Sylvain Rivière de Guillaume Bureau

« Sylvain Rivière », projeté lors de la compétition nationale de la 20ème édition du festival de Vendôme, n’est en aucun cas le frère de Jimmy Rivière, mais plutôt le cousin d’Amélie Poulain avec un peu de sang des personnages joués par Pierre Richard qui lui coule dans les veines.

En effet, ce Sylvain Rivière-là est un homme sensible, un peu distrait à la limite de l’autisme, mais plus volontiers pour son caractère unique et légèrement « paumé » que pour un aspect malade du terme. Avant tout, Sylvain Rivière est un romantique « à l’ancienne » et un vrai rêveur. Si bien que le jour où Christine s’évanouit devant lui alors qu’il remplace un ami comme agent de surveillance dans un musée, il ne sait plus où donner de la tête si ce n’est en direction de cette jolie rousse.

Le film nous entraîne dans un film choral où certes, c’est le personnage de Sylvain Rivière qui sert de point de départ, mais où les personnages de Christine, sa colocataire Rose et le  » réel » agent de surveillance, Arthur, ami de Sylvain, n’en sont pas moins importants. On assiste à un chassé-croisé des quatre héros et surtout à un quiproquo autour de cette fameuse lettre remise à la mauvaise personne créant des couples qui n’auraient pas pu se faire autrement. Le parallèle se produit alors entre un romantisme « fleur bleue » probablement catalogué de « vieux jeu » et une approche beaucoup plus sensuelle et sauvage entre deux individus. Sylvain Rivière se met au chant lyrique pour conquérir le cœur de sa douce tandis que Rose et Arthur se lancent dans un « rentre-dedans » beaucoup plus franc et sans froufrou.

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Cela donne une comédie romantique fraîche et plutôt agréable à regarder, d’autant plus qu’une visite de Caen et de son Palais des Beaux-Arts sont au programme. De même, le ton léger du film, malgré les chants lyriques récurrents (qui donnent, soit dit en passant, le rythme romantique du film), permet de s’attacher à tous les personnages qu’ils soient « cul-cul la praline » ou véritables collectionneurs de femmes, tous largement à la hauteur de ce court métrage et très bien dirigés par Guillaume Bureau.

De même, on osera dire que Monsieur Bureau, même si son Sylvain Rivière, peut-être un peu trop fait de bons sentiments, risque de rester trop inaperçu, est un des rares réalisateurs de la partie Vendômoise sur lequel on parierait pour un long-métrage prochainement, au vu de ses thématiques universelles et de sa maîtrise des personnages multiples qui s’entrecroisent.

Camille Monin

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