Babel de Hendrick Dusollier

« Si la Chine ouvre ses portes, des mouches entreront forcément » (Deng Xiaoping)

Dusollier, non pas l’acteur fétiche de Resnais mais l’explorateur visuel, celui qui tutoie l’Histoire avec un grand H sur les toits des mondes virtuels et qui aime immerger sa caméra en des plongées vertigineuses et citadines est venu amarrer son « Babel » à Brest, le temps du Festival du court métrage.

Dès « Obras », son premier film consacré à Barcelone, Hendrick Dusollier fait sensation dans le beau milieu des Festivals. Rentré chez lui avec de nombreux prix et une nomination aux Césars en 2006, le réalisateur n’avait plus qu’à plancher sur son prochain projet qui viendrait d’une belle idée, une idée pour laquelle on aurait forcément le coup de foudre.

Babel est un mythe qui remonte aux origines (ou presque). L’on raconte que des hommes, venus d’un peu partout eurent un jour l’idée d’ériger à Babylone, une tour qui aurait été si haute qu’elle aurait touché le ciel. Or, Dieu voulant montrer que nul ne pouvait l’atteindre et donc l’égaler, fit disperser la main d’œuvre en multipliant les langues afin que les hommes ne se comprissent plus. La construction resta inachevée et les travailleurs s’en allèrent chacun de leur côté.

babel

Le prodige Français revisite le mythe antique de manière toute personnelle et le transpose dans l’Empire du Milieu, à Shanghai, une ville en pleine mutation qui vit au rythme effréné du changement et des transformations, une cité qui navigue sans cesse entre un communisme rigide et un capitalisme vorace. Dans un voyage à travers le temps et l’espace, un homme et une femme s’effleurent, se ratent, s’oublient, se retrouvent. Sur des images réelles qui se mêlent à d’autres en 3D, la prose côtoie la poésie, la tradition affronte la modernité en une longue épopée lyrique et graphique menée par une musique originale signée Jean-François Viguié.

Bien sûr, on pense à l’esthétisme de Wong Kar-Wai mais ce serait faire preuve d’un esprit bien étriqué que de ne pas reconnaître l’originalité de ce faiseur d’images inédites et atypiques qui pose un regard moderne sur les métamorphoses d’une ville et d’un monde en éternelle effervescence dans une apnée visuelle et artistique à couper le souffle.

Marie Bergeret

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Une réflexion sur “ Babel de Hendrick Dusollier ”

  1. J’ai vu son court métrage Babel seulement l’autre soir à Salsomaggiore. Il est très agréable et j’ai aimé la nouveauté des images qui évoquent beaucoup d’émotion.
    Comment puis-je acheter votre film.
    salutations
    Mario

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