Court Métrange. Anecdotes aléatoires

Il y a trois semaines, avait lieu le festival Court Métrange spécialisé dans le cinéma fantastique. Curieuse et avide de sensations novatrices, une fine équipe du site se retrouvait au même moment à Rennes, avec quelques paquets de mouchoirs en trop (pour les mômes) et une forte envie de (re)découvrir la Bretagne. Reportage.

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L’affiche

Devant l’affiche du festival, des bonds peuvent s’exécuter devant cette irrésistible blancheur ambiante aux faux airs de pâte à tartiner. Dans un deuxième temps, un corps plutôt pas mal, une tête qui n’est plus et une manucure discrète apparaissent. Du rouge sang aurait pu rebuter sur ce visuel, ce blanc « écrémé » rassure par sa douceur et son onctuosité. On en arriverait presque à oublier le crime qui a pu se jouer là et ne pas voir les gouttes qui se dispersent sur les marches. Impensable vu qu’on commence tout juste à se frotter au domaine de l’horreur et de l’étrange.

Rennes

Pour déjouer les creux de l’après-midi (les projections n’ont lieu que le soir au festival), une visite de la ville s’improvise. Au quartier Saint-Anne, impossible de trouver une soupe brûlante, malgré le froid ambiant. Un marché coloré, des maisons à colombages, une joyeuse fanfare, un café sympa, c’est bien plus facile à identifier. Les pas s’approchent d’une cathédrale sans âge, de rues pavées, de bateaux qui font mouche, avant de s’arrêter dans une crêperie, d’ironiser sur le tennis de table (un sport, ça ?) et d’évoquer les raisons les plus loufoques liées au nombre d’oiseaux dans le ciel rennais.

Les films

Quarante films, pas moins, pas plus, constituaient cette année la programmation européenne de Rennes. Beaucoup de films d’animation faisaient partie de ce programme, certains très bons (comme « Body Memory », « Condamné à vie », « Nuisible(s) » ou « Danny Boy », notre prix Format Court), d’autres réellement moins passionnants (« Love Patate », « Judas and Jesus » alias le Métrange du Jury). Coté fiction, certains films particulièrement originaux se dégageaient de la masse (« Le Vivier », « E pigs », Next Floor », « The death of an insect », « Labyrinth within ») alors que d’autres étaient franchement insoutenables (« Ella », « Hungry Hickory », « Brutal relax ») ou très simplistes dans leur récit (« The astronaut on the roof », « Mandragore », « 36eme sous sol »). Parallèlement, Court Métrange avait prévu des cartes blanches consacrées aux Etats-Unis, au Japon et aux Mexique, en partenariat avec des festivals spécialisés implantés dans ces pays. Peu de ces films, pourtant, sortaient du lot, chose dommageable au final, au vu de la production prolifique et intéressante de ces trois pays.

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Les trois lettres magiques

Rien de très formel aux soirées d’ouverture et de clôture à Rennes : les organisateurs et le jury se réunissent à l’espace pro qui accueille également un mannequin de cire au regard vicieux, des bras et des jambes suspendus dans les airs et des murs ensanglantés. Pour la circonstance, quelques jeunes gens ont préféré troquer leurs tenues contre celles de maîtresses corsetées et d’elfes maléfiques tandis que des hommes préhistoriques abattent leurs massues devant des journalistes hilares et que les sandwiches disparaissent à vue d’œil. A la clôture, la formule ne varie pas. Point de discours à rallonge et de remerciements très publics, ici, le rassemblement a lieu en petit comité, les prix sont délivrés rapidement avant la photo souvenir. La reprise des films primés n’a lieu que le lendemain, certains courts étant projetés au même moment que la remise des prix.

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Le bal des Vampires

Après la prise de connaissance du palmarès, direction la loge pour ressembler le plus possible à un gentil vampire ou à une méchante fée (ou les deux à la fois). Au fait, qu’amène-t-on pour un tout premier bal des vampires ? Quelque chose qui peur, affirme l’entourage. Du côte du festival, Aurélien est plus éloquent dans ses mails : « Pour le déguisement, sois tu décides de faire simple (cape/grosse canine) soit tu innoves un peu le genre. En cas de panne créative, prends un personnage célèbre (De Gaulle, Gandhi, Christophe Maé, Nicolas Sarkozy…) et vampirise-le (succès assuré). Sinon, tu peux choisir l’option  »old school » avec une longue robe et une moumoute sur la tête ou choisir un vampire contemporain, cuir/latex, moderne quoi ! ». Les meilleurs costumes étant, paraît-il, ceux que l’on crée soi-même, on embarque un reste d’Halloween dans sa valise, mais une fois à Rennes, on ressort d’un magasin de farces et attrapes avec des faux cils qui préfèrent, malgré toutes les prières connues et inconnues, rester sur les doigts plutôt que sur les paupières. Par dépit, on pique le nez rouge du collègue plus chanceux qui récupère, lui, un serre-tête « couteau » (la manche d’un côté, la lame de l’autre) en lieu et place d’un hachoir tant souhaité. Pour aller ensuite s’encanailler avec des nonnes, des morts-vivants et d’autres créatures bizarres de la nuit, avant de rentrer pour une after au sel marin et aux croûtons au chèvre et de quitter Rennes le lendemain épuisés et enrhumés (chic, il reste des petits mouchoirs). Elle n’est jamais très fine, l’équipe, en rentrant de festival.

Katia Bayer

Sujet associé : Court Métrange. Dépôt photo

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