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S comme Sinna Mann

Fiche technique

Synopsis : Lorsque la maman-poisson meurt, Boj n’y tient plus. Il trouve dans son
imagination la force d’aller de l’avant. Un film sur des secrets qui ne devraient pas rester
secrets.

Réalisation : Anita Killi

Scénario : Anita Killi adapté du roman « Sinna Mann » de Gro Dahle

Genre : Animation

Durée : 20′

Année : 2009

Pays : Norvège

Image : Anita Killi

Animation : Anita Killi, Triin Saarapik, Maral Charyeva

Son : Håkon Lammetun

Compositing : Hege Rimestad

Montage : Simen Gengenbach

Voix : Runi Arnekleiv, Herborg Kråkevik, Henrik Mestad, Svein Tindberg, Gro Dahle

Production : Anita Killi Production / Trollfilm

Articles associés : la critique du film, l’interview d’Anita Killi

Sinna Mann d’Anita Killi

« On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre »

Apparu sur la scène de l’animation il y a deux ans à peine, « Sinna Mann » a déjà fait le tour du monde où il a raflé nombreux prix et honneurs. Sélectionné au festival Anima cette année, ce petit récit adapté du roman de Gro Dahle par Anita Killi joue sur les contrastes de la forme et du fond pour aborder un sujet difficile, celui de la maltraitance domestique.

Boj a un papa très fort et il aimerait lui ressembler quand il sera plus grand. Seulement voilà, son papa est habité par un méchant monsieur colérique qui détruit tout sur son passage. Quand « l’homme fâché » sort de son papa, Boj se cache sous ses couvertures et attend que cela passe. Un jour, l’enfant partage son terrible secret avec son chien et ensemble, ils décident d’écrire au roi de Norvège.

Dans « Sinna Mann » les animaux parlent, les rois sont cléments, les pères abusifs reconnaissent leurs torts, les bons sont très bons et les méchants très méchants, pas de doute, on est bien dans un conte merveilleux si ce n’est que celui-ci, d’une facture plus moderne,nous plonge dans les oppositions d’une forme simple et enfantine pour traiter un sujet grave et douloureux. Narré par la parole de la jeune victime, fragile et vulnérable, les événements prennent alors une importance d’adulte et touchent le spectateur empathique au-delà de ses espérances.

Le film d’Anita Killi est un film fort qui se sert d’une esthétique naïve et expressionniste pour faire passer un message engagé, celui de briser les secrets et les tabous qui provoquent des actes de violence insensés.

Marie Bergeret

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Article associé : l’interview d’Anita Killi

Format Court remet un Prix au Festival Anima !

A l’occasion des 30 ans d’Anima, le festival belge de l’animation, Format Court attribue pour la première fois un Prix, celui du meilleur court métrage, catégorie films professionnels. Le Jury Format Court, composé de Katia Bayer, Marie Bergeret, Adi Chesson, Désiré Dupas, Nadia Demmou et Julien Savès, dévoilera l’identité du gagnant dimanche prochain, lors de la cérémonie de clôture du festival. Le lauréat bénéficiera d’un focus personnalisé sur Format Court et verra son film projeté dans des salles bruxelloises et parisiennes. Rendez-vous dimanche soir sur le site pour en savoir plus…

Voici la liste des films concourant pour le Prix Format Court

* 20 anos, Barbaro Joel Ortiz (C)
* Abstract Day (an), Oerd van Cuijlenborg (NL)
* Amar, Isabel Herguera (E)
* Big Bang Big Boom, Blu (I)
* Black Dog’s Progress (the), Stephen Irwing (GB)
* Blind Date, Nigel Davies (GB)
* The Cow Who Wanted to Be a Hamburger, Bill Plympton (USA)
* Family Portrait (a) Joseph Pierce (GB)
* Fast Forward Little Riding Hood, Sjaak Rood (NL)
* Fresca – Blestemul lui Dragulea, Ion Octavian Frecea (RO)
* Get Real!, Evert de Beijer (NL)
* Going West Martin, Andersen Line Andersen (GB)
* Journaux de Lipsett (les), Theodore Ushev (CDN)
* Kleine und das Biest (der), Johannes Weiland, Uwe Heidschötter (D)
* Kleinere Raum (der), Cristobal Leon, Nina Wehrle (CH / D)
* Let’s Pollute, Geefwee Boedoe (USA)
* Lost Thing (the), Andrew Ruhemann, Shaun Tan (AUS/ GB)
* Love & Theft, Andreas Hykade (D)
* Miss Daisy Cutter, Laen Sanches (F)
* Moj Put / My Way, Veljko Popovic, Svjetlan Junakovic (HR)
* Muzorama, Elsa Brehin, Raphaël Calamote, Mauro Carraro, Maxime Cazaux, Emilien Davaud, Laurent Monneron, Axel Tillement (F)
* Old Fangs, Adrien Merigeau, Alan Holly (IRL)
* Os Olhos do Farol, Pedro Serrazina (P)
* Pixels, Patrick Jean (F)
* Poppy, James Cunningham (NZ)
* Rubika, Claire Baudean, Ludovic Habas, Mickaël Krebs, Julien Legay, Chao Ma, Florent Rousseau, Caroline Roux, Margaux Vaxelaire (F)
* Silence sous l’écorce (le), Joanna Lurie (F)
* Sinna Mann, Anita Killi (N)
* Spin, Max Hattler (GB/ F / D)
* Syntymapaiva, Jari Vaara (FIN)
* Tussilago, Jonas Odell (S)
* Viagem a Cabo Verde, José Miguel Ribeiro (P)
* Videogioco (Loop Experiment), Donato Sansone (I)
* Whistleless, Siri Melchior (DK)

Anima 2011, les trente animées

Le festival belge de l’animation fête ses noces de perle cette année. Pour marquer le coup, le festival propose, du 4 au 13 mars, 118 courts métrages, 9 longs métrages en compétition, 3 longs métrages inédits hors compétition, 9 rétrospectives, et 9 événements avec des invités prestigieux tels que Bill Plympton, Peter Lord, Andreas Hykade, Gil Alkabetz et Bruno Collet.

Format Court, partenaire d’Anima depuis deux ans, accompagnera le festival pendant plusieurs jours et remettra pour l’occasion le Prix Format Court dans la catégorie « Meilleur court métrage, catégorie films professionnels », à l’issue du festival.

Retrouvez dans ce Focus :

Interviews

Andreas Hykade, réalisateur de « Love & Theft » (Allemagne)

Gil Alkabetz, réalisateur de « Der Da Vinci Timecode » (Allemagne)

Anita Killi, réalisatrice de « Sinna Man » (Norvège)

Bill Plympton, réalisateur de « The Cow Who Wanted to Be a Hamburger » (Etats-Unis)

Peter Lord, réalisateur et co-fondateur du studio Aardman (Royaume-Uni)

Reportages

Rétrospective roumaine : en attendant la (nouvelle) vague

« Trait scolaire sur l’écran Anima »

Derrière les films, des créateurs

Critiques

Le DVD Best of 7, le Best of d’Anima en 2010

« Miss Daisy Cutter » de Lean Sanches (France)

« Contre, tout contre » de Yoann Stehr (Belgique)

« Sinna Mann » d’Anita Killi (Norvège)

Actus

Jonas Odell remporte le Prix Format Court à Anima pour son film « Tussilago »

Anima, le palmarès 2011

Les courts métrages en compétition internationale

Les films d’écoles en compétition internationale

Les films en compétition nationale

Ainsi que nos sujets précédents liés aux films présentés au festival :

Interviews

L’interview d’Andrea Martignoni, compositeur de « Big Bang Big Boom »

L’interview de Joseph Pierce, réalisateur d' »A family Portrait » (Royaume-Uni)

L’interview de Sébastien Laudenbach, réalisateur de « Vasco » (France)

Critiques

« Les arbres naissent sous terre » de Manon et Sarah Brûlé (Belgique)

« The Cow Who Wanted to Be a Hamburger » de Bill Plympton (Etats-Unis)

« Love & Theft » d’Andreas Hykade (Allemagne)

« Big Bang Big Boom » de Blu (Italie)

« A Family Portrait » de Joseph Pierce (Royaume-Uni)

« Miramare » de Michaela Müller (Croatie, Suisse)

« Nuit blanche » d’Arev Manoukian (Canada)

« Vasco » de Sébastien Laudenbach (France)

Roma d’Elisa Miller

Dans une usine mexicaine de savon, « Roma », la rencontre de deux solitudes : une jeune fugitive, un ouvrier solidaire. Prix du scénario aux Rencontres Henri Langlois de Poitiers en 2010.

Une chaine de montage : des objets qui défilent, des mains d’ouvriers au travail. C’est ainsi que commence le nouveau court métrage de la Mexicaine Elisa Miller, déjà responsable de « Ver llover », son premier film (2006) : une plongée au cœur de l’aliénation, un regard apparemment « neutre » porté sur le monde.

Le prologue de « Roma » instaure une belle dialectique entre images documentaires et fiction, une transitivité comportant à la fois une fictionalisation de fragments documentaires et une « documentarisation » de segments fictionnels : mobilité de la caméra collée aux personnages, des plans réitérés (la fissure du fourgon par laquelle les migrants en voyage gardent un lien avec le monde extérieur). Les prometteuses cinq premières minutes préfigurent un récit épuré et un dépouillement formel non gratuit.

Malheureusement, la suite dément en partie la poétique mise en acte dans le prologue. Parfois excessivement géométrique dans la mise en cadre et en espace de ses personnages (des poses théâtrales contradictoires), le film s’avère schématique dans l’écriture du rapport de solidarité entre « marginaux » et incohérent dans son minimalisme convenu et naïvement métaphorique (la guêpe enfermée à l’intérieur qui bat inutilement des ailes en se leurrant sur la possibilité d’une fuite par le vitre translucide). On a du mal à accepter, à la fois, une scansion elliptique des faits, même si concentrés dans une seule journée (présentation de l’espace de l’usine, arrivée de la migrante, fermeture de l’usine, la jeune femme profitant des douches, ouverture de l’usine, rencontre avec l’ouvrier, solidarité entre les deux, départ de la migrante) et une dilatation temporelle invraisemblable dans d’autres passages, issue d’un voyeurisme déconcertant (pourquoi tous ces plans caressant le corps nu de la femme et filmant son interminable douche ?) plutôt que de la poétique zavattinienne du cheminement. En définitive, « Roma » est un objet maladroit malgré ses (bonnes) intentions et son remarquable début.

Manuel Billi

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La Mina de oro de Jacques Bonnavent

La patrie de Frida la brune réserve bien de jolies surprises aux amateurs d’humour noir. Le film de Jacques Bonnavent, La Mina de oro, aperçu notamment à Clermont-Ferrand où il a remporté le Prix de la jeunesse, est une pépite savoureuse. Le Festival Travelling de Rennes n’a d’ailleurs pas hésité à le sélectionner.

Betina, quinquagénaire romantique, vit seule et vient de découvrir les plaisirs des sites de rencontres virtuels. Ses moments de pause et ses nuits solitaires, elle les passe désormais en compagnie de son ordinateur qui lui donne des nouvelles de celui qui la courtise assidûment, un rondouillard au charme certain et aux ambitions de s’engager pressantes. Lorsqu’il lui envoie une bague de fiançailles avec un ticket d’autobus pour le rejoindre, l’amoureuse ne se fait pas attendre.

La mina de oro est d’un cynisme grinçant. Il regorge de touches expressionnistes qui en font une œuvre dans laquelle le spectateur rentre facilement. Il s’identifie naturellement à Betina qui se fourvoie dans l’illusion d’une idylle à cinquante ans passés sans jamais se rendre compte des éventuels dangers du virtuel. Les personnages, légèrement similaires à ceux de la famille Addams jouent sur les apparences en se faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas par opportunisme morbide.

Riche d’un univers nourri par l’imagerie mexicaine, le film est une tragi-comédie absolument immorale offrant un final des plus surprenant.

Marie Bergeret

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M comme La Mina de oro

Fiche technique

Synopsis : Betina, la cinquantaine passée, rencontre l’amour grâce à Internet. Elle laisse derrière elle sa vie monotone de citadine pour rejoindre son fiancé virtuel à l’autre bout du pays.

Réalisation : Jacques Bonnavent

Scénario : Jacques Bonnavent

Genre : Fiction

Durée : 10′

Année : 2010

Pays : Mexique

Image : Ramón Orozco Stoltenberg

Son : Mario Martínez Cobos

Montage : Alexis Rodil

Musique : Marc Lejeune

Interprétation : Alfonso Dosal , Cristina Michaus , Paloma Woolrich

Production : IMCINE

Article associé : la critique du film

Les César, Paroles de nommés

« Paroles de nommés ». Récemment, sont apparues sur YouTube des entretiens filmés des différents candidats nommés au César du Meilleur Court Métrage. Réalisateurs et producteurs reviennent sur leur souvenir n°1 des César, leur parcours et le film qui les a accompagnés pour cette 36ème cérémonie.

Logorama

Monsieur l’Abbé

Une Pute et un Poussin

Un Transport en commun

Petit tailleur

Festival International de Films de Femmes de Créteil/points de vues courts

Créé en 1979, le Festival International de Films de Femmes de Créteil accueille des réalisatrices du monde entier, avec près de 150 films qui défendent avec talent le regard des femmes sur leur société. Sa 33ème édition se déroulera du 25 mars au 3 avril 2011 avec 27 courts en compétition.

Compétition internationale

France

… un ange passe de Leyla Bouzid

Cees de Viola Groenhart

Chacun son goût de Hyun Hee Kang

Dr Nazi de Joan Chemla

Le faux pas de Sonia Buchman

L’invention des jours heureux de Sandrine Dumas

Like Love de Sarah Cunningham

Tre Ore d’Anna-Rota Zambrano

O’Moro d’Eva Offrédo et Christophe Calissoni

Europe

12 sketches on the impossibility of being still/ 12 Esquisses sur l’impossibilite d’être immobile de Magali Charrier

Ámár d’Isabel Herguera

Dìgame de Joséphine Frydetzki

(The importance of) Hair de Christina Höglund

Hanoi-Warsaw de Katarzyna Klimkiewicz

Little Children, Big Words de Lisa James Larsson

Into the middle of nowhere d’Anna Frances Ewert

Thermes de Banu Akseki

Qué divertido! de Natalia Mateo

Monde

Au milieu de nulle part ailleurs/elsewhere d’Annick Blanc

Buriganga de Michelle Coomber

Los infantes de Barbara Lago

J’étais une enfant de survivants de l’holocauste d’Ann Marie Fleming

Los minutos, las horas de Janaina Ribeiro

One from Afar de Noa Osheroff

Penchalamma de Tangella Madhavi

The Winter Boy de Rachel House

Place de l’élégance d’Annie Deniel

Pera Berbangê (Arpeggio ante Lucem) d’Aran İnan Arslan

“You won’t be understood, winglessness” – Ece Ayhan

Sélectionné cette année à la 61ème Berlinale, le court métrage « Pera Berbangê » du Turc Aran İnan Arslan présente, dans un cadre bucolique kurde, une allégorie soignée sur la liberté, cet oiseau illusoire.

Le jeune Bişkov et son petit frère, déplacés de leur village vers la grande ville à cause des hostilités civiles en région kurde, gagnent leur vie en vendant des pigeons en captivité aux vétérans de guerre soucieux d’expier leur culpabilité, pour que ceux-ci leur rendent leur liberté. Les garçons récupèrent ensuite les mêmes oiseaux pour les remettre ‘sur le marché’.

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Basé sur cette prémisse ironique, le scénario juxtapose des scènes narratives avec des séquences descriptives et des images purement réflexives voire métaphysiques. Grâce à son rythme posé, le cinéaste parvient à prendre le parti de la sobriété tout en se permettant une grande part de lyrisme. Ceci est principalement dû à un travail de l’image et à une picturalité parlants et hautement expressifs : aux côtés des plans sombres des réfugiés, évocateurs des icônes classiques, et voilés dans un chiaroscuro digne des grands maîtres de la Renaissance, surgissent des vues panoramiques de paysages caucasiens, entre idylle pastorale et contrée ravagée où la nature et les éléments font loi, transmettant au spectateur un sentiment de majesté teinté de désolation. En même temps, un certain réalisme se manifeste dans les plans froids de la ville où les garçons se rendent quotidiennement.

Le dialogue fait également écho à ce contraste entre le poétique et le prosaïque, et renforce l’ambiance apocalyptique du récit. Réservées aux réfugiées et à la grand-mère de Bişkov, les rares répliques ont un aspect prophétique, sibyllin et fort imagé, tels « des mots suspendus dans les airs », pour citer un personnage qui philosophe avec un langage tantôt élevé tantôt bien vil. La grand-mère, en revanche, lamente son déracinement forcé de manière vocifère, quelque peu trop littérale et quasi documentaire, avant que le réalisateur, par le biais d’une coupe sonore impressionnante, interrompe son discours tragique au profit du roucoulement des pigeons, les vrais protagonistes de cette allégorie, à laquelle s’ajoute une bande-son musicale solennelle, non intrusive et austère.

En dotant son court d’une retenue remarquable et une dimension énigmatique (résumée parfaitement par la citation finale reprise ci-dessus), İnan Arslan parvient à introduire de l’onirisme dans un univers déchiré par une réalité brutale. Son souhait avoué lors du festival de Berlin était que « Pera Berbangê » provoque une discussion sur la condition politique actuelle en Turquie. Son vœu est clairement exaucé dans la mesure où le film suscite une réflexion sur le sujet en berçant le spectateur dans un monde qui enchante et dérange dans un même envol.

Adi Chesson

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P comme Pera Berbangê

Fiche technique

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Synopsis : Un village est évacué et sa population est déplacée à la frontière d’une grande ville. Biskov et son petit frère vendent des pigeons aux croyants sur la place du marché. Les pigeons sont mis en liberté. Plus tard, Biskov les recueille et les ramène chez lui. Que signifie la liberté? Qui prend la décision de la donner ou de la reprendre?

Genre : Fiction

Année : 2010

Durée : 15′

Pays : Turquie

Réalisation : Aran İnan Arslan

Scénario : Aran İnan Arslan

Interprétation : Alican Pınar, Ana Rından, Erdal Ceviz, Mirza Metin, Yoldaş Toy

Image : Senem Tüzen

Musique : Mehmet Atlı

Production : Metin çelik

Article associé : la critique du film

E comme Entrevista con la tierra

Fiche technique

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Synopsis : Alors qu’ils marchaient dans les montagnes qui entourent leur village, Nico et Amalio, deux enfants mexicains d’une dizaine d’années, ont assisté à la mort brutale de leur ami, suite à une chute. Au cours d’entretiens, Nico et Amalio, ainsi que d’autres villageois, évoquent le défunt.

Réalisation : Nicolás Pereda

Scénario : Nicolás Pereda

Genre : Documentaire fictionnalisé

Durée : 18′

Année : 2008

Pays : Mexique

Image : Sebastián Hiriart

Son : Nicolás Pereda

Montage : Nicolás Pereda

Musique : Marcela Rodrigue

Interprétation : Amalio Miranda, Nico Miranda

Production : Nicolás Pereda, Sebastián Hiriart, Enchinga Films

Article associé : la critique du film

Entrevista con la tierra de Nicolás Pereda

L’expression visuelle et l’originalité narrative de Entrevista con la tierra, à mi-chemin entre le documentaire et la fiction, laisse entrevoir une réalité qui, à tout instant se dérobe au spectateur. Présent dans la capitale bretonne pour le Festival Travelling, le film de Nicolás Pereda évoque la rencontre magique d’un Mexique primitif attaché à ses traditions.

C’est par touches impressionnistes que le réalisateur mexicain nous dévoile un coin de réalité qu’il connaît bien, celle qui touche un village de son enfance. Là, les hommes et les femmes sont de petite taille et ont la peau foncée prouvant leur appartenance au peuple amérindien. Les superstitions demeurent indissociables des croyances et la mort omniprésente. Entrevista con la tierra parle des sentiments paradoxaux où sont plongés les proches de David, un jeune garçon mort après une chute accidentelle alors qu’il se promenait à la montagne avec ses amis Nico et Amalio et dont la mère rend ces derniers coupables de la disparition de son fils.

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Lors d’entretiens filmés dans la nature, on découvre l’amitié qui liait David à Nico et à Amalio, son frère. Mais quand on pense saisir la vérité, elle nous échappe, car par pudeur ou par honte, Nico refuse de reconnaître la disparition de son meilleur ami. Plongé dans le déni, il parle de lui au présent tout en déviant petit à petit vers un passé fragile. Parce que l’âme mexicaine mêle spontanément vie et mort, jouissance et tragédie, on s’étonne à peine de voir la mort prendre place dans un imaginaire reconstruit par la voix de l’enfance. Grâce à une mise en forme des plus audacieuses, le réalisateur offre une œuvre poétique sur le deuil, la culpabilité et les possibilités de les surmonter malgré l’incommunicabilité flagrante existant parmi les différents personnages.

Entre mise en scène travaillée et fragments de réalité, le film prend par moments une dimension plus mystique, ce que nous montre la scène finale où, symboliquement, Nico le protagoniste, tient une perche et tente de capturer le moindre bruit dans le cimetière où repose le corps de son ami, l’absence totale de son lui faisant alors étrangement écho. Par ailleurs, la musique de Marcela Rodriguez reprenant des sons et des instruments traditionnels achève d’apporter une touche métaphysique au documentaire qui s’engouffre dans les mystères de la forêt en même temps qu’il cherche à capter l’essence d’une culture en voie d’extinction.

Marie Bergeret

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Rushes Soho Shorts Festival, ouverture des inscriptions

Rushes Soho Shorts lance un appel à inscriptions pour sa treizième célébration du court métrage. Renommé pour maintenir un lien entre les communautés cinématographiques indépendantes et commerciales, le festival met à l’honneur les meilleurs réalisateurs dans huit catégories en compétition officielle.

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– Prix du Meilleur Court Métrage : Œuvres de fiction par des réalisateurs expérimentés du Royaume-Uni, moins de 12 minutes

– Prix du Débutant : Œuvres de fiction par des nouveaux réalisateurs du Royaume-Uni, moins de 12 minutes

– Prix International : Œuvres de fiction par des réalisateurs hors du Royaume-Uni, moins de 12 minutes

– Prix du Long Court Métrage : Œuvres de fiction par des réalisateurs du monde entier, moins de 30 minutes

– Prix du Documentaire : Œuvre documentaire par des réalisateurs du monde entier, moins de 12 minutes

– Prix d’Animation : Œuvre documentaires ou de fiction, moins de 12 minutes

– Prix du Meilleur Clip : Clips par des réalisateurs du monde entier, moins de 12 minutes

– Prix du Meilleur Design : Œuvres représentant une marque, titres de séquences, séquences commerciales, spots publicitaires, posters digitaux, et travaux destinés à la distribution multiplateforme ceci incluant Internet et les téléphones mobiles par des réalisateurs du monde entier, moins de 5 minutes.

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Vous pouvez inscrire votre film grâce au lien suivant : http://entries.sohoshorts.com

Le coût de l’inscription est de £15.00. Le film doit avoir été terminé entre le 1er Janvier 2010 et Avril 2011. Les films peuvent être inscrits jusqu’au 21 Avril et la sélection sera annoncée début Juin.

Le Festival débute le Mercredi 20 Juillet et se terminera, comme le veut la tradition, avec la remise des prix le Jeudi 28 Juillet 2011. L’ensemble des termes et conditions sont disponibles sur la page inscriptions du site Internet http://entries.sohoshorts.com et pour plus d’informations, rendez-vous sur le site www.sohoshorts.com.

Hasta los Huesos de René Castillo

Film d’animation réalisé avec un impressionnant travail de stop motion sur des personnages en plastiline, « Hasta los huesos » offre un voyage surréaliste grâce à une proposition artistique et technique flamboyante. Puisant largement dans l’iconographie culturelle mexicaine, le réalisateur René Castillo nous adresse une invitation drôle et tendre à réfléchir sur la relation à la mort.

Le film débute dans le décor fantomatique d’un cimetière lugubre qui fait penser à l’univers de Tim Burton. On suit les funérailles d’un personnage en pâte à modeler en prise à la peur de la mort. Jouant sur une perception typiquement mexicaine où le monde des morts et celui des vivants se brouillent dans une même réalité, on croit d’abord découvrir l’angoisse d’un homme qu’on enterre vivant, mais le fond du cercueil s’ouvre, et le personnage bascule outre-tombe, accompagné de très près par un ver affamé.

On découvre alors en même temps que le défunt apeuré et dégoulinant de sueur un univers des morts plus que vivace, véritable panthéon des grandes figures de la tradition populaire mexicaine. Dans le décor d’une cantina en fête où l’alcool coule à flots, des squelettes en costumes boivent, dansent et jouent du revolver. Le personnage, lui, lutte contre le ver qui le dévore, parvenant finalement à le capturer dans une bouteille de mezcal. Soudain le spectacle commence, et face à un auditoire fasciné, La Catrina de Diego Rivera avec son serpent à plumes autour du cou, interprète la chanson de La Llorona avec l’envoûtante voix d’Eugenia Leon. Peu à peu, le personnage se résigne à son nouveau statut, succombant aux charmes du mythique squelette féminin. Abandonnant son lien avec le monde terrestre, il choisit, en souriant, de boire d’un trait la bouteille qui contient le ver.

René Castillo joue avec brio de l’univers culturel mexicain dans cette fable poétique qui met en scène un personnage face à l’acceptation de sa propre mort. Le film vient d’être projeté pendant le “Travelling México” du Festival de Cinéma de Rennes Métropole, qui se déroule du 28 février au 1er mars 2011.

Xavier Gourdet

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Focus Travelling 2011

Du 22 février au 1er mars 2011, la 22ème édition de Travelling, Festival du Cinéma de Rennes Métropole consacré à la Ville, a mis MEXICO à l’honneur et a diffusé le cinéma mexicain depuis son âge d’or jusqu’à ses expressions plus récentes et contemporaines. Pendant huit jours, le cœur de la ville de Rennes a battu au rythme intense d’une des villes les plus surréalistes du monde. En explorant Mexico à travers le prisme du cinéma, Travelling a fait découvrir à son public un Mexique complexe et unique en son genre, bonhomme et cruel, latin et contrasté.

Retrouvez dans ce focus :

La critique de « Mina de oro » de Jacques Bonnavent

La critique de « Entrevista con la tierra » de Nicolás Pereda

La critique de « Hasta los Huesos » de René Castillo

Les courts mexicains sur le ring

H comme Hasta los Huesos

Fiche technique

Synopsis : Un homme arrive au monde des morts, où il est reçu par un ver et des squelettes souriants. Après un moment de divertissement et de séduction, l’homme découvre qu’après tout, être mort n’est pas si mal.

Genre : Animation

Durée : 11’

Année : 2001

Pays : Mexique

Réalisation : René Castillo

Scénario : René Castillo

Animation : Luis Téllez, René Castillo

Photographie : Sergio Ulloa

Direction artistique : Cecilia Lagos

Son : Gabriel Romo, Edgar Morales

Musique : Café Tacuba, Marcos Morel, Eugenia Leon

Production : Alejandra Guevara, René Castillo

Article associé : la critique du film

Planet Z de Momoko Seto

En compétition lors de cette 61ème Berlinale, Momoko Seto était la seule représentante à la fois de la France et du Japon (elle est de nationalité japonaise) avec sa « Planet Z » organique et fascinante, plongée en mode macro au cœur d’une guerre biologique entre végétaux et champignons envahisseurs. Utilisant la technique du timelapse* associée à des ingrédients 100% naturels, « Planet Z » détourne admirablement les échelles et émerveille par son originalité visuelle.

Avant « Planet Z », il y a eu logiquement « Planet A » (2008). Premier volet expérimental d’une réflexion écologique, le film mettait en scène l’avancée continue de cristaux de sels, parabole inventive sur la disparition de la Mer d’Aral dont la salinité excessive a fini par tuer quasiment toute forme de vie. Empreint d’une féerie inquiétante et visuellement bluffant, le film avait fait le tour des festivals du monde entier.

Avec « Planet Z », Momoko Seto s’attaque à la moisissure, aux champignons et à leurs rejets de spores, prétexte pour retranscrire ce phénomène visuel étonnant et quasi chorégraphique. La dispersion de ces spores et l’invasion des champignons viendront mettre un terme à la vie des végétaux qui garantissaient jusqu’à lors la présence de l’eau sur cette planète.

Tourné pendant trois mois en studio, le film a été une affaire de patience, la technique du timelapse demandant énormément de temps pour construire un seul plan. On pourrait y voir le cliché de la minutie japonaise, on y trouve surtout un goût exacerbé pour la découverte de l’inexploré, la magie et la beauté des phénomènes naturels. Ces moisissures deviennent belles et la décomposition se pare de qualités esthétiques insoupçonnées. La lente progression des fungi a aussi quelque chose d’inquiétant, leur texture gluante recouvrant progressivement la matière organique et végétale dans un élan d’envahissement continu. La vie grouille de partout (à l’image des plans hallucinants où des champignons noirs semblent prendre vie dans une quasi respiration), chacun luttant pour sa survie et sa part du gâteau. À la façon des truquistes d’antan, Momoko Seto utilise les effets les plus simples alliés aux techniques plus sophistiquées du compositing et fait passer aisément des choux-fleurs pour des forêts, des aubergines pour des montagnes, des pousses de radis pour des branches et une orange pour une planète. Ovni protéiforme, « Planet Z » se voit les yeux et la bouche grands ouverts, comme lorsque les enfants regardent pour la première fois dans un microscope.

Amaury Augé

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* Effet cinématographique qui consiste à diffuser les images d’une action dans un temps plus court que celle de l’action initiale.

P comme Planet Z

Fiche technique

Synopsis : Quelque part…la PLANET Z . La végétation commence à s’installer sur la planète, et tous semble vivre en harmonie. Mais un champignon gluant envahit petit à petit ce monde idyllique.

Genre : Expérimental

Durée : 9’30 »

Pays : France

Année : 2010

Réalisation : Momoko Seto

Scénario : Momoko Seto

Image : Boubkar Benzabat

Animation 2D : Julio Leon

Animation 3D : Paul Alexandre

Montage : Nicolas Sarkissian, Momoko Seto

Musique : Yann Leguay

Mixage : Yannick Delmaire

Production : Sacrebleu Productions

Article associé : la critique du film

Oscars, the winners

Si vous n’étiez pas éveillés pendant la nuit pour regarder la 83ème cérémonie des Oscars, vous avez raté Nathalie Portman, Colin Firth et les autres copains du glam’. Rattrapez-vous avec les trailers des courts primés.

Oscar du Meilleur court métrage de fiction attribué à God of Love de Luke Matheny

Oscar du meilleur court métrage documentaire attribué à Strangers No More de Karen Goodman et Kirk Simon

Oscar du meilleur court métrage d’animation attribué à The Lost Thing de Shaun Tan et Andrew Ruhemann

La liste des films primés : http://www.oscars.org/awards/academyawards/83/nominees.html