First Aid de Yarden Karmin

Ezra rishona. First Aid. Premier secours. Soin généralement donné par un non-expert à une personne malade ou blessée jusqu’à ce qu’un traitement médical lui soit apporté. « First Aid », c’est également le titre du film de Yarden Karmin, diplômé de la Sam Spiegel film school de Jérusalem, retenu à la dernière messe cannoise et à l’actuel festival de Poitiers.

Film d’étudiant, « First Aid » aurait pu avoir des prédispositions pour être retenu à la Cinéfondation. Après tout, c’est dans cette section, réservée aux courts d’écoles, proche d’ailleurs de la Sam Spiegel film school, que « Diploma » de Yaelle Kayam et « Himnon » d’Elad Keidan avaient été repérés rétrospectivement en 2008 et 2009. Les prédispositions ont été autres puisque le film de Yarden Karmin s’est retrouvé à briguer, aux côtés de huit autres films, le fameux sésame palmé (remis pour le coup à Serge Avédikian).

L’histoire de ce film israélien est plutôt classique : la veille de son mariage, un jeune homme revoit son ex pour un ultime rapport sexuel. La jeune femme dépose insidieusement un suçon dans son cou, provoquant l’irritation du garçon. Il ne lui reste plus qu’à se munir d’un alibi pour ne pas attirer les soupçons, ce dont la jeune femme se porte généreusement et violemment volontaire.

Filmé en 16 mm, « First Aid » est une comédie d’adultes relativement sympathique garantissant un redoutable et inévitable éclat de rire à la onzième minute. Le film offre une tranche de vie sensuelle et dangereuse entre deux personnages dont l’histoire d’amour est censée appartenir au passé. L’homme semble redouter l’idée de s’engager, la femme semble insensible au fait que l’homme la revoit dans des circonstances pareilles.

Et puis… La dernier phrase du film (« Je te prends…[« pour femme] ») renvoie à une autre réalité. Et si ? Et si ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre ? Et si l’alibi ne concernait pas la bonne personne ? Et si une touche de sérieux s’était emparé de cette comédie ? Et si … ? Karmin ne nous offre pas de réponse, sa fin est ouverte et ce n’est pas plus mal, car notre imaginaire prend désormais le relais à son film. Les premiers secours ont été appliqués. Place aux « vrais » traitements.

Katia Bayer

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