Codswallop de Myles et Greg Mc Leod

Where’s Wally ?

Chaque pays possède apparemment ses frères déjantés du cinéma. Aux États-Unis, les frères Coen, en Belgique, les frères Malandrin, et en Grande-Bretagne ? Les frères Mc Leod. Myles et Greg n’ont pas leur stylo dans leur poche, et leur dernier court métrage animé de moins de quatre minutes, intitulé « Codswallop », nous transporte immédiatement dans un univers personnel plus qu’étrange.

Codswallop ? Avec leurs têtes un peu hirsutes, leurs barbes, et leur petit air de mauvais garçons, on aurait pu penser que les frères Mc Leod avaient choisi pour titre une injure anglaise intraduisible. Il n’en est rien. Codswallop, signifie « bobards » ou encore « absurdités », « n’importe quoi » ! Mais « codswallop », avec son air de pas grand-chose, est loin d’être n’importe quoi justement !

À première vue, des vignettes défilent sur l’écran, deux par deux, et montrent de petites scènes humoristiques de quelques secondes sans véritables liens entre elles. Ici, une chouette inquiète et trop bavarde, là, un lapin joyeux à pois et grandes oreilles, là-bas, un cycliste pourvu de quelque huit paires d’yeux. Leurs propos ? Cela va de réflexions shakespeariennes, « Always ask questions – Don’t look for answers » [Posez toujours des questions. – Ne cherchez pas de réponses] à des préoccupations culinaires de la plus haute importance du genre «  I think I’ll cook pea and bean risotto tonight » [Je pense que je vais cuisiner des petits pois et du risotto aux haricots ce soir].

À y regarder de plus près, ce très court métrage qui semble un charmant fourre-tout cache pourtant une cohérence grâce à des liens ténus visuels ou sonores qui organisent ce petit monde joliment poétique et joyeusement fantasque. Le héros d’une des scènes se retrouve en photo en arrière-plan à un autre moment, le décor de fond d’une vignette devient le carrelage d’une autre, deux chapeaux sauteurs traversent l’image à divers moments…et l’on s’amuse à chercher les indices d’une scène à l’autre, comme dans les jeux de notre enfance, comme dans le fameux « Où est Charlie ? ». C’est drôle et sophistiqué, c’est joli et joyeux, c’est donc rare et précieux.

Sarah Pialeprat

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