Hvalfjordur de Gudmundur Arnar Gudmundsson

Cette semaine, Format Court porte son regard sur le court-métrage de Gudmundur Arnar Gudmundsson : « Hvalfjordur » (Le Fjord des baleines). Mention Spéciale au 66ème Festival de Cannes, le film nous plonge dans une région reculée de l’Islande, où l’on suit la relation étroite de Arnar et Ivar, deux frères qui luttent contre la solitude.

Hvalfjordur (Le Fjord des Baleines) de Gudmundur Arnar Gudmundsson. Fiction, 15′, Danemark, Islande, 2013, Frae Films, Fourhands film, Sagafilm, Mailand-mercado films

Synopsis : Le film dépeint une relation étroite entre deux frères vivant avec leurs parents dans un fjord reculé. Nous pénétrons dans leur monde à travers le regard du plus jeune frère et nous l’accompagnons dans un voyage qui marquera un tournant dans leur vie.

Le réalisateur raconte cette histoire à travers les yeux du plus jeune frère, qui s’endurcit, impuissant, face à chaque tentative de suicide de son aîné. Il prend la place de l’adulte dans le film en essayant de prévenir son père, qui ne voit pas le malheur et la solitude de ses enfants. Gudmundur Arnar Gudmundsson ne représente volontairement pas les parents de ces enfants, leur existence étant signifiée par des voix et un mutisme face aux problèmes rencontrés par leurs fils.

Le décor naturel tient une place importante dans ce court-métrage, il plonge le spectateur dans une région où la pèche à la baleine est la principale activité. Les grandes plaines vides et silencieuses sont synonymes de la solitude de l’enfant. La lumière grisâtre, ne laissant passer que quelques rayons de soleil, enferme le spectateur dans une région où la présence humaine est inexistante.

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La caméra ne suit que le jeune garçon, explore avec lui les étendues désertiques où les chevaux islandais profitent de leur liberté, et les plages de galets surmontées par des grandes falaises. Le réalisateur alterne entre moments forts en émotions, comme la tentative de suicide du frère aîné et moments plus calmes où on observe la beauté des paysages lorsque le jeune garçon se retrouve au milieu d’un troupeau de chevaux.

Gudmundur Arnar Gudmundsson livre dans ce court-métrage, un conte contemporain qui plonge le spectateur dans une région peu connue du grand public. Les deux acteurs interprètent avec sincérité le mal-être constant qui règne au sein de la jeunesse d’aujourd’hui. Ce sujet, qui touche personnellement le réalisateur, est au cœur de son premier long-métrage : « Heartstone », remarqué dans les festivals de Venise et Toronto, et qui signe une œuvre bouleversante sur l’adolescence et le passage à l’âge adulte.

Lila Toupart

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