Le film de la semaine : Command Action de João Paulo Miranda Maria

Command Action, le film de João Paulo Miranda Maria se construit sur une recherche esthétique, l’harmonie et l’équilibre entre une grande variété d’éléments visuels. Chaque scène se révèle comme étant une attitude esthétique avec une préoccupation humaniste.

Le récit se déroule dans un marché ouvert qui rassemble des personnes d’origines différentes et offre une base intéressante pour la narration. À travers le regard d’un jeune garçon errant dans la marché, le réalisateur brésilien embarque sur une exploration de la réalité sociale.

Le protagoniste part faire des courses pour sa mère mais se laisse vite distrait par un confrère qui supplie sa propre mère de lui acheter un jouet télécommandé. Il hésite ensuite sur tout le chemin entre acheter ladite babiole ou les provisions qu’il devait aller chercher. Après un moment d’indécision, il se dirige vers trois amis qui l’incitent à voler le jouet. Le garçon s’en va en rejetant fermement cette proposition immorale. Juste avant la fermeture du marché, il décide finalement d’acheter le jouet et d’abandonner son intention initiale.

Cette histoire est une métaphore parfaite de la situation précaire des enfants dans la société. En total, six enfants ont été mis en scène pour le film : le personnage principal, son petit frère, les trois garçons et le gamin du marché. Ce qui distingue le protagoniste des autres personnages est qu’il possède non seulement la faculté de raisonner de façon autonome mais aussi le pouvoir social (sous forme d’argent) pour agir. Lui seul est capable d’écouter, de réfléchir et de décider. Ce court-métrage de 14 minutes montre parfaitement l’expérience d’enfants en train de grandir. Bien que le garçon n’ait pas transgressé la discipline morale, il finit par se perdre dans le grand environnement social.

João Paulo Miranda Maria a conçu le film comme une allégorie, exprimant son inquiétude à l’égard de la situation des adolescents dans la société et provoquant ainsi la réflexion chez le spectateur. Sa maîtrise narrative et métaphorique ainsi que la construction visuelle raffinée témoignent de son talent en tant que cinéaste.

Texte : Yu Yilu. Film recommandé par Qiu Yang, Palme d’or du court-métrage 2017

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