Arnie de Rina B.Tsou

Réalisé par Rina B. Tsou, « Arnie » est une fiction taïwanaise et philippine faisant partie de la sélection des courts métrages de la 55ème édition de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes. Le film suit l’histoire d’un jeune migrant philippin à Taïwan qui apprend que sa fiancée est enceinte d’un autre homme.

Dans « Arnie », Rina B. Tsou nous raconte l’histoire d’Arnie un migrant philippin servant en tant que matelot sur un navire de pêche taiwanais. Le film suit Arnie dans sa vie de tous les jours avec ses compagnons qui tout comme lui sont des migrants employés sur le même navire. Rina B. Tsou nous présente tout d’abord un personnage jovial et positif qui reste souriant et confiant malgré la situation précaire dans laquelle ses camarades et lui se trouvent. La première partie du film se concentre d’ailleurs là-dessus.

Puis vient un élément perturbateur qui change le personnage en profondeur. Alors qu’Arnie et ses camarades se trouvent dans un cyber-café afin qu’Arnie puisse demander sa fiancée en mariage par écran interposé il apprend que celle-ci est enceinte d’un autre homme que lui. Il s’opère alors un changement radical chez ce dernier. Le personnage joyeux et plein d’espoir dans le futur de la première partie du film devient plus distant et fragile. De façon réaliste et concrète la réalisatrice illustre le choc qu’un tel événement peut engendrer chez un homme et les différentes phases par lesquelles il peut passer afin de l’encaisser.

L’effet de cette nouvelle peut être perçu comme une véritable tempête s’abattant sur Arnie. Une vague qui fait chavirer ses émotions et l’emporte pour au final le noyer. Arnie est ce marin qui en navigant sur l’océan de sa vie s’est fait emporter par la lame de fond qu’a été la révélation de sa fiancée. Rina B. Tsou dresse une métaphore subtile où la vie est comme un océan, un flot constant animé par les vagues plus ou moins puissantes que sont nos émotions ainsi que celles des gens qui nous entourent pouvant nous emporter à n’importe quel moment.

Arnie

Rina B. Tsou fait ainsi de l’océan une véritable force motrice de la vie autant en tant que source de revenus de ces migrants philippins mais aussi comme une illustration mystique du cours de la vie en elle-même. Le courant peut également attirer deux personnes, à l’image d’Arnie et la jeune femme taïwanaise servant sur son navire.

Tous deux semblent inextricablement attirés l’un vers l’autre jusqu’à ce qu’Arnie soit mystérieusement emporté dans les flots, le courant pouvant certes réunir deux personnes l’une vers l’autre mais également les séparer de façon tout aussi certaine.

Gaël Hassani

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