Micro-dortoir de Lia Bertels

Mauvaise nuit, les petits ?

Petite, Lia Bertels faisait des rêves qui commençaient par : « Quand je serai grande, je serai… ». Lia a grandi, un peu. Depuis, avec ses dessins et sa caméra, elle donne vie aux formes étranges qui peuplent son imagination de grande enfant.

C’est sur un joyeux scraboutcha coloré et en mouvement, que commence le film de Lia Bertels, Micro dortoir. Comme d’autres promènent leurs caméras dans les rues pour interroger les passants, Lia promène, elle, ses crayons, son silence et sa jolie imagination au creux des rêves d’enfants.

C’est quoi, un beau rêve ? Un rêve de train, évidemment ! Mais alors, parfois, le beau rêve vire au cauchemar et alors là, un monstre essaie d’attraper le train ! Il y a aussi les rêves horribles, avec des monstres dégueu, des méchants rêves quoi ! Il y a même le hyper dangereux cauchemar, quand le papa devient un loup et fait des « croui croui » et des « rah rah » et autres « qssss »… Car finalement, les rêves que les enfants aiment raconter, ce sont surtout les mauvais, ceux qui font peur et donnent l’occasion de faire des grimaces et de dire des gros mots.

En trois minutes trente, Lia esquisse ces trois rêves d’enfants, improvise comme une musicienne sur un thème donné. Dans un mouvement d’aller-retour au gré des tergiversations cauchemardesques, Lia efface, transforme, hésite elle aussi, part dans ses propres associations d’idées : une façon de rêver à son tour. Sur un procédé simplissime et sans esbroufe, la jeune réalisatrice parvient à créer une réelle symbiose entre récit, dessin et musique. Elle nous embarque, en trois coups de crayon, dans un pur délire visuel, une spirale enfantine et joyeuse qui possède une grâce bien particulière, une grâce que ses autres films ne démentent pas.

Quand je serai grande je serai… dessinatrice de rêves !

Sarah Pialeprat

Consultez la fiche technique du film

Article associé : l’interview de Lia Bertels

 

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