Il Etait Une Fois l’Huile de Vincent Paronnaud

Après «Persepolis » et la parenthèse du zombie pastoral («Villemolle 81») et en attendant de futurs projets de longs, Winshluss alias Vincent Paronnaud revient au court métrage d’animation pour le meilleur, avec le film « Il Etait Une Fois l’Huile », produit par la société de production Je Suis Bien Content. Un court métrage qui avait déjà fait les beaux jours de la dernière édition de l’Etrange Festival et qui apporte une touche d’humour noir bienvenue à la sélection Labo de Clermont cette année.

Utilisant les dispositifs d’apprentissage ludique de programmes comme C’est Pas Sorcier ou Il Etait Une Fois La Vie, le récit suit deux enfants qui délivrent sans le vouloir le « génie » d’une bouteille d’huile, au fond d’une vieille remise. Mais ce n’est pas n’importe quel génie, puisqu’il s’agit de Goutix, la mascotte officielle des huiles Méroll. Goutte d’huile personnifiée affublée d’un costume improbable, Goutix va emmener ces enfants dans le monde « mervhuileux » des huiles Méroll pour expliquer leurs bienfaits sur, tour à tour, l’écologie, la santé et la société. Commence alors un périple déjanté dans l’univers de Winshluss (bien connu des lecteurs assidus des éditions de BD Les Requins Marteaux), où l’on nous raconte comment Edouard Michel Méroll a eu l’idée de recycler toutes les huiles usagées qui ne servaient plus, y ajouter un agent régénérateur (l’agent X903), et créer des huiles propres, promptes à servir toute la famille : les huiles Méroll.

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Fable satirique incisive et très drôle, le film nous parle de consumérisme décomplexé, de propagande publicitaire et de la politique du global corporating, tout en évitant les écueils propres à ce type d’engagements. Winshluss, aidé de près par Cizo et Frédéric Felder, sait rester pertinent à tout moment, grâce à un subtil équilibre entre un ton noir proche de Roland Topor et René Laloux (la fausse pub en images réelles, le monde fantasmé où l’huile a été interdite, le fameux « cycle de la vie » des huiles), et des fulgurances kitsch du meilleur effet (le petit-déjeuner Méroll, la chanson de fin « La Mérolla »). Bien animé, très inventif dans l’utilisation de plusieurs styles d’animation, « Il Etait Une Fois l’Huile » est peut-être l’une des oeuvres les plus abouties de son auteur.

En témoigne la conclusion post-générique, où nous assistons au départ de Goutix qui croit avoir convaincu les enfants des bienfaits des huiles Méroll ; ceux-ci, après son départ, lâchent cette phrase malheureuse : « il est gentil, mais il est un peu lourd. Et puis, t’as vu son pantalon, bonjour le ringard… ». Les enfants n’ingurgitent que de manière passagère le message « huilé » de Goutix, ils ont juste passé un bon moment et sont déjà à la recherche d’un nouveau  » génie » dans un autre bidon. Les auteurs renvoient à la face des « pro-Méroll » en tous genres leur propre vacuité et le côté éphémère de leurs produits dans le modèle sociétal qu’ils ont créé. Un modèle qui a transformé « nos propres chérubins » en consommateurs accros aux « dérivés du pétrole ».

Julien Savès

Consulter la fiche technique du film

4 réflexions sur “ Il Etait Une Fois l’Huile de Vincent Paronnaud ”

  1. Hello,

    tu peux voir un extrait ici :
    http://auvergne.france3.fr/festival-court-metrage-clermont-ferrand/index.php?page=article&numsite=6845&id_rubrique=6896&id_article=17714

    Sinon, je vais essayer de le projeter dans une soirée BD le 17 Juin au cinéma Grand Action dans le cadre des Courts du Grand organisé par Collectif Prod : http://collectifprod.net/category/les-courts-du-grand/
    Tu peux te tenir au courant en t’abonnant à notre page Facebook :
    http://www.facebook.com/pages/Collectif-Prod/113598972034398

    bien à toi.

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