The Dancing d’Edith Depaule

Edith Depaule, réalisatrice de « The Dancing », est une artiste polyvalente, touche-à-tout, mêlant avec justesse les arts dans ses œuvres. Avant tout chorégraphe et metteur en scène de théâtre, elle réalise ici un deuxième court-métrage élégant (après « Passionate Kiss »), construit comme une pièce où les corps et leurs mouvements sont mis à l’honneur. Déjà repéré cet été par Format Court au Festival CourtsCourts de Tourtour (où il avait obtenu le Prix Spécial du jury), ce film retient à nouveau notre attention au Festival de Namur où il est sélectionné dans deux compétitions nationale et internationale.

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Douze femmes chiquement habillées, talons aiguilles aux pieds et robes de soirée ajustées, attendent patiemment leurs partenaires de danse. Mais à trop attendre, l’hystérie et l’euphorie remplacent petit à petit le calme et la sagesse.

Le film est construit en trois tableaux bien distincts. Le premier mouvement est celui de l’attente dans lequel les femmes sont rivales et n’échangent guère plus que des regards noirs et méprisants sous une lumière jaune et agressive. Le deuxième est celui du rêve où la femme s’épanouirait avec l’arrivée de l’homme ; ici, la lumière rouge est chaleureuse mais irréelle. Dans le troisième volet, c’est sous une lumière plus sobre et réaliste que les femmes s’émancipent en dansant ensemble, formant de leur singularité un tout uni. Une chorégraphie de groupe qui se créée des mouvements de chacune.

Ces trois parties sont liées par une tension chorégraphique, un suspense intangible. La danse prend forme progressivement, elle prend le temps de s’installer. Un travail important sur le son renforce cette attente.

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Ce film renvoie forcément aux « Rêves dansants » de Pina Bausch ; on y retrouve le même type de personnages strictes et froids s’épanouissant par la danse, entre danse de salon et danse contemporaine. Edith Depaule sait filmer les danseurs, elle y porte un regard féminin, doux et connaisseur. Elle n’hésite pas à entrer dans la danse avec sa caméra, cette dernière étant un élément à part entière de la chorégraphie.

Avec « The Dancing », Edith Depaule signe un film gai qui nous transporte dans un environnement sonore et visuel des années 50. Habituée des spectacles de danse, elle réussit à nous raconter une histoire sans parole, avec seulement des regards, des mouvements et des cris. En liant cinéma et chorégraphie, ce film illustre une vraie recherche artistique avec originalité, humour, singularité et sensualité.

Zoé Libault

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