Noah de Patrick Cederberg & Walter Woodman

Fiction, 17′, 2013, Canada, KoalaMotion

Synopsis : Une histoire qui se déroule intégralement sur l’écran d’ordinateur d’un ado. Nous sommes témoins de la dégradation rapide de la relation entre Noah, personnage éponyme, et sa copine, au fil de cette fascinante étude des comportements (et de l’amour) à l’ère numérique.

Film d’école d’une grande originalité formelle, prix du meilleur court métrage canadien au Festival de Toronto en 2013, Grand Prix Labo et Prix du public au Festival de Clermont-Ferrand en 2014, « Noah » exploite le voltigement des informations à l’ère numérique pour justement exposer ce fait. Le film nous rappelle allégrement la transformation subtile mais rapide que les rapports humains sont en train de subir aux quatre coins du globe. Tout comme celle de Noah et Amy, les relations amoureuses se déploient aujourd’hui dans des fenêtres Skype, au même plan que la musique, le porno, les chats en continu…

Soi-disant über-connectés, nous pratiquons une communication constante mais usée, vidée en grande partie de son intérêt. Les sentiments s’expriment par le biais d’un nouveau langage écrit, concis et évolutif, nuancé par des acronymes et des symboles émotifs qui se substituent souvent pour nos vraies émotions. Les vérités se jaugent sur la base de statuts et de commentaires Facebook. De même, le sens de la vie pour beaucoup se découle de ces derniers. Derrière nos multiples écrans, nous sommes bien dans une société du spectacle à la Debord, aliénée et aliénante.

C’est toutefois sans dénonciation ni jugement que « Noah » fait état de ce phénomène « adolescent » qui est en train de rendre toute l’humanité adolescente. Trois ans plus tard, le propos reste entièrement d’actualité, seule le choix d’un ordinateur au lieu d’un smartphone dernière génération semble légèrement daté !

Adi Chesson

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