Patrik Eklund : « Le court métrage est une forme d’art à part »

Début mai, Bruxelles. Le réalisateur suédois Patrik Eklund est encore un inconnu (parfait, illustre) jusqu’à ce que son troisième film, « Instead of Abracadabra », soit découvert au Festival du court métrage de Bruxelles. Mi-mai, Cannes. Patrik Eklund est invité par la Semaine de la Critique à présenter son dernier court métrage, « Slitage ». Coups de fil, SMS, e-mails : une brève rencontre s’organise dans un couloir du Marché du film, à même le sol, devant de curieuses et nombreuses portes sans issue.

eklund

Premières figures, premières envies.

Enfant, le film qui m’a le plus marqué a été « Star Wars », mais  mon intérêt pour le cinéma est venu du skateboard. À l’âge de 12 ans, pour me divertir, je filmais des figures de skateboarding et des sketches avec mes amis, pendant les moments de pause. Quand j’ai eu l’occasion de monter ces images, et d’y ajouter de la musique, je me suis rendu compte que j’avais créé quelque chose, et que j’avais évolué par conséquent. L’idée de lier mon métier au cinéma s’est vraiment imposée après mes études. J’ai commencé comme stagiaire sur un long métrage, et par la suite, je me suis inscrit dans une école. Pour moi, le cinéma est un art parfait et très créatif parce qu’il englobe énormément de choses (la musique, l’image, le textuel,  …) en un seul mot.

Kulturama

Je me suis inscrit en réalisation à Kulturama, une école de cinéma et de vidéo de Stockholm. Là-bas, on était divisé en groupes au sein desquels on était censé s’initier à différentes pratiques pour mieux capter la réalité d’un plateau. Comme la photographie m’intéressait, je me suis tourné vers elle et en ai fait pendant un moment.

À Kulturama, tout se faisait de manière communautaire. Même le film de fin d’études était un projet collectif, et nullement personnel. J’ai travaillé sur ce film, en tant que chef opérateur, et non en tant que réalisateur, ce qui a fait que quand je suis sorti de l’école, je voulais plus que jamais devenir scénariste et réalisateur. Ce souhait s’est concrétisé peu de temps après, au moment où j’ai reçu une subvention pour tourner mon premier film [« One Christmas Morning »].

A. Affection. Antihéros

Le personnage de l’antihéros m’intéresse vivement. Sa singularité m’attire car il est très proche de la réalité, des vraies personnes, et des vraies situations. Dans mes histoires, j’aime insérer des personnes « normales » dans des situations anormales, et voir de quelle manière, ils sont amenés à devenir des « héros ordinaires »».

Masculins

Depuis le début, je travaille beaucoup avec Jacob Nordenson. Je le fais jouer dans tous mes films, y compris le dernier. Lorsque j’écris un scénario, si celui-ci comporte un personnage que Jacob pourrait incarner, la question ne se pose pas : le rôle est pour lui.

Pour « Instead of Abracadabra », mon film précédent, j’ai choisi comme acteur principal, Simon J. Berger, un acteur assez connu en Suède, ayant joué dans plusieurs séries télévisées. Il lui a fallu une simple moustache pour qu’il soit parfait pour le rôle de Tomas, le magicien raté !

Retour au court

Actuellement, je suis en train d’écrire mon premier long métrage. Je suis en plein travail, mais je pense revenir au court métrage, par la suite. J’adore ce format et la liberté qu’il offre. C’est une forme d’art à part, je trouve, qui peut être ludique, libre, et favoriser l’expérimentation. On pourrait croire qu’on apprend tout du long métrage, mais on peut vraiment extraire le meilleur du court métrage et découvrir une multitude de choses avec ce format.

Cannes

C’est la deuxième fois que je viens à Cannes, avec mes films. « Situation Frank », mon deuxième court a été retenu en 2007 par la Semaine de la Critique, et « Slitage », le dernier, a été présenté cette année, dans la même section. Indéniablement, une sélection à Cannes est très favorable à la carrière d’un film : sa vie se rallonge dans le circuit des festivals. Cela fait du bien d’être reconnu par les professionnels pour son travail, mais personnellement, je fais mes films pour le public. Si celui-ci les apprécie, c’est ce qui compte le plus, à mes yeux.

Propos recueillis par Katia Bayer. Retranscription : Adi Chesson

Article associé : la critique de « Instead of Abracadabra »

Consulter les fiches techniques de « Instead of Abracadabra » et de « Slitage »

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