Arekara, La vie d’après de Momoko Seto

En 2011, la réalisatrice japonaise Momoko Seto nous présentait son court métrage expérimental « Planet Z », nous plongeant dans une guerre macro entre champignons et végétaux, le tout en timelapse. La même année, un tsunami s’abattait sur le Japon. De cet évènement tragique, Momoko Seto nous revient avec « Arekara, La Vie d’Après », documentaire en compétition au 22ème Festival du film de Vendôme.

C’est dans la ville à moitié dévastée d’Ishinomaki, au nord de Tokyo, que la réalisatrice a choisi de poser sa caméra. Partant à la rencontre de rescapés, elle capte à travers le témoignage de cinq d’entre eux la réalité terrifiante, triste mais aussi touchante de la vie depuis le drame, à l’image d’un homme ayant perdu son fils ou celle d’une femme devenu fan de sumo après la catastrophe.

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Trois parties composent ce court métrage. Dans un premier temps et dans la tradition des documentaires, de nombreux plans fixent mettent en scène les récits des survivants. La caméra n’est ici que spectatrice des histoires de ces hommes et ces femmes, comme immobile ou paralysée face à la fatalité de la situation. Mais ce qui aurait pu n’être qu’une simple réunion d’histoires illustrant le désastre se révèle être un recueil d’expériences surréalistes, exceptionnelles, où les rires et les larmes font face à l’incertitude et la précarité qui rythme à présent le quotidien de chacun.

Appuyant les témoignages, la deuxième partie de l’œuvre se base sur des images fortes de paysage dévasté, à l’instar d’un bus toujours suspendu sur le toit d’un immeuble rappelant la puissance de l’évènement. La dernière partie du film continue de montrer les ruines de la ville, mais cette fois-ci soutenue par le récit des survivants, rajouté comme une illustration aux faits.

Momoko Seto livre ici une œuvre forte, poignante et réussit le pari de ne pas plonger dans le dramatique, mais plutôt d’insister sur l’universalité des évènements vécus par chacun de ces sinistrés. Car ce drame a changé leur vie mais cette dernière, inlassablement, reprend son cours. On retiendra de ce court métrage un optimiste contagieux, rappelant que même si la nature fait son œuvre parfois aux dépens des hommes, ces derniers ne doivent pas s’arrêter sur la fatalité des choses. Il y a eu une vie avant. Il y en aura une après.

Carine Lebrun

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