Hombre máquina d’Alfonso Moral et Roser Corella

« Homo homini lupus est »

Le documentaire d’Alfonso Morel et Roser Corella, programmé au Festival de films de femmes, pose une réflexion pertinente sur la condition de l’homme en ce XXIè siècle naissant.

Dans un contexte de globalisation, de mise en place de technologies miraculeuses visant à garantir un bien-être individuel et collectif, Alfonso Moral et Roser Corella ont placé leur caméra à Dhaka, au Bangladesh, là où une catégorie d’hommes travaille comme des machines, utilisant la force physique pour accomplir des tâches mécaniques et aliénantes. Hommes, femmes, et enfants effectuent des corvées harassantes sous un soleil de plomb. Du fabricant de briques au conducteur de rickshaw en passant par les recycleurs de bouteille en plastique, tous effectuent des tâches de façon mécanique, tous s’épuisent tout le jour durant dans le seul but de pouvoir se nourrir. Et quand à quelques kilomètres de là, des carrousels colorés amassent les privilégiés de la vie, on se demande s’il n’y a pas une faille dans le système. Ailleurs ou ici, le fossé s’agrandit de plus en plus entre ceux qui « ont » et ceux qui ne « sont » pas.

Par sa nature, on nous l’a si souvent répété, l’homme est un loup pour l’homme et même si dans la pensée de Thomas Hobbes, l’homme peut surtout être un Dieu pour ses semblables, à condition qu’il se trouve dans une structure sociale définie et structurée, force est de déplorer que le système économique et social moderne rend malheureusement compte d’un constat plus pessimiste, où l’homme apparaît comme cet être primitif, ce mauvais sauvage sans conscience (ou presque), bafouant la dignité de son alter ego et ignorant ses droits.

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« Hombre máquina » accuse, dénonce, et montre cette autre partie du monde qui ne connaît pas de répits, celle qui naît, vit et meurt sans jamais prendre conscience des avantages liés à sa condition. Car « l’homme est un roseau pensant », disait Pascal il y a un peu plus de trois siècles, une branche souple et résistante, capable d’évoluer grâce à sa pensée. Pas une machine abrutie, vivant au jour le jour et incapable de se projeter dans l’avenir. Au risque de se répéter, on se demande encore s’il n’y a pas une faille dans le système…

Marie Bergeret

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