Europa Film Treasures : bonds & rebonds dans le temps

Lancée en 2008 par Lobster Films, l’enseigne Internet « Europa Film Treasures » regroupe à ce jour une collection de 123 films de référence empruntant à plusieurs genres, nationalités et périodes. Fruit d’une collaboration entre 30 fonds d’archives européens publics et privés, cette plate-forme offre en accès libre et en streaming de véritables bonds et rebonds dans le temps entre 1894 et 1999.

Quel est le point commun entre « Le Juif Errant » de Georges Méliès (1904, France), « La pêche d’hiver à Rymättylä d’Eino Mäkinen (1939, Finlande), « Jean, le Cadet » de Mihaly Kertesz (Hongrie, 1919), « Le désir projeté » de Johann Schwarzer (Autriche, 1999) et « Le Mariage de Galichnik » de Aco Petrovski (1955, Macédoine) ? Tous les cinq font partie intégrante du patrimoine du passé et sont en consultation libre et intégrale sur le réseau d’Europa Film Treasures (EFT pour les initiés).

En débarquant sur ce site ordonné par trois verbes (choisir, découvrir, visionner), l’internaute ne se doute pas de la richesse et de la diversité de contenu proposé. En l’espace de quelques minutes et de quelques clics, il a tout le loisir de s’en rendre compte en déambulant virtuellement entre l’un des premiers Fernandel (« Bric à Brac et Compagnie», 1931), l’un des westerns de jeunesse de John Ford (« Bucking Broadway », 1917), l’une des animations publicitaires les plus facétieuses (« La Grande Revue Philips » de George Pal (Pays-Bas, 1938), et l’un des films à trucs les plus excentriques (« Pickpock ne craint pas les entraves, Segundo de Chomon, France, 1909).

Ravi de sa balade, l’internaute poursuit sa découverte au contact de ces films rares, perdus, retrouvés dans d’étonnantes circonstances, restaurés en dépit des années, sous-titrés en 5 langues (français, anglais, allemand, italien, espagnol), et agrémentés d’éléments biographiques et contextuels. Au hasard des genres (drames, comédies, expérimentaux, documentaires, westerns, animations, féeries, actualités, films de science-fiction, de propagande, d’aventure, de danse, courts érotiques, ethnographiques, musicaux, films à trucs), il lui est possible de tomber sur cinq titres épatants, attirants, et singuliers. Cinq parmi d’autres.

Handkerchief Drill (Michaël Orrom, Royaume-Uni, 1949)

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Où qu’il soit, un mari éternue bruyamment, sans se soucier des questions de gêne et d’hygiène, au grand dam de son épouse. De guère lasse, celle-ci tente de lui faire prendre conscience du bienfait du mot « mouchoir », grâce à un narrateur empathique. Découvert lors d’une séance Retour de flamme, ce film d’information d’une minute réalisé pour le compte du gouvernement britannique, met en scène Richard Massingham, un ancien médecin devenu comédien et producteur, et considéré comme le « plus grand poète du cinéma britannique » par Henri Langlois.

John MacFayden (Margaret Tait, Ecosse, 1970)

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Du bleu, du rouge et de la cornemuse. Daté de 1970, ce clip expérimental peint à la main directement sur pellicule retient l’œil et l’attention dès les premières secondes de générique. Très vite, les couleurs, les lignes et les ondulations se mettent à vibrer, à se tendre et à danser au rythme de la musique. Réalisé par l’artiste Margaret Tait, titulaire d’un diplôme de médecine, « John Mac Fayden » est un poème musical très court inspiré de la culture écossaise, dont la restauration a réclamé une copie image par image, comme l’explique le livret lié au film (sur le site).

Les allumettes fantaisistes (Emile Cohl, France, 1912)

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Nouvelles dans le catalogue EFT, ces allumettes un peu folles ont été imaginées un jour de 1912 par le pionnier du cinéma d’animation Emile Cohl, déjà coutumier de la manipulation des petits bouts de bois incandescents avec « Les allumettes animées » trois ans plus tôt. Réclame déguisée en film d’animation, ce petit spot pour les cigarettes Maryland, a le mérite de manier mouvements chorégraphiques, métamorphoses diverses et variées et imagination débridée.

Supertramp Portrait 1970 (Haro Senft, Allemagne, 1970)

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Autre perle, cette fois documentaire : ce tout premier portrait filmé du groupe de rock Supertramp, anciennement appelé Daddy, dans un club munichois, fin 1969. Derrière la caméra, apparaît Haro Senft, un réalisateur tchèque affranchi des conventions commerciales. Devant elle, quatre musiciens bientôt stars répondant aux noms de Keith Baker, Richard Palmer, Roger Hodgson et Richard Davies. Le résultat : une prestation documentaire de dix minutes dont huit minutes ne sont que du son pur, rock, super, trempé.

Marvo Movie (Jeff Keen, Royaume-Uni, 1967)

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« Marco Movie » marie performances sixties, images subversives, collages audacieux, et bande sonore abstraite. Filmé en 16mm, ce kaléidoscope expérimental marqué par la pop culture, la bande-dessinée et le surréalisme, est signé Jeff Keen, ancien réalisateur sorti des Beaux-Arts et pionnier de l’avant-garde britannique.

Katia Bayer

Consulter les fiches techniques de «Handkerchief Drill », « John Mac Fayden », « Les allumettes fantaisistes », « Supertramp Portrait 1970 », et « Marco Movie »

Le site d’Europa Film Treasures : www.europafilmtreasures.fr

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