Or Sinai. Les femmes sous un autre angle & les petites histoires

Parmi les jeunes réalisatrices actuelles, l’Israélienne Or Sinai, diplômée de l’École Sam Spiegel de Jérusalem, nous intéresse particulièrement. Son film de fin d’études « Anna » a fait ses débuts à la Cinéfondation (Cannes) en mai dernier où il a gagné le Premier Prix. Un mois plus tard, il obtenait le Prix Format Court au Festival de films d’écoles de Tel Aviv. Ce portrait de femme cherchant à combler sa solitude accumule les sélections dans les festivals actuels et vient d’obtenir le Grand Prix du Jury au Poitiers Film Festival ce weekend. En octobre, Or Sinai était invitée à Paris pour présenter son film à l’occasion de la reprise de nos séances au Studio des Ursulines. Entretien autour de l’art intense, du mystère court, du monteur incontournable et de l’importance des femmes.

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Pourquoi as-tu voulu étudier le cinéma et aller à l’École Sam Spiegel de Jérusalem ?

Je ne savais pas quoi étudier. Je ne fais pas partie de ces gens qui ont su dès l’âge de cinq ans qu’ils deviendraient réalisateurs. Je pensais étudier la psychologie, alors je me suis inscrite en psychologie dans toutes les universités d’Israël, mais au fond de moi j’avais cette crainte qu’en allant à l’université, mon côté créatif dépérirait. Petite, j’avais déjà pour habitude d’écrire, j’avais suivi des cours de théâtre, et à l’âge de 14 ans, j’avais une caméra. J’expérimentais des choses et puis, j’ai réalisé que le cinéma pouvait être bien pour moi car c’était une combinaison de toutes ces choses que j’aimais faire. Par chance, un ami m’a parlé de l’école Sam Spiegel, cela paraissait difficile et attirant à la fois car j’ai pris cela comme un challenge. J’ai décidé d’essayer et je n’ai postulé qu’à cette école. Je me suis dit : « si je réussis, tant mieux, et si je ne réussi pas, tant pis ».

Pourquoi voulais-tu étudier la psychologie ?

Ça m’intéresse beaucoup car depuis toute petite, j’aime soigner les gens, parler de leur vie et de leurs histoires.

Qu’écrivais-tu et que filmais-tu ?

Avec mes amis, on a fait quelques courts métrages, des films d’adolescents un peu stupides. C’était pour moi une manière d’expérimenter mais je ne m’en rendais pas compte à ce moment-là. C’était juste un truc marrant, j’écrivais aussi des nouvelles et mes pensées. C’était une façon de m’exprimer. J’ai toujours la sensation de mieux réfléchir lorsque j’écris, mais je ne réalisais pas que tout cela était lié.

Tu as mentionné un ami qui t’a parlé de l’école Sam Spiegel. Pourquoi cette école en particulier ?

Vivre à Jérusalem m’intéressait, mais ce n’était pas la raison de mon choix. J’avais entendu dire que cette école était très intense et difficile. J’aime les choses intenses, je suppose que j’ai fait ce choix parce que j’étais plus jeune et que je me disais que c’était comme ça qu’il fallait étudier l’art : intensément.

Avais-tu déjà vu des films de cette école ?

Seulement après. C’est drôle car au moment des premiers tests, on doit envoyer des histoires et des photos qu’on a prises. Ensuite, on est convoqué à un entretien. Lorsqu’on m’a annoncé que je devais m’y présenter, j’avais tellement peur qu’on me pose des questions sur des réalisateurs et des films que j’ai regardé plein de films en l’espace de deux semaines ! C’est seulement après avoir intégré l’école que je suis allée à des projections.

Quelle était ta conception du court métrage avant d’intégrer cette école ?

Je n’en avais aucune. C’était un peu un mystère. Je ne savais même pas vraiment ce que j’allais étudier dans une école de cinéma. Je l’ai découvert sur place.

À l’école, j’ai étudié des choses techniques : comment écrire un scénario, qu’est ce qui peut se passer ou ne doit pas se passer dans un scénario de court, ce que devrait être une histoire courte dans laquelle il ne faut pas vouloir tout raconter. J’ai aussi étudié le montage, la photographie, le travail avec les acteurs, … .

Est-ce à partir du film « Two » que tu as trouvé une façon d’exprimer ta sensibilité et ton point de vue en tant que femme ?

« Two » est le seul film que j’ai fait tel que le préconisait l’école et j’ai réalisé « Violeta », mon documentaire, toute seule. L’école se concentre sur la fiction et ne s’intéresse pas vraiment au documentaire. C’est en train de changer mais je ne saurais pas dire pourquoi. J’ai donc fait ce documentaire avec l’aide d’un de mes professeurs, mais le directeur de l’école ne l’a vu qu’une fois terminé, afin que je ne sois pas interrompue, et cela a été bénéfique pour moi. Car quand ils s’immiscent dans la réalisation d’un film, ils vous embrouillent. En tant que monteuse, j’ai vu plein de fois des réalisateurs abandonner des éléments très importants, l’âme du film. Peut-être que ces choses ne sont pas très importantes pour l’histoire mais ils abandonnent parce que l’école exerce une forme de pression sur eux, et le film devient un autre film.

Tu as donc monté uniquement des films d’école ?

Non, je fais beaucoup de montage, pour des émissions télévisées ou des documentaires.

Est-ce quelque chose tu vois également en dehors de l’école, cette élimination d’images importantes ?

Bien sûr, et c’est toujours très déroutant, mais je pense que le monteur doit prendre soin du réalisateur, faire attention à ce qu’il ne perde pas ce qui lui semble le plus important.

Est-ce toi qui fait le montage de tes films ?

Non, je ne peux pas. Lorsque je monte mes propres films, soudainement, je ne sais plus monter…

Peut-être est-ce trop personnel.

Peut-être. Pour « Anna », j’avais une très bonne monteuse (Noy Barak). J’ai joué avec le matériel mais je ne faisais jamais rien sans elle.

Pourquoi as-tu décidé de te diriger vers le montage ?

En Israël, tout est réuni mais divisé entre les réalisateurs et les producteurs. En tant que réalisateur, on étudie un peu tout, et on décide après la première année ce qu’on veut faire.

Quand j’ai commencé mes études, j’ai découvert que le montage était quelque chose que je faisais instinctivement. J’aimais ça.

Et que penses-tu avoir appris dans cette école ? Que gardes-tu en tête ?

J’ai tout appris car je ne savais rien. J’ai regardé énormément de films, étudié les classiques et le langage du cinéma. Je pense que la chose la plus importante que j’ai apprise est comment raconter une histoire, car je ne le savais vraiment pas avant.

Est-ce que cela t’aide à écrire actuellement ton long métrage ?

Oui bien sur, parce que dans mon école il y a beaucoup de pratique, on fait nos propres films mais on travaille aussi sur ceux de nos amis, sur les castings, la production ou autre chose. On gagne en expérience, ça aide beaucoup.

Les personnes que tu y as rencontrées sont-elles celles avec lesquelles tu vas travailler ? L’équipe technique du tournage par exemple ?

Le directeur de la photographie (Saar Mizrahi) et la monteuse qui ont travaillé sur « Anna », je les emmènerai partout avec moi, c’est sûr ! C’est drôle de sentir qu’on grandit ensemble !

Après l’école, beaucoup de gens peuvent engager des directeurs de la photographie ou des monteurs plus expérimentés mais je souhaite vraiment rester avec eux car on s’offre beaucoup mutuellement. On découvre des choses ensemble et je pense que cela apporte beaucoup au film.

Lorsqu’on sort d’école en Israël, est-ce facile de faire d’autres courts métrages ?

Ce n’est pas facile car il n’existe que deux fonds qui distribuent des aides aux courts métrages qui ne sont pas des films d’étudiants, et c’est très difficile de les obtenir. Il n’y a pas comme en France de chaînes de télévision qui diffusent des courts.

Il n’y a pas de courts métrages diffusés à la télévision en Israël ?

Non.

On ne peut donc les voir qu’en festivals ?

Oui.

Cela signifie que tu ne peux toucher un large public qu’en faisant des longs métrages ?

Oui.

Est-ce une des raisons pour lesquelles tu veux faire un long métrage aujourd’hui ?

En fait, j’espère faire quelques courts métrages avant le long car ça va prendre pas mal de temps.

Concernant le fond de tes films, plus particulièrement dans « Anna », tu sembles avoir un intérêt particulier pour la solitude et l’expérience du désir. Est-ce quelque chose que tu souhaites améliorer dans de futurs courts ou un long métrage ?

Avant tout, je pense que je ne peux rien raconter d’autre que des histoires féminines, ensuite, je pense que c’est important parce qu’il y a beaucoup moins de personnages féminins au cinéma, et sans vraiment savoir pourquoi, la solitude est un sujet que je traite sans arrêt. C’est drôle car il y a quelques mois, j’ai retrouvé une boîte avec des carnets qui datent de mon enfance. Vers 13-14 ans, à l’époque où je les ai commencés, j’écrivais sur la solitude et les difficultés alors que je n’ai jamais été seule. J’ai deux frères et une sœur, nous sommes une grande famille, j’ai toujours eu des amis, mais pour une raison que j’ignore, la solitude est toujours présente. Les immigrés sont aussi un sujet que j’aime traiter mais je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. J’ai cette attirance pour les personnages immigrés parce que j’ai la sensation qu’ils ne sont pas à leur place. On doit tous gérer pas mal de choses, mais pour eux c’est un combat encore plus difficile.

En fait, si je comprends bien, tu t’intéresses aux minorités. En tant que femme et réalisatrice, tu as une responsabilité, une voix, tu racontes les histoires que tu veux et qui te semblent importantes.

Oui, et les problèmes propres aux femmes, je les vis. C’est donc important pour moi d’en parler. J’ai toujours été très proche de ma mère, on a une relation très spéciale et elle me disait toujours qu’elle avait eu une enfance malheureuse et elle m’en parlait beaucoup. Quand j’étais enfant, je trouvais ça génial que ma mère me parle de tout ça. Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’était trop et à cause de ça, je ressens le besoin de raconter ses histoires dans mes films.

C’est étrange car dans ma vie, ça ne se passe pas comme ça, mais c’est comme si ses histoires étaient devenues les miennes. J’ai comme un besoin de les raconter et de faire face à ce genre de choses. C’est inconscient, mais elle est toujours tellement hantée par ces histoires que je ressens le besoin de la libérer. C’est drôle car lorsqu’elle a vu « Two », même si c’est très abstrait, elle m’a demandé d’où me venait cette histoire. Je lui ai répondu ; « Mais c’est à propos de toi ! ». Elle n’avait pas remarqué du tout ! On a filmé « Anna » dans une petite ville où ses grand-parents ont vécu mais je ne le savais pas. J’ai cherché dans tout le sud d’Israël et j’ai senti que c’était le meilleur endroit, un endroit très cinématographique. L’usine où elle travaille au début du film est aussi quelque chose qui appartient au passé familial. Ma mère se rappelle de sa mère en train de coudre. Quand sa sœur et elle ont vu le film, ça leur a rappelé beaucoup de choses, mais j’ai pris toutes ces décisions par instinct, je n’avais pas conscience des connexions avec notre famille.

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Pourquoi avoir choisi Evgenia Dodina, une actrice très connue en Israël, pouvant jouer aussi bien une femme forte que fragile, pour interpréter Anna ?

Je pense que j’ai voulu travailler avec elle car je la regardais et l’admirais depuis mon enfance. Je pense qu’elle avait envie de participer au film et que ça l’intéressait parce que c’était différent de ce qu’elle avait l’habitude de jouer. Elle joue d’habitude des rôles de femmes fortes qui ne montrent pas leurs émotions, plus particulièrement au théâtre. J’ai pensé que ce serait intéressant de faire quelque chose de différent avec elle, d’essayer d’en faire une femme simple. C’est une femme très belle. On ne peut pas vraiment en faire un personnage laid, mais on peut essayer de la montrer différemment, sans qu’elle soit trop consciente de son apparence.

Pendant ton cursus scolaire, tu as réalisé « Violeta, mi vida », un portrait de femme vivant en Israël qui n’a rien d’une héroïne : celui d’une femme de ménage dont la plus jeune fille a une maladie des os. Pourquoi as-tu voulu filmer cette femme en particulier et faire de son histoire un documentaire plutôt qu’une fiction ?

Lorsque j’ai rencontré Debora, cette mère de famille, je suis immédiatement tombée amoureuse car elle est spéciale et drôle. Je cherchais un sujet pour un exercice d’école et quand je l’ai rencontrée, j’ai commencé à la filmer. J’ai réalisé qu’il y avait bien plus de matière, que ce n’était pas qu’un exercice et j’ai su dès notre première rencontre que je voulais la filmer car nous nous sommes ouvertes l’une à l’autre. Elle parlait de choses dont je me sens vraiment proche comme la maternité et le sacrifice à l’égard d’un enfant. Sa relation avec sa fille Violeta est très belle et ça se voyait tout de suite. Elles sont drôles et à la fois mère et fille l’une pour l’autre. J’ai donc commencé à les filmer et tout s’est passé très vite. Je les ai rencontrées deux mois avant la bat mitzvah de Violeta, j’ai donc tout de suite réalisé que mon histoire se tenait là et qu’il fallait que je les filme sur cette période. À vrai dire, Debora est si intéressante que je pense pouvoir écrire beaucoup d’histoires sur elle, elle m’émerveille. Elle a des millions d’histoires comme celle qui m’a fait écrire « Anna ». Mon film s’inspire d’elle mais lorsque j’ai commencé à écrire, c’est devenu un mélange entre elle et moi.

Tu as commencé l’école il y a sept ans. Tu sembles avoir changé entre la réalisation de « Two », celle de « Violeta » puis celle de « Anna ». Penses-tu te découvrir à travers tes films ?

J’ai compris ce qui m’intéressait avec le temps. Un très bon ami me dit toujours qu’on voit que je grandis à travers chaque film.

Si la télévision ne diffuse pas de courts et que tes films ne peuvent être vus qu’en festivals, comment peut-on voir un film comme « Violeta », un documentaire de cinquante minutes ?

« Violeta » est différent car une chaîne documentaire l’a beaucoup diffusé, encore jusqu’à maintenant.

« Anna » fait le tour des festivals et gagne plein de prix. Il a fait ses débuts à la Cinéfondation, à Cannes. Comment l’as-tu vécu ?

J’essaye de me dire que tout cela fait partie d’un processus, de mon processus. Depuis que j’ai commencé, chaque film constitue une étape. Concernant « Anna », ce qui est drôle, c’est que j’ai travaillé très dur pour ce film et que lors de la première projection, il y a un an au Festival de Haïfa, en Israël, nous n’avons rien remporté. J’ai pensé que le film n’irait pas dans d’autres festivals et que sa carrière ne serait pas si bonne. C’était vraiment déprimant après avoir travaillé si dur mais après quelques temps, je me suis dit très sincèrement que ce film était une étape très importante de mon processus et que j’avais appris énormément de choses en le réalisant, que je l’aimais et puis que c’était tout; cela suffisait, même si il ne voyageait pas. Ensuite il y a eu Cannes. C’était génial mais aujourd’hui, je ressens toujours la même chose. Bien sûr c’est fantastique d’avoir toutes ces sélections à la suite de Cannes, et ça sera plus facile pour faire un long-métrage, mais je pense que j’ai besoin de continuer à travailler par petites étapes. Aujourd’hui, je suis un peu perdue avec tout ça, j’oscille entre deux idées  de projets mais ça me va. C’était comme ça avant « Anna » aussi. Maintenant je me dis que j’ai mon premier long en face de moi, que c’est important. Je me demande quelle en sera l’histoire, mais quand j’ai fait « Anna » je ressentais la même chose, je me disais que c’était mon film de fin d’études, que c’était aussi quelque chose de important…

« Anna » est un film plein de détails. Est-ce quelque chose de conscient au moment de l’écriture et du tournage ou quelque chose qui se décide au moment du montage ?

Je pense que quand j’écris, ce qui m’aide le plus c’est simplement de m’imaginer ce qui se passerait si j’étais à la place des personnages. Des petites choses me viennent, par exemple, je m’imagine faire ceci ou cela avant d’ouvrir la porte quand quelqu’un est à l’intérieur, et je pense que quand j’écris, tout est déjà là. Aussi, lorsque j’écris une scène de sexe, je l’écris parfois de façon très générale et ensuite je n’arrive pas à la mettre en scène parce que c’est trop abstrait. Finalement, je l’imagine, comme toutes ces choses qui se produisent dans la vie, comme le moment où Anna se retrouve coincée dans sa robe et n’arrive pas à l’enlever. J’aime imaginer ce genre de choses parce que ça semble plus réel.

Penses-tu que les femmes ne sont pas assez considérées dans le cinéma israélien ?

Je pense que c’est en train de changer et qu’il y a une vague de réalisatrices douées, des jeunes femmes comme Yaelle Kayam, Talya Lavie et d’autres. Mais avant il y avait surtout des hommes, c’est pour ça que je pense que c’est important de raconter des histoires sur les femmes. Quand je travaillais sur « Anna », je faisais des projections-tests et les hommes réagissaient étrangement face au film. Beaucoup d’entre eux n’aimaient vraiment pas son personnage, ils ne la comprenaient pas. Ils se demandaient pourquoi elle ne flirtait pas, pourquoi elle n’était pas féminine, … . Pour moi, c’était intéressant parce que c’est exactement ce que je voulais faire, montrer des femmes sous un autre angle, parce qu’il existe en effet des femmes qui ne recherchent que du sexe et qu’il y a des femmes fortes, et que c’est important de le montrer.

Pourquoi était-ce important d’avoir l’avis des hommes ?

Parce que je pense que c’est important d’avoir les deux points de vue. Je savais que les femmes aimeraient davantage mon film mais je voulais savoir ce que les hommes ressentiraient et en fait, quand on travaille sur un film, on veut que tout le monde l’aime. Mais maintenant, j’ai des supers retours d’hommes. Certains m’ont dit que c’était très courageux car le film traite de la solitude. Il nous arrive à tous de se sentir seul et « Anna » en parle de façon très directe.

Tu disais qu’avant d’intégrer l’école tu ne savais pas ce qu’était un court métrage et aujourd’hui, tu dis vouloir en réaliser d’autres. Qu’est-ce qu’un court métrage pour toi désormais ? Qu’est-ce qui t’intéresse dans ce format ?

J’aime le court métrage parce que c’est très précis, que rien ne détourne votre attention et aussi parce que ça peut être très petit. J’adore les petites histoires bien plus que les grandes.

Qu’est-ce qu’une petite histoire ?

Dans un court métrage, tout peut être petit. Par exemple, Anna, c’est une femme qui cherche un partenaire sexuel, le film traite d’une journée dans sa vie. C’est ça l’histoire et c’est très simple. Je pense que ce genre d’histoires, parce qu’elles sont petites et peu dramatiques, peuvent contenir beaucoup de choses et être très riches de sens.

Interview : Katia Bayer. Retranscription, traduction, mise en forme : Agathe Demanneville

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