C’est gratuit pour les filles de Claire Burger et Marie Amachoukeli

Les rêveries d’une jeunesse solidaire

Avec « C’est gratuit pour les filles » faisant référence à une phrase souvent répétée à l’entrée des boîtes de nuit, Claire Burger et Marie Amachoukeli, signent leur deuxième court métrage après « Forbach », lauréat du 2ème Prix de la Cinéfondation en 2008 et du Grand Prix National à Clermont-Ferrand en 2009.

Laetitia et Yéliz sont deux adolescentes d’une petite ville de banlieue qui caressent le rêve d’ouvrir ensemble un salon de coiffure. Tandis que la première prépare son BP en coiffure, la seconde travaille dur dans un fast food graisseux. Sur leur scooter démodé, elles passent leurs soirées à rêver en parcourant la ville et, à travers les rues bordées d’immeubles bien alignés, elles aperçoivent l’espoir d’un avenir meilleur. En attendant, c’est le temps des premiers émois, et le cœur de Laetitia bat pour un garçon de la bande. Au cours d’une soirée, la jeune fille arrive à se rapprocher de lui, et quitte l’enfance pour se confronter au monde réel. Un monde qui n’hésite pas à étaler sur le net, un instant volé de sa relation intime.

Avec « C’est gratuit pour les filles », sélectionné à la Semaine de la Critique, les réalisatrices filment avec pudeur la fragilité d’une jeunesse trop vite confrontée à des choix de vie professionnelle cachant sa sensibilité derrière un exhibitionnisme malsain. Une génération à fleur de peau, partagée entre un grégarisme solidaire et une réclusion solitaire, où les garçons scandent des airs misogynes crus pendant que les filles n’hésitent pas à s’exprimer violemment.

Influencées par le cinéma de Pialat, Cassavetes, Zonca, et par le traitement de la réalité dans l’art, Claire Burger et Marie Amachoukeli, issues de la Fémis (en montage pour l’une, et en scénario pour l’autre), aiment explorer les limites du documentaire et de la fiction. Elles arrivent à transcender, avec habileté et subtilité, les fragments les plus banals d’une réalité campée par des comédiens non professionnels.

Entre conflits, espoirs et désillusions, entre béton et bitume, la caméra accompagne les jeunes filles sur la voie existentielle de l’indépendance et de l’affirmation de soi.

Marie Bergeret

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