Kavi de Gregg Helvey

Tu seras un Homme, mon fils

Petite fiction nous venant tout droit des États-Unis, « Kavi » a été nominé aux Oscars avant d’être projeté sur le grand écran du FIDEC. Son auteur, Gregg Helvey a parcouru le globe pour le National Geographic et la BBC 1 affinant petit à petit son intérêt et son engagement pour la cause juste.

Pour une entrée cinématographique, en voilà une intéressante. Par sa façon toute particulière de narrer le quotidien d’un garçonnet dont le rêve est de jouer au cricket et d’aller à l’école alors qu’il est condamné à fabriquer des briques dans le fin fond du Maharashtra, « Kavi » peut faire penser à « Slumdog Millionaire ». Et pour cause, il emprunte au film de Danny Boyle, la thématique de l’enfant qui brise ses chaines, symboliques ou réelles, pour devenir un homme libre dans la plus grande démocratie du monde, un homme capable de choisir sa destinée.

Chose infiniment ardue que de revendiquer le droit à vivre ses désirs dans un pays liberticide à bien des égards, cela, Helvey, sorti de l’USC l’a bien compris. Avec son film de fin d’études, son intention est clairement de dénoncer l’esclavagisme contemporain. Malheureusement, il aurait gagné à être moins explicite sur ses intentions car son court offre un traitement narratif assez simpliste et manichéen. Le fait que « Kavi » soit en réalité le pitch d’un long-métrage n’étonne finalement qu’à moitié et l’on se surprend à vouloir voir le film, le grand, une fois terminé.

Avant tout porteur d’un message, « Kavi », entièrement tourné en Inde, en Hindi, en Marathi et en anglais, a le mérite de parcourir les Festivals à travers le monde où il glane prix et reconnaissances prestigieuses permettant ainsi d’ouvrir les yeux sur une pratique scandaleuse qui va totalement à l’encontre des droits humains.

Marie Bergeret

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