Les arbres naissent sous terre de Manon et Sarah Brûlé

Une errance intime et poétique où se mêlent la vie et la mort sur des accords de guitare tsiganes, « Les arbres naissent sous terre », l’animation de Manon et Sarah Brûlé, étudiantes à la Cambre, a remporté, samedi soir, à Huy, le Prix de la Communauté française Wallonie-Bruxelles.

Un homme organise une veillée funèbre. Ses mots résonnent dans le silence de la nuit comme un soupir douloureux qui se reflète dans des tons froids aux accents de nostalgie brumeuse. Le récit nous emporte dans des souvenirs pluriels où seules les sensations persistent, où seul le détail a de l’importance et où la banalité apparaît dans toute sa fragilité. Petit à petit, la trivialité figurative d’une famille en deuil se transforme en un essaim multicolore, métamorphose du chagrin causé par la perte de l’être cher.

Sur un air à la Django Reinhardt joliment interprété par Romain Verwilghem, s’ensuit un feu d’artifices de formes et de sons, un florilège sensuel et impressionniste de bestioles virevoltant au gré du souvenir. Pictural à souhait et esthétique avant tout, le film d’études des demoiselles Brûlé accorde une grande importance aux impressions fugitives, aux moments éphémères précieusement récoltés dans le creux des mains de la mélancolie et de la tristesse. Un petit film dont on ressort transformé, non pas chamboulé mais différent, comme l’avant d’un départ ou l’après d’un retour. Dans ces allers-retours de la vie, l’espace d’un instant, le film rend hommage à l’absence désormais éternelle de ce qui a quitté la réalité pour devenir l’infime poussière que cultive la terre et où naîtra dès lors, l’arbre de tous les possibles.

Marie Bergeret

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Une réflexion sur “ Les arbres naissent sous terre de Manon et Sarah Brûlé ”

  1. Quelle audace d’oser montrer la mort ainsi, surtout dans une société comme la notre où elle est tabou ! J’en parlerai ainsi à mes enfants, c’est décidé. Vous avez réalisé un très beaux court métrage les d’jum’s, j’ai eu l’impression de sentir en nouveau l’odeur de tabac « Django » au caramel, de revoir l’écharpe qui changeait de couleur à la lumière du jour, et les chaussures toutes rapées, les Dc Marteens, tout dans le moindre détail me revient, mais je n’ai plus les mots pour parler de notre (si je puis me le permettre???) graine. J’ai tellement de choses à dire et rien en même temps paske tout est dit déjà…

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