« Les Escargots de Joseph », secrets de fabrication

À l’heure où certains se sont émerveillés devant les vitrines animées de Noël et où l’on courait de magasin en magasin dans l’espoir de trouver le cadeau idéal, la ville de Bruz, en Bretagne, a proposé une toute autre sorte d’émerveillement face à un autre type d’animation, celle de dessins, peintures, et autres marionnettes. Le Festival National du Film d’Animation de Bruz a offert encore cette année une programmation pleine de surprises. La compétition officielle, composée de 35 courts métrages professionnels et de 41 films de fin d’études, a proposé pendant plusieurs jours un panorama diversifié de la production actuelle, mais pas seulement.

En effet, le Festival National du Film d’Animation tient aussi en des rencontres avec des professionnels, des ateliers de découvertes, un focus sur l’animation Tchèque, et des expositions, avec à l’honneur cette année, la marionnette. Arrêtons-nous quelques instants sur une autre particularité du festival, les « Secrets de fabrication ». Dans une salle remplie de petits et de grands, Sophie Roze et Gilles Croirier dévoilent, sous le regard attentif des enfants, les coulisses de la réalisation du film « Les Escargots de Joseph » (2009).

Le film est issu d’un souvenir d’enfance, et qu’à cela ne tienne, il s’agit d’une histoire qui suscite tout l’intérêt des enfants présents dans la salle. Basé sur l’expression « se regarder le nombril », « Les Escargots de Joseph » nous fait entrer dans l’univers étrange de Joseph, un enfant extrêmement timide obnubilé par les escargots. Un jour, alors qu’il se regarde le nombril, il se trouve aspiré par celui-ci et découvre l’univers inquiétant des nombrilistes. Dans ce monde, les personnages se replient littéralement sur eux-mêmes et se transforment en escargot à force de se regarder le nombril et de se couper du monde extérieur.

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Très réactifs, les enfants présents dans la salle sont tout d’abord surpris par la taille de la marionnette, pas plus grande qu’une main, tandis que Gilles Croirier, un des animateurs du film, l’anime en prenant des photographies qu’il assemble sous les yeux des spectateurs. On découvre alors les dessous d’une technique d’animation minutieuse, image par image, qui demande une analyse du mouvement afin de le reproduire.

Joseph, vêtu d’un short et d’un chapeau de paille, est un personnage timide mais émouvant, dont le style est inspiré de cette grande vedette du cinéma muet qu’est Buster Keaton. On retrouve chez Joseph cet aspect touchant par sa maladresse, à la fois timide et plein de curiosité, plus particulièrement dans une scène où Joseph se trouve face à un nombriliste qui lui ressemble curieusement, comme un double de lui-même. Jeu de mains et de regards, cette scène semble tout droit sortie d’un film muet, tandis que les deux marionnettes nous touchent et nous font sourire rien que par leur gestuelle, preuve d’une animation réussie.

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Trois mois pour la construction des décors et la fabrication des marionnettes, trois mois de tournage à une moyenne de douze secondes par jour, sans compter la post-production, c’est le temps qu’il aura fallu à Sophie Roze, Gilles Croirier et Pierre-Luc Granjon pour réaliser « Les Escargots de Joseph », ce film intimiste et enchanteur, pour le plus grand plaisir des tout petits, sans oublier les plus grands !

Agathe Demanneville

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