoir savoir des choses que moi, je ne savais pas. Et en même temps, j’allais pouvoir lui présenter des artistes qu’elle n’aurait peut-être pas rencontrés autrement.

D’où vient le nom de votre société ?

V.K. : C’est lié à un livre que Val m’a offert avant de créer la société. La biographie de Misia Sert, pianiste, mécène, entremetteuse polonaise à Paris à la fin du XIXe, début XXe siècle. Elle était à la base de plein de rencontres artistiques. C’est cette idée-là qui nous inspire : provoquer des rencontres.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de produire des films venant d’artistes visuels ?

V.K. : L’idée, c’était d’amener des talents ou des artistes à faire du cinéma. Trouver des artistes qui ont à la fois une puissance visuelle, esthétique, une recherche très forte conceptuelle, et qui arrivent à parler à un grand public. Ça, c’était le vrai enjeu. Ce n’est pas si simple. Il y a quelques artistes qui ont fait ce chemin, comme Steve McQueen. Mais ils ne sont pas tant que ça à réussir à écrire des scénarios qui parlent au-delà d’un monde déjà averti. Peut-être qu’il y a un public plus petit, même si l’art se voit de plus en plus au sens large. Et ça, c’était un vrai enjeu de l’accompagnement.

Comment le milieu de l’art contemporain réagit-il à cette ouverture vers le cinéma ?

V.K. : C’est un milieu assez fermé, mais en même temps très ouvert dans les possibilités de médiums, des façons de faire. Les artistes ont l’habitude de changer de médium, de vouloir expérimenter d’autres choses. Donc c’est plutôt très bien accueilli. Je pense que c’est un milieu qui est beaucoup plus ouvert à ça. Et d’ailleurs, on n’est pas les seules à travailler avec des artistes qui veulent aller vers le cinéma. Il y a d’autres personnes qui font ça. Comme maintenant on est quelques-uns un peu identifiés à faire ça, finalement il y a quand même beaucoup de demandes de gens qui sont intéressés par cette ouverture.

Qu’est-ce qui vous a incité à travailler avec Alexandre Singh et Natalie Musteata ?

V.K. : Dès le début, il y avait cette idée de se confronter avec un lieu. Alexandre a directement pensé à la claque [Dans le film cela se matérialise par les claques que reçoivent les personnages pour acquérir des choses], la deuxième idée sur la tendresse vient plutôt de Nathalie. 

V.M. : Ce qui a été impressionnant avec eux, c’est qu’ils ont tout de suite eu une vraie proposition de cinéma. Et surtout qu’ils avaient tout en tête. On s’est laissé, quelque part, emmenés par eux dans cette histoire et dans leurs films. Même, une fois sur le tournage, on a senti qu’ils avaient bien tout préparé. Ils savaient le films qu’ils voulaient faire. Et même ça, ça les a aidés aussi dans le montage. Je me suis interrogée au début et après, ça a pris forme. C’était vraiment ce qu’ils voulaient raconter au départ, J’ai trouvé ça assez impressionnant, leur force de proposition, la manière dont ils l’ont tenue, et la clarté qu’ils avaient par rapport à elle.

V.K. : Malgré cette clarté, ils ont donné énormément de liberté à chaque corps de métier pour proposer des choses. Par exemple, pour les costumes, Rezvan Farsijani, a pu s’éclater pour inventer une robe magnifique, mais qui est aussi inspirée du travail précédent d’Alexandre. Anna Brun, la décoratrice, pouvait bénéficier du décor incroyable des Galeries Lafayette, mais il fallait créer tout un nouveau graphisme à partir de ce grand magasin. Alexandra de Saint Blanquat aussi, a pu jouer avec le noir et blanc. C’était un choix fort. Elle voulait éviter tous les parasites visuels, de couleurs, du grand magasin.

Le film a bénéficié du soutien des Galeries Lafayette et de Chanel. Comment ça se passe quand on travaille avec des marques ?

V.K. : C’est ça qui a emballé tout le monde autour du projet. Même le fait que les Galeries nous suivent sur un projet qui était quand même un risque aussi vis-à-vis d’eux, ou même de Chanel. Je pense que ce qui est beau dans l’approche des réalisateurs, c’est qu’il y a aussi un certain amour de la beauté et du luxe, tout en le critiquant de façon très frontale. Et pour ça, il fallait avoir à disposition du vrai luxe. 

C’est la première fois qu’on travaille avec des marques. Chanel ne nous a pas donné un soutien financier, mais nous a prêté des robes. C’était précieux, parce que sans ces robes-là, ça n’aurait pas été la même chose. Je pense que les marques ont compris qu’elles ont intérêt à investir. Leurs campagnes publicitaires sont hyper chères. Autant mettre cet argent sur un film. Dans notre cas, la question du luxe était centrale. Si on voulait parler du luxe, il fallait y aller carrément. Et ils ont osé qu’on questionne ce milieu-là.  

V.K. : Je pense que ce qui est beau dans leur approche, c’est qu’il y a un certain amour de la beauté et du luxe, tout en le critiquant de façon très frontale. Pour ça, il fallait avoir à disposition du vrai luxe. Parce qu’il y a aussi la question du design. Si on voulait parler du luxe, il fallait y aller carrément. On ne pouvait pas faire semblant. 

 

Est-ce que le fait d’avoir des actrices qui sont aussi réalisatrices a changé quelque chose pour le projet ?

V.K. : Natalie et Alexandre en parlent à chaque fois : avoir des actrices qui ont une conscience de la réalisation, ça a tout changé. On avait très peu de temps pour tourner. Le fait que Luàna et les autres soient d’immenses comédiennes, mais avec un vrai regard sur la mise en scène, ça a permis que tout le monde parle la même langue. Parfois, il n’y avait même pas besoin d’expliquer. Elles ont gardé leur rôle de comédienne, mais avec une conscience qui fluidifiait complètement les choses. Ça a apporté énormément au processus créatif. 

Le film n’a pas bénéficié du soutien du CNC. Vous êtes quand même parties en production. 

V.K. : On pense que même si c’est un film financé avec des marques, c’est un film qui peut se faire en France encore. La France est le berceau d’histoires comme ça. On est hyper attachées à ça.  

V.M. : Oui, on l’a fait. On était ajournées, donc on passait en plénière, sauf qu’on avait des contraintes, surtout pour les Galeries Lafayette, on n’avait que cette date-là. Avec le CNC, on aurait dû attendre un an, donc ce n’était pas possible.

V.K. : En gros, on nous a dit : « Vous passez en plénière, mais il faut réécrire ». On nous a proposé quelqu’un pour réécrire. Sauf que du coup, ça décalait la plénière. On est parties à risque, sans avoir tout le financement du film, en se disant : « on ne sait même pas si dans un an, on pourra le faire ». On était tellement sûres du projet, du scénario, que ce n’était pas parce qu’une commission de lecture nous disait que le film n’était pas prêt qu’il fallait attendre. On était très convaincues que le film était là.

Pour vous, est-ce que le film parle des violences faites aux femmes ou plus largement d’une violence du monde contemporain ?

V.K. : C’est une histoire d’amour, déjà. C’est une histoire d’amour contrariée,  qui n’aboutit pas. C’est aussi une réflexion sur ce qui se passe, finalement, en ce moment, dans ce monde violent, dans plusieurs pays totalitaires. Finalement, c’est là où l’artiste, normalement, est censé anticiper aussi. 

Alexandre et Natalie se sont inspirés de ce qui se passait en Iran mais aussi aux États-Unis où ils vivent. Ce sont des artistes concernés, qui anticipent. En fait, le film parle de la violence du monde, de la banalisation de cette violence, qu’elle soit domestique ou étatique. Si il fait penser aux violences faites aux femmes, c’est aussi parce que cette violence existe. 

Toutes nos origines ont fait que pour des raisons différentes, on s’est tous et toutes retrouvés avec le besoin d’accompagner Natalie et Alexandre dans cette histoire. Bien sûr, ça parle au-delà de nous, de nos pays. Après c’est la France qui nous relie. C’est important qu’on puisse continuer à raconter des histoires comme ça, qu’il y ait des artistes qui parlent et qui anticipent des choses qui se passent et qui nous permettent d’ouvrir les yeux sur l’absurdité du monde et de certaines de nos actions.

Deux personnes échangeant de la salive dure 35 minutes. C’est une durée qui peut être une limite en festival. Est-ce que ça a été un frein ?

V.M. : Au départ, on aurait bien aimé que ça soit un peu plus court, justement pour la question des festivals. Après, vu le tournage, vu tout ce que les réalisateurs avaient tourné, et vu les premières propositions de montage, on a compris qu’il serait difficile de pouvoir le réduire. On a un peu essayé au départ, mais après on a vu qu’ils avaient raison. Même à la fin, tout avait du sens, on ne savait pas où on aurait pu couper. On a fait le choix de suivre le choix artistique. Et on a pris le risque de ne pas avoir certains festivals.  

Comment gérez-vous la double campagne (César, Oscars) ? Comment continuez-vous à alimenter la visibilité du film ?

V.M. : Une fois que tu rentres dans le jeu, tu n’as pas envie d’arrêter. Tu suis et tu fais. Tu ne peux pas dire : « les autres ils postent, et moi je m’arrête ». Tu regardes un peu les uns les autres et tu te dis :  » je vais jusqu’au bout ». On est épuisées. Mais une fois que tu as la possibilité de faire campagne, et que tu décides de la faire, tu la fais vraiment. On a du mal à continuer à faire notre métier de productrice. 

V.K. : Une campagne Oscar, ce n’est pas comme une campagne César. Tout est codifié. Il y a 40 pages de protocole. Tu ne peux pas faire un pas de côté, parce que tu peux être disqualifiée. Tu ne peux pas demander aux gens de voter pour toi. Tu ne peux pas dire “Oscar” pendant très longtemps, jusqu’à ce que tu sois nommée. Tu ne peux pas envoyer des listes de mailing n’importe comment. Il y a aussi la question des pubs. C’est un vrai business. Comment faire parler du film ?  On a cherché des moyens pour que la presse parle du film sans forcément que ce soit juste de la publicité. On a fait des projections où on a invité des votants identifiés, comme Isabelle Huppert. On a vu qu’elle avait énormément aimé le film. On lui a proposé cette idée d’executive producer qu’en France personne ne comprend. 

Est-ce que vous associez la production à la prise de risques ? Selon vous, est-ce que le système français en prend assez ? 

V.M. : Je pense qu’être producteur, c’est prendre un risque. Après, je ne sais pas ce que c’est les risques. Qu’est-ce que c’est, ne pas prendre de risques ? Tu tombes amoureux d’un projet, d’un réalisateur, d’une histoire. Tu ne calcules pas le marché. Ça, c’est peut-être plus la télé. Le cinéma, c’est autre chose. Il ne faut pas critiquer le financement français. Il est très vertueux. On doit se sentir très chanceuses d’avoir ce système-là. Il faut lutter pour qu’il perdure, parce que c’est toujours en péril. 

Après, j’ai dû m’adapter à la question des courts. J’ai eu un peu du mal au départ aussi, parce que c’est une autre économie. On fait les choses un peu plus à l’arrache, un peu plus les réseaux. Pour le moment, ce ne sont pas les mêmes volets, pas les mêmes interlocuteurs que dans le long. Mais j’ai hâte de faire des longs. 

Comment définiriez-vous aujourd’hui votre métier, entre accompagnement artistique, responsabilité financière et engagement personnel ?

V.K. : Il y a un gros syndrome de l’imposteur quand tu démarres une carrière et que tu n’es pas tout jeune. On a fait des formations aussi pour se rassurer. On a appris des techniques, mais aussi on s’est rendu compte qu’on n’était pas si loin dans la méthodologie d’accompagnement. Et ça nous a donné confiance. Même si on apprenait beaucoup de choses, on se rassurait aussi en se disant qu’on n’était pas si loin. C’est un métier 360°. Tu dois être psychologue, psychanalyste, accompagnateur, financier. Imaginer des budgets, fédérer des équipes, maintenir dans la durée. Et ça ne s’arrête jamais. On rentre chez nous, on continue à travailler dans notre tête. 

V.M. : C’est vrai, ça ne s’arrête jamais. Tu rentres chez toi, tu continues à travailler dans ta tête. C’est hyper important d’arriver à faire des coupures. Dans une petite boîte, c’est encore plus dur. Personne ne nous demande comment ça va. On vient toujours en dernier. On met toujours en avant les acteurs, les réalisateurs. 

V.K. : Nous, on passe beaucoup de temps à nous soucier des autres. Parfois, on a besoin qu’on nous dise que ça va !

Je vais vous poser la question dans ce cas : « comment ça va ?! ».  Pour conclure, quel regard portent vos enfants sur votre parcours et sur cette aventure autour du film et des nominations ?

V.M. : Ils comprennent qu’il se passe quelque chose d’assez exceptionnel. Ils voient comment on galère aussi. Ils n’ont, je pense, aucune envie de faire la même chose. Mais ils sont fiers. Je crois que c’est là où on est le plus fiers de ces nominations : de voir à quel point eux-même sont fiers. 

V.K. : Mine de rien, ce sont des choses symboliques. Mais les enfants identifient vraiment ce qui se passe. Ils se disent que ces reconnaissances-là, ça veut dire que ce que nos mères ont fait, c’est bien.

Propos recueillis par Katia Bayer

Transcription, et mise en forme Paul Esquerré 

Article associé : la critique du film

Róisín Burns : « Tout ce que j’écris s’inspire de Liverpool, c’est vraiment le moteur de tout »

Wonderwall, premier court-métrage de fiction de Róisín Burns, tourné au Royaume-Uni, raconte une histoire de coming of age marquée par la britpop. Sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes, le film a remporté le Grand Prix du festival Côté Court à Pantin et est actuellement en lice aux César. Format Court a rencontré la jeune réalisatrice irlando-anglaise pour parler de la co-production franco-britannique, de son tout premier long métrage et des sources d’inspiration qui nourrissent son univers cinématographique.

Format Court : Pour quelqu’un qui n’a pas encore vu ton film et qui s’apprête à le découvrir, que lui dirais-tu ?

Róisín Burns : Je dirais que si vous voulez suivre une bande d’enfants pleins d’énergie dans le nord de l’Angleterre des années 90 et vous laisser surprendre pendant une journée et une nuit, il faut y aller. Si vous aimez les années 90, le Britpop, et que vous êtes ouvert d’esprit, prêt à vous laisser transporter par des pas de côté et des choses un peu moins attendues, alors ça pourrait vous plaire.

Pourquoi as-tu choisi ce titre de Wonderwall ? Est-ce un hommage à Oasis, une sorte de métaphore ? Quelle est la signification « sacrée » de ce titre ?

R.B. : Oui, il y a clairement un lien avec Oasis. Ce n’est pas mon morceau préféré, par contre. J’avais demandé les droits pour un autre titre, « Cigarettes & Alcohol », pour une séquence dans laquelle je voulais que les enfants fassent semblant de fumer et de boire, comme on le faisait à l’époque. Mais on savait qu’on risquait de ne pas obtenir les droits. Finalement, je trouve ça intéressant qu’on n’entende aucun des deux morceaux.

Mais pour le titre, je suis tombée sur un entretien des frères Gallagher qui disaient que le titre Wonderwall venait d’un mur qu’ils avaient dans leur chambre, sur lequel ils avaient collé toutes leurs idoles. C’était un peu leur mur des merveilles, leur Wonderwall. Je savais qu’on allait avoir une chambre d’enfants et que les murs de Liverpool allaient avoir une importance dans le film aussi. Et en plus, je trouvais ça encore plus intéressant que les frères Gallagher soient un peu des mythomanes. En fait, ils ont totalement piqué ce titre, comme beaucoup de leur musique, aux Beatles. En fait, George Harrison avait fait la bande-son d’un film psychédélique des années 60 peu connu, qui s’appelait Wonderwall. Voilà un peu l’histoire de ce titre.

Par la suite, une fois qu’on l’avait posé sur le scénario, c’était très difficile de l’enlever de la tête. On pensait qu’on allait devoir payer très cher pour avoir le droit de l’utiliser. Mais j’ai eu de la chance avec mes producteurs qui étaient prêts à prendre le risque, car nous étions très attachés à ce titre. Je trouve qu’en tout cas, on n’aurait pas imaginé appeler le film autrement une fois qu’on avait trouvé ce titre.

Et pour le moment, il n’y a pas eu de procès de la part d’Oasis ! Tu aimerais qu’Oasis voie ton film ?

R.B. : Je pense que, dans un deuxième temps, je vais l’envoyer à Liam. Peut-être qu’il détestera le film, mais je serais curieuse de savoir ce qu’il en pense.

Il y a un côté mystique, presque mythologique dans ton film. D’où te vient cette inspiration ?

R.B. : Je lisais beaucoup Roald Dahl, un auteur culte en Angleterre qui a écrit « Mathilda » et « The BFG » et plein d’autres livres qui sont devenus emblématiques. On peut dire que nous sommes biberonnés par Roald Dahl, dont les contes pour enfants ont des personnages adultes très ambigus. Ce sont des types de gens en qui on ne peut pas avoir confiance complètement, et au pire, ce sont de véritables forces du mal. Je pense que ça m’a beaucoup influencée, ce réflexe de se méfier des adultes et du monde adulte. Il y a aussi beaucoup de merveilleux et de choses un peu fantastiques dans ses livres, et je dirais qu’il a été très important pour moi et pour mon imagination, puisque je lisais ses livres depuis mes six ans. Le cinéma de Ken Loach, qui m’a également beaucoup influencée, je l’ai découvert beaucoup plus tard. Mais dans ces livres-là, il y a des contes cruels avec des figures d’adultes assez ambiguës, et je dirais que cela m’a largement inspirée pour Wonderwall.

Comment définis-tu ce film ? Est-ce un film français ou un film britannique ?

R.B. : C’est une production française, puisqu’elle est financée avec les fonds français. Le financement des courts-métrages en Angleterre ne fonctionne pas de la même façon qu’en France, et il n’existe pas du tout le même système vertueux. Il y a le BFI, qui fonctionne un peu comme le CNC, mais ils soutiennent encore moins de projets par an, et le budget — ainsi que la durée — est vraiment très limité : je pense que le budget est d’environ 8 000 livres pour un film qui ne doit pas dépasser 10 minutes. Donc, ce n’est pas du tout la même ambition pour le court-métrage, et je crois que c’est pour ça que beaucoup de réalisateurs là-bas sont obligés de passer par les films publicitaires.

Je vis en France depuis 2012. J’ai trouvé ma « famille de cinéma » ici, et les premières personnes qui lisent mes scénarios sont les Français, puisque j’écris en français. Je parle tellement le français tous les jours que je me retrouve dans une position pas toujours facile, mais quand même intéressante. C’est clair que je ne suis pas française, donc mon écriture n’est pas exactement celle de quelqu’un qui maîtrise la langue comme sa langue maternelle — mais j’ai fait toutes mes études de cinéma ici, et j’ai ma propre façon d’envisager mes projets en français.

Parfois, quand je suis bloquée et que je n’arrive pas à exprimer mes idées en français, les gens me disent : « Bah, écris en anglais ! » — mais ce n’est pas comme ça que mon cerveau fonctionne. Je ne me sens plus tout à fait anglaise, ça fait tellement longtemps que je ne vis plus en Angleterre. En même temps, je ne sais pas si je me sens française non plus.

Mais en tout cas, la France, c’est là où j’ai décidé de faire du cinéma. Et en ce qui concerne Wonderwall, on a reçu un tout petit peu d’argent de l’Angleterre, le reste venant de la France. Mes premiers collaborateurs — mon chef-op, ma productrice — sont tous français, sauf mon co-scénariste, qui est britannique. Tout ce que j’écris s’inspire de Liverpool, c’est vraiment le moteur de tout. C’est une ville avec une énorme histoire et un sacré accent. La seule chose vraiment difficile pour moi a été d’écrire les dialogues en français, car il y a une manière très poétique de parler en scouse, une sorte de poésie brute qu’on perd souvent en traduisant les dialogues.

Sur le tournage de Wonderwall, tous les techniciens venaient de Liverpool, et je trouve ça important, surtout parce que la suite de mes films se passera là-bas. Je pense qu’il est essentiel de travailler avec des techniciens locaux, car ils apportent tellement de belles choses au film. Sur le plateau, par exemple, nous avions des techniciens très expérimentés, ayant travaillé sur des séries HBO et des longs-métrages, et qui avaient un véritable attachement au scénario. Ils ont accepté d’être mal payés et de refuser des propositions mieux rémunérées parce qu’ils étaient contents qu’une fille de Liverpool réalise un film personnel sur Liverpool. La costumière avec laquelle j’ai travaillé a fait un travail magnifique et a accepté de participer à ce film d’époque parce qu’elle adorait le scénario. Du coup, c’est vrai que c’est difficile de déterminer quel pourcentage du film est français ou anglais, puisque toute la pré-production et la post-production ont été faites en France, et qu’il y a tous ces super techniciens, ainsi que les acteurs et les jeunes comédiens qui ont joué dedans — sans oublier tous les figurants très locaux. Donc, c’est compliqué, mais en termes de production, c’est une coproduction avec l’Angleterre, avec la France en majorité.

Depuis que le Royaume-Uni n’est plus membre de l’Union européenne, comment la situation a-t-elle évolué pour les coproductions entre la France et le Royaume-Uni ?

R.B. : Il y a une sorte d’hésitation face à la coproduction entre l’Angleterre et la France. En tout cas, ce n’est pas simple, même si on est voisins et a priori deux pays avec de l’argent. Ce sont deux façons très différentes de faire les choses, et deux systèmes de financement complètement différents.

Souvent, les producteurs me disaient : « Ma pauvre, ça ne va jamais être simple pour vous, vous allez galérer à trouver des producteurs qui ont envie de bosser avec vous. Bon courage. » Même ma productrice avait des retours négatifs de ses collègues producteurs, qui se demandaient si le film était vraiment vital pour nous et si cela allait nous apporter quelque chose.

C’est vrai qu’on a beaucoup de chance de faire des films en France aujourd’hui, grâce au système de l’intermittence. Les producteurs qui avaient eu une expérience avec les Anglais la même année que nous racontaient que c’était une catastrophe : les techniciens partaient du jour au lendemain sans prévenir les réalisateurs. Et ce n’était pas parce que ça s’était mal passé entre eux, mais simplement parce qu’ils recevaient des propositions mieux payées — ce qui est assez normal en Angleterre. En France, par contre, si un technicien quitte un tournage, c’est généralement le signe qu’il y a eu un problème.

Nous avions peur aussi que les techniciens nous lâchent au dernier moment, alors il était très important de trouver des gens qui se connectaient vraiment au scénario. Ce n’était pas facile de trouver une boîte de production en Angleterre non plus : nous avons contacté 20 ou 30 boîtes avant qu’une seule ne nous dise oui. Tout le monde disait : « on adore le scénario mais on ne fait pas de courts-métrages ». Il faut qu’il y ait un retour sur investissement et qu’il y ait un intérêt financier. Je pense que la France est peut-être le meilleur endroit au monde, ou en tout cas en Europe, pour faire du cinéma, et c’est menacé, donc il faudrait le défendre. Mais on a quand même l’intermittence et le CNC, et on peut faire des choses ambitieuses. En ce qui concerne les désavantages, il y a une sorte de suspicion chez les Français envers les Anglais, et chez les Anglais envers les Français, qui peut faire peur. Nous n’avons pas eu de problèmes, mais il y avait quand même des gens qui sont partis pendant la préparation parce qu’ils ont trouvé un autre travail mieux payé.

Sur quoi travailles-tu actuellement ?

R.B. : J’ai deux projets. L’un est un documentaire, une sorte de portrait choral de la ville [Liverpool] à travers ses pratiques musicales populaires. Je continue à réfléchir à la structure du film et nous venons de faire le premier tournage. Je tenais vraiment à ce que ce soit un portrait choral, un peu comme Wonderwall, mais intergénérationnel, avec des jeunes et des vieux.

En ce moment, je refilme Tammy, la protagoniste de mon film [Wonderwall], avec sa maman et un peu la rue où elles vivent, qui me rappelle vraiment ma rue dans les années 90. Je le fais pour Arte – La Lucarne, et à côté de ça, je suis en train d’écrire mon premier long métrage.

Il y a un programme de la Semaine de la Critique qui s’appelle Next Step, qui accompagne le passage du court au long, et j’ai participé à cette résidence en décembre. Je suis tout au début de l’écriture, et c’est encore une histoire de fratrie, dans les mêmes rues et les mêmes quartiers. Mais cette fois, l’action se situe un peu plus tard, dans les années 2000. L’histoire suit un jeune homme qui déserte l’armée britannique en plein milieu de la guerre en Irak.

Vu ton parcours dans le documentaire, comptes-tu utiliser cette approche dans ton film ?

R.B. : Je pense qu’il est important de consacrer du temps à la recherche pour l’écriture. Au début des années 2000, c’était très tabou, mais depuis plusieurs témoignages sont apparus, d’abord du côté des États-Unis, et de plus en plus en Angleterre avec des soldats qui racontent leur expérience. Je trouve que c’est essentiel de s’appuyer sur toute cette documentation.

Nous sommes une génération qui, malheureusement, connaît des personnes ayant participé à différents conflits.

R.B. : C’est une réalité. Il y a des jeunes hommes qui partent faire la guerre, certains vont le regretter, d’autres peut-être jamais. Mais c’est un fait, et je pense qu’il est important de parler de ces choses-là. Je trouve intéressant de travailler avec des matières qui ne sont pas simples, qui sont traversées par des contradictions.

Propos recueillis par Yuliya Antonova

Article associé : la critique du film

Big Boys don’t cry de Arnaud Delmarle

Au cœur de l’été marseillais, Hicham revient de mission militaire pour le mariage de son frère. Alors que sa bande l’accueille en toute virilité, le regard de Lucas se pose sur lui plus longtemps qu’il ne le devrait. Et plus intensément… En lice pour le César du court-métrage de fiction, ce court déjà récompensé entre autres d’une Mention spéciale du jury Queer Métrage à Clermont-Ferrand est intriguant car d’apparence très simple. Pourtant tout comme ses personnages, il dissimule sous sa gouaille ensoleillée une sensibilité forte et une lucidité qui vise juste.

La première image de Big Boys don’t cry est suffisante pour situer l’action ; à la manière des peintures vedute, elle fait une belle place au paysage, aux maisons en bord de mer Méditerranée que quatre hommes surplombent depuis un petit promontoire sous le soleil. Arrivée de Hicham, moment de liesse, sourire de Lucas, début de l’action. Quelques phrases à la volée, des regards échangés, des postures, plus ou moins de proximité, tout se comprend. Sans besoin de tirades, on ressent les liens forts de cette petite cellule rassurante mais aussi codifiée à la hiérarchie implicite. En chef de file, Hicham, à qui sa carrure et son statut de militaire octroient un certain ascendant jusque sur son grand frère Fouad, pourtant le futur marié qui semble moins célébré. Face à ce « big boy » à la virilité prouvée, Lucas plus frêle, plus discret dissimule ses yeux expressifs sous sa casquette et ses trop-pleins d’émotions sous un torrent de petites attaques et taquineries. Entre ces amis de toujours, pas de chichis, on s’exprime en petites bourrades et en codes masculins stéréotypés : apostrophes, bruits, cris, bombes dans l’eau, croche-pieds dans le sable, simulacres de bagarre et surtout une manière décomplexée de montrer son corps. Après tout, on est entre hommes, non ?

Sur ce dernier point le film assume son parti pris. Si la discussion tourne quasiment toujours autour des petites copines, future mariée ou sœur, celles-ci restent hors du cadre. L’un des hommes laisse même échapper « elle est fou de lui », erreur qui en dit long. Seule apparaît à l’écran, la mère de Hicham et Fouad qui écoute plus qu’elle n’intervient dans les discours de ses fils et de leurs amis sur leurs relations avec les filles. Elle entrouvre les lèvres puis se ravise, que dire face aux affirmations de ces hommes parfois simplistes mais sincères ?

Le jeu est très réaliste et on croit à ce petit groupe soudé filmé de manière faussement simple, à leurs discussions qui semblent réellement surgir sur le vif. Comme devant Rien d’important de François Robic qui capturait un temps de vacances cette fois-ci au féminin, le public peut s’identifier à ces personnages de notre temps, à leur complexité. Le tout teinté de piques amicales et d’humour comme lorsque celui qui avoue avoir parfois « déguisé la vérité » se travestit pour piéger le futur marié. Travestissement assumé, contrairement à celui que Lucas doit faire subir à ses sentiments.

Interprété par Rod Paradot, le jeune homme est blond, pâle, en léger décalage avec ses amis qu’il s’efforce d’imiter. Derrière son côté faussement nonchalant, se dégage une fragilité incroyable mal cachée sous des couches de fausse dureté. Il veut exister dans le cœur de son ami mais aussi à ses yeux, être vu comme un homme fort et digne de porter les armes à ses côtés. Cette idée, prétexte à côtoyer Hicham, vire à presque à l’obsession, à la revendication. Par des coups qui remplacent maladroitement les caresses, par des provocations grandissantes, il essaie de gagner sa place, rentrer dans son horizon par tous les moyens et n’en démord pas jusqu’à en devenir imprévisible. Entre le militaire droit et le chien fou, on se demande qui est le plus insaisissable. Eux aussi d’ailleurs.

Toujours proches l’un de l’autre, les deux hommes enchaînent les bagarres et les étreintes entre lesquelles la frontière est aussi ténue que le papier des cigarettes qu’ils fument. Cigarettes propices à une jolie scène intime, ambiguë, où un échange de fumée permet de contourner momentanément les interdits, s’approcher des limites sans pleinement les franchir. Dans une confusion des sentiments que ne bouderait pas Zweig, Hicham ne semble pas savoir exactement sur quel pied danser face à son ami, face à ce mélange de probable amour, de désir et d’admiration. Sans réussir à évoquer frontalement la situation, il esquive, se rapproche, s’échappe, laisse faire, s’énerve mais ne repousse jamais totalement Lucas. Ses réticences à lui faire intégrer l’armée sont-elles uniquement pour le protéger ou fuit-il autre chose de trop lourd pour lui ?

Si Hicham n’est pas dupe, le reste du groupe n’est pas en reste et les jeux de mains de leurs deux amis n’échappent pas toujours à leurs yeux. S’ils ignorent ou ironisent, les traitant même de « pédés », certains semblent sentir ce qui se trame et y réagissent avec plus de délicatesse que l’on pourrait croire. Quelques raccords de regards sur le duo soulèvent plusieurs fois légitimement la question : savent-ils ?.

Le manque de temps pour développer les histoires qui est parfois reproché au format court est ici un avantage de taille, il permet au mystère et à la suggestion de fonctionner. Entre les répliques blagueuses et l’intrigue de mariage prétexte, c’est dans les silences et les gestes parfois non aboutis, les plans sur un regard insondable que le film fait passer le plus d’émotions. Sa fin aussi abrupte que surprenante permet (trop tard ?) un nouveau regard sur ces hommes et ce qui se cache sous leur vernis joueur.

Big Boys don’t cry est un court-métrage moderne, réaliste, qui derrière son apparence brute dégage une douceur et garde ses secrets. À l’instar de ses héros, le film semble lui-même pudique et plusieurs visionnages sont utiles pour apprendre à le connaître et déceler ce qu’il ne laisse pas voir du premier coup.

Rachel Laurand

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Article associé : l’interview d’Arnaud Delmarle et de Rod Paradot

B comme Big Boys don’t cry

Fiche technique

Synopsis : Un été caniculaire dans un petit village près de Marseille. Après trois années d’absence, Lucas et son groupe de potes voient revenir leur meilleur ami Hicham. Ce retour très attendu suscite rapidement des émotions contradictoires au sein de la bande, mais surtout de nouveaux espoirs chez Lucas.

Genre : Fiction

Durée : 23’

Pays : France

Année : 2025

Réalisation : Arnaud Demarle

Scénario : Arnaud Demarle, Léa Oury

Interprétation : Rod Paradot, Wyssem Romdhane, Mathis Songozi

Image : Simon Gouffault

Son : Candice Vernay

Montage : Alexia Morel

Mixage: Matthieu Frelin

Production : Le Grec

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