Le silence de la carpe de Vincent Pouplard

Cette semaine, Format Court porte son regard sur le court-métrage de Vincent Pouplard « Le silence de la carpe », réalisé en 2011. Sélectionné dans de nombreux festivals comme les Premiers Plans d’Angers ou encore le festival Hors Pistes (Centre Pompidou), le film nous plonge dans un univers peu connu du grand public : l’apnée.

Le silence de la carpe de Vincent Pouplard. Documentaire, 14′, France, 2011, Cinédoc

Synopsis : À la recherche de leurs limites physiologiques, les apnéistes imposent à leur corps un régime différent de l’exercice habituel et régulier de leurs poumons. Il y a les corps et cette retenue qu’ils choisissent, acceptent et expérimentent.

Filmé lors d’une séance d’entrainement, le documentaire peint ses étranges corps suspendus dans l’eau. Vincent Pouplard, en silence, filme le temps à l’état pur. Les gestes des apnéistes sont montrés sans interruption, ce qui donne de la longueur aux plans. On observe chacun de leurs pas mesurés et calculés, pour rester le plus longtemps sous l’eau. C’est un véritable challenge physique et psychologique qui se déroule sous nos yeux.

Le réalisateur prend le temps d’observer les scènes avec fascination : la parole n’est pas nécessaire face à un monde silencieux. Les protagonistes sont présentés à la fin, par des plans cadrés épaule. Vincent Pouplard filme leurs visages travaillés et fatigués par la concentration et l’énergie que demande l’apnée.
La durée du court-métrage (14′) pousse le spectateur à se laisser flotter dans la piscine avec les apnéistes, observant au plus prêt cette discipline peu connue. On est porté par le sujet qui est montré le plus naturellement possible : en 16mm, au plus près des corps, tout en gardant le point de vue hors de l’eau.

Vincent Pouplard nous livre dans ce court-métrage un documentaire original qui plonge le spectateur dans un univers qui ne lui est pas habituel. Son geste documentaire se ressent par la volonté d’aller au plus près de ses protagonistes, le public se laissant porter par le récit. Dans « Le silence de la carpe », il propose avec originalité, d’observer des apnéistes inertes et pousse le spectateur à se questionner sur la contemplation du corps.

Lila Toupart

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