Le film de la semaine : Engram de Toshio Matsumoto

Expérimental, 12′, 1987, Japon, prod. : Toshio Matsumoto 

Synopsis : Des photographies à l’intérieur des photographies, des images à l’intérieurs d’images, des images en mouvement dans des photographies, des photographies dans des images en mouvement.

Toshio Matsumoto est l’un des pionniers du film expérimental japonais. Ce réalisateur relativement méconnu et décédé en 2017, considéré comme l’un des précurseurs dans la forme de ses expérimentations qualifié de “néo-documentaire” se doit aujourd’hui d’être (re)découvert. Tant par son influence dans le milieu artistique avant-gardiste japonais de l’après-guerre que par son approche pluridisciplinaire dans le cinéma expérimental. Un regard qui marqua bon nombre d’artistes du siècle dernier – et surement encore aujourd’hui – et qui ouvrit la voie à ce genre artistique de l’ébrèchement des conventions cinématographiques.

Dans Engram, nous en avons un bon exemple, les lignes, les courbes et les formes se confondent et se mélangent et l’on se perd dans des images qui se déforment. Ici et là, nous nous enfouissons dans un rythme qui nous perturbe autant qu’il nous attire. Toshio Matsumoto réalise dans ce film purement et simplement une mise en abyme. Celle de l’Image, avec un grand I. Une mise en abyme, par la photographie, par le mouvement. Les deux médiums s’assemblent et se meuvent ensemble, nous ne savons plus quelle image se retrouve dans quelle image comme un miroir infini. Une déconstruction lente et maitrisé du langage cinématographique. Un maniement parfait du son et de la musique (signée Takashi Inagaki) apporte aux images une réflexion parfaite sur nos rapports au mouvement et la photographie.

Clément Beraud

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