Originaire d’Ahwaz, en Iran, et formé à l’Université des Arts de Téhéran, Hesam Eslami s’intéresse très tôt aux personnes en marge de la société iranienne, qu’il dépeint avec sensibilité. Découvert récemment au Fipadoc avec son film « Citizen Inmate », dans lequel nous suivons la surveillance électronique des habitants de Téhéran, il vient de présenter son film dans la section Labo au Festival de Clermont-Ferrand.
La surveillance électronique a transformé Téhéran en une prison à ciel ouvert faisant du cauchemar d’un contrôle permanent une réalité. Pour les surveillés… et les surveillants.
Réal. : Esam Eslami
Documentaire, 15′, 2025
Iran
Terre à la fois en pleine ébullition sociale et politique depuis plusieurs années, l’Iran voit émerger de plus en plus de réalisateurs issus de cet environnement de contrôle quotidien, qui livrent des films absolument passionnants. C’est notamment le cas récemment de cinéastes comme Jafar Panahi, ou encore Saeed Roustaee avec le remarquable Leila et ses frères. Ainsi de plus en plus d’auteurs iraniens ne s’interdisent pas le recours au genre pour parler des problèmes politiques et sociaux qui rongent leur pays. C’était notamment le cas de Hesam Eslami avec « Citizen Inmate » sélectionné à Clermont-Ferrand dans la catégorie Labo.
Vues par des centaines de milliers de personnes sur YouTube ou encore sur la plateforme France.tv, « Sœurs, Journal d’une reconstruction » s’impose comme un film générationnel et nécessaire, abordant une problématique de santé mentale de plus en plus présente dans le débat public. Sa réalisatrice, Julia Zahar, qui a suivi pendant pas moins de quatre ans la reconstruction mentale et sociale de sa sœur, livre ici son parcours et son expérience autour de la création de son premier long métrage à l’occasion de sa projection au Fipadoc.
Imprégnés par la dernière édition du Fipadoc, qui s’est achevée il y a peu, nous avons été confrontés à des œuvres expérimentant de nouvelles formes dans le cadre du documentaire. C’est dans ce contexte que s’est dessiné le travail de Najla Barouni et Julie Sanchez. Issues de parcours différents, l’une venant de l’acting, l’autre de la photographie, elles se sont imposées comme un duo de cinéma à la fois multiple et profondément passionnant. Leur dernière collaboration, « La Conversation », nous a bouleversés jusqu’aux larmes.
Récemment diplômé d’un master d’anthropologie visuelle, Marius Larrayadieu, fils de photographe, est un réalisateur émergent qui s’exerce comme un auteur en quête d’aventures et qui n’hésite pas à créer des portraits et à s’exporter à l’étranger. C’est notamment le cas avec son film « Là-bas, la lumière ne s’en va pas », nommé en catégorie jeune création a la dernière édition du Fipadoc.
Représentative de son temps, cette 8e édition du Fipadoc a vu émerger, à travers plusieurs sélections, des auteurs et des films qui s’attachent à aborder des problématiques de plus en plus modernes et envahissantes, notamment celle de la santé mentale chez les jeunes, un trouble majeur qui s’apparente de plus en plus à une véritable épidémie. C’est précisément de cela dont parle le long métrage « Sœurs, journal d’une reconstruction » réalisé par Julia Zahar.
Pendant que la 8e édition du FIpadoc à Biarritz bat son plein, nous sommes témoins de l’émergence de plus en plus de voix et de jeunes talents du côté du documentaire, qui cherchent de plus en plus l’hybridation formelle au service de sujets majeurs
À l’heure où la technologie et les réseaux sociaux ostracisent de plus en plus, et où l’on observe une véritable crise de santé mentale à l’échelle mondiale depuis plusieurs années, les intelligences artificielles apparaissent comme des éléments perturbateurs supplémentaires, contribuant à nous faire entrer dans un monde de post-vérité.
Lola, 83 ans, dialogue avec Carmen. Pour vivre son deuil et tenter d’apaiser son chagrin, Lola a mille questions. Les réponses douces de l’intelligence artificielle l’apaisent, révélant comment l’algorithme semble combler des besoins émotionnels. Jusqu’à un certain point.
Réal. : Najla Barouni, Julie Sanchez
Documentaire, 13′, 2025
Les After Short se poursuivent. Après deux événements consacrés aux courts de fiction et d’animation présélectionnés aux prochains César (en présence de nombreuses équipes), retrouvez-nous le mardi 25 novembre prochain dès 19h à l’ESRA pour notre 3ème After Short de l’année centré sur les courts documentaires en lice aux César 2026, auquel participeront 9 équipes de films et 15 professionnels. Cette soirée est organisée par Format Court, en partenariat avec l’ESRA, La Scam, La Cinémathèque du documentaire, Images en bibliothèques et le soutien de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma.
À l’occasion de la 16e édition du Festival de La Roche-Sur-Yon, « Lettres à mon ami Yohei Yamakado depuis son pays natal », le nouveau court-métrage documentaire d’Olivier Cheval, diplômé aux Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy, a été diffusé dans le cadre de la compétition “Nouvelles vagues”, qui laisse la place à quatre courts-métrages aux formes variées (fiction, documentaire, art et essai), parmi des longs-métrages. Format Court revient sur ce coup de cœur de la sélection.
« Cela fait presque dix ans que mon ami Yohei Yamakado, cinéaste et musicien, n’est pas retourné au Japon. Je suis allé au pays de son enfance avec une caméra 16 mm, pour lui donner des nouvelles de son pays, des lieux où il a vécu et des gens qu’il y a aimés. Le film est un carnet de voyage, un recueil de lettres, une enquête intime sur l’enfance et une ode à l’amitié. »
Réal. : Olivier Cheval
Documentaire, 25′, 2025
France
Réalisateur brésilien installé entre Genève et Bruxelles, Felipe Casanova explore les zones floues entre fiction et documentaire. Formé à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion), il revendique une pratique libre, intuitive et hybride. Dans cet entretien où il est autant question de création que de responsabilité politique et de spiritualité, il revient sur son parcours cosmopolite et la genèse de son deuxième court, « O Rio de Janeiro Continua Lindo », un film poignant inspiré par la lettre d’une mère brésilienne à son enfant disparu, sur fond de carnaval de Rio.
Son nouveau court, « Air Horse One », s’intéressant à Legacy, le meilleur cheval d’obstacle au monde, parcourant la planète pour participer aux plus grands tournois sportifs, entouré mais seul et exploité par les êtres humains, fait partie des 10 titres de la compétition suisse du Festival de Locarno. Son réalisateur, Lasse Linder, avait participé à notre Festival Format Court en 2021 à l’occasion d’un focus consacré au même Festival de Locarno. Il y avait présenté son précédent court, « All Cats Are Grey in The Dark » (« Tous les chats sont gris la nuit »), son film d’école réalisé en 2019 dans le cadre de sa formation à Luzern.
Orbites, court métrage de Sarah Seené, vient de remporter le Grand Prix Canadien et le Prix de la Critique internationale FIPRESCI au festival Regard à Saguenay. Le film dévoile une série de conversations entre la réalisarrice et sa protagoniste Marie-Christine Ricignuolo, jeune femme qui a perdu la vue à cause d’un glaucome congénital. Marie-Christine réapprend à voir le monde et toute sa beauté, qu’elle a toujours énormément admirée, grâce aux bouts de ses doigts. Elle utilise désormais un nouveau sens pour absorber les plus belles choses du monde : la nature, les fleurs, le soleil, son enfant, son compagnon. La réalisatrice française, installée au Québec depuis 2016, nous raconte le parcours de création de son nouveau projet.
Parce qu’elle a perdu la vue il y a quelques années, Marie-Christine explore la vie d’une manière sensible, depuis la pulpe de ses doigts. À travers son expérience personnelle, elle éveille son fils à la curiosité et à l’émerveillement que lui inspire la beauté de l’univers. Rassemblant une constellation d’images analogiques texturées et un bouquet de nappes sonores caressantes, Orbites incarne une plongée dans la mémoire sensorielle de Marie-Christine et mène une réflexion sur l’aspect fondamental de l’amour et de la transmission.
Réal. : Sarah Seené
Documentaire expérimental, 25′, 2025
Canada
Selon Pasolini, la poésie ne réside pas dans les livres ou les films, mais dans la vraie vie où nous rencontrons des moments de pure émotion. Dans le documentaire Orbites, de Sarah Seené, nous accompagnons Marie-Christine, une jeune femme quebecoise qui a vécu toute sa vie plongée dans la poésie, qui a toujours vu de la beauté autour d’elle, qui s’est émerveillée devant les couleurs des fleurs et la lumière du soleil. Pourtant, Marie-Christine a perdu la vue il y a quelques années. Capable désormais de voir uniquement des perceptions lumineuses, elle cherche, depuis, à retrouver cette beauté avec la pulpe de ses doigts.
Auréolée du César du meilleur court métrage documentaire pour Les Fiancées du Sud, par écrans interposés, Elena López Riera revient sur sa filmographie attentive aux portraits de femmes et à l’oralité des récits. Elle nous parle de ses inspirations, ses envies, le féminisme et l’intime. Après trois courts-métrages, et un long-métrage de fiction, El Agua, elle revient au court-métrage avec un documentaire qui donne un espace de parole à des femmes matures sur l’amour, le mariage, le désir, couplé à une attention particulière vis-à-vis des gestes et rituels des archives de mariage. Avec une voix tendrement rauque, un bel accent qui n’éclipse pas sa parfaite maîtrise de la langue française, elle se livre tout sourire au jeu de l’entretien, dévoilant avec générosité ses obsessions d’artiste.
Des garçons plongent, des chats gémissent, une vieille dame fume, des jeunes gens dansent, un gardien des morts soupire. Ils sont le peuple d’une ville fantôme : Beyrouth, qui n’existe plus qu’en rêve.
Réal. : Maya Abdul-Malak
Documentaire, 36′, 2023
France, Liban